Publié par : Ann & Stéphane | 22 février 2016

01 au 14.02.2016 – Séjour prolongé à « Cape Town » !

Lundi 01.

Toujours de parole, notre électricien « Jabsco » est venu remplacer le relais de notre phare de recherche … sauf que cela n’est pas la cause de notre perte d’intensité lumineuse !! Après de vaines recherches, il devrait repasser avec quelqu’un de plus compétent…

Trevor, le gréeur, est également passé encore que nous n’avons pas bien compris le motif de son passage sauf que « North Sails » semble vouloir faire dépendre notre essai en mer, de son feu vert !!! Au départ, cela avait du sens puisqu’il était prévu que le mât soit réglé avant la sortie mais depuis lors, nous ne savons plus très bien si le mât pourra être réglé sans toucher aux galhaubans et donc sans avoir recours à des vérins hydrauliques …

En vue justement de cet essai en mer, je me suis contraint à nettoyer la roue à aube de notre speedo-loch. Que ne fut pas ma surprise en retirant la sonde de constater que celle-ci était prolongée par d’énormes spaghettis blancs translucides d’une dizaine de centimètres … jamais vu cela de ma vie.

Si la sonde était colonisée à ce point … que devait être l’état de la coque !! Comment en ces conditions pouvoir rester placide et attendre sagement  le prochain carénage. Le problème posé, la solution passait par une plongée bouteille malgré l’eau très froide  (14°) et la visibilité quasi nulle.

Le plus dur consista à rentrer dans ma combinaison 7 mm devenue avec l’âge, aussi raide que la justice … c’est du moins ce que je pensais avant d’avoir mis la tête sous l’eau car un véritable travail de titan m’attendait : si le nettoyage en soi était extraordinairement aisé, l’inconfort de ma combinaison le rendit particulièrement pénible.

Une forêt vierge, compacte et uniforme, de « diazones » (ascidie) s’étendant sur 1 m de haut,  50 cm de large et 60 cm de profondeur noyait littéralement l’hélice du bateau ! Sans mon nettoyage, nous n’aurions sans doute pas su sortir de notre emplacement …

Tout le bas de la quille présentait le même type de forêt compacte et ici et là, des grappes de « diazones » s’étaient  fixées. Le plus extraordinaire reste que je n’ai trouvé quasiment que cette espèce sur la coque alors que d’ordinaire, j’ai droit à plus de diversité ! Je ne m’en plaindrais pas si cet animal n’était pas aussi expansif.

Assez étonnamment, le reste de la coque était relativement propre sauf la ligne de flottaison du côté bâbord qui était ceinturée par une ligne d’algues vertes de plusieurs centimètres de long.

Je serais peut-être resté un peu plus longtemps la tête sous l’eau si je n’avais pas manqué d’air (je ne disposais que de 100/300 bars) et si je n’avais pas autant souffert à l’épaule gauche en raison de l’étroitesse de ma combinaison.

En remontant à bord, je constatais avec plaisir que « N.S. » venait nous apporter notre nouveau prélart ou taud de GV. Il est très beau et fort fonctionnel : les petites erreurs du précédent modèle ont été corrigées.

Notre homme en a profité pour emporter notre bimini … pour réparation. Nous avons donc perdu temporairement notre précieuse protection contre le soleil !

Au « Wharf » (au 1er étage, près de la sortie donnant sur le bassin), nous avions vu qu’il y avait un barbier dont l’antre est à lui seul, un merveilleux petit musée. Véritable invitation à se laisser pousser la barbe pour mieux se la faire couper ensuite, je n’ai pas pu y résister et nous en avons franchi le seuil … pour mon plus grand bonheur.

J’ai eu droit aux mains expertes d’un beau grand noir qui m’a détendu le visage avec des crèmes et des serviettes chaudes. Ce fut ensuite le tour du rasoir de me caresser délicatement la peau. Ce ne fut pas un mais trois passages que j’ai comptabilisés, entrecoupés de soins délicats. En bref, je pense qu’il faudra bien 48 heures avant qu’un poil n’ose encore sortir de sa tanière sur mon beau visage. Gorge déployée, le rasoir qui court sur la peau … sensation garantie lorsque comme moi, vous lisez un peu trop de romans policiers !

