Publié par : Ann & Stéphane | 22 juin 2017

31.05 au 13.06.2017 – Traversée de nuit, sur Trinidad: 86 milles.

Jeudi  31.

Comme tout le monde semble le faire, nous avons rempli et adressé aux « Coast Guard » de « Trinidad », le formulaire ad hoc précisant notre heure de départ et d’arrivée estimée ainsi que notre plan de route. Cela sert-il à quelque chose ? Nous l’ignorons superbement car nous n’en avons eu aucun retour. N’est-ce pas dangereux ? Il est certain que si parmi le personnel des « Coast Guard », il y a un ripou, l’information pourrait aboutir en de mauvaises mains. Aussi, nous sommes restés très vague sur notre plan de route …

A 16 heures, « Karma of East » prenait tout le monde de court, en partant sans crier gare ! « Minnie B » partait à 16.30 heures comme annoncé tandis que nous étions surpris de relever que nous n’étions finalement que trois bateaux à partir !!!! Au vu des mouvements des annexes durant la journée, j’avais cru que nous serions toute une petite flottille …

Nous avons perdu beaucoup de temps  à vouloir prendre deux ris dans la GV avant de mettre le nez dehors en raison d’un ris qui avait la fâcheuse tendance à s’emberlificoter là où il ne fallait pas. J’ai même pensé un moment que nous serions contraints de postposer notre départ ! En finale, j’ai dû monter en catastrophe dans la bôme alors que la GV était à moitié montée, pour défaire un véritable plat de spaghettis !

Il était 17 heures lorsque nous sommes enfin sortis de la baie. Le vent  réel était soutenu (14 à 17 nœuds) et la mer était relativement calme. Dès les premiers milles, nous sommes partis au près (50°) et à contre courant pour éviter d’avoir à lutter constamment contre une dérive latérale qui aurait placé le bateau en-dessous de la ligne idéale et à terme, dans une zone connue pour diverses attaques de pirates …

Les 30 premiers milles furent idylliques : il faisait doux, le bateau marchait à 8 nœuds dans l’eau (on avait le sentiment que rien ne pouvait l’arrêter alors que nous avions 2 ris dans la GV et que le génois n’était déroulé que du minimum : tout bonnement, incroyable) et l’obscurité n’était pas totale en raison d’une demi lune.

C’est avec l’arrivée du premier grain que cela a commencé à se gâcher : le vent s’est montré beaucoup plus instable en sorte qu’on ne savait plus très bien s’il fallait ou non renvoyer de la toile après le passage du grain. L’obscurité était à nouveau plus intense (Madame la Lune s’était couchée) et pour notre plus grand malheur, il y avait beaucoup de monde sur l’eau … mais comment reconnaître un « affreux pirate » d’un « honnête bateau » vaquant à ses occupations ?

Pour des raisons de sécurité, nous avions tous les trois, coupé nos AIS et notre Active Echo n’avait pas été mis en route. Aussi incroyable que cela puisse paraître mais naviguer sans ces instruments … c’est un peu comme retourner à l’âge de pierre ! Plus moyen de savoir si le point lumineux que nous apercevions, était un « gentil » ou un « méchant ».

C’est même à un tel point que nous avons stressé tout un moment, en constatant qu’un point rouge nous suivait à la trace !!! Ce n’est que le lendemain matin que nous avons compris qu’il s’agissait de « Minnie B » que nous avions dépassé dans les premiers milles et que nous avions perdu de vue !!! Le plus drôle c’est que lui savait qu’il nous suivait car il paraît que nous avons un mât qui se remarque de loin ! Va peut-être falloir le descendre pour la traversée de retour en novembre …

Seul gros bémol : notre hélice tripale Maxprop n’a pas voulu se mettre en drapeau (sans doute en raison d’un bout pris dans l’hélice) en sorte qu’elle tournait à tout berzingue (bruit et vibrations) !!!  J’ai eu beau essayer la marche avant, la marche arrière, arrêt alors que l’hélice tourne encore etc. le problème ne s’est jamais solutionné  … et je me voyais mal stopper le bateau pour aller jeter un œil à  l’hélice !

