Publié par : Ann & Stéphane | 9 mars 2018

01 au 06.03.2018 – Navigation en Guadeloupe … un grand fiasco !

Jeudi  01.

Baie des Cochons – Pointe à Pitre.

Ce n’est pas que le mouillage soit attirant (il s’agit en fait, d’une vaste zone portuaire) mais la protection y est excellente : le bateau ne bouge pas d’un cil et j’ai un énorme besoin de tranquillité et de farniente après trois jours d’une navigation sans grand intérêt : beaucoup trop de moteur.

Nous ignorons combien de temps nous resterons à ce mouillage mais pour l’instant, je n’ai pas envie de bouger … mais il va falloir faire passer la pilule à Ann. Aie.

En début d’après-midi, j’ai déposé Ann à la marina pour l’enregistrement de notre clearance d’entrée et elle en a profité pour réaliser un petit avitaillement et s’acheter quelques loques sympas.

Côté news : « Wink », au mouillage aux « Saintes »,  vient de constater avoir perdu la trappe de protection de son propulseur et n’ose plus trop naviguer ! Il devrait rejoindre « Pointe-à-Pitre » dans les jours à venir en l’attente d’une nouvelle pièce en provenance du chantier CNB.

Ce que j’adore le plus en cet endroit c’est qu’avec le crépuscule, tout se calme, tout s’estompe et tout vous invite au calme … c’est tellement bon. De surcroît, nous avons droit à la pleine lune qui brille comme un soleil.

Vendredi  02.

Ce matin, Ann a assisté à un spectacle hélas trop fréquent : le cata mouillé sur notre tribord, a voulu rentrer à la marina … sans tenir compte du banc de corail qui lui barrait le passage ! Madame à la barre, la manette de gaz à fond, le cata a pris de plein fouet la caye tandis que monsieur occupé à l’avant, était projeté sur le trampoline. Si le cata n’a pas sombré, il est fort à parier que les dégâts sont importants. On peut regretter que le « banc rose », pas plus que le « banc des couillons », ne soient aucunement balisés ! Ils sont repris sur les cartes mais …

L a question me taraudait depuis quelques jours : où était passé le double des clefs du bateau ?? En principe, il devait être dans le tiroir supérieur de la table à cartes mais après l’avoir vidé complètement, force était d’admettre qu’il ne s’y trouvait pas !!

Devant  l’importance de la question, nous nous sommes mis à sa recherche avec frénésie. Il en est résulté des tris et des mises en ordre que nous aurions dû entreprendre depuis déjà bien longtemps. En finale, nous avons obtenu la confirmation que nous l’avions oublié au chantier « Peake » de « Trinidad » …

Cela m’a permis de relever avec beaucoup de tristesse que j’avais terriblement grossi depuis notre départ  de Belgique (2010) comme en témoigne mes bermudas  de l’époque ! Ils sont quasi neufs et feront le bonheur d’un malheureux en « Dominique ».

Si j’étais prêt à me sacrifier en partant demain matin pour « Marie Galante » (22 milles), c’est la météo qui est venue à mon secours ! Comme le vent tourne totalement de direction pour le week-end, il est préférable de ne partir que lundi car cela risque de chahuter  sur le mouillage.

Samedi  03.

Ce matin, « WaveRiders » (le Lagoon 450 canadien qui nous avait reproché – à tort – d’être sur son ancre), a levé l’ancre sans problème pour se rendre à la marina (pour y faire le plein de fuel ?). Un peu plus tard, il revenait au mouillage et  jetait son mouillage tellement près de nous qu’en évitant, il s’est retrouvé à quelques mètres seulement de notre tableau arrière !

Fait exprès ou crétinerie ? Je pencherais pour la première hypothèse avec un gros soupçon de stupidité malgré tout. C’était madame à la barre (comme la plupart du temps car monsieur s’occupe généralement du mouillage) et cela ne nous étonnerait nullement de sa part … monsieur est trop effacé et nettement plus sympa.