Sur le retour vers le bateau, au bar de l’hôtel « Cape Grace », nous sommes tombés sur Lee de « Papillon » accompagné de Sylvie & Jan qui étaient  ses invités pour la semaine. Encouragés  à nous asseoir à leur table (nous ne savons jamais dire non …), nous avons pris l’apéro ensemble. Pas à dire mais plus nous nous voyons et plus nous déconnons grave que cela en est un autre bonheur.

Mardi 02.

En principe, nous devions sortir en mer pour tester nos nouvelles voiles mais bien entendu le rendez-vous fut postposé au lendemain. Il faut savoir être extrêmement patient et disponible : chaque jour, nous avons droit à un nombre incroyable de visites plus ou moins prévues, plus ou moins attendues. Nous ne sommes pas encore partis de « Cape Town » …

Sans bimini, nous installer dans le cockpit (notre endroit préféré) était devenu tout simplement impossible avec  le soleil qui nous empêchait même de marcher pieds nus sur le pont transformé en poêle à frire !! Nous avons donc passé  le plus clair de la journée, à farniente à l’intérieur.

En fin d’après-midi, nous nous sommes rendus, en taxi, avec Lee, Sylvie & Jan de « Papillon » au « Chefs Warehouse » déguster des tapas aussi succulentes que merveilleusement présentées. L’endroit est très branché et connaît un succès incroyable. Comme il est impossible de réserver, il faut se pointer vers 17.30 heures d’autant qu’après 20 heures, il n’y a plus de service !

La salle de restaurant étant très exigüe, nous avons été contraints de manger en terrasse et avec le vent fort et froid qui soufflait, Sylvie et votre serviteur étions transis de froid ! Cela n’a pas gâché notre dîner mais avec un peu moins de vent, cela aurait été plus agréable encore.

Mercredi 03.

Déjà cette nuit, nous avions compris que notre sortie en mer serait annulée et la journée n’a fait que confirmer qu’il  y avait bien trop de vent (terribles rafales) pour tester nos nouvelles voiles en toute quiétude. Peut-être demain … si le vent se décide à se calmer d’ici là, bien entendu !

Alors que je ne me voyais pas passer une nouvelle journée à l’intérieur avec un soleil si généreux, « N.S. » est très opportunément venu nous rapporter notre bimini réparé. Vous ne le croirez certainement pas mais c’est un peu comme si nous redécouvrions notre bateau … tant de bonheur, tant de plaisir de pouvoir à nouveau profiter de la fraîcheur de son cockpit.

Oui, mais voilà, ignorant que notre bimini nous serait rapporté le jour même, j’avais eu l’imprudence de proposer à Ann d’aller nous balader en le centre-ville et pourquoi pas, de pousser jusqu’au shipchandler dont on nous avait parlé ! Trop tard pour faire marche arrière …

Le shipchandler « Central Boating » sur « Bree Street » a le mérite d’exister et reste atteignable à pied  (20’). Ce n’est pas la caverne d’Ali baba mais on y retrouve les fournitures de base, en « Rostan » essentiellement,  et c’est très propre.

J’étais rentré avec mon T-shirt « N.S. » sur le dos et j’ai bien failli en ressortir torse nu … un client avait déjà demandé en me voyant, si le magasin en vendait ! Je n’aurais pas été contraire de le mettre aux enchères si cela m’avait permis de payer l’une ou l’autre de nos factures …

Nous nous sommes ensuite rendus chez « Tribal Trends » où nous avions acheté notre masque africain qui flanque une crise cardiaque à notre fils, chaque fois qu’il rentre tard à l’appartement car nous l’avons placé bien en vue dans le hall d’entrée … pour lui donner mauvaise conscience.

Le gérant du magasin s’est immédiatement rappelé de nous … à cause des smarties d’Ann !!! Ann connait toujours un franc succès avec ses ongles de doigts de pied vernis chacun en une couleur différente.

