Publié par : Ann & Stéphane | 3 décembre 2018

23 au 28.11.2018: remontée sur la Martinique au départ de Trinidad: 249 NM.

 

Vendredi 23 novembre.

Comme nous partions pour Bequia (Saint Vincent) en début d’après-midi … il nous fallait donc en passer par les formalités d’immigration et de douane. Une réelle épreuve pour tout qui n’en est jamais passé par là  car le système est tatillon et totalement obsolète avec l’utilisation intensive du carbone bleu pour les doubles et les triples exemplaires ! Et à la question habituelle : « A quelle heure partez-vous ? » … si vous avez le malheur de répondre qu’en fait, vous partez tôt le lendemain matin, vous serez contraint de repasser le lendemain matin avant de partir, pour réaliser vos formalités !! Tous les novices se font systématiquement avoir …

Pendant ce temps là, Kirby mettait le petit coup de chiffon là où c’était encore nécessaire.

Nous avons quitté notre emplacement à 13.45 heures avec le sentiment que cette fois, nous avions vérifié tout ce qui devait être vérifié. Direction … le ponton fuel de « Power Boat » où nous avons tanqué 660 litres de diesel à 0,90 €/l. Cela nous a pris une petite heure. Après quoi, nous nous sommes dirigés vers la haute mer et en cours de route, nous avons hissé la GV.

J’avais tout vérifié sauf cela … un véritable plat de spaghettis à hauteur des drisses, des lazys et de la bastaque !!! J’ai vu avec horreur le moment où il me faudrait monter dans le mât auquel cas nous aurions rebroussé chemin …

Finalement c’était surtout la bastaque qui était emberlificotée et du pont, j’ai pu résoudre le problème.

Au moteur et deux ris dans la GV, nous avons pris la tête d’un mini convoi de trois bateaux, en nous heurtant les premiers, à un vent de face (17 à 21 nœuds de vent réel)  et à des vagues bien creuses.

A bord, c’était l’horreur … le bateau se transformait régulièrement en sous-marin tandis que je désespérais de préserver le moindre centimètre carré de mon anatomie, au sec ! Quand le bateau dressait son étrave sur le dessus de la vague pour mieux tomber dans le vide, c’était même impressionnant. Et je ne vous parle pas du moteur qui faisait de drôles de bruit quand l’hélice tournait à vide … et tout cela alors que la mer présentait un visage plutôt sympathique !!

Quand nous avons enfin pu avoir un angle d’attaque au vent qui permettait de mettre la toile, nous avons coupé le moteur et ce fut un bonheur de douceur et de tranquillité.

Il nous fallait malgré tout poursuivre notre route au près serré pendant encore une trentaine de milles avant d’atteindre la dernière plate-forme pétrolière et de pouvoir de là, abattre vers la pointe extrême SO de Grenade. Pourquoi, ce crochet ? Tout simplement parce que la plupart des attaques de pirates ont eu lieu à hauteur des plates-formes de forage.

Si fin mai, il y avait foule sur l’eau … ce vendredi de novembre, c’était le quasi désert hormis deux pêcheurs près des côtes de Trinidad et un autre, près des plates-formes. Quatre ou cinq cargos sur toute la traversée. Maigre bilan.

Si du côté des pirates, nous n’avions, semble-t-il, rien à craindre … c’est laisser la dernière plate-forme sur notre bâbord qui nous a posé question en raison du courant et d’un vent que nous ne pouvions serrer davantage.

Ayant une énorme confiance en mes qualités de marin … Ann s’était mise dans la tête de forcer le passage, au moteur. Grand mal lui en a pris puisque nous avons eu droit immédiatement à une « alerte, niveau de refroidissement ». Elle s’est donc esquintée, à la gîte,  à vouloir apporter l’ajout de liquide nécessaire pour ensuite ne plus se rappeler où elle avait posé le bouchon du réservoir … ambiance des grandes nuits, à bord !

Sur ces entre-faits, « S.A.S.³», toujours sous pilote automatique,  laissait tranquillement la plate-forme sur son bâbord, à une distance raisonnable d’environ 2 milles …

Evidemment, dès que nous avons pu abattre en grand, le confort s’est est ressenti en conséquence d’autant que le vent était maintenant conforme aux prévisions à savoir entre 10 et 15 nœuds et que Madame la Lune illuminait la mer de tous ses feux.

Samedi 24 novembre.

Contrairement à mes prévisions, nous avons été plus rapides cette année que l’année dernière à la même époque puisqu’il était 3 heures du matin contre 5.30 heures, lorsque nous avons doublé la pointe SO de Grenade !!

