Publié par : Ann & Stéphane | 6 novembre 2016

17 au 31.10.2016 – Carénage à « Curaçao Marine » – suite.

Lundi 17.

Ce matin, en arrivant au bateau, on aurait pu avoir l’impression qu’il était prêt pour sa mise à l’eau … mais en fin de matinée, il ressemblait davantage à une vielle épave pelée !!

Tout commença par un petit vent de panique qui se mit à souffler lorsque je constatai que le fusible du chantier avait sauté et qu’à sa suite, les batteries étaient tombées à 85% et 92% de leur charge !!!

Rien de bien grave … il « suffit » de remettre le fusible en place … sauf que de bien entendu, il ressautait dans les cinq minutes qui suivaient et ainsi de suite, une dizaine de fois d’affilée ! En temps normal, nous aurions relancé le GE pour contrer l’insuffisance d’ampérage de la borne électrique  mais en le cas d’espèce … c’est bête à dire mais j’ai vu le moment où nous ne pourrions endiguer la chute de tension dans les deux parcs de batteries : au-delà de 60% la perte de charge peut causer des dégâts irrémédiables.

Reprenant un peu mes esprits, j’ai vite compris que la solution passait par éteindre temporairement deux chargeurs sur les quatre, le temps que les batteries soient à nouveau chargées.

Après ce petit coup de chaleur (vous imaginez … il fait déjà torride et nous parvenons encore à faire grimper la température) et alors que nous pensions que le peintre du chantier ne viendrait jamais travailler sur notre bateau, nous sommes parvenus à  le faire regarder dans la bonne direction (sans doute avons-nous profité de l’absence du patron) !

Plus incroyable encore, non seulement le peintre regarde maintenant dans la bonne direction mais de surcroît, il s’est mis au travail sur notre bateau !!! Youpiiiiiiiiie … sauf que maintenant le plat pont pèle de partout et que notre teck commence à nouveau à faire une sale tronche ! Comme toujours, vous pensez vous limiter à quelques retouches de peinture et en une, deux, trois vous vous rendez compte que vous avez demandé de tout repeindre ! Nous n’en sommes pas là mais pas très loin quand même …

En milieu d’après-midi, Pedro, le technicien en charge du remplacement des fenêtres du carré que nous attendons toujours … est venu pour refaire l’étanchéité de certains joints de hublots mis à mal par les UV. Je ne saurais expliquer pourquoi mais le courant a eu un peu de mal à s’établir entre nous. Avec « D’Jack » de « MRC », on sait pourquoi : c’est un malotru mais en le cas d’espèce, c’était plus subtile ! Peut-être son petit côté moqueur nous énervait-il !

Le soir, tous les plaisanciers du chantier était invités par « Obiwan » de Rafaela & Giovanni, à un « spaghetti party ». Très sympathique soirée au cours de la quelle nous avons pu apprécier les qualités de cuisinier de Giovanni. Tout le monde s’exprimait en anglais : ce n’est pas juste … pour une fois que je me remettais avec quelques succès, à mon néerlandais d’écolier ! Ouiiiiiiiiiiiiin … je veux revoir ma Normandiiiiiiiiiiiiie !

Mardi 18.

Tous les chantiers ne sont pas mauvais mais si vous combinez « chantier » avec « hollandais » vous pouvez être certain que vous serez « gratinés » ! Mais si c’est à un tel point … pourquoi nous sommes nous rendus chez « Curaçao Marine » ??

Pour de multiples raisons :

  1. Où voulez-vous caréner autre part pendant la période cyclonique ?? A « Trinidad » ou à « Grenade » où la distribution d’eau est gratuite (il pleut très, très fréquemment) … Au « Panama » où en cette saison, c’est la distribution d’électricité gratuite (les orages y sont dantesques) … Au « Venezuela » ou en « Colombie » où votre sécurité vous importera plus que votre bateau … Aux « Petites Antilles » où avec un peu de chance, votre bateau sera sorti de l’eau gratuitement (c’est la route habituelle des cyclones) …  Ne cherchez pas plus loin: il n’y a pas d’autre endroit sauf à attendre la « belle saison » pour caréner  là où il vous plaira. Nous nous posons d’ailleurs la question de savoir s’il ne s’agit pas de la seule alternative qui nous restera en finale.
  2. Parce qu’on nous a fait croire stupidement que le chantier travaillait très correctement … ce qui est très moyennement vrai !
  3. Parce qu’avec le poids du bateau (40 T.) son tirant d’eau (2.5 m) et sa taille (20 m), bien peu de chantiers savent nous accueillir !

