Publié par : Ann & Stéphane | 13 décembre 2018

29.11. au 10.12.2018 – La vie en Martinique.

 

Jeudi 29 novembre.

Quand nous sommes arrivés hier soir en Martinique, à la « baie Sainte Anne », Ann trouvait qu’il y faisait plus humide qu’à « Bequia » (Saint Vincent) ! Si je n’ai pas eu le même ressenti, force m’est de relever que nous avons subi deux ou trois averses durant la nuit ! Je n’ai pas non plus, passé  une excellente nuit comme nous en avons connues à « Bequia ». Bref, nous repartons vers le Sud …

Cela ne risque pas d’arriver … pour l’instant du moins. « Bequia » est certes charmant mais nous n’y passerions pas plus de quelques jours pour de multiples raisons dont une trop grande promiscuité entre les bateaux : on mange carrément dans le cockpit du voisin.

C’est notre troisième saison consécutive à la « baie Sainte Anne » et comme à chaque fois, c’est différent, nous sommes curieux de savoir ce que cette saison nous réserve. Même si déjà (!!), nous avons abandonné notre programme de nous rendre aux « Iles Vierges » qui nous paraissent trop éloignées (+/- 350 NM), j’ai le sentiment diffus que nous bougerons un peu plus cette année mais laissons agir la magie de l’endroit et il me faudra sans doute couper les racines qui ne manqueront pas de pousser sous la coque …

Enfin et c’est cela l’extrême beauté de la chose, nous pouvons changer d’avis quand et comme bon nous semble. Ce n’est en tous les cas, pas aujourd’hui, que nous allons programmer quoi que ce soit alors que nous n’avons envie que de farniente.

Si en arrivant, nous avons eu l’impression que le mouillage était bondé, la forêt de mâts était en fait, fort clairsemée et c’est sans difficultés que nous avons trouvé une place bien dégagée sur un fond de sable et d’herbe (-5 m), un peu à l’écart des autres bateaux. Reste maintenant à savoir combien de temps nous pourrons préserver cette merveilleuse intimité.

Vendredi 30 novembre.

Partout où le regard se porte, dans la ligne de mire apparaît un pavillon américain ! La saison passée c’était des Canadiens. Ici et là, on retrouve également un « habitué » des lieux qui comme nous, a élu domicile en cette île enchanteresse. Mais, en tout état de cause, ce n’est pas encore la grande foule.

Journée de courses où nous avons couru d’un point à l’autre. A la marina du « Marin », nous avons été dire bonjour à Christian de « Taha Tiva » chez qui nous avons pris l’apéro. Christian est ici jusqu’au 6 décembre, après quoi il repart en France pour n’en revenir avec Martine que fin janvier.

Tout le monde sait que « le mieux est l’ennemi du bien ». Comme j’avais fait le reproche à Ann d’avoir abandonné la pratique de faire du pain à bord, elle s’y était remise. Trouvant que la machine à pain méritait un bon nettoyage, nous nous y sommes mis à deux et en finale, elle avait bien plus bel allure … sauf qu’elle était définitivement HS !  Nous pensons qu’un peu d’eau s’est mis dans les circuits électriques lorsque nous avons retourné la machine dans nos opérations de nettoyage.

Samedi 01 décembre.

Bien que réveillé à 7 heures du matin (je déteste me lever tôt car les journées sont en ces conditions, trop longues …), je suis malgré tout parvenu à ne quitter notre lit que pour 11.30 heures ! Un exploit indispensable à mon équilibre psychique quelque peu vacillant ces derniers temps : Ann dit de moi que je suis un éternel insatisfait et je finis par me dire qu’elle a sans doute raison.

Journée très tranquille avec une météo assez clémente surtout en milieu d’après-midi quand le vent s’estompe.

Dimanche 02 décembre.

