Publié par : Ann & Stéphane | 21 juin 2018

17.05 au 11.06.2018 – Descente sur « Trinidad ».

 

C’est encore plus long que d’habitude mais le prochain article ne paraîtra pas avant décembre 2018 !

Jeudi  17.

Qui  l’eut cru après tant de mois de sédentarisation ? En fait, période cyclonique (juin à novembre) oblige, nous sommes partis ce matin, pour « Marigot Bay » (Sainte Lucie) soit 30 NM. Une « mise en jambe » particulièrement appréciable parce qu’elle comporte la traversée d’un « canal ». Si un « canal » est l’image même d’un plan d’eau calme, dans les « Antilles », c’est tout le contraire car ce terme désigne le bras de mer entre deux îles.

Quand nous avons levé l’ancre (10 h), le vent était modéré et le plan d’eau assez calme. Si ce n’était pas le plein et beau soleil, la météo restait engageante.  Une fois au dehors de la protection de la baie, le vent se faisait déjà plus ressentir et la mer devenait plus agressive.

Sans trop bien savoir ce qui nous attendait, nous avons pris le risque de hisser la GV haute tandis que le génois n’était sorti que de 2/3.  Nous sommes partis sur les chapeaux de roue avec une vitesse dans l’eau qui assez rapidement, atteignait fréquemment les 10 nœuds. Le vent réel était établi entre 17 et 20 nœuds, dans les 60°-70° avec quelques variations plus au largue. La mer était praticable. Comme à la sortie de la baie « Sainte Anne », on tombe quasi directement dans le « canal », j’ai pensé erronément que notre traversée serait des plus tranquille …

Bien évidemment c’est au moment précis où on commence à vouloir prendre ses aises, que l’on prend la raclée (nous avons copieusement été arrosés) avec un vent réel montant à 25 nœuds  avec même des pointes à 28 nœuds ! La vitesse dans l’eau est immédiatement passée au dessus de  11 nœuds.

Si on était en régate, nous aurions sans doute pris notre pied mais en le cas d’espèce, nous avons baissé pavillon en prenant un ris dans la GV. Voici à peu près le dialogue que nous avons eu Ann et moi durant la bonne heure qui a précédée ce moment tragique … « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) …  « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) …  « on prend un ris ?» (Ann) – « Naan » (moi) … « on prend un ris » (moi) – « Ouiiiiiiiiiii » (Ann).

La prise de ris a démontré que nous étions un peu rouillés …

A la verticale de la pointe nord de « Sainte Lucie », quatre cargos étaient à l’ancre et nous barraient le passage. Nous faisant tout petit, nous sommes passés entre les cargos, en laissant deux cargos sur tribord et deux autres sur bâbord.

Alors que je m’attendais à ne plus avoir de vent derrière l’île, nous avons pu marcher à la voile (+8 nœuds) jusque « Marigot Bay » avec un vent réel tournant dans les 15 nœuds avec même quelques surventes !

Nous étions à hauteur de « Marigot Bay » pour 14 heures.

Nous avons relevé la GV haute avant de l’affaler et nous sommes entrés dans le chenal. Pas grand monde mais plusieurs bateaux sont arrivés sur nos traces. Je pense que pour l’essentiel, ils venaient des « Grenadines ».

Le temps pour Ann de faire les formalités en douane et pour votre serviteur, de remettre de l’ordre sur le bateau et nous avions droit à une petite pluie bien mouillante qui a réussi à nettoyer partiellement le bateau de son sel.

Avec la tombée du jour, nous avons eu droit à une mini invasion de « nuisibles » que le Capitaine du Port n’a rien trouvé de mieux que de placer juste à côté de nous ! Question intimité, on fait mieux mais surtout, c’est bien que le plan d’eau soit hyper calme car hyper protégé sinon les bateaux se seraient heurtés allègrement !!

Par contre, question ambiance, tous ces bateaux aussi bruyants qu’illuminés, ne manquent pas d’en mettre et je ne parle pas des grillons qui donnent à l’ensemble, un petit air de Provence … tropicale. Quand je pense que demain, à l’aube, ils seront tous partis !

Comme je le répète à l’envi … « il n’y a pas de rose sans épine » et à « Marigot Bay », ce sont les moustiques qui sont les épines de la rose. Le résultat des courses est que nous nous sommes enfermés dans le bateau avec l’airco, pour la nuit. Nous n’échapperons plus par la suite, à ces sales bêtes même si étonnamment, elles resteront fort peu visibles ! Ce sont  leurs piqures qui nous rappelleront à leur bon souvenir … quand je pense à l’un de nos amis qui n’arrête pas de dire que nous avons de la chance !

Vous ne me croirez sans doute pas mais depuis plusieurs mois, nous faisons tourner l’airco une dizaine de minutes par semaine (tous les vendredis soir) comme recommandé. Et bien évidemment … alors que nous en avions grandement besoin, il n’a pas voulu se mettre en route !!! Grrrrrrrr.

Après avoir chipoté au filtre d’eau de mer, le capricieux animal a finalement bien voulu s’enclencher. Ouuuf. Par la suite, il n’a plus posé problème … c’était juste pour nous rappeler sa capacité à nous emmerder.

Vendredi  18.