Jeudi  01.

Durant la nuit, nous avons encore eu droit à deux autres grains dont le dernier fut assez violent avec une pointe de vent à 30 nœuds nous obligeant à rentrer en catastrophe le génois ! C’est assez effrayant quand vous voyez votre anémomètre grimper rapidement sans donner l’impression qu’il va s’arrêter à un moment donné. Entre-temps, « Minnie B », à quelques milles de là, échappait à tous les grains !!!!

Selon notre carte MaxSea, il n’y a qu’une seule plate-forme pétrolière sur zone alors que dans la réalité, il y en a trois : c’est LA zone à éviter pour cause de piratage. Vous imaginez notre tête lorsque nous avons calculé notre route pour passer à plus de 13 milles de la plate-forme pétrolière et que nous la retrouvons à seulement 5 milles !!!!

De surcroît, ne pensant pas avoir à faire à une seconde plate-forme pétrolière, nous l’avons prise pour un gros chalutier de pêche … et comme pour faire monter la sauce, subitement notre VHF a commencé à cracher en espagnol ! Au secours, maman, j’ai peur.

Une fois les plates-formes  pétrolières dépassées, nous avons pu obliquer vers « Trinidad ». Si le courant nous était cette fois, théoriquement plus favorable, nous avons très vite déchanté et avons été contraints de reprendre notre marcher en crabe !

Au lever du jour, nous avions en vue deux autres voiliers sur notre avant tribord !!!! Nous nous sommes longtemps demandé qui cela pouvait-il bien être … jusqu’à rompre le silence radio et apprendre du même coup qu’il s’agissait de … « Karma of East » et de « « Minnie B » !!!

Comment était-ce possible alors que nous les avions dépassés tous les deux, en force, en début de nuit ? Nous apprendrons par la suite que nos deux copains ont coupé court par les plate-forme pétrolières et se sont  aidés du moteur pour compenser un courant latéral assez fort selon eux. En finale, nous sommes arrivés  juste à la suite de « Karma of East » et bien avant « Minnie B ».

Nous avons atteint la côte de « Trinidad » pour 08.10 heures très précisément. Si nous étions arrivés avant 08 heures soit l’heure d’ouverture des bureaux de l’immigration, nous aurions dû payer une surtaxe de 61$ !!!  N’importe quoi.

« Karma of East » nous servant de guide, il nous a fallu une petite heure pour rejoindre la baie de « Chaguaramas » où se situent tous les chantiers, une marina ainsi que les bureaux de l’immigration et des douanes.

En cours de navigation, nous sommes passés devant une base des « Coast Guard » où pas moins de sept unités étaient amarrées !!! A quoi sert de se doter d’une telle flottille si elle passe le plus clair de son temps, au ponton ? Quand on sait que l’économie locale a fort souffert de la réputation d’insécurité qui a été faite à l’île suite à deux attaques de plaisanciers, en décembre 2015, par des pêcheurs vénézuéliens, on peut se poser la question de savoir ce qu’il leur faut pour se magner un peu le cul !

Une des premières choses que nous avons réalisée en arrivant, fut de « déterrer » tous les objets de valeur que nous avions planqués un peu partout dans le bateau en prévision d’un éventuel abordage durant la nuit …

Le quai des douanes étant situé dans le fond de la marina, nous avons préféré nous y rendre avec l’annexe après avoir pris une bouée juste devant le « chantier Peake ». L’étrave de « S.A.S.³ » étant trop haute pour attraper solidement la bouée, nous avons réalisé la prise de coffre au départ de la jupe arrière et ce faisant, nous avons griffé outrageusement la peinture de l’aile arrière bâbord !  Heureux que j’étais mais heureux que j’étais  …

Après les formalités d’entrée sur l’île (Ann a rempli un nombre incroyable de documents … avec copie au carbone bleu), nous sommes retournés au bateau et nous nous sommes mis en peine de commencer à prendre contact avec tous nos corps de métier ! Il ne faut pas confondre « refit » qu’on réalise une fois tous les cinq à dix ans avec une « simple maintenance » qu’on réalise toute l’année ! En le cas d’espèce, il ne s’agit que de simple « maintenance » …

En fin d’après-midi, nous allions luncher au restaurant « Zanzibar by the sea»  situé sur le chantier … avant de nous affaler sur notre lit.

