Publié par : Ann & Stéphane | 19 janvier 2019

01 au 15.01.2019 – Retour en Martinique.

 

Mardi  01 janvier.

Pour un « jour de l’an », nous avons été servis … bruine, pluie et grains à volonté, toute la journée. Cette baie est maudite ce n’est pas possible autrement.

La journée aurait même été franchement moche si nous n’avions pas eu un gros trafic qui m’a distrait agréablement. Parmi les pièces importantes, « Omega » (80,49 m) qui me conviendrait bien pour mes vieux jours puis en fin d’après-midi, un gros bateau à moteur dont il nous a été impossible de lire le nom (!!!)  bien qu’il soit venu planter son ancre juste sur notre arrière … et un CNB 76’ battant pavillon hollandais qui n’a rien trouvé de mieux que de venir en parallèle à nous … Ann m’a fait remarquer  que je ronchonnais nettement moins lorsqu’il s’agissait de grands bateaux ! Serais-je devenu snob avec le temps ???

Comme cela faisait déjà plusieurs jours que j’avais la nostalgie de la baie « Sainte Anne » (Martinique),  je serais bien parti le jour même comme d’autres mais devant la météo exécrable et l’heure tardive de notre réveil, le projet fut remis au lendemain.

Mercredi  02 janvier.

Avant de partir, je me suis habillé de pied en cap (pantalon et veste de ciré + bottes). Le résultat parfaitement prévisible, fut que nous n’avons pas eu une seule goutte de pluie … vous noterez que je n’ai pas osé me déshabiller avant d’être arrivé !

Réveillés à 6 heures, nous quittions le mouillage (GV à 2 ris) pour 6.30 heures … au moteur, faute de vent. Nous avons ainsi descendu toute la côte jusqu’au « canal » où nous avons trouvé un vent réel de 18 à 23 nœuds dans le secteur 60° à 70°. Autant dire que cela déménageait à +10 nœuds. Par bonheur, la mer était un peu moins agitée qu’à l’aller.

Durant toute la traversée, un essaim de sternes nous tournaient autour comme si nous étions un bateau de pêche !! Ces sales bêtes virevoltaient de si près que plus d’une fois, j’ai cru que nous allions entrer en collision. En tant que tel, il n’y aurait pas eu de mal si seulement elles ne chiaient pas à tort et à travers … Etonnamment, nous avons connu le même phénomène lors de la traversée en sens inverse.

Alors que je pensais que nous aurions à mettre le moteur une fois protégés par la côte martiniquaise, le rêve s’est poursuivi avec un vent réel de + /- 15 nœuds jusqu’à l’immense baie du « Fort de France » … à l’exception d’une mini période de 25’ de moteur.

Une fois à hauteur de la baie, ce fut une autre paire de manche avec un vent plus fort et irrégulier mais surtout, au près serré ! Cela m’a d’ailleurs obligé à prendre la barre si je souhaitais conserver une vitesse de 8 à 9 nœuds … et éviter de nous faire dépasser par un catamaran qui longeait la côte jusque là. Une fois que je l’avais vu, il n’était plus question pour moi que d’arriver de l’autre côté de la baie, avant lui.

S’il était difficile d’évaluer nos vitesses respectives puisque nous étions fort éloignés l’un de l’autre, au fur et à mesure de la traversée, le catamaran se rapprochait de « S.A.S.³ » (un cata ne sait pas remonter au vent) au point que nous nous sommes retrouvés quasiment bord à bord !

Nous étions sous son vent mais pour mon plus grand bonheur, « S.A.S.³ » est parvenu à faire la différence en sorte que notre adversaire coupait notre route loin …  sur notre arrière.

A hauteur de la « Petite Anse d’Arlet » (où il y avait foule), le vent a commencé à devenir très capricieux en sorte qu’en vue du « Diamant », nous avons affalé la GV et terminer notre navigation, au moteur. Nous étions trop pressés par le temps pour commencer à tirer des bords …

Nous sommes arrivés à notre mouillage, à 17 heures précises … ce qui nous a donné le temps de jeter l’ancre, de vérifier sa bonne tenue et de mettre de l’ordre sur le pont. Je revenais de ma petite vérification qu’un voilier jetait son ancre juste sur notre arrière !!! Un peu plus tard, c’est un catamaran qui venait ancrer sur notre avant tribord !!! On les attire comme des mouches, c’est pas possible autrement. Serions-nous, sans le savoir, une sorte « d’aimant marin » ?

Notre petit apéro a eu le don de mettre au jour, notre fatigue . C’est donc crevé, mort que je me suis mis au lit après le JT de TF1.

