Publié par : Ann & Stéphane | 13 décembre 2018

29.11. au 10.12.2018 – La vie en Martinique.

 

Jeudi 29 novembre.

Quand nous sommes arrivés hier soir en Martinique, à la « baie Sainte Anne », Ann trouvait qu’il y faisait plus humide qu’à « Bequia » (Saint Vincent) ! Si je n’ai pas eu le même ressenti, force m’est de relever que nous avons subi deux ou trois averses durant la nuit ! Je n’ai pas non plus, passé  une excellente nuit comme nous en avons connues à « Bequia ». Bref, nous repartons vers le Sud …

Cela ne risque pas d’arriver … pour l’instant du moins. « Bequia » est certes charmant mais nous n’y passerions pas plus de quelques jours pour de multiples raisons dont une trop grande promiscuité entre les bateaux : on mange carrément dans le cockpit du voisin.

C’est notre troisième saison consécutive à la « baie Sainte Anne » et comme à chaque fois, c’est différent, nous sommes curieux de savoir ce que cette saison nous réserve. Même si déjà (!!), nous avons abandonné notre programme de nous rendre aux « Iles Vierges » qui nous paraissent trop éloignées (+/- 350 NM), j’ai le sentiment diffus que nous bougerons un peu plus cette année mais laissons agir la magie de l’endroit et il me faudra sans doute couper les racines qui ne manqueront pas de pousser sous la coque …

Enfin et c’est cela l’extrême beauté de la chose, nous pouvons changer d’avis quand et comme bon nous semble. Ce n’est en tous les cas, pas aujourd’hui, que nous allons programmer quoi que ce soit alors que nous n’avons envie que de farniente.

Si en arrivant, nous avons eu l’impression que le mouillage était bondé, la forêt de mâts était en fait, fort clairsemée et c’est sans difficultés que nous avons trouvé une place bien dégagée sur un fond de sable et d’herbe (-5 m), un peu à l’écart des autres bateaux. Reste maintenant à savoir combien de temps nous pourrons préserver cette merveilleuse intimité.

Vendredi 30 novembre.

Partout où le regard se porte, dans la ligne de mire apparaît un pavillon américain ! La saison passée c’était des Canadiens. Ici et là, on retrouve également un « habitué » des lieux qui comme nous, a élu domicile en cette île enchanteresse. Mais, en tout état de cause, ce n’est pas encore la grande foule.

Journée de courses où nous avons couru d’un point à l’autre. A la marina du « Marin », nous avons été dire bonjour à Christian de « Taha Tiva » chez qui nous avons pris l’apéro. Christian est ici jusqu’au 6 décembre, après quoi il repart en France pour n’en revenir avec Martine que fin janvier.

Tout le monde sait que « le mieux est l’ennemi du bien ». Comme j’avais fait le reproche à Ann d’avoir abandonné la pratique de faire du pain à bord, elle s’y était remise. Trouvant que la machine à pain méritait un bon nettoyage, nous nous y sommes mis à deux et en finale, elle avait bien plus bel allure … sauf qu’elle était définitivement HS !  Nous pensons qu’un peu d’eau s’est mis dans les circuits électriques lorsque nous avons retourné la machine dans nos opérations de nettoyage.

Samedi 01 décembre.

Bien que réveillé à 7 heures du matin (je déteste me lever tôt car les journées sont en ces conditions, trop longues …), je suis malgré tout parvenu à ne quitter notre lit que pour 11.30 heures ! Un exploit indispensable à mon équilibre psychique quelque peu vacillant ces derniers temps : Ann dit de moi que je suis un éternel insatisfait et je finis par me dire qu’elle a sans doute raison.

Journée très tranquille avec une météo assez clémente surtout en milieu d’après-midi quand le vent s’estompe.

Dimanche 02 décembre.

A 9 heures du matin, Fred qui n’est autre que le cousin de Marco qui lui-même est le neveu de Pierre et Chantal, les parents du petit Gauthier qui va à la même école que le fils de la concierge de l’immeuble de Sylvie qui a autrefois, été très intime avec Jean que Frédéric a longtemps considéré comme son meilleur ami avant d’épouser sa femme qui tous les samedis, coiffait la grand-mère d’Emmanuel  … que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam, toquait à notre coque !

Rien de surprenant puisque nous l’attendions avec l’espoir qu’il aurait un gabarit suffisamment petit et mince pour atteindre notre pompe de douche défectueuse. Une liane … une vraie liane qui est parvenu à se glisser par le « regard » de l’armoire à cirés jusque dans les entrailles du bateau. Si la position était des plus inconfortable, Fred est malgré tout parvenu à réaliser un travail très propre. Quand je pense que j’étais prêt à démonter toute l’armoire à cirés pour lui donner un plus grand accès …

Après son passage, nous avons été plonger (-20.30m – 60’ – 28°) à la bouée du « Club Med ». Très chouette plongée malgré une visibilité qui ne cassait rien. Les fonds sont toujours aussi beaux et l’absence de tout courant, rend la plongée très aisée. Une excellente remise en condition qui a démontré combien on perd vite de bonnes habitudes : nous sommes partis en oubliant GSM et VHF !

Lundi 03 décembre.

Alors que je suis en pleine « martiniquisation » (pour preuve … ma superbe peau blanche laiteuse fait place de jour en jour, à une peau dorée sur tranche du plus vilain effet), j’ai été surpris la tête pleine de shampoing par l’alarme de la pompe de douche qui beuglait à vous faire pêter les tympans !!!

La « martiniquisation » est un phénomène lent, évolutif, le plus souvent irréversible, qui empêche ses victimes de toute pensée déviante en faveur d’autres horizons. Comme l’indique son nom, il nous vient de Martinique où les locaux ne le connaissent que trop bien. Le virus affecte par priorité, les personnes déjà atteintes de farniente aigue. A ce jour, aucun vaccin n’est parvenu à prévenir cette affection. 

Après avoir terminé ma douche dans la salle d’eau de devant, je rejoins Ann en train de vider avec une éponge, le bac récupérateur d’eau dans lequel la pompe de cale est plongée. En plaçant la commande sur « marche forcée », la pompe évacue toute l’eau ! Le seul déclenchement de l’alarme est à lui seul, anormal et signifie donc que le problème persiste même si la nouvelle pompe fonctionne correctement.

Nous n’avons pas trop de temps pour nous poser plus de questions car nous sommes attendus au chantier du « Marin » à 9 heures, pour changer notre chaîne d’ancre.

Sur place, un comité d’accueil nous attendait pour prendre nos amarres et nous faciliter les manœuvres dans la plus grande des deux darses, totalement libérée à notre intention. C’était à celui qui serait le plus rapide pour nous venir en aide.  A peine en place, une superbe hôtesse nous apportait un rafraîchissement de bienvenue avec un sourire à faire fondre un iceberg. Comme je sais que vous aimez rêver autant ne pas vous gaver de détails certes piquants mais à l’opposé de ce tableau idyllique.

Le changement de chaîne s’est réalisé non sans que l’ancienne ou la nouvelle chaîne ne se bloque ici ou là mais le plus important était l’extrême bonne humeur qui m’avait assailli et qui devait son origine au petit orchestre qui s’était rassemblé près du bateau, pour donner à toute l’opération, un petit air de joie.

Revenus à la « baie Sainte Anne », en croisant nos copains de « Relax », nous sommes accueillis par un grain avec plus de 30 nœuds de vent !! Mais qu’est ce que je peux raconter parfois comme bêtises … il faisait superbe et nous fûmes accueillis par une douce brise avec comme toile de fond, un ciel bleu lavande du plus bel effet. Voilà … c’est mieux … continuez de rêver et de prendre vos rêves pour une réalité.

Mardi 04 décembre.

En fin de matinée, nous assistions à l’arrivée, dans l’indifférence générale, de « Amalia » le nouveau catamaran en carbone de Sylvie et Alexis, parti 16 jours plus tôt de « Lanzarote » (Canaries).

Que vous veniez de la marina toute proche ou de réaliser une traversée de l’Atlantique, l’accueil sera toujours le même à défaut – notamment – de pouvoir discerner au premier coup d’œil, d’où vous venez. C’est aussi le propre de ces lieux de tous les rendez-vous où se côtoient les circumnavigateurs, le plaisancier qui n’en revient toujours pas d’avoir traversé l’Atlantique, le plaisancier plus aventureux qui revient des Antilles néerlandaises ou de toute autre destination plus lointaine…  avec Monsieur tout le monde qui a loué son catamaran pour la semaine.

Par manque de chance, la Martinique ne se révèle pas sous son meilleur jour avec un temps gris, un ciel bas, une pluie intermittente et pour couronner le tout, un vent tellement faible que les bateaux roulent et tournent dans tous les sens. C’est aussi cela la Martinique …

Mercredi 05 décembre.

Cela devait être notre « journée courses » par excellence mais en finale, notre butin s’est révélé bien maigre car de nombreux magasins du « Marin » étaient fermés ! Aucun horaire affiché, aucune explication donnée voire en le cas de la boulangerie, un horaire fantaisiste ! Il semblerait que le mercredi soit considéré par beaucoup, comme un jour férié officieux. On est dans les îles et ici, tout prend une consonance bien différente de la métropole. Ann devait aller à la poste de « Sainte Anne ». La première fois, l’horaire affiché ne correspondait nullement à celui renseigné sur internet et la seconde fois, un petit écriteau renseignait que la préposée était partie faire une course …

Il reste – grâce au ciel – des grandes enseignes qui conservent une approche beaucoup plus commerciale  et plus … traditionnelle.

Pour nous consoler, nous avons décidé de nous taper un petit resto typiquement « local ». Nous avons été déçus par les hamburgers du « MacDo » qui n’ont pas la même saveur qu’en Métropole … et impossible d’avoir de la mayonnaise avec ses frites : une honte !

Bref, si notre tournée des Grands Ducs n’a pas tourné au cauchemar, nous sommes rentrés un peu estomaqués : notre liste de courses longue comme le bras, ne risque pas de se réduire …

Jeudi 06 décembre.

Pour le moment, le mouillage est encore idéale car il n’y a que quelques centaines de bateaux … on nous fout donc royalement la paix. Mais … cela peut vite se modifier et nous restons sur nos gardes. Nous avons décidé que je ferais les quarts de veille de 20 heures jusque 1 heure du matin et Ann de 1 heure du matin jusque 6 heures.

Comme nous sommes toujours emplis de bonnes résolutions en début de saison, nous avons opté pour plonger deux fois par semaine soit en milieu et fin de semaine. C’était donc LE jour mais encore un peu nous n’allions pas plonger car nous avons traîné un peu plus que de raison.

Pour ne pas perturber nos organismes, nous avons été plonger (-30.30 m – 54’ – 28°) à la bouée du « club Med » mais en partant sur la droite, cette fois. Ben oui … de notre amer situé à -20m., on peut partir sur la droite ou sur la gauche et ce sont deux plongées totalement différentes qui s’offrent à nous.

Indiscutablement c’est Ann qui avait le « bon œil » en découvrant tourteau, langouste et murène. Pour ma part, je me suis échiné les yeux sur de superbes coraux et … un barracuda à -30m. Superbe ligne mais très sale gueule.

En remontant sur notre annexe, nous assistions à l’arrivée de deux bateaux de plongée, il était 14. 40 heures ! En général, nous sommes déjà repartis avant qu’ils n’arrivent.

Vendredi 07 décembre.

Je n’avais réellement aucune envie de faire des courses, pas plus que de mettre l’annexe à l’eau. Ce fut donc une longue et bien belle journée de farniente … enfin, c’est ce que j’avais annoncé parce que n’y tenant déjà plus, je me suis attelé après un 100m brasse quotidien, la douche, le petit déjeuner et le gonflage d’une bouteille, au démontage de notre penderie à cirés !

Nous avions donc décidé de changer après la pompe … le flotteur. De surcroît, je n’étais pas satisfait du positionnement de la nouvelle pompe (le filtre était depuis lors, tout de travers)  et le bac récupérateur d’eau laissait fuiter l’eau.

La penderie démontée, Fred injoignable, il ne m’en fallait pas plus pour tenter de résoudre le problème par moi-même ! Joignant le geste à la parole, la tête en bas dans une position assez inconfortable, je suis parvenu à mes fins : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même ».

Samedi 08 décembre.

La journée avait commencé agréablement avec l’alarme de douche qui me confirma que le problème ne venait pas du flotteur. Joie.

En soirée, je pensais m’attaquer au remplacement de la commande au tableau, de la pompe de douche jusqu’au moment où je comprenais que toutes mes pièces détachées étaient à deux positions et qu’il m’en fallait une à trois positions … Joie.

En finale, j’ai démonté en partie, la commande suspecte et je lui ai injecté entre les nasaux, un spray pour contacts électroniques (le WD40 est très vivement déconseillé en matière d’électronique).

Si nous avions pensé faire des courses … très rapidement, nous étions à l’unisson pour opter pour une journée de grand farniente.  Confortablement installés dans notre cockpit, nous avons lu jusqu’à la tombée du jour.

Dimanche 09 décembre.

Journée venteuse comme toutes les autres, nous avons bénéficié d’un beau et large soleil qui nous a confortés en notre envie d’aller plonger à la bouée du « club Med » ( -30.30 m – 60’ – 28°). Superbe plongée, toute en douceur et en merveilles diverses. Un moment donné, Ann a débusqué dans son trou, ce que nous pensions être un gentil poulpe sauf qu’après avoir tenté de faire sortir l’animal de sa cachette … il s’agissait d’une petite murène de fort méchante humeur !

Nous avons vu trois langoustes dans les -15m. L’animal est très coloré et il s’agit d’un merveilleux spectacle de pouvoir le contempler en son milieu naturel. Dommage qu’il aie la chaire si fine …

Comme en Belgique, une plongée occupe toute une journée sans problème sauf qu’ici la « troisième mi-temps » est remplacée par une « pause lecture » des plus agréable d’autant que le vent a tendance à s’estomper en cours d’après-midi.

Lundi 10 décembre.

Comme pour ne pas changer, c’est l’alarme de la pompe de douche qui nous a sortis du lit. Nous ne sommes plus loin de faire des neuvaines pour que le problème trouve solution avant que nos nerfs ne craquent définitivement et que nous ne finissions par hurler plus fort que l’alarme …

Sur les judicieux conseils de Patrick Marie, le concepteur de l’électricité du bateau, nous avons changé un relais dont nous ignorions jusque là l’existence et en cette occasion, de découvrir que le relais du groupe hydrophore, était en train de griller gentiment !!!

Après cette grande victoire sur l’adversité, nous avons décidé de profiter pleinement de la vie … en farnientant à bord.

Un  peu avant le coucher du soleil, un crétin de catamaran de location venait jeter l’ancre plus proche de notre bateau que de raison. Il est à craindre que d’ici quelques semaines, d’autres  crétins ne manqueront pas de jeter l’ancre encore beaucoup plus près …

 

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Vendredi 23 novembre.

Comme nous partions pour Bequia (Saint Vincent) en début d’après-midi … il nous fallait donc en passer par les formalités d’immigration et de douane. Une réelle épreuve pour tout qui n’en est jamais passé par là  car le système est tatillon et totalement obsolète avec l’utilisation intensive du carbone bleu pour les doubles et les triples exemplaires ! Et à la question habituelle : « A quelle heure partez-vous ? » … si vous avez le malheur de répondre qu’en fait, vous partez tôt le lendemain matin, vous serez contraint de repasser le lendemain matin avant de partir, pour réaliser vos formalités !! Tous les novices se font systématiquement avoir …

Pendant ce temps là, Kirby mettait le petit coup de chiffon là où c’était encore nécessaire.

Nous avons quitté notre emplacement à 13.45 heures avec le sentiment que cette fois, nous avions vérifié tout ce qui devait être vérifié. Direction … le ponton fuel de « Power Boat » où nous avons tanqué 660 litres de diesel à 0,90 €/l. Cela nous a pris une petite heure. Après quoi, nous nous sommes dirigés vers la haute mer et en cours de route, nous avons hissé la GV.

J’avais tout vérifié sauf cela … un véritable plat de spaghettis à hauteur des drisses, des lazys et de la bastaque !!! J’ai vu avec horreur le moment où il me faudrait monter dans le mât auquel cas nous aurions rebroussé chemin …

Finalement c’était surtout la bastaque qui était emberlificotée et du pont, j’ai pu résoudre le problème.

Au moteur et deux ris dans la GV, nous avons pris la tête d’un mini convoi de trois bateaux, en nous heurtant les premiers, à un vent de face (17 à 21 nœuds de vent réel)  et à des vagues bien creuses.

A bord, c’était l’horreur … le bateau se transformait régulièrement en sous-marin tandis que je désespérais de préserver le moindre centimètre carré de mon anatomie, au sec ! Quand le bateau dressait son étrave sur le dessus de la vague pour mieux tomber dans le vide, c’était même impressionnant. Et je ne vous parle pas du moteur qui faisait de drôles de bruit quand l’hélice tournait à vide … et tout cela alors que la mer présentait un visage plutôt sympathique !!

Quand nous avons enfin pu avoir un angle d’attaque au vent qui permettait de mettre la toile, nous avons coupé le moteur et ce fut un bonheur de douceur et de tranquillité.

Il nous fallait malgré tout poursuivre notre route au près serré pendant encore une trentaine de milles avant d’atteindre la dernière plate-forme pétrolière et de pouvoir de là, abattre vers la pointe extrême SO de Grenade. Pourquoi, ce crochet ? Tout simplement parce que la plupart des attaques de pirates ont eu lieu à hauteur des plates-formes de forage.

Si fin mai, il y avait foule sur l’eau … ce vendredi de novembre, c’était le quasi désert hormis deux pêcheurs près des côtes de Trinidad et un autre, près des plates-formes. Quatre ou cinq cargos sur toute la traversée. Maigre bilan.

Si du côté des pirates, nous n’avions, semble-t-il, rien à craindre … c’est laisser la dernière plate-forme sur notre bâbord qui nous a posé question en raison du courant et d’un vent que nous ne pouvions serrer davantage.

Ayant une énorme confiance en mes qualités de marin … Ann s’était mise dans la tête de forcer le passage, au moteur. Grand mal lui en a pris puisque nous avons eu droit immédiatement à une « alerte, niveau de refroidissement ». Elle s’est donc esquintée, à la gîte,  à vouloir apporter l’ajout de liquide nécessaire pour ensuite ne plus se rappeler où elle avait posé le bouchon du réservoir … ambiance des grandes nuits, à bord !

Sur ces entre-faits, « S.A.S.³», toujours sous pilote automatique,  laissait tranquillement la plate-forme sur son bâbord, à une distance raisonnable d’environ 2 milles …

Evidemment, dès que nous avons pu abattre en grand, le confort s’est est ressenti en conséquence d’autant que le vent était maintenant conforme aux prévisions à savoir entre 10 et 15 nœuds et que Madame la Lune illuminait la mer de tous ses feux.

Samedi 24 novembre.

Contrairement à mes prévisions, nous avons été plus rapides cette année que l’année dernière à la même époque puisqu’il était 3 heures du matin contre 5.30 heures, lorsque nous avons doublé la pointe SO de Grenade !!

Nous avons remonté Grenade, au moteur, sur une mer aussi lisse que vide. Ensuite, nous avons traversé les Grenadines par un tout grand beau temps avec un vent réel oscillant entre 14 et 18 nœuds. Nous en avons profité pour lâcher un ris. Ce n’est qu’à partir de là que nous avons commencé à rencontrer d’autres bateaux.

Nous n’en avons malheureusement pas beaucoup profité tant nous étions crevés : nous ne sommes pas parvenus à trouver le sommeil durant notre traversée nocturne.

Nous sommes arrivés au mouillage de « Bequia » pour 15 heures. Le nombre de bateaux déjà présents, était impressionnant  et nous avons eu du mal à trouver une bouée : elles ont été toutes regroupées sur un fond de -5m situé bien plus près du hameau !

Le temps de mettre un peu d’ordre à l’intérieur, d’enlever le sel ici et là et nous étions ceinturés de catamarans de location … bonjour l’intimité !

Nous nous sommes donnés la nuit pour déterminer si on restait à « Bequia » quelques jours avec une possible plongée avec le club local ou si au contraire, on poursuivait notre voyage vers la Martinique.

Dimanche 25 novembre.

En nous réveillant ce matin après une merveilleuse nuit, nous avions l’impression de débuter nos longues vacances … le méga pied !

Nous avions prévu une paisible journée de farniente … alors qu’il était passé 18 heures lorsqu’enfin, je fermais mon atelier. Si nous avions cru que cette saison se présentait – exceptionnellement – sous les meilleures auspices avec tout qui fonctionnait parfaitement, nous avons totalement déchanté !

Cela a d’abord commencé par notre pavillon national qui s’était fait la malle au petit matin, sans que l’on comprenne comment et alors qu’il avait tenu jusque là ! Par chance, une garcette de sécurité a évité son naufrage.

Cela a continué par l’alarme stridente de la pompe de douche arrière. Je vous passe les détails et les énervements ainsi que le fastidieux travail de diagnostique mais la pompe doit être changée. Par bonheur ou plutôt par prévoyance, nous en avons une de rechange … au détail près que celle qu’il faut changer est inaccessible pour une personne de mon gabarit ! Nous devrons donc attendre d’arriver en Martinique et d’ici là, notre salle de bain arrière est inutilisable. Joie.

Par acquit de conscience, je vérifie le niveau d’huile du moteur principal … la jauge est totalement à sec !!!  Nous avons rajouté près de deux litres d’huile … 4.400 € payés à « LP Marine » de Trinidad pour un grand entretien ! Une honte.

