Publié par : Ann & Stéphane | 3 juin 2017

17 au 31.05.2017: descente sur Grenade.

Mercredi 17.

« La dernière pièce détachée de votre lave-linge est arrivée et le technicien est en train de tout remonter » … voilà du moins ce qui nous a été annoncé pas plus tard que ce matin. Le transporteur  devrait nous rapporter notre machine … samedi matin.

Enfin, nous pouvons aller de l’avant  et envisager notre départ sur « Trinidad ».  Mais avant cela, nous avions convenu avec Bernard de « Asabranca » de plonger ensemble ce mercredi. Je pense qu’en temps normal, au vu du vent assez fort et de l’important clapot, nous aurions remis notre projet à plus tard mais en la circonstance …

Bien que tous les deux, nous nous  soyons rencontrés au Waterloo Diving Club, nous n’avons jamais plongé ensemble sauf une fois,  en groupe, à « Lanzarote » (Canaries).

A trois dans notre annexe, avec tout notre matériel, j’avais un peu peur que celle-ci ne parvienne pas à déjauger  mais en répartissant correctement les poids, elle nous emmena avec fougue jusqu’au spot du « Grand Mur ».

Contrairement à mes craintes de départ (l’annexe est un peu petite pour s’y  équiper à trois), Bernard s’étant arnaché avec beaucoup d’agilité, nous n’avons ressenti aucune difficulté pour en faire de même. Au pied de la bouée, nous avons tous pu constater que le tuyau HP du manomètre de Bernard fusait assez bien … aie ! Cela allait-il compromettre gravement notre plongée ?

Bien décidés à ne pas laisser passer l’occasion qui s’était présentée de plonger à trois, nous avons décidé de poursuivre notre plongée en ayant à l’esprit, le problème. Par bonheur, la fuite se résorba d’elle-même !!!!

Plongée très calme entre plongeurs confirmés (Bernard est instructeur *), visibilité parfaite, patchwork de couleurs, pas le moindre courant, des bancs de petits poissons de toutes les couleurs, nous avons profité au maximum de notre plongée (47’ -25 m).

Jeudi  18.

Il fait plus calme que hier. Le ciel est toujours assez couvert avec de belles éclaircies. Comme nous quittons la « Martinique », en principe, lundi en cours de journée,  je tiens à ce que la coque soit propre : nous n’avons pas de longues distances à parcourir (256 milles) mais autant qu’à faire, j’aimerais bien ne pas traîner sur l’eau et en profiter un peu plus aux différents mouillages que nous envisageons de visiter.

Prenant notre courage à deux mains (c’est que sacrément, il en faut du courage), Ann et moi, nous nous sommes mis à l’eau avec nos bouteilles. Tandis que j’attaquais le 1/3 arrière de la coque, Ann nettoyais le safran, la quille et l’hélice. J’ai un peu été surpris de constater que la coque se nettoyait beaucoup moins facilement que je ne l’avais imaginé …

Vendredi  19.

Je suis crevé : hier, j’ai été me coucher à 1.30 heures car j’ai regardé tous les épisodes de « Alice Nerver. Le juge est une femme » sur TF1 et que ce matin, Ann m’a réveillé que le jour ne s’était pas encore levé (8.30 heures) car elle devait aller chercher son véhicule de location ! Mouais … c’est bien possible que le jour était levé mais comme je n’ai pas ouvert directement les yeux …

Le véhicule de location était nécessaire pour réaliser un gros avitaillement au Carrefour de « Génipa », m’acheter une nouvelle paire de lunettes et renouveler pour un an, notre abonnement à Canal +

Tandis que Madame « batifolait » dans les magasins, votre serviteur s’enfilait une bouteille non pas dans l’estomac mais sur le dos et s’enfonçait dans les abymes  pour nettoyer cette foutue coque. C’est bien connu que c’est en ces moments de profonde solitude que l’on se demande toujours pourquoi on a choisi un aussi grand bateau !