Nous avons remonté Grenade, au moteur, sur une mer aussi lisse que vide. Ensuite, nous avons traversé les Grenadines par un tout grand beau temps avec un vent réel oscillant entre 14 et 18 nœuds. Nous en avons profité pour lâcher un ris. Ce n’est qu’à partir de là que nous avons commencé à rencontrer d’autres bateaux.

Nous n’en avons malheureusement pas beaucoup profité tant nous étions crevés : nous ne sommes pas parvenus à trouver le sommeil durant notre traversée nocturne.

Nous sommes arrivés au mouillage de « Bequia » pour 15 heures. Le nombre de bateaux déjà présents, était impressionnant  et nous avons eu du mal à trouver une bouée : elles ont été toutes regroupées sur un fond de -5m situé bien plus près du hameau !

Le temps de mettre un peu d’ordre à l’intérieur, d’enlever le sel ici et là et nous étions ceinturés de catamarans de location … bonjour l’intimité !

Nous nous sommes donnés la nuit pour déterminer si on restait à « Bequia » quelques jours avec une possible plongée avec le club local ou si au contraire, on poursuivait notre voyage vers la Martinique.

Dimanche 25 novembre.

En nous réveillant ce matin après une merveilleuse nuit, nous avions l’impression de débuter nos longues vacances … le méga pied !

Nous avions prévu une paisible journée de farniente … alors qu’il était passé 18 heures lorsqu’enfin, je fermais mon atelier. Si nous avions cru que cette saison se présentait – exceptionnellement – sous les meilleures auspices avec tout qui fonctionnait parfaitement, nous avons totalement déchanté !

Cela a d’abord commencé par notre pavillon national qui s’était fait la malle au petit matin, sans que l’on comprenne comment et alors qu’il avait tenu jusque là ! Par chance, une garcette de sécurité a évité son naufrage.

Cela a continué par l’alarme stridente de la pompe de douche arrière. Je vous passe les détails et les énervements ainsi que le fastidieux travail de diagnostique mais la pompe doit être changée. Par bonheur ou plutôt par prévoyance, nous en avons une de rechange … au détail près que celle qu’il faut changer est inaccessible pour une personne de mon gabarit ! Nous devrons donc attendre d’arriver en Martinique et d’ici là, notre salle de bain arrière est inutilisable. Joie.

Par acquit de conscience, je vérifie le niveau d’huile du moteur principal … la jauge est totalement à sec !!!  Nous avons rajouté près de deux litres d’huile … 4.400 € payés à « LP Marine » de Trinidad pour un grand entretien ! Une honte.

Comme nous avons connu pas moins de deux autres « Alerte niveau liquide de refroidissement » durant notre navigation sur « Bequia » (!!), nous vérifions la présence d’une éventuelle fuite de coolant … pour découvrir cette fois, une fuite d’eau irréparable à hauteur du boiler d’eau chaude ! Le boiler a été acheté en mai en Martinique et placé par « Dynamite Marine Ltd » à Trinidad. Nous en avons changé parce que l’ancien boiler avait une fuite d’eau irréparable due à la corrosion à hauteur de son culot … 

Nous devions payer notre mouillage à « Blue Sky » (VHF 68)  (60 EC$/jour – précisons qu’ayant trouvé cela trop cher, il a diminué son tarif à 50 EC$ …) ainsi que les droits de douane (133 EC$) et d’immigration (35 EC$) mais l’ATM local était « momentanément hors d’usage » ! Comme nous comptions en finale, rester quelques jours sur place, nous nous sommes contraints à réaliser nos formalités d’entrée et de sortie (possible sur certaines îles) . Si nous n’avions passé qu’une seule nuit, nous nous en serions abstenus.

Alors que j’étais en train de me demander très sérieusement s’il n’était pas temps de nous séparer de notre bateau, nous avons eu la visite surprise de Carmen & Ralph de « Relax » dont nous avions fait la connaissance en Indonésie. Nous avons même été plonger avec Carmen à « Gili Air ». Le monde est décidément bien petit …

Lundi 26 novembre.

La banque étant ouverte … nous avons pu nous approvisionner en monnaie locale, le XCD ou EC$ ou Dollar des Caraïbes Orientales,  (division par 3 pour obtenir des €)  valable dans toutes les îles anglaises des Caraïbes.

Nous avons pris nos renseignements auprès des deux centres de plongée situés juste en face de notre mouillage et les informations reçues n’ont pas manqué de nous surprendre. Heures de départ: 9 h – 11.30 h et 14.30 h. pour les deux clubs. Par contre, si « Dive Bequia » demande 75 US$/plongée … « Dive Adventures » demande 70 US$/plongée (60 US$ parce que nous avions notre propre matériel).