Quels sont les motifs de notre irritation :

  1. Le bateau aurait pu déjà être remis à l’eau si « RMC » avait réalisé correctement son travail en commandant depuis longtemps, les pièces qui nous font tant défaut pour remonter le moteur ! Le responsable de la société (le « malotru ») était pourtant venu à bord – fin juin – pour voir ce qu’il en relevait exactement …
  2. Polisher la coque du bateau … pour ensuite procéder aux réparations de peinture est totalement idiot. Aujourd’hui, nous avons pu admirer sur la belle coque fraîchement polishée, les coulures des produits employés pour les réparations de peinture !
  3. Après nous avoir conseillé de mettre sur la coque, un antifouling chargé en cuivre (…), le chantier opte pour nous remettre du « Trilux 33 ». Pourquoi pas … même si nous avons toujours connu des problèmes de séchage avec ce produit ! Mais, aujourd’hui, nous avons un autre problème : le « Trilux 33 » n’est plus fabriqué et il semblerait que le chantier a acheté les 6 derniers malheureux pots se trouvant sur l’île !!!! Le problème c’est qu’il n’y en a pas assez…..
  4. Nous avons demandé au chantier, d’apposer une troisième couche d’antifouling à hauteur de la ligne de flottaison comme cela se pratique très couramment. Le travail n’a pas été fait par manque de produit sans doute … mais les ouvriers ont déjà retiré le papier masquant !
  5. La quille était amochée dans le bas. Dès le départ, nous avons demandé que l’on procède aux réparations qui s’imposaient. Pour y parvenir … nous avons dû les harceler quotidiennement et en finale, c’est par petites étapes successives que nous y sommes parvenus !
  6. Nous avions deux poches d’eau à hauteur des « chapelles » de la quille. Vous pensez qu’ils nous auraient demandé s’il ne fallait pas faire quelque chose avant de peindre la quille ! Le problème a été résolu mais des retouches d’antifouling ont été nécessaires …
  7. Nous sommes depuis plus de 10 jours sur le chantier mais c’est seulement depuis ce lundi que le peintre a enfin daigné venir « travailloter » sur notre bateau : entre la pause du matin, le « lunch time » et la pause de l’après-midi, nous sommes toujours heureux lorsque nous le voyons à bord …
  8. Cela fait la cinquième ou la sixième fois que je montre au peintre, les endroits où la peinture doit être retouchée. Il serait logique que tous les endroits soient traités en même temps d’autant qu’il y a des temps de séchage … ben non, notre peintre a mastiqué la majorité des endroits signalés mais il garde d’autres endroits pour plus tard !!!
  9. Nous avons quelques petites griffes sur l’étrave du bateau, un peu plus haut que la ligne de flottaison. Nous avons signalé au peintre que nous aimerions qu’il se penche sur le problème pour voir comment les masquer au mieux. Nous pensons aujourd’hui qu’il attend que le bateau soit à nouveau à l’eau pour examiner la question …
  10. Le chantier a apposé – s’il faut les croire – deux couches d’antifouling sur la coque sauf au triangle du safran parce que ces grands malins n’ont pas pensé le faire pivoter …Selon le chantier, deux couches d’antifouling ont été apposées sur la coque. J’aimerais les croire mais je trouve extraordinaire qu’il a fallu près de deux jours à un ouvrier pour mettre la première couche et seulement 1 ½ heure à deux ouvriers pour la seconde couche …
  11. Le préposé au nettoyage des inox a pour sa part, réalisé un passage aussi superficiel qu’éclair ! Autant dire que tous les inox restent à faire …
  12. Mais nous avons connu le pompon ce matin !