Le fait de la fatigue ou pas, je n’ai nettoyé péniblement que la moitié du tiers central de la coque !  J’ai failli abandonner des dizaines de fois mais j’ai tenu 1.15 heures sous l’eau …  j’en avais trop marre.

Le pire outre le courant, les saletés dans la gueule, les éraflures des mains et la fatigue des bras, c’est l’eau de mer qui s’infiltre dans le masque et provoque l’irritation des yeux. C’est insupportable. J’ignore pourquoi mais cette fois-ci ce fut le pompon à tel point que j’ai cru que mon masque était défectueux.

Samedi  20.

Un grand moment dans l’histoire de l’île : nous avons récupéré ce matin, notre lave linge au ponton du « Marin ». Le premier technicien est passé au bateau le 13 mars … donc nous avons patienté  2 mois et une semaine pour une réparation (changement des roulements du tambour) qui s’élève à 610 € !!!

Je vous donnerais bien le détail de la facture mais le réparateur n’a pas voulu nous la communiquer avant d’avoir reçu son paiement et pour plus de sécurité, elle est tellement sibylline qu’il est impossible de connaître le prix des pièces, des frais de transport ou le nombre d’heures de travail … difficile de contester quoi que ce soit ! Nous ne savons donc pas si la pièce commandée (358  €) par erreur  nous a malgré tout été facturée ou non ! Et vous connaissez la meilleure … nous avons poussé un ouf de soulagement de trouver cette société car il n’y a pas de dealer Miele en « Martinique » !

Je regardais l’autre jour, un reportage à la télévision concernant un couple à la retraite qui partait s’installer à « La Réunion » … le rêve. Mouais … j’aimerais bien les interviewer dans un an pour connaître leur sentiment sur le « rêve de vivre sur une île » ! Pas convaincu qu’ils parleront toujours de « rêve » …

Très sympathiquement, nous avons pu compter sur Bernard de « Asabranca » pour nous aider à porter cette monstrueuse machine. Raymond de « Incidences » ainsi qu’un jeune travaillant sur un vieux gréement, sont également venus nous prêter main forte. Et à quatre, nous sommes parvenus à la descendre dans les entrailles du bateau.

Plus tard, à deux, nous l’avons rebranchée et remise en place. Amusant mais il m’a semblé plus facile de la retirer … autre manière de dire que le bateau a bourdonné un temps, de jurons très sonores. Ambiance.

Dimanche 21.

Pas question de partir sans avoir, au préalable, terminer le nettoyage de cette foutue coque ! Aussi, Ann m’a aidé pour la seconde fois, dans ce pénible travail. Tandis qu’elle s’attaquait au tiers avant, je terminais l’autre moitié du tiers central. Pas à dire mais non seulement, à deux, cela va plus vite mais surtout c’est très bon pour le moral.

A signaler que Bernard de « Asabranca » s’était très sérieusement porté volontaire pour nous venir en aide. En fait, c’est nous qui l’avons décommandé en toute dernière minute car nous étions parvenus à terminer le travail avant son arrivée au bateau. Un grand merci à lui pour cette marque très appréciée d’amitié.

Après avoir d’abord pensé faire un « one shot » de nuit jusque Béquia (Grenadines – 92 milles), nous avons décidé au vu de la météo, de faire une première halte à « Marigot Bay » (Saint Lucie – 30 milles). Ceci devrait nous éviter d’avoir à subir à un mouillage que nous ne connaissons pas , un coup vent prévu pour mardi/mercredi. Peut-être également plus raisonnable comme « mise en jambes ».

Lundi  22.

Comme nous avons dû aller jusqu’au « Marin » pour faire les formalités de sortie car « Chez Boubou » (Sainte Anne) était en congé jusqu’en juillet, nous n’avons levé l’ancre qu’à 10.45 heures. Le temps de hisser la GV et il était 11 heures.