Dans le courant de la nuit (l’airco avait été arrêté depuis plusieurs heures), j’ai manqué d’air et comme il était à prévoir, à chaque fois que j’ouvrais notre capot de pont, il se mettait à pleuviner peu de temps après ! Autant dire que j’ai passé une nuit en pointillé allant même jusqu’à changer de place dans le lit avec Ann, alors que j’aime tant dormir du sommeil du Juste. Re-grrrrr.

Loin de ce que je craignais (cela casse généralement  l’ambiance), il n’y a qu’une petite dizaines de bateaux qui sont partis tout au cours de la matinée, notre voisin américain de derrière ne partant même que pour l’heure de midi ! Il nous était très sympathique car il a dit à Ann qu’il n’avait jamais vu un aussi beau bateau …

Journée pluvieuse mais malgré tout animée par l’arrivée de plusieurs voiliers dont  … « Laurence » qui, en principe, devait être en train de voguer vers l’Europe !! Un changement radical de programme (le bateau retourne comme l’année passée, à « Trinidad ») dont nous ignorons encore les motifs.

Samedi  19.

Malgré une météo pas spécialement avenante, nous sommes partis ce matin, à la suite de « Laurence », pour « Bequia » : 62 NM. Je ne vous raconte pas la journée, j’en deviendrais fou …

Bon, ok, je vous raconte notre journée mais vous promettez de poussez des « oh » et des « ha » admiratifs chaque fois que nécessaire. Je compte sur vous.

Après une nuit bien trop courte (j’ai piqué du nez, toute la journée … très désagréable), nous avons levé l’ancre à 6.10 h (sans prendre de douche, ni de petit déjeuner ) ! « Laurence » était pour sa part, parti bien plus tôt.

A la sortie de « Marigot Bay », pas un pet de vent … exactement comme la saison passée. Nous en avons profité pour prendre très proprement, deux ris dans la GV et, au moteur, nous avons été jusqu’au canal.

Comme au départ de la « baie Sainte Anne », le canal s’est d’abord présenté sous les meilleurs auspices : +/- 15 nœuds de vent réel, dans le 70-80°,vitesse dans l’eau de 7 à 9 nœuds suivant les moments, mer très praticable … petit bémol, nous avons eu droit toute la matinée, à quelques  petites pluies.

Au milieu du canal, le vent réel est monté jusque 20-25 nœuds (je me suis fait deux ou trois fois bien arroser). Rien de très extraordinaire mais par je ne sais quel pressentiment, alors que nous arrivions à hauteur de « Saint Vincent » (nous marchions alors à 10 – 11 nœuds dans l’eau), nous avons réduit le génois à 1/3. Quelques instants plus tard, le vent grimpait jusque 35 nœuds !! Une fois sous la protection de l’île, nous avons dû marcher au moteur …

Plus loin … à l’entrée du canal séparant « Saint Vincent » et « Bequia », le vent nous a pris d’un coup ! La mer était blanche de gros moutons. Même si l’anémomètre n’indiquait que 20 à 23 nœuds dans le 50°, l’atmosphère était toute autre et ceci m’incita à sortir la trinquette.

Bien évidemment, au départ, nous avions l’impression d’être sous-toilés ce qu’avait tendance à confirmer notre speedo qui indiquait une vitesse dans l’eau, de 7 à 8 nœuds. Mais par la suite, nous avons trouvé la situation fort confortable et le speedo est remonté à  9 – 10 nœuds.

Au cours de la traversée, nous avons eu à faire face(oui … bon … sur le côté bâbord)  à un cargo qui venait d’Atlantique. Dans le doute de sa trajectoire, Ann a pris contact avec son capitaine et manifestement, celui-ci a dévié sa route pour nous passer loin devant. Sympa mais coutumier.

Quand nous avons atteint la baie de « Bequia » (15.10 h), nous pensions pouvoir profiter d’un bel abri et au lieu de cela, il faisait quasiment plus venteux dans la baie qu’en mer !!!! La prise de bouée ne fut donc pas des plus simple malgré l’assistance d’une responsable locale car le bateau, sous l’effet du vent, valsait d’un bord sur l’autre bord.

Le temps de mettre de l’ordre sur le pont et « Laurence » faisait son apparition.

Une heure plus tard, le calme plat s’établissait sur la baie et une petite pluie bienfaitrice venait laver le pont !!! J’aurais souhaité une pluie plus drue mais cette petite pluie a eu le mérite de nettoyer nos grands hublots panoramiques que le sel rendait opaques. 

Dimanche 20.

Superbe journée qui m’a donné l’envie de prolonger notre séjour sur place d’autant que le mouillage ne manquait pas d’animation : il y avait foule.

Le soir, nous prenions l’apéro, à bord, en compagnie de Didier & Aline de « Laurence ». Aline est la coéquipière qui devait aider Didier à traverser l’Atlantique jusqu’à ce qu’il décide de modifier son programme.

Comme « Laurence » nous avait fait part de son intention de partir le lendemain pour les « Tobago Cayes », j’ai été très tenté de le suivre pour nous familiariser avec un lagon dont l’accès nous paraît sinon difficile du moins dangereux. Malheureusement, comme nous n’avions pas fait notre clearance d’entrée, il nous était impossible de nous y rendre puisque  les « Tobago Cayes » dépendent de « Saint Vincent – Bequia ». Bien entendu, il était possible de remédier à la situation en réalisant notre clearance d’entrée le lundi matin mais Ann n’était pas tentée par l’expérience.

Lundi  21.