Comme nous avons connu pas moins de deux autres « Alerte niveau liquide de refroidissement » durant notre navigation sur « Bequia » (!!), nous vérifions la présence d’une éventuelle fuite de coolant … pour découvrir cette fois, une fuite d’eau irréparable à hauteur du boiler d’eau chaude ! Le boiler a été acheté en mai en Martinique et placé par « Dynamite Marine Ltd » à Trinidad. Nous en avons changé parce que l’ancien boiler avait une fuite d’eau irréparable due à la corrosion à hauteur de son culot … 

Nous devions payer notre mouillage à « Blue Sky » (VHF 68)  (60 EC$/jour – précisons qu’ayant trouvé cela trop cher, il a diminué son tarif à 50 EC$ …) ainsi que les droits de douane (133 EC$) et d’immigration (35 EC$) mais l’ATM local était « momentanément hors d’usage » ! Comme nous comptions en finale, rester quelques jours sur place, nous nous sommes contraints à réaliser nos formalités d’entrée et de sortie (possible sur certaines îles) . Si nous n’avions passé qu’une seule nuit, nous nous en serions abstenus.

Alors que j’étais en train de me demander très sérieusement s’il n’était pas temps de nous séparer de notre bateau, nous avons eu la visite surprise de Carmen & Ralph de « Relax » dont nous avions fait la connaissance en Indonésie. Nous avons même été plonger avec Carmen à « Gili Air ». Le monde est décidément bien petit …

Lundi 26 novembre.

La banque étant ouverte … nous avons pu nous approvisionner en monnaie locale, le XCD ou EC$ ou Dollar des Caraïbes Orientales,  (division par 3 pour obtenir des €)  valable dans toutes les îles anglaises des Caraïbes.

Nous avons pris nos renseignements auprès des deux centres de plongée situés juste en face de notre mouillage et les informations reçues n’ont pas manqué de nous surprendre. Heures de départ: 9 h – 11.30 h et 14.30 h. pour les deux clubs. Par contre, si « Dive Bequia » demande 75 US$/plongée … « Dive Adventures » demande 70 US$/plongée (60 US$ parce que nous avions notre propre matériel).

Sans être radins, nous trouvions tout cela quand même fort onéreux pour UNE plongée alors que nous plongeons gratis et à satiété en Martinique ! Une plongée en carrière coûte de 4 à 6 € … évidemment, il faut se taper au départ de Bruxelles, de une à une heure et demi de route + retour et le gonflage de sa bouteille.

Mardi 27 novembre.

Comme par enchantement, ce matin, le mouillage a été déserté en masse en sorte que tous nos voisins avaient disparu !

Partant du principe que nous aimons plonger partout où nous allons, nous avons réservé la plongée de 11.30 heures auprès de « Dive Adventures ». Comme nous l’avions déjà constaté, il n’y a jamais foule en sorte que nous étions quatre à bord : le skipper (pas du genre très rigolo), notre guide (un beau grand jeune local), Ann et votre serviteur.

Nous ne sommes pas allés bien loin … sur l’éperon rocheux juste en face. Nous n’étions plus dans la baie mais pas encore dans le « canal ».

Nous nous équipons sans problème et nous nous mettons à l’eau par une bascule arrière. Rien de bien extraordinaire sauf que je constate que mon masque prend l’eau ! Je préfère donc remonter en surface pour régler le problème. Gentil mais éminemment vexant, notre guide se rapproche de moi et me tient comme on le fait avec un débutant …

La tête une nouvelle fois sous l’eau … mon masque reprend l’eau alors que notre guide me tire vers le fond comme avec un débutant qui ne sait pas descendre !! La super gêne, la honte.

Je refais malgré tout surface car il est plus facile de régler la question hors de l’eau que par un vidage de masque sous l’eau. C’est à ce moment là que mon guide constate que le verre de mon masque s’est largement déboîté de son support … c’était sans espoir.

J’ignore si notre guide a compris par la suite, que je n’étais pas exactement un débutant (Il s’agissait de 1.001è plongée … je m’étais arrangé pour célébrer ma 1.000è plongée avec les membres de mon club de Waterloo) mais lorsque nous avons atteint l’épave du remorqueur, il n’a pas fait de problème à ce que j’explore seul son intérieur particulièrement encombré de tuyaux et de machineries … une vraie caverne d’Ali Baba.

Si j’avais su que Ann lui avait demandé l’autorisation de pénétrer dans l’épave, je me serais autorisé une visite plus en profondeur mais je l’ignorais !! En fait, je regardais l’intérieur par la baille lorsque j’ai senti qu’Ann me poussait à y entrer et comme il ne faut jamais me le dire deux fois …

Ce fut une très belle plongée (- 17.60 m – 60’ – 28°) avec pour commencer un tombant incliné à la faune et flore très riches. Ensuite, une vaste prairie avec l’épave d’un vieux voilier (sans intérêt)  et pour terminer, celle d’un remorqueur où nous attendait, en surface,  le bateau de plongée.

A noter, la présence d’un courant certes pas violent mais quand il faut palmer à contre sens …

Mercredi 28 novembre.

Quand nous nous sommes dégagés de la bouée, il était 6.15 heures du matin et une quinzaine de bateaux avait déjà quitté notre mouillage pour remonter vers le Nord ! Quelques heures plus tard, alors que nous les avions tous remontés, il n’y avait plus un seul bateau sur notre horizon arrière sans que l’on sache très bien où ils étaient tous partis.

Au départ de  « Bequia », nous sommes partis sur les chapeaux de roue (+ 10 nœuds) avec un vent réel de 21 nœuds à 45°. Mais nous étions encore dans le « canal » que le vent retombait à 12 à 15 nœuds mais surtout, tournait beaucoup trop au NE en sorte que nous l’avions sur le pif !

Par la suite, nous n’avons jamais manqué la moindre occasion de marcher à la voile mais soit le vent était trop faible, soit sa direction était trop mauvaise. En bref, nous avons fait du moteur et encore, du moteur : assommant. Nous étions super crevés lorsque nous sommes arrivés à destination.

Au Sud de « Sainte Lucie », nous avons subi notre premier grain de la saison. Pas trop terrible mais toujours aussi désagréable. Par bonheur, nous n’en avons connu qu’un seul.

Au vu de la tournure des événements et comme le bateau marchait très bien (près de 10 nœuds à 1.880 tours), nous avons décidé en cours de route de poursuivre jusqu’en Martinique (92 NM). Nous avons atteint la « baie Saint Anne » qu’il était 17.15 heures. Nous avons eu juste le temps de jeter l’ancre, d’aller vérifier sa tenue (fond de sable et d’herbe) et de faire un brin de remise en ordre sur le pont avant que la nuit ne tombe.

Pour nous, les « vraies » vacances commençaient .

 

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 28 novembre 2018

18 au 22.11.2018: la vie au chantier Peake de Trinidad

 

Dimanche 18 novembre.

Comme nous sommes arrivés à 2 heures du matin … nous avons passé le plus clair de notre temps, en chambre. Le chantier Peake dispose d’une dizaine de chambres rustiques et un peu branlantes mais très agréables. Le restant de la journée, nous nous sommes faits dévorés par les moustiques ! Il faut reconnaître qu’avec nos tronches d’aspirine et nos taux en vitamine D très bas, nous sommes des garde-mangers ambulants pour ces sales bêtes. Encore une chance, qu’en chambre avec notre air conditionné, nous sommes hors d’atteinte.

Question restauration, nous avons pris une carte de fidélité au restaurant « Le Zanzibar of Sea » situé juste au-dessus des chambres. Le menu, dans son ensemble, est déprimant tant il est peu conforme à nos goûts d’Européens et les quantités sont toujours monstrueuses mais c’est la formule la plus simple car elle nous évite d’avoir à aller très loin.

Nous avions bien pensé essayer le restaurant du chantier « Power Boat » situé tout à côté mais lors du dernier tremblement de terre d’août (!!), les murs se sont fissurés et l’immeuble a dû être détruit. Frissons dans le dos, a posteriori …

Lundi 19 novembre.

Nous avons fait le tour de l’horloge sans la moindre difficulté malgré le décalage horaire (- 5 heures).

A chaque fois que nous passons le pas de la porte de notre chambre, nous sommes assommés par la chaleur moite et étouffante. Le mieux serait sortir entre 6 et 8 heures du matin ce qui ne correspond pas à nos horaires habituels et après 17 heures si nous n’avions pas tant peur des moustiques …

Notre visite du bateau de ce matin, bien qu’encore sommaire, s’est révélée très encourageante, Mark de « Dynamite Marine Ltd. » ayant parfaitement réalisé son travail de surveillance, de gestion des travaux et de maintenance. Nous vous le recommandons très chaleureusement.

Comme chaque année, c’est un petit travail que je me réserve, j’ai changé 5 anodes sur 8 tout en restant convaincu  que ce n’était pas absolument nécessaire mais toujours plus prudent avec un voilier en aluminium.

A l’intérieur du bateau et malgré l’air conditionné, il fait très vite mourant de chaud ! Cet appareil d’air conditionné loué à Mark, nous évite toute moisissure ou condensation indésirable durant notre longue absence. C’est la seconde année que nous le testons et le résultat est incroyable … beaucoup mieux qu’un simple déshumidificateur.

Mardi 20 novembre.

C’est aujourd’hui la mise à l’eau du bateau et comme un fait exprès, il s’est mis à pleuvoir durant toute la durée de la manœuvre alors que d’une manière générale, il n’a presque pas plu depuis notre arrivée !!

Pour une fois, le chantier avait correctement respecté un temps de séchage d’un mois (!!!) avant de déplacer les nombreuses pattes de soutènement du bateau. Nous avons constaté avec l’expérience qu’il fallait un bon mois de séchage avant de pouvoir exercer une solide pression (sangles de levage, pattes de soutien) sur l’antifouling … au risque sinon de voir le Trilux33 « glisser » sur la coque aux endroits de pression.

Nous avions chargé le chantier de gratter la semelle ainsi que le bas de quille et de revoir tout son enduisage. Comme le bateau est posé sur des cales de bois, on n’a accès à la semelle que lorsque le bateau est dans les sangles de la grue et bien évidemment, le moment est mal choisi pour travailler consciencieusement ces zones qui sont toujours fortement délaissées.

Au matin, les trois places du ponton des grands bateaux, étaient prises malgré les assurances données par le chantier … et pour notre malheur, la place tant convoitée était  occupée par un Amel 54’ français dont il nous avait été dit qu’il ne partirait pas avant deux ou trois jours.

Prévu pour 13 heures … la grue n’est venue nous chercher que pour 13.30 heures (toujours ce foutu problème de fuseaux horaires). Assoiffés, nous avions pensé avoir le temps de prendre un rafraîchissement mais la serveuse du « Zanzibar of Sea » a mis tellement de temps pour nous servir que nous avons finalement dû décommander … à sa grande fureur.

Dans la darse, en mettant le moteur en route, une alerte stridente s’est déclarée : «Alerte : Liquide de refroidissement insuffisant ! ». Quand vous avez dépensé plus de 4.400 € pour le tout grand entretien de votre moteur (nous avons même poussé le vice jusqu’à procéder au changement du pot d’échappement construit sur mesure) , il y a de quoi vous mettre en rogne. Toutefois, connaissant parfaitement ce type de problème, nous avons pris tout cela avec philosophie et nous avons rajouté 2 litres de « coolant ».

Au ponton, une seule place s’était libérée le long des bâtiments, que nous avons prise en marche arrière en sorte de prendre les vagues par l’avant. Nous étions solidement amarrés que l’Amel 54’ quittait son emplacement !! Grrrrrrrrrr.

Nous avons passé le plus clair de notre temps de cette journée, à tenter de redonner une allure acceptable à notre annexe !! Bien qu’elle aie été bâchée durant tout son entreposage à terre, nous avons relevé – horrifiés – que notre si beau cover, couleur sable, était fortement sali en divers endroits sans oublier les tâches de graisse laissées un peu partout (le dos blanc du dossier de siège était devenu noir !) par le technicien chargé de l’entretien du moteur. La prochaine fois, nous paierons un supplément mais il devra travailler avec des gants blancs …

Mercredi 21 novembre.

Ma première nuit à bord s’est révélée loin d’être bonne ! Si la température intérieure malgré l’arrêt de l’air conditionné (le voltage du ponton est insuffisant pour nous), était « supportable » … c’est le manque d’air qui m’est apparu insupportable. Ceci explique sans doute pourquoi à 6 heures du matin, nous étions en train de mettre en place les deux voiles d’avant.

Plus rapidement que nous en avions le souvenir, les températures ont fortement grimpé et le pont en teck s’est transformé en poêle à frire, mettant au supplice nos plantes de pieds. Le travail en est devenu extrêmement pénible.

A 10 heures, Ann prenait le shuttle du chantier pour un gros approvisionnement en centre ville. Il s’agit d’une nouveauté fort appréciable de cette année … mais le shuttle est peu disponible !!  Sur trois occasions, nous n’avons pu y avoir recours qu’une seule fois !

Resté au bateau, je recevais la visite des hommes de Mark qui venaient remplacer notre sirène de mât. Je me suis rendu compte qu’il fallait la changer en début d’année si ma mémoire ne me fait pas défaut …

En début d’après-midi, Kirby (notre nettoyeur à tout faire) s’est pointé et a voulu commencer par polisher le mât sauf qu’avec la marée haute, cela bougeait pas mal et qu’arrivé au ¼ du travail, il déclarait forfait car il avait le mal de mer …

Pour notre part, nous avons continué à mettre en place tout ce qu’il devait encore l’être … entrecoupé de nombreuses pauses imposées par la chaleur étouffante et un soleil de plomb.

Sans que l’on ne sache jamais à quelle heure il va passer, Reynhart de « Electropics Marine Service Ltd »   est passé à bord pour changer le cordon de notre téléphone satellitaire et voir notre problème de Master Seaview. Pour ce dernier,  il a suffi de changer de borne d’entrée dans l’appareil pour remédier à la connexion défectueuse.

Nous avons savouré notre premier apéritif en fin d’après-midi avant que les moustiques ne se déchaînent et c’était un peu comme si nous reprenions enfin possession de notre bateau. Le soir, Ann parvenait même à réactiver notre abonnement TV à Canal+ !

A u cours de notre apéro improvisé, il m’a semblé deviner que le bateau n’était plus parallèle au ponton ! Il ne nous faudra pas longtemps pour relever que l’amarre avant bâbord s’était rompue ! Si ce n’était pas notre amarre (ouf),  le problème demeurait qu’il fallait l’attacher à nouveau, au poteau médian entre les deux emplacements …

Après plusieurs essais manqués et aussi décourageants les uns que les autres, je parvenais à positionner mon lasso sur la tête du poteau.

Notre nuit fut douce et agréable malgré la dizaine de moustiques qui se sont installés dans notre cabine.

Jeudi 22 novembre.

A 7 heures du matin, j’étais déjà à l’œuvre : changement des vérins de capot du WC et de la salle de bain avant. Ce qui ne devait être qu’un jeu d’enfants s’est révélé plus astreignant que prévu ! Sur ces entrefaites, Kirby revenait terminer son travail de polish du mât. Ouuuuf car j’ai bien cru que nous le ne le verrions plus d’autant que les heures s’écoulaient et pas trace de notre copain.

Après le remplacement des vérins, il s’agissait d’une autre bricole et puis, une autre bricole et ensuite, une autre bricole jusque 16 heures où je finissais enfin par prendre ma douche … du matin ! Je suis resté sous la douche glacée un petit quart d’heure … le temps de sentir ma température corporelle descendre, descendre, descendre. Dieu que c’était bon après ces heures de travail en perpétuelle surchauffe.

Le lendemain, nous partions pour « Bequia » (Saint-Vincent).

 

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Publié par : Ann & Stéphane | 18 novembre 2018

17.11.2018 – Retour à Trinidad … et sur le bateau.

 

Si d’ordinaire , je suis toujours le plus pressé pour rentrer au bateau, cette année,  j’ai du me raisonner pour quitter notre nid d’amour douillet de Bruxelles ! Il faut reconnaître que notre nouvelle maison de retraite est idéale pour des santés défaillantes comme les nôtres. Situé au 3è étage d’une copropriété de quatre étages avec un ascenseur qui vous bloque entre deux paliers de manière irrégulière, j’ai retrouvé le plaisir des escaliers … Conscients du problème, nous avons dormi dans notre voiture au sous-sol pour éviter d’être bloqués au moment de partir.

La prudence étant la mère des vertus, nous sommes partis tellement tôt que l’aéroport de Bruxelles, n’était pas encore ouvert quand nous étions sur place. Un concierge baillant aux corneilles, nous a ouvert les portes et nous nous sommes immédiatement rués vers notre « gate » où nous avons dû nous battre bec et ongles contre une horde de migrants désireux de fuir notre pays.

Notre première étape fut Toronto (Canada) avec Brussels Air Lines … Ann tenait absolument à faire un petit coucou à nos amis canadiens qui pour une fois, n’étaient pas à l’aéroport en train de nous attendre ! Quelle déception.

Ce n’est guère du chauvinisme de ma part mais Brussels Air Lines se place selon moi, légèrement au-dessus de la norme avec un personnel charmant sauf peut-être la revêche chef de cabine qui a imposé à Ann de se rasseoir alors qu’elle voulait aller aux toilettes ! En cause, une stupide indication lumineuse imposant de mettre sa ceinture alors qu’il n’y avait aucune turbulence et que tout le monde se promenait gaiement.

Nous étions assis dans l’allée centrale … celle que je déteste le plus car invariablement, j’ai pour voisin, un gros malabar qui m’empêche de respirer sur mon tabouret. Mais pour une fois, j’avais une jeune fille très sympathique qui m’a fait de la gringue durant tout le trajet ! Je serais incapable de vous raconter ce dont nous avons parlé parce que nous ne nous sommes pas échangé un seul mot mais tout était dans le regard qu’elle n’a pas détourné de son I-phone.

Nous avons eu de la chance car nous étions en queue d’avion, là où la bande centrale se réduit à trois sièges au lieu de quatre et il m’est d’avis que le technicien en charge de la fixation des sièges, venait sans doute lui-même de passer quelques heures dans l’une de ces bétaillères volantes, car l’espace pour les jambes était anormalement grand !

Sur ce trajet d’un peu plus de 8 heures, nous avons joyeusement sommeillé, interrompus constamment par les nombreux rafraîchissements qui nous étaient offerts.

A Toronto et contrairement à ce qui avait été annoncé dans l’avion à grands coups d’annonce dans toutes les langues, nous n’avons pas dû nous soumettre aux contrôles de l’immigration et des douanes. Nous avons par contre, été soumis à un contrôle de passeports inopiné juste à la sortie de l’avion provoquant du même coup un monstrueux embouteillage. Sur le coup, j’ai cru à une action des « gilets jaunes » qui ont paralysé toute la France en protestation de l’augmentation incessante des prix du carburant.

Nous avons passé quatre heures à attendre notre correspondance de quoi me rassurer que les embarquements à l’aéroport de Toronto, sont toujours aussi bordéliques (toutes gates confondues) et le nombre de WC assis  toujours aussi parcimonieux. C’est bien qu’il n’y avait plus une seule chaise roulante dans tout l’aéroport sinon nous aurions également embarqué en chaise roulante … histoire de rentrer dans l’avion avant tout le monde. Il s’agit d’une pratique venue d’Inde que nous aurions voulu tester.

Pour nous rendre à Port of Spain (Trinidad) nous avons voyagé (5 heures) avec Air Canada Rouge qui devrait être rebaptisé  Air Canada Blanc comme les sommets enneigés vers lesquels j’ai pensé un moment que nous nous dirigions ! Comme à chaque fois, il faisait une température assez fraîche à l’intérieur de la carlingue et moyennant un supplément de 30 €/personne, nous avons eu droit à l’air conditionné de la porte de secours.

Si nous le savions par avance et que nous étions habillés correctement pour faire face aux frimas de l’hiver, nous n’avons pas osé nous endormir de peur de ne plus pouvoir nous réveiller ! Nous avons alors établi, Ann et moi, des quarts d’une heure près du hublot. Au-delà, nous risquions les engelures des membres inférieurs.

Voyageant en « low cost » sur cette partie du trajet, il a été impossible au steward de nous apporter la moindre couverture au point que j’ai pensé m’enrouler les jambes avec du papier WC … Notez que je me suis un peu réchauffé avec le breuvage infâme que la compagnie appelle « thé » et qui nous a été servi à bord.

Une fois à Port of Spain, il était minuit, heure locale, nous avons emprunté le toboggan de secours qui nous a fait atterrir un peu brutalement sur le tarmac où ils nous ont laissés fondre durant une heure.

A l’immigration, nous avons été reçus par des pin-up, sexys, au sourire aguichant … mais j’en étais à mon cinquième whisky servi dans l’avion. Les autres passagers m’ont affirmé quant à eux, qu’ils pensaient que l’avion avait atterri par erreur, aux portes du bagne de Cayenne (Guyane) !

Comme l’année passée, nous avions eu à subir une grève du zèle des douaniers, avant de partir, j’avais passé des heures à enlever consciencieusement toutes les étiquettes des produits de contrebande que nous ramenons à chaque fois, dans nos bagages. Pour cela, à Toronto, ils sont sympas car s’ils fouillent systématiquement nos bagages au point que nous n’osons plus mettre de cadenas, ils nous laissent toujours passer sans moufter.

A notre grande surprise et hormis deux « ploucs » de service qui se contentaient de recevoir nos déclarations en douane, nous sommes passés sans même penser à déclarer la bouteille de parfum que nous avions achetée à Toronto, hors taxes, histoire d’avoir un os à donner à ronger aux douaniers s’ils étaient encore en grève du zèle.

Quand nous sommes montés dans notre taxi, j’ai bloqué ma respiration durant la petite heure de trajet de peur que mon cœur ne s’emballe ! Dépourvu du moindre contrôle technique, c’est dans les tournants que j’ai eu le plus peur que nous ne perdions une roue.

Arrivés incroyablement sains et saufs au chantier Peake, nous nous sommes effondrés sur notre lit de la chambre numéro 5 que nous réclamons à chacun de nos passages car nous y retrouvons nos odeurs d’une fois à l’autre. C’est très important, vous savez, les odeurs.

Nous devons encore aller rendre visite à notre bateau mais je tenais par ce rapport un peu bref, je m’en excuse, vous confirmez que nous étions bien arrivés.