Vendredi  02.

Vers 3 heures du matin, je me suis réveillé pour commencer la rédaction de mon nouveau « bouquin » !! En fait, nous avons trouvé  Marc  de « Dynamite » qui parle parfaitement français et à qui nous avons confié la supervision de tous les travaux sur le bateau, durant notre absence : plus question de connaître l’enfer que nous avons connu l’année passée, au chantier de « Curaçao » ! Aussi pour l’aider en sa mission, j’ai attaqué la rédaction d’un mémento « détaillé » …

Pour 10 heures, nous quittions notre bouée pour prendre un emplacement au « dock privé » du « chantier Peake». Si nous avons perdu cette notion de liberté que nous apprécions tellement au mouillage, nous avons trouvé de l’eau (déconseillé de faire fonctionner le déssal dans l’eau mazoutée de la baie) ainsi que de l’électricité (impossible de vivre sur le bateau, sans airco tellement il fait chaud et humide … on se croirait de retour dans le SE asiatique) et cerise sur le gâteau, comme le bateau est amarré à un ponton, nous ne connaissons plus aucune coupure dans notre liaison satellitaire (TV) !

Nous avons fait le tour du monde en sorte que nous avons un assortiment incroyable de prises électriques et malgré cela, nous n’avions pas la prise électrique adaptée à la marina de « Peake » !!!!

Un peu avant midi, Marc de « Dynamite » venait au bateau avec le premier technicien. Après le départ du technicien, il avait droit à la visite « détaillée » du bateau.

Dans le courant de l’après-midi, nous avions la visite surprise de Norma & Phil de « Minnie B » qui étaient partis la veille, mouiller leur bateau dans une autre baie plus tranquille, la « baie du carénage »,  pour la durée du week-end.

Alors que nous aspirions à une soirée paisible, nous avons connu des coupures d’électricité à répétition probablement causées par la mise en marche du lave linge alors que l’airco fonctionnait. Nous avons donc arrêté temporairement l’airco pour que le lave linge puisse terminer son cycle.

En fin de cycle, une alarme retentissait indiquant que l’évacuation d’eau était bouchée !!!  Malgré toutes nos investigations, nous n’avons rien trouvé d’anormal mais par prudence, nous avons arrêté la machine. Un peu plus tard, c’était l’airco qui commençait  à déconner !!!

Après quelques essais, nous avons compris que le problème provenait de l’électricité du ponton : pour preuve, avec le GE, nous n’avions aucun problème ni avec le lave linge, ni avec l’airco !

Samedi 03.

Nous commençons à entrevoir que chaque matin, c’est grand soleil mais qu’à partir de midi, c’est couvert avec averses possibles. Nous sommes au début de la saison des pluies : de juin à décembre. Il en résulte que si pouvons demander au chantier de réaliser de petits  travaux de peinture, il est totalement exclu de penser repeindre toute la coque du bateau avant février …

Vu sous le soleil, « Trinidad » est une île verdoyante et superbe. Nous n’avons pas le sentiment d’insécurité tant décrié … mais nous n’en sommes qu’au début de notre séjour.

Dans la baie de « Chamaguaras » où se trouvent regroupés tous les chantiers (du petit bateau de pêche … à l’immense cargo sur dock flottant), le plus grand désagrément provient de la vitesse totalement inadaptée des bateaux qui y circulent. Il en résulte de formidables remous qui font danser les bateaux, toute la journée.