Très agréable ballade même si à chaque fois, je déplore que le piéton n’est décidément pas roi à « Cape Town » : trop peu de passages protégés et des feux qui sont sans complaisance pour les piétons.  Mais bon … on a vu déjà pire !

Jeudi 04.

On le sentait bien depuis la veille, la nuit avait été douce et calme et puis, et puis, on n’y échappera de toute façon pas à cette maudite sortie test pour nos nouvelles voiles. Pourquoi je dis « maudite » … parce qu’après plus de deux mois de marina, on n’est plus du tout dans le coup et dès lors, on est titillé d’appréhensions.

Mais bon, il faisait merveilleusement ensoleillé et le vent était très faible … quoi que … plus on se rapprochait de l’heure du rendez-vous (14.15 h) et plus le vent semblait vouloir donner de la voix.

Le bateau était fin prêt : la coque était relativement propre, le speedo-loch fonctionnait, tout avait été rangé à l’intérieur, le prélart avait été retiré, les retenues de bôme étaient en place, le pataras avait été raidi, les amarres avaient été détendues pour en faciliter le largage, les tapis de coque avaient été remisés, la housse de barre avait été enlevée, tous les hublots étaient fermés, tous les appareils étaient allumés, l’annexe était bloquée, un rapide coup d’eau avait été passé sur le pont pour en retirer l’essentiel de la poussière, les lattes de GV de réserve avaient été déposées sur le ponton … en principe, tout était « ready ».

« N.S. » et Trevor arrivèrent quasiment en même temps … ils étaient ponctuels, c’était bon signe.

Après avoir été sur de véritables charbons ardents, toute la matinée, l’attente était maintenant terminée : nous quittions notre emplacement pour la haute mer. Cela nous faisait une sacrée impression de franchir les deux ponts sous les regards curieux et admiratifs des touristes amassés sur les berges en l’attente de pouvoir gagner l’autre rive.

Une fois atteint le large, nous retrouvions assez rapidement nos réflexes et surtout cette envie irrésistible de pourfendre la vague, de tracer notre sillon. Malheureusement, au lieu de goûter tranquillement à notre plaisir, nous devions constamment faire des manœuvres, remonter au vent pour mieux abattre ensuite , prendre un ris et puis un autre pour mieux les enlever juste après.

C’était éreintant, fastidieux et accaparant tout à la fois mais avec tout cela, plus personne ne s’occupait de la barre. ATTENTION, j’ai crié … avant que notre bôme, dans un grand fracas, passe d’un bord à l’autre. Ouf … pas de dommage, pas de blessé mais il était temps qu’on se reprenne et qu’on en finisse avec cette sortie « test ».

Nous avons eu de la chance car lorsque nous nous sommes présentés devant le premier pont, celui-ci était déjà en train de s’ouvrir. Quelle merveilleuse sortie !

C’est en tous les cas comme cela que je l’imaginais cette sortie car en définitive, « S.A.S.³ » n’a jamais quitté son emplacement  car un des deux ponts était en panne … la sortie fut remise au lundi !

Vendredi 05.

Troisième visite de notre électricien « Jabsco » … et cette fois-ci, nous avons bien cru qu’il allait faire exploser tous nos circuits électriques !!

Cela a commencé anodinement par une montée au mât et l’enlèvement de la volumineuse  ampoule de 50W du phare de recherche … au passage, il perdait une des 4 vis qui maintient en place le cadre en plastique !!

Ayant toujours les pires difficultés à assimiler que notre installation électrique soit en 24V alors que l’ampoule du phare de recherche est en 12V, il a voulu la tester en la connectant directement au circuit 24V … l’ampoule s’est allumée pour exploser tout aussi rapidement. Par bonheur, nous avions encore deux ampoules de réserve mais à 43 €/pièce j’ai hésité avant de lui en confier une nouvelle …

Il a ensuite branché notre nouvelle ampoule sur une des prises 12V dont le bateau est équipé (on ne la lui fait pas facilement) mais pour  y arriver, j’ai dû aller lui chercher une fiche spéciale 12V. Celle-ci est munie d’un témoin lumineux qui indique si le courant passe correctement par la fiche.