 

PS. Si vous avez pris à la lettre tout ce que j’ai raconté ci-dessus, vous feriez mieux de faire comme moi … arrêtez de boire !

 

 

 

 

Publié par : Ann & Stéphane | 21 juin 2018

17.05 au 11.06.2018 – Descente sur « Trinidad ».

 

C’est encore plus long que d’habitude mais le prochain article ne paraîtra pas avant décembre 2018 !

Jeudi  17.

Qui  l’eut cru après tant de mois de sédentarisation ? En fait, période cyclonique (juin à novembre) oblige, nous sommes partis ce matin, pour « Marigot Bay » (Sainte Lucie) soit 30 NM. Une « mise en jambe » particulièrement appréciable parce qu’elle comporte la traversée d’un « canal ». Si un « canal » est l’image même d’un plan d’eau calme, dans les « Antilles », c’est tout le contraire car ce terme désigne le bras de mer entre deux îles.

Quand nous avons levé l’ancre (10 h), le vent était modéré et le plan d’eau assez calme. Si ce n’était pas le plein et beau soleil, la météo restait engageante.  Une fois au dehors de la protection de la baie, le vent se faisait déjà plus ressentir et la mer devenait plus agressive.

Sans trop bien savoir ce qui nous attendait, nous avons pris le risque de hisser la GV haute tandis que le génois n’était sorti que de 2/3.  Nous sommes partis sur les chapeaux de roue avec une vitesse dans l’eau qui assez rapidement, atteignait fréquemment les 10 nœuds. Le vent réel était établi entre 17 et 20 nœuds, dans les 60°-70° avec quelques variations plus au largue. La mer était praticable. Comme à la sortie de la baie « Sainte Anne », on tombe quasi directement dans le « canal », j’ai pensé erronément que notre traversée serait des plus tranquille …

Bien évidemment c’est au moment précis où on commence à vouloir prendre ses aises, que l’on prend la raclée (nous avons copieusement été arrosés) avec un vent réel montant à 25 nœuds  avec même des pointes à 28 nœuds ! La vitesse dans l’eau est immédiatement passée au dessus de  11 nœuds.

Si on était en régate, nous aurions sans doute pris notre pied mais en le cas d’espèce, nous avons baissé pavillon en prenant un ris dans la GV. Voici à peu près le dialogue que nous avons eu Ann et moi durant la bonne heure qui a précédée ce moment tragique … « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) …  « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) …  « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) … « on prend un ris » (moi) – « Ouiiiiiiiiiii » (Ann).

La prise de ris a démontré que nous étions un peu rouillés …

A la verticale de la pointe nord de « Sainte Lucie », quatre cargos étaient à l’ancre et nous barraient le passage. Nous faisant tout petit, nous sommes passés entre les cargos, en laissant deux cargos sur tribord et deux autres sur bâbord.

Alors que je m’attendais à ne plus avoir de vent derrière l’île, nous avons pu marcher à la voile (+8 nœuds) jusque « Marigot Bay » avec un vent réel tournant dans les 15 nœuds avec même quelques surventes !

Nous étions à hauteur de « Marigot Bay » pour 14 heures.

Nous avons relevé la GV haute avant de l’affaler et nous sommes entrés dans le chenal. Pas grand monde mais plusieurs bateaux sont arrivés sur nos traces. Je pense que pour l’essentiel, ils venaient des « Grenadines ».

Le temps pour Ann de faire les formalités en douane et pour votre serviteur, de remettre de l’ordre sur le bateau et nous avions droit à une petite pluie bien mouillante qui a réussi à nettoyer partiellement le bateau de son sel.

Avec la tombée du jour, nous avons eu droit à une mini invasion de « nuisibles » que le Capitaine du Port n’a rien trouvé de mieux que de placer juste à côté de nous ! Question intimité, on fait mieux mais surtout, c’est bien que le plan d’eau soit hyper calme car hyper protégé sinon les bateaux se seraient heurtés allègrement !!

Par contre, question ambiance, tous ces bateaux aussi bruyants qu’illuminés, ne manquent pas d’en mettre et je ne parle pas des grillons qui donnent à l’ensemble, un petit air de Provence … tropicale. Quand je pense que demain, à l’aube, ils seront tous partis !

Comme je le répète à l’envi … « il n’y a pas de rose sans épine » et à « Marigot Bay », ce sont les moustiques qui sont les épines de la rose. Le résultat des courses est que nous nous sommes enfermés dans le bateau avec l’airco, pour la nuit. Nous n’échapperons plus par la suite, à ces sales bêtes même si étonnamment, elles resteront fort peu visibles ! Ce sont  leurs piqures qui nous rappelleront à leur bon souvenir … quand je pense à l’un de nos amis qui n’arrête pas de dire que nous avons de la chance !

Vous ne me croirez sans doute pas mais depuis plusieurs mois, nous faisons tourner l’airco une dizaine de minutes par semaine (tous les vendredis soir) comme recommandé. Et bien évidemment … alors que nous en avions grandement besoin, il n’a pas voulu se mettre en route !!! Grrrrrrrr.

Après avoir chipoté au filtre d’eau de mer, le capricieux animal a finalement bien voulu s’enclencher. Ouuuf. Par la suite, il n’a plus posé problème … c’était juste pour nous rappeler sa capacité à nous emmerder.

Vendredi  18.

Dans le courant de la nuit (l’airco avait été arrêté depuis plusieurs heures), j’ai manqué d’air et comme il était à prévoir, à chaque fois que j’ouvrais notre capot de pont, il se mettait à pleuviner peu de temps après ! Autant dire que j’ai passé une nuit en pointillé allant même jusqu’à changer de place dans le lit avec Ann, alors que j’aime tant dormir du sommeil du Juste. Re-grrrrr.

Loin de ce que je craignais (cela casse généralement  l’ambiance), il n’y a qu’une petite dizaines de bateaux qui sont partis tout au cours de la matinée, notre voisin américain de derrière ne partant même que pour l’heure de midi ! Il nous était très sympathique car il a dit à Ann qu’il n’avait jamais vu un aussi beau bateau …

Journée pluvieuse mais malgré tout animée par l’arrivée de plusieurs voiliers dont  … « Laurence » qui, en principe, devait être en train de voguer vers l’Europe !! Un changement radical de programme (le bateau retourne comme l’année passée, à « Trinidad ») dont nous ignorons encore les motifs.

Samedi  19.

Malgré une météo pas spécialement avenante, nous sommes partis ce matin, à la suite de « Laurence », pour « Bequia » : 62 NM. Je ne vous raconte pas la journée, j’en deviendrais fou …

Bon, ok, je vous raconte notre journée mais vous promettez de poussez des « oh » et des « ha » admiratifs chaque fois que nécessaire. Je compte sur vous.

Après une nuit bien trop courte (j’ai piqué du nez, toute la journée … très désagréable), nous avons levé l’ancre à 6.10 h (sans prendre de douche, ni de petit déjeuner ) ! « Laurence » était pour sa part, parti bien plus tôt.

A la sortie de « Marigot Bay », pas un pet de vent … exactement comme la saison passée. Nous en avons profité pour prendre très proprement, deux ris dans la GV et, au moteur, nous avons été jusqu’au canal.

Comme au départ de la « baie Sainte Anne », le canal s’est d’abord présenté sous les meilleurs auspices : +/- 15 nœuds de vent réel, dans le 70-80°,vitesse dans l’eau de 7 à 9 nœuds suivant les moments, mer très praticable … petit bémol, nous avons eu droit toute la matinée, à quelques  petites pluies.

Au milieu du canal, le vent réel est monté jusque 20-25 nœuds (je me suis fait deux ou trois fois bien arroser). Rien de très extraordinaire mais par je ne sais quel pressentiment, alors que nous arrivions à hauteur de « Saint Vincent » (nous marchions alors à 10 – 11 nœuds dans l’eau), nous avons réduit le génois à 1/3. Quelques instants plus tard, le vent grimpait jusque 35 nœuds !! Une fois sous la protection de l’île, nous avons dû marcher au moteur …

Plus loin … à l’entrée du canal séparant « Saint Vincent » et « Bequia », le vent nous a pris d’un coup ! La mer était blanche de gros moutons. Même si l’anémomètre n’indiquait que 20 à 23 nœuds dans le 50°, l’atmosphère était toute autre et ceci m’incita à sortir la trinquette.

Bien évidemment, au départ, nous avions l’impression d’être sous-toilés ce qu’avait tendance à confirmer notre speedo qui indiquait une vitesse dans l’eau, de 7 à 8 nœuds. Mais par la suite, nous avons trouvé la situation fort confortable et le speedo est remonté à  9 – 10 nœuds.

Au cours de la traversée, nous avons eu à faire face(oui … bon … sur le côté bâbord)  à un cargo qui venait d’Atlantique. Dans le doute de sa trajectoire, Ann a pris contact avec son capitaine et manifestement, celui-ci a dévié sa route pour nous passer loin devant. Sympa mais coutumier.

Quand nous avons atteint la baie de « Bequia » (15.10 h), nous pensions pouvoir profiter d’un bel abri et au lieu de cela, il faisait quasiment plus venteux dans la baie qu’en mer !!!! La prise de bouée ne fut donc pas des plus simple malgré l’assistance d’une responsable locale car le bateau, sous l’effet du vent, valsait d’un bord sur l’autre bord.

Le temps de mettre de l’ordre sur le pont et « Laurence » faisait son apparition.

Une heure plus tard, le calme plat s’établissait sur la baie et une petite pluie bienfaitrice venait laver le pont !!! J’aurais souhaité une pluie plus drue mais cette petite pluie a eu le mérite de nettoyer nos grands hublots panoramiques que le sel rendait opaques. 

Dimanche 20.

Superbe journée qui m’a donné l’envie de prolonger notre séjour sur place d’autant que le mouillage ne manquait pas d’animation : il y avait foule.

Le soir, nous prenions l’apéro, à bord, en compagnie de Didier & Aline de « Laurence ». Aline est la coéquipière qui devait aider Didier à traverser l’Atlantique jusqu’à ce qu’il décide de modifier son programme.

Comme « Laurence » nous avait fait part de son intention de partir le lendemain pour les « Tobago Cayes », j’ai été très tenté de le suivre pour nous familiariser avec un lagon dont l’accès nous paraît sinon difficile du moins dangereux. Malheureusement, comme nous n’avions pas fait notre clearance d’entrée, il nous était impossible de nous y rendre puisque  les « Tobago Cayes » dépendent de « Saint Vincent – Bequia ». Bien entendu, il était possible de remédier à la situation en réalisant notre clearance d’entrée le lundi matin mais Ann n’était pas tentée par l’expérience.

Lundi  21.

Comme nous avions décidé la veille, de rester une journée supplémentaire sur place … nous sommes partis de grand matin pour « Carriacou » (Grenade) : 38 NM. Que voulez-vous … nous sommes libres comme le vent et la météo annoncée pour mardi, ne nous convenait pas : trop de vent !

Bien que nous étions debout à 8 heures, il était près de 9 heures lorsque nous avons lâché les amarres sans prendre de douche, ni de petit déjeuner !!  La veille, en l’honneur d’Aline qui souhaitait visiter le bateau, nous avions tout ressorti et donc, il a fallu tout ranger avant de pouvoir démarrer.

Le plan d’eau était calme, le vent agréable et le soleil brillait de mille feux … tout nous portait à rester sur place.

Une fois que nous avons contourné la pointe sud de l’île, nous avons éteint le moteur et sommes partis sous génois avec deux ris dans la GV. Avec un vent réel de 12 à 15 nœuds dans le 70° et une mer belle, la tentation fut grande de relâcher un ris ou deux mais la prudence est la reine des vertus …

Effectivement, une bonne heure plus tard, le vent réel passait subitement  à +/- 18 nœuds et la mer se montrait plus agressive. Mais, contrairement à mes prévisions, on retrouvait les conditions de départ à hauteur des premières îles rencontrées.

Au niveau de « Union », nous avons eu droit quasiment coup sur coup, à deux grains (le vent réel est monté jusque 25 nœuds) qui nous ont obligés à jouer avec le génois.

A hauteur de « Carriacou »,nous nous tapions un troisième et un quatrième grain nettement plus féroces et plus étendus que les deux premiers ! Non seulement, le vent mollissait dans un premier temps pour se renforcer ensuite brutalement mais de surcroît, nous avons eu droit à de véritables déluges rendant toute visibilité sur l’avant, impossible. Si déjà en plein océan, c’est flippant … le long des côtes, cela l’est encore plus.

Malgré toutes mes bonnes résolutions, après le quatrième grain, nous avons enroulé le génois pour marcher au moteur sous GV : je n’avais aucune envie de me prendre au passage, les « Sisters Rocks » toutes proches.

Nous sommes arrivés à « Tyrell bay » pou 15.30 heures. La baie était encombrée de bateaux et en voulant s’assurer un minimum d’intimité, nous avons jeté l’ancre derrière tout le monde par -6m de fond.

Après tout ce qui était tombé durant les grains, nous ne fûmes pas surpris qu’il ne pleuve plus  …

Mardi  22.

Après une bonne nuit de sommeil – sans la moindre pluie – nous avons été en annexe jusqu’au petit chantier à côté duquel se trouve le bureau des douanes et de l’immigration pour notre clearance d’entrée sur « Grenade ». « Carriacou » dépend de « Grenade ».

Ensuite, nous sommes partis à la recherche de Philippe & Imelda de « Pilhaouer » dont nous avions fait l’agréable connaissance à « Jacaré » (Brésil). Nous savions qu’après y avoir passé 18  mois, ils avaient élu domicile à « Carriacou ».

Après les avoir trouvés et passé un moment en leur compagnie, nous sommes retournés au bateau pour nous plonger dans les aventures passionnantes du Prince Morosini … « Les enquêtes d’Aldo Morosini » de Juliette Benzoni.

Le soir, Philippe & Imelda venaient prendre l’apéro, à bord.

Mercredi  23.

En fin de matinée et alors que « Laurence » faisait son apparition sur le mouillage, nous sommes partis découvrir le nouvel hypermarché, « Alexis food stores », qui s’est établi en décembre 2017, le long de la plage. On y accède par la baie mais il n’y a pas encore de débarcadère. Aussi, j’ai déposé Ann sur la plage et je suis allé l’attendre au débarcadère des ferrys où j’ai trouvé un escalier en béton parfaitement adapté. Notre annexe est trop lourde (+250 kg) pour être tirée sur le sable comme le font les autres plaisanciers.

Après cette course, nous sommes rentrés au bateau où une fois de plus, nous nous sommes immergés jusqu’au soir, dans notre lecture.

Le va-et-vient des bateaux sur la baie, y est nettement moins important qu’à « Béquia » au point qu’il est souvent difficile de distinguer les nouveaux arrivants … sans parler de ceux qui sont partis et dont on ne s’en rend compte que beaucoup plus tard.

Jeudi  24.

Ce matin, nous avons visité l’île … en taxi. Cela nous a pris deux heures et il n’en fallait pas plus pour s’en faire une idée générale. Il n’y a rien d’exceptionnel à voir hormis quelques très belles vues sur la mer mais il s’agissait surtout d’ambiance et de coloris. Si la végétation est aride (!), l’île nous a paru très propre.

En retournant au débarcadère où nous avions laissé notre annexe, Ann a eu l’idée d’aller déjeuner au restaurant de plage « Lazy Turtle Pizzeria » qui fait également centre de plongée, le « 5 Stars ». Nous y avons dégusté une excellente pizza.

De retour à bord, nous avons pu constater que c’était la journée de toutes les arrivées et en peu de temps, notre bateau était littéralement encerclé.

Le soir, nous avons été prendre l’apéro à bord de « Pilhaouer » de Philippe & Imelda.

Vendredi  25.

Comme nous en avions décidé quelques jours au préalable, nous avons levé l’ancre pour 8.10 heures et à 8.30 heures, la GV sous 2 ris était levée. Nous voulions atteindre « Clark’s Court Bay » (au sud de « Grenade ») :  42 NM.

Il faisait beau et la mer était très praticable. Durant les 23 premiers milles, nous avons marché à la voile : +/- 17 nœuds de vent réel dans le 130-140° puis +/- 20 nœuds dans le 90° et à l’approche du nord de « Grenade », le vent réel est monté à certains moments, jusque 24 nœuds dans le 60° !!

Une fois la pointe de « Grenade » dépassée (11.45 heures), le vent réel est tombé à 12-13 nœuds et comme notre vitesse en souffrait pas mal (moins de 6 nœuds) , nous avons mis le moteur jusqu’à l’arrivée.

Comme Ludovic de « I.D.S. » nous a conseillé de monter dans les tours de moteur (jusqu’à 2.000 tours) et que cela fait depuis 8 ans que nous ne dépassons jamais 1.700 tours, nous augmentons le régime de manière très progressive et prudente … aussi, notre vitesse dans l’eau est passée de 7 à 9,5 nœuds !

A la pointe sud-ouest de l’île, le vent est passé de plus en plus au près pour terminer sur le nez, le long de la côte sud. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la mer était plus calme une fois le cap passé.

Comme il y a pas mal de hauts-fonds tout le long de cette côte, nous sommes restés prudemment au large pour n’obliquer vers la baie qu’en toute dernière minute (14.30 heures) . Le balisage lumineux n’est pas renseigné par les cartes car celui-ci n’est pas « officiel ».

Vu du large, celui-ci n’est pas aisé à repérer en sorte qu’il faut oser s’avancer vers la côte … mais une fois qu’on l’a en vue, l’accès est aisé.

Un peu avant « Whisper Cove Marina » (marina canadienne), nous avons jeté l’ancre sur tribord en entrant … pour relever avec horreur qu’elle dérapait joyeusement dans la vase ! Nous l’avons donc jetée à un autre endroit tout proche qui nous mettait moins, selon moi, dans l’axe médian du chenal.

Comme il s’agissait de vase, nous n’avons pas osé tirer sur la chaîne … le temps que l’ancre s’enfonce correctement. Tout l’après-midi, nous avons vérifié que nous ne dérapions pas mais le vent, à l’intérieur de la baie, était assez faible.

Samedi  26.

Vers 4 heures du matin, Ann avait le sentiment que le bateau dérapait !!!!  A 4.45 heures, elle n’y tenait plus et me réveillait … je ne vous dis pas le réveil !

Si nous étions tentés d’attendre que le jour se lève, nous nous rapprochions trop dangereusement de notre voisin arrière et avant que tout ne tourne à la catastrophe, nous remontions, sous la pluie et dans le noir le plus absolu,  l’ancre et nous faisions mouvement …

Comme je n’avais pas mes binocles sur le nez, je ne voyais pas l’écran d’ordinateur et je dirigeais donc le bateau à l’aveuglette, sous les ordres d’Ann : « plus à bâbord … encore un peu plus en avant … plus à bâbord … oui, d’accord, un peu sur tribord … ». Stressant au possible … non pas à cause du noir absolu mais d’avoir à se fier à une femme !

Après avoir jeté l’ancre là où nous étions encore la veille, nous avons à nouveau dérapé. Changement de position  et plus de 50 mètres de chaîne plus tard (par une profondeur de -10 m), la position semblait tenir …

N’ayant que trois heures de sommeil, je me suis écroulé sur le lit tandis qu’Ann veillait dans le cockpit (le jour s’était levé). La pauvre a subi pas moins de trois grains avec le sentiment à chaque fois que le bateau était sur le point de déraper … mais, contre toute attente, il a tenu.

En matinée, nous avons encore subi sans problème, quelques grains mais notre confiance dans notre ancrage était trop fortement atteinte. Aussi, Ann a pris contact avec « Whisper Cove Marina »  et l’un de ses préposés nous a aidés à prendre une bouée.

Entre-temps, « Laurence » avait fait son entrée dans la baie et s’était immédiatement mis à une bouée.

Dimanche  27.

Après une délicieuse nuit de sommeil, l’esprit tranquille, nous avons profité pleinement de cette belle journée ensoleillée en allant « bruncher » avec Aline de « Laurence » au restaurant « Whisper Cove Marina » où j’ai été subjugué par le cadre : c’est propre, net, accueillant et la vue sur la petite marina est romantique au possible … et par le buffet aussi simple que délicieux. Bref, l’endroit que je vous recommande vivement si vous passez par là.

Farniente sur le bateau et ensuite, apéro à 17.30 heures, sur « Laurence ». Une journée de rêve.

Lundi  28.

Comme la météo prévoyait une nuit idéale pour naviguer, à contrecœur, nous avons décidé de traverser sur « Trinidad » (92 NM) quand bien même nous arriverions avec une grosse semaine d’avance sur notre programme ! Quand une occasion comme celle-là se présente, il vaut mieux ne pas hésiter sous peine de rester bloqué sur place durant plusieurs jours.

« Laurence » était de la partie de même que quatre autres bateaux qui sont partis largement en avance sur nous.  C’est seulement grâce à leurs AIS que j’ai pu m’en rendre compte ! Certains considèrent en effet que les « pirates » étant trop pauvres pour avoir des récepteurs AIS, il n’y a pas de crainte de le laisser fonctionner … « aux innocents, les mains pleines ».

Nous nous sommes détachés de notre bouée pour 17 heures alors que le vent réel soufflait généreusement à plus de 20 nœuds !!! De quoi se poser la question de savoir s’il était intelligent de partir … Ce n’est qu’une fois la baie derrière nous que nous avons retrouvé des conditions normales :  12 à 15 nœuds dans le 40°.

Après une bonne heure de navigation sous GV à deux ris et génois, force fut de constater que nous dérivions davantage que nous n’avancions (6 nœuds)  ! A ce rythme là, il nous aurait fallu à un moment donné, tirer un bord à contre courant pour éviter de passer entre les plates-formes pétrolières !! C’est au niveau des plates-formes qu’ont lieu le plus souvent, des actes de piraterie imputés aux  pêcheurs vénézuéliens !