Pour notre hélice, nous avons acheté du « Prospeed » (+ 250 € les 200 ml.). Nous avons connu deux expériences avec ce produit : la première qui fut extraordinaire … et la seconde, qui fut aussi désastreuse que si nous n’en avions pas mis !

Nous en avons parlé à Pierre, le patron du chantier, qui nous a expliqué qu’il fallait respecter des conditions très strictes de pause et qu’une fois sur l’hélice, le bateau devait être mis à l’eau dans les 24 heures sous peine pour le produit de perdre toutes ses qualités. Voilà donc pourquoi notre seconde expérience fut catastrophique …

Lorsque l’autre jour, nous avons vu les ouvriers discuter autour de notre hélice, nous leur avons rappelé que le produit ne pouvait être mis que dans les 24 heures précédant la mise à l’eau. Mais, ce matin, en arrivant à 8.30 heures au chantier, nous n’avons pu que déplorer que le produit était déjà sur l’hélice …

Si vous avez déjà travaillé avec un Hollandais, vous savez qu’il attrape une crise cardiaque si vous lui chuchotez à l’oreille … « garantie »- « responsabilité »- « faute du chantier » ! Bien malheureusement, le patron n’était pas là mais de suite, c’était notre faute … ce qui était une évidence hollandaise !!!

Pourquoi notre faute ? Ben tiens … nous avons demandé au peintre, des travaux supplémentaires en sorte que la mise à l’eau du bateau en a été retardée. CQFD.

Mais vous ne connaissez pas la meilleure, le « finale hollandais » … nous avons tout mal compris est venu nous dire dans le courant de l’après-midi, le patron du chantier : une fois le produit sur l’hélice, il faut attendre 24 heures avant de pouvoir mettre le bateau à l’eau. Mais qu’est-ce que nous sommes stupides quand même !

L’honnêteté m’oblige à préciser que cette dernière version nous a été confirmée par un responsable de chez « Prospeed » mais cela ne change rien à l’attitude de la préposée du chantier qui, pensant avoir commis une faute en l’absence de son patron, nous en impliquait la responsabilité …

Ecœuré d’écœuré de voir la manière avec laquelle le chantier traite les problèmes et travaille, j’ai décidé de ne plus y mettre les pieds jusqu’au jour de la mise à l’eau : inutile de transpirer eau et sang toute la journée dans son cockpit, si de toute manière les ouvriers profitent que vous ayez le dos tourné pour n’en faire qu’à leur tête. Vous serez sans doute plusieurs à ne pas comprendre mon emportement car vous ne possédez ni ma sensibilité, ni mon sens de la perfection, ni mon amour pour ce voilier.

Mercredi 19.

Durant la nuit, l’île de « Curaçao » a subi durant près d’une heure, des orages d’une violence incroyable (nous nous sommes blottis sous les couvertures de peur que le ciel ne nous tombe sur la tête par Toutatis) qui nous ont fait craindre pour notre bateau. Le phénomène n’est pas rare en cette région mais beaucoup plus coutumier sur la côte vénézuélienne !

Comme j’ai décidé de ne plus m’occuper de notre bateau tant qu’il serait entre les mains du chantier, très témérairement, Ann a décidé de reprendre, seule, le flambeau  !!!

Jeudi 20.

Depuis mardi soir, je vis en ermite dans notre appart-hôtel en passant mon temps à compter la longueur et la largeur de notre appartement soit 27 pieds et 3 orteils de long sur 17 pieds et 5 ½ orteils de large. Périodiquement … Ann vient me faire rapport de l’évolution des événements sur le champ de bataille. Le merveilleux avec mon épouse c’est que tout ce qui pourrait me contrarier tant soit peu, est gommé d’office en sorte que les nouvelles sont toujours « excellentes ». On pourrait sans doute même affirmer que tout va beaucoup mieux depuis que je ne m’en occupe plus !