La connexion réalisée, l’ampoule s’est allumée puis s’est éteinte : test terminé … sauf que notre témoin lumineux ne s’allumait plus !!! Après quelques essais à d’autres prises 12V,  j’en arrive à la conclusion que le « test » a fait sauter tout le circuit 12V du bateau … à ce moment de l’histoire, Ann est au bord de l’évanouissement, quant à moi, je réfléchis à la meilleure manière de formuler mon annonce : « bateau à vendre ».

Un peu remis de mes émotions, je vérifie si ce n’est pas plutôt le témoin lumineux de la fiche qui a sauté … bingo,  le circuit 12V fonctionne parfaitement ! Ouuuuuf … plus de peur que de mal.

L’incident étant clos, notre électricien a alors recherché le transformateur 24/12V dont était forcément équipé le circuit du projecteur de recherche puisqu’il était maintenant établi (nous n’avons pas arrêté de le lui dire) que l’ampoule fonctionnait en 12V.

Le bateau n’était déjà plus qu’un vaste champ de bataille quand il a pensé (erronément) avoir trouvé le transformateur (il doit y en avoir plus d’une vingtaine dans le bateau) du phare de recherche … sauf que celui-ci  fonctionnait correctement !!! Là, j’ai vu sur son visage qu’il s’est sérieusement posé la question : « suis-je bien fait pour l’électricité ? Ne devrais-je pas plutôt me faire vendeur de loques ». De mon côté, quand j’ai vu ses grandes paluches tripatouiller les kilomètres de fils électriques de « S.A.S.³ », j’ai eu un choc électrique … non, cardiaque … non, ma femme me dit toujours que je n’ai pas de cœur … enfin, bref, j’ai été tout secoué.

Pour la petite histoire, le transformateur se trouve localisé à l’intérieur même du phare de recherche … mais cela nous l’ignorions encore à ce stade des recherches !!

Samedi 06.

Cela fait depuis plusieurs jours que nous n’avons plus vu ou entendu un seul moustique dans notre cabine arrière et voilà que cette nuit, nous avons été piqués à de nombreuses reprises … et ce matin, nous en avons tué 7 gorgés de sang (de vrais vampires, ces sales bêtes) !!!

Et tout cela pourquoi ?? Parce qu’ayant eu un peu trop chaud pendant la nuit, j’ai voulu faire courant d’air avec la porte du cockpit que j’ai ouverte !  Dans la demi-heure qui suivit, c’était une attaque en règle !! Nous sommes condamnés à dormir avec cette porte fermée.

Tous les jours, à midi pétant … nous avons droit à un véritable coup de tonnerre qui marque l’heure ! Pratique pour mettre sa montre à l’heure mais très dangereux pour les cardiaques ! Cette coutume viserait-elle à contrer une tendance naturelle des « locaux » à l’endormissement sur le coup de midi ?

Curieuse journée que ce samedi, indead : nous sommes allés dans le centre-ville pour faire quelques courses. Etonnamment, la plupart des magasins étaient fermés !! Ce n’était pas non plus, la foule des grands jours et du côté de la gare, c’était très « black » : chez « Game », par exemple, nous étions bien les seuls petits blancs ! Nous ne nous sommes  par conséquent,  pas éternisés …

Dimanche 07.

Quand faut y aller … faut y aller ! Rien à faire mais je le savais depuis ma première plongée, qu’une autre plongée serait nécessaire pour peaufiner le travail, vérifier que tout n’était pas déjà à recommencer et surtout … changer l’anode de l’hélice trop attaquée pour attendre le carénage.

Pour me donner du courage, je m’étais confectionné, la veille, un petit message qui me disait : « alors petit chançard … tu vas à l’eau aujourd’hui. Je t’envie, mon cochon ».

Plus question d’enfiler une nouvelle fois ma vieille combinaison 7mm, j’ai donc essayé une autre formule : 3 mm + sous-veste.

