Publié par : Ann & Stéphane | 25 avril 2016

16 au 25.04.2016 – Marina Jacare Village (Brésil) … suite et fin.

Samedi  16.

Nous venons de passer la plus originale nuit depuis que nous avons « S.A.S.³ » : nous avons dormi sur les matelas de la « crew cabine » disposés à la perpendiculaire de l’escalier, à même le sol du carré !!! Au pied de l’escalier, Ann avait trouvé un filet d’air frais venant de l’extérieur alors qu’il était impossible d’ouvrir le moindre hublot ou capot en raison de la pluie.

C’était cela … ou l’airco. Bien entendu nous aurions opté pour l’airco si nous avions eu à disposition, une borne électrique suffisamment puissante mais comme cela n’est pas le cas, nous devons faire tourner le GE et mine de rien, je constate que nous avons consommé plus de 250 litres de diesel depuis que nous sommes à la marina ! Il ne peut être perdu de vue que la consommation du groupe reste proportionnée à l’effort qui lui est demandé et que l’airco est un très grand consommateur électrique.

Pour être un des mois relativement secs de l’année, il ne pleut pas à verses … c’est carrément le déluge et j’ai décidé de me laisser pousser la barbe pour ressembler davantage à Noë ! Cela pisse comme vache qui pisse et cela ne s’arrête plus !! Au secouuuuuuuuuuuuurs !

Ce fut le moment choisi par Norma & Phil de « Minnie B » pour faire leur arrivée à la marina : les pauvres, cela fait depuis plus de 24 heures qu’ils ont les pieds « dans » l’eau alors qu’en principe, ils devraient les avoir « sur » l’eau … ils sont à la bouée en l’attente qu’il y ait moins de courant pour prendre un emplacement sur notre ponton.

Si nous étions partis il y a quelques jours comme « Imagine », nous serions, avec un peu de chance, en dehors de cette dépression pluvieuse qui s’accroche telle une ventouse à notre région : difficile maintenant d’envisager de lâcher les amarres dans de telles conditions.

Si cela doit durer une semaine comme prévu par la météo, il va sérieusement falloir que je trouve une autre distraction que de compter les gouttes qui tombent car à la longue, cela devient passablement lassant ! Ouuuiiiiiiiiiiiiiiiiiiin … je veux revoir ma Normandiiiiiiiiiiiiiiiiiiie.

Par bonheur (excellente distraction), nous étions invités à l’apéro, à bord de « Minnie B » (Ovni 395’). Super sympathique de retrouver ces copains irlandais qui font un réel effort pour parler un anglais compréhensible … même par votre serviteur !

Dimanche 17.

Nous avons bénéficié d’une aussi relative qu’exceptionnelle accalmie de la pluie, durant la nuit … qui nous a permis de dormir dans notre cabine ! Je sais, je sais … c’est un véritable bulletin de santé que je vous donne là mais si vous étiez à bord, vous en comprendriez l’importance.

Très sympathiquement, Alberto de « Annka » (Garcia 62’) m’a rappelé que notre airco fonctionnait autant en 60 qu’en 50 htz comme d’ailleurs tout l’équipement du bateau à l’exception de l’électroménager et qu’il y avait moyen de réduire la capacité de l’airco et des chargeurs en manière telle de faire tout fonctionner ensemble sur une prise de 20A … en supprimant tout ce qui n’est pas indispensable comme le boiler d’eau chaude etc.

Si le conseil est plus que judicieux … encore faut-il vaincre les a priori tenaces (de toute manière, cela sautera à la première occasion) et surtout, sacrifier une partie de son confort … au confort de l’airco ! Dilemme évidemment.

En attendant d’un jour tâter de cet « autre » confort à bord, nous avons nettoyé la chambre du compartiment moteur principal (MP) !!! Quelle mouche nous a piqués ?? Bonne question … et sans doute, mauvaise réponse : depuis deux jours, notre pompe de cale située à l’avant du compartiment MP, se met périodiquement en marche sans que nous n’en comprenions le pourquoi.  Ceci explique cela … sans rien expliquer puisque nous n’avons absolument rien découvert d’anormal !