Jeudi 03 janvier.

Manifestement, quelqu’un a retiré ce matin, la bonde de l’évier car en un temps record, le mouillage qui m’avait semblé « bondé » la veille, est devenu beaucoup plus clairsemé. Peut-être l’approche de la fin des vacances scolaires en est il la cause. Le très bon côté de la chose est que notre horizon s’est considérablement agrandi avec le départ de quasi tous nos voisins proches. Mouais … il n’aura pas fallu longtemps avant que nos voisins soient remplacés par d’autres encore plus collants ! Mais chuuut … restons Zen ! On ne s’énerve pas, on reste tranquille, on prend la position du Lotus et on rentre en méditation … on expire lentement et à fond … et on respire  … on expire lentement et à fond … et on respire.

Je l’avais constaté quand nous étions encore à « Portsmouth » (Dominique) mais cela se confirme depuis notre retour en « Martinique » : les heures s’écoulent avec une lenteur désespérante en dehors de la baie « Sainte Anne » ou au contraire, elles filent comme l’éclair ! Notre séjour en « Dominique », bien que très agréable, m’a semblé duré toute une vie …

Vendredi 04 janvier.

Nous le savions, nous le redoutions mais il fallait en passer par là : c’était l’heure de l’entretien de notre GE (+/- 4 heures de travail). Mais avant … nous avons fait la nique au crétin qui n’avait rien trouvé de mieux que de venir la veille, mouiller son ancre le long de notre bâbord !  Le con nous avait fait croire ce matin qu’il partait en retirant son diabolo … mais c’était pour mieux le réinstaller ensuite. Grrrr.

De toute manière je n’aimais pas comment notre ancre avait croché le fond (trop en biais  et pas assez enfoncée) et je n’aimais pas non plus notre emplacement que je trouvais trop en arrière du mouillage (depuis le temps, j’ai fini par trouver mon endroit « idéal »). En conséquence, nous avons levé l’ancre et sommes allés la planter une bonne centaine de mètres devant lui. Je n’ai pas regardé sa tête mais j’espère que le message était assez clair …

Au cours de ma natation quotidienne, j’ai revu mon ami « Toto » , un barracuda d’un petit mètre qui monte de temps en temps la garde sous la coque du bateau ! Mais le plus incroyable c’est qu’il a bougé avec le bateau car je l’ai retrouvé à notre nouvel emplacement ! Il n’est pas rare que nous ayons un barracuda qui monte la garde sous la coque. Ce n’est pas propre à la « Martinique » mais plutôt au bateau !

Je n’ose pas l’écrire mais nous connaissions le beau temps en quittant la « Martinique » et nous retrouvons le beau temps en même temps que la « Martinique » … « micro climat » ?? En tous les cas, en « Dominique »,  c’est certain : il y a un « micro climat … pluvieux ».

Samedi 05 janvier.

En revenant d’avoir été faire les courses au « Marin », nous avions la désagréable surprise de constater  que « Space Between » (catamaran américain que j’exècre) était revenu de la marina du « Marin » pour jeter cette fois-ci, prudemment l’ancre bien loin derrière nous. Voilà ce que c’est les réseaux sociaux … Ann ne s’était pas gênée à l’époque, d’en dire tout le bien dont nous en pensions quand il avait planté sa barcasse juste sur notre avant tribord pour ensuite, l’y abandonner ! Je ne vous raconte pas le raffut que cela avait provoqué … il faut savoir que tous ces Américains ont créé un site propre à la baie « Sainte Anne » !

Nous avons l’affreux sentiment que « Space Between » est du genre à prendre racine à la baie « Sainte Anne » … un concurrent, en d’autres termes , pour le rôle de « bateau-phare » de la baie que nous jouons depuis trois saisons. De surcroît, mon regard peut porter dans n’importe quel azimut, je tombe toujours sur un voilier américain à un tel point que j’ai bien envie d’écrire au Président Trump pour lui demander de construire un autre mur pour éviter que ses concitoyens ne s’évadent dans les Antilles …

En allant ce matin, chez mon coiffeur, j’ai appris que je faisais dorénavant partie des « tamalous » !! Il est vrai que quand je rencontre quelqu’un de mon âge, la question qui revient habituellement, est « tu as mal où ? » … enfin, quand je parviens à entendre la question ! Articule … je n’entends pas !

Dimanche 06 janvier.