Mais à vouloir nous enquiquiner, elle a placé son catamaran entre nous … et un autre voilier allemand qui ne demandait rien à personne en sorte qu’elle s’est retrouvée à quelques mètres de l’étrave de cet autre voilier !!!

La situation a perduré jusqu’en milieu d’après-midi et puis, tout d’un coup, « WaveRiders » a levé l’ancre pour aller la jeter approximativement à sa place initiale. Le plus amusant c’est que pour lever son ancre, elle a du manœuvrer sous nos regards ironiques … quel pied et quel soulagement.

« Wave Riders » a sans doute dû bouger pour permettre au voilier allemand de partir le lendemain matin tôt : le catamaran était manifestement sur son ancre et sa chaîne.

Histoire d’un peu se changer les idées d’autant que le ciel était fort maussade, nous sommes allés prendre un verre à la marina. Je voulais visiter les lieux mais un samedi après-midi, beaucoup de commerces étaient fermés et l’endroit peu accueillant … notre promenade tourna donc court.

Dimanche 04.

Je commence à en avoir un peu marre de l’endroit mais la météo n’est pas bonne pour aller aux « Saintes » en raison d’une houle de nord ouest qui secoue le mouillage comme nous le confirmera plus tard dans l’après-midi, « Asabranca ».

D’après les propos recueillis, beaucoup de bateaux dont « Broceliande », « Wink » ou encore « Asabranca », ont quitté le matin même, le mouillage pour la marina de « Pointe à Pitre » … ce qui nous a donné à penser que nous pourrions peut-être trouver dès le lendemain, une bouée libre à « l’îlet à Cabrit » (l’endroit est fort couru).

Vous n’aviez pas l’intention d’aller à « Marie Galante » ? Si, cela faisait partie intégrante de notre programme mais comme il y a 6 ans, la situation n’était pas idéale en raison de la houle: on mouille le long de la côte sans la moindre protection. Nous avions envisagé de faire un saut jusque là, de voir sur place et le cas échéant, de poursuivre sur les « Saintes » mais après être allés voir les copains à la marina, je me suis persuadé – avec raison – que si nous faisions cela, nous ne trouverions plus une seule bouée libre aux « Saintes ».

Lundi  05.

Pour 9 heures, nous avions quitté le chenal de « Pointe à Pitre ». La météo ayant annoncé 5 nœuds de vent, nous ne pensions pas lever la GV mais comme je suis méfiant par nature, nous avions tout préparé et nous l’avons hissée haut … il y avait 18-19 nœuds de vent réel ! Malheureusement, le vent a progressivement tourné de 180° sur notre arrière pour venir finalement de bâbord … en faiblissant jusque 8  nœuds. Difficile en ces conditions, d’échapper une fois de plus, au moteur.

Arrivés sur le coup de midi, il y avait déjà beaucoup de bateaux aux « Saintes ». A « l’îlet à Cabrit », il y  avait 4 bouées libres mais une était déjà  «réservée » (la manière la plus efficace consiste à y attacher son annexe, de se planquer pour éviter d’avoir à répondre aux questions embarrassantes, tout en gardant  un œil acéré sur la bouée au cas où un malotru …).

Dans les 10 minutes de notre arrivée sur place, toutes les bouées étaient prises d’assaut !!!

La prise de coffre ne s’est pas réalisée sans douleur en raison de la houle et d’une étrave très haute. Courageusement,  Ann a finalement sauté à l’eau pour finaliser l’opération et ainsi, nous avons pu nous passer de toute aide extérieure … qui de toute manière ne serait pas venue: nous avions beaucoup de spectateurs mais pas un seul ne serait venu nous aider avec son annexe …trop heureux du spectacle qui leur était offert.

Je m’étais déjà un peu énervé sur « Calypso » qui n’avait rien trouvé de mieux que de me raser l’arrière alors que je manœuvrais encore, tellement pressé de prendre le coffre juste à côté du nôtre.

Durant l’après-midi, le mouillage s’est progressivement calmé (cela roulait malgré tout pas mal) mais un soleil de plomb nous a littéralement cloués sur place ! Même pour mettre en place le prélart (taud de GV pour nos amis français), j’ai attendu le coucher du soleil !