Lorsque nous sommes arrivés à hauteur de « Laurence » qui marchait sous voile et moteur pour compenser le courant et le peu de vent, nous avons enroulé le génois et mis le moteur à 1.820 tours … + 9 nœuds dans l’eau. Nous avons laissé sur place, nos copains et nous sommes remontés au vent pour retrouver progressivement la « route idéale » que nous n’avons plus quittée par la suite.

Comme, nous détestons marcher au moteur (les mouvements du bateau sont beaucoup moins harmonieux et puis, c’est bruyant), deux heures plus tard, nous avons remis la voile par un vent réel de 15 à 20 nœuds et un angle de 50° puis 60° puis 70° au fur et à mesure de notre avancée sur la « route idéale », qui nous propulsait à 9.5 nœuds dans l’eau. Rien ne semblait pouvoir arrêter le bateau … une vraie locomotive.

Mardi  29.

Si naviguer par pleine lune est très agréable car on y voit presque que comme en plein jour, en le cas d’espèce, nous aurions préféré une nuit bien noire dans laquelle nous aurions pu nous fondre … d’autant qu’il y avait foule sur l’eau ! A hauteur des plates-formes, nous avons compté pas moins de cinq bateaux de pêche ainsi que quelques cargos …

Cela nous a incités à éteindre nos feux de navigation par précaution (notre AIS était coupé depuis le départ). Malgré cela, nous avons eu la frousse de notre vie lorsqu’un bateau de pêche dont nous n’avions pas deviné la présence, a subitement allumé un gros phare alors qu’il n’était distant que de 400 mètres sur notre tribord !

Par bonheur, nous marchions à 9.5 nœuds et après être un peu remonté au vent pour mieux l’éviter, nous avons poursuivi notre route  … en serrant encore un peu plus fort les fesses. Il est passé derrière nous, tous feux à nouveau éteints, mais  n’a fait aucune manœuvre pour nous suivre. Ouuuuuf.

A la perpendiculaire des plates-formes, nous n’avons plus vu de bateau ou alors au loin, en sorte que nous avons remis nos feux de navigation. J’ai bien pensé qu’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué mais naviguer sans feux, était décidément trop dangereux.

Nous sommes arrivés à 15 milles de « Trinidad » (j’ai rebranché notre AIS) qu’il était passé 2 heures du matin ! A cette allure là, nous allions faire une entrée de nuit … Pour éviter cela, nous avons poursuivi à la voile car, à l’approche de la côte, le vent avait sensiblement molli et donc, l’allure également.

Lorsque nous avons embouqué la passe qui mène à « Chaguaramaz », le jour était levé depuis peu. Toujours aussi tumultueuses les eaux à l’approche des terres (3  nds de courant contre)!!

Si  la saison dernière, nous avions eu la désagréable surprise de constater que nous n’étions pas les premiers sur la ligne d’arrivée (!!!), cette fois-ci, nous étions non seulement les premiers mais de surcroît, pas la plus petite voile à l’horizon. Une superbe navigation … un peu gâchée par le stress provoqué par le danger des pirates.

Une fois encore nous avons regretté l’absence des « Coast Guard » sur la zone alors que pourtant ils avaient été informés par nos soins notamment, de l’arrivée d’une petite flottille en provenance de « Grenade ». Il faut croire qu’ils ont mieux à faire que de protéger les plaisanciers qui constituent pourtant une  source de revenus non négligeable pour l’île.

Malgré notre fatigue (nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit … maudits pirates), nous avons été faire notre clearance d’entrée et ici, ce n’est pas une sinécure (à l’immigration, ils sont carrément chiants … attention à votre tenue vestimentaire) d’autant qu’il faut payer des droits en la monnaie locale et que l’ATM du coin est le plus souvent en panne … mais cela nous a permis de rencontrer quelques-uns de nos malheureux « poursuivants » arrivés plus de trois heures après nous.

Nous avons passé notre journée … à ne rien faire ! Trop crevés pour fut-ce passer un tuyau d’arrosage sur le pont ! Par bonheur, nous avons été en mesure d’amarrer le bateau le nez vers la mer et de surcroît, sur le bord extérieur de la marina privée de « Peake » (en principe, réservé aux catamarans en raison de leur largeur). Le bateau ne bougeait pas beaucoup alors que nos voisins dansaient la danse de Saint Guy à chaque passage d’un bateau.

Mercredi  30.

Jour férié !! C’est l’arrivée des indiens (d’Inde) qui est fêtée. Ceux-ci étaient très attendus à l’époque, comme main-d’œuvre dans les plantations de l’île.

Après une merveilleuse nuit d’un sommeil aussi lourd que le plomb, nous avons eu le bonheur de voir Kawby qui a attaqué le nettoyage de nos inox. Travail d’autant important qu’il a fallu dans un premier temps, tout rincer à l’eau claire … le bateau n’était plus qu’un énorme bloc de sel !

Pendant ce temps là, nous en avons profité pour établir la liste (longue comme le bras) de tout ce qui devait être fait sur le bateau. S’il y a un certain nombre de choses que j’aurais pu faire moi-même, le soleil, les températures élevées et l’humidité ambiante m’ont poussé à laisser faire le travail par d’autres.

Mais, par contre, pour nos bouteilles de plongée, nous ne pouvions confier ce travail à d’autres. Il ne s’agissait, en fait, que de les ouvrir pour en vérifier l’état intérieur et notamment, la présence éventuelle d’eau de condensation. Avec un peu d’étonnement mais énormément de satisfaction, nos bouteilles sont parfaitement « clean ». Il faut reconnaître que depuis que nous avons failli les voir être déclassées il y a deux ans, j’ai pris des précautions draconiennes lors des gonflages et cela paie.

Jeudi 31.

Jour férié !! La fête vise le massacre des indiens arrivés sur l’île … non, il paraît que c’est une fête chrétienne mais Mark de « Dynamite Marine Limited » ne savait plus de quoi il s’agissait.

Si la musique a fait trembler le mouillage jusque 5 heures du matin, nous n’en avons rien entendu tant le bateau est bien insonorisé. Ann en a pris conscience uniquement en ouvrant nos capots de pont restés fermés jusque là puisque notre airco avait fonctionné admirablement toute la soirée.

Aujourd’hui, Kawby a terminé les inox du bateau et s’est attaqué ensuite, au polish des surfaces blanches du pont … tandis qu’Ann et moi, nous attendions qu’il ait fini pour nous mettre à notre tour au travail sauf que quand il est parti, nous n’en avions plus le courage ! De toute manière, un autre problème nous avait assailli : la tension des batteries du « parc service » était bien trop basse et une alerte s’était déclenchée !

Pas une grosse surprise puisque nous savons que nos batteries sont quasiment mortes. Non, la surprise est venue du fait que notre switch automatique Mastervolt ne s’enclenchait plus en sorte que si le GE tournait, il ne chargeait pas pour autant les batteries …

Vous ne pouvez pas imaginer combien cela a occupé notre temps et nos pensées … jusqu’à ce que après un énième essai, le switch a fonctionné, nous autorisant une soirée paisible avec l’airco. Ouf.

Vendredi  01.

L’électricien est passé à 9 heures et a changé le switch défectueux, en un tour de main. Après un tour du monde, nous commençons par un peu connaître notre bateau et ses installations. Aussi, nous avons quasi immédiatement identifié l’origine de la panne et comme nous avions la pièce en réserve …

Que les gens s’extasient sur la beauté de notre voilier … nous entendons cela depuis près de 8 ans et cela fait toujours autant plaisir mais que personne ne veut croire au vu de son état, qu’il a fait un tour du monde, reste le plus beau compliment que l’on puisse nous adresser, à l’heure d’aujourd’hui.  Il s’est même trouvé un anglais propriétaire d’un Oyster 72’, qui pensait que nous avions fait repeindre la coque et que notre bateau était plus grand que le sien … celui-là, j’en conviens, ferait bien d’aller consulter un ophtalmologue.

Bien que l’endroit soit chaud, humide et particulièrement bruyant, cela ne manque pas d’ambiance. Aussi et depuis quelques temps, je me contente de vivre l’instant présent sans me projeter dans le futur alors que nous sommes à quelques jours seulement de rentrer au pays et de découvrir notre nouvel appartement après rénovation ! Par contre et cela me contrarie, je ne trouve pas le moindre courage pour réaliser l’un et l’autre bricolage qui m’attend.

Pour sa part, Ann n’a pas arrêté de courir de tous les côtés pour mettre en œuvre tous les travaux que nous avons décidés : à chaque carénage, son lot.

Samedi  02.

Journée venteuse comme cela arrive de temps en temps mais la protection naturelle est tellement efficace que l’on s’en rend assez peu compte.

Tandis que Mary, notre « tornade blanche », était chargée d’illuminer l’intérieur du bateau comme elle sait si bien le faire, Ann assurait l’entretien de nos coussins en cuir blanc (un sacré travail) et votre serviteur parait à quelques courses. Pour l’occasion, l’airco a fonctionné toute la journée.

Le soir, nous avions à dîner à bord, Emmanuelle & Christophe de « Lifesong » … ainsi que leur bout chou Raphaël. Très agréable soirée où nous avons appris à un peu mieux  les connaître (nous venons de  faire leur connaissance):  ils ont acheté un Garcia 68’ de 97 qui a subi le cyclone Irma à « Saint Martin » … ils sont occupés à le retaper.

En revenant au bateau avec eux, je découvre que notre énorme bouée ronde qui nous a déjà maintes et maintes fois servis, a crevé sur une tête de vis ! Grrrrrr. Décidément, les marinas sont nettement plus dangereuses pour nos bateaux que le mouillage …

Dimanche 03.

Je me suis réveillé à 7 heures du matin avec l’idée tout aussi subite que fixe que je devais remplacer notre feu de navigation tribord qui avait rendu l’âme !!! Je serais bien incapable d’expliquer ce qui m’a pris mais c’était une très étrange réalité !

Joignant l’acte à la pensée, nous nous sommes lancés dans ce petit bricolage un peu rébarbatif car bien entendu, le point de connexion se situe … dans la baille à mouillage qui n’est accessible que l’intérieur.

Il s’agit de feux LED qui ont un très joli design et c’est bien la seule raison pour laquelle je ne les ai pas remplacés par quelque chose de plus « ordinaire ». En effet, les LED sont coulés dans la résine en sorte qu’il n’y a jamais moyen de les réparer ou de les bricoler ! Et donc, périodiquement, il nous faut les remplacer …

Lundi  04.

Ayant apprécié de pouvoir bricoler en des conditions « agréables », nous avons remis ce matin, le couvert avec la sirène de l’alarme du bateau, perchée dans le mât … hélas, pas du tout  avec le même succès ! Non seulement lorsque j’ai voulu enlever l’ancienne beuglante, l’une des deux vis de l’étrier de support s’est cassée net, me faisant lâcher ma clef de 10 qui est tombée sur le pont en frôlant la tête d’Ann … mais de surcroît, la nouvelle beuglante ne correspond pas à l’installation en sorte qu’elle beugle et  il n’y a plus moyen de l’arrêter !!!

Après quelques montées/descentes dans le mât, nous sommes donc aujourd’hui dépourvu de beuglante … pour le plus grand bonheur d’éventuels voleurs ! J’en ai des frissons d’horreur même si, en principe, le chantier est bien gardé. Inutile de préciser qu’il est impossible de trouver ce type de sirène sur l’île …

Après cela et parce que nous sommes totalement masos, nous avons procédé à l’entretien de notre GE alors que les températures extérieures étaient à leur maximum. On se serait cru en pleine fournaise africaine … l’horreur. De surcroît, pour vidanger il faut faire tourner le moteur pour que l’huile soit bien chaude.

A 13 heures, nous reprenions enfin notre farniente quotidien … qu’il commençait à pleuvoir ! Et après cela, je connais au moins un de nos amis qui ose nous dire que nous vivons au paradis !

Dans l’après-midi, nous avions la visite du « spécialiste du teck » qui devait nous faire un devis pour une rénovation/réparation de notre pont en teck qui a son âge … 17.000 $ ! Qui dit mieux ? Il est certain que celui-là nous a vu venir de très loin et nous verra repartir aussi loin.

Mardi  05.

Nous avions demandé à ce que le technicien Yamaha (moteur d’annexe) passe nous voir pour lui dire ce que nous souhaitions cette année (un entretien normal) mais nous ne nous attendions pas à qu’il vienne nous réveiller à 8 heures du matin …

Dans l’après-midi, c’était au tour du technicien Volvo Penta de venir prendre la commande (un tout gros entretien).

Entre-temps, il faisait horriblement chaud et rester à l’intérieur était pénible. Aussi, nous sommes restés le plus possible à l’extérieur et il faut avouer que le spectacle du chantier en pleine ébullition (le chantier fait le plein, cette année), était assez distrayant.

Mercredi  06.

Si notre emplacement au « dock privé » nous plaît énormément car nous avons une vue imprenable ainsi que de l’air, à l’expérience, nous relevons que des trois emplacements … c’est le plus dangereux pour le bateau !!!

L’emplacement sur l’extérieur est doublement mauvais  car  le vent pousse le bateau contre le ponton et  il n’y a aucun point d’attache permettant de tenir éloigné le bateau du ponton ! Le meilleur emplacement est celui du milieu mais bien entendu, c’est le premier qui est occupé ! Enfin, le troisième emplacement, près du bâtiment, a pour inconvénients de n’avoir aucune vue et de manquer d’air !

En tout état de cause, il faut impérativement positionner le bateau en marche arrière pour avoir l’avant vers le large … meilleure façon de prendre les vagues formées par le passage des bateaux.

Comme nous étions à la veille du jour J, il nous fallait commencer à tout préparer et en premier chef, à retirer les voiles d’avant. En profitant de l’absence de vent et de la fraîcheur de l’aurore, nous avons réalisé le travail en une demie heure !

Visite de Mark de « Dynamite » pour la mise au point des travaux à prévoir durant notre absence.

En fin d’après-midi, nous procédions au nettoyage et à l’entreposage dans la cabine VIP, des coussins de cockpit. Auparavant, on les laissait en place mais ceux-ci sont touts neufs …

Le soir, nous vidions et nettoyons les frigos … avant de nous écrouler dans notre lit.

Jeudi  07.

Nous étions attendus sous la grue pour 8 heures mais au moment où nous allions lâcher les amarres,  Daniella de « Peake » venait nous avertir que la grue était en panne !!! L’année passée, nous avons vu décoller les avions pour « Tobaggo » jusqu’à ce soit notre tour … notre avion connaissait un problème technique et nous avons raté notre correspondance. Cette année, pendant plus de 8 jours, nous avons vu des dizaines de bateaux être sortis de l’eau et quand c’était notre tour …

Nous avons attendu fiévreusement jusque 13 heures avant de voir la grue revenir du fin fond de l’esplanade du chantier. Notre peur était le vent car si à 8 heures, il n’y en avait pas … nous avions pris entre-temps deux grains ! Par bonheur et même si  les hommes de « Dynamite » chargés de nous aider, n’avaient pas été prévenus en temps utile, nous avons pu rentrer en marche arrière dans la darse sans la moindre difficulté.

En-dessous d’une certaine taille, les bateaux rentrent en marche avant dans la darse et sont conduits à leur emplacement au moyen d’un chariot hydraulique. En le cas de notre bateau, nous devons rentrer en marche arrière et c’est la grue qui se déplace en personne !

Après la sortie de l’eau, c’était « opération Karcher » et notre homme s’y entendait bien pour rendre notre coque plus belle qu’un sous-neuf … au détail près que quand il passait son jet sur le franc-bord, il projetait par la même occasion, de la poussière d’antifouling sur tout le pont (notre antifouling est érodable ) ! Le résultat des courses est que nous avons dû faire (re)nettoyer entièrement notre pont par Kawby.

Notre nouvel emplacement est situé quatre emplacements plus loin que celui de l’année dernière. Chaque bateau est positionné en fonction de critères bien précis qui nous échappent totalement.

Alors qu’Ann courrait de tous  les côtés, je suis resté au bateau pour mettre de l’ordre sur le pont (rangement des défenses et des amarres) ce qui m’a permis de relever avec beaucoup de déplaisir, que nous avions une seconde défense trouée !!! C’est la liaison entre le corps et la tête de la défense qui a craqué sur 1cm de long : jamais vu pareille chose.  

C’était ensuite au tour de l’électricien du chantier de me prendre la tête avec notre fil électrique ! Il a absolument voulu nous faire acheter un nouvel embout  (et un de plus …) pour la borne électrique du chantier qui ne correspond d’ailleurs, pas à celle du ponton (!) pour relever que le courant n’arrivait pas jusqu’au bateau !

Il s’en est suivi toute une série de contrôles où il fut question de changer notre gros câble électrique de 50 m jugé défectueux … pour en arriver, en finale, à brancher notre câble en directe sur la borne principale et cela maaaaarche.

Le soir, nous avons été mangé au « Zanzibar of sea » situé sur le chantier. On n’y mange pas spécialement bien mais la première fois, on peut s’y laisser prendre.

Vendredi  08.

Après une nuit passablement dégueulasse (Ann par contre, a bien dormi), nous nous sommes occupés des formalités administratives pour notre retour en Belgique : à l’immigration, ils sont tout bonnement chiants !  Je sais, je sais que je l’ai déjà dit mais cela fait du bien de le répéter.

Tandis que Kawby, au moyen d’un échafaudage, nettoyait au vinaigre blanc le franc-bord (les traces de sel, cuites par le soleil, commençaient déjà à être difficile à nettoyer !), les hommes du chantier  attaquaient l’installation de  l’immense cover du bateau.

Le soir, le chantier organisait un barbecue réunissant de nombreux plaisanciers. L’ambiance était très bon enfant, les plaisanciers-musiciens s’étant organisés pour faire un orchestre qui somme toute, ne se défendait pas trop mal. Bien évidemment, hormis nous et un autre couple de Français, Philippe & Renée de « Manta » qui se rappelait nous avoir vus en « Martinique », tout le monde parlait anglais …

Nous avons malgré tout, pu apprendre que l’on parlait beaucoup de notre bateau sur le chantier et que tout le monde, le considérait comme de loin, le plus beau. Le fleuve de compliments ne s’en arrêtait pas là pour autant puisque plusieurs techniciens nous ont affirmé être très fiers de pouvoir travailler sur notre bateau !!  Je ne m’en lasserai jamais …Il faut reconnaître que cela fait d’autant beaucoup de bien que nous sommes à nouveau, à la veille de dépenses importantes.

Samedi  09.

A 17.30 heures, nous prenions notre taxi pour l’aéroport où nous sommes arrivés bien dans les temps : notre avion décollait pour minuit. Il faut être très prudent car la circulation sur l’île peut se révéler très difficile et le trajet est très long !

Comme il n’est plus question pour nous, de voyager avec « Condor »  et encore moins, avec « Carribean Airlines » (cfr. article spécial), nous avions choisi de voyager avec « Air Canada » jusque « Toronto » et « Brussels Airlines » jusque « Bruxelles ».

Dimanche  10.

Arrivés à « Toronto » à 5.30 heures, nous avons été pris en charge par nos amis québécois, François & Josiane de « Umialtak » (nous avons fait leur connaissance aux « Canaries » en 2011) « qui étaient venus passer la nuit en ville pour nous voir. Cela nous a beaucoup touchés.

Notre avion pour Bruxelles, ne décollant qu’à 18 heures (en fait, il est parti à 19.30 heures) , nous avons passé la journée avec eux.

Si l’aéroport de « Toronto » est assez sympathique, les embarquements sont à chaque fois « bordéliques de bordéliques » : il devient urgent que quelqu’un leur apprenne comment il faut procéder car cela devient grave !

Comme l’année précédente, nous avons cru embarquer à bord d’un avion-hôpital !! Ce sont généralement des femmes et surtout, des hindoues qui ont trouvé le « truc » pour embarquer avant tout le monde. Elles arrivent toutes en chaise roulante (il y en avait une dizaine) alors qu’elles ne cachent même pas qu’elles marchent aussi bien que vous ! C’est choquant et irritant mais le personnel de l’aéroport ne semble pas s’en émouvoir le moins du monde.

Lundi  11.

Après 7.30 heures de vol, nous sommes arrivés à Bruxelles à 7.30 heures (heure locale) pour relever avec déplaisir que nos deux sacs de voyage ne nous avaient pas suivis ! Ils nous seront rapportés le vendredi et on aurait pu croire qu’ils étaient passés dans une machine à lessiver !

 

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Mardi  01.

Cela faisait déjà depuis quelques jours que nous aurions dû aller plonger mais pour les raisons les plus diverses, nous avons laissé passer les occasions, non sans mauvaise conscience. Mais voilà qu’aujourd’hui, il y avait du soleil et que décidément, nous ne pouvions manquer cela.

Mais devinez où nous avons été plonger (-18.60 m – 60’ – 27°). Je vous aide un peu … nous avons été plonger au B……..  au Bou…… au « Boucanier » ! Mon Dieu quelle surprise ! Cela faisait depuis si longtemps ! C’est à peine si j’ai reconnu le site, dis donc ! Que voulez-vous … Ann ne jure plus que par ce spot de plongée et reste surtout traumatisée par notre dernière plongée au « Grand Mur ».

Il faut reconnaître que le spot est proche, facile, agréable et magnifique. Le « Club Med » y plonge avec ses GM, deux fois par jour ! Contrairement aux autres fois, nous avons connu un très léger courant qui ne disait pas son nom.

Nous avons vu quantité de murènes dont plusieurs en pleine eau, de gros tourteaux et même, une petite langouste bien cachée sous l’aplomb d’un rocher. Par contre, je ne parviens plus à trouver trace de mon petit poulpe.

Mercredi  02.

Le grand jour tant redouté est finalement arrivé : nous avons rendez-vous au « Marin » pour le remplacement de nos 6 batteries gel de 200A constituant notre parc « électronique ».

Déjà quand nous arrivons au quai de « Caraïbe gréement », notre place nous est soufflée par un autre client ! Cela commençait bien d’autant que je ne suis pas trop fan de manœuvres dans la marina.