Si ce n’était par nécessité, nous serions allés ancrer dans une des splendides baies que nous avons vues en arrivant. L’île mériterait également d’être visitée mais nous n’en avons pas le temps : tout doit être discuté et décidé avant notre départ prévu pour le mardi 13 juin.

Dimanche 04.

Une journée sans pluie … plutôt extraordinaire mais toujours la bienvenue. Mais comme les précédents jours, la chaleur humide d’un côté et un plan d’eau très agité d’autre part, me donnent envie de m’enfuir à toutes jambes de cet endroit !

A tout vrai dire, j’ai trouvé un nouveau motif de m’exciter : le nombre de crétins à moteur  qui passent et repassent  à fond les manettes juste pour le plaisir de faire des vagues, est incroyablement plus élevé le dimanche que les autres jours … encore qu’ils ne se défendent pas mal durant la semaine. Si seulement j’avais des filets à jeter dans les hélices ou un peu de sucre à verser dans les réservoirs …

Nous avons profité de notre journée pour réaliser divers petites travaux utiles dont peaufiner mon « mémoire » et l’envoyer à  Marc de « Dynamite », ne fut pas le moindre. Nous n’avons pas l’internet à bord car sinon, il nous faudrait faire l’acquisition de nouvelles cartes Sim et nous ne restons pas assez longtemps pour que cela en vaille la peine. Il s’agit également d’un bon prétexte pour aller manger un morceau au restaurant « Zanzibar by the  sea» qui surplombe quasiment notre bateau.

Lundi  05.

Tout ce qui n’est pas tombé hier … tombe aujourd’hui. Cela me donne froid dans le dos à l’idée que nous avons l’intention de commander divers travaux de peinture !

L’électricien de la marina est passé  voir le problème électrique de notre borne mais manifestement, il n’avait pas envie de se fatiguer : le problème venait d’abord, du fait que nous étions en fin de ligne (!) mais prendre une borne un peu moins éloignée ne changerait rien selon lui … ensuite, le problème provenait du fait que la première partie de notre fil électrique était trop mince (!) mais changer le tronçon trop mince ( +/- 1 m.) ne changerait rien selon lui … en finale, la borne électrique n’était pas suffisamment puissante mais il ne nous a pas expliqué pourquoi dans un premier temps, cela fonctionnait parfaitement !

Nous en sommes donc réduits à mettre le GE pour avoir de l’airco ou faire marcher une machine. Par contre, curieusement , lorsque les quatre chargeurs pompent en même temps, cela ne pose pas de problème ! Allez vous y comprendre quelque chose …

Profitant d’une belle accalmie, nous avons eu droit à la visite du technicien pour l’entretien annuel de notre annexe. Si nous avons bien compris, l’annexe restera sur le tarmac du chantier où il procèdera aux travaux :  beaucoup trop compliqué de désolidariser le moteur … de l’annexe. Reste maintenant à savoir comment procéder pour amener l’annexe sur le tarmac ! Une fois le bateau sorti de l’eau, la hauteur est trop importante pour encore pouvoir descendre l’annexe jusqu’au sol !

« Si tu ne viens pas à Lagardère … Lagardère viendra à toi » : c’est exactement ce que nous avons fait avec  Marc de « Dynamite » et il s’agissait d’une excellente initiative de notre part car de la sorte nous avons initié quelques rendez-vous et soulevé quelques problématiques. Rétrospectivement, cela fait évidemment un peu peur sur ce qui va se passer lorsque nous ne serons pas là …

Nous en étions là dans nos pensées lorsque Rainer de « Electropics Marine Service Ltd » passait voir la nature de nos problèmes  (normalement, nous ne l’attendions que demain après-midi mais apparemment, il a des horaires très « fluctuants ») :  le problème de notre compteur de chaîne … il suffit de changer le censeur « Lofrans » que nous avons remplacé en janvier !!!! Le problème de GPS de notre « Mini C » … il suffit de changer le module GPS de l’antenne. Le placement d’un switch on/of sur notre transpondeur AIS … pas de problème.