Hier soir, nous avons regardé sur TF1, un film « Tu veux ou tu ne veux pas » avec Sophie Marceau et Patrick Bruel sur le sujet de l’addiction au sexe ! Cela m’a donné des envies de « conclure » comme dirait Michel Blanc dans « Les Bronzés font du ski » mais avec un grand Pampers entre les jambes, cela m’a totalement découragé !!

Ce n’est pas que la mer ait été franchement mauvaise encore qu’à l’approche de « Sainte Lucie », cela commençait à remuer un peu beaucoup mais après une si longue abstinence, il n’y a pas à dire mais il faut se remettre à  selle. Motif pour lequel d’ailleurs, nous avons finalement opté pour une étape pas trop longue.

Bref, vous l’aurez compris, la traversée s’est réalisée « à fond les manettes » avec un speedo qui ne descendait jamais en-dessous des 10 nœuds pour même monter de temps en temps jusque 12 nœuds !  GV haute, génois 2/3 établi, 25 nœuds de vent réel , 90° du lit du vent  … et surtout, une coque plus propre qu’un sous-neuf. De quoi vous réjouir d’avoir tant travaillé ces derniers jours.

Après la première heure de navigation, je pensais m’être à nouveau amariné  mais les conditions de vent et de mer n’étant pas assez stables, on pouvait passer brutalement d’un état à un autre et d’un coup, la question existentielle devenait : cela va-t-il tenir ???

A l’approche de « Sainte Lucie », nous avons même cru bon de prendre un temps, un ris après avoir entendu l’un ou l’autre bruit bizarre. « Vous avez dit bizarre ! J’ai dit bizarre … comme c’est bizarre ».

Après avoir dépassé tout ce qui se traînait sur l’eau, nous avons à notre tour, été dépassé par un autre voilier !!! J’étais hors de moi … jusqu’au moment où j’ai pu lire son AIS : « Espiritu del Xarey » 43 m. de long pour 8 m de large et une moyenne de 12 nœuds sur le fond !

Nous sommes arrivés à hauteur de « Marigot Bay » pour 14 heures et  à 14.30 heures, nous étions amarrés à une bouée dans le fond de l’impasse. S’il n’y a pas foule, il y a malgré tout quelques bateaux de passage (6) sans compter ceux qui restent à demeure (une vingtaine) et ceux amarrés dans le chenal d’accès. Tout cela donne à l’ensemble, une ambiance paisible et agréable. Le plus incroyable c’est qu’il n’y a quasiment pas un pet de vent alors que dehors, cela souffle en tempête !!

Anecdote amusante : à « Marigot Bay », Ann est partie réaliser les formalités d’entrée sur l’île juste, pour leur malheur, devant un couple de Français déclarant venir également de « Martinique » et n’avoir pu faire leur clearance de sortie car il s’agissait d’un jour férié (fête de la fin de l’esclavage) … avec pour résultat des courses, qu’ils ont été obligés de quitter l’île !!!!

Alors que nous pensions qu’en raison de la configuration en cuvette de « Marigot Bay », nous n’aurions pas la télévision satellitaire, nous avons eu l’immense bonheur que cela marchait au contraire, très bien ! Pour 25 €/nuit, nous avons la bouée, l’internet , les sanitaires et la piscine de l’hôtel inclus dans le prix !

Je sais par expérience que passé un délai de 24 heures, on finit très vite par se sentir à l’étroit pour ne pas dire, à l’écart du monde, à « Marigot Bay » … mais le délai n’ayant pas encore expiré, j’en suis à penser qu’on est beaucoup mieux ici qu’à la baie « Sainte Anne » !!! J’ai osé l’évoquer … je n’en reviens pas …  une pensée aussi révolutionnaire …!!! Vivement demain que je retrouve tous mes esprits.

Mardi  23.

Comme il n’existe pas de rose sans épine, il faut ajouter à ce tableau idyllique … les mouches en quantité raisonnable mais toujours aussi emmerdantes et un manque d’air qui se fait surtout ressentir à l’intérieur.