A 9 heures du matin, Fred qui n’est autre que le cousin de Marco qui lui-même est le neveu de Pierre et Chantal, les parents du petit Gauthier qui va à la même école que le fils de la concierge de l’immeuble de Sylvie qui a autrefois, été très intime avec Jean que Frédéric a longtemps considéré comme son meilleur ami avant d’épouser sa femme qui tous les samedis, coiffait la grand-mère d’Emmanuel  … que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam, toquait à notre coque !

Rien de surprenant puisque nous l’attendions avec l’espoir qu’il aurait un gabarit suffisamment petit et mince pour atteindre notre pompe de douche défectueuse. Une liane … une vraie liane qui est parvenu à se glisser par le « regard » de l’armoire à cirés jusque dans les entrailles du bateau. Si la position était des plus inconfortable, Fred est malgré tout parvenu à réaliser un travail très propre. Quand je pense que j’étais prêt à démonter toute l’armoire à cirés pour lui donner un plus grand accès …

Après son passage, nous avons été plonger (-20.30m – 60’ – 28°) à la bouée du « Club Med ». Très chouette plongée malgré une visibilité qui ne cassait rien. Les fonds sont toujours aussi beaux et l’absence de tout courant, rend la plongée très aisée. Une excellente remise en condition qui a démontré combien on perd vite de bonnes habitudes : nous sommes partis en oubliant GSM et VHF !

Lundi 03 décembre.

Alors que je suis en pleine « martiniquisation » (pour preuve … ma superbe peau blanche laiteuse fait place de jour en jour, à une peau dorée sur tranche du plus vilain effet), j’ai été surpris la tête pleine de shampoing par l’alarme de la pompe de douche qui beuglait à vous faire pêter les tympans !!!

La « martiniquisation » est un phénomène lent, évolutif, le plus souvent irréversible, qui empêche ses victimes de toute pensée déviante en faveur d’autres horizons. Comme l’indique son nom, il nous vient de Martinique où les locaux ne le connaissent que trop bien. Le virus affecte par priorité, les personnes déjà atteintes de farniente aigue. A ce jour, aucun vaccin n’est parvenu à prévenir cette affection. 

Après avoir terminé ma douche dans la salle d’eau de devant, je rejoins Ann en train de vider avec une éponge, le bac récupérateur d’eau dans lequel la pompe de cale est plongée. En plaçant la commande sur « marche forcée », la pompe évacue toute l’eau ! Le seul déclenchement de l’alarme est à lui seul, anormal et signifie donc que le problème persiste même si la nouvelle pompe fonctionne correctement.

Nous n’avons pas trop de temps pour nous poser plus de questions car nous sommes attendus au chantier du « Marin » à 9 heures, pour changer notre chaîne d’ancre.

Sur place, un comité d’accueil nous attendait pour prendre nos amarres et nous faciliter les manœuvres dans la plus grande des deux darses, totalement libérée à notre intention. C’était à celui qui serait le plus rapide pour nous venir en aide.  A peine en place, une superbe hôtesse nous apportait un rafraîchissement de bienvenue avec un sourire à faire fondre un iceberg. Comme je sais que vous aimez rêver autant ne pas vous gaver de détails certes piquants mais à l’opposé de ce tableau idyllique.

Le changement de chaîne s’est réalisé non sans que l’ancienne ou la nouvelle chaîne ne se bloque ici ou là mais le plus important était l’extrême bonne humeur qui m’avait assailli et qui devait son origine au petit orchestre qui s’était rassemblé près du bateau, pour donner à toute l’opération, un petit air de joie.

Revenus à la « baie Sainte Anne », en croisant nos copains de « Relax », nous sommes accueillis par un grain avec plus de 30 nœuds de vent !! Mais qu’est ce que je peux raconter parfois comme bêtises … il faisait superbe et nous fûmes accueillis par une douce brise avec comme toile de fond, un ciel bleu lavande du plus bel effet. Voilà … c’est mieux … continuez de rêver et de prendre vos rêves pour une réalité.

Mardi 04 décembre.