Selon ma source d’informations anonyme, c’est le moment ou jamais de visiter la Suède !!! En effet, tous les Suédois possédant un bateau, débarquent  à « Curaçao Marine » … c’est la « sweedish invasion »! Notez qu’ils sont plutôt sympas et qu’ils le seraient plus encore si seulement ils avaient pensé amener dans leurs bagages, un peu du froid de leur région …

Comme on sort faire pisser Mirza … Ann m’a emmené ce matin, déposer nos bouteilles de plongée chez « Linde Gas » pour les faire réprouver. En fait, l’opération consiste à remplir la bouteille d’huile et de faire monter la pression jusqu’à une pression 1.5 supérieure à  la pression de service (300 bars) soit … 450 bars ! Si elle résiste à cette épreuve … elle est bonne pour le service. En le cas contraire … vous êtes bon pour vous acheter une nouvelle bouteille. L’opération est nécessaire car elle évite que la bouteille vous explose à la figure lors d’un simple remplissage …

Pour votre parfaite information, une bouteille de plongée ne peut pas « exploser » mais « s’ouvrir comme une boîte à sardines ». Si ce n’est pas le cas, le modèle de bouteille de plongée ne peut être mis sur le marché.

Vendredi 21.

Comme il faut bien sortir de temps en temps Mirza … nous sommes allés rechercher nos bouteilles de plongée « carbone » chez « Linde Gas ». Ce n’est pas que je m’en doutais mais c’était tout comme : nos bouteilles n’avaient pu être réprouvées parce qu’il y avait un peu d’eau à l’intérieur et que la paroi intérieure présentait des tâches de rouille ! Rien de très étonnant à vrai dire en la mesure où lors d’une répreuve visuelle, la présence d’eau nous avait déjà été signalée.

En ces conditions, il faut sabler la paroi intérieure et l’enduire d’une nouvelle protection d’huile de paraffine qui ralentit la corrosion mais cela bien entendu, n’est pas possible à « Curaçao » où toutes les bouteilles de plongée sont en « aluminium » …

Quand nous naviguions dans les « Petites Antilles » en 2012, je m’étais déjà passablement énervé sur le champ très restreint des possibilités des îles : malgré l’importance du tourisme, malgré l’affluence des plongeurs et des plaisanciers, la « diversité » (en quelque domaine que ce soit) n’est jamais au rendez-vous sur les îles … pire, on a le sentiment qu’ils n’en ont rien à cirer ! Ce n’est absolument pas leur problème si vous avez une bouteille en carbone et que vous ne pouvez pas la faire sabler : pas un des centres ou magasin de plongée que nous avons contactés, n’a voulu lever le petit doigt pour nous venir en aide. Le « touriste » ne présente d’intérêt qu’en la mesure où il peut être plumé … pour le surplus, il est tout juste « toléré ».

Par bonheur, nous avons découvert qu’en « Martinique », un magasin de plongée proposait le sablage des bouteilles de plongée pour 33 €. Nous attendrons donc notre retour en « Terre promise ».

Samedi 22.

Juste pour nous changer les idées, nous avons décidé de procéder à la vidange de notre huile hydraulique … une histoire de 60 litres pour le réservoir principal + 5 litres pour celui de la passerelle hydraulique !

Cela fait depuis longtemps que nous sommes convaincus que ce travail doit être entrepris sans plus tarder (les années passent si rapidement !) mais nous avons toujours buté sur la difficulté de nous débarrasser d’une telle quantité d’huile usagée. A « Cape Town », nous avions trouvé une société qui acceptait de s’en charger mais quand elle a estimé à plus de 500 € sa seule main-d’œuvre … nous avons abandonné le projet.

En salopette de travail, tous les deux dégoulinant d’eau comme si nous sortions de la douche, nous avons pénétré les entrailles de la « bête » pour lui extirper son précieux liquide. Au vu de l’étroitesse du local technique, nous n’avons pu avoir recours qu’à un seau de 10 litres qu’Ann alla vider consciencieusement dans le tonneau des huiles usagées de « MRC ». Elle qui n’aime pas monter et descendre l’échelle … elle fut servie !