La plupart des mouillages sur bouées ont cette particularité navrante que les bouées sont trop proches les unes des autres … du moins pour des bateaux de la taille de « S.A.S.³ ». Il est vrai que la taille maximale admise sur ce mouillage, était de 19.99 m … nous frôlions donc  l’exclusion avec 19.87 m !!

« Calypso » (deux mâts américain d’une cinquantaine de pieds) m’avait fait encore tiquer car son amarre à la bouée faisait facilement  5 à 6 mètres alors qu’il faut impérativement raccourcir cette longueur au maximum si on veut éviter que les bateaux ne s’entrechoquent pas (simple bon sens) !!!!

En début de soirée, en cherchant la meilleure manière de s’amarrer à la bouée sans entraîner des dégâts au bateau (cfr. mouillage à Sainte Hélène), je constate avec horreur que notre étrave passe à moins de 2 mètres  du tableau arrière de notre autre voisin (absent ): le vent était tombé et les bateaux tournaient dans tous les sens, sans aucune homogénéité.

Immédiatement, nous revoyons complètement notre amarrage qui m’avait paru parfait jusque là … et je m’inquiète une fois de plus de l’amarrage trop lâche de « Calypso ». Devant mon excitation, Ann se décide d’interpeller nos voisins en leur demandant, en anglais, de bien vouloir raccourcir la longueur de leurs amarres.

Après s’être retournés, ils ont tout simplement fait la sourde oreille …

Alors que je regardais la télévision, je surprends les lumières du cockpit de « Calypso » très, très près du bateau !!! Je sors dans le cockpit pour relever que la poupe de « Calypso » est à moins de deux mètres de notre flanc tribord, perpendiculaire à notre carré !

Par bonheur, « S.A.S.³ » ne bouge pas et  la situation perdure ainsi en cette position inconfortable.

Complètement effrayés par la situation qui pouvait très rapidement dégénérer, nous appelons « Calypso » qui fait la sourde oreille une fois de plus !! Comme je n’entends nullement  attendre stupidement que des dégâts soient occasionnés à notre bateau pour réagir, nous persistons dans nos appels au point que plusieurs autres bateaux du mouillage entendent mes appels et se manifestent.

Après 10 bonnes minutes, monsieur sort quand même la tête, observe la situation sans s’émouvoir et nous jette à la figure que son annexe (toujours à l’eau) fait un excellent pare-battage ! Il daigne malgré tout chipoter à l’amarrage de son annexe et va tirer sur ses amarres à l’avant … sans les raccourcir (cela nous ne le comprendrons que par la suite).

Face à cette situation, nous décidons de veiller toute la nuit, dans notre cockpit car la situation reste préoccupante : impossible de protéger le bateau avec des défenses car le heurt entre les deux bateaux pouvait se localiser n’importe où sur la coque selon les mouvements des deux bateaux !

Je ne me voyais plus quitter notre cockpit tant que nous aurions un malotru comme « Calypso » comme voisin … or, il était arrivé quasiment en même temps que nous ! J’étais donc bien décidé à fuir l’endroit mais nous avions déjà payé pour la semaine (90 €) et nous étions venus aux « Saintes » pour plonger. Les autorités de l’île accepteront sympathiquement de nous rembourser sous déduction d’une nuitée.

Choisir une autre bouée ? Non seulement, il fallait encore en trouver une de libre mais le même problème pouvait surgir avec un autre bateau plus grand, par exemple.

Jeter l’ancre ? C’est ce que « Wink » a bien été obligé de faire lors de son passage mais pas très tentant au vu de l’importance des fonds (-25 m)… et puis, et puis, il y avait surtout cette nuit blanche à  tenir en sachant que le problème n’allait pas se résoudre avec le lever du jour.