Comme nous avions décidé la veille, de rester une journée supplémentaire sur place … nous sommes partis de grand matin pour « Carriacou » (Grenade) : 38 NM. Que voulez-vous … nous sommes libres comme le vent et la météo annoncée pour mardi, ne nous convenait pas : trop de vent !

Bien que nous étions debout à 8 heures, il était près de 9 heures lorsque nous avons lâché les amarres sans prendre de douche, ni de petit déjeuner !!  La veille, en l’honneur d’Aline qui souhaitait visiter le bateau, nous avions tout ressorti et donc, il a fallu tout ranger avant de pouvoir démarrer.

Le plan d’eau était calme, le vent agréable et le soleil brillait de mille feux … tout nous portait à rester sur place.

Une fois que nous avons contourné la pointe sud de l’île, nous avons éteint le moteur et sommes partis sous génois avec deux ris dans la GV. Avec un vent réel de 12 à 15 nœuds dans le 70° et une mer belle, la tentation fut grande de relâcher un ris ou deux mais la prudence est la reine des vertus …

Effectivement, une bonne heure plus tard, le vent réel passait subitement  à +/- 18 nœuds et la mer se montrait plus agressive. Mais, contrairement à mes prévisions, on retrouvait les conditions de départ à hauteur des premières îles rencontrées.

Au niveau de « Union », nous avons eu droit quasiment coup sur coup, à deux grains (le vent réel est monté jusque 25 nœuds) qui nous ont obligés à jouer avec le génois.

A hauteur de « Carriacou »,nous nous tapions un troisième et un quatrième grain nettement plus féroces et plus étendus que les deux premiers ! Non seulement, le vent mollissait dans un premier temps pour se renforcer ensuite brutalement mais de surcroît, nous avons eu droit à de véritables déluges rendant toute visibilité sur l’avant, impossible. Si déjà en plein océan, c’est flippant … le long des côtes, cela l’est encore plus.

Malgré toutes mes bonnes résolutions, après le quatrième grain, nous avons enroulé le génois pour marcher au moteur sous GV : je n’avais aucune envie de me prendre au passage, les « Sisters Rocks » toutes proches.

Nous sommes arrivés à « Tyrell bay » pou 15.30 heures. La baie était encombrée de bateaux et en voulant s’assurer un minimum d’intimité, nous avons jeté l’ancre derrière tout le monde par -6m de fond.

Après tout ce qui était tombé durant les grains, nous ne fûmes pas surpris qu’il ne pleuve plus  …

Mardi  22.

Après une bonne nuit de sommeil – sans la moindre pluie – nous avons été en annexe jusqu’au petit chantier à côté duquel se trouve le bureau des douanes et de l’immigration pour notre clearance d’entrée sur « Grenade ». « Carriacou » dépend de « Grenade ».

Ensuite, nous sommes partis à la recherche de Philippe & Imelda de « Pilhaouer » dont nous avions fait l’agréable connaissance à « Jacaré » (Brésil). Nous savions qu’après y avoir passé 18  mois, ils avaient élu domicile à « Carriacou ».

Après les avoir trouvés et passé un moment en leur compagnie, nous sommes retournés au bateau pour nous plonger dans les aventures passionnantes du Prince Morosini … « Les enquêtes d’Aldo Morosini » de Juliette Benzoni.

Le soir, Philippe & Imelda venaient prendre l’apéro, à bord.

Mercredi  23.

En fin de matinée et alors que « Laurence » faisait son apparition sur le mouillage, nous sommes partis découvrir le nouvel hypermarché, « Alexis food stores », qui s’est établi en décembre 2017, le long de la plage. On y accède par la baie mais il n’y a pas encore de débarcadère. Aussi, j’ai déposé Ann sur la plage et je suis allé l’attendre au débarcadère des ferrys où j’ai trouvé un escalier en béton parfaitement adapté. Notre annexe est trop lourde (+250 kg) pour être tirée sur le sable comme le font les autres plaisanciers.

Après cette course, nous sommes rentrés au bateau où une fois de plus, nous nous sommes immergés jusqu’au soir, dans notre lecture.

Le va-et-vient des bateaux sur la baie, y est nettement moins important qu’à « Béquia » au point qu’il est souvent difficile de distinguer les nouveaux arrivants … sans parler de ceux qui sont partis et dont on ne s’en rend compte que beaucoup plus tard.

Jeudi  24.

Ce matin, nous avons visité l’île … en taxi. Cela nous a pris deux heures et il n’en fallait pas plus pour s’en faire une idée générale. Il n’y a rien d’exceptionnel à voir hormis quelques très belles vues sur la mer mais il s’agissait surtout d’ambiance et de coloris. Si la végétation est aride (!), l’île nous a paru très propre.

En retournant au débarcadère où nous avions laissé notre annexe, Ann a eu l’idée d’aller déjeuner au restaurant de plage « Lazy Turtle Pizzeria » qui fait également centre de plongée, le « 5 Stars ». Nous y avons dégusté une excellente pizza.

De retour à bord, nous avons pu constater que c’était la journée de toutes les arrivées et en peu de temps, notre bateau était littéralement encerclé.

Le soir, nous avons été prendre l’apéro à bord de « Pilhaouer » de Philippe & Imelda.

Vendredi  25.

Comme nous en avions décidé quelques jours au préalable, nous avons levé l’ancre pour 8.10 heures et à 8.30 heures, la GV sous 2 ris était levée. Nous voulions atteindre « Clark’s Court Bay » (au sud de « Grenade ») :  42 NM.

