Publié par : Ann & Stéphane | 18 mars 2016

10 au 18.03.2016 – Mouillage de « Jamestown » – St Helena Island – Atlantique Sud.

Jeudi 10.

Le mouillage est composé de 5 gros « fromages » rouges pour les plus de 50’ et jusque 50 tonnes tandis que les 17 gros « fromages » jaunes  sont réservés jusqu’aux  50’ et 20 tonnes. Sur les 11 bateaux mouillés, 3 occupaient une bouée rouge. Au passage, nous avons reconnu « Imagine » (D), « Totem » (USA), « Anke-Sophie » et « Isis » (USA).

Le mouillage est un peu rouleur mais cela reste très supportable … certaines nuits toutefois, le roulis est nettement plus accentué ! Les bourrasques de vent sont toutes  aussi imprévisibles que passagères et nombreuses. Quant aux ondées, elles font parties des amuse-gueules « locaux ».  Comme ils sont tout de même 4.000 habitants et qu’ils dépendent de la pluie pour leur eau potable, ils n’ont pas la même perception que nous, sur la question: il y a 3 ans, ils ont été privés totalement d’eau, durant 6 jours !

S’il est possible d’accoster avec son annexe (gare à la marée basse), beaucoup de plaisanciers ont recours  au « water taxi », pompeusement baptisé « ferry boat », qui fait sa ronde toutes les heures jusque 18.30 heures.

C’est d’ailleurs avec ce dernier que la douane et « Port Control » sont venus nous saluer à bord. Alors que je comptais rester à bord contre toute éventuelle attaque de pirates, je n’entrevis aucune échappatoire au fait que nous devions être tous les deux physiquement présents, pour notre visite à l’immigration !! Eh merde ! Quand on est crevé et que l’on pense ardemment à son lit, il s’agit d’un vrai supplice d’Antal que de vous obliger à arpenter tous les ministères … qui ne sont pas très éloignés les uns des autres, par chance.

Comme ils ne sont pas chiants sauf que vous devez pouvoir établir que vous bénéficiez d’une police assurance « soins de santé », tout cela se passe dans la bonne humeur et  ce que j’en ai vu de « Jamestown», m’a plutôt donné envie d’y retourner. Nous avons eu de la chance car il faisait super beau … ce qui est loin d’être une règle générale !

Amusant comme pour nous, Belges et Français, l’île de  « Sainte-Hélène » est surtout connue comme la dernière prison de Napoléon alors qu’à « Jamestown», rien ne rappelle de manière fracassante, cet illustre épisode de l’histoire … évidemment, les Anglais n’ont jamais été des grands  fans de Napoléon !

Historiquement, « Sainte Hélène » a été utilisée comme lieu d’exile de prisonniers importants incluant quelques 6.000 Boers, comme le Chef Dinizulu, la Princesse Bahraini et bien entendu Napoléon qui y mourut … de mort assistée (ce que ne précise pas la brochure touristique).

Lors de notre passage par  « Port Control », l’officier nous signale que nous étions amarrés fort près du catamaran « Imagine » … mais que nous n’avions pas à bouger ! Nous avions donc dans l’espoir que le catamaran aurait à choisir une autre bouée mais cela n’entrait visiblement pas dans les intentions de notre voisin ! Evidemment, il était à sa bouée avant nous mais nous n’avions pas d’autre bouée rouge disponible sauf une qui nous aurait mis en difficulté avec un autre grand voilier !

Toujours est-il que pour éviter un éventuel heurt entre nos deux bateaux, nous avons resserré au maximum, nos amarres avec pour conséquence que les bernacles qui ceinturent la bouée sur son pourtour inférieur, ont éraflé méchamment notre proue !!! Grrrrr.

Comme nous étions partis à terre en coup de vent, nous n’avions pas eu l’occasion de sangler solidement notre GV … que nous avons retrouvée  à notre retour, envolée aux 4 vents !! Pas le choix, nous avons dû lui enfiler son petit pyjama de nuit alors que nous devons  encore y travailler et que dès lors, c’est mettre en place pour mieux enlever par la suite !

Comme l’eau est d’une limpidité rare et que sa température est douce et agréable, j’ai suivi l’exemple d’Ann en me mettant à l’eau. Alors que j’étais persuadé que notre coque ne pouvait qu’être propre, je fus très surpris qu’une pelouse s’était développée sur tout le pourtour de la ligne de flottaison sur une profondeur d’un bon mètre !!! Alors … ou je n’ai pas bien vu l’état de notre coque à « Cape Town » … ou ces plateaux d’algues longues et fines ont poussé durant notre traversée !!! En tout état de cause, il faudra que j’y remédie avant que nous ne remettions le couvert.