Si  tout cela se confirme, c’est un rêve cet homme sauf qu’il parle un anglais teinté d’allemand qui ne m’atteint que très peu ! Il faut dire que selon Marc de « Dynamite », je parle anglais comme une vache espagnole …quand je pense que tous mes amis anglais m’affirment que je parle si bien l’anglais ! Je ne sais plus vraiment qui je dois croire !

Mardi  06.

Je m’ennuie à mourir en marina et de surcroît, je n’ai pas grande envie de lire ces temps-ci ! Et pourtant, on ne manque pas de visites …

Ce matin, ce fut un défilé : d’abord, les « petites mains » de Marc de « Dynamite » ensuite, ce fut le tour du spécialiste des autocollants puis celui du cover d’annexe et enfin, le peintre ! Nous avons de grands projets de rénovation mais sans doute, le montant des devis nous fera voir les choses avec plus de sagesse … en attendant, on continue de rêver !

On les attendait en fin de matinée et finalement, ils sont arrivés en début d’après-midi (entre-temps on n’osait pas quitter le bateau …). Rainer et son aide de « Electropics Marine Service Ltd » ont procédé avec succès, au changement du censeur du compteur de chaîne et à l’enlèvement de l’antenne du Mini C. Quand je pense que nous avons dépensé une fortune pour remplacer en janvier, le censeur de compteur de chaîne et que celui-ci est tombé en panne peu de temps plus tard, il y a de quoi râler un bon coup.

Pour nous détendre un peu les jambes, nous avons été voir « Minnie B » sorti de l’eau le matin même, chez « Peake ». Pas heureux nos copains de constater qu’une portion de la nouvelle chaîne d’ancrage achetée chez « Island Water World », en début d’année,  présente déjà une couleur suspecte de rouille ! Ils ont d’ores et déjà obtenu la confirmation de l’échange en garantie de la chaîne d’ancre.

Mercredi  07.

Branle-bas de combat à 6.30 heures !!! Il y a du soleil, le pont est bien sec et il n’y a pas un pet de vent … les conditions idéales pour descendre le génois (110 m2). Bien qu’il ne s’agisse pas d’une première, il a quand même fallu redoubler d’efforts (bonjour le dos …) pour emballer tout cela et placer le sac à voile dans le carré. Ouf … c’est fait.

Durant 3 heures, nous avons remis l’airco et dieu que c’est bon … malheureusement, nous avions à peine coupé le GE que les températures remontaient rapidement rendant l’intérieur du bateau invivable. Mais bon, difficile de faire tourner le GE 24/24 heures.

Depuis ce matin, nous avons un catamaran 40’ canadien pour voisin direct. Je ne sais pas encore trop si je dois m’en réjouir ou au contraire, le déplorer … je pencherais plutôt pour cette seconde option. Vivement que l’on sorte le bateau de l’eau et que l’on parte vers d’autres horizons moins chauds et surtout, moins humides.

Cinq mois sans bateau me paraît déjà bien long même si  certaines autres perspectives me réjouissent. Le tout sera de voir si le chantier est ou non à la hauteur de nos espérances mais pour cela, il faudra attendre la fin de l’année et notre retour à bord. Si cela ne dépendait que de moi, je vivrais « non stop » sur le bateau mais la période cyclonique est un peu longue que pour s’enterrer dans un mouillage « save ». Quant à naviguer entre deux passages de cyclone … très peu pour moi : je suis déjà assez stressé comme cela que pour ne pas en remettre une couche supplémentaire.

En matinée, Marc de « Dynamite » venait à bord avec un spécialiste pour les coussins de cockpit. Le problème est qu’à « Trinidad », la mousse « quick dry » semble introuvable !! L’avantage de cette mousse très aérée est qu’elle laisse filtrer l’eau dans les profondeurs de la mousse où elle ruisselle sur une mousse plus dense pour terminer sa course à l’extérieur du coussin. Cela évite, en principe, d’avoir le cul mouillé en s’asseyant … en pratique, c’est peut-être un peu plus mitigé !