Le temps de repartir en marche arrière jusqu’au ponton à essence et un autre emplacement nous était libéré. Notre prise d’emplacement se révéla plus aisée que je ne le craignais sauf que nous commettions l’erreur d’amarrer la pendille sur l’arrière bâbord en sorte que notre bateau portait de travers sur la vedette de la SNSM ! Pour les photos, ce n’était pas top …

Chaque batterie pesant 75 kg. il faudra trois bonnes heures aux deux hommes de « Caraïbe Marine » pour retirer les anciennes batteries et amener à bord, les nouvelles. Malheureusement, les batteries étant logées dans un compartiment  où tout est calculé au millimètre près, il leur faudra trois heures supplémentaires pour parvenir à recaser les nouvelles batteries.  Les batteries ne sont pas bêtement rangées les unes à côté des autres … des moules et des cloisons les maintiennent écartées les unes des autres. Du très beau travail, encore fallait-il trouver l’ordre juste en lequel les cloisons devaient être remontées …

J’aurais préféré les laisser travailler seuls mais j’ai immédiatement compris que j’avais grand intérêt à surveiller les opérations voire à leur suggérer les bonnes manières de procéder ! De bonne volonté, ils étaient mais il manquait un chef compétent pour les diriger. J’aurais certainement pu réaliser moi-même le travail mais dès l’abord, j’avais été rebuté  par tous les branchements électriques à démonter (le couvercle du parc de batteries sert de support à divers appareillages) et d’autre part, par le poids incroyable des batteries à manipuler.

Si à la baie « Sainte Anne », il y a du vent (sans doute même un peu de trop …) rendant les températures agréables, dans le fond de la marina, il fait étouffant et pas question de faire fonctionner l’airco puisque nous avions coupé toute l’électricité du bord.

Lorsque vers 15.30 heures, nous avons enfin pu nous échapper de cette fournaise, nous avons immédiatement pris la poudre d’escampette … après un passage obligé par le ponton d’essence (817 litres à 1.24 €/litre).

Cette fois, nous avons ancré beaucoup plus près du débarcadère : nous sommes juste dans son alignement mais sur le bord extérieur malgré tout. J’adore cet emplacement d’autant que j’ai pu constater qu’un mètre plus en avant, nous aurait fait jeter l’ancre sur un fond de corail !!!

Le soir, je ne demandais pas mon reste et j’étais dans mon lit pour 20.20 h !!! Il ne s’agissait pas d’une « bonne fatigue ». J’étais plutôt fourbu et j’ai connu de sérieuses difficultés à trouver le sommeil.  

Jeudi  03.

Il fait superbe et j’aurais bien pensé aller plonger mais nous avions d’autres petites priorités à régler. Assez étonnamment, le bateau a assez bien roulé durant toute la journée ! Bien calé dans le cockpit, c’est à peine si on s’en rend compte. Dans le carré, on ne s’en rendrait même pas compte si nous n’avions pas les hublots de coque mais c’est surtout quand on arrive en annexe que le phénomène se visualise le mieux de l’arrière. Un peu impressionnant tout de même.

Vendredi  04.

Réveil matinal, nous sommes partis au « Marin » pour diverses petites courses dont le nécessaire avitaillement chez « Leader Price ». A chaque fois, je joue le rôle de « chauffeur » et comme tout bon « chauffeur », j’attends « Madame » en double file.

Je sais, je sais cela peut vous paraître idiot mais je déteste faire les courses d’avitaillement,  je surveille l’annexe et surtout, je contemple mes contemporains et c’est très amusant … c’est surtout de mon âge !

Si nous n’avons pas trouvé « Tahaa Tiva » au « Marin » … c’est « Eutikia » que nous avons vu débouler à la baie « Sainte Anne » après un long séjour passé à la marina pour un problème de moteur.

Et encore un transport de bateaux pour l’Europe ! Il n’était pas encore bien parti, qu’un autre transporteur pointait déjà le bout de son nez ! Nous n’en aurons jamais vu autant que cette saison.

En fin d’après-midi, nous avions un catamaran de location qui venait jeter l’ancre sur notre flanc bâbord, juste à hauteur de notre cockpit … bien trop près, of course !

Nous n’avons rien dit car nous étions persuadés que dès le lendemain matin ils seraient partis et en finale, ils sont partis … une heure plus tard !!! Si ce n’était quand même que pour un peu barboter dans l’eau, pourquoi venir jeter l’ancre au beau milieu de tous les bateaux !

Le soir, nous avions à l’apéro, Marina & Gianni de « Eutikia » ainsi que leur coéquipier pour la traversée de l’Atlantique. Nos amis retournent en Méditerranée dès que les conditions météo le permettront et mettront plus tard, le cap sur la « Grèce » … comme « Maeva » ou « Wink » ! Il semblerait qu’il s’agisse de la nouvelle destination de substitution aux « Antilles ».

Alors que nous bénéficions d’une connexion satellitaire (TV) parfaite depuis plusieurs semaines  … nous avons eu droit à de nombreuses micros coupures, en fin de soirée !! Comme quoi il ne faut jamais se réjouir trop vite.

Samedi  05.

Nous n’avons pas descendu l’annexe …

En cours d’après-midi, nous avions le déplaisir de voir un catamaran américain venir jeter l’ancre sur notre bâbord. Que dire ? A la fin, nous finirons par nous faire passer pour deux petits vieux acariâtres que nous sommes, à ne pas en douter. Il n’empêche que s’ils avaient jeté l’ancre un peu plus en avant, nous aurions pu éviter toute promiscuité dérangeante mais allez vous en leur faire comprendre cela. 

Dimanche 06.

Surmontant toutes ses appréhensions, Ann a marqué son accord pour aller plonger (-40 m – 51’ – 27° – 3’ à 3 m) sur le « Grand Mur ». Par bonheur, nous en avons été récompensés puisque la visibilité y était excellente.

En arrivant sur le tombant, nous avons eu droit à plonger avec une grosse tortue ! Si les petites et moyennes tortues sont nombreuses sur le mouillage, c’est la première fois que nous en rencontrons une, en plongée, en « Martinique ». En d’autres endroits du globe ,nous avons déjà eu le bonheur de plonger avec ces extraordinaires animaux. 

A l’apéro, nous étions à bord de « Tahaa Tiva » avec Martine & Christian … sans oublier leur chien Gatun.

Lundi  07.

Le catamaran américain est parti et il fait très beau. Farniente au menu du jour.

Le soir, nous sommes partis avec Martine & Christian de « Tahaa Tiva » au « Zanzibar » où nous avons excellemment dîné. Sur le trajet aller, alors que nous longions le ponton ski nautique du « Club Med » , nous sommes tombés nez à nez avec un skieur dans l’étroit passage … moment d’effroi pour mes passagers et échange d’une bordée d’injures. Il m’étonnerait que les vedettes de ski nautique puissent évoluer dans ce passage, en tirant un skieur mais ce dernier souhaitait, semble-t-il,  se faire prendre en photos par des amis postés sur le ponton …

Mardi  08.

Jour férié !! Nous l’avions un peu beaucoup perdu de vue et nous sommes donc allés jusqu’au « Marin » … pour des prunes. Grrrrrr.

Mercredi  09.

Même si  je n’en avais pas particulièrement envie mais comme ce jeudi c’est « l’Ascension » et donc, à nouveau, jour férié, nous sommes repartis au « Marin » pour acheter de nouvelles élingues pour l’arceau de notre annexe.

L’arceau amovible auquel est attaché l’annexe, descend et monte hydrauliquement par le biais d’élingues de 12mm en Dynema qu’il faut remplacer périodiquement en raison de leur usure due au frottement. C’est surtout l’élingue bâbord qui est la plus mise à mal car elle supporte tout le poids du moteur.

De retour à bord, nous relevons que les anciennes élingues sont de 12mm alors que nous pensions qu’elles étaient de 10 mm et que de surcroît, elles sont en Dynema alors que celles achetées sont en simple polyester !

Si je ne suis plus partant pour retourner au « Marin », Ann prend son courage à deux mains et part, seule, acheter de nouvelles élingues. En finale, c’était sans doute mieux ainsi …

Alors que sur le retour, elle longe la plage du « Club Med », elle se fait arrêter par la Gendarmerie pour … excès de vitesse !  Coût de l’amende … 500 € !! Mais comme elle est blonde (va sérieusement falloir qu’elle repense se faire une coloration), elle s’en est sortie avec un simple avertissement. Ouf.

Le long du rivage, jusqu’à 300 mètres de la côte, la vitesse maximale autorisée est de 5 nœuds ! Règlementation très, très loin d’être respectée et certainement pas par les vedettes  de ski nautique du « Club Med » mais bien entendu, la Maréchaussée sait fermer les yeux quand il le faut … à moins bien entendu que le « Club Med » dispose d’une dérogation spéciale d’autant arrangeante  que la zone éventuelle de dérogation n’est nullement délimitée !

De retour à bord, nous avons procédé, non sans quelques chipotages et réglages pas toujours aisés à trouver, au seul remplacement de l’élingue « moteur » … l’autre élingue étant encore en très bon état.

Jeudi  10.

Météo en demi-teinte avec de splendides périodes ensoleillées alternant avec des périodes aussi nuageuses que pluvieuses. Il n’en fallait pas moins pour ne pas me donner envie d’aller plonger.

Sur le plan d’eau, nous avons assisté à une véritable invasion de « nuisibles » que la perspective d’un long week-end avait attiré. Par bonheur, nous n’en avons pas eu à subir et d’ici à lundi matin, ils seront tous repartis !

Vendredi  11.

Météo toujours en demi-teinte. Rien de très étonnant à cela car c’est bien cela, le climat dans les « Antilles » ! Si les températures sont toujours assez agréables, le vent toujours assez soutenu, le ciel se partage souvent entre soleil et nuages et les grains alimentent les conversations.

Miracle de la journée … nous sommes parvenus à établir un mini programme pour les jours à venir !! Pourquoi autant de brutalité dans un programme de vie si paisible ? Parce qu’il va bien falloir un moment donné, se mettre en route pour « Trinidad » et comme la saison passée, nous souhaitons descendre à notre train de sénateur habituel.

DONC … nous partons mercredi prochain sauf empêchement. Donc … il nous faut tout prévoir avant de partir et donc … un programme s’imposait. CQFD.

Le programme prévoyait une dernière plongée au « Boucanier », ce vendredi ! S’il nous a fallu nous mettre un coup de pied au cul, celui-ci se révéla salvateur car la plongée nous a profondément emballés.

Au début de la plongée (-20m – 60’ – 27°), nous n’avons étrangement rien vu ! Puis Ann a découvert nos chers tourteaux, ce fut ensuite un énorme casier contenant une vingtaine de poissons ainsi qu’une très belle murène passablement énervée et sur le retour, je découvrais une langouste particulièrement bien cachée.

En fait, je passais à 4 ou 5 mètres du trou de la langouste lorsque mon œil a été attiré par des minuscules arceaux de coraux rouges. J’ai beaucoup hésité à y regarder de plus près car je devais me déplacer jusque là mais le détour en valait réellement la peine : mes minuscules arceaux étaient en fait les pattes de la langouste !

Si nous avons bien été tentés de libérer les pauvres bêtes du casier, nous ne l’avons même pas touché car je n’ai vu aucune possibilité de les libérer sans endommager le casier ! Quant à la murène, elle n’était pas à prendre avec des pincettes …

Samedi  12.

Comme il fallait bien aller chercher les couques aux raisins qu’Ann avait commandées pour moi, nous avons mis l’annexe à l’eau …

Est-ce cela ou autre chose mais je me suis convaincu qu’il fallait attaquer le nettoyage de la coque et comme je ne savais pas très bien par quel bout commencer … j’ai nettoyé la ligne de flottaison. On pourrait croire l’opération aisée mais rien qu’avec un masque et un tuba, on s’essouffle vite à rester en surface, en devant de surcroît, lutter contre le courant et les vagues.

Pendant ce temps là, Ann faisait le ménage à l’intérieur.

En milieu d’après-midi, un catamaran américain venait se planter sur notre tribord … cockpit en face de cockpit ! Même plus le courage de s’énerver !

Dimanche 13.

Journée farniente entièrement consacrée à la lecture.

Mauvaise nouvelle de la journée : les batteries du parc « service » (1.000 A en 24V) doivent également être remplacées (un coût de 11.000 € pour 12 batteries de 2V pesant chacune 68 kg !!). « I am happy » dirait Droopy.

Lundi  14.

Un « chipotage » en amenant un autre, j’ai passé l’heure du midi, à remplacer les filtres du déssal, à nettoyer divers autres filtres, à rechercher d’où venait l’odeur d’essence que l’on sentait dans le « local technique » etc. etc.

Nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe ! Lorsque nous avons changé l’élingue « moteur » de l’arceau de l’annexe, j’ai été amené à faire un nœud simple à chaque extrémité.

Depuis lors, je m’énerve à constater que l’élingue « moteur » (c’est elle qui supporte tout le poids du moteur de l’annexe) est toujours un peu distendue par rapport à l’autre !!! Si je n’en comprenais pas la cause, loin de moi l’envie de recommencer les réglages déjà suffisamment fastidieux comme cela.

Aujourd’hui et alors que je remontais « à vide » l’arceau (ouf), l’élingue « moteur » se distend carrément !!!! En y regardant de plus près, je relève que l’un de mes nœuds simples était tout bonnement en train de lâcher … si cela était arrivé en cours de levage de l’annexe, l’arceau amovible se serait tordu voire, se serait cassé et le moteur de l’annexe serait venu percuter violemment la coque …

Comme nous avions abandonné l’idée de faire des courses au « Marin », nous avons revêtu nos combinaisons de plongée pour aller gratter la coque qui commence à se salir de manière fort conséquente. L’antifouling (Trilux 33 de International) a très bien tenu jusqu’il y a peu. Mais depuis lors, les salissures sont apparues en grand nombre.

Il s’agit d’un travail extrêmement pénible et désagréable (nous sommes remontés à bord, couverts de plancton grouillant) mais nécessaire si on ne souhaite pas ralentir le bateau (cela peut aller jusqu’à la perte de plus d’un nœud)!

Sur le coup de 18 heures, nos voisins américains partaient pour le « Marin ». Pas trop tôt …

Mardi  15.

Veille du grand départ, Ann a loué une voiture pour aller au centre commercial de « Génipa ». Au retour, sa voiture était  pleine à craquer mais il faut dire que notre nouveau chauffe-eau de 75 litres prenait pas mal de place sans oublier les 30 litres d’antifouling que nous avons achetés au « Marin » car nous y faisons près de 400 € (!) d’économie par rapport à « Trinidad ». Contrairement à une idée reçue, il est souvent plus intéressant d’acheter en « Martinique » qu’à « Trinidad » !!!

De mon côté, je m’occupais de Ludovic de « I.D.S. » chargé de réparer notre fuite de diesel localisée à hauteur de la pompe d’injection. Si j’avais pris bien soin de surtout ne pas m’emmêler, j’ai parfaitement eu raison car en dévissant un boulon, le joint intérieur s’est totalement abîmé et d’une très légère fuite, on était passé à un véritable geyser !

Petite cause … grands effets, nous nous retrouvions le soir, sans GE pour charger nos batteries et notre départ s’en trouvait retardé. Joie.

Mercredi  16.

Passage à bord de Ludovic de « I.D.S. » nous ramenant notre pompe d’injonction dont tous les joints ont été changés.

Ensuite, nous sommes allés au « Marin » pour y réaliser diverses courses comme notre clearance de sortie ou prendre des nouvelles de notre antenne Mini C en réparation chez « Diginav » depuis novembre … en finale, elle est définitivement HS et comme ce modèle d’antenne n’existe plus, nous nous en passerons sans doute tout aussi définitivement.

Cela fait depuis des semaines que chaque fois que je vois une publicité à la télévision pour « Mac Do », j’en bave d’envie !  Comme un fait exprès, il y a un « Mac Do » juste à côté du « Leader Price » où nous allons faire nos courses très régulièrement. Malgré cela et jusqu’à aujourd’hui, nous n’y avions jamais mis les pieds !! Nous avons donc réparé « l’erreur ».

 

Demain, nous entamons notre lente transhumance vers « Trinidad ».

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Lundi  16.

Alors qu’il faisait si beau hier, aujourd’hui, une brume tenace et menaçante couvre tout le « Marin ». Pas réellement jojo comme météo d’autant que le vent souffle de manière soutenue.

Je ne suis pas encore familiarisé avec notre nouvel emplacement qui est situé en arrière de tout le monde alors que nous étions beaucoup plus en avant. Positif … je pense que personne ne viendra nous enquiquiner en cet endroit d’autant que le plan d’eau s’est encore considérablement clairsemé.

Nous étions invités à prendre l’apéro sur « El Nido » avec  Franki & Joss mais vers  16 heures, j’ai estimé que la météo tournait vinaigre et que nous allions nous faire méchamment doucher. Nous n’avons eu que le temps d’aller en annexe prévenir nos amis que nous ne viendrions pas, de retourner au bateau et de remonter l’annexe avant que le déluge ne s’abatte sur nous !

Nous avons carrément eu droit à notre premier orage dans les « Antilles » qui a causé de nombreux dégâts sur la côte est de l’île ! Le vent déjà bien soutenu, est encore monté d’un bon cran, rendant l’ambiance assez lugubre. Heureusement, vers 21 heures, le soufflé retombait et les conditions météo redevenaient plus « normales ».

Mardi  17.

Ann avait rendez-vous avec son esthéticienne, au « Marin » et j’en ai profité pour faire reprendre par « Incidences », une couture qui lâchait sur notre cover de barre à roue. Même si la saison n’est pas encore terminée, toute activité semble un peu en berne comme si nous étions déjà en « basse saison ». J’avais ressenti la même chose la saison précédente … après les vacances de Pâques, tout le monde déserte les lieux !

Bien que je sois ravi de savoir que notre mouillage repose sur un beau fond de sable exempt de tout corail, je ne m’habitue pas à notre nouvel emplacement ! J’ai le sentiment profondément ancré en moi que nous sommes plus exposés à la houle. J’essaie de me convaincre qu’au moins ici, on nous fout  la paix mais je n’en suis pas plus convaincu car nous avons déjà eu des voisins !!

Mercredi  18.

Depuis le début de la semaine, il fait nuageux à couvert et le vent est assez soutenu … quand le vent ne l’est pas, la houle s’engouffre dans la baie et les bateaux roulent  … et quand le vent est moyen, la houle vient frapper bruyamment la jupe arrière !! « I am happy » dirait Droupy.

En ces conditions, j’ai beaucoup hésité à aller plonger mais Ann en avait envie et je me suis finalement décidé. Bien évidemment, nous ne l’avons pas regretté que du contraire. Nous avons adoré cette plongée « bio » (-20m – 60’ – 27°) d’autant que nous avons revu nos gros tourteaux !!! Par contre, à la sortie de l’eau, nous avons eu un peu froid … une première.

Jeudi  19.

Le soleil est plus généreux aujourd’hui que les autres jours et cela fait du bien au moral.

Nous avons appris que nos batteries commandées auprès de Mastervolt (Nl) n’arriveraient que ce dimanche en lieu et place de ce vendredi car le cargo qui les transportait, a heurté un autre bateau à la sortie du « Havre » et avait un trou en-dessous de la ligne de flottaison … évidemment, il marchait moins bien après l’accident.

Nous sommes en plein débat pour la signature d’une nouvelle police d’assurance depuis que « Delta Lloyd » (Nl)  a décidé de ne plus assurer les bateaux d’une valeur supérieure à  500.000 €. Premier constat : alors que la valeur assurée de départ a été revue à la baisse, les primes proposées sont toutes largement supérieures à ce que nous avons payé jusqu’à présent !!!!  Selon un courtier, les primes ont littéralement explosé après le passage du cyclone Irma.

Second constat : notre courtier nous appâte avec  une prime en omettant de signaler les taxes à y inclure … et, dans le même tonneau, la compagnie d’assurances diminue la couverture d’assurance en cours de négociation : « Yacht & Co » (Nl)  nous a proposé une prime couvrant les cyclones … puis a décrété qu’elle ne couvrait pas les cyclones si nous allions chez « Peake » (Trinidad) … et enfin, dans le projet de police que nous avons finalement reçu, elle ne couvre pas plus simplement, les dégâts causés directement ou indirectement par un cyclone !!!!

Le soir, nous avons eu droit à une coupure générale de courant ! Immédiatement, nous avons regardé chez le voisin et comme il n’y avait aucune lumière, nous en avons conclu qu’il s’agissait d’une panne de secteur … no panique. Heureusement, très rapidement, le courant est revenu.

Vendredi  20.

Journée à grains mais nous avons malgré tout, trouvé un créneau pour aller et revenir du « Marin » sans se faire rincer. Le mouillage étant des plus calme, ces petites sorties constituent autant de petites distractions fort appréciées.

Nouvelle « grande première » (c’est l’année !) … à peine démarré, le GE s’éteint (cela arrive). Je vérifie l’arrivée d’eau de mer et constate que le débit n’est pas normal (cela arrive). Je démonte la vanne mais ce n’est qu’en sortant la bille en plastique de son logement que la touffe d’herbe bloquée  s’évacue avec l’eau de mer qui envahit nos fonds !

Le débit d’eau étant trop important, je ne parviens pas à remettre la bille en plastique dans son logement et l’eau continue d’envahir nos fonds … en clair, nous avons une voie d’eau et nous couloooooooooooons !

Ne voyant pas d’autre solution, je demande à Ann d’aller placer une pinoche de l’autre côté de la vanne c’est-à-dire sous l’eau (une grande première). Mon épouse est contente mais contente, vous n’imaginez pas. D’ailleurs, elle n’est pas « contente » … elle est « h-eu-r-e-u-s-e »!

Après un premier essai un peu chaotique, en apnée, elle me demande une bouteille. Je lui demande si elle préfère la bouteille d’eau pétillante ou d’eau plate mais ne semble pas apprécier mon humour !