Avant de pouvoir penser à visiter l’île, il nous faudra d’abord respecter un cahier des charges très rempli qui comporte notamment, l’entretien du GE, la remise en ordre complète des bosses de ris, le nettoyage de l’intérieur et du pont ainsi que le nettoyage de la coque. Rien que d’y penser, j’en frétille d’impatience … beurk !

Vendredi 11.

Nous avons commencé par l’entretien du GE (2 h. de travail), j’ai poursuivi avec le rasage de ma barbe de 11 jours (1 h. de travail – je devrais impérativement m’acheter une débrousailleuse … j’en ai vu une au Carrefour, autotractée avec siège pour un prix défiant toute concurrence) et j’ai poursuivi un nettoyage intérieur, en profondeur, commencé par Ann (3 h. de travail) pour ensuite m’escrimer, sans résultat, à remettre en place, l’arrêt-butoir  du rail « Harken » fixé sur le mât .

Sans être pleinement satisfait de ma journée, je suis malgré tout heureux de ce qui a été entrepris. Il reste maintenant à s’attaquer – sérieusement – au problème des bosses de ris de GV et autres joyeusetés annexes mais les ondées sont assez exaspérantes que pour vous décourager d’entreprendre quelque chose … et pourtant, je pense que nous n’aurons pas d’autre choix : climat local !

Samedi 12.

Nous avons beaucoup roulé cette nuit ! Sans avoir vu le compteur kilométrique, il m’est difficile d’évaluer la distance parcourue mais je l’évaluerais facilement à 150 km voire plus. Vers le milieu de matinée, la houle s’estompait comme elle était venue … c’est-à-dire sans faire de vagues !

Il y a un certain brassage de bateaux sur le mouillage : aujourd’hui, nous avons eu droit à l’arrivée de 3 nouveaux dont « Vega » (F), « Obeliks » (USA) et un catamaran sans nom, sans port d’attache, sans pavillon  … ils sont comme cela quelques-uns à ne pas vouloir s’identifier, ce qui est franchement exaspérant !

Départ également de notre voisin « Imagine » dont nous avions fini par penser qu’il ne partirait jamais ! Ceci nous a permis de rallonger nos amarres …

Prenant notre courage à deux mains et profitant de l’absence incroyable de pluie, nous nous sommes attaqués à modifier/réparer notre problème de bosses de ris : tuant, énervant, horripilant, un boulot du diable … après plus de 6 heures de travail, nous pensions avoir tout remis en état lorsque nous avons levé la GV pour relever que rien n’allait !! Nous avons été contraints à la lever 6 fois d’affilée sous la menace permanente de bourrasques, avant de nous estimer satisfaits …

Amusant de relever comme tous nos voisins se sont inquiétés de ce que nous pouvions bien fabriquer à nos voiles !

Alors que nous prenions l’apéro pour fêter mon anniversaire (61 ans), je mets en marche l’airco qui fonctionne partout … sauf dans le carré ! Nous avons passé toute notre soirée en vain, à essayer de remédier à la situation. Ce fut une très chouette journée d’anniversaire … vivement demain.

Dimanche 13.

Départ du « Royal Mail Ship St Helena », construit en 1989, pour « Ascencion Island » … avant de revenir sur place et y réembarquer ses passagers pour « Cape Town ».  Il s’agit du seul ravitailleur des deux îles  et du seul moyen d’y accéder hormis les yachts … c’est pourquoi le bateau a cette particularité d’être moitié bateau de croisière et moitié porte-containers !!!

Vu l’état déplorable (!!) de notre coque, j’ai pris la décision d’y aller par petites doses d’une part, parce qu’il me faut me raccommoder avec un travail pénible auquel je n’ai plus été confronté depuis notre carénage en Jamaïque … et d’autre part, parce que sur un fond noir, il est bien difficile de savoir où on est passé alors autant prendre un peu de distance pour y voir plus clair … et puis, et puis, je vieillis et tout cela n’est plus de mon âge.

Toute la journée, nous avons eu droit à des ondées régulières : normal, les montagnes qui s’élèvent jusqu’à 820 m, retiennent  les nuages chargés d’eau ! En ces conditions,  j’en ai profité pour mettre en forme, l’article élaboré durant la  traversée : cela m’a pris des heures ! Parfois je me pose la question de savoir s’il n’est pas préférable de le rédiger entièrement après la traversée que de corriger l’ébauche écrite durant la traversée !