Ensuite, il fallut remplir le réservoir avec de l’huile neuve mais vu le peu de hauteur entre le plafond et le dessus du réservoir, nous avons une fois de plus, dû faire preuve d’imagination … et de patience.

Après avoir assez correctement réalisé cette partie du travail, il nous a fallu s’occuper du réservoir de la passerelle hydraulique qui, lui, est situé dans un des deux coffres arrière …

Alors que nous étions en train de nettoyer notre matériel et de tout remettre en place, Pierre, le patron du chantier, faisait une petite apparition surprise : avec les Hollandais, vous pouvez être certain qu’ils vous tomberont toujours sur le poil au moment où vous désirez le moins les voir !

En salopette et avec ma casquette vissée sur la tête, de loin on aurait pu me prendre pour un ouvrier quelconque. Comment est-il possible ??? Un ouvrier travaillant incognito sur mon chantier pour éviter d’avoir à me payer sa dîme  !!! Quel scandale a certainement pensé Pierre en venant à ma hauteur …

Il faut savoir que les chantiers hollandais réclament systématiquement un pourcentage (5%) sur facture, à tous les corps de métier extérieurs qui viennent travailler sur votre bateau. La seule manière de l’éviter consiste à attendre que le bateau ait quitté le chantier pour y venir travailler !

Et le bateau dans tout cela ? L’avancement des travaux ?? … Ne m’en parlez pas, j’ai eu beau avoir été « préparé » par Ann, j’ai failli monter sur un autre bateau en arrivant ! Quand j’ai  lâchement (j’en conviens) abandonné « S.A.S.³ » à ces brutes, il avait encore une certaine prestance alors que maintenant on dirait un boutonneux rempli de pustules, sale, désordonné et totalement abandonné à sa misère. Madre Dios … pourra-t-il jamais un jour, retrouvé sa fringance ??

Dimanche 23.

Tous nos espoirs renaissent : notre ami Jean de « Otter II » nous a appris qu’il avait fait sabler sa bouteille « acier » par le biais du centre de plongée de « Spanish Water », « Curious2dive », que nous n’avions pas encore contacté !! Nous y sommes donc allés montrer nos bouteilles …

Patatras, le moral est à nouveau dans les chaussettes : nous venons d’apprendre qu’une bouteille « carbone » n’est rien d’autre qu’une bouteille « acier » renforcée sur son extérieur, par du carbone. Quand donc l’enveloppe intérieure se pique de rouille, la paroi est si mince qu’après un bon sablage, il n’en reste plus grand-chose … En clair, nos deux bouteilles sont bonnes pour la poubelle selon les spécialistes locaux … ce qui nous fait très, très mal au cœur.

Leur remplacement pose bien des problèmes car, notamment, un rangement sur mesure avait été réalisé par le chantier dans l’un des coffres arrière et celui-ci risque fortement de ne pas convenir à un autre modèle de bouteille. D’autre part, notre compresseur ne gonfle qu’en 300 bars ! Il n’est donc pas possible de gonfler une bouteille 200 bars : mesure de sécurité pour éviter le surgonflage.

Lundi 24.

Changement de cap … nos bouteilles de plongée peuvent parfaitement être sablées !!! Du moins, le magasin de plongée de « Martinique » que nous avons contacté, nous l’affirme et cela ne retire en rien de la matière !! En fait, pour arriver à ce résultat, il faudrait plutôt « grenailler » (opération plus soft) que « sabler » l’intérieur de la bouteille …

En finale, nous avons décidé de nous concentrer sur d’autres problèmes et d’attendre d’être arrivés en « Martinique ».

Mardi 25.

Nous avons déménagé d’appart-hôtel : toujours dans le même immeuble « Pietermaai Boutique Hôtel » mais cette fois-ci … dans les caves !! Ann n’avait réservé que jusqu’à ce matin en pensant que le bateau serait peut-être remis à l’eau d’ici là  … elle a toujours été très optimiste par nature.