Une fois  la pinoche en place, je parviens après quelques tâtonnements (!), à remonter la vanne et à tout rebrancher. Merde, j’ai oublié de dire à Ann qu’elle pouvait retirer la pinoche et remonter à bord …qu’est-ce que je fais ? Je lui dis ou pas ?

Samedi  21.

Passage à bord de Frédéric de « Electrotechnique services » (je vous le recommande très vivement) pour notre problème électrique. Je le dirige immédiatement vers nos coupe-batteries électroniques qui depuis la construction du bateau, sont toujours les grands responsables de nos coupures généralisées de courant ou de baisse de voltage !!!

Cela fait depuis près de huit ans que ces coupe-batteries me font périodiquement chier sans que jamais je n’ai eu le bon sens de me renseigner sur leur utilité ! En fait, j’ai appris que leur fonction était de couper l’arrivée de courant en provenance des batteries en cas de court-circuit. Utile.

Après examen, il diagnostique qu’un des coupe-batterie électronique est défectueux, que deux câbles doivent être remplacés suite à surchauffe et que d’une manière générale, de nombreux écrous sont desserrés ce qui pourrait expliquer la surchauffe relevée. Au passage, les broches des fusibles sont nettoyées à la brosse métallique.

Dimanche 22.

Je n’en crois pas mes yeux mais le plan d’eau est calme et le bateau ne roule pas !!!!! C’est Noël … non, c’est Pâques … Evidemment comme on ne peut pas tout avoir en même temps, il fait cra-cra à souhait : brume, crachin, pluie et ciel couvert.

Nous sommes invités pour midi sur « Laurence » où nous sommes super bien accueillis par Yvette & Didier.  Nous avons reparlé du « bon temps » passé à « Breskens » (Nl) et nous avons bien ri de nos pitreries de l’époque … aaaaaaaaaaaaaah, de vrais gamins !

En revenant à bord, nous constatons la présence d’un nouveau « radeau de la méduse » italien qui n’a rien trouvé de mieux que de venir jeter son ancre en parallèle à nous ! Si on ne peut rien dire car l’écart entre les bateaux est raisonnable, pourquoi diable avait-il besoin de venir se coller à nous alors que nous avons ancré en retrait de tout le monde … pour avoir la paix !

Lundi  23.

Ciel nuageux à couvert, vent soutenu, plan d’eau agité … notre météo depuis plus d’une semaine ! Par bonheur, en fin d’après-midi, nous avons souvent droit à une accalmie. Une heureuse nouvelle dans toute cette grisaille … le « radeau de la méduse »  italien est parti.

En ces conditions, nous avons opté pour le farniente et la lecture. Rendons à César ce qui appartient à César … Ann n’a pas que farniente, elle a aussi géré par téléphone, divers petits problèmes et a nettoyé  l‘intérieur du bateau.

Mardi  24.

Le temps idéal : plan d’eau calme, vent faible, le bateau qui ne roule pas … manquait seulement le soleil mais cela fait tellement de bien de ne pas avoir à subir les assauts du vent ! La présence d’un vent bien soutenu est une des caractéristiques des « Antilles » … en manière telle qu’il est assez rare de naviguer sans prendre des ris dans la GV !!

Après un passage par le « Marin », nous sommes allés plonger au « Boucanier » (-30 m – 61’ – 27° – 3’ à 3 m). J’avais proposé d’aller plonger au « Grand Mur » mais Ann avait peur que l’eau ne soit trouble et à vrai dire, la visibilité était déjà assez mauvaise au « Boucanier » c’est-à-dire 4 à 5 mètres ! Très belle plongée même si  je n’y ai pas trouvé tout mon plaisir habituel … sans réel motif !

Mercredi  25.

Comme nous avions mis l’annexe à l’eau, la veille, nous avons préféré rester tranquillement à bord. La météo n’était déjà plus la même que hier et la matinée fut même assez pluvieuse. L’après-midi fut par contre, très engageant.

Nous les attirons comme des aimants, ce n’est pas possible. Nous sommes encerclés sur l’avant et sur l’arrière, par des voisins ! Difficile de dire quelque chose dès lors qu’ils sont arrivés alors que nous étions encore dans notre lit (!) et que les distances de sécurité ont été respectées mais enfin pourquoi toujours vouloir nous coller. Serions devenus le « centre du mouillage » ?

Après avoir regardé un reportage sur les méfaits de la sédentarité sur le physique, je me suis senti subitement attiré par une petite natation qui m’a entraîné assez loin du bateau. Si seulement, j’avais le courage de faire cela tous les jours mais cela ne sera pas demain la veille si j’en crois mes dernières inclinations !

Jeudi  26.

Si j’en crois justement mes dernières inclinations, c’est le « farniente » qui a la cote ces derniers temps. De toute manière c’est cela ou … « arbeid , arbeid ». Nous avons donc cultivé ce principe de vie si cher à mon cœur. Il est bien connu que quand on a atteint un certain âge, c’est avant tout le cœur qu’il faut préserver.

Vendredi  27.

C’était notre journée des « B.A. » ! Cela a d’abord commencé en nous dirigeant vers le « Marin » !!

Si  je suis toujours très concentré sur ma conduite en sorte que je ne fais jamais attention aux personnes qui sont sur les bateaux que nous dépassons, Ann aime jouer à la star et fait signe bonjour à tout le monde … et bien entendu, cela nous a valu de nous faire héler par le skipper d’un catamaran de location qui avait perdu sa gaffe.

Bon … quand nous avons appris qu’il s’agissait de Bruxellois comme nous et que de surcroît, Ann avait lu leur blog (parce qu’ils tiennent un blog !), nous avons mis du cœur à l’ouvrage pour retrouver le précieux objet qui flottait la tête en l’air … entre les bateaux au mouillage !

Après toutes nos petites courses, nous sommes rentrés à bord et alors que nous farnientions dans le cockpit, Ann me demande si comme elle, j’ai l’impression que le « radeau de la méduse » (un très ancien modèle) qui nous gâche la vue sur l’arrière, est en train de couler !

Même si je n’y avais pas fait attention jusque là, à la réflexion, il me semblait bien qu’il piquait du nez. Que faire ?

Prévenir le propriétaire du bateau ! Excellente idée encore que difficile à réaliser car nous n’avons jamais vu personne sur cette méduse … non, sur ce radeau.

Prévenir l’assureur du bateau !  Peu probable que ce type de radeau soit assuré.

Prévenir le « Cross » ! Réflexe de bon sens mais la dernière fois que nous les avons appelés pour leur signaler qu’un voilier dérapait sur notre bateau, leur réaction fut très, très décevante puisqu’en fin de compte ils se contentèrent « d’en prendre acte » …

Solliciter un autre avis ! Nous avons effectivement demandé à notre plus proche voisin ce qu’il en pensait et à vrai dire … il n’en pensait rien mais, à la réflexion, nous avions peut-être raison.

Par malheur pour eux, le bateau de la douane avait jeté son ancre à quelques encablures de là !! Nous y avons donc fait un saut en annexe tandis que trois douaniers bavassaient sur le pont avant. Alors que je pensais recevoir un accueil mitigé, nous avons reçu un accueil … mitigé.

Le plus âgé des trois se campa immédiatement derrière la position du fonctionnaire qui ne peut rien faire (!!) tandis que son collègue plus jeune nous rassura en affirmant qu’ils avaient le bateau à l’œil … je suppose qu’ils attendaient qu’il n’y ait plus que le mât qui ressorte de l’eau pour être certains qu’il coulait.

Toujours est-il qu’une dizaine de minutes plus tard, la douane était à notre bord et procédait à une fouille complète de notre bateau !!! Mort aux vaches.

Il ne faut pas toujours croire tout ce que je raconte … non, une dizaine de minutes plus tard, ils étaient trois à monter sur le « radeau de la méduse » et après une inspection qui nous a paru interminable, le bateau de la douane est venu s’ancrer juste derrière nous !!! Bonjour, l’intimité. J’ai bien demandé à Ann de leur dire d’aller jeter l’ancre un peu plus loin mais elle n’a pas osé.

Une pompe passa alors d’un bord à l’autre bord et nous avons eu le plaisir de constater qu’après deux bonnes heures de pompage, le « radeau de la méduse » reprenait des couleurs. C’est le presse-étoupe qui  fuitait … et a continué de fuiter par la suite !.

Après tous ces efforts, le bateau des douanes a mis les voiles à toute vapeur vers des horizons plus enchanteurs …

Samedi  28.

Ce matin, nous avons été tirés du lit par « Tahaa Tiva » qui est arrivé de nuit, en provenance de « Jacaré » (Brésil). Nous avons rencontrés Christian & Martine au « Tonga » (Pacifique) et nous avons parcouru ensemble «  l’Indonésie », en le cadre du rallye « Sail Indonesia ». Si après, nos routes ne se sont plus croisées, nous sommes toujours restés en contact. Il s’agit d’un des cadeaux merveilleux de faire un tour du monde : on rencontre énormément de personnes intéressantes voire attachantes.

Comme ils avaient un problème de frigo, nous leur avons renseigné Olivier qui est venu les dépanner dans la matinée ! La panne n’était pas grave … il s’agissait seulement d’une résistance qui avait sauté. Le thermostat dû également être changé par la suite parce que le compresseur ne s’arrêtait plus.

Nous avons partagé très agréablement la fin de matinée avec eux. Au débarcadère de « Sainte Anne », nous leur avons présenté Erwin & Larissa de « Axsika »  (le remplaçant de « Larwin » coulé au large du « Belize » en début d’année).

Comme je le pensais, c’est une vie sociale un peu plus étoffée qui nous a manqué cette saison même si nous avons pu compter sur pas mal de copains malgré tout. Malheureusement, c’est toujours de parfaits  étrangers qui veulent faire copain-copain avec nous en mouillant l’ancre très près de notre bateau …

A l’apéro, nous avions le bonheur d’accueillir Christian & Martine de « Tahaa Tiva » qui nous ont beaucoup amusé en racontant qu’ils avaient un sérieux problème avec leur WC Jabsco : le tuyau étant bouché, Christian a forcé sur la pompe à main et après quelques efforts, il fut heureux de constater que le bouchon avait pu être évacué … sauf que, et il ne le savait pas, il n’avait réussi qu’à démancher le tuyau bouché ! Je vous laisse imaginer la suite … il leur a fallu près de deux jours pour en venir à bout du nettoyage des fonds de leur bateau.

Dimanche 29.

Nous étions en train de petit déjeuner tranquillement lorsqu’un bateau de pêche du « Marin » rase notre bateau à vive allure pour stopper quelques encablures plus loin ! C’est son changement de régime de moteur qui a alerté Ann qui s’est relevée pour voir ce qui se passait. Le pêcheur était en train de couper au couteau, le filin qui relie notre orin (petite bouée ronde et rouge)  à l’ancre avec l’intention manifeste de nous le voler !!! Difficile de faire croire qu’il ignorait qu’il s’agissait d’un orin alors que le nom du bateau est inscrit sur la bouée …

Sur base du principe « qui vole un œuf, vole un bœuf », nous aurions dû déposer plainte mais nous avions récupéré notre orin et son contrepoids et nous n’avions pas plus envie de nous mettre tous les locaux à dos.

Lundi  30.

Cela fait depuis quelques mois que j’avais remarqué que mon matelas s’affaissait en son centre. Dans un premier temps, nous avions pensé en changer mais comme il ne s’agit pas (of course) d’un modèle standard, l’opération s’est vite révélée, en « Martinique »,  extrêmement complexe et onéreuse !

Par la suite, nous avons compris que c’était, en fait, notre latoflex qui avait besoin d’être remplacé : certaines lattes de convexes étant devenues concaves ! En appelant ce matin, le fabricant  « Bedflex », il nous été donné d’apprendre qu’il fallait tout simplement  retourner (jamais fait) les lattes tous les deux à trois ans … ce que nous nous sommes empressés de réaliser. J’attends ce soir avec impatience pour connaître le nombre d’heures de sommeil que je vais gagner …

Le succès nous mine !! Tous nos fans veulent obtenir un autographe ! C’est du moins ce que je traduis de cet engouement incroyable à vouloir jeter la pioche tout autour de notre bateau alors qu’il y a tant de meilleures places de mouillage …

Nous avons eu un bref entretien avec le propriétaire du « radeau de la méduse » en train de couler il y a quelques jours. En finale, nous avons été soulagés qu’il ne nous engueule pas d’avoir éviter à son radeau de reposer par le fond …je dis cela parce que nous ne l’avons pas entendu nous dire le plus petit « merci ». Il semblerait être un copain de « radeau de la méduse 1 » … doivent sans doute tous être membres d’une Confrérie quelconque de la méduse.

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Publié par : Ann & Stéphane | 19 avril 2018

01 au 15.04.2018 – Petit détour par la Anse d’Arlet !

Baie Sainte Anne.

Dimanche 01.

Si le WC n’est plus à proprement parler « bouché » … le débit d’évacuation est cependant fortement diminué ce qui pose également problème ! Comme Ann l’avait déjà évoqué hier, je pense qu’il va nous falloir changer le tuyau d’évacuation et la vanne par la même occasion. En attendant, nous avons branché le WC sur le tank « d’eaux noires » court-circuitant du même coup, l’obstruction au niveau du passe-coque.

L’urine provoque avec l’eau de mer, une réaction chimique sous forme d’un dépôt plus dure que du béton, qui diminue progressivement le diamètre intérieur du tuyau d’évacuation. Ce phénomène est bien connu notamment, des loueurs de bateau. Comme nous avons à bord des WC électriques qui fonctionnent à l’eau douce, je pensais que nous n’aurions pas à connaître ce problème mais apparemment, nous n’y échappons pas ! Il est vrai que même diluée par l’eau douce, l’urine rentre finalement en contact avec l’eau de mer.

Après la journée merdique que nous avions connue la veille, nous n’avions qu’une seule et unique envie : farniente, au soleil.

Durant la nuit, nous avons eu droit à de la pluie, de la pluie et encore de la pluie tandis que le vent, une fois de plus, avait tiré sa révérence.

Lundi  02.

Ayant assez mal dormi en raison d’un manque d’air conséquent à la pluie (fermeture des capots de pont) et à l’absence de vent, je me suis levé encore un peu plus tard que d’habitude … Le moral n’étant pas spécialement au rendez-vous, nous avons décidé de farniente.

Mardi  03.

A la première heure de la matinée, Olivier, le frigoriste, passait au bateau pour embarquer notre compresseur Danfoss pour réparation.

Vous aimez rêver … donc, si je vous demande un petit effort d’imagination, cela ne vous posera pas problème : vous quittez la ville (marina) car vous n’aimez pas la promiscuité, vous vous installez en périphérie (mouillage) et choisissez un endroit un peu à l’écart de tout le monde, la vue est magnifique. Vous nagez en plein bonheur lorsque vous voyez une autre caravane (bateau) qui vient se planter juste devant vous, à quelques mètres de distance alors que pourtant, l’espace ne manque pas … quelle est votre réaction ?

C’est  le scénario que nous vivons quasiment tous les jours (!!) et pas plus tard encore que ce matin, en revenant d’avoir été chercher une baguette. Grâce au ciel, il s’agissait d’un jeune couple de Français naviguant sur un « radeau de la méduse » (incroyable le nombre de modèles qui existent !). Comme le jeune homme « méditait » (sic) sur son ancrage, nous les avons convaincus de partir ancrer plus loin mais nous ne rencontrons pas souvent autant de malléabilité …

Au débarcadère où les annexes étaient à nouveau en grand nombre (vacances de Pâques obligent), nous avons rencontré Philippe et Esmeralda dont nous avions fait la connaissance à « Jacaré » (Brésil). Très sympathiques et trop brèves retrouvailles mais ils étaient à bord d’un bateau ami.

Sur le retour, nous avons été dire bonjour en passant à « Balaruc » qui sort de l’eau, comme chaque année, à la fin de la semaine ! C’est un peu tôt pour nous …

Nous n’étions pas arrivés au bateau que nous devions repartir pour la vérification annuelle de nos deux extincteurs automatiques (toute une histoire pour cette foutue vérification annuelle). La vérification, réalisée à même le débarcadère (!), a duré moins de temps que de remplir les documents officiels … le coût : 5 € pour la vérification et 58 € pour le déplacement  du technicien !!

Comme la météo était splendide, nous avons décidé d’aller plonger au « Boucanier » : -28 m – 56’ – 27°. Impressionnant le nombre de petites murènes que nous avons vues de même que deux petites langoustes particulièrement bien cachées sous un rebord rocheux. Et sur le retour, nous avons trouvé un masque( l’endroit est fort fréquenté par les clubs de plongée locaux).

Mercredi  04.

Olivier est venu replacer notre compresseur Danfoss … sauf qu’en fin de matinée, il n’avait toujours pas trouvé ce qui bloquait – maintenant – la circulation du gaz réfrigérant dans le circuit !!! Je crains que nous ne soyons pas encore au bout de nos peines même si en fin de journée, le « bouchon » avait, apparemment, sauté. Je n’ose en tous les cas, plus vous expliquer la ou les causes de nos problèmes avec ce frigo.

Comme un emmerde n’arrive jamais seul, notre liste de petits problèmes techniques s’est considérablement allongée ces derniers jours ! Rien d’insurmontable (= à ma portée) mais quand même …

Jeudi  05.

Nous savions que cela nous pendait au nez et effectivement, nous étions justement dans les temps ! Donc, tandis qu’Ann était chez l’esthéticienne, je me suis tapé l’entretien du GE : 3 heures de travail … en ce compris la rédaction de mon rapport de travail. Cela vous étonne ?

En fait, ce n’est pas que je pense à nos successeurs sur ce voilier mais davantage, à garder une trace de ce qui a été fait ou pas fait et le pourquoi du comment … et cela aussi bien pour les entretiens que pour toute réparation à bord. Vous n’imaginez pas comme on oublie facilement (surtout, à nos âges) et combien il peut être utile de se rappeler la procédure entreprise à l’époque, avec succès. Et puis, et puis, vous ne l’avez sans doute pas remarqué mais j’aime bien écrire … j’ai une âme de gratte-papier.

Vendredi  06.

Nous avions décidé en début de semaine que nous partions ce matin pour les « Anses d’Arlet » mais quand Ann a vu  la météo (pluvieuse), elle a estimé que nous pouvions remettre cela à dimanche car la météo de samedi  n’était pas annoncée meilleure. La réalité vraie reste que nous avons toujours autant de mal à nous mettre en mouvement … ce qui pour des « circumnavigateurs » est quand même une ironie !

Ce qui nous a également poussés à ne pas bouger … c’est le départ du « radeau de la méduse 1 » que nous supportons trop près de nous, depuis des semaines d’autant qu’il en a profité pour partir avec en remorque  « radeau de la méduse 3 » !!!!

Impossible de savoir si ce double départ est définitif ou simplement temporaire mais entre-temps, nous voulons profiter à 300% d’avoir notre vue totalement dégagée sur l’avant. Le super pied. Impossible de partir en ces conditions.

Nous n’avons donc rien fait d’autre que … farniente. Il faut quand même préciser que le « farniente » est un art qui n’est pas accessible à tout le monde et qu’il nous a fallu des années de pratique et de patience avant de pouvoir l’exercer correctement.

Preuve s’il en est qu’il s’agit d’un « art » pas si facile à appréhender, en fin d’après-midi, je bricolais notre porte de douche qui s’est découverte une malheureuse tendance à absorber comme une éponge, l’eau de la douche !

Samedi  07.

Nous avons à peine eu le temps de passer sous la douche avant de nous rendre sur « Laurence » de Didier & Yvette, pour y prendre l’apéritif … de midi. Pas évident d’aller se saouler la gueule sans petit déjeuner dans l’estomac mais comme, par principe, nous ne buvons pas d’alcool avant le coucher du soleil, le risque n’était pas trop grand.

Comme il faisait beau et très agréable, nous avons ensuite poussé jusqu’au « Marin » acheter du Sikaflex (saviez-vous que le meilleur de le conserver était de le placer en frigo ?). Au passage, nous avons relevé que le ferry que transportait « Big Lift  – Transporter » (cfr. photo), avait été mis à l’eau … pour rejoindre aussi sec, le tarmac du chantier.

Passé 15 heures et donc trop tard, pour commencer quoi que ce soit de sérieux, nous avons farniente. Tout un art … je vous l’ai déjà dit ?

Dimanche 08.

Comme la météo avait annoncé une superbe journée qui  ne fut, en réalité, ni plus belle, ni plus moche que les précédentes, nous avions pensé partir aux « Anses d’Arlet » mais Ann avait envie d’aller plonger … notre envie de voyage s’émoussait depuis quelques jours !

Plongée au « Boucanier » : -30m – 60’ – 27° – 1’ à 3m. Une superbe plongée où nous avons vu des murènes en quantité ainsi qu’une belle langouste. Mais ma plus belle récompense est venue d’Ann lorsqu’elle m’a dit qu’elle adorait plonger avec moi … cela fait toujours du bien pour son ego.

En fin d’après-midi, nous recevions pour un apéro dinatoire, Didier & Yvette de « Laurence » ainsi que Toto de « Broceliande ». En apprenant que Toto était un ancien plongeur professionnel, toute la conversation a tourné, avec la complicité de Didier & Yvette, autour de nos expériences respectives … autant dire que nous avons apprécié cette soirée.

Lundi  09.

Météo très cra-cra qui n’incite à rien d’autre qu’au farniente. Une belle occasion de faire du « secrétariat » d’autant que quand il fait beau, je n’ai jamais le courage de m’enfermer à l’intérieur … or, il faut bien, notamment, tenir à jour notre blog.

La tuile de la journée … « radeau de la méduse 1 » est de retour et sans surprise, il a repris exactement sa position initiale. J’étais si heureux d’en être débarrassé que j’avais fini par croire que son départ était définitif.

Mardi  10.

Après une semaine de vents assez faibles, le vent a repris beaucoup de vigueur rendant le plan d’eau un peu agité.

