Publié par : Ann & Stéphane | 21 décembre 2016

04 au 15.12.2016 – Baie Sainte Anne (Martinique).

Dimanche 04.

Nous avions prévu de passer un coup d’eau sur la coque pour la dessaler avant que le sel ne s’incruste dans la peinture mais la visite de nos amis Christine & Pierre-Yves a fait échouer ce valeureux projet ! Nous ne l’avons d’autant pas regretté que ce fut un réel plaisir de les avoir à l’apéro : nous avions besoin d’un peu de vie sociale après notre « traversée du désert de Curaçao » …

Avec le recul mais sans doute également faussé par celui-ci, j’en arrive à me persuader sans peine que nous avons connu l’enfer à « Curaçao » alors que pourtant lors de notre passage quatre ans et demi plus tôt, j’avais considéré l’endroit comme un merveilleux oasis de paix et de tranquillité. Comme quoi tout change, tout évolue … à moins que ce ne soit moi qui vieillis mal !

Bien évidemment, par la suite, nous n’avons plus eu le courage de lever le petit doigt et nous avons béni cette journée de farniente et de baignade. Pour la première fois depuis juin, nous avons remis le pied dans l’eau : l’eau est fraiche et la visibilité pas extraordinaire mais cela fait quand même un bien fou. Juste en-dessous de notre bateau, nous avons un assez grand banc de petits poissons qui semblent y avoir élu domicile !

Lundi 05.

En levant l’œil droit (l’œil gauche était encore trop fatigué pour abaisser le pont-levis … eh oui, un pont-levis est « ouvert » quand il est abaissé et non, quand il est relevé), j’ai eu l’inspiration divine que c’était l’instant ou jamais … du nettoyage de notre coque.  Aussi, après quelques hésitations de dernières minutes, nous avons entrepris, Ann et moi, de passer la coque à l’eau douce pour ensuite l’essuyer à la chamoisette. L’occasion de jurer une fois de plus sur ce cochon de peintre de « Curaçao Marine ».

Si la liste des « choses à faire » est kilométrique, le courage manque un peu et je me verrais bien repartir pour une nouvelle journée de farniente. De toute manière, c’est dans l’air de l’île : nous voulions passer commande d’une nouvelle capote et d’un nouveau bimini  mais il faudra attendre mercredi après-midi pour « officialiser » la commande et janvier pour espérer voir sa réalisation … l’histoire ne dit pas si ce sera début ou fin janvier mais j’ai ma petite idée sur la question : avec un peu de chance, nous en recevrons livraison juste avant la période cyclonique. C’est partout la même chose et pourtant, le chômage gronde dans le monde !!

Si de prime abord, la météo un peu chagrine n’incitait pas à une ballade en annexe jusqu’au « Marin », le temps de se préparer et le soleil était de nouveau de la partie. Il faut bien une annexe comme la nôtre pour aller jusque là lorsque le vent lève un peu la mer.

Sous le soleil, le « Marin » est réellement un joli coin de paradis et ce n’est pas sans raison que la densité de bateaux y est la plus grande que nous n’ayons jamais connue ! Bien entendu, la marina de « La Rochelle » avec ses milliers de bateaux, présente une concentration bien plus importante encore mais il s’agit d’une « marina » … alors qu’ici, il est surtout question de « mouillage ».

Si on y trouve à peu près tout … nous n’avons évidemment quasiment rien trouvé de ce que nous cherchions et tous les techniciens sont « overbookés ». Nous avons par contre, trouvé un petit magasin d’informatique, « Infologeek » situé à la « nouvelle Marina du Marin », comme on n’en trouve plus de par chez nous : nous sommes tellement emballés par notre découverte que nous comptons leur acheter un nouveau PC portable.

Mardi 06.

Pour réaliser certaines courses, la location d’un véhicule s’avère hélas incontournable. Ainsi, le magasin de plongée, « Madinina Plongée Services – La Spirotechnique IC  »,  auquel nous comptons confier le soin de « grenailler » et de « tester » nos bouteilles de plongée en carbone, ne se situe pas au « Marin ». Oh ! Pour mémoire, les différents centres de plongée de « Curaçao » auxquels nous nous sommes adressés, ont considéré nos bouteilles comme irrécupérables en raison de la présence d’un peu de rouille à l’intérieur. Rien que pour cela, je les hais.

Tandis donc qu’Ann batifolait en voiture, avec Chantal de « Maeva », votre serviteur se tapait l’entretien du moteur principal. Entretien habituel avec son lot habituel de petites frayeurs … pas de quoi en causer.