Une autre solution ? Il y a toujours une autre solution et nous les avons évoquées mais j’en avais plus que marre de me faire emmerder à répétition et je regrettais quasiment depuis notre départ, d’avoir quitté la « Martinique » ! Aussi lorsque Ann a fait état d’une météo calme et a proposé de partir sur le champ pour la baie « Sainte Anne », la décision fut vite prise.

Tout cela me valut un bain de minuit car nous avions placé une bouée ronde sur la bouée du mouillage pour éviter que cette dernière ne frappe bruyamment la coque. Il m’a fallu du courage pour me mettre à l’eau d’autant que cela remuait pas mal à nouveau …

Mardi  06.

Pour éviter d’avoir à franchir de nuit, la « Passe du Sud », nous avons contourné largement « Terre de Bas ». La mer était belle, le vent faible et la lune brillait. Très rapidement, nous avons retrouvé notre sérénité convaincus que notre merveilleux voilier nous amènerait en douceur, à bon port … malgré notre fatigue.

Alors que nous nous laissions bercer par le bruit du moteur, nous avons entendu un bruit répétitif assez fort venant de dessous de la coque, du côté tribord ! Quelques minutes plus tard, un bruit de frottement comme si ce qui nous avait heurté, se dégageait brutalement. Il  pourrait s’agir d’un gros flotteur ! Nous avons connu une expérience semblable dans le « détroit de Torez » (nord de l’Australie). La coque ne présente pas le moindre dégât … j’ai été vérifier.

Pourquoi ne pas s’être arrêté sur le retour, à « Portsmouth » (Dominique) ? Pour cela, il aurait fallu que nous fassions notre clearance de sortie aux « Saintes » et donc, attendre le jour et mettre à l’eau notre annexe ! Dans les îles françaises, nul besoin d’avoir une clearance de sortie de l’endroit d’où l’on vient puisque l’enregistrement se fait par ordinateur sans passer par un poste de douane.

Au lever du jour, nous avions atteint le sud de la « Dominique ». Il nous a fallu slalomer dans un lot de billes de chemin de fer sans doute échappées d’un cargo !

Dans le canal, le vent était un peu plus fort et la mer un peu plus agitée mais rien qui nous poussa à mettre la toile. Au vu de notre expérience lors de la traversée « Curaçao – Martinique » en 2016, nous avions préparé le bateau si nous avions à hisser les voiles.

Assez étonnamment, il n’y avait guère de plaisanciers en mer jusqu’à hauteur de « Fort de France » (Martinique) alors qu’ils étaient si nombreux à nous emmerder sur le trajet  aller …

En arrivant sur le « Diamant », nous avons eu droit à une mer agitée (vent contre courant ?) mais celle-ci  s’est calmée au fur et à mesure que nous approchions de la baie « Sainte Anne ». Le mouillage semblait surpeuplé mais à l’examen, on constatait de nombreuses « trouées » … et c’est dans un de ces trous que nous avons jeté la pioche.

Ce que j’ai apprécié le plus en arrivant, c’était la profonde sérénité du mouillage : pas de vague, pas de houle, pas de fetch, un vent juste présent … et pas de pluie (elle est arrivée plus tard dans la nuit). Cela faisait tellement de bien d’être à nouveau, de retour « chez soi ». Il  faut souvent avoir perdu un certain confort pour mieux l’apprécier.

Ce que je retiens de l’aventure ? Tout d’abord que ce fut un énorme fiasco (beaucoup, beaucoup trop de moteur), que les plaisanciers sont décidément en surnombre dans les Antilles et que dès lors, un peu plus de règlementation ne serait pas une mauvaise chose … pour autant bien entendu qu’il y ait une autorité pour la faire respecter. On peut déjà regretter que le préposé qui est venu au mouillage des « Saintes » pour encaisser le péage, n’en aie pas profité pour faire la police en imposant à « Calpyso » de raccourcir ses amarres à l’avant et en s’assurant que nous ne dépassions pas la longueur maximale admise …

Il y a 6 ans, je n’ai pas beaucoup aimé la « Guadeloupe ». Aujourd’hui, j’espère de ne plus jamais avoir à  y remettre les pieds …

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