Au bureau du chantier, Ann tombait sur Giovanni de « Eutikia » (Amel 54’) encore amarré à la marina. Nous les avons rencontrés en Australie et avons participé avec eux, à « Sail Indonesia ».Quand nous avons traversé l’Océan indien, ils sont restés une année supplémentaire dans la région et ne sont arrivés à « Trinidad » qu’il y a  quelques jours.

La remontée de « Eutikia » depuis « Cape Town », ne s’est pas réalisée en toute quiétude !! Voulant aider son épouse, notre copain a recruté un skipper italien de 53 ans qui lui avait été recommandé ! Non seulement, le (skipper) n’en avait que la prétention mais de surcroît, ce dernier a ramené dans ses bagages, une brésilienne de 33 ans qui n’avait jamais mis un pied sur un bateau !Autant dire qu’ils s’en sont débarrassés dès le pied posé à « Jacaré » (Brésil) … soit un mois plus tard !

La remontée de « Jacaré » sur « Trinidad » ne fut pas plus agréable en raison d’une météo exécrable !

En fin d’après-midi, Rayner de « Electropics Marine service Ltd » venait nous placer un switch on/off sur notre transpondeur AIS … du moins,  s’agissait-il  bien, au départ, de son intention car confronté à notre appareil Furuno, notre électronicien en perdait toute sa superbe !

Vous raconter toutes les manipulations entreprises par Rayner pour tenter de couper notre transpondeur AIS, serait fastidieux et … inutile puisqu’il semble bien que cela soit rigoureusement impossible !! Au départ, il était facile de couper le transpondeur AIS mais depuis son retour de réparation, cela n’est plus possible : il faut dire que nous nous étions plaints à l’époque, que le transpondeur ne fonctionnait pas et nous en concluons aujourd’hui que le technicien a remédié de manière un peu « définitive » à cet inconvénient.

Le soir, nous avons été dîner au restaurant « Zanzibar by the sea » avec  Norma & Phil de « Minnie B ». Le plus agréable pour moi c’est que je comprends de mieux en mieux leur anglais : j’ai enfin compris qu’elle s’appelait « Norma » et lui, « Phil » …

Jeudi  08.

A chaque fois que l’airco fonctionne, je revis et je m’épanouis pleinement ! A contrario, je m’enfonce dans une langueur pitoyable et je n’ai qu’une seule et unique envie : m’enfuir de cet endroit !

Arrivée de « Laurence » en provenance de « Grenade ».

Nous sommes allés, à pied, jusqu’à la marina où nous avons trouvé le supermarket  du coin (juste derrière le restaurant … l’entrée n’est pas très visible). Il s’agissait de notre troisième tentative !!! Je sais que cela peut paraître idiot mais quand vous ne connaissez pas le chemin et par ces chaleurs, vous êtes vite prêts à abandonner.

Nous en avons profité pour faire un petit coucou à « Eutikia » mais le moment était mal choisi : Giovanni  venait d’être heurté violemment à la tête par une barrière de sécurité !!!!

Le retour jusqu’au bateau, les bras chargés d’avitaillement ne fut pas une sinécure à laquelle je m’adonnerais tous les jours. Le bon côté des choses est que je peux maintenant me tenir debout  en prenant appui seulement sur les mains …

Visite de Marc de « Dynamite » et de son électricien … ils repasseront demain après avoir étudié les schémas  électriques du bateau ! Nous souhaitons simplement établir une passerelle entre les deux parcs de batteries au cas où mais la question semble fort complexe …

Sur ces entrefaites, Didier de « Laurence » est venu nous faire un petit coucou sympa.

A peine parti, le peintre venait avec Kewrin pour voir le travail des inox.  Ann a peur que les inox ne s’oxydent de trop et qu’il ne soit plus possible de les récupérer par la suite.

Vendredi  09.

