Publié par : Ann & Stéphane | 28 novembre 2018

18 au 22.11.2018: la vie au chantier Peake de Trinidad

 

Dimanche 18 novembre.

Comme nous sommes arrivés à 2 heures du matin … nous avons passé le plus clair de notre temps, en chambre. Le chantier Peake dispose d’une dizaine de chambres rustiques et un peu branlantes mais très agréables. Le restant de la journée, nous nous sommes faits dévorés par les moustiques ! Il faut reconnaître qu’avec nos tronches d’aspirine et nos taux en vitamine D très bas, nous sommes des garde-mangers ambulants pour ces sales bêtes. Encore une chance, qu’en chambre avec notre air conditionné, nous sommes hors d’atteinte.

Question restauration, nous avons pris une carte de fidélité au restaurant « Le Zanzibar of Sea » situé juste au-dessus des chambres. Le menu, dans son ensemble, est déprimant tant il est peu conforme à nos goûts d’Européens et les quantités sont toujours monstrueuses mais c’est la formule la plus simple car elle nous évite d’avoir à aller très loin.

Nous avions bien pensé essayer le restaurant du chantier « Power Boat » situé tout à côté mais lors du dernier tremblement de terre d’août (!!), les murs se sont fissurés et l’immeuble a dû être détruit. Frissons dans le dos, a posteriori …

Lundi 19 novembre.

Nous avons fait le tour de l’horloge sans la moindre difficulté malgré le décalage horaire (- 5 heures).

A chaque fois que nous passons le pas de la porte de notre chambre, nous sommes assommés par la chaleur moite et étouffante. Le mieux serait sortir entre 6 et 8 heures du matin ce qui ne correspond pas à nos horaires habituels et après 17 heures si nous n’avions pas tant peur des moustiques …

Notre visite du bateau de ce matin, bien qu’encore sommaire, s’est révélée très encourageante, Mark de « Dynamite Marine Ltd. » ayant parfaitement réalisé son travail de surveillance, de gestion des travaux et de maintenance. Nous vous le recommandons très chaleureusement.

Comme chaque année, c’est un petit travail que je me réserve, j’ai changé 5 anodes sur 8 tout en restant convaincu  que ce n’était pas absolument nécessaire mais toujours plus prudent avec un voilier en aluminium.

A l’intérieur du bateau et malgré l’air conditionné, il fait très vite mourant de chaud ! Cet appareil d’air conditionné loué à Mark, nous évite toute moisissure ou condensation indésirable durant notre longue absence. C’est la seconde année que nous le testons et le résultat est incroyable … beaucoup mieux qu’un simple déshumidificateur.

Mardi 20 novembre.

C’est aujourd’hui la mise à l’eau du bateau et comme un fait exprès, il s’est mis à pleuvoir durant toute la durée de la manœuvre alors que d’une manière générale, il n’a presque pas plu depuis notre arrivée !!

Pour une fois, le chantier avait correctement respecté un temps de séchage d’un mois (!!!) avant de déplacer les nombreuses pattes de soutènement du bateau. Nous avons constaté avec l’expérience qu’il fallait un bon mois de séchage avant de pouvoir exercer une solide pression (sangles de levage, pattes de soutien) sur l’antifouling … au risque sinon de voir le Trilux33 « glisser » sur la coque aux endroits de pression.

Nous avions chargé le chantier de gratter la semelle ainsi que le bas de quille et de revoir tout son enduisage. Comme le bateau est posé sur des cales de bois, on n’a accès à la semelle que lorsque le bateau est dans les sangles de la grue et bien évidemment, le moment est mal choisi pour travailler consciencieusement ces zones qui sont toujours fortement délaissées.

Au matin, les trois places du ponton des grands bateaux, étaient prises malgré les assurances données par le chantier … et pour notre malheur, la place tant convoitée était  occupée par un Amel 54’ français dont il nous avait été dit qu’il ne partirait pas avant deux ou trois jours.

Prévu pour 13 heures … la grue n’est venue nous chercher que pour 13.30 heures (toujours ce foutu problème de fuseaux horaires). Assoiffés, nous avions pensé avoir le temps de prendre un rafraîchissement mais la serveuse du « Zanzibar of Sea » a mis tellement de temps pour nous servir que nous avons finalement dû décommander … à sa grande fureur.

Dans la darse, en mettant le moteur en route, une alerte stridente s’est déclarée : «Alerte : Liquide de refroidissement insuffisant ! ». Quand vous avez dépensé plus de 4.400 € pour le tout grand entretien de votre moteur (nous avons même poussé le vice jusqu’à procéder au changement du pot d’échappement construit sur mesure) , il y a de quoi vous mettre en rogne. Toutefois, connaissant parfaitement ce type de problème, nous avons pris tout cela avec philosophie et nous avons rajouté 2 litres de « coolant ».

Au ponton, une seule place s’était libérée le long des bâtiments, que nous avons prise en marche arrière en sorte de prendre les vagues par l’avant. Nous étions solidement amarrés que l’Amel 54’ quittait son emplacement !! Grrrrrrrrrr.