Comme hier, j’ai un peu beaucoup glandé à compter toute la sainte journée, les gouttes de pluie, nous avons changé d’occupation et nous nous sommes agenouillés dans le carré (dans le cockpit, il nous aurait fallu revêtir nos combinaisons de plongée) pour prier avec ferveur la mer, le ciel, le soleil et le vent de nous être favorables ! Et comme le déluge subsistait malgré toute notre piété, j’ai provoqué en fin de journée, une réunion de travail avec l’ensemble des plaisanciers de la marina pour organiser dans les prochains jours, une gigantesque manifestation anti-déluge. Ouais, bon, ok … je débloque un peu beaucoup mais vous n’imaginez pas comme cette pluie finit par me taper sur le système nerveux !

Par bonheur une fois encore, Nicolas de la marina avait organisé une soirée brésilienne avec orchestre, au clubhouse. Si nous étions moins nombreux que je ne l’avais imaginé, l’ambiance était bien présente et cela m’a permis de faire un peu mieux connaissance avec les autres couples de plaisanciers de la marina : moitié Français, moitié anglophones.

C’est la première fois depuis bien longtemps que nous sommes en contact avec des équipages qui sortent juste d’une première traversée de l’Atlantique et qui hésitent encore à se lancer dans un tour du monde : rafraîchissant !

Lundi 18.

Arrivée en pleine nuit de « Sea Bunny » (GB) qui avait défrayé la chronique à « Richard’s Bay » car il avait été accusé à tort, par d’autres plaisanciers, d’être responsable de la détérioration du ponton !! La malchance avait voulu qu’il se soit amarré au ponton peu avant le terrible coup de vent qui l’avait littéralement emporté.

Une fois de plus, la nuit nous fut clémente (!!) et nous avons pu dormir avec les capots de pont ouverts … avec quelques fermetures éclairs. Au matin, le temps était à nouveau chaotique mais de manière surprenante, il n’a pas plu de toute l’après-midi et de la soirée !!

Aujourd’hui, « Anastasia » sortait de l’eau pour son problème d’eau de mer dans son huile moteur (Z drive) – « Pilhaouer » profitait des éclaircies pour colmater ses nombreuses infiltrations d’eau, « Minnie B » recherchait  les références d’une pièce tandis que « Evita » essayait de digérer son devis de plus de 10.000 € pour les seules pièces à changer sur son moteur Volvo … il y a peut-être plus malheureux que nous en finale !

Nous avons assisté à la sortie de l’eau de « Anastasia » … un grand moment d’anthologie et un véritable spectacle qui nous a occupés tout  l’après-midi !

Il y a d’abord eu la mise à l’eau de l’imposante remorque à 6 roues que « Anastasia » a dû tirer pour qu’elle s’enfonce plus profondément ! Déjà cet épisode fut particulièrement épique  car tirer droit en marche arrière avec un courant traversier …

Ce fut ensuite la pose du bateau sur la remorque qui s’avéra délicate car la remorque était de biais par rapport au bateau … le RM 10.50 est un biquille !

Tant que le bateau était dans l’eau, Brian est parvenu avec son 4×4, à ramener vers la côte, remorque + bateau mais quand tout a commencé à sortir de l’eau, cela devint impossible : les à-coups étaient terribles et faisaient trembler dangereusement « Anastasia » sur sa remorque.

La situation ne s’améliora guère lorsque deux 4×4 tirèrent en série.

Ce fut finalement l’intervention d’un tracteur qui sauva la situation d’autant que celui-ci tirait avec une régularité et une lenteur tout-à-fait d’à propos. Affolant par contre, de se rendre compte que l’ensemble ne tenait que par un simple câble métallique … sans aucune sécurité !

Mais le bateau est finalement arrivé à bon port et Sophie & Frank en profitent pour le faire caréner.

Mardi 19.

Et une nuit supplémentaire sans grandes averses … cela relève du miracle ! Après une nouvelle matinée chaotique, il n’a plus plu ensuite !!!

Arrivée de « Yemanja » (D) en provenance de « Salvador de Bahia ».

Nous avons réalisé, entre deux averses, un premier plein de diesel de 460 litres : la marina ne disposant pas d’un ponton essence, elle propose d’aller chercher le diesel avec sa camionnette et sa capacité en jerrycans est de 23 bidons de 20l. Nous aurions préféré un remplissage au pistolet mais dans la mesure où les jerrycans sont restés sur le ponton … Sans doute samedi matin, nous complèterons pour avoir des réservoirs « full ».

Le soir, nous avions à l’apéro, Sophie & Frank de « Anastasia » avec qui nous avons passé un excellent moment, dans le cockpit éclairé aux chandelles.