Au petit matin, Kewrin était à l’œuvre sur nos inox : superbe travail … pour un coût raisonnable de 800 TT $ (+/- 100 €) … auquel il faut ajouter 100 TT$ pour que notre homme puisse venir travailler sur le chantier « Peake » ! Pratique qui n’est pas exceptionnelle mais qui me fait malgré tout réagir à chaque fois.

Nous étions à peine installés dans notre cockpit que nous avions un nouveau voisin : « Serena Jan » un 62’en alu, battant pavillon brésilien et client de Marc de « Dynamite ». Le bateau avait été mis, le matin même, à l’eau par les bons soins de Marc pour permettre à son propriétaire de naviguer une semaine avant de le remiser à nouveau au sec !

Lorsque vous regarderez les photos du bateau, observateur comme vous l’êtes, vous remarquerez que le mât n’a pas de haubans, que la bôme se prolonge jusqu’à la voile d’avant et que la jupe arrière est assez monstrueuse que pour recevoir l’annexe !

Marc est ensuite passé avec l’électricien pour examiner plus en profondeur la possibilité de connecter les deux parcs de batteries ensemble au cas où … dois-je reconnaître que je commence à paniquer à l’idée qu’il faille analyser toute l’installation électrique du bateau pour cette simple connexion que j’étais censé bricoler moi-même !

Sur ces entrefaites, c’est l’aide de Rainer de « Electropics Marine Service Ltd » qui venait placer un  simple switch « on/off » sur l’alimentation électrique de notre AIS … au moins, nous pourrons ainsi éteindre l’appareil  sans avoir à en débrancher d’autres du même coup. Sur le fusible de l’AIS, d’autres appareils sont également branchés.

Pour notre antenne Mini C … il est apparu que perchée sur le premier étage de barres de flèches, elle avait pris de l’eau de mer (!) et que malheureusement, il faudra la remplacer ! Le véritable problème reste d’en trouver une identique ou au moins, une compatible avec notre installation …

Samedi  10.

Journée très cra-cra mais malgré cela, Kewrin a su terminer son travail ! Comment est-il parvenu à faire tous les inox du bateau en si peu de temps alors qu’il nous faut des semaines, reste un mystère. Nous aurions été bien inspirés de regarder de plus près comment il s’y prenait mais je ne tenais pas à jouer les chiens de garde.

Dimanche 11.

En l’absence de vent, il fait i-n-s-u-p-p-o-r-t-a-b-l-e :  chaud, lourd et humide. En ces conditions, je suis incapable d’entreprendre quoi que ce soit. C’est pourquoi vers 14 heures, nous avons mis l’airco et entrepris de préparer notre départ de mardi. Autant le faire maintenant que d’attendre que nous soyons sur le tarmac sans airco …

Demain, nous sortons le bateau de l’eau …

Lundi  12.

A 7.30 heures, nous nous préparions à quitter notre emplacement pour la darse située une cinquantaine de mètres plus loin. Aucun problème pour y entrer en marche arrière et toute l’aide que possible pour amarrer le bateau.  Vous avez même droit à un plongeur pour s’assurer que  les sangles sont bien positionnées ! Vous avez également droit à un nettoyage très efficace de la coque.

Sur la plupart des chantiers que nous avons connu, la gentillesse est assez rarement au rendez-vous ! La plupart du temps vous tombez sur des «« professionnels »» qui ont toujours un peu l’air de vous reprocher d’être dans leurs pattes … quand ils ne vous engueulent pas carrément pour l’une ou l’autre bêtise : vous êtes chez eux et ils vous le font bien sentir. Ici, chez « Peake », le client est roi et vous n’avez qu’à demander pour être servi. C’est à la fois aussi inhabituel que très reposant : pas de stress, pas d’inquiétude, vous êtes chouchouté. Toutes les personnes que nous avons rencontrées, disent le plus grand bien du chantier et ce dernier, semble bien le mériter !!

Comme il n’existe pas de rose sans épine … nous déplorons seulement la chaleur moite et lourde, les terribles remous provoqués par le trafic local et … les mouches !