Comme nous avions l’intention d’aller fêter l’anniversaire d’Ann au « Zanzibar », nous avons mis en marche le GE en avance sur l’horaire normal. Il ne tournait pas depuis quelques minutes qu’il s’arrêta brusquement ! Pas de panique … nous savons ce que c’est … il s’est mis en sécurité par manque d’eau de refroidissement … c’est encore (!)  la vanne d’arrivée d’eau de mer qui est bouchée.

Seulement voilà, après vérifications, il n’y avait aucune obstruction quant à l’arrivée de l’eau de mer et de surcroît, l’eau glycolée de l’échangeur de température refluait à grosses giclées par le trop-plein !! Au secours.

Nous sommes donc passés d’un coup brutal, du mode « très grand confort » au mode « survie ». Il nous fallait économiser notre énergie pour éviter de descendre nos batteries même si nous pouvions malgré tout, grâce au second alternateur du moteur principal, recharger nos batteries. Mais plus question de propulseurs, de compresseur de plongée, de machine à laver, de séchoir , d’airco et surtout de déssalinisateur !  Nous étions retournés à l’âge de la pierre ! Pour nous allumer, nous avons même eu recours à la lampe torche … sans doute un peu excessif mais il vaut mieux être prudent quand on ne sait pas quand tout redeviendra « normal ». Joyeux anniversaire, mon cœur.

Si Ann était prête à annuler sa soirée d’anniversaire d’autant qu’au dehors, les grains se succédaient (encore un peu et on aurait pu se croire dans un film d’épouvante), je voyais, au contraire, l’opportunité de diminuer notre consommation électrique …

Nous sommes donc partis au resto, entre deux grains … nous avons quand même pris le grain suivant juste un peu l’arrivée au débarcadère.

Alors que notre visibilité était grandement diminuée en raison de la pluie qui m’empêchait de garder grands ouverts les yeux, nous avons failli percuter une autre annexe (deux personnes à bord) qui venait de notre droite sans sur le moindre feu …

Nous étions à peine rentrés à bord que nous avions droit à un nouveau grain qui cette fois, ne nous a pas atteints.

Mercredi  11.

Dès 8.30 heures, nous allions chercher Ludovic de « I.D.S. » qui diagnostiquait immédiatement la rupture de notre courroie d’entraînement … une autre grande première. C’est décidément, la saison des « grandes premières » !

Le problème reste entier puisque nous ignorons totalement comment une courroie quasiment neuve a pu se déchirer sur une section de quelques centimètres seulement. Les hypothèses sont nombreuses (la courroie avait notamment, été resserrée par Ludovic le 27.03.18 …) mais sans doute, ne connaîtrons nous jamais la vérité. En tous les cas, ce qui est certain, c’est que malgré toutes nos précautions et notre bienveillance pour garder tout en état de marche, cela foire quand même … écœurant.

Comme nous n’avons plus l’habitude de nous lever tôt, quand c’est le cas, nous avons quelques difficultés à retrouver notre rythme de croisière et ce mercredi n’a pas échappé à la règle. Si vous ajoutez à cela que le mercredi est LE jour des programmes foireux à la télévision, vous aurez une idée de notre journée. Beurk.

La météo était aussi maussade et venteuse que notre humeur. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous avons enfin connu un temps sec … la nuit fut donc particulièrement agréable.

Jeudi  12.

S’il fait beau, il continue à venter .

Nous pensions aller plonger mais comme nous nous sommes réveillés un peu tard, nous avons finalement décidé de reporter … ce qui avait le grand avantage de ne pas nous obliger à descendre l’annexe. Et pourtant la manœuvre de mise à l’eau est extrêmement simple mais c’est psychologique !

Si Ann a passé sa journée, plongée dans son dernier bouquin, ayant terminé le mien, je suis resté dans une douce expectative durant toute la journée … enfin, ce qu’il en restait.  En début de soirée, j’attaquais un nouveau livre.

Quand le vent ne souffle pas comme un ventilateur en furie, l’endroit est p-a-r-a-d-i-s-i-a-q-u-e. Dommage qu’il n’en est pas ainsi plus souvent … soupir.

Vendredi  13.

Ce matin, courageusement, Ann est partie au « Marin ». Après son retour à bord, le ventilo est à nouveau passé en mode « maximum » et donc, une fois de plus, nous n’avons pas été plonger. En restant trop longtemps sur place, une certaine lassitude s’est installée chez moi en sorte que je deviens particulièrement paresseux !

En fin d’après-midi, je trouvais étonnamment le courage de nettoyer les jauges du tank à « eaux noires » qui étaient manifestement bloquées. Ce faisant, je pus constater que le tank était bien rempli et qu’il était plus que temps de le vider … nous n’utilisons pour ainsi dire jamais le tank « d’eaux noires » en manière telle que je ne savais pas comment accéder aux jauges mais en finale, il est beaucoup plus aisé qu’il n’y paraît.

Samedi  14.

Sans trop réfléchir, au saut du lit, nous avons pris la décision de nous rendre à la « Grande Anse d’Arlet » !!! Cela fait depuis plusieurs semaines que nous en parlions mais à chaque fois, à la dernière minute, on se dégonflait ! J’avais besoin de bouger, de me convaincre que nous n’étions pas condamnés à demeurer à la baie « Sainte Anne ».

Sans même prendre le temps de prendre une douche ou de petit déjeuner, nous sommes partis qu’il était 8 heures du matin !!!! Je suis toujours épaté, en comparaison de beaucoup d’autres bateaux, de notre facilité à relever l’ancre.  

Petite navigation, au moteur, par plein vent arrière, jusqu’à la « Anse » (15 milles). Et comme toujours, nous avons été copieusement secoués au 2/3 du trajet jusqu’au « Diamant » : il existe une zone qui est perpétuellement fort agitée … très, très désagréable. Cela se ressent nettement moins sur le retour car en ces conditions, on prend les vagues beaucoup plus de face.

Une fois à la « Anse », nous avons pu constater que le plan d’eau était aussi clairsemé que la baie « Sainte Anne » ce qui ne signifiait pas pour autant que l’on disposait de toute la place … Comme nous souhaitions mouiller dans la portion centrale (meilleure protection contre le vent) et pas trop loin du rivage, nous avons été contraints de nous glisser entre les bateaux présents. Bien évidemment, après avoir dévidé nos 40 mètres de chaîne sur un fond de -8m, nous étions un peu beaucoup trop proches d’un voilier anglais …

Contrairement à ce que nous aurions éprouvés en pareille situation, notre voisin ne sembla nullement préoccupé par notre grande « intimité » ! Si nous avons bien pensé relever l’ancre et aller mouiller dans la portion plus nord, très dégagée, je craignais que durant la nuit, nous ayons droit à un méchant coup de vent à la sortie de l’enfilade montagneuse. Cela nous est arrivé une fois et j’en ai gardé un exécrable souvenir … motif pour lequel aussi, il y a souvent de la place de ce côté là.

Je n’ai pas suivi l’avis d’Ann de changer de mouillage et je l’ai regretté toute la soirée ! Si pendant la journée, le vent soufflait de sud … avec le crépuscule, il est tombé et les bateaux ont commencé à pivoter d’est à nord-ouest. Plus soutenus par le vent, ils se sont également mis à rouler copieusement …

Si la situation était déjà fort désagréable, de jour, elle est devenue carrément angoissante, de nuit, à chaque fois que les bateaux tournaient à seulement quelques mètres les uns des autres ! Déjà stressé depuis que nous avions mouillé l’ancre (!), je n’ai quasiment rien mangé de la journée et la soirée, je l’ai passé dans le cockpit … seule façon pour moi, de surveiller le mouvement des bateaux. S’il n’avait tenu qu’à moi, j’aurais quitté la « Anse » dès le début de soirée et je serais retourné à la baie « Sainte Anne » pour y passer une soirée « relaxe ».

Seul moment de détente de cette journée fut la visite de « Joël » qui nous relatant sa plus grande curiosité pour notre voilier, fut invité à le visiter et à prendre un petit apéro en notre compagnie.

Dimanche 15.

Ayant été me coucher tard après être convaincu qu’il ne pouvait rien arriver à notre bateau, j’ai dormi comme un loir. Mais au matin, quand Ann a évoqué l’hypothèse de rentrer sur « Sainte Anne », j’ai immédiatement compris qu’il nous fallait partir. Aussitôt dit, aussitôt fait … je suis sorti de mon lit pour relever l’ancre.

Ce fut « chaud bouillant » pour se sortir du mauvais pas en lequel nous nous étions fourrés. J’ai bien cru que nous n’y arriverions pas au vu de notre grande proximité avec notre voisin anglais que nous avons par ailleurs, bien failli percuter sur son arrière sans une énergique marche arrière …

A la baie « Sainte Anne », nous avons opté pour un autre mouillage (350 mètres plus en arrière et un peu plus près du rivage)  non seulement pour nous éloigner de « radeau de la méduse 1 » mais également, pour trouver un fond de sable … sans coraux ! Ann m’a flanqué la trouille en m’affirmant, avec raison, que nous abîmions notre chaîne sur les coraux.

En fin d’après-midi, nous avions la visite surprise de Francky  & Joss dont nous avions fait la connaissance à  « Curaçao » … en 2012 ! A cette époque, nous étions toute une bande de joyeux copains qui passions ensemble la période cyclonique à « Spanish Water ». Que de bons souvenirs.

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Publié par : Ann & Stéphane | 10 avril 2018

19 au 31.03.2018 – Dolce vita en Martinique.

Baie Sainte Anne.

Lundi  19.

S’il  a fait assez nuageux en début de journée, le ciel s’est éclairci par la suite. Le vent était suffisamment faible … pour que le bateau roule un peu à certains moments : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre en plus du sourire de la crémière et des intérêts de l’argent du beurre … encore que, pourquoi pas si la crémière est sympa ??

Nous avons eu droit à notre petite douche froide : Christophe dit « le belge » de « Caraïbe Marine » a fait le check de nos batteries du « parc électronique » (600A en 24 V) avec une conclusion assez étonnante : dans chaque couple de batteries Mastervolt  gel 200A/12V de 2010 (montage en parallèle) … l’une est parfaite et l’autre est morte !!!

En principe, celle bien en vie devrait se vider dans la morte et à terme, entraîner sa propre mort mais il n’en est rien ! Comme recommandé, nous avons décidé de remplacer tout le parc de batteries dont coût … 5.045 € ! Il faudra encore penser à remplacer l’autre parc de 1000A … j’en ai des migraines rien que d’y songer. J’espère toujours gagner au Loto mais quand je me plains au « Très Haut » que je ne gagne jamais rien, il me répond : joue d’abord !

Si tout le monde a déjà entendu parler du fameux « rayon vert » lorsque le soleil s’éclipse à l’horizon, peu de personnes y ont eu droit ! Cela fait des années de navigation que nous l’avons attendu et jamais vu. Et aujourd’hui, bêtement, alors que nous discutions dans le cockpit, nous y avons eu droit !!!! Ce ne fut pas exactement, un « rayon » vert mais plutôt une « tâche » verte au point précis où le soleil a disparu à l’horizon.

Mardi  20.

Hier soir, le déssalinisateur s’est arrêté subitement … après déjà avoir eu bien du mal à démarrer . Par facilité d’esprit, j’en ai conclu que les filtres 25 & 5 microns étaient sales ce qui n’était pas invraisemblable bien qu’étonnant (ils ont été changés il y a peu).

Ce matin, j’ai donc changé les filtres pour relever le peu d’eau dans chacun des containers à filtre ! Cela m’a fait penser à l’arrivée d’eau de mer qui était bouchée il y a peu …

Le filtre d’eau de mer est composé d’un cylindre transparent en lequel un panier est plongé. Ce dernier est surmonté d’une anse dont la fonction principale m’avait échappé jusqu’alors.  J’avais toujours pensé que la anse servait à sortir le panier du cylindre alors qu’il a pour fonction de maintenir le panier dans le fond du cylindre !

Avec le temps, la anse du panier s’est cassée en sorte que celui-ci était remonté dans le cylindre en bloquant du même coup, les saletés à hauteur de l’arrivée d’eau …

Passage d’Olivier pour notre frigo de cockpit. Ce dernier recommence à déconner … pour le moment, aucune solution n’a été trouvée même s’il manquait malgré tout, un peu de gaz réfrigérant dans l’installation !

Mercredi  21.

Après une longue période de farniente, nous reprenons doucement nos tâches d’entretien et de bricolage. Aujourd’hui, nous avons nettoyé – en profondeur – les cales sous le GE et le moteur principal. Comme nous ne sommes plus très souples  et que nous avons toujours été grands, l’accès au fond des cales doit se faire en glissant la tête la première … je vous laisse imaginer l’inconfort de la situation d’autant que si vous gelez en « Europe », nous transpirons eau et sang dans le même temps, dans les « Antilles ».

Ce n’est pas la première fois que nous procédons de la sorte mais depuis le carénage du bateau, nous n’avions plus rien entrepris en ce domaine et cela commençait à se ressentir ! C’est aussi l’occasion d’un peu vérifier des parties du bateau auxquelles nous accédons moins souvent.

Le soir, alors que nous pensions passer une soirée paisible devant notre télévision, je fais la réflexion à Ann que je trouve que cela ne sent pas bon … Nous constatons assez rapidement que cela se limite en fait, à la coursive bâbord et au côté bâbord du carré !!!!

En pénétrant dans le local technique situé sous le carré, nous relevons la présence d’une certaine quantité d’eau là où il n’y en a jamais eu auparavant ! L’odeur vient de cette eau ! Et de trouver après quelques tâtonnements qu’il s’agit d’eau du WC de notre cabine propriétaire !

Au départ, nous avons pensé que la fuite se situait à hauteur de la vanne 3 voies située derrière le fond de la penderie mais après démontage, tout était – hélas – parfaitement clean de ce côté là.

Nous avons découvert ensuite que la fuite se situait sous le WC Tecma ! Peu désireux d’avoir à retirer  la cuvette siliconée sur son socle, je cherche un autre moyen d’accès et découvre une toute petite lucarne dans la penderie adossée au WC. En inspectant l’intérieur du WC, je finis par comprendre que le tuyau d’évacuation est débranché (collier de serrage desserré)!!

Ce ne fut pas exactement une partie de plaisir de le rebrancher en raison du manque d’accès mais après bien des énervements, j’y suis parvenu. Ouf.

Jeudi  22.

Ce matin, nous avons terminé les opérations de nettoyage suite à notre problème de WC : hier, nous avons eu droit au liquide et aujourd’hui … au solide mais nous avons tout de suite été rassurés, il s’agissait bien d’une « fabrication maison ».

« Radeau de la méduse 1 » est vraiment spécial . Non seulement, il nous gâche la vue et est ancré trop près de nous mais de surcroît, il gère ou surveille en plus de son radeau, un Lagoon 450 ainsi qu’un affreux petit catamaran remontant à une autre époque !

Malgré tout, il n’est pas antipathique car il est soucieux de ne pas déraper sur notre bateau : cela fait la troisième fois qu’il relève l’ancre … pour, malheureusement, la jeter à chaque fois, exactement au même endroit que la première fois !!

Comme il est américain même si son radeau est immatriculé à « Vancouver », il est difficile d’avoir avec lui, un contact profitable. Ce n’est pas que nous sommes curieux mais quand même, nous aimerions savoir ce qu’il fait dans la vie, de quoi il vit, ce que font ses parents, qui était la jeune femme que l’on a vue un temps, à son bord … avoir une relation de voisinage normale, quoi.

Ce matin, nous avons tenté une première approche en allant jusqu’à son bateau pour lui dire qu’il nous semblait déraper mais pour gentil qu’il fut, la mayonnaise n’a pas pris. Dommage, nous sommes restés sur notre faim.

En fin d’après-midi, le vent ayant un peu baissé d’intensité, j’ai proposé à Ann de nettoyer la coque du côté bâbord … là où les traces de sel sont les plus visibles. Follement heureuse de ma proposition, nous nous y sommes mis en des conditions beaucoup plus « sportives » que je ne l’avais imaginées et le nettoyage fut un peu expédié. Nous ferons l’autre bord à la « Saint Glin-glin ».Promis, juré.

Vendredi  23.

Nous nous sommes levés encore plus tard que d’habitude ce qui frise l’indécence, je le reconnais, mais Dieu que c’était bon. Contrairement à ce qu’avait annoncé la météo, le vent n’avait pas baissé d’intensité mais en fin d’après-midi, nous avons retrouvé un peu plus de quiétude.

Nous aurions pu faire de grandes choses mais comme nous n’avions pas mis l’annexe à l’eau, nous nous sommes contentés de farniente après avoir découvert que nous avions une sérieuse fuite d’eau de mer au niveau du GE (on pense à la pompe d’eau de mer … changée l’année passée !) .

Samedi  24.

Nouveau passage d’Olivier qui est venu modifier les réglages de notre frigo de cockpit (augmentation de la vitesse du compresseur et abaissement du niveau de sécurité batterie) ! Si le frigo refroidit davantage, sa consommation électrique est montée en flèche et cela nous inquiète beaucoup.

Après avoir été dire bonjour à Giovanni & Marina de « Eutikia » revenu parmi nous après un passage prolongé au « Marin », nous avons été plonger au « Boucanier » : -20 m – 55’ – 27°.

Superbe plongée comme toujours malgré une visibilité toute relative. Décidément, nous ne nous lassons pas de ces plongées d’autant que le plan d’eau était calme. Nous avons  été approchés par un couple d’anglophones qui souhaitaient avoir des renseignements sur notre spot de plongée ! Encore un peu et je leur proposais de le leur faire découvrir !

Dimanche 25.

Hier soir, nous étions crevés mais nous n’avons pas pu échapper à « The Voice » sur TF1. Aussi, ce matin, il me fallait récupérer mes heures de sommeil et cela tombait bien puisque la journée était très calme. L’annexe ne fut donc pas descendue et nous sommes restés plongés dans nos lectures jusqu’à l’heure de la télévision … on en a été privés pendant quatre ans alors on se rattrape comme on peut !

Depuis le début de cette année, nous avons droit avec Canal+  à deux connexions satellitaires au lieu d’une en sorte que nous n’avons plus de coupure en raison du positionnement du bateau ce qui constitue un confort particulièrement agréable !!! Ce serait même le super pied si nous n’avions pas de temps à autres, des coupures en raison de problèmes techniques au niveau du satellite … on ne peut pas tout avoir !

Lundi  26.

Un vrai scandale ! Nous avions commandé deux petits paniers pour le filtre d’eau de mer de notre déssalinisateur et il y en a pour un total de … 177,54 € (panier : 38,38 € x 2 – frais de transport : 68 € – frais de dédouanement : 27 €) !! Je suis parfois dégoûté d’être propriétaire d’un grand voilier.

Ceci étant dit, il y a plus malheureux que nous … Au « Marin », il y a un superbe voilier, « Mondango 3 » (57 m. de long) ,  qui est actuellement en panne de ses deux GE et comme tout est électrique à bord, c’est le super bordel. Comment est-ce possible ? Dans un premier temps, l’équipage a constaté qu’il y avait beaucoup d’eau dans leur diesel et que de longues algues s’étaient développées dans leurs tanks …Pour remédier au problème, l’équipage a déversé dans les tanks, de grandes quantités d’enzymes gloutons qui ont provoqué le dessèchement du diesel et le grippage des injecteurs …

Mardi  27.

Réveil aux aurores puisqu’Ann devait aller chercher Ludovic de « Inboard Diesel Service » pour la réparation de notre pompe d’eau de mer du GE, qui fuitait.

Il est apparu que les joints de la pompe devaient être changés en raison de la trop longue période passée par le bateau … au sec !!! Comme depuis sa construction, c’était la toute première fois que le bateau séjournait durant plusieurs mois, au sec, nous n’y avons pas pensé. De quoi s’agit-il ?

Quand le bateau est à l’eau, que la vanne du GE soit ouverte ou fermée, tout le circuit de refroidissement est sous eau car la pompe est située en-dessous de la ligne de flottaison. Mais quand le bateau est au sec et que de surcroît, la vanne est laissée ouverte … tout le circuit de refroidissement est sans eau, les joints sèches et finissent par être dégradés par le sel.

Le remède consiste à faire en sorte que le circuit de refroidissement reste sous eau et mieux encore, sous eau douce avec un peu de glycol. En Europe, il faut penser que l’eau peut geler en hiver …

Après le passage de Ludovic, nous nous sommes sentis obligés de nettoyer une nouvelle fois, nos fonds de cale en sorte de nous assurer que notre problème de fuite d’eau était résolu de manière définitive. A tout vrai dire, le travail se trouva nettement moins rébarbatif que la fois précédente.

Mercredi  28.

Nous avons été plonger au « Grand Mur » (-34m – 53’ – 27° – 2’ à 3m) malgré l’appréhension d’Ann de connaître à nouveau, une visibilité infecte comme la dernière fois !

Si la visibilité n’était pas exceptionnelle comme elle peut pourtant l’être de temps en temps, elle était parfaitement convenable … encore que par deux ou trois fois, j’ai craint d’avoir perdu Ann de vue ! Le côté intéressant de la plongée fut cette superbe langouste que j’ai découverte dans son trou … alors que nous pensions ne plus pouvoir en voir cette saison.

Perso, si  j’ai aimé la plongée, j’ai  regretté le « Boucanier » et son côté plus « sage » ! Aller plonger au « Grand Mur » c’est déjà aller assez loin en pleine mer et il s’agit malgré tout, d’un « cran supérieur ». Pas de quoi fouetter un chat mais une différence notable quand même.

J’en ai profité pour faire un « touch and go » jusque sur le fond mais j’ai raté les -40m … il m’aurait fallu aller un peu plus loin avant de descendre. Nous plongeons essentiellement dans la zone des -20m car c’est là qu’il y a le plus à voir.

Durant la nuit, nous avons eu droit à la pétole et au bateau qui roulait. Du côté de la télévision, ce fut une « soirée sans » nous rappelant du même coup que le système n’était pas encore au top du top.

Jeudi  29.