En fin de matinée, nous assistions à l’arrivée, dans l’indifférence générale, de « Amalia » le nouveau catamaran en carbone de Sylvie et Alexis, parti 16 jours plus tôt de « Lanzarote » (Canaries).

Que vous veniez de la marina toute proche ou de réaliser une traversée de l’Atlantique, l’accueil sera toujours le même à défaut – notamment – de pouvoir discerner au premier coup d’œil, d’où vous venez. C’est aussi le propre de ces lieux de tous les rendez-vous où se côtoient les circumnavigateurs, le plaisancier qui n’en revient toujours pas d’avoir traversé l’Atlantique, le plaisancier plus aventureux qui revient des Antilles néerlandaises ou de toute autre destination plus lointaine…  avec Monsieur tout le monde qui a loué son catamaran pour la semaine.

Par manque de chance, la Martinique ne se révèle pas sous son meilleur jour avec un temps gris, un ciel bas, une pluie intermittente et pour couronner le tout, un vent tellement faible que les bateaux roulent et tournent dans tous les sens. C’est aussi cela la Martinique …

Mercredi 05 décembre.

Cela devait être notre « journée courses » par excellence mais en finale, notre butin s’est révélé bien maigre car de nombreux magasins du « Marin » étaient fermés ! Aucun horaire affiché, aucune explication donnée voire en le cas de la boulangerie, un horaire fantaisiste ! Il semblerait que le mercredi soit considéré par beaucoup, comme un jour férié officieux. On est dans les îles et ici, tout prend une consonance bien différente de la métropole. Ann devait aller à la poste de « Sainte Anne ». La première fois, l’horaire affiché ne correspondait nullement à celui renseigné sur internet et la seconde fois, un petit écriteau renseignait que la préposée était partie faire une course …

Il reste – grâce au ciel – des grandes enseignes qui conservent une approche beaucoup plus commerciale  et plus … traditionnelle.

Pour nous consoler, nous avons décidé de nous taper un petit resto typiquement « local ». Nous avons été déçus par les hamburgers du « MacDo » qui n’ont pas la même saveur qu’en Métropole … et impossible d’avoir de la mayonnaise avec ses frites : une honte !

Bref, si notre tournée des Grands Ducs n’a pas tourné au cauchemar, nous sommes rentrés un peu estomaqués : notre liste de courses longue comme le bras, ne risque pas de se réduire …

Jeudi 06 décembre.

Pour le moment, le mouillage est encore idéale car il n’y a que quelques centaines de bateaux … on nous fout donc royalement la paix. Mais … cela peut vite se modifier et nous restons sur nos gardes. Nous avons décidé que je ferais les quarts de veille de 20 heures jusque 1 heure du matin et Ann de 1 heure du matin jusque 6 heures.

Comme nous sommes toujours emplis de bonnes résolutions en début de saison, nous avons opté pour plonger deux fois par semaine soit en milieu et fin de semaine. C’était donc LE jour mais encore un peu nous n’allions pas plonger car nous avons traîné un peu plus que de raison.

Pour ne pas perturber nos organismes, nous avons été plonger (-30.30 m – 54’ – 28°) à la bouée du « club Med » mais en partant sur la droite, cette fois. Ben oui … de notre amer situé à -20m., on peut partir sur la droite ou sur la gauche et ce sont deux plongées totalement différentes qui s’offrent à nous.

Indiscutablement c’est Ann qui avait le « bon œil » en découvrant tourteau, langouste et murène. Pour ma part, je me suis échiné les yeux sur de superbes coraux et … un barracuda à -30m. Superbe ligne mais très sale gueule.

En remontant sur notre annexe, nous assistions à l’arrivée de deux bateaux de plongée, il était 14. 40 heures ! En général, nous sommes déjà repartis avant qu’ils n’arrivent.

Vendredi 07 décembre.