La journée a surtout été émaillée par le ballet incessant des bateaux de touristes venus jeter un coup d’œil  rapide à « Marigot Bay ». Nous avons appris que la base de location de bateaux Mooring a déserté les lieux au profit de « Rodnay Bay » (Sainte Lucie).

Demain, nous partons pour l’île de « Bequia » (Saint Vincent) : 62 milles que nous espérons bien parcourir de jour …

Mercredi  24.

Pour se lever tôt (5.30 heures), il suffit de se coucher tôt (22 heures). C’est donc ce que nous avons fait … non sans attendre que le GE ait eu le temps de tourner ses quatre heures quotidiennes ! Comme des idiots, nous avons oublié de le mettre en route plus tôt que d’habitude !

A peine réveillés, nous avons pris notre douche et immédiatement après, nous avons préparé le bateau. Quand nous avons quitté le mouillage(6.35 heures), il ne restait plus derrière nous, qu’un seul et pauvre voilier de passage !! « Marigot Bay » … c’est superbe mais personne ne s’y attarde sauf bien entendu les bateaux qui  y restent à demeure. L’endroit est réputé pour être un « trou à cyclone » !

Pour mon plus grand bonheur, il n’y avait pas un pet de vent lorsque nous avons mis le nez dehors en sorte que nous avons pu hisser la GV en toute quiétude.  Ensuite, nous nous sommes mis en train avec notre gros diesel.

A l’extrémité sud de « Sainte Lucie », le vent est progressivement monté pour tourner aux alentours des 20 à 25 nœuds de vent réel , avec des pointes à 29 nœuds, entre les deux îles. Comme nous étions à court de Pampers, nous avons pris  le premier ris lorsque le vent réel en était encore à 15-20 nœuds mais lorsque nous avons vu que le speedo s’emballait à nouveau, à plus de 11 nœuds, nous avons décidé de prendre le second ris qui a fait chuter la vitesse à 10 nœuds.

Pas mal de monde sur l’eau et beaucoup de voiliers qui remontaient vers le nord !!! Sympa de ne pas être seul sur l’eau mais un peu chiant également car il faut vérifier constamment que l’on ne fait pas une route de rencontre avec un autre bateau car tous ces petits malins ne sont pas encore dotés d’un AIS !

Au niveau de « Saint Vincent », le vent s’est fait très capricieux au point que nous avons décidé d’enrouler le génois et de mettre le moteur. Il faut déjà beaucoup s’avancer le long de l’île pour être « protégé » du vent et subir du même coup, des coups de vent très locaux.

Au fur et à mesure que l’on s’éloignait de l’île, le vent réel s’est progressivement établi  à 15-20 nœuds. Sans relâcher imprudemment nos ris, nous avons remis du génois et au près, nous avons rejoint « Port Elisabeth » de « Bequia ».

A notre plus grande surprise, une grosse annexe AB attendait  à quelques milles de la côte … pour prendre des photos du bateau en mouvement ! Si nous l’avions su assez tôt, nous aurions remis toute la toile au risque évidemment d’aller trop vite pour qu’il puisse prendre encore une photo … Aaaaaaan ouvre mon col de chemise, viiiiiiiiiite, je m’étouffe !

Un peu plus loin, un canot nous demandait si nous voulions prendre une bouée ! Comme nous avons répondu affirmativement, il nous a suffi de suivre notre guide qui nous a aidés à passer les amarres. Si c’est pas sympa tout cela. En fait, la majorité des plaisanciers jette  l’ancre mais les fonds sont réputés de mauvaise tenue sauf sur un haut-fond un peu à l’écart … très, très prisé évidemment.

Comme nous ne savions pas encore si nous restions une ou deux nuits sur place, nous n’avons pas descendu l’annexe (possibilité de water taxi) et remis au lendemain les formalités d’entrée sur l’île !