Par malchance donc, un couple a choisi, sur internet, l’appart-hôtel que nous occupions, sans nous demander au préalable si ce choix ne nous posait pas problème : les gens sont de plus en plus mal élevés.

Si l’appart-hôtel est bien décoré, l’humidité suinte des murs sous forme de salpêtre malgré une lourde rénovation en 2010 et nous n’avons plus aucune vue ! « I am happy » dirait Droopy.

Nous avons appris par la suite que suivant les législations européennes, les locaux auraient dû être déclarés insalubres en raison du salpêtre !

Pour ne pas carrément tourner à la sinistrose, nous sommes allés ensemble jusqu’au bateau et ce que j’y ai vu … m’a encore démoralisé un peu plus : le peintre « travaillote » toujours mais le bateau est de plus en plus dégueulasse et  je ne vois pas de mise à l’eau pour vendredi comme c’est prévu, à moins d’un miracle. Ah, j’oubliais … j’ai le très net sentiment que les ouvriers du chantier me tirent la gueule ! Ouiiiiiiiin … je veux revoir ma Normandiiiiiiiiiiie.

Mercredi 26.

Cela fait déjà deux fois que nous eu droit ce matin, à la « drache nationale » !! Il est donc à craindre que notre « Michel-Ange » n’y trouve prétexte pour retarder la fin des travaux de la chapelle Sixtine. Plusieurs peintres sont déjà intervenus à bord mais jamais je n’ai vu un tel « artiste » du masticage ! Il est gentil comme tout mais il me navre au-delà de toute limite.

Moi et ma grande gueule … j’aurais mieux fait de la fermer ! Nous revenons à l’instant, du chantier et il est clair que les travaux de peinture ne seront pas terminés à temps pour une mise à l’eau, ce vendredi. Pire … Claes, le technicien de MRC, a perdu une pièce de notre moteur en sorte que nous ne pouvons pas le faire fonctionner ! Il ne m’étonnerait d’ailleurs pas que le chantier nous en rende encore responsable. Il ne reste plus qu’à espérer que la pièce perdue ne doive pas faire l’objet d’une commande spéciale …

Un grand sage a dit un jour « la vie est une longue tartine de merde que nous grignotons tous les jours un peu plus … avec certains jours, de la merde sur les deux faces » et moi, j’en arrive à me demander combien de  jours nous aurons encore droit aux deux faces !

Jeudi 27.

Le moral est au plus bas et il en résulte que nous avons passé tous les deux, une mauvaise nuit : nous n’en pouvons plus de nous cloîtrer dans notre « cave » et de subir les chaînes bêtifiantes de la télévision américaine, nous avons donc  décidé de retourner vivre sur le bateau à l’eau … ou pas à l’eau.

Comme les retouches de peinture sont loin d‘être finies … Ann a convenu avec le peintre de se limiter aux retouches de la coque et de voir par après, celles du pont en manière telle de pouvoir aller à l’eau, ce vendredi.

Comme nous avons encore la voiture de location, nous en avons profité pour faire un plus gros avitaillement et surtout, reconstituer notre stock d’huile moteur (12 bidons) et d’eau glycolée (5 bidons). Il est essentiel d’avoir en permanence une réserve d’huile de moteur car on ne peut jamais prévoir exactement où sera le bateau lors du prochain entretien.

Nous sommes repassés ensuite par le chantier où j’ai pu voir le résultat des retouches de peinture sur la coque … je préfère m’abstenir de tout commentaire car en l’état, je refuse le travail !

Vendredi 28.

Seconde mauvaise nuit dans notre cave humide que je mettrais cette fois, sur le compte de l’excitation de retourner vivre sur le bateau. J’ai bien été tenté d’écourter notre séjour mais nous avions déjà payé pour la semaine.

Ce matin, Ann est passée au chantier et à notre grand soulagement, le peintre travaillait à notre coque : son travail de la veille n’était pas fini ! Ouf !

