Publié par : Ann & Stéphane | 2 mars 2018

19 au 28.02.2018 … départ sur la Guadeloupe (120 milles).

Lundi  19.

Sainte Anne – Martinique.

Il fait tempétueux (environ 25 nœuds), beau et moche à la fois : alternance du soleil et de grains. Si « Asabranca » semble assez mal supporter ces conditions climatiques, nous ne nous plaignons pas même si comme tout un chacun, nous attendons une amélioration sensible et surtout, durable.

Comme nous avions descendu hier notre annexe, nous ne l’avons pas descendue aujourd’hui et nous avons farniente. Aujourd’hui , nous avons retrouvé un périmètre de sécurité autour du bateau nous assurant du même coup, une tranquillité bien agréable.

Mardi  20.

Du côté du ciel … pas de changement même si tous les jours, l’amélioration des conditions climatiques est annoncée et attendue. Finira bien un jour où le vent s’apaisera enfin …

A 8 heures (du matin …) nous étions au débarcadère de « Sainte Anne » : Grégory et Liria de « Wink » que nous avons croisés, n’en ont pas crû leurs yeux ! Non, résolument non, ce n’était pas un problème de réveil mal réglé mais tout simplement un rendez-vous avec un responsable de la société « Securidom » pour la livraison de nos cinq nouveaux extincteurs (validité 10 ans mais un peu plus de 100 € l’extincteur !).

Lorsque nous avons fait expertiser notre bateau, le problème de la date de validité de nos extincteurs a été mis sur le tapis et nous ne pouvions laisser décemment les choses en l’état.

Ensuite, nous avons été au « Marin » réaliser diverses courses ainsi que de l’avitaillement au « Leader Price ».

Mercredi  21.

Décidément du côté de la météo, cela ne s’arrange pas. J’ai même le sentiment que le vent se renforce chaque jour davantage ! En tous les cas, depuis hier soir, les grains s’égrènent les uns à la suite des autres. Cela n’empêche personne de bouger ou de circuler en annexe et pourtant …

Il y a quelques jours c’était un superbe voilier à 4 étages de barres de flèche, l’autre jour , un catamaran de location et aujourd’hui, un voilier de voyage qui s’échouaient sur le même banc de corail !! Décidément, il faudrait rappeler à tous ces insouciants que le système de balisage est inversé par rapport à celui que nous connaissons en Europe à savoir que les bouées vertes sont à gauches et les rouges, à droite. C’est pas très compliqué même si je comprends que cela surprend mais bon Dieu, regardez vos cartes.

A l’heure du midi, nous étions invités à l’apéro sur « Laurence » de Didier & Yvette en compagnie de « Asabranca » de Bernard & Jeanne. Nous avons bavardé agréablement tandis que l’un et l’autre grain s’escrimait à secouer le mouillage.

Du côté de chez « Wink », un problème de pilote automatique le clouait à la baie « Sainte Anne ».

Jeudi  22.

Pas de changement de la météo … beurk !

J’ai été déposé Ann au fond de la baie … bon moyen de raccourcir le trajet jusqu’à la société de location de voitures. Comme la fois passée, l’annexe a été prise dans un rouleau et s’est mise en travers menaçant de se renverser, Ann est descendue trop tôt et la pauvre a son short détrempé sur tout le bas.

Rentré au bateau, j’ai farniente gentiment. Je serais bien parti avec Ann jusque « Genipa » (centre commercial) mais depuis que nous avons un nouveau cover sur notre annexe, nous faisons encore plus attention qu’auparavant et le moment était mal choisi pour l’abandonner au débarcadère avec la houle qui agitait le plan d’eau.

Sans surprise, les grains se sont succédés aux grains … en alternance avec des périodes ensoleillées. C’est cela les « Antilles » en cette saison.

Bien que son pilote automatique de secours ne soit pas réparé, « Wink » a quitté le mouillage pour la « Grande Anse d’Arlet » (15 milles) avant de poursuivre sa navigation jusqu’à « Saint Martin » d’où il devrait repartir pour  la Méditerranée.

Les bras très chargés, Ann a réintégré le bateau en début d’après-midi.

Et les moustiques m’a-t-on posé comme question. Il est vrai que cet insecte particulièrement nuisible, fait partie intégrante de toute vie près de l’eau mais, ici en « Martinique », c’est un fléau que nous ne connaissons pas !!!!!!!

Sans doute, sommes nous ancrés trop loin de la côte pour en connaître les désagréments d’autant que le vent souffle en tempête mais même à terre sauf juste à la tombée de la nuit, pas trace du moindre moustique. Evidemment, il faut se méfier des « nonos » ou « puces des sables » qui bien qu’invisibles, sont particulièrement agressives et voraces. On les retrouve près des plages.