Il faisait beau et la mer était très praticable. Durant les 23 premiers milles, nous avons marché à la voile : +/- 17 nœuds de vent réel dans le 130-140° puis +/- 20 nœuds dans le 90° et à l’approche du nord de « Grenade », le vent réel est monté à certains moments, jusque 24 nœuds dans le 60° !!

Une fois la pointe de « Grenade » dépassée (11.45 heures), le vent réel est tombé à 12-13 nœuds et comme notre vitesse en souffrait pas mal (moins de 6 nœuds) , nous avons mis le moteur jusqu’à l’arrivée.

Comme Ludovic de « I.D.S. » nous a conseillé de monter dans les tours de moteur (jusqu’à 2.000 tours) et que cela fait depuis 8 ans que nous ne dépassons jamais 1.700 tours, nous augmentons le régime de manière très progressive et prudente … aussi, notre vitesse dans l’eau est passée de 7 à 9,5 nœuds !

A la pointe sud-ouest de l’île, le vent est passé de plus en plus au près pour terminer sur le nez, le long de la côte sud. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, la mer était plus calme une fois le cap passé.

Comme il y a pas mal de hauts-fonds tout le long de cette côte, nous sommes restés prudemment au large pour n’obliquer vers la baie qu’en toute dernière minute (14.30 heures) . Le balisage lumineux n’est pas renseigné par les cartes car celui-ci n’est pas « officiel ».

Vu du large, celui-ci n’est pas aisé à repérer en sorte qu’il faut oser s’avancer vers la côte … mais une fois qu’on l’a en vue, l’accès est aisé.

Un peu avant « Whisper Cove Marina » (marina canadienne), nous avons jeté l’ancre sur tribord en entrant … pour relever avec horreur qu’elle dérapait joyeusement dans la vase ! Nous l’avons donc jetée à un autre endroit tout proche qui nous mettait moins, selon moi, dans l’axe médian du chenal.

Comme il s’agissait de vase, nous n’avons pas osé tirer sur la chaîne … le temps que l’ancre s’enfonce correctement. Tout l’après-midi, nous avons vérifié que nous ne dérapions pas mais le vent, à l’intérieur de la baie, était assez faible.

Samedi  26.

Vers 4 heures du matin, Ann avait le sentiment que le bateau dérapait !!!!  A 4.45 heures, elle n’y tenait plus et me réveillait … je ne vous dis pas le réveil !

Si nous étions tentés d’attendre que le jour se lève, nous nous rapprochions trop dangereusement de notre voisin arrière et avant que tout ne tourne à la catastrophe, nous remontions, sous la pluie et dans le noir le plus absolu,  l’ancre et nous faisions mouvement …

Comme je n’avais pas mes binocles sur le nez, je ne voyais pas l’écran d’ordinateur et je dirigeais donc le bateau à l’aveuglette, sous les ordres d’Ann : « plus à bâbord … encore un peu plus en avant … plus à bâbord … oui, d’accord, un peu sur tribord … ». Stressant au possible … non pas à cause du noir absolu mais d’avoir à se fier à une femme !

Après avoir jeté l’ancre là où nous étions encore la veille, nous avons à nouveau dérapé. Changement de position  et plus de 50 mètres de chaîne plus tard (par une profondeur de -10 m), la position semblait tenir …

N’ayant que trois heures de sommeil, je me suis écroulé sur le lit tandis qu’Ann veillait dans le cockpit (le jour s’était levé). La pauvre a subi pas moins de trois grains avec le sentiment à chaque fois que le bateau était sur le point de déraper … mais, contre toute attente, il a tenu.

En matinée, nous avons encore subi sans problème, quelques grains mais notre confiance dans notre ancrage était trop fortement atteinte. Aussi, Ann a pris contact avec « Whisper Cove Marina »  et l’un de ses préposés nous a aidés à prendre une bouée.

Entre-temps, « Laurence » avait fait son entrée dans la baie et s’était immédiatement mis à une bouée.

Dimanche  27.

Après une délicieuse nuit de sommeil, l’esprit tranquille, nous avons profité pleinement de cette belle journée ensoleillée en allant « bruncher » avec Aline de « Laurence » au restaurant « Whisper Cove Marina » où j’ai été subjugué par le cadre : c’est propre, net, accueillant et la vue sur la petite marina est romantique au possible … et par le buffet aussi simple que délicieux. Bref, l’endroit que je vous recommande vivement si vous passez par là.

Farniente sur le bateau et ensuite, apéro à 17.30 heures, sur « Laurence ». Une journée de rêve.

Lundi  28.

Comme la météo prévoyait une nuit idéale pour naviguer, à contrecœur, nous avons décidé de traverser sur « Trinidad » (92 NM) quand bien même nous arriverions avec une grosse semaine d’avance sur notre programme ! Quand une occasion comme celle-là se présente, il vaut mieux ne pas hésiter sous peine de rester bloqué sur place durant plusieurs jours.

« Laurence » était de la partie de même que quatre autres bateaux qui sont partis largement en avance sur nous.  C’est seulement grâce à leurs AIS que j’ai pu m’en rendre compte ! Certains considèrent en effet que les « pirates » étant trop pauvres pour avoir des récepteurs AIS, il n’y a pas de crainte de le laisser fonctionner … « aux innocents, les mains pleines ».