Si la météo est plutôt clémente, les mini grains font partie du décor.

Mercredi 07.

Journée de rencontres au « Marin » : Maryvonne & Bernard de « Sonate », Luc de « Balaruc » et Denis de « Manta ». Ce dernier nous a appris que Didier de « Freya » s’était fait pirater, en son temps, par des pêcheurs le long de la côte brésilienne dont il était trop proche …

Jeudi 08.

Grains, pluie, ondées … le schéma habituel.

Je suis malgré tout parvenu à trouver une éclaircie pour débloquer le bouton-poussoir de l’enrouleur de génois situé sur la console de barre et j’en ai profité pour graisser tous les autres boutons-poussoir.

Vers 17 heures, nous prenions l’annexe pour aller manger des accras aux crevettes chez « Martine » (Sainte Anne). Nous y avons rencontrés « Gosy » dont nous avions fait brièvement la connaissance à « Maurice » !

Vendredi 09.

Ann avait rendez-vous avec une esthéticienne et comme elle devait se rendre pour cela au « Marin », je l’ai accompagnée car par mer un peu formée, il est plus prudent d’être deux dans l’annexe : meilleure répartition des poids … j’ai poiroté plus de deux heures et au « Mango Bay » où j’avais fini par échouer, je voyais bien que le personnel se demandait si j’allais y prendre racine !

Samedi 10.

Nous avons profité d’une matinée venteuse mais sèche pour aller une fois de plus, faire des courses au « Marin ». Les autres plaisanciers laissent leur annexe à « Sainte Anne » et prenne ensuite le bus pour se rendre au « Marin »mais nous lui préférons la liberté de mouvement que nous donne notre annexe.

En l’honneur de l’anniversaire de Chantal de « Maeva », nous étions conviés à déjeuner sur « Catanelo » d’Anne-Laure et Laurent. Arrivés pour midi, nous en sommes repartis les premiers vers 16 heures … autant dire que nous avons « farniente » le restant de l’après-midi.

Dimanche 11.

Un peu avant minuit, « Aldourie » (Oyster 52’) avec à bord, nos amis Christophe de « Grand Bleu » et Jean-Paul de « Amaryllis » faisait son entrée à « Sainte-Lucie » après 21 jours de traversée de l’Atlantique dans le cadre de l’« A.R.C. ». Malheureusement, nous ne les verrons pas en raison d’un timing très serré et sans doute aussi, d’une météo détestable qui ne les encouragea pas à venir jusqu’au « Marin ».

Journée bricolage : le flotteur de la pompe de cale principale avait une légère tendance à enclencher intempestivement la pompe et après quelques manipulations de ma part, elle ne s’arrêtait carrément plus du tout !

Comme cette pompe nous renseigne directement sur la présence d’une fuite d’eau dans le bateau, cela nous chagrinait qu’on ne puisse la laisser en mode « automatique ». Je me suis donc attelé au remplacement du flotteur. J’ai été très surpris d’y être arrivé du premier coup sans juron, ni énervement !

J’aurais bien attaqué un autre bricolage (feu de navigation rouge à remplacer) mais il y avait trop de vent pour travailler à la proue du bateau.

Lundi 12.

Journée « coiffeur » pour Ann et votre serviteur qui en avait marre qu’on le prenne constamment pour un hérisson : avec le vent, mes cheveux trop longs se hérissent sur la tête !

Nous avons enfin pu récupérer mon ancien et mon nouvel ordinateur portable. Cela fait depuis plus d’un an que j’estime devoir changer de PC pour quelque chose de plus « update » mais à chaque fois, je me heurte à la difficulté de trouver un PC qui soit réellement adapté à mes besoins … et puis, et puis, il y a invariablement cette période plus ou moins longue durant laquelle vous passez plus de temps chez votre revendeur qu’à jouir de votre nouveau joujou !

Lorsque nous sommes rentrés au bateau, je me réjouissais de pouvoir surfer sur internet mais ma joie fut de très courte durée : le nouveau portable a mis plus de 15’ pour s’allumer et plus de 30’ montre en main, pour s’éteindre !!! Après ce mauvais départ, il m’a été impossible d’avoir une connexion internet plus de 3’ … en bref, le nouveau portable fonctionne nettement moins bien que l’ancien !  « I am so happy » dirait Droopy.