Mercredi 20.

Selon Hervé Laurent, l’excellent routeur qui nous a permis de passer le « Cap de Bonne Espérance », en raison de la présence d’Alizés extrêmement faibles dans l’hémisphère nord, la ZCI (Zone de Convergence Intertropicale) est plus étendue et s’étend jusque chez nous !! Dans cette zone, les vents sont souvent légers ou inexistants et le temps est lourd et chaud. Les seules interruptions occasionnelles sont des grains ou des orages où la pluie peut être très intense.

Effectivement, selon « Maeva » qui est actuellement aux « Saintes », cela fait depuis plusieurs jours qu’il n’y a plus de vent ! Pour notre part, les conditions météo semblent vouloir s’améliorer de jour en jour même si la plus extrême prudence reste de mise.

Nous sommes partis en course avec « Bernardo » … vous savez bien, le fidèle serviteur muet de Zorro sauf qu’il s’est reconverti depuis lors, en chauffeur de taxi et semble attaché à la marina. Très sympa et très honnête le copain même s’il ne comprend pas un traître mot d’anglais.

Jeudi 21.

Fête de l’indépendance du Brésil : tout était fermé.

Arrivée de « Obelisk » (USA) dont nous avions fait la connaissance à « Sint Helena ». En principe, le bateau comptait se rendre à « Ascencion » pour ensuite, rejoindre la Guyane française mais les vents en ont décidé autrement et il est parti sur « Salvador de Bahia » …

Malgré la chaleur ambiante, nous avons procédé au changement de l’eau glycolée de notre groupe. Ce n’est pas très compliqué comme travail … mais il faut le faire : ouvrir la purge, laisser couler, rincer avec de l’eau douce et remettre du nouveau « coolant ».

A 16.30 heures, nous avions rendez-vous à la « Tree House / Casa Praia » avec « Minnie B », « Sea Bunny » et «  Wildcat ». Un couple assurait cette fois-ci, l’animation en chantant en brésilien, en anglais et même une chanson en français pour laquelle nous avons bruyamment applaudi … non, non, ne soyez pas gênés pour nous, nous savons restés très « british » quand il le faut !

Dans la rue, il y avait foule comme quasiment tous les jours, pour assister au célèbre « Boléro de Ravel » joué à la tombée de la nuit par un clarinettiste qui en a fait, une institution locale depuis plus de 20 ans ! Le tout s’accompagne d’une petite ballade sur le fleuve où les touristes sont initiés aux danses locales.

Alors que nous pensions que nous en avions fini avec le mauvais temps, ce dernier est revenu nous faire un bruyant « coucou » en fin d’après-midi et durant la nuit !!! Ouiiiiiiiiiiin … je veux revoir ma Normandiiiiiiiiiie.

Vendredi 22.

Nous sommes partis ce matin, avec Nicolas de la marina, pour procéder aux formalités de sortie du pays en vue d’un départ lundi … sauf qu’une fois sur place, les bureaux de la Police étaient fermés pour cause de désinfection : une manière comme une autre de faire le pont sans le dire ! Nicolas s’était bien renseigné mais on lui avait confirmé mardi que les bureaux seraient ouverts.

De notre côté, nous avions pensé réaliser notre sortie … mercredi mais il y avait déjà trois bateaux qui devaient faire leur sortie et cela aurait dépassé la capacité de nos chers fonctionnaires !!! On s’en plaint souvent en Europe mais ce sont des bourreaux de travail en comparaison !!!

Comme nous sommes supposés partir lundi, nous avons demandé un nettoyage de la coque sous-marine : c’est le jeune de la marina qui s’en est occupé avec son narguilé.

Nous nous sommes également fait livrer un complément de 100 litres de diesel car nous craignons beaucoup outre la pluie, d’avoir à subir des calmes plats : « pot au noir ».

Le soir, nous avions à l’apéro, Imelda & Philippe de « Pilhaouer » : nous ne trouverons plus jamais des admirateurs aussi enthousiastes de notre bateau que c’en était un réel plaisir à voir et à entendre.

Samedi 23.