Nous nous sommes détachés de notre bouée pour 17 heures alors que le vent réel soufflait généreusement à plus de 20 nœuds !!! De quoi se poser la question de savoir s’il était intelligent de partir … Ce n’est qu’une fois la baie derrière nous que nous avons retrouvé des conditions normales :  12 à 15 nœuds dans le 40°.

Après une bonne heure de navigation sous GV à deux ris et génois, force fut de constater que nous dérivions davantage que nous n’avancions (6 nœuds)  ! A ce rythme là, il nous aurait fallu à un moment donné, tirer un bord à contre courant pour éviter de passer entre les plates-formes pétrolières !! C’est au niveau des plates-formes qu’ont lieu le plus souvent, des actes de piraterie imputés aux  pêcheurs vénézuéliens !

Lorsque nous sommes arrivés à hauteur de « Laurence » qui marchait sous voile et moteur pour compenser le courant et le peu de vent, nous avons enroulé le génois et mis le moteur à 1.820 tours … + 9 nœuds dans l’eau. Nous avons laissé sur place, nos copains et nous sommes remontés au vent pour retrouver progressivement la « route idéale » que nous n’avons plus quittée par la suite.

Comme, nous détestons marcher au moteur (les mouvements du bateau sont beaucoup moins harmonieux et puis, c’est bruyant), deux heures plus tard, nous avons remis la voile par un vent réel de 15 à 20 nœuds et un angle de 50° puis 60° puis 70° au fur et à mesure de notre avancée sur la « route idéale », qui nous propulsait à 9.5 nœuds dans l’eau. Rien ne semblait pouvoir arrêter le bateau … une vraie locomotive.

Mardi  29.

Si naviguer par pleine lune est très agréable car on y voit presque que comme en plein jour, en le cas d’espèce, nous aurions préféré une nuit bien noire dans laquelle nous aurions pu nous fondre … d’autant qu’il y avait foule sur l’eau ! A hauteur des plates-formes, nous avons compté pas moins de cinq bateaux de pêche ainsi que quelques cargos …

Cela nous a incités à éteindre nos feux de navigation par précaution (notre AIS était coupé depuis le départ). Malgré cela, nous avons eu la frousse de notre vie lorsqu’un bateau de pêche dont nous n’avions pas deviné la présence, a subitement allumé un gros phare alors qu’il n’était distant que de 400 mètres sur notre tribord !

Par bonheur, nous marchions à 9.5 nœuds et après être un peu remonté au vent pour mieux l’éviter, nous avons poursuivi notre route  … en serrant encore un peu plus fort les fesses. Il est passé derrière nous, tous feux à nouveau éteints, mais  n’a fait aucune manœuvre pour nous suivre. Ouuuuuf.

A la perpendiculaire des plates-formes, nous n’avons plus vu de bateau ou alors au loin, en sorte que nous avons remis nos feux de navigation. J’ai bien pensé qu’il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué mais naviguer sans feux, était décidément trop dangereux.

Nous sommes arrivés à 15 milles de « Trinidad » (j’ai rebranché notre AIS) qu’il était passé 2 heures du matin ! A cette allure là, nous allions faire une entrée de nuit … Pour éviter cela, nous avons poursuivi à la voile car, à l’approche de la côte, le vent avait sensiblement molli et donc, l’allure également.

Lorsque nous avons embouqué la passe qui mène à « Chaguaramaz », le jour était levé depuis peu. Toujours aussi tumultueuses les eaux à l’approche des terres (3  nds de courant contre)!!

Si  la saison dernière, nous avions eu la désagréable surprise de constater que nous n’étions pas les premiers sur la ligne d’arrivée (!!!), cette fois-ci, nous étions non seulement les premiers mais de surcroît, pas la plus petite voile à l’horizon. Une superbe navigation … un peu gâchée par le stress provoqué par le danger des pirates.

Une fois encore nous avons regretté l’absence des « Coast Guard » sur la zone alors que pourtant ils avaient été informés par nos soins notamment, de l’arrivée d’une petite flottille en provenance de « Grenade ». Il faut croire qu’ils ont mieux à faire que de protéger les plaisanciers qui constituent pourtant une  source de revenus non négligeable pour l’île.

Malgré notre fatigue (nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit … maudits pirates), nous avons été faire notre clearance d’entrée et ici, ce n’est pas une sinécure (à l’immigration, ils sont carrément chiants … attention à votre tenue vestimentaire) d’autant qu’il faut payer des droits en la monnaie locale et que l’ATM du coin est le plus souvent en panne … mais cela nous a permis de rencontrer quelques-uns de nos malheureux « poursuivants » arrivés plus de trois heures après nous.

Nous avons passé notre journée … à ne rien faire ! Trop crevés pour fut-ce passer un tuyau d’arrosage sur le pont ! Par bonheur, nous avons été en mesure d’amarrer le bateau le nez vers la mer et de surcroît, sur le bord extérieur de la marina privée de « Peake » (en principe, réservé aux catamarans en raison de leur largeur). Le bateau ne bougeait pas beaucoup alors que nos voisins dansaient la danse de Saint Guy à chaque passage d’un bateau.

Mercredi  30.

Jour férié !! C’est l’arrivée des indiens (d’Inde) qui est fêtée. Ceux-ci étaient très attendus à l’époque, comme main-d’œuvre dans les plantations de l’île.

Après une merveilleuse nuit d’un sommeil aussi lourd que le plomb, nous avons eu le bonheur de voir Kawby qui a attaqué le nettoyage de nos inox. Travail d’autant important qu’il a fallu dans un premier temps, tout rincer à l’eau claire … le bateau n’était plus qu’un énorme bloc de sel !