Le bateau calé sur le tarmac, ce fut le tour de notre annexe d’être mise au sec ! Pourquoi ne pas avoir laissé l’annexe dans ses élingues, sur la jupe arrière ?? Pour la bonne raison que nous souhaitons faire procéder à l’entretien annuel du moteur, au nettoyage de la coque et que nous avons sollicité un devis pour un nouveau cover.

A peine en place, l’électricien du chantier se pointait pour réaliser notre raccordement électrique car bien évidemment, les prises électriques du ponton et du tarmac … ne sont pas les mêmes !!! Nous sommes un peu contrariés d’avoir appris que comme il n’y a pas  de 220V sur l’île, ils arrivent au même résultat en connectant 2 x 110V !!!

Toujours aussi efficace, Marc de « Dynamite » était présent pour tout coordonner. Mais cela ne peut éclipser qu’à la base, rien n’aurait été possible sans la prévoyance et les nombreuses démarches entreprises par Ann dont les qualités d’organisatrice ne sont plus à vanter.

Après avoir procédé à une première mise en ordre du bateau, nous nous sommes réfugiés dans notre chambre climatisée. Je pense que sans cela, j’aurais fait un malaise d’autant que depuis deux jours, je souffre à nouveau, du dos. Les chambres, situées sous le restaurant,  ne sont pas très grandes, ni très luxueuses mais très fonctionnelles et bien équipées, et surtout, elles disposent d’une vaste terrasse bien aérée, totalement protégée du soleil et ayant les pieds dans l’eau.

Marc de « Dynamite » nous a fait remarquer qu’il y avait du jeu dans l’arbre d’hélice !!!! Parfaitement inconcevable quand on pense que nous avons fait changer les bagues hydrolube  en novembre 2016 et que nous n’avons quasiment pas utilisé le moteur !!!  Il est vrai que lors de notre traversée sur « Trinidad », il a été impossible de mettre l’hélice Maxprop en drapeau et qu’à la sortie de l’eau, il n’y avait aucun bout dans l’hélice. Y a-t-il un rapport ?

Entre-temps, le technicien Yamaha enlevait le moteur de l’annexe !! En 7 ans, c’est la première fois que le moteur est désolidarisé de l’annexe et je dois bien reconnaître que je n’aime pas cela mais nous avons demandé  le changement de l’une et l’autre pièce de soutien attaquée par la rouille et apparemment, il n’y avait pas d’autre solution.

Tandis que le moteur d’annexe quittait le chantier, Kewrin était déjà là pour nettoyer la coque de l’annexe totalement jaunie par la présence d’une algue !! A peine croyable mais en un temps record, la coque avait retrouvé sa blancheur d’origine !!!

Le soir, nous mangions avec Phil de « Minnie B » (Norma est repartie ce dimanche, en GB) au restaurant « Zanzibar by the sea ».

Mardi  13.

En allant chercher quelque chose au bateau, je constate une anomalie au niveau des chargeurs et une alarme se déclenche mais le temps de vouloir transcrire le message d’alarme et tout revient à la normale !! Manifestement, le problème provenait de l’alimentation électrique du chantier.

Inquiets, nous en parlons au chantier et quelques minutes plus tard, il y avait une foule d’électriciens à bord pour tenter de comprendre le problème. Malheureusement, aucune cause n’a pu être mise en évidence.

En rejoignant notre chambre, je tombe sur notre voisine allemande qui me raconte qu’après avoir réalisé avec leur voilier, le tour du continent nord américain en passant par le pôle, elle est arrivée avec son mari, à « Trinidad » … où 15 jours plus tôt, ce dernier tombait à l’eau en enjambant la passerelle qui reliait le bateau, au ponton. Victime d’une crise cardiaque, il n’a pas survécu !

A 14 heures, le taxi venait nous prendre à la marina pour nous conduire à l’aéroport où de nouvelles aventures peu ordinaires nous attendaient … mais cela nous ne le savions pas encore !

La suite, au prochain épisode …

 

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