C’est le genre de « détail » qui vous mine le moral quand il ne met pas vos nerfs, à rude épreuve.

Comment vous expliquez mon état d’enchantement sans verser dans le dramatique, voire le sinistre ? Je suis comblé d’être au mouillage de la baie « Sainte Anne » car selon mes critères, ce site correspond le mieux à mes attentes. Je déborde de bonheur d’avoir pu « déposer mon sac » et d’en avoir fini avec ce stress permanent qui ne nous a pas quittés durant tout notre tour du monde. Une vraie bénédiction d’avoir retrouvé la langue française (encore que selon moi, on parle beaucoup trop l’anglais : quand je vais en GB, j’essaie de parler anglais mais bon dieu, que les anglophones fassent un effort de parler français en France, merde à la fin. On n’est plus chez soi, nulle part !), la culture française (difficile en ce moment d’avoir un bulletin météo car Météo France est en grève. Lors de notre passage en juin, ils étaient déjà en grève) et la gastronomie française (il n’y a que les Français pour savoir ce que signifie le mot « pain »).Mais bordel de tous les Saints, il n’arrête jamais de pleuvoir sur cette foutue île ????

Mardi 13.

Si j’avais pu croire jusqu’à présent, que les grains et les ondées faisaient partie intégrantes du décor, j’en arrive à la conclusion qu’elles sont désormais le décor : il pleut, il pleut, il pleut bergère. Quand on est au « Marin », on s’en rend moins compte que lorsqu’on est sur son bateau au mouillage car le vent qui souffle périodiquement en tempête, en accentue encore le ressenti.

Pour les « locaux », ce n’est pas normal puisque la saison dite « des pluies » est terminée mais normal ou pas normal, on déguste ! S’il est toujours impossible de comprendre ce qui pousse les gens à louer un bateau à telle saison plutôt qu’à telle autre, il est un fait que les catamarans sont extraordinairement nombreux à tirer sur leurs amarres, à la marina ! Il faut dire que louer un bateau en ce moment, relève plus du masochisme que du plaisir.

Cela ne nous a pas pour autant dégoûtés de nous rendre au « Marin » avec notre annexe. Je l’ai déjà maintes et maintes fois répété mais disposer d’une bonne grosse annexe est un luxe dont il ne faut pas se priver … quand c’est possible évidemment.

Une fois encore, nous avions des courses à réaliser : la seule manière de faire avancer les choses dans les îles, consiste à « harceler » jusqu’à ce qu’on finisse par donner suite à votre demande ! Nous avons notre « petit tour » qui nous permet de relancer tout le monde, en une seule ronde.

Mercredi 14.

Plus la météo annonce une diminution de la pluviosité … et plus il pleut ! C’est à un tel point que je vois bien que le niveau de la mer monte, m’obligeant du même coup à mouiller plus de chaîne ! Si seulement, on pouvait regrouper toutes les minutes de la journée sans pluie, on pourrait peut-être connaître une éclaircie ! C’est le déluge en permanence mais selon les diverses météos consultées, il fait « sec et ensoleillé » … cherchez l’erreur.

Je l’avais déjà constaté les jours précédents mais le plan d’eau de la baie « Sainte Anne » se clairseme de plus en plus. Certes, il y a encore de nombreux bateaux au mouillage mais il y a de nombreux « trous » où je rêve tous les jours, de pouvoir caler les 20 mètres de « S.A.S.³ ». A chaque fois, je trouve que nous nous ancrons trop loin de la côte et du centre d’activité du mouillage mais il est difficile de concilier un grand cercle d’évitage avec un espace de mouillage restreint. Et puis quand une ancre tient bien, on n’a pas trop envie de s’ancrer une nouvelle fois avec le risque d’une moins bonne tenue. Et puis, et puis, comme dirait mon épouse, je suis un éternel insatisfait.

Jeudi 15.

Depuis une dizaine de jours, nous collectionnons les journées « merdiques » mais celle-ci fut encore plus « merdique » que les précédentes ! C’est l’histoire de la tartine avec de la merde des deux côtés …

Qu’il pleuve du matin au soir et du soir au matin et cela tous les jours sans exception de la semaine, je suppose qu’on finira à la longue par s’y habituer à défaut de pouvoir faire autrement. Je me suis laissé dire que les petits enfants martiniquais apprenaient à calculer jusqu’à 100 en comptant les grains qui passaient au-dessus de leur tête ! Pour ma part, j’ai un peu de mal à comprendre comment météorologiquement, il est possible de se taper autant de grains sur une même journée alors que sur notre tour du monde, nous n’en avons jamais compté autant … sauf peut-être dans l’océan indien où nous avons quand même passé quatre jours sans oser retirer nos cirés !