Je n’avais réellement aucune envie de faire des courses, pas plus que de mettre l’annexe à l’eau. Ce fut donc une longue et bien belle journée de farniente … enfin, c’est ce que j’avais annoncé parce que n’y tenant déjà plus, je me suis attelé après un 100m brasse quotidien, la douche, le petit déjeuner et le gonflage d’une bouteille, au démontage de notre penderie à cirés !

Nous avions donc décidé de changer après la pompe … le flotteur. De surcroît, je n’étais pas satisfait du positionnement de la nouvelle pompe (le filtre était depuis lors, tout de travers)  et le bac récupérateur d’eau laissait fuiter l’eau.

La penderie démontée, Fred injoignable, il ne m’en fallait pas plus pour tenter de résoudre le problème par moi-même ! Joignant le geste à la parole, la tête en bas dans une position assez inconfortable, je suis parvenu à mes fins : « on n’est jamais mieux servi que par soi-même ».

Samedi 08 décembre.

La journée avait commencé agréablement avec l’alarme de douche qui me confirma que le problème ne venait pas du flotteur. Joie.

En soirée, je pensais m’attaquer au remplacement de la commande au tableau, de la pompe de douche jusqu’au moment où je comprenais que toutes mes pièces détachées étaient à deux positions et qu’il m’en fallait une à trois positions … Joie.

En finale, j’ai démonté en partie, la commande suspecte et je lui ai injecté entre les nasaux, un spray pour contacts électroniques (le WD40 est très vivement déconseillé en matière d’électronique).

Si nous avions pensé faire des courses … très rapidement, nous étions à l’unisson pour opter pour une journée de grand farniente.  Confortablement installés dans notre cockpit, nous avons lu jusqu’à la tombée du jour.

Dimanche 09 décembre.

Journée venteuse comme toutes les autres, nous avons bénéficié d’un beau et large soleil qui nous a confortés en notre envie d’aller plonger à la bouée du « club Med » ( -30.30 m – 60’ – 28°). Superbe plongée, toute en douceur et en merveilles diverses. Un moment donné, Ann a débusqué dans son trou, ce que nous pensions être un gentil poulpe sauf qu’après avoir tenté de faire sortir l’animal de sa cachette … il s’agissait d’une petite murène de fort méchante humeur !

Nous avons vu trois langoustes dans les -15m. L’animal est très coloré et il s’agit d’un merveilleux spectacle de pouvoir le contempler en son milieu naturel. Dommage qu’il aie la chaire si fine …

Comme en Belgique, une plongée occupe toute une journée sans problème sauf qu’ici la « troisième mi-temps » est remplacée par une « pause lecture » des plus agréable d’autant que le vent a tendance à s’estomper en cours d’après-midi.

Lundi 10 décembre.

Comme pour ne pas changer, c’est l’alarme de la pompe de douche qui nous a sortis du lit. Nous ne sommes plus loin de faire des neuvaines pour que le problème trouve solution avant que nos nerfs ne craquent définitivement et que nous ne finissions par hurler plus fort que l’alarme …

Sur les judicieux conseils de Patrick Marie, le concepteur de l’électricité du bateau, nous avons changé un relais dont nous ignorions jusque là l’existence et en cette occasion, de découvrir que le relais du groupe hydrophore, était en train de griller gentiment !!!

Après cette grande victoire sur l’adversité, nous avons décidé de profiter pleinement de la vie … en farnientant à bord.

Un  peu avant le coucher du soleil, un crétin de catamaran de location venait jeter l’ancre plus proche de notre bateau que de raison. Il est à craindre que d’ici quelques semaines, d’autres  crétins ne manqueront pas de jeter l’ancre encore beaucoup plus près …

 

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Responses

  1. sainte Anne, comme si on y était… les emmer… quotidiennes, comme si on y était, la promiscuité, comme si…mais je l’ai déjà dit. Hormis la température, on s’y sent presque 😉 merci de nous narrer la Vie sur l’eau, chers Stéphane et Ann. Profitez bien. Bises, affectueusement B and B


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