Depuis le nettoyage « mortel » de notre machine à pain, nous avons évidemment dû en changer. Meilleure recette ou meilleur appareil, Ann nous fait un pain splendide tous les deux jours depuis lors ! Fini la bonne baguette française et les couques aux raisins mais c’est bien meilleur pour notre ligne.

Nous sommes gâtés par la météo (plein soleil) ces derniers jours … même si de temps en temps, nous devons faire face à un grain. Nous en avons profité pour aller plonger (-30m – 60’ – 27°) à la « bouée du Club Med », notre spot fétiche. Même si nous avons vu langoustes, murènes et tourteaux, ces derniers se font plus rares ou surtout, plus discrets ! Non seulement, il ne faut pas avoir les yeux dans les poches mais surtout, il faut savoir chercher au bon endroit et avoir un peu de chance …

Malgré cela, nous sortons toujours la tête de l’eau plus émerveillée que la fois précédente ! Nous prenons tout notre temps pour laisser notre rétine s’imprégner de décors magnifiques en des conditions de plongée, très, très cools. Ce n’est certainement pas la Mer Rouge mais il n’empêche que cela en vaut largement le détour si vous ne partez pas avec des a priori négatifs.

Après la « pause lecture »  incontournable, je me suis contraint au changement de l’huile de notre compresseur de plongée ce qui suppose, au préalable, de le sortir de son caisson isophonique … J’en ai profité pour remplacer la cartouche du filtre.

Lundi 07 janvier.

Journée de farniente, au soleil, dans notre généreux cockpit. Que vouloir de plus ou de mieux ?? J’en ai malgré tout profité pour réparer le faux contact dans notre éclairage LED de bôme. Il était impossible de voir que le fil électrique était abîmé dans sa gaine et c’est bêtement, en voulant dénuder son extrémité, que le fil s’est cassé, révélant du même coup, sa faiblesse.  

Mardi  08 janvier.

Journée de courses au « Marin ». L’annexe était pleine … 40 litres d’huile moteur, 20 litres d’eau glycolée, 6 mètres de tuyau transparent etc. etc.

Mercredi 09 janvier.

Il fait toujours magnifique que cela en est à peine croyable … et de surcroît, le vent était faible aujourd’hui. Nous ne pouvions pas … ne pas aller plonger sur le « Petit Mur » (-27m – 40’ – 27°). Nous avons vu pas moins de six langoustes (de véritables monstres marins) à une profondeur inhabituelle que je n’indiquerai pas car je ne souhaite pas que l’information profite à des braconniers ! Je me pose pas mal de questions quant à la disparition mystérieuse de tous nos petits copains.

Malheureusement, nous avons dû écourter la plongée parce que le détendeur d’Ann prenait l’eau en lui provoquant un petit essoufflement ! J’ai eu quelques sueurs froides pour elle  …d’autant qu’elle me l’a signalé (fort tardivement) alors que nous étions assez éloignés de l’annexe !

A la mise à l’eau, nous sommes tombés sur une petite tortue qui se promenait tranquillement. Superbe.

Jeudi 10 janvier.

Nouvelle journée de farniente. Dans le tréfonds, je serais assez tenté par une petite navigation jusqu’à « Marigot Bay » (Sainte Lucie) et retour, le surlendemain mais j’ai trop peur de perdre notre excellente place au mouillage ! Assez étonnamment, nous sommes ceinturés à distance parfaite, par d’autres bateau-phare (!) qui font en quelque sorte « barrière » contre d’autres intrus mais, bien entendu, la « barrière » pourrait très bien ne plus être étanche…

Le seul petit bémol c’est qu’avec un vent faible de SSE, le mouillage a une légère tendance à être rouleur.

Vendredi 11 janvier.

On roule toujours mais cela reste très « acceptable » même si nous serons heureux quand cela prendra fin lorsque le vent tournera plus E … ce qui est prévu pour la fin de journée. Le ciel est également plus couvert et ce matin, nous avons même eu droit à une grosse drache.

Pour le surplus, les « crampons » sont toujours aussi nombreux autour de nous et nous avons même un nouveau crétin venu nous barrer notre horizon sur l’avant. Il faut reconnaître qu’il est plus facile de venir se coller comme une sangsue à un bateau déjà mouillé que de jeter l’ancre au milieu d’une immensité aquatique. Par contre, nous avons « G Force » (32.90m), ex « Gitana », maxi multicoque ayant participé au Trophée Jules Verne et reconditionné pour le charter en 2014, qui est venu mouiller juste derrière nous. Je le trouve splendide et sa présence est très agréable.

Le soir, je me suis laissé prendre par une série policière (Chérif) sur TF1 et j’ai été me coucher à près de 2 heures du matin ! Oh !