Pendant ce temps là, nous en avons profité pour établir la liste (longue comme le bras) de tout ce qui devait être fait sur le bateau. S’il y a un certain nombre de choses que j’aurais pu faire moi-même, le soleil, les températures élevées et l’humidité ambiante m’ont poussé à laisser faire le travail par d’autres.

Mais, par contre, pour nos bouteilles de plongée, nous ne pouvions confier ce travail à d’autres. Il ne s’agissait, en fait, que de les ouvrir pour en vérifier l’état intérieur et notamment, la présence éventuelle d’eau de condensation. Avec un peu d’étonnement mais énormément de satisfaction, nos bouteilles sont parfaitement « clean ». Il faut reconnaître que depuis que nous avons failli les voir être déclassées il y a deux ans, j’ai pris des précautions draconiennes lors des gonflages et cela paie.

Jeudi 31.

Jour férié !! La fête vise le massacre des indiens arrivés sur l’île … non, il paraît que c’est une fête chrétienne mais Mark de « Dynamite Marine Limited » ne savait plus de quoi il s’agissait.

Si la musique a fait trembler le mouillage jusque 5 heures du matin, nous n’en avons rien entendu tant le bateau est bien insonorisé. Ann en a pris conscience uniquement en ouvrant nos capots de pont restés fermés jusque là puisque notre airco avait fonctionné admirablement toute la soirée.

Aujourd’hui, Kawby a terminé les inox du bateau et s’est attaqué ensuite, au polish des surfaces blanches du pont … tandis qu’Ann et moi, nous attendions qu’il ait fini pour nous mettre à notre tour au travail sauf que quand il est parti, nous n’en avions plus le courage ! De toute manière, un autre problème nous avait assailli : la tension des batteries du « parc service » était bien trop basse et une alerte s’était déclenchée !

Pas une grosse surprise puisque nous savons que nos batteries sont quasiment mortes. Non, la surprise est venue du fait que notre switch automatique Mastervolt ne s’enclenchait plus en sorte que si le GE tournait, il ne chargeait pas pour autant les batteries …

Vous ne pouvez pas imaginer combien cela a occupé notre temps et nos pensées … jusqu’à ce que après un énième essai, le switch a fonctionné, nous autorisant une soirée paisible avec l’airco. Ouf.

Vendredi  01.

L’électricien est passé à 9 heures et a changé le switch défectueux, en un tour de main. Après un tour du monde, nous commençons par un peu connaître notre bateau et ses installations. Aussi, nous avons quasi immédiatement identifié l’origine de la panne et comme nous avions la pièce en réserve …

Que les gens s’extasient sur la beauté de notre voilier … nous entendons cela depuis près de 8 ans et cela fait toujours autant plaisir mais que personne ne veut croire au vu de son état, qu’il a fait un tour du monde, reste le plus beau compliment que l’on puisse nous adresser, à l’heure d’aujourd’hui.  Il s’est même trouvé un anglais propriétaire d’un Oyster 72’, qui pensait que nous avions fait repeindre la coque et que notre bateau était plus grand que le sien … celui-là, j’en conviens, ferait bien d’aller consulter un ophtalmologue.

Bien que l’endroit soit chaud, humide et particulièrement bruyant, cela ne manque pas d’ambiance. Aussi et depuis quelques temps, je me contente de vivre l’instant présent sans me projeter dans le futur alors que nous sommes à quelques jours seulement de rentrer au pays et de découvrir notre nouvel appartement après rénovation ! Par contre et cela me contrarie, je ne trouve pas le moindre courage pour réaliser l’un et l’autre bricolage qui m’attend.

Pour sa part, Ann n’a pas arrêté de courir de tous les côtés pour mettre en œuvre tous les travaux que nous avons décidés : à chaque carénage, son lot.

Samedi  02.

Journée venteuse comme cela arrive de temps en temps mais la protection naturelle est tellement efficace que l’on s’en rend assez peu compte.

Tandis que Mary, notre « tornade blanche », était chargée d’illuminer l’intérieur du bateau comme elle sait si bien le faire, Ann assurait l’entretien de nos coussins en cuir blanc (un sacré travail) et votre serviteur parait à quelques courses. Pour l’occasion, l’airco a fonctionné toute la journée.

Le soir, nous avions à dîner à bord, Emmanuelle & Christophe de « Lifesong » … ainsi que leur bout chou Raphaël. Très agréable soirée où nous avons appris à un peu mieux  les connaître (nous venons de  faire leur connaissance):  ils ont acheté un Garcia 68’ de 97 qui a subi le cyclone Irma à « Saint Martin » … ils sont occupés à le retaper.

En revenant au bateau avec eux, je découvre que notre énorme bouée ronde qui nous a déjà maintes et maintes fois servis, a crevé sur une tête de vis ! Grrrrrr. Décidément, les marinas sont nettement plus dangereuses pour nos bateaux que le mouillage …

Dimanche 03.

Je me suis réveillé à 7 heures du matin avec l’idée tout aussi subite que fixe que je devais remplacer notre feu de navigation tribord qui avait rendu l’âme !!! Je serais bien incapable d’expliquer ce qui m’a pris mais c’était une très étrange réalité !

Joignant l’acte à la pensée, nous nous sommes lancés dans ce petit bricolage un peu rébarbatif car bien entendu, le point de connexion se situe … dans la baille à mouillage qui n’est accessible que l’intérieur.