En fin de matinée, nous nous sommes installés dans le cockpit en attendant l’avènement du Christ ! Eprouvant pour les nerfs de voir les heures passer à la vitesse d’un TGV… alors qua manifestement notre « Michaelo Angelo » n’était pas monté dedans. Le pire c’est que je me suis convaincu tout seul, comme un grand, que notre mise à l’eau serait renvoyée à … lundi !

Un peu avant 15 heures, le « maître » terminait sa fresque mais laissait la coque en un état de saleté repoussante !!! Nous avions bien demandé qu’un manday ou l’autre passe rapidement une chamoisette pour enlever les traces de coulure mais notre écho s’est perdu dans les brumes épaisses des cerveaux du chantier !

Je reste assez mitigé vis-à-vis du chantier et peu convaincu par notre peintre : le travail est correct mais sans plus … on est loin de friser l’œuvre d’art à laquelle on serait en droit de s’attendre !

Pour que le tracteur puisse positionner ses deux longs bras sous la coque, il a d’abord fallu retirer la quasi-totalité des trépieds de soutien : en finale, le bateau tenait droit sur sa quille avec seulement trois trépieds sur l’arrière !!!!!!! Mieux vaut ne pas être cardiaque …

Le bateau en place sur les bras, ce fut le moment du « clasheur » de service de faire son entrée : muni d’un petit racloir, le voilà en train de grattouiller très superficiellement, les pattes de ber (endroits où viennent s’appuyer sur la coque, les trépieds de support). Ce travail aurait certainement mérité le passage d’une ponceuse et un léger masticage à l’un et l’autre endroit mais bon, c’est comme cela à chaque mise à l’eau : pas le temps de rien faire !

Notre « clasheur » est ensuite revenu, dépourvu de vêtement de protection, le pot d’antifouling dégoulinant tenu à bras le corps, un rouleau de brosse mal emmanché et le voilà en train de le plonger dans le pot pour le ressortir bavant d’antifouling … et « clash » sur les pattes de ber !

Si on veut faire les choses correctement, notre « clasheur » aurait dû être pourvu d’un vêtement de protection, avoir recours à un bac de peinture (ce qui lui aurait évité de perdre son rouleau de brosse dans le pot …) et procéder par application de plusieurs couches légères.

Mais bon, il a encore fallu se taire et prendre sur soi …

L’opération de mise à l’eau s’est réalisée avec beaucoup de sérieux et de compétence et il semblerait – sous réserve de vérification – que pour la toute première fois que nous utilisons du Trilux 33, l’antifouling ne soit pas resté collé aux bras du tracteur !!! Rien que pour cela, je reviendrais faire caréner ici car avec le système traditionnel de levage avec des sangles, nous avons toujours droit à des dégâts mineurs …mais des dégâts malgré tout.

Si nous étions pressés d’aller prendre notre emplacement, un petit manque d’eau (il n’y avait que 1.90 m pour un T.E. de 2.50 m) nous empêcha de partir … Pierre, le patron du chantier, est donc parti chercher des seaux d’eau et en faisant la chaîne, nous avons pu faire monter le niveau d’eau en sorte de pouvoir décoller …

Vous n’êtes pas forcé de me croire et peut-être, préférez-vous cette autre version : le plan d’eau incliné ne semble pas partout présenter la même profondeur et en jouant un peu avec les amarres, Pierre est parvenu à nous décrocher du fond.

En jouant « chaise musicale » avec un catamaran 56’, nous avons eu droit à une bonne place. En tout état de cause, comme c’est l’anarchie la plus totale à la marina du chantier, aucune autre place n’était disponible : quand les « petits » prennent la place des « grands » comment voulez-vous que cela marche …

Samedi 29.

Après une agréable soirée passée à bord avec l’airco … nous avons passé une nuit impossible sans airco: pas moyen de fermer l’œil en partie en raison des 35° à l’ombre de notre cabine ! L’ampérage du quai n’est pas suffisant pour notre airco qui ne fonctionne donc qu’avec le GE que nous éteignons pour la nuit ! En finale, c’est dans le cockpit que nous avons trouvé refuge … en compagnie des moustiques.