Au bateau, nous avons sans doute un moustique ou deux qui se font extrêmement discrets jusqu’au moment où ils vous piquent, mais nos moustiquaires restent constamment ouverts.

Vendredi  23.

Selon mes calculs, vu la quantité incroyable de flotte que nous avons déjà pris sur la poire ces dernières semaines, la « Martinique » devrait connaître dans les jours à venir, une période d’aride sécheresse.

Au niveau des « news » … cette nuit, un catamaran (plus que vraisemblablement de location … le cancer de la plaisance) est arrivé vers 1 heure du matin sur le mouillage et a ancré tout devant. Mauvais ancrage, vent  fort, il a dérapé sur un autre catamaran dont il a éraflé le gelcoat … pour aller ensuite s’ancrer derrière nous, selon la victime (brrrrrr). Ce matin, il avait disparu avant même qu’elle n’aie pu recueillir ses coordonnées … on retrouve en mer, les mêmes comportements asociaux que sur terre que cela en est affligeant.

Du côté de chez « Wink », à la « Grande Anse d’Arlet », ce n’est pas la joie car non seulement, ils connaissent les affres du vent comme chez nous  (+/- 25 nœuds) mais de surcroît, la houle s’est mise de la partie ! Selon Grégory … c’est « infernal ». Quand je pense que sur base de notre expérience récente, j’étais tenté d’ aller nous y « abriter » …

« Wink » ira finalement se réfugier à « Fort de France ».

Alors que la particularité du vent d’aujourd’hui, est de souffler de manière constante sans le moindre   grain, les bateaux affluent  tout autour de nous comme si nous étions le centre d’intérêt de tout le mouillage …

Nous avons ainsi eu droit à « Lutine » battant pavillon belge (!) avec à son bord, trois papys barbus. Que faisaient-ils dehors sur un si petit voilier par une telle météo ?? J’ai pensé avertir leur maison de retraite que nous les avions retrouvés …  Comme si la situation n’était pas suffisamment cocasse, ils avaient pris un bout dans leur hélice (ce que nous n’avons compris que plus tard), l’ancre pendouillait lamentablement et le génois semblait ne plus vouloir s’enrouler … un peu le tableau du radeau de la méduse, version actuelle.

Les papys barbus nous sont passés sous génois, sur l’arrière que j’aurais pu leur signer un autographe … pour s’ancrer juste sur notre arrière tribord c’est-à-dire bien trop près de nous, une fois de plus. Devant leur situation bordélique, nous nous sommes abstenus d’en rajouter en leur faisant une remarque.

Quand j’ai vu le skipper se mettre à l’eau pour débloquer son hélice, j’ai eu l’intention de lui proposer mon aide car c’est d’un plongeur dont il avait besoin. J’ai hésité trop longtemps en sorte qu’il s’en est tiré tout seul. Ne dit-on pas que c’est l’intention seule qui compte …

Ravis de constater que son moteur tournait à nouveau parfaitement, nous étions persuadés qu’ils allaient repartir pour ancrer plus près du débarcadère ce qui n’aurait été que « logique » quand on ne dispose que d’une minuscule annexe avec un moteur 2 CV. Mais quand la cervelle se ramollit, allez leur parler de « logique » …

Un peu plus tard, c’était un Oyster 485 battant pavillon anglais qui ne trouva rien de plus intelligent que de vouloir jeter l’ancre entre nous et notre voisin bâbord … l’encerclement aurait été parfait ! Si je n’ai pas dit un mot, j’ai fait un petit signe signifiant de s’éloigner de nous mais notre susceptible plaisancier l’a visiblement traduit par « casse-toi ».

En m’invectivant au passage, il est parti aller emmerder d’autres plaisanciers. Qu’est-ce qu’il a dit ? Je n’en ai pas compris un mot et je me suis félicité de ne pas parler anglais … comme quoi c’est parfois une bonne chose.

Samedi  24.

Nous sommes à la veille d’une splendide semaine calme et reposante et pourtant, tous les indicateurs sont toujours au jaune. Difficile de croire que demain devrait être le début d’un revirement de la météo … à moins que le retour des grains n’en soit un signe !

Nous pensions aller plonger vendredi puis aujourd’hui mais le cœur n’y était pas ou plus ! Peut-être demain à moins que nous ne partions pour la « Guadeloupe » … Dès que la météo se présentera sous un jour plus favorable, nous avons l’intention de remonter jusque là, histoire de changer un peu d’horizon.