Je n’en pouvais plus de mes cheveux trop longs aussi  je suis allé chez le coiffeur au « Marin » et comme nous étions sur place, nous avons pris la navette du « Carrefour ». Celle-ci démarre du « Carrefour Express » situé sous les bureaux de la marina et vous transporte gracieusement jusqu’au « Carrefour » situé un peu plus loin que le « Leader Price » sur la route principale.

Si le principe est sympa, nous avons dû poiroter au « Carrefour Express » que le chauffeur veuille bien se mettre en route … Après nos courses, la navette ne nous avait évidemment pas attendus alors que pourtant le chauffeur nous avait vus à la caisse !

Nous avons poiroté une dizaine de minutes qui nous ont paru interminables puisque nous étions dans l’expectative la plus totale. A peine embarqués, nous étions bloqués sur la route par le « Trophée de la Caraïbe » (course cycliste) dont notre chauffeur suivait le compte-rendu à la radio.  Le problème n’était pas tant d’être bloqués mais davantage la bronchite chronique qui nous menaçait en raison d’un airco poussé à fond !!! Si le chauffeur avait été plus causant, nous aurions pu lui demander d’un peu diminuer la soufflerie d’air glacé mais nous étions déjà heureux de ne pas avoir à rentrer à pied avec nos sacs !

Vendredi  30.

La nature est parfois curieuse. Nous sommes à la baie « Sainte Anne » depuis des mois et très régulièrement, nous plongeons. Pas une seule fois, je n’ai vu une raie et ce midi, je suis tombé par deux fois, sur une « raie aigle » d’environ un mètre d’envergure  qui cerclait autour du bateau !!!

Idem en ce qui concerne deux tarpons que je vois régulièrement à l’arrière du bateau lorsque les feux du portique sont allumés. Si je comprends bien qu’ils chassent les petits poissons hypnotisés par les lumières, où sont-ils durant la journée ?

Comme la météo se montrait cra-cra, nous avons dédié notre journée au farniente … et à la lecture, bien entendu. Je lis tellement que souvent je ne sais plus si j’ai déjà lu ou non l’œuvre que j’ai devant les yeux  …je suis en tous les cas, un excellent public et je chavire plus que de raison.

Samedi  31.

La journée de merde par excellence … le genre de journée que j’aurais préféré ne jamais vivre ! Cela a commencé dès l’instant où j’ai mis le pied en dehors du lit pour aller faire pipi (n’ayons pas peur des mots) : le WC était manifestement bouché ! Incroyable comme cela peut réveiller un homme …

Cela fait la troisième fois cette saison que le WC de notre cabine nous emmerde: cela avait commencé avec le débordement de la cuvette, poursuivi avec l’évacuation branchée sur les fonds du bateau et aujourd’hui, autre grande première, il est bouché ! Mais qu’avons nous donc fait au Bon Dieu pour qu’il nous en veuille comme cela.

La vanne étant bien bloquée (là, il s’agit du schéma normal … j’ai beau changer de vanne, elle se bloque systématiquement … faut croire qu’elle n’aime pas la merde), nous avons décidé d’éviter de noyer les fonds alors que nous les avons consciencieusement nettoyés et asséchés, il y a peu. En conséquence, nous avons procédé à nos opérations de débouchage, au départ de l’autre extrémité du tuyau d’évacuation … ce qui ne facilite évidemment pas les choses.

Nous avons passé notre journée à tout essayer depuis les remèdes de grand-mère … jusqu’à de l’air sous pression injecté depuis l’extérieur de la vanne ! Quand j’ai mis la pression dans la vanne, le tuyau a fouetté l’air de notre cabine avant qu’Ann réagisse … inutile de vous faire un dessin.

En fin d’après-midi, le tuyau était débouché mais dorénavant, nous évitons d’y faire les grandes commissions. J’ai toujours été effaré de voir le nombre de plaisanciers qui, au mouillage, font leurs besoins par-dessus la filière alors qu’ils ont des WC à bord mais je commence à comprendre …

Si cette journée se serait limitée à la merde du WC, cela aurait pu être tolérable mais d’autres merdes nous ont sauté au visage comme le constat que les nouveaux réglages du frigo de cockpit mettaient à mal nos batteries …

« La vie est une longue tartine de merde dont on croque un bout tous les jours » Boris Vian … « et avec certains jours, de la merde sur les deux côtés » pourrait-on rajouter.

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Mercredi 07.

Le lendemain de notre retour de « Guadeloupe », nous n’avons pas eu droit à une météo superbe. Le ciel était gris, le vent soutenu et les petites pluies, passagères. Malgré la bonne nuit que nous avions passée, nous n’avions pas trop de courage pour rien. Nous avons quand même mis l’annexe à l’eau pour aller chercher une baguette et des croissants …

Nous avons donc farniente.

Nous avons évidemment commis une grave erreur en jetant l’ancre la veille, à proximité d’un « radeau de la méduse » que nous connaissions de vue. Dans le courant de l’après-midi, un autre « radeau de la méduse » (un modèle encore plus ancien) est venu se coller derrière le premier et donc, à proximité immédiate de notre flanc tribord !!! On a bien essayé de les faire fuir mais … manque de bol … ce sont des copains des premiers !

Nous voilà donc affligés de deux poubelles flottantes pour le meilleur et pour le pire ! Nous pourrions certes lever l’ancre et choisir un autre mouillage mais si à chaque fois que l’envie prend à un crétin de venir nous coller, nous devons déménager autant repartir pour un tour du monde.

Jeudi 08.

Il n’a pas plu durant la nuit et ce fut un délice. Le vent est toujours aussi soutenu (quoique s’apaisant dans le courant de l’après-midi) et si la météo a prévu du soleil, il aura fallu attendre l’après-midi pour le voir apparaître. Curieusement, le débarcadère n’était pas bondé ce matin, et à celui du « Leader Price », il n’y avait pour ainsi dire personne !!!

En principe, il est encore un peu tôt dans la saison, pour les « grands départs » et pourtant, j’ai le sentiment que cela commence à se vider mais peut-être s’agit-il d’une fausse impression.

En passant par le « Marin », nous avons été dire bonjour à « Eutikia » que nous avons connu à « Bundaberg » (Australie) mais personne n’a répondu à nos appels. Ses propriétaires, Gianni & Marina, font remplacer tout le gréement de leur Amel 54.

Vendredi  09.

Toujours assez venteux en matinée, le vent commence à faiblir en début d’après-midi … pour reprendre de la vigueur en soirée. Nous avons déjà souvent connu ce type d’évolution à la baie « Sainte Anne ». Si c’est donc assez impressionnant au réveil, il faut savoir être un peu patient. Le soleil quant à lui, était bien présent, aujourd’hui.

Comme nous avions vu au « Marin », qu’un cargo embarquait sur son pont, des bateaux , nous avons immédiatement pensé qu’il s’agissait du transporteur que « Maeva » attend depuis le 27 février mais c’en était encore un autre !!! Incroyable la légèreté avec laquelle cette société de transport traite ses affaires. Le résultat en est que Laurent & Chantal sont déjà rentrés en France, ne pouvant différer leurs tickets d’avion …

Rompant une trop longue période d’inactivité subaquatique (dernière plongée le 18 février !), nous avons été plonger au « Boucanier » (-19,10 m – 56’ – 27°). Les fonds marins sont décidément splendides même si nos gros tourteaux ont déserté totalement les lieux  et que les langoustes et murènes sont plus difficiles à dénicher qu’auparavant. Un chasseur serait-il passé par là ??? Nous ne nous lassons pas de plonger sur les mêmes spots tellement ils sont riches en faune et flore.

Mais le plus beau moment de la journée fut de constater, à notre retour de plongée, que le radeau de la méduse n° 2 avait levé l’ancre !! Quel soulagement, quel pied, quel bonheur d’être enfin débarrassé de cette poubelle flottante qui non seulement gâchait notre vue mais de surcroît, aurait pu menacer notre bateau si le vent était complètement tombé(les bateaux tournent alors dans tous les sens). Bien évidemment, nous supposons déjà que notre plaisir sera de courte durée même si le mouillage se clairseme de plus en plus.

Au dîner du soir : pizzas.

Samedi  10.

Le vent souffle en tempête (25 à 30 nœuds) mais le soleil fait bonne figure du moins en début de journée. Par la suite, le ciel sera un peu plus nuageux. Le vent qui souffle dans les haubans, reste toujours « assommant » mais par bonheur, à l’intérieur du bateau, on se sent à l’abri comme dans un cocon de bien-être. La météo pronostique des vents plus raisonnables pour la semaine prochaine … alors on prend son mal en patience. De toute manière, on n’a pas le choix.

Le plus amusant est encore que l’eau généralement un peu trouble, est d’une limpidité extraordinaire … dommage que le plan d’eau soit si agité sinon il y a matière à snorkeling.

En ces conditions, le mieux est encore de farniente.

A l’apéro, nous avions Didier de « Laurence » avec lequel nous avons passé un bon moment. Bien évidemment et sans doute parce que nous avions un invité à bord, pas moyen de mettre le déssalinisateur en route alors que j’avais changé les filtres 25 et 5 microns, l’avant-veille !!!

Après le départ de Didier, nous avons examiné la question et c’est Ann qui a pensé que cela pouvait peut-être provenir du filtre en plastique placé juste après le passe-coque. A l’examen visuel, on ne pouvait quasiment rien voir mais en l’ouvrant, nous fûmes surpris de relever que l’arrivée d’eau était complètement bouchée par une épaisse boule d’épines de pin (?). Depuis la mise en service du bateau, c’est la toute première fois que ce filtre se bouche  … motif pour lequel je n’avais pas pensé regarder de ce côté là !!!

Dimanche 11.

Le soleil illumine le paysage, le bleu du ciel est séparé du turquoise de l’eau par un bandeau de verdure, il s’agit d’un véritable festival de couleurs dont je ne me lasse guère … c’est trop beau, on est trop bien ! Dommage que le vent soit encore un peu fort car sinon on pourrait se croire au paradis.

Je ne m’en étais pas rendu compte mais cela fait depuis près de 15 jours que nous n’avons plus subi le moindre grain ! Ils se sont comme envolés, comme s’ils n’avaient jamais existé alors qu’ils faisaient jusque là, parties intégrantes du paysage local ! C’est assez miraculeux mais pourrait ne pas demeurer d’autant que nous en avons maintenant pris conscience …

Nous avions programmé d’aller plonger mais devant un tel bien-être, comment ne pas se laisser aller à la rêverie, au farniente, au bonheur à l’état pur, le temps de se laisser envahir par un bon livre.

Lundi  12.

J’ai été profondément ému de me voir souhaiter un joyeux anniversaire par de grandes enseignes comme TF1, Castorama, Dan Europe ou Ethiad … honte aux autres ! La seule chose qui m’embête c’est que maintenant il y a foule pour savoir que j’ai 63 ans alors que tout le monde me dit toujours que je ne fais pas mon âge …

Grâce au battage médiatique d’Ann, nombreux furent les copains à me souhaiter un « joyeux anniversaire » et on a beau affirmer ne pas être très « anniversaire », cela fait quand même beaucoup de bien à l’âme.

Nous n’avions rien prévu de spécial pour mon anniversaire. Nous sommes donc allés au « Marin » exclusivement pour des raisons techniques et, au passage, nous avons été dire bonjour à Gianni & Marina de « Eutikia ». Si je n’avais pas trouvé Gianni en très grande forme lorsque nous l’avions vu chez « Peake » (Trinidad), il avait retrouvé tout son enthousiasme que cela en était gai à voir.

Toujours le même, il ronge son frein (« as soon as possible » comme il dit toujours) de rentrer en Méditerranée car les plaisanciers des « Antilles » sont décidément trop nombreux et surtout, trop mal élevés. Ce que je n’arrête pas de dénoncer régulièrement. Maintenant je ne suis pas convaincu que ceux de Méditerranée sont mieux éduqués mais Gianni & Marina habitent «Venise » …

Petit détour par le « Leader Price » pour un petit avitaillement et nous étions de retour à bord où nous nous sommes plongés dans nos lectures respectives … je fus tellement accaparé par mon roman que je me suis passé de film, le soir !

Le soir, Ann me cuisinait l’un de mes plats préférés : roulade de chicons au gratin !

Mardi  13.

Le vent s’est apaisé pour devenir faible … le plan d’eau y gagne immédiatement en quiétude mais  évidemment, le bateau roule un peu !

Le mouillage continue de se clairsemer de plus en plus et cela se voit encore mieux aux différents débarcadères à annexes. Si l’année passée, cela me désolait … cette année, j’en suis profondément ravi :  j’en ai une overdose du plaisancier moyen mal élevé et que dire, des bateaux de location, le cancer de la plaisance.

Devant de telles conditions météo, il était impossible de ne pas aller plonger au « Grand Mur » :  -23m – 54’ – 27°. Nous n’avons pas vu la moindre langouste (!) mais, bien cachés, j’ai débusqué avec fierté, deux  poisson-scorpion à houppes, côte à côte.

L a plongée avait pourtant mal commencé puisqu’en faisant ma bascule arrière, mon Air2 (détendeur de secours faisant également office d’inflateur de la stab) s’était mis à fuser et plus moyen de l’arrêter ! En finale, c’est en débranchant le tuyau d’arrivée d’air que j’ai pu mettre fin au massacre : 50 bars de perdu d’un coup avant même de mettre la tête sous l’eau !

Comme à chaque fois, nous nous sommes émerveillés de la beauté des fonds marins malgré une visibilité toute relative et cerise sur le gâteau, alors que nous arrivions au bateau, « radeau de la méduse 1 » mettait les voiles ! Ce n’est pas qu’il nous gênait mais sans lui, c’est quand même mieux d’autant qu’il avait une fâcheuse tendance à attirer des copains …

Au crépuscule, nous avons assisté au départ du transporteur de bateau arrivé la veille. Demain,  c’est le cargo qui devrait emporter « Maeva » qui devrait faire son entrée.

Mercredi  14.

Le cargo « Happy Star » qui doit ramener  « Maeva »  à « Lorient » (France) est bien arrivé … nous irons le voir de plus près, demain.

Nous avons eu de la pluie durant la nuit ce qui n’était plus arrivé depuis un certain temps ! Mais aujourd’hui, nous avons droit à de belles éclaircies avec  un vent à nouveau plus vif !

C’est sans doute l’âge ou plus vraisemblablement car le soleil tape nettement plus dur mais nous n’avons plus trop le courage d’entreprendre de grands travaux à bord … aussi c’est tous les jours « farniente »,  au menu mais nous n’allons pas nous en plaindre.

Le soir, le GE nous plantait brutalement : obstruction de l’arrivée d’eau par des algues …

Jeudi  15.

Nous savions que « Maeva » avait rendez-vous avec « Happy Star » pour 10.40 heures … aussi, dès notre réveil (9.40 heures), nous sommes partis le voir à son emplacement habituel et ne l’y voyant pas, nous sommes allés directement au « Marin ».

« Maeva » était amarré le long du haut franc-bord de « Happy Star » et les opérations de grutage avaient déjà commencé ! De manière très professionnelle, tout alla très vite et le voilier fut posé à la poupe du cargo, le nez regardant l’horizon. Dommage que l’équipage n’en aie pas profité pour nettoyer la coque au Karcher … sans doute une question de timing trop serré.

Nous avons attendu que Philippe et son copain en aient fini avec  « Maeva », pour les reconduire ensuite à leurs bateaux.

Journée ensoleillée avec un vent faible … ce qui explique sans doute pour quoi nous avons assez bien roulé durant la première partie de la journée.

Vendredi  16.

Ce matin, le vent était bien présent mais grâce au ciel, cela s’est calmé en début d’après-midi. L’occasion pour nous, d’aller plonger au « Petit Mur » : -24.20 m – 45’ – 27°.

Pour aller jusque là et nous amarrer, la mer était calme mais nettement plus agitée pour le retour ! Encore heureux que dans la zone de notre mouillage, le plan d’eau était plus calme : c’est plus agréable pour débarquer le matériel.

Mais la plongée ? Elle était belle ? Vous vous êtes éclatés comme d’habitude ? Si je devais la décrire en un seul mot, je dirais … « glauque » ! Nous n’avons jamais connu aussi mauvaise visibilité au point que le nez sur mon compas, je n’avais pas vu, à la descente,  notre amer (une longue perche dirigée vers la surface) mais c’est souvent le cas, pas de panique.

Nous sommes partis « épaule gauche ». La végétation y est assez luxuriante et comme une mauvaise herbe, elle recouvre tous les coraux accentuant encore le côté mystérieux et glauque … un peu comme « Londres » en plein brouillard.

Perso, cela ne me dérangeait pas outre mesure car j’ai une très longue expérience des carrières que je continue à visiter chaque fois que nous rentrons au pays. Ann ne partageait pas le même sentiment et je sentais bien qu’elle avait besoin d’être rassurée. De surcroît, à plusieurs reprises, elle m’a fait remonter car comme un aimant je suis attiré par la profondeur ! A un moment, j’ai même pensé piquer une tête jusque sur le fond qui me tendait littéralement les bras mais le jour aurait été particulièrement mal choisi …

Nous avons donc fait demi tour plus tôt que d’habitude mais je n’en étais pas mécontent car j’avais l’impression qu’un léger courant nous portait (Ann en est convaincue) et je craignais que pour le retour, nous l’ayons forcément contre nous. De plus, je n’étais pas certain que je retrouverais notre amer dans une telle bouillasse !

Sur les derniers mètres, je n’avais plus qu’une seule idée en tête : retrouver ce foutu amer et surtout, ne pas le dépasser sans le voir ! J’ai bien remarqué que pour Ann nous l’avions dépassé et comme je ne l’avais pas vu à la descente, elle était en toute confiance … mais je me suis agrippé à mes paramètres et … Zorro est arrivéééééé.

En remontant sur le plateau, nous avons retrouvé une meilleure visibilité.

De retour au bateau, j’avais la surprise de relever le retour des grains !! Et moi qui croyais sottement que ceux-ci avaient totalement disparu de l’horizon. Mais vous pourrez toujours me rétorquer que les « Antilles sans grain » ce serait comme une « frite sans sel » … non mais, une fois !

Non avons eu la visite surprise de Erwin et de son père, Stan. Ils sont à « Sainte Anne » sur le catamaran d’un ami en l’attente de pouvoir prendre possession du voilier qui remplacera « Larwin » coulé au large du « Belize » il y a près d’un mois et demi. Nous sommes impatients de voir la nouvelle unité de 50’.

Le soir, la télévision nous faisait une fois de plus ses petits caprices en plein Koh-Lanta … à la différence des précédentes fois, nous sommes maintenant convaincus que le problème se situe au niveau du satellite et que la seule solution consiste à prendre son mal en patience.

Samedi  17.

Après la vérification quasi quotidienne de notre ancrage, j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis attelé – en apnée – au nettoyage de notre safran. Cela faisait depuis trop longtemps qu’il m’énervait de voir tous les jours, notre pelle de safran se recouvrir progressivement de mousse ! Si la coque s’auto nettoie partiellement en naviguant, il n’en va pas de même avec le safran !

Journée magnifique comme on aimerait en avoir tous les jours. Au débarcadère de « Sainte Anne », la place ne manque plus pour y amarrer son annexe … premier témoin de la désertification en cours. Pour ceux qui arrivent maintenant à la baie « Sainte Anne », il y a foule mais pour nous qui sommes arrivés fin novembre, il n’y a quasiment plus un chat …

Au ponton du « Leader Price », ce n’était pas la toute grosse affluence mais l’affluence tout de même. En passant, nous avons vu « Happy Star » qui continue inlassablement à charger des bateaux sur son pont … 63 au total ! En fait, c’est surtout les petits voiliers de la « Transquadra » qui font le nombre.

En remontant l’annexe à l’arrière du bateau, je fais tomber  à l’eau, une défense qui, bien entendu, s’éloigne à toute vitesse et voilà Ann qui saute à l’eau pour la récupérer en oubliant de retirer ses lunettes de soleil et ses lunettes de vue … par bonheur, ses lunettes ne sont pas parties par le fond ! On ne dirait pas comme cela mais pour se jeter à l’eau, elle n’hésite jamais longtemps ! En plein océan … curieux de voir si elle sauterait à nouveau.

En fin d’après-midi, « radeau de la méduse 1 »  que nous pensions être parti pour de bon, repointait son nez et s’ancrait à son ancien emplacement … joie ! Quel chance ! Quel bonheur ! Il ne manquerait plus que « radeau de la méduse 2 » se repointe à son tour pour que je tombe en dépression.

Dimanche 18.

Il  fait encore magnifique et c’est tout du bonheur mais le temps de déjeuner et l’horizon s’assombrissait d’une nuée de sauterelles (9  catamarans loués par un club quelconque … en clair, la super cata) !

Si  les premiers avaient le bon goût d’aller mouiller loin devant nous, un traînard ne trouvait rien de mieux que devenir se planter sur notre bâbord avant ! Que des jeunes qui, manifestement, n’avaient jamais mis un pied sur un bateau … pauvre skipper !

Si nous avons bien essayé de les éloigner, ce fut peine perdue … deux petits crétins s’amusant même à nous faire des grands signes « bonjour » en réponse à nos récriminations tandis que les jeunes filles étaient toutes affairées à se faire bronzer. 

Hormis ces énervantes sauterelles, plusieurs autres catamarans meublaient subitement les espaces libres du mouillage!

Conscients que nous n’aurions à les supporter qu’une nuit, nous sommes partis plonger au « Boucanier » : -22.70 m – 55’ -27°. Pour changer, nous sommes partis « épaule droite » et décidément, ce n’était plus du tout la même plongée !

Par bonheur, la visibilité sans être extraordinaire, était correcte et nous avons à nouveau vu des … gros tourteaux ! Nous étions persuadés que la saison des tourteaux était finie. Superbe plongée au cours de laquelle, nous nous sommes réellement éclatés. Et quel bonheur de remonter en surface par une mer calme et belle.

Sur le retour, nous avons pu relever que nos sauterelles étaient en migration … le super pied. Comme si un mot d’ordre avait été donné, d’autres catas pourtant fraîchement arrivés, levaient également l’ancre !

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