Question souplesse et confort … pas à dire mais j’ai immédiatement vu la différence ! Question chaleur corporelle … pas à dire mais j’ai immédiatement caillé sec !

Sans doute en raison de l’extrême froideur de l’eau, la coque était restée toute proportion gardée, très propre … seule, une très légère croûte s’était développée mais pas de nature à réduire de beaucoup les performances du bateau.

Pour une fois, la visibilité était telle que j’ai clairement vu le fond de vase du bassin ainsi que mes « copines » les otaries qui depuis quelques temps ont élu carrément domicile sur notre catway !! Nous en avons compté jusqu’à  11 … je ne vous dis pas le travail quand il s’agit de faire évacuer tout ce petit monde pour descendre ou monter sur le bateau.

C’est aussi un peu ma hantise quand je suis dans l’eau : pour toutes mignonnes et jouettes qu’elles soient, elles ne savent que mordre, ces bestioles. Mais bon, jusqu’à présent, elles restent à chaque fois, à distance respectueuse.

Jusque tard dans la nuit, nous avons eu droit à de sérieuses bourrasques de vent (jusqu’à 30 nœuds) !!!

Lundi 08.

La sortie en mer a été remise à demain en raison d’une météo annonçant 25 nœuds de vent pour l’après-midi. C’était tellement prévisible que cela n’a modifié en rien notre programme de la journée.

Puisque samedi, nous n’avions pu nous rendre à « Action Yachting » (shipchandler situé au « Royal Cape Yacht Club ») pour cause de fermeture, nous nous y sommes rendus ce jour, plein d’espoirs … et en sommes ressortis plus rapidement que le temps que cela nous a pris en taxi pour y aller, les mains quasiment vides !

Notre taximan du jour et le concierge du Yacht Club parlent parfaitement français ! Rien d’étonnant, en fait … ils viennent tous de l’ex-Congo belge et ils sont nombreux en Afrique du Sud !! Donc, si un « black » s’adresse à vous, en français … il est à tous les coups, congolais. CQFD.

Nous aurions bien appelé un taxi  mais il nous aurait fallu l’attendre ¾ heure … aussi, nous sommes partis à pied et en finale, après avoir bifurqué vers le centre-ville, nous sommes arrivés au bateau  par nos propres moyens. Aucune navette n’est organisée au départ du Yacht Club et les taxis y sont plutôt rares … c’est réellement le bout du monde !

Mardi 09.

Cela faisait depuis si longtemps qu’elle s’est faite attendre cette foutue sortie en mer que j’ai encore bien cru qu’elle serait remise une fois encore : Geoffrey de « N.S. » avait totalement perdu de vue notre rendez-vous !!

Avec une petite heure de retard, nous sommes quand même partis, non sans quelques crispations de dernière minute lorsque le GE a peiné à démarrer (problème de batterie) ou encore quand le propulseur avant ne parvenait pas à descendre entièrement de son logement : à tenir à l’œil !

Pour le premier pont, un très gros bateau à moteur a eu la gentillesse de nous laisser sortir en premier (encore que je pense que nous avions la priorité) mais le second pont s’était déjà refermé avant qu’on ne puisse l’atteindre !! Le manutentionnaire ne souhaitait pas laisser ouvert son pont plus que nécessaire … Quand on pense que c’était ce même pont qui était en panne, la semaine passée ! Grrrrr.

La mer était d’huile et le vent très évanescent … joie ! Cela nous a permis d’examiner notre problème de bosse de ris tout à notre aise et de constater que tout ce que nous avions entrepris, n’avait servi à rien ! Nous en sommes arrivés à la conclusion fatidique qu’il fallait placer des cadènes sur le mât pour que le point de tire soit plus en avant : solution préconisée en son temps, par « Mary Blue » (Garcia 65’).

Par bonheur, nous avons eu chaque fois du vent quand nous devions en avoir : « S.A.S.³ » a même ainsi filé ses 8 nœuds dans un près très serré. C’était tellement un vent à la carte que quand nous avons voulu tester la trinquette, le vent  est monté comme par enchantement, jusque 15-20 nœuds !! On n’aurait pas pu désirer mieux.