Au petit matin, j’étais réveillé par l’aspirateur qu’Ann passait dans le bateau en profitant de la fraîcheur des premières heures de la journée. Malheureusement, les fraîcheurs du matin sont de très courte durée … aïe, aïe … mais pourquoi tu me frappes, bobonne … je n’ai pourtant rien dit de mal ! Comment cela, tu me connais …

Nous avons ensuite essayé de reprendre possession de notre bateau après trois semaines d’abandon à la poussière et à la crasse. C’est assez exceptionnel mais j’ai cette fois, quelques difficultés à retrouver  le « home sweet home » traditionnel … sans doute parce que les travaux sont encore loin d’être terminés et que cela me porte sur le moral !

Dimanche 30.

Après un excellent dîner (je n’aime réellement que la cuisine de mon épouse !), nous avons été nous coucher … dans le cockpit avec nos amis les moustiques. Pour nous en protéger, nous avions enfilé un T-shirt à longue manche, un caleçon long, des chaussettes et bien entendu, le bonnet de nuit. Pour la nuit prochaine, je pense compléter notre équipement par un masque facial et des gants.

Notre nuit fut meilleure que les précédentes et je fus réveillé cette fois, par la ponceuse de l’un de nos voisins de chantier ! Les joies de vivre en société …

Avant d’entamer l’entretien du GE, nous nous sommes mis en peine de regarder pourquoi notre nouvelle batterie tirait la langue à chaque fois que nous voulions faire démarrer le groupe ! En fait, depuis la mise en place de notre nouvelle batterie « Optima », il n’y avait plus moyen de faire démarrer le GE sans l’aide des batteries du moteur principal … ce qui, en le cas d’espèce, est plutôt « contrariant », vous en conviendrez.

Mauvais serrage de la patte et/ou présence de vaseline sur la cosse, en resserrant l’une et en nettoyant l’autre, le GE a démarré du premier coup malgré un voltage très faible ! Lorsque j’avais réalisé le travail, le bateau était encore sur son ber en sorte que je n’avais pas pu vérifier que tout était en ordre. Enduire les cosses de vaseline n’était peut-être pas non plus une bonne idée … encore que certains le recommandent !

Lundi 31.

Nous avons passé notre première excellente nuit depuis une semaine ! Nous avons fait brûler un serpentin anti-moustique juste derrière la barre à roue, à hauteur de nos têtes … avec pour seul désagrément que nous avons dû porter notre masque à gaz toute la nuit.

Ce matin, nous avons eu l’immense plaisir de pouvoir regarder notre peintre travailler … sur un autre bateau dont les propriétaires sont pourtant absents ! No comment.

Comme nous n’avons plus de voiture de location, nous avons pris la navette de 9.30 heures qui nous a amené gracieusement à une surface commerciale située par bonheur, juste à côté des shipchandlers. Le même service existe au départ de « Spanish Water ».

A 11 heures, la navette reconduisait au chantier. C’est ce que j’appelle du service et d’autres surfaces commerciales feraient bien d’en prendre de la graine …

En début d’après-midi, le peintre nous faisait l’honneur de sa visite à bord …

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Responses

  1. chers Ann et Stephane, je lis toujours avec plaisir le récit de vos aventures, que vous partagez avec tant de simplicité. Pourtant, si je sais que S n’apprécie que la seule cuisine de son épouse, je le trouve de plus en plus déprimé par ces foutus chantiers qui ne comprennent rien à rien, travaillent lentement et pas avec autant de soin que si on le faisait soi-même, ne respectent pas les délais, n’ont… Bref, heureusement qu’il existe des appart-hôtels (même si le salpêtre n’est pas compté dans le prix), parce que, une fois à bord, c’est la déprime à nouveau: trop chaud, pas de clim., les moustiques, et j’en passe. Merci quand même de nous faire voyager au travers de ces lignes, imaginant les paysages, les ambiances…
    Bises
    Bernard


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