Samedi 12 janvier.

Alors que le bateau a roulé durant toute la nuit, ce matin, après encore quelques hésitations, le vent a finalement tourné plein E et enfin, nous avons cessé de rouler. Ouf.

Alors que nous étions dans le cockpit à partager notre temps entre lecture et « conciergerie », l’un de nos « crampons » s’est littéralement volatilisé sous nos yeux ! Incroyable … il était là et puis tout d’un coup … pffft plus de bateau !!! Nous ne l’avons pas vu préparer son départ, nous ne l’avons pas entendu remonter son ancre, nous ne l’avons pas vu passer devant le bateau pas plus que nous ne l’avons vu s’éloigner … pffft !

Dimanche 13 janvier.

Il faisait toujours magnifique (ce qui est inhabituel pour la saison) malgré un vent un peu plus soutenu que la veille. Pas question donc de nous dérober à notre plongée dominicale même si à chaque fois se pose la question de savoir si on ne préférerait pas continuer à se laisser absorber par son bouquin …

Nous avons été plonger à la « bouée du Club Med » parce qu’il y fait toujours plus calme et que si Ann devait encore avoir un problème avec son détendeur, nous y serions plus à l’aise.

Ce fut LA plongée à ne pas manquer (mouais, on pourrait dire cela de toutes nos plongées …) : -20 m – 61’ – 27° avec langouste, tourteau, murènes et … poulpe !  Il était splendide, posé sur le sol à côté d’un bloc de corail comme s’il en faisait partie à tel point que j’ai bien failli m’y laisser prendre ! Malheureusement, ces animaux sont cardiaques et jouer avec eux n’est certainement pas quelque chose à faire.  Nous l’avons revu au retour de plongée … toujours au même endroit, preuve que nous ne l’avions pas trop dérangé.

Même si sa rencontre n’est pas exceptionnelle, on voit peu de murènes javanaises … à moins qu’elles se cachent mieux que les petites murènes tachetées. Celle-ci  est sortie de +/- 50 cm après le passage d’Ann au-dessus de son trou au point que je me suis demandé si elle voulait l’attaquer !  Elle était superbe et gardait étonnamment la gueule fermée. Elle est ensuite redescendue tranquillement dans son trou et elle a disparu à ma vue !

Lundi 14 janvier.

« Isadora » qui nous barrait stupidement l’horizon sur notre tribord avant, est enfin parti ce matin. Bon débarras. La météo est  … il est peut-être mal venu d’en parler, cela porte malheur … mais c’est le paradis sur terre ! Avec tout cela, je n’ai plus très envie de mettre les voiles et d’aller voir ailleurs …

Mardi 15 janvier.

Ayant découvert que le tuyau MP (moyenne pression) de ma stab de plongée était fort endommagé à l’endroit de son sertissage, nous nous sommes résolus à louer une voiture pour nous rendre au magasin de plongée « Madinina » situé à l’intérieur des terres. Nous avions bien essayé, la veille, le magasin de pêche/plongée du « Marin » mais leur «« expert plongée »» avait vite décrété qu’il ne pouvait rien faire après nous avoir soutenu le contraire, au téléphone …

Nous en avons profité pour acheter à Ann, le tout dernier modèle de l’ordinateur de plongée d’Uwatec (le G2) en remplacement de son Smart Com déclaré « irréparable ». Je regretterai ce bon Smart Com car il permettait de modifier aisément son niveau de sécurité (augmentation des paliers obligatoires) et ainsi de provoquer quelques surprises auprès de mes élèves qui avaient l’imprudence de ne pas me demander si je n’avais pas de palier obligatoire avant de sortir la tête de l’eau …

Le centre commercial « Genipa » étant sur le chemin, nous nous y sommes évidemment arrêtés pour faire des courses.

Le soir, nous recevions à l’apéro, le double équipage de « Louise » (72’) mouillé un peu plus loin sur notre arrière. Le voilier était arrivé la veille alors qu’il faisait déjà nuit et nous avions été très surpris par la présence totalement inhabituelle, de feux de navigation supplémentaires à l’extrémité des barres de flèches du premier étage !!!

Le propriétaire de « Louise », absent, est un ami d’enfance d’Ann. En fait de « double » équipage, il s’agit de l’ancien équipage qui quitte le bateau à la fin de la semaine et le nouvel équipage qui se familiarise doucement avec sa nouvelle unité.

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Responses

  1. Super article ! bravo à toi c’est instructif et donne envie bravvoooooo 🙂


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