« Broceliande » est venu s’ancrer derrière nous mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de nous entretenir avec Toto, son propriétaire, que nous connaissons.

Dimanche 25.

Et le miracle fut !! Contre tous mes pronostiques, le calme est revenu sur le mouillage. On ne peut pas dire qu’il n’y a plus de vent mais on est redescendu en-dessous des 20 nœuds et cela fait un bien fou. Du même coup, le plan d’eau a retrouvé son petit air sympathique qui incite à la baignade.

Du côté des plaisanciers, il s’agit du grand exode si on en juge par la file qui s’est formée chez « Bou-bou » pour l’enregistrement  des clearance de sortie (cela a été la file toute la journée …) !

En ayant le projet de partir le lendemain pour la « Guadeloupe », cela nous a coupé curieusement les ailes pour faire quoi que ce soit ! Nous nous sommes donc concentrés en nos lectures respectives.

Lundi 26.

La journée « spéciale » par excellence ! Cela a commencé par le « Marin » où arrivé devant le ponton fuel, nous avons appris que les tanks étaient vides depuis la veille et que le camion de ravitaillement était toujours au dépôt … « cool, you are in Martinique ».

Après quelques hésitations, nous avons décidé de partir malgré tout car nous avions encore 800 litres dans nos tanks.

A la sortie du mouillage, nous avons été cueillis comme à chaque fois, par une houle de travers qui fait rouler joyeusement  les bateaux d’autant que le vent vient invariablement de l’arrière. Rien de plus énervant d’autant que pour éviter le balancement intempestif de la bôme, nous avons voulu prendre deux ris …

Cela fait depuis des mois que nous sommes conscients qu’il  y a un problème avec notre seconde bosse de ris (l’écoute se tortille sur plusieurs tours juste à hauteur de la poulie de GV) mais une fois au mouillage, nous ne trouvons jamais le courage de tenter d’y remédier.

Bien évidemment, cette fois, la prise de ris se révéla plus catastrophique que les autres fois en sorte que nous avons tout affalé … jusqu’à mouiller à la « Petite Anse d’Arlet » ! Difficile de travailler dans la bôme lorsque le bateau navigue …

Comme la poulie Harken à hauteur de la chute de GV ne semble pas être la cause de notre problème, nous avons changé purement et simplement l’écoute de la bosse de ris en utilisant notre ancienne drisse de GV.

Nous aurions pu décider de faire halte là au moins pour la nuit mais cela roulait pas mal alors qu’il n’y avait pas de houle ! Nous sommes donc repartis alors que « Asabranca » arrivait justement à notre hauteur !

Si notre nouvelle bosse de ris fonctionne à merveille, nous étions cernés de minis grains de tous les côtés : beurk ! C’est donc sous la menace permanente d’un grain que nous avons atteint le mouillage de « Saint Pierre ».

Nous savions qu’il n’était pas protégé mais nous n’aurions pas cru que nous allions rouler comme cela. Nous avons connu bien pire à la « Grande Anse d’Arlet » mais tout de même …

Perso, je n’ai pas reconnu le mouillage où nous étions restés deux ou trois jours, il y a 6 ans. Le plus surprenant reste que l’on passe de -30m à -10m en quelques mètres seulement. Il n’est pas aisé de trouver une place mais depuis notre passage, les bateaux ont tendance à ancrer à 1 ou 2 milles vers le Sud et c’est ce que nous avons fait avec bonheur : il y a plus de place disponible. Je me suis mis à l’eau pour vérifier notre ancrage mais la visibilité ne permettait  pas de voir le fond !

Bien évidemment, il était trop beau que pour une fois, un crétin ou l’autre ne vienne pas ancrer trop près de nous. Cette fois-ci, il s’est agi d’un vieux 3 mâts canadien. Toute la fin de journée et le début de nuit , je me suis posé la question de savoir si les deux bateaux ne pouvaient pas se heurter en évitant … d’autant plus que les occupants du 3 mâts s’étaient mis aux abonnés absents : pas le moindre mouvement à bord, pas une seule loupiotte, pas un bruit, un vrai bateau fantôme !

Si le mouillage n’était pas si rouleur et surtout,  si  je n’avais pas eu à me tracasser de la présence du 3 mâts, l’occasion aurait été belle de plonger sur les épaves signalées par une bouée distante à quelques encablures seulement du bateau. Peut-être au retour …

Mardi  27.

Nous avons quitté le mouillage pour 7.30 heures à la suite de cinq autres voiliers dont « Asabranca » et du catamaran américain avec ses mâts « ailes ». De prime abord, j’étais assez curieux de voir comment ce dernier naviguait mais lorsque ce paysan s’est mis à couper notre route juste sur notre arrière pour ensuite nous remonter au plus près, en prenant notre vent, pour terminer de nous couper la route sur notre avant, ma curiosité a fait place à la colère : il n’y a décidément plus moyen de naviguer en paix !