Après ce que nous aurions pu appeler une « relative accalmie », voici le grand retour des « nonos » portés par un vent venant de la mangrove située de l’autre côté du rio. Aussi, pour ne pas aggraver davantage l’état de ma peau devenue grumeleuse à force de piqures, je me suis habillé des pieds à la tête … en n’oubliant pas la paire de chaussettes ! A tout vrai dire, j’avais pensé dans un premier temps, à ma combinaison de plongée 2.5 mm mais j’ai eu peur que tout le monde ne veuille me faire plonger pour aller rechercher tel ou tel objet tombé dans le fleuve …

Depuis plusieurs jours, mon plus fidèle compagnon et ami, est une petite brosse à poils durs avec laquelle je peux combattre efficacement les frémissements chatouilleux qui m’assaillent périodiquement.

Ce matin, Nathalie de « Parci Parla » et Ann sont allés faire des provisions pour notre prochaine  croisière « d’amusement » : après leur passage, la grande surface a fermé ses portes pour cause de rupture de stock ! De ce que j’en ai vu passer … on ne mourra pas de soif !

Dimanche 24.

Ce matin, Ann est parti réaliser un avitaillement de fruits à la grande surface située de l’autre côté de la nationale. En sortant de l’église et sans doute pour se faire pardonner de tous leurs gros péchés de la semaine, un couple a proposé à Ann de l’y conduire en voiture … et comme sa maman ne lui a jamais appris qu’on ne montait pas dans la voiture d’inconnus, elle a accepté. Sur le retour, elle est montée dans une autre voiture conduite par un autre inconnu mais comme celui-là lui a fait payer la course, sa maman n’aurait rien dit. La morale de cette histoire est : si vous souhaitez éviter qu’on vous accuse de rapt … faites-vous payer !

L’heure de l’entretien du GE avait sonné et ne pouvait tomber mieux : la veille de notre départ en croisière. Comme pour faire la vidange d’huile, il est préférable que celle-ci soit bien chaude … vous imaginez sans peine « le four » en lequel nous avons dû travailler !! La difficulté réside toujours en ce qu’il faut éviter que l’eau de transpiration ne se mêle avec la nouvelle huile lors du  remplissage …

Enfin … le travail est fait et nous sommes tranquilles de ce côté-là jusque « Bonaire » … avec un peu de chance : toutes les 250 heures !

Le soir, la marina organisait une soirée très sympathique qui a le grand mérite de permettre aux différents équipages de faire mieux connaissance : un orchestre animait l’événement.

Lundi 25.

Nous avions prévu de partir aux aurores … mais en lieu et place, nous sommes partis avec Nicolas de la marina, réaliser nos formalités de sortie du pays. Comme toujours, c’est au niveau de la « Police Fédérale » que cela a coincé allègrement : déjà, nous avons attendu une petite heure dans la salle d’attente pour ensuite passer une autre petite heure dans le bureau du responsable … c’est le prototype du fonctionnaire consciencieux et pointilleux. Après ce fut les douanes et enfin, la marine.

Bref, nous sommes partis à 9.15 heures et nous étions de retour pour 11.45 heures. Nous aurions pu partir mais d’une part, c’était marée basse et d’autre part, le temps de tout préparer et nous risquions de partir peu avant la tombée du jour. Qu’il s’agisse de bonnes ou de mauvaises raisons, nous avons pris la décision de reporter notre départ à demain matin.

En rentrant au bateau, nous apprenions que l’une de nos cartes de banque avait été piratée (préjudice de près de 500 €) quelques jours plus tôt ! Cela nous pendait au nez depuis bien longtemps et voilà que c’est arrivé ici à « Jacare ».

Nous nous étions étonnés que selon notre extrait de banque, nous avions réalisé trois retraits d’argent auprès d’une banque à Orlando (USA) à quelques minutes d’intervalle … nous savons maintenant pourquoi.

Curieusement, alors qu’un bateau est parti ce matin, que « S.A.S.³ » et « Parci Parla » partent demain et que « Obelisk » et « Anastasia » devraient nous suivre de près, trois autres bateaux sont arrivés ce matin dont «Saol Elle » (Ir) que nous avons vu à « Maurice » !

Nous avons assisté cet après-midi, inquiets et médusés à la fois, à la mise à l’eau de « Anastasia » : si la sortie de l’eau fut rocambolesque, sa remise à l’eau fut du même tonneau !!!

En milieu d’après-midi, Michèle & Patrice de « Mindelo » (F) sont venus visiter notre bateau.

Nous comptons sur une quinzaine de jours pour atteindre « Grenade » (Petites Antilles) : 2.045 milles.

 

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Responses

  1. Si ça c’est pas le paradis…….


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