Il s’agit de feux LED qui ont un très joli design et c’est bien la seule raison pour laquelle je ne les ai pas remplacés par quelque chose de plus « ordinaire ». En effet, les LED sont coulés dans la résine en sorte qu’il n’y a jamais moyen de les réparer ou de les bricoler ! Et donc, périodiquement, il nous faut les remplacer …

Lundi  04.

Ayant apprécié de pouvoir bricoler en des conditions « agréables », nous avons remis ce matin, le couvert avec la sirène de l’alarme du bateau, perchée dans le mât … hélas, pas du tout  avec le même succès ! Non seulement lorsque j’ai voulu enlever l’ancienne beuglante, l’une des deux vis de l’étrier de support s’est cassée net, me faisant lâcher ma clef de 10 qui est tombée sur le pont en frôlant la tête d’Ann … mais de surcroît, la nouvelle beuglante ne correspond pas à l’installation en sorte qu’elle beugle et  il n’y a plus moyen de l’arrêter !!!

Après quelques montées/descentes dans le mât, nous sommes donc aujourd’hui dépourvu de beuglante … pour le plus grand bonheur d’éventuels voleurs ! J’en ai des frissons d’horreur même si, en principe, le chantier est bien gardé. Inutile de préciser qu’il est impossible de trouver ce type de sirène sur l’île …

Après cela et parce que nous sommes totalement masos, nous avons procédé à l’entretien de notre GE alors que les températures extérieures étaient à leur maximum. On se serait cru en pleine fournaise africaine … l’horreur. De surcroît, pour vidanger il faut faire tourner le moteur pour que l’huile soit bien chaude.

A 13 heures, nous reprenions enfin notre farniente quotidien … qu’il commençait à pleuvoir ! Et après cela, je connais au moins un de nos amis qui ose nous dire que nous vivons au paradis !

Dans l’après-midi, nous avions la visite du « spécialiste du teck » qui devait nous faire un devis pour une rénovation/réparation de notre pont en teck qui a son âge … 17.000 $ ! Qui dit mieux ? Il est certain que celui-là nous a vu venir de très loin et nous verra repartir aussi loin.

Mardi  05.

Nous avions demandé à ce que le technicien Yamaha (moteur d’annexe) passe nous voir pour lui dire ce que nous souhaitions cette année (un entretien normal) mais nous ne nous attendions pas à qu’il vienne nous réveiller à 8 heures du matin …

Dans l’après-midi, c’était au tour du technicien Volvo Penta de venir prendre la commande (un tout gros entretien).

Entre-temps, il faisait horriblement chaud et rester à l’intérieur était pénible. Aussi, nous sommes restés le plus possible à l’extérieur et il faut avouer que le spectacle du chantier en pleine ébullition (le chantier fait le plein, cette année), était assez distrayant.

Mercredi  06.

Si notre emplacement au « dock privé » nous plaît énormément car nous avons une vue imprenable ainsi que de l’air, à l’expérience, nous relevons que des trois emplacements … c’est le plus dangereux pour le bateau !!!

L’emplacement sur l’extérieur est doublement mauvais  car  le vent pousse le bateau contre le ponton et  il n’y a aucun point d’attache permettant de tenir éloigné le bateau du ponton ! Le meilleur emplacement est celui du milieu mais bien entendu, c’est le premier qui est occupé ! Enfin, le troisième emplacement, près du bâtiment, a pour inconvénients de n’avoir aucune vue et de manquer d’air !

En tout état de cause, il faut impérativement positionner le bateau en marche arrière pour avoir l’avant vers le large … meilleure façon de prendre les vagues formées par le passage des bateaux.

Comme nous étions à la veille du jour J, il nous fallait commencer à tout préparer et en premier chef, à retirer les voiles d’avant. En profitant de l’absence de vent et de la fraîcheur de l’aurore, nous avons réalisé le travail en une demie heure !

Visite de Mark de « Dynamite » pour la mise au point des travaux à prévoir durant notre absence.

En fin d’après-midi, nous procédions au nettoyage et à l’entreposage dans la cabine VIP, des coussins de cockpit. Auparavant, on les laissait en place mais ceux-ci sont touts neufs …

Le soir, nous vidions et nettoyons les frigos … avant de nous écrouler dans notre lit.

Jeudi  07.

Nous étions attendus sous la grue pour 8 heures mais au moment où nous allions lâcher les amarres,  Daniella de « Peake » venait nous avertir que la grue était en panne !!! L’année passée, nous avons vu décoller les avions pour « Tobaggo » jusqu’à ce soit notre tour … notre avion connaissait un problème technique et nous avons raté notre correspondance. Cette année, pendant plus de 8 jours, nous avons vu des dizaines de bateaux être sortis de l’eau et quand c’était notre tour …

Nous avons attendu fiévreusement jusque 13 heures avant de voir la grue revenir du fin fond de l’esplanade du chantier. Notre peur était le vent car si à 8 heures, il n’y en avait pas … nous avions pris entre-temps deux grains ! Par bonheur et même si  les hommes de « Dynamite » chargés de nous aider, n’avaient pas été prévenus en temps utile, nous avons pu rentrer en marche arrière dans la darse sans la moindre difficulté.