Durant la nuit, nous avons eu droit à un sacré roulis qui avait démarré en début de soirée. Et puis d’un coup, tout s’est apaisé comme par enchantement !!

Lundi 14.

Départ de 4 bateaux dont « Ricoh » (ZA) reparti pour « Cape Town » … avec son moteur en panne ! Très sympathique équipage de jeunes Sud-Africains qui participent à un stage de voile qui devait les mener à Rio de Janeiro avant de retourner au Cap … s’il n’y avait pas eu la panne de moteur !

Nous avions décidé d’aller à terre pour mettre à jour notre blog et prendre différents rendez-vous : pas d’internet, ni de téléphone à bord à cause des montagnes ! Une fois sur place, nous avons bien pensé nous taper la volée d’escaliers (899 marches) qui mène aux fortifications  qui surplombent  le mouillage mais nous n’avons pas été plus loin que la 175è marche …

Avec le soleil qui brillait, nous avons été tentés de nous baigner dans la grande piscine à ciel ouvert située en front de mer mais nous n’avions pas nos maillots de bain avec nous et pas le courage de courir au bateau pour aller les chercher …

La petite ville de « Jamestown » est très mignonne et la vie y est tranquille … mais on en a vite fait le tour et vouloir s’aventurer plus avant nécessite le recours à une voiture !

Malgré l’heure tardive et mon peu d’entrain … je me suis quand même mis à l’eau pour poursuivre le nettoyage de la coque !

Mardi 15.

La nuit fut remarquablement calme pour une fois et si les ondées n’étaient pas aussi régulières, le mouillage aurait été paradisiaque !

Départ de « Vega » pour « Ascencion Island » : 701 milles.

Une nouvelle fois, je me suis mis à l’eau pour nettoyer notre coque qui reprend progressivement un bel aspect. A vrai dire, le courage me manque de plus en plus et ces saletés d’algues sont horriblement dures à enlever … comme la mauvaise herbe ! Je devrais peut-être songer à les arracher par touffes et non, algue par algue …

Avec une demi-heure de retard, il était 17 heures, le gros pneumatique bleu du club de plongée local « Sub-Tropic Adventures » est passé nous prendre pour aller plonger (-17 m – 57’ – 25°) sur l’épave d’un petit chalutier reposant à quelques encablures seulement plus vers l’ouest, à proximité  de la côte.

Dommage d’avoir à plonger si tard car la luminosité se tarit déjà beaucoup mais le client est Roi et il plonge après ses heures de travail … nous étions 10 plongeurs.

Nous avons dû certainement faire forte impression sur Antony, le dirigeant du club, à qui nous avions signalé nos niveaux de plongée car sans nous demander le moindre document, il nous a donné « carte blanche » dès notre arrivée sur le site de plongée … très agréable comme sentiment.

La plongée n’avait rien d’extraordinaire sauf ce monstre de langouste qui se cachait dans la cale avant : il y a trois bailles où il est possible de rentrer si on n’a pas froid aux yeux. Le fond est sablonneux avec des roches volcaniques plus nombreuses au fur et à mesure que l’on se rapproche de la côte : on y trouve quelques petits tunnels bien amusants.

Mercredi 16.

Mon Dieu quelle nuit !!! Il m’a semblé qu’il n’avait pas arrêté de pleuvoir du moins je n’ai pas eu l’occasion d’ouvrir nos capots de pont et cela m’a rendu le sommeil difficile.

Arrivée au mouillage de « Solstice » (USA).

Nous avons plongé (-27m – 45’ – 25°) toujours avec le club de plongée d’ Antony, sur l’épave du « Fontea » (bateau passeur de drogue) situé entre l’épave de hier et le mouillage c’est-à-dire pas très loin (l’endroit est signalé par une petite bouée rouge sphérique que l’on distingue très bien du mouillage … mais dois-je rappeler qu’il est interdit de plonger autrement qu’avec un des deux clubs locaux).

Quand on descend, on a d’abord l’impression d’arriver sur une énorme plate-forme engloutie mais par la suite, on comprend que le bateau (suffisamment grand que pour avoir une timonerie en T) est posé sur son flanc. C’est un bric à brac incroyable que l’on découvre sur le fond  et il m’a semblé bien  difficile de pénétrer dans l’épave en partie éclatée ! Les langoustes abondent …

L’épave n’étant pas très intéressante, Antony nous a rapidement amenés plein ouest (max. 100 m) vers une petite montagne sous-marine particulièrement riche de vie (des bancs de poissons-papillons comme je n’en ai jamais vus) et dont  nous avons fait le tour un peu trop vite à mon goût.