Vers 18 heures, notre guide nous ramenait de sa pêche, un thon rouge qu’il découpait en filets pour nous : absolument  délicieux avec de la purée et du beurre fondu !

Le soir, le vent s’est mis à souffler davantage (!) et je me suis mis à stresser tout seul devant ma télévision, à l’idée que le mouillage n’était peut-être pas en bon état ! Il y a de cela quelques jours , « Zig Zig » était amarré à une bouée à la marina de « Rodnay Bay » et … l’amarre de la bouée s’est rompue !

Jeudi  25.

Après une excellente nuit de sommeil (une fois dans mon lit, le bateau était si calme que je me suis endormi comme une masse), nous sommes réveillés pour 9 heures. C’est à peu près le moment qu’avait choisi le photographe pour venir nous montrer les photos qu’il avait prises la veille : un petit chef d’œuvre que vous pouvez  admirer dans son entièreté, sur notre blog … cfr. fichier « Vidéos et photos de S.A.S.³ en navigation … Arrivée en force sur Bequia, le 24.05.2017 ».

Après le petit déjeuner, nous sommes allés faire nos formalités d’entrée/sortie de l’île. Le village est très propre mais minuscule et surtout, il y fait une chaleur insupportable : au mouillage, il y a de l’air (même parfois un peu beaucoup) !

En haute saison, le nombre de bateaux doit être considérable si j’en juge par le nombre de bouées disponible.  Le mouillage est bien protégé de la houle mais pas du vent, semble-t-il. C’est très joli (nous avons droit aujourd’hui à un grand beau soleil sans le moindre nuage) mais hormis un centre de plongée qui mérite sans doute d’être visité, je ne vois pas beaucoup d’intérêt à y séjourner plus longtemps.

Si je n’ai pas pu vérifier notre bouée de mouillage à cause de la visibilité, j’ai pu relever que celle de notre voisin était reliée par deux chaînes à une chaîne de cargo, elle-même attachée à un vieux moteur et  autres  accessoires … cela laisse rêveur en cas de coup de vent !

Vendredi  26.

Nous avions prévu de partir pour 9 heures … et nous sommes partis pour 7.10 heures ! Comme j’étais réveillé naturellement à 6.20 heures … pourquoi attendre ? Nous avions 38 milles à parcourir.

Le plaisancier étant quelqu’un de matinal, nous n’étions pas les seuls  à partir. Il est vrai que la météo était magnifique et un bon vent (17 à 21 nœuds) poussait à la chansonnette : nous avons donc fait le trajet, toutes voiles dehors, par  80° du lit du vent … le speedo calé sur 10 nœuds. Ce n’est qu’au passage des îles que le vent se gâtait parfois un peu, nous obligeant même sur la fin, à réduire le génois !

Nous avons constaté avec horreur que les caboteurs et autres ferrys locaux étaient dépourvus d’AIS de même que bon nombre de plaisanciers !!! Il y a donc lieu de s’en tenir à une veille permanente : contraignant et ennuyeux.

En appelant « Laurence » sur la VHF … c’est « Zig Zig » qui nous a répondu. Nous les savions tous les deux sur zone mais nous fûmes malgré tout un peu surpris quand sur le coup de 13 heures, nous avons vu arriver « Laurence » au mouillage de « Carriacou ». Nous sommes arrivés pour notre part, à 11.35 heures.

Nous avons été beaucoup déçus par « Carriacou » !! Alors que pourtant, le plan d’eau est vaste (en forme de fer à cheval évasé), le fond est de bonne tenue (sable), l’eau est turquoise, on mouille par -5m, il y a un petit chantier naval doté d’un quai à annexes très accueillant et on trouve également un « Island Water World » MAIS il n’y a aucune ambiance sur le plan d’eau malgré le nombre important de bateaux, la protection n’est pas totale puisque nous avons roulé un peu, tout le temps que nous y sommes restés et par dessus tout, les alentours sont du style … dépouillé et terne.

Cela cumulé à des prévisions météo mauvaises (pluie et vent) à partir de dimanche, nous a poussés à partir dès le lendemain pour « PricKly Bay » (Grenade). Nous pensions même ne pas réaliser nos formalités d’entrée pour ne pas avoir à descendre l’annexe qui était sanglée, jusqu’à ce que Didier de « Laurence » propose à Ann de venir la chercher avec son annexe.

Samedi  27.

A 6.45 heures, nous avions relevé l’ancre et nous nous sommes élancés … au moteur sous trinquette, vers « Prickly Bay » : 38 milles.

Pourquoi au moteur ?? Pour plusieurs raisons dont la principale est un vent relativement faible (10 à 13 nœuds), que notre cap pour atteindre « Grenade » était fort au largue et que nous avions à longer toute l’île (pas de vent) .

Nous sommes arrivés au mouillage pour midi par une belle journée ensoleillée. Comment pouvions-nous être certains que nous étions sur l’île de « Grenade » ? Bien simplement parce qu’il y pleut avec une régularité déconcertante : nous étions à peine sur place que nous nous prenions nos premiers minis grains ! A noter tout de même que la majorité des grains glissent sur le pourtour du mouillage de la même manière qu’à la baie « Sainte Anne » de Martinique !

A notre plus grande surprise, nous avons pour voisin … « Elonnisa » qui était notre voisin de ponton à « Port Dickson » (Malaisie) !!! Nous n’avons jamais beaucoup eu de relations avec eux mais nous les connaissons. Pour eux, l’aventure est terminée … leur voilier (Océanis 54’) est à vendre.

Si du premier coup d’œil, nous n’avons pas aimé « Carriacou », il en fut tout autrement de « Prickly Bay » bien qu’on y roule pas mal !!!

S’il y a pas mal de bateaux à la bouée, il ne manque pas de place pour jeter l’ancre. Ce n’est certes pas aussi vaste qu’à la baie « Sainte Anne » mais comme il y a encore de nombreux autres mouillages un peu plus loin dans les diverses baies …

C’est avant tout le décor de jolies villas qui donne au lieu toute son ambiance. Pour le surplus, il faudra attendre que nous ayons descendu l’annexe mais en fin d’après-midi, nous étions tellement fatigués que nous avons été nous coucher sans dîner à 19 heures !!!

Dimanche 28.

Rien de tel que de faire le tour de l’horloge pour se remettre d’aplomb. En tout début de matinée, nous avons eu droit à de fortes pluies mais par la suite, le soleil a refait son apparition. Comique mais on passe d’un plein soleil au mini grain sans la moindre transition !

Une fois encore le courage nous a manqué pour descendre l’annexe et visiter la baie ! Le fait que nous soyons un dimanche, ne nous incitait évidemment pas à courir les magasins … Assez étonnamment, le plan d’eau était beaucoup plus calme que la veille !

On roule toujours autant … Le soir, notre connexion satellitaire connaissait tellement de coupures que je n’ai pas regardé jusqu’à la fin mon film !!!

Lundi  29.

Le plus éprouvant reste d’être réveillé par la pluie au beau milieu de son plus profond sommeil, vous obligeant à fermer le capot de pont pour mieux l’ouvrir à nouveau quelques minutes plus tard. Question vent cela ne manque pas mais c’est encore une chance car sinon il ferait irrespirable tant il fait lourd et humide.

Maudite traversée … on commence déjà à stresser à l’idée : 88 milles pour atteindre « Trinidad ». A faire de nuit pour raison de sécurité (pirates) et surtout, pour y arriver de jour.