En-dessous d’une certaine taille, les bateaux rentrent en marche avant dans la darse et sont conduits à leur emplacement au moyen d’un chariot hydraulique. En le cas de notre bateau, nous devons rentrer en marche arrière et c’est la grue qui se déplace en personne !

Après la sortie de l’eau, c’était « opération Karcher » et notre homme s’y entendait bien pour rendre notre coque plus belle qu’un sous-neuf … au détail près que quand il passait son jet sur le franc-bord, il projetait par la même occasion, de la poussière d’antifouling sur tout le pont (notre antifouling est érodable ) ! Le résultat des courses est que nous avons dû faire (re)nettoyer entièrement notre pont par Kawby.

Notre nouvel emplacement est situé quatre emplacements plus loin que celui de l’année dernière. Chaque bateau est positionné en fonction de critères bien précis qui nous échappent totalement.

Alors qu’Ann courrait de tous  les côtés, je suis resté au bateau pour mettre de l’ordre sur le pont (rangement des défenses et des amarres) ce qui m’a permis de relever avec beaucoup de déplaisir, que nous avions une seconde défense trouée !!! C’est la liaison entre le corps et la tête de la défense qui a craqué sur 1cm de long : jamais vu pareille chose.  

C’était ensuite au tour de l’électricien du chantier de me prendre la tête avec notre fil électrique ! Il a absolument voulu nous faire acheter un nouvel embout  (et un de plus …) pour la borne électrique du chantier qui ne correspond d’ailleurs, pas à celle du ponton (!) pour relever que le courant n’arrivait pas jusqu’au bateau !

Il s’en est suivi toute une série de contrôles où il fut question de changer notre gros câble électrique de 50 m jugé défectueux … pour en arriver, en finale, à brancher notre câble en directe sur la borne principale et cela maaaaarche.

Le soir, nous avons été mangé au « Zanzibar of sea » situé sur le chantier. On n’y mange pas spécialement bien mais la première fois, on peut s’y laisser prendre.

Vendredi  08.

Après une nuit passablement dégueulasse (Ann par contre, a bien dormi), nous nous sommes occupés des formalités administratives pour notre retour en Belgique : à l’immigration, ils sont tout bonnement chiants !  Je sais, je sais que je l’ai déjà dit mais cela fait du bien de le répéter.

Tandis que Kawby, au moyen d’un échafaudage, nettoyait au vinaigre blanc le franc-bord (les traces de sel, cuites par le soleil, commençaient déjà à être difficile à nettoyer !), les hommes du chantier  attaquaient l’installation de  l’immense cover du bateau.

Le soir, le chantier organisait un barbecue réunissant de nombreux plaisanciers. L’ambiance était très bon enfant, les plaisanciers-musiciens s’étant organisés pour faire un orchestre qui somme toute, ne se défendait pas trop mal. Bien évidemment, hormis nous et un autre couple de Français, Philippe & Renée de « Manta » qui se rappelait nous avoir vus en « Martinique », tout le monde parlait anglais …

Nous avons malgré tout, pu apprendre que l’on parlait beaucoup de notre bateau sur le chantier et que tout le monde, le considérait comme de loin, le plus beau. Le fleuve de compliments ne s’en arrêtait pas là pour autant puisque plusieurs techniciens nous ont affirmé être très fiers de pouvoir travailler sur notre bateau !!  Je ne m’en lasserai jamais …Il faut reconnaître que cela fait d’autant beaucoup de bien que nous sommes à nouveau, à la veille de dépenses importantes.

Samedi  09.

A 17.30 heures, nous prenions notre taxi pour l’aéroport où nous sommes arrivés bien dans les temps : notre avion décollait pour minuit. Il faut être très prudent car la circulation sur l’île peut se révéler très difficile et le trajet est très long !

Comme il n’est plus question pour nous, de voyager avec « Condor »  et encore moins, avec « Carribean Airlines » (cfr. article spécial), nous avions choisi de voyager avec « Air Canada » jusque « Toronto » et « Brussels Airlines » jusque « Bruxelles ».

Dimanche  10.

Arrivés à « Toronto » à 5.30 heures, nous avons été pris en charge par nos amis québécois, François & Josiane de « Umialtak » (nous avons fait leur connaissance aux « Canaries » en 2011) « qui étaient venus passer la nuit en ville pour nous voir. Cela nous a beaucoup touchés.

Notre avion pour Bruxelles, ne décollant qu’à 18 heures (en fait, il est parti à 19.30 heures) , nous avons passé la journée avec eux.

Si l’aéroport de « Toronto » est assez sympathique, les embarquements sont à chaque fois « bordéliques de bordéliques » : il devient urgent que quelqu’un leur apprenne comment il faut procéder car cela devient grave !

Comme l’année précédente, nous avons cru embarquer à bord d’un avion-hôpital !! Ce sont généralement des femmes et surtout, des hindoues qui ont trouvé le « truc » pour embarquer avant tout le monde. Elles arrivent toutes en chaise roulante (il y en avait une dizaine) alors qu’elles ne cachent même pas qu’elles marchent aussi bien que vous ! C’est choquant et irritant mais le personnel de l’aéroport ne semble pas s’en émouvoir le moins du monde.

Lundi  11.

Après 7.30 heures de vol, nous sommes arrivés à Bruxelles à 7.30 heures (heure locale) pour relever avec déplaisir que nos deux sacs de voyage ne nous avaient pas suivis ! Ils nous seront rapportés le vendredi et on aurait pu croire qu’ils étaient passés dans une machine à lessiver !

 

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