Retour ensuite sur le « Fontea » pour un complément de visite et puis, il était déjà temps de remonter avec 2 minutes de palier obligatoire. Si les plongeurs de mardi étaient essentiellement des débutants, ceux d’aujourd’hui étaient manifestement des plongeurs d’une autre trempe et sans doute, des habitués du site (cfr. photo).

Jeudi 17.

Après une nuit sans roulis, ni pluie (suffisamment rare que pour le souligner), nous sommes partis à la découverte de l’île dans un taxi brinquebalant, conduit par un charmant grand-père de plus de 80 ans : « Robert  ». Je vous recommande chaleureusement cette longue ballade autant pour son côté éducatif que pour le personnage du driver qui s’arrête toutes les cinq minutes pour vous faire un commentaire sur ce que l’on peut voir. Pour le trouver, téléphonez au 23346 ou contactez l’office du tourisme.

Avec l’équipage très sympathique de « Obelisk » (USA), nous étions six touristes partis à la découverte de cette île aussi luxuriante intérieurement que son enveloppe extérieure est revêche ! Le clou de la journée fut bien entendu, la visite de la tombe et de la maison de Napoléon : « Longwood House » (attention tous les tours organisés n’incluent pas d’office ces points stratégiques !).

Nous avons pu également voir le nouvel aéroport qui doit, en principe, être inauguré le 21 mai, jour de la fête nationale. Deux vols hebdomadaires sont prévus : l’un en provenance de « Londres » et  l’autre de « Cape Town ». Il est fort à parier que cette liaison aérienne devrait donner un sérieux coup de pouce au tourisme qui reste encore très confiné.

La visite s’est terminée par les fortifications qui surplombent le mouillage : absolument décevantes car au lieu d’être conservées en leur état d’origine, les lieux sont occupés par le service incendie et autres qui ont  transformé les lieux en vaste dépotoir ! Ce serait bête de vous taper l’escalier monumentale pour voir cela … faites plutôt comme moi et descendez l’escalier pour rejoindre « Jamestown » à la fin de votre visite de l’île.

Vendredi 18.

A l’heure dite (8 heures), une grosse barque dans laquelle avait été déposé un petit container bleu, carré, contenant du diesel, est venu s’amarrer à notre bord pour une livraison de 350 litres. Facile, efficace, rien à redire d’autant qu’ils disposaient d’une pompe et d’un tuyau assez long et assez souple que pour atteindre les deux nables : tribord et bâbord.  Par contre, quand nous les avons vus tous les deux griller une cigarette … nous nous sommes demandés si notre dernière heure était déjà arrivée ! Le prix du gasoil n’est évidemment pas donné car ils n’en produisent pas sur l’île … : 1.22£/litre soit +/- 1.58 €/litre.

Il restait ensuite à faire les formalités de sortie (immigration, douanes et Port Control), un peu d’avitaillement  et un tout dernier passage par le quartier-général  de la plupart des plaisanciers  à savoir  « The Consulate Hotel » où l’on dispose de l’internet.

Nous partons ce samedi matin pour la « marina de Jacare » (Brésil) soit 1.800 milles. Nous espérons y arriver pour tout début avril.

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Responses

  1. Bonjour, c’est Bruno, le frère d’Emmanuel, je vous suis depuis juillet et apprécie ta prose, tes bons plans et indications de coût de voyage ET ne me lasse pas de voir ton frêle esquif. Chapeau pour votre philosophie de vie à bord pourvu que cela dure, courage.
    Mon frère francois a le projet de descendre un catamaran 40 de Guyane jusqu’à Cape Town , je n’ai vu ni lu aucun récit qui soit allé au bout, seulement 2 voiliers relatent leur épopée et ils ont coule ça donne envie de mieux se renseigner. Quels seraient vos avis si vous avez étudié cette route
    Merci

    • Bonsoir Bruno, Mille mercis pour ton commentaire, cela fait toujours plaisir ! Pour ton frère François, ne t’inquiète pas trop, c’est une route classique de novembre à mars en longeant les côtes brésiliennes avant de s’élancer vers le large pour bénéficier au maximum des courants et des vents. Bien à toi.

      • Bonjour Stéphane,Ann, merci pour cette information rassurante, il faut redescendre bien bas le Brésil avant de traverser soit 5000 miles en tout depuis Cayenne.
        Je vois que vous êtes dans le rio paraibo , j’attends patiemment ta nouvelle publication.
        Merci encore de nous faire voyager…


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