Tout ceci nous a confirmé que « S.A.S.³ » est décidément un voilier « formidable » comme dirait Etienne de « N.S. », que les voiles sont magnifiques et que les petites modifications de dernière minute, sont payantes … juste que les bandes de protection du génois à hauteur des barres de flèches, doivent être déplacées.

Lorsque nous sommes rentrés dans le premier bassin, le pont était ouvert mais nous en étions encore trop loin pour l’atteindre avant qu’il ne se referme mais, mais … sous le charme de la voix suave d’Ann, le manutentionnaire a accepté de nous attendre !!!!!!!! Nous avons donc traversé le bassin et franchi le pont à plus de 9 nœuds : grisant. Nous avons même eu droit aux marques de sympathie d’un couple de Belges qui attendaient sur la berge, la fermeture du pont.

Du même coup, le second pont a également attendu … en fait, il valait mieux parce que « S.A.S.³ » a une inertie d’enfer et le stopper en catastrophe n’aurait pas été évident.

Très instructive sortie donc et énormément de plaisir à barrer. Il était passé 18 heures lorsque nous sommes rentrés : 3 heures de sortie en mer qui m’ont paru bien courtes. Si ce n’était pas à chaque fois, un tel bazar pour préparer le bateau, nous sortirions quotidiennement !

Mercredi 10.

J’ai été réveillé ce matin, par l’arrivée de « N.S. » venu rechercher notre génois. Cela soufflait déjà pas mal et j’ai pensé un moment que ce n’était pas les conditions idéales pour descendre la voile mais c’est sans la moindre difficulté qu’elle est descendue !!

Plus tard, nous avons eu la visite de notre électricien « Jabsco » qui n’est jamais à courts d’idées pour notre phare de recherche comme de remplacer le fil d’alimentation dans le mât ou de vouloir  commander une ampoule 24V qui n’existe par ailleurs, pas … je l’aime bien mais je ne peux me demander parfois où il a appris son métier.

Le soir, nous avions Marie & Patrick de  « Marick » à l’apéro. La première fois où nous les avons vus, ce fut à « Cairns » en Australie et depuis lors, nos chemins se sont croisés plusieurs fois sans que jamais une véritable relation ne s’établisse. C’est maintenant chose faite.

Jeudi 11.

7.45 heures, notre électricien « Jabsco » est à bord. Cette fois, nous l’avons convaincu de la nécessité de démonter le phare de recherche. C’est par là qu’il aurait dû commencer mais allez savoir pourquoi, il a toujours reporté ce moment sous les prétextes les plus futiles.

Après l’avoir monté dans le mât (à la manivelle), il est redescendu car son tournevis n’était pas assez long : il est gentil mais il lui manque toujours quelque chose ! Une demi-heure plus tard, nous l’avons remonté dans le mât (toujours à la manivelle). Pfft, pfft, pfft, pfft …

Conclusion du démontage : le transformateur 24/12V est défectueux … mais impossible de s’en procurer un de rechange (rupture de stock), pas plus qu’un phare de recherche en 24V (délai de plus de 10 jours).

Profitant que le vent ne s’était pas encore levé, « N.S. » est venu nous rapporter notre génois qui a aussitôt été enfilé sur l’étai.

Vendredi 12.

Dans la région de « Cape Town », sont construits les catamarans de la marque « Léopard ». Les sociétés de location « Moorings » et « Sun Sail » semblent en être friands !

Ce qui caractérise extérieurement un « Léopard », d’un autre catamaran, c’est qu’il dispose d’un cockpit arrière et avant !! Cette dernière particularité architecturale étonne car ce cockpit avant semble ouvert à toutes les vagues, à tous les embruns et peu propice à une navigation au grand large … ce qui n’a pas dégouté deux Français de venir prendre livraison à « Cape Town », de leur nouveau catamaran 40’ et 44’ ! L’un est destiné aux Antilles et l’autre, à la méditerranée.

Samedi 13.