Si ce paysan souhaitait faire la régate avec nous, il était parfaitement inutile de venir nous faire la danse du scalp en plein grain, pour repartir ensuite à notre horizon bâbord qu’il aurait mieux fait de ne jamais quitter.

Assez curieusement, je n’ai observé aucun réglage à bord du catamaran : qu’il soit au moteur, à la voile, par petit ou gros vent, ces deux génois tangonnés étaient déroulés et bordés à fond ! Très drôle de machine d’autant plus que le bateau me faisait penser à un « shaker » tant il était secoué par les vagues … il aurait dû s’appeler « Orangina ».

Après les caprices du « canal » et de ses grains (21 nœuds, au maximum), ce fut la superbe pétole jusqu’à « Portsmouth » situé à l’extrémité nord de la « Dominique ». Ce dernier tronçon m’a paru d’une longueur interminable. A la voile, le temps passe toujours trop vite mais au moteur, le temps s’égrène avec une telle lenteur.

A l’approche du mouillage, une barque rapide est venue nous souhaiter la « bienvenue en Dominique ». Je suis un peu honteux de mon accueil très réservé mais j’étais convaincu qu’une fois de plus, nous avions droit à un « comité d’accueil » embarrassant comme trop souvent dans ces îles pauvres.

Au mouillage, j’ai compté une petite cinquantaine(!) de bateaux de plaisance alors que selon certaines sources, plus aucun plaisancier n’osait encore s’ancrer sur l’île … il faut croire que le message est bien passé depuis lors. Joie.

Le mouillage comporte de nombreuses bouées jaunes mais sur un fond de -11m, nous avons préféré jeter l’ancre. Après vérifications, j’avais le déplaisir de relever que notre ancre s’était seulement calée derrière une patate de corail peu élevée mais assez étendue. Si nous étions restés plus longtemps, j’aurais mis une bouteille sur le dos pour remédier à cette situation « délicate » mais pour une nuit sans vent …

Un peu rouleur le plan d’eau mais plein de charme malgré tout. Sur le retour, nous nous y arrêterons sans doute un peu plus longtemps.

Mercredi  28.

Si nous sommes partis dans la grisaille (la baie baignait dans des nuages bas chargés d’eau), une fois l’île derrière nous, nous avons eu droit à un grand et beau soleil, une mer calme et un vent malheureusement trop faible (moins de 12 nœuds)  que pour rejoindre « Pointe-à-Pitre » (Guadeloupe – 38 milles) à la voile. Autant dire que le trajet m’a paru une fois de plus, fort long et que j’ai été soulagé d’enfin arriver …

Ce fut un peu la cafouille pour embouquer le chenal réservé aux cargos (pour les voiliers, il y a quasiment de l’eau partout et il est inutile de suivre le chenal mais par prudence quand on n’est pas du coin …).

Grâce à la cartographie Navionics  contenue dans l’Ipad de Ann, nous avons été en mesure de comprendre que notre carte MaxSea n’était plus du tout à jour et que le tracé du chenal avait été complètement modifié !!!!

Après avoir fait le plein de fuel (1.276 litres à 1,240 €/l) à la marina, nous sommes ressortis ancrer de l’autre côté du chenal. A notre plus grande surprise, j’ai compté une petite quarantaine (!)  de bateaux de plaisance : il y a 6 ans, je me suis désolé que la « baie des Cochons » était sinistre (cela n’a pas changé depuis …), que l’ancrage était délicat (c’est de la vase bien grasse et il faut laisser le temps à l’ancre de s’enfoncer avant de faire marche arrière) et que l’endroit était désert !

Nous pensions mettre l’annexe à l’eau pour réaliser notre clearance d’entrée mais n’ayant aucune assurance quant à notre mouillage, nous avons préféré rester à bord ce qui nous  a permis de recevoir les doléances de nos voisins canadiens qui étaient persuadés que nous étions sur leur ancre parce que lorsqu’ils sont arrivés, le vent venait d’une autre direction : quand il y a du vent, les bateaux pointent vers le large mais en l’absence de vent, ils pointent vers la marina !

L’eau est trop trouble pour y voir quelque chose mais vu l’écart entre les deux bateaux, il est peu probable que nous soyons au-dessus de leur ancre et le cas échéant, nous bougerons en conséquence le moment venu.

Peu de temps après, un voilier norvégien jetait l’ancre assez (trop) près, sur notre avant bâbord …

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :