Publié par : Ann & Stéphane | 2 mars 2017

Fiche technique – Mouillage.

Sans pouvoir prétendre être un spécialiste sur le sujet, je peux malgré tout affirmer que nous avons mouillé notre ancre en bien des endroits de la planète.

Pourquoi cette fiche technique ?

D’une part, parce que le sujet me passionne et d’autre part, parce que j’en ai marre de tous ces plaisanciers qui ne connaissent pas le B.A.BA à respecter.

Que faut-il savoir ?

  1. Ancre.

Les modèles d’ancre les plus divers se retrouvent sur le marché et chaque plaisancier considère que son ancre est bien entendu, la meilleure … Les magazines nautiques se sont également essayés à comparer les différentes ancres avec des résultats étonnamment opposés d’un essai  à un autre !!

Loin de moi l’idée donc de vous convaincre que l’ancre Delta est meilleure que la Spade ou encore, que l’ancre Bruce est la plus mauvaise des ancres : tout dépend du fond sur lequel vous ancrez et de la manière dont vous le faites.

  1. Chaîne.

A moins que vous n’ancrez que quelques fois par an et encore, pour seulement quelques heures, oubliez l’aussière et ne mettez que de la chaîne adaptée à la poupée de votre guindeau ou cabestan. Une longueur de 100 mètres est une longueur idéale mais attention au poids de votre chaîne qui pourrait  faire enfourner votre étrave plus que de raison.

  1. Cabestan/guindeau.

L’inconvénient d’un ancrage en chaîne, reste qu’il vous faudra impérativement posséder un cabestan ou un guindeau car autrement, ce serait beaucoup trop lourd et peu pratique pour remonter votre mouillage à la main!

Nous disposons à bord, d’un cabestan Lewmar hydraulique qui présente au moins deux défauts : le plus important est qu’il est impossible de le faire fonctionner manuellement en cas de panne ce qui me laisse toujours aussi perplexe  et le second est qu’il se met « en sécurité » dès qu’il fonctionne un peu trop longtemps. Cela surprend la première fois …

Comme toute chose, je vous conseille de faire fonctionner votre cabestan/guindeau (comme tout appareil) de manière périodique et plus encore, si vous n’y avez pas recours de manière fréquente !

  1. Compteur de chaîne.

Lewmar, notamment, a conçu un système de compteur de chaîne qui peut s’adapter à tout type de cabestan ou de guindeau. Le principe est très simple : un aimant est enchâssé dans la poupée tandis qu’un senseur est enchâssé dans le socle du cabestan ou guindeau. Un fil électrique se branche sur le système électrique de l’ensemble.

Une fois que l’on a goûté à la facilité et à l’utilité d’un compteur de chaîne, on ne peut tout simplement plus s’en passer. Il existe d’autres systèmes de mesurage sous la forme de marque laissées sur la chaîne elle-même mais cela reste, à mes yeux, du bricolage.

  1. Où mouiller son ancre?

Dans la grande majorité des cas soit parce qu’il y a déjà beaucoup d’autres bateaux ancrés soit parce que la zone de mouillage est trop étroite, on mouille là où on peut mouiller ! En ces conditions, on fait avec les moyens du bord et ensuite, on vérifie, pendant au moins 24 heures, comment les bateaux évitent : que n’ai-je vu des plaisanciers irresponsables quitter leur bateau(surtout de location) à peine l’ancre posée sur le fond …

Quand on mouille, il faut tenir compte de divers facteurs :

a.) Tous les bateaux évitent de manière différente au point qu’il n’est pas rare que deux bateaux se retrouvent cul à cul !!!

b.) Un bateau ancré à une bouée, évite peu … tout dépendant de la longueur de chaîne de la bouée ! Si vous mouillez votre ancre à proximité, il faudra sérieusement en tenir compte car les aires d’évitage seront radicalement différentes.

c.) Ne mouiller pas votre ancre à hauteur d’un autre bateau : lorsque vous voudrez repartir, avec un peu de malchance, l’autre bateau aura évité et se trouvera juste au-dessus de votre ancre !!!

d.) Évitez de mouiller trop près du rivage car si le vent tourne (généralement durant la nuit) votre bateau se trouvera drossé sur la côte.

e.) Évitez de mouiller trop près d’une falaise car le ressac peut rebondir contre la falaise et vous jouez de sales tours.

f.) Si vous êtes mouillé à une bouée, vérifiez l’état de l’ancrage de la bouée et si elle est suffisante pour le poids et la taille de votre bateau si le vent forcit.

g.) Une bouée peut occasionner beaucoup de dégâts à votre bateau !!! Soyez très prudent dans la manière où vous y amarrez votre bateau et vérifiez par la suite car il est presque certain qu’avec la marée, le courant, la houle ou le vent ce qui était bien lors de votre amarrage, ne l’est plus !

Attention aux coquillages dont la partie immergée de la bouée est recouverte … cela sent le vécu !

h.) En cas d’amarrage à une bouée, pensez que votre amarre peut s’user rapidement par simple raguage … une seconde amarre en sécurité.

i.) Idéalement, il faut mouiller son ancre à quelques distances du cul d’un autre bateau en ne perdant pas de vue qu’en déroulant la chaîne à concurrence de cinq (minimum)  à huit fois la hauteur d’eau,  votre bateau va se positionner bien plus loin sur l’arrière … attention en conséquence, de ne pas vous positionner au-dessus de l’ancre du bateau qui est derrière vous !

Souvent, il est question de trois fois la hauteur d’eau mais dans la pratique, j’ai pu constater combien c’était nettement insuffisant : il suffit de se mettre à l’eau et de regarder comment la chaîne se comporte lorsque le bateau tire un peu sur sa chaîne : vous aurez vite compris !

j.) Une fois la chaîne déployée sur le fond, assurez-vous que votre ancre croche correctement en engageant une prudente mais solide marche arrière : votre chaîne doit se tendre et le bateau être « stoppé » en sa marche arrière. Attention toutefois à ne pas arracher votre cabestan/guindeau …

k.) Une fois que votre ancrage est en place, vous placez sur votre chaîne au moyen d’un crochet, un bout avec un gros extenseur dont vous frapperez l’autre extrémité, sur un solide taquet de votre pont. De la sorte, vous évitez le bruit insupportable de la chaîne sur votre davier, l’extenseur amortira les chocs en cas de tangage et vous ménagerez votre cabestan/guindeau. N’oubliez pas de protégerez votre bout en le glissant dans un tuyau en plastique de plus grand diamètre.

l.) Il y a deux manières de faire descendre la chaîne soit en lâchant le frein du cabestan/guindeau et en laissant tomber la chaîne soit en actionnant le cabestan/guindeau. Quelle est la meilleure méthode ?

Nous connaissons les deux techniques mais je me dois de reconnaître que pour une raison que j’ignore, le « lâcher de chaîne » ne fonctionne pas bien avec notre cabestan : la chaîne se bloque constamment !! Nous descendons donc la chaîne avec le cabestan ce qui a l’avantage que la chaîne se pose sur le fond sur toute sa longueur sans faire un tas tandis qu’Ann engage la marche arrière dès que l’ancre touche le fond (avec un compteur de chaîne, c’est facile à savoir …).

Le gros inconvénient de cette manœuvre reste que le cabestan/guindeau fonctionne beaucoup plus et lorsqu’il faut recommencer l’opération deux ou trois fois de suite … notre cabestan surchauffe et se met en sécurité (du vécu).L’autre inconvénient  quand on s’amarre cul au quai et qu’il n’y a pas de pendille pour amarrer l’étrave, il faut faire descendre l’ancre trop rapidement pour le cabestan/guindeau (du vécu) !

m.) Je ne saurais trop vous conseiller, dans la mesure du possible, d’aller vérifier votre ancrage en vous mettant à l’eau …

6. Bouée de mouillage.

Dans l’absolu, le recours à une  bouée de mouillage devrait s’imposer à chaque fois car à tout instant, vous pourrez déterminer où est votre ancre et par voie de conséquence, où est votre chaîne mais …

Qu’est-ce qu’une bouée de mouillage ?

Il faut attacher à l’ancre, un filin à l’extrémité duquel une bouée (quelle que soit sa forme ou sa couleur) est attachée. Si votre filin est trop long, la bouée dérivera et ne sera pas à la perpendiculaire de l’ancre, ratant du même coup, sa fonction première. Si le filin est trop court, la bouée ne restera pas en surface et avec la pression hydrostatique, elle coulera (du vécu) !

La solution consiste à faire passer votre filin par un œillet de la bouée et à son extrémité, y attacher un plomb de 1 kg. De la sorte, la longueur du filin entraînée par le plomb, diminuera lorsque la marée sera descendante mais augmentera lorsqu’elle sera montante … la bouée restant toujours à la perpendiculaire de l’ancre.

Si le système est ingénieux (on trouve dans le commerce, des bouées avec un système d’extenseur logé dans la bouée), il présente les inconvénients suivants :

  1. Un autre plaisancier peut penser qu’il s’agit d’un bon mouillage pour son bateau (incroyable mais vrai)
  2. Votre bouée de surface peut faire des envieux et il est très aisé de se l’approprier …
  3. Un bateau passe sur votre bouée et vous coupe votre filin (situation la plus fréquente).
  4. Un curieux remontera votre ancre en croyant remonter un casier …

Pour éviter en partie ces inconvénients, dessiner sur votre bouée, une ancre barrée ainsi que le nom de votre bateau.

7. Blocage d’ancre/de chaîne.

Ce n’est plus un conseil mais un impératif : placer un système qui empêche votre ancre de tomber à l’eau au cours d’une navigation (du vécu sur notre précédent voilier). Il existe de nombreux systèmes … sur « S.A.S.³ » nous en avons carrément deux : un axe qui passe à travers l’ancre et l’empêche de bouger  et un système qui bloque la chaîne par un clapet qui n’empêche pas de remonter la chaîne mais bien qu’elle se dévide.

8. Extrémité de la chaîne.

Vous avez intérêt si vous ne voulez pas voir votre chaîne tomber à l’eau … d’en fixer l’extrémité libre à un solide point d’attache en votre baille à mouillage.

9. Ancre de secours.

Faut-il avoir à bord, une seconde voire une troisième ancre ?

Une seconde ancre de « secours » me paraît une sage précaution encore que discutable tant il est vrai que le problème reste le poids de l’ancre de secours et de sa chaîne … aussi avons-nous à bord de « S.A.S. ³ », une ancre Fortress en aluminium, 10 mètres de chaîne de 14 mm et de l’aussière plombée.

Nous l’avons utilisée trois ou quatre fois pour simplement empêcher que le bateau évite ! La mettre en place nécessite déjà le recours à l’annexe mais le plus compliqué reste de la remonter à la surface : la dernière fois que nous l’avons utilisée (Marquises), j’ai dû mettre ma bouteille sur le dos …

 

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