Nous avons descendu l’annexe pour découvrir la baie. C’est très joli mais pas très développé : d’un côté, la « marina » avec un ponton pour 4 bateaux de 38’ max. dont  l’extrémité est aménagée en petit  ponton fuel, un ponton pour annexes, un mini market et un bar. De l’autre côté, un chantier naval, un bar, un « Budget Marine » et un ponton pour annexes. Pour le mini market, il faut sortir du chantier, tourner sur la gauche et descendre un peu la route (sur la gauche). Pour trouver plus, il faut prendre un taxi.

Si durant la journée, nous avons roulé modérément, en soirée, ce fut tout simplement l’horreur. Incroyable que l’on puisse rouler autant sans jamais le moindre répit ! L’autre petit inconvénient de ce mouillage consiste à se situer dans le prolongement  de la piste d’envol de l’aéroport … nous avons compté 5 envols le jour de notre arrivée.

Mardi  30.

Cela fut certainement la nuit de trop mais à 8.30 heures, Ann me tirait du lit pour que nous changions de baie  … « ASAP » !!! D’ordinaire,  c’est plutôt moi « l’insatisfait perpétuel » mais là, pour une fois, elle était plus que décidée mon épouse !

Sans même prendre le temps d’une douche ou d’un petit déjeuner, nous avons levé l’ancre et nous sommes partis. Direction le large (fort agité) … avant de tourner vers l’est pour rejoindre « Woburn Bay » (5.3 milles) où « Minnie B » est au mouillage depuis quelques jours.  

Le chenal d’entrée est balisé mais la carte MaxSea n’en fait pas état car il ne s’agit pas d’un balisage « officiel »!!  Sans ce balisage, nous aurions sans doute hésité à nous y aventurer.

La baie est beaucoup plus échancrée que « Prickly Bay » et surtout, elle comporte de nombreuses petites baies intérieures. Le vent s’engouffre également profondément dans la baie mais la houle y est surtout beaucoup moins importante. Les bateaux « bougent » un peu mais il serait excessif d’affirmer qu’ils « roulent ».

L’endroit est moins chic qu’à « Prickly Bay » mais reste tout-à-fait charmant et très secure. On y trouve un imposant et vaste chantier naval (grue 242 T) … c’est là que « Sarama » est au sec  depuis février. Le plus important c’est qu’il y a de l’eau à courir (attention tout de même aux dangers isolés plus ou moins signalés), que beaucoup de bateaux sont à l’ancre ou sur bouée et qu’il se dégage une certaine ambiance du site.

En annexe, Ann a fait brièvement connaissance avec les propriétaires d’un Conrad 66’ (fabrication polonaise – 60 T) battant pavillon belge. Ils sont d’Hasselt mais parlent très bien le français : c’est leur première saison dans les Antilles.

Pour son malheur, Ann avait commandé hier, quelques avitaillements à la supérette de « Prickly Bay  Marina» et s’est donc sentie dans l’obligation d’aller chercher sa commande … en taxi !  

Le soir, nous recevions à dîner, Norma & Phil de « Minnie B ». Après leur départ, nous avons allumé la télévision et constaté que notre liaison satellitaire se coupait en permanence !!! Il semblerait que le bateau pointait précisément dans la direction qu’il ne fallait pas et comme le bateau ne gravitait pas pour une fois, sur son ancre …

Mercredi  31.

Nous avions décidé de traverser sur « Trinidad » (88 milles) seulement ce jeudi … mais quand j’ai vu le nombre d’annexes qui revenaient de la « baie d’à côté », j’ai suspecté que beaucoup de bateaux partiraient ce soir, en plus de « Minnie B » et de leurs amis … et donc, pour ne pas rester seuls au mouillage comme des idiots, nous avons pris la décision de partir aujourd’hui ! C’est dans la « baie d’à côté » que se situe le bureau des douanes et de l’immigration. Les deux baies communiquent par un bras de mer mais des haut-fond en barrent le passage ! En annexe, il faut longer les bouées jaunes qui mènent à la « marina le phare bleu ».

Traversée palpitante avec les pirates, sur « Trinidad » dans le prochain article …

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