Nous avons passé le plus clair de notre temps de cette journée, à tenter de redonner une allure acceptable à notre annexe !! Bien qu’elle aie été bâchée durant tout son entreposage à terre, nous avons relevé – horrifiés – que notre si beau cover, couleur sable, était fortement sali en divers endroits sans oublier les tâches de graisse laissées un peu partout (le dos blanc du dossier de siège était devenu noir !) par le technicien chargé de l’entretien du moteur. La prochaine fois, nous paierons un supplément mais il devra travailler avec des gants blancs …

Mercredi 21 novembre.

Ma première nuit à bord s’est révélée loin d’être bonne ! Si la température intérieure malgré l’arrêt de l’air conditionné (le voltage du ponton est insuffisant pour nous), était « supportable » … c’est le manque d’air qui m’est apparu insupportable. Ceci explique sans doute pourquoi à 6 heures du matin, nous étions en train de mettre en place les deux voiles d’avant.

Plus rapidement que nous en avions le souvenir, les températures ont fortement grimpé et le pont en teck s’est transformé en poêle à frire, mettant au supplice nos plantes de pieds. Le travail en est devenu extrêmement pénible.

A 10 heures, Ann prenait le shuttle du chantier pour un gros approvisionnement en centre ville. Il s’agit d’une nouveauté fort appréciable de cette année … mais le shuttle est peu disponible !!  Sur trois occasions, nous n’avons pu y avoir recours qu’une seule fois !

Resté au bateau, je recevais la visite des hommes de Mark qui venaient remplacer notre sirène de mât. Je me suis rendu compte qu’il fallait la changer en début d’année si ma mémoire ne me fait pas défaut …

En début d’après-midi, Kirby (notre nettoyeur à tout faire) s’est pointé et a voulu commencer par polisher le mât sauf qu’avec la marée haute, cela bougeait pas mal et qu’arrivé au ¼ du travail, il déclarait forfait car il avait le mal de mer …

Pour notre part, nous avons continué à mettre en place tout ce qu’il devait encore l’être … entrecoupé de nombreuses pauses imposées par la chaleur étouffante et un soleil de plomb.

Sans que l’on ne sache jamais à quelle heure il va passer, Reynhart de « Electropics Marine Service Ltd »   est passé à bord pour changer le cordon de notre téléphone satellitaire et voir notre problème de Master Seaview. Pour ce dernier,  il a suffi de changer de borne d’entrée dans l’appareil pour remédier à la connexion défectueuse.

Nous avons savouré notre premier apéritif en fin d’après-midi avant que les moustiques ne se déchaînent et c’était un peu comme si nous reprenions enfin possession de notre bateau. Le soir, Ann parvenait même à réactiver notre abonnement TV à Canal+ !

A u cours de notre apéro improvisé, il m’a semblé deviner que le bateau n’était plus parallèle au ponton ! Il ne nous faudra pas longtemps pour relever que l’amarre avant bâbord s’était rompue ! Si ce n’était pas notre amarre (ouf),  le problème demeurait qu’il fallait l’attacher à nouveau, au poteau médian entre les deux emplacements …

Après plusieurs essais manqués et aussi décourageants les uns que les autres, je parvenais à positionner mon lasso sur la tête du poteau.

Notre nuit fut douce et agréable malgré la dizaine de moustiques qui se sont installés dans notre cabine.

Jeudi 22 novembre.

A 7 heures du matin, j’étais déjà à l’œuvre : changement des vérins de capot du WC et de la salle de bain avant. Ce qui ne devait être qu’un jeu d’enfants s’est révélé plus astreignant que prévu ! Sur ces entrefaites, Kirby revenait terminer son travail de polish du mât. Ouuuuf car j’ai bien cru que nous le ne le verrions plus d’autant que les heures s’écoulaient et pas trace de notre copain.

Après le remplacement des vérins, il s’agissait d’une autre bricole et puis, une autre bricole et ensuite, une autre bricole jusque 16 heures où je finissais enfin par prendre ma douche … du matin ! Je suis resté sous la douche glacée un petit quart d’heure … le temps de sentir ma température corporelle descendre, descendre, descendre. Dieu que c’était bon après ces heures de travail en perpétuelle surchauffe.

Le lendemain, nous partions pour « Bequia » (Saint-Vincent).

 

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Responses

  1. bravo les amis ! Et merci pour vos narrations, j’adore me téléporter vers vous et rêver, rêver… et bien que les conditions de travail de remise en marche de SAS3 ne semblent pas évidentes après la saison de repos, le temps, la température, les moustiques, la bouffante, l’environnement pas trop empreint à bosser, les mauvaises surprises (comme l’annexe recolorée), il n’en reste pas moins que la douche bien fraîche, l’apéro bien tassé, et le simple fait d’être de retour à bord sont des récompenses inimaginables pour les terriens ! Le Dalai-Lama disait « vous pensez qu’être de petite taille est insignifiant ? essayez de dormir avec un moustique » Oui, le pire ce sont eux. Merci et à bientôt ! B & B


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