Mais tout n’est pas négatif puisque nous apprenons à mieux connaître les subtilités du « français » qui diffère du « belge » par certaines nuances. Ainsi, en Belgique, lorsque la météo précise que les « averses se feront rares durant la journée », on entend par là que si vous avez droit à plus de trois averses sur la journée, c’est décidément,  que le ciel n’était pas de la partie. Ici, en Martinique, le propos a une toute autre signification puisqu’en fait, la météo tient à préciser que vous aurez droit à une averse environ toutes les  quinze minutes …

Tout cela ne serait encore rien si avec ce temps pourri de pourri, il devient même impossible d’entretenir l’illusion (il n’y a pas de vie, sans espoir) qu’un jour nous aurons à nouveau la télévision satellitaire à bord ! Comment, en effet, procéder à un réglage de l’antenne extérieure s’il pleut sans arrêt. Comme nous sommes de grands optimistes, notre rendez-vous avec le technicien a été remis à demain, même heure … en l’espoir d’un changement que nous attendons depuis une quinzaine de jours !

Comme je sens que vous pensez que je verse dans le pathétique, j’ai le plaisir de vous annoncer que malgré les intempéries, Didier de « Caraïbes Gréement » est parvenu, non sans peine et avec beaucoup d’abnégation, à démonter totalement notre guindeau hydraulique en vue de  changer le « sensor » de notre compteur de chaîne. L’opération n’a toutefois pu être menée à son terme et le guindeau a été remonté dans son état original  car le « sensor » que nous avons découvert, ne correspondait à aucun des deux modèles en ma possession ! Youpiiiiiiiiie.

Aussi incroyable que cela puisse paraître mais personne jusque là, n’avait été en mesure de m’expliquer où et comment se présentait le « sensor », alors vous imaginez pour obtenir la référence du « sensor » de notre guindeau … enfin, maintenant, nous savons à quoi il ressemble mais nous hésitons toujours entre quatre références différentes ! Cela dit, je suis maintenant également convaincu que les problèmes que nous connaissons avec notre compteur de chaîne, ne vient pas du « sensor » !

Arrivée de nos copains Norma & Phil de «  Minnie B » en provenance du carénage de « Trinidad ».

Il y a deux jours, « Galactica Super Nova » (70 m. – cfr. photo) faisait son entrée dans la baie. Why not ? Certes, sauf qu’aujourd’hui, nous l’avons vu embarquer  à bord d’un cargo spécialement aménagé pour le transport des gros yachts. Un autre gros yacht à moteur « Kiss the sky » faisait également partie de l’embarquement … ainsi qu’un vieux voilier belge en panne de moteur ! Difficile de comprendre nos compatriotes dès lors que les frais de transport sont certainement beaucoup plus élevés que la valeur de leur barcasse.

Amusant de relever que plus un bateau est grand et surtout, s’il est à moteur, et moins il navigue par ses propres moyens … ce qui ne l’empêchera pas d’être vu aux quatre coins du monde.

Notre super cargo n’était pas arrivé le pont vide puisqu’il a débarqué pas moins de trois gros yachts à moteur et un voilier. Comme il n’y avait plus de place en marina pour l’un des gros yachts à moteur et que ce genre d’unité ne pourrait décemment envisager de mouiller son ancre comme tout le monde … il a squatté tout le ponton fuel qui est pourtant très long, rendant du même coup impossible tout approvisionnement en gasoil !

Notez que perso, je m’en fous car nos réserves en carburant sont largement suffisantes pour tenir encore plusieurs semaines mais je ne peux m’empêcher de trouver cela choquant. Un idiot a dit un jour : « les jugements seront blanc ou noir suivant que tu seras puissant ou misérable » et jusqu’il y a peu, je ne pouvais le croire … serais-je un grand naïf ? « To be or not to be » a dit un jour, un autre idiot.

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Responses

  1. Bonjour à vous, Toujours à bricoler… lol. Lors d’un passage j’avais eu à faire à Hubert (Tangui ?) loueur et concessionnaire Lagoon, CNB.. Très sympa…au Marin. J’espère que la pluie ☔️ s’est arrêtée et que vous allez profiter du joli coin pour les fêtes. Bien à vous Emmanuel

    Envoyé de mon iPad

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