Sans être radins, nous trouvions tout cela quand même fort onéreux pour UNE plongée alors que nous plongeons gratis et à satiété en Martinique ! Une plongée en carrière coûte de 4 à 6 € … évidemment, il faut se taper au départ de Bruxelles, de une à une heure et demi de route + retour et le gonflage de sa bouteille.

Mardi 27 novembre.

Comme par enchantement, ce matin, le mouillage a été déserté en masse en sorte que tous nos voisins avaient disparu !

Partant du principe que nous aimons plonger partout où nous allons, nous avons réservé la plongée de 11.30 heures auprès de « Dive Adventures ». Comme nous l’avions déjà constaté, il n’y a jamais foule en sorte que nous étions quatre à bord : le skipper (pas du genre très rigolo), notre guide (un beau grand jeune local), Ann et votre serviteur.

Nous ne sommes pas allés bien loin … sur l’éperon rocheux juste en face. Nous n’étions plus dans la baie mais pas encore dans le « canal ».

Nous nous équipons sans problème et nous nous mettons à l’eau par une bascule arrière. Rien de bien extraordinaire sauf que je constate que mon masque prend l’eau ! Je préfère donc remonter en surface pour régler le problème. Gentil mais éminemment vexant, notre guide se rapproche de moi et me tient comme on le fait avec un débutant …

La tête une nouvelle fois sous l’eau … mon masque reprend l’eau alors que notre guide me tire vers le fond comme avec un débutant qui ne sait pas descendre !! La super gêne, la honte.

Je refais malgré tout surface car il est plus facile de régler la question hors de l’eau que par un vidage de masque sous l’eau. C’est à ce moment là que mon guide constate que le verre de mon masque s’est largement déboîté de son support … c’était sans espoir.

J’ignore si notre guide a compris par la suite, que je n’étais pas exactement un débutant (Il s’agissait de 1.001è plongée … je m’étais arrangé pour célébrer ma 1.000è plongée avec les membres de mon club de Waterloo) mais lorsque nous avons atteint l’épave du remorqueur, il n’a pas fait de problème à ce que j’explore seul son intérieur particulièrement encombré de tuyaux et de machineries … une vraie caverne d’Ali Baba.

Si j’avais su que Ann lui avait demandé l’autorisation de pénétrer dans l’épave, je me serais autorisé une visite plus en profondeur mais je l’ignorais !! En fait, je regardais l’intérieur par la baille lorsque j’ai senti qu’Ann me poussait à y entrer et comme il ne faut jamais me le dire deux fois …

Ce fut une très belle plongée (- 17.60 m – 60’ – 28°) avec pour commencer un tombant incliné à la faune et flore très riches. Ensuite, une vaste prairie avec l’épave d’un vieux voilier (sans intérêt)  et pour terminer, celle d’un remorqueur où nous attendait, en surface,  le bateau de plongée.

A noter, la présence d’un courant certes pas violent mais quand il faut palmer à contre sens …

Mercredi 28 novembre.

Quand nous nous sommes dégagés de la bouée, il était 6.15 heures du matin et une quinzaine de bateaux avait déjà quitté notre mouillage pour remonter vers le Nord ! Quelques heures plus tard, alors que nous les avions tous remontés, il n’y avait plus un seul bateau sur notre horizon arrière sans que l’on sache très bien où ils étaient tous partis.

Au départ de  « Bequia », nous sommes partis sur les chapeaux de roue (+ 10 nœuds) avec un vent réel de 21 nœuds à 45°. Mais nous étions encore dans le « canal » que le vent retombait à 12 à 15 nœuds mais surtout, tournait beaucoup trop au NE en sorte que nous l’avions sur le pif !

Par la suite, nous n’avons jamais manqué la moindre occasion de marcher à la voile mais soit le vent était trop faible, soit sa direction était trop mauvaise. En bref, nous avons fait du moteur et encore, du moteur : assommant. Nous étions super crevés lorsque nous sommes arrivés à destination.

Au Sud de « Sainte Lucie », nous avons subi notre premier grain de la saison. Pas trop terrible mais toujours aussi désagréable. Par bonheur, nous n’en avons connu qu’un seul.

Au vu de la tournure des événements et comme le bateau marchait très bien (près de 10 nœuds à 1.880 tours), nous avons décidé en cours de route de poursuivre jusqu’en Martinique (92 NM). Nous avons atteint la « baie Saint Anne » qu’il était 17.15 heures. Nous avons eu juste le temps de jeter l’ancre, d’aller vérifier sa tenue (fond de sable et d’herbe) et de faire un brin de remise en ordre sur le pont avant que la nuit ne tombe.

Pour nous, les « vraies » vacances commençaient .

 

 

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