J’ai plongé avec un grand blanc … mais non, biesse que vous êtes, je n’ai pas dit que j’avais plongé avec un blanc qui était grand mais avec un requin «Grand Blanc » : frissons garantis … alors vous mettez votre casque sur la tête, vous attachez votre ceinture de sécurité, vous vous sanglez les pieds au sol et vous écoutez religieusement le rapport de ma journée d’enfer.

Il était 4.30 h lorsque le réveil a sonné … j’étais sonné ! A 5.20 h, je montais dans un Van avec d’autres fêlés de la cafetière, pour « Gansbaai » situé à environ 160 km  de « Cape Town » … en abandonnant mon interprète favorite, sur le parking ! Nous avions décidé Ann et moi qu’il était impératif que l’un de nous deux survive pour les enfants et au tirage au sort, c’est Ann qui a gagné.

Comme « Great White Shark Tours » avait annoncé pas moins de 2 ½ heure de route, j’ai somnolé tout le trajet en sorte que j’étais tout étonné d’être déjà arrivé alors que je n’avais pas encore totalement atterri sur la planète terre et que j’étais déjà quasiment les pieds dans l’eau !

Nous avons été accueillis de manière très professionnelle par la « chef » du lieu qui nous a fait signer un document par lequel nous dégagions le tour opérateur de toute responsabilité en cas d’incident. Je n’ai pas compris un traître mot du charabia que l’on m’a fait signer pour accord mais j’ai subodoré immédiatement qu’en cas d’accident, ma veuve n’aurait aucun recours contre le Tour opérateur ce qui reste un comble mais comme tout le monde a signé … bêêêêêêêhhh.

Après quoi, nous avons eu droit à un copieux buffet de petit déjeuner où le sucré côtoyait le salé et bien entendu, les « anglophones » mélangent les deux ! Ils n’ont décidément aucun goût …

Vers 9 h, nous avons embarqué sur l’un des nombreux catamarans à moteur (13m de long pour 5m de large) qui stationnent sur le parking … mouais, enfin … le nôtre était à l’eau, à l’embarcadère : les catamarans sont sortis de l’eau dès qu’ils ne sont plus en service. Il y en a environ une dizaine.

A fond les manettes … direction « Dyer Island » distante d’un peu plus de 3.5 milles.

Sur place, 4 autres catamarans étaient déjà en train de taquiner « Marcel ». J’aurais pu appeler le « Grand Blanc » … « Joséphine », « Pauline », « Albert » ou encore « Victor » mais pour une insondable raison, j’ai opté pour « Marcel ».

Avant que « Marcel » ne se décide à venir nous faire un petit coucou, nous avons poiroté une petite heure en nous disant, chacun en notre for intérieur, que nous aurions dû choisir l’autre Tour opérateur qui, manifestement, avait plus d’accointance avec « Marcel ». Etonnamment, personne n’a suggéré de rejoindre l’autre bateau, à la nage … allez savoir pourquoi ! Sans doute parce que l’eau était trop froide.

Quand enfin, « Marcel » s’est décidé à venir nous saluer, personne n’était prêt pour rentrer dans la cage évidemment …

Allez savoir pourquoi mais j’avais confusément compris – bien que ma femme dit souvent que je ne suis pas toujours très « futfut » – que j’avais sans doute intérêt à faire partie du premier groupe de ((plongeurs)) mais m’y prenant avec un léger retard, j’étais le numéro 9 sur 40 et la cage ne comportait  que 8 places …

L’avantage de ma situation demeurait que je pouvais voir comment cela fonctionnait puisque de bien entendu, je n’avais pas compris un traître mot du briefing qui nous avait été donné. Il serait réellement urgent que je me mette à l’apprentissage de l’anglais mais malgré toute ma bonne volonté, je ne suis pas encore parvenu à dépasser ma première leçon Assimil où j’ai appris que « my tailor is rich » … ce qui vous en conviendrez, n’est pas facile à caser dans une conversation !

Les combinaisons de plongées, les chaussons, la ceinture de plomb ainsi que le masque avaient été  fournis sur le bateau : j’admire toujours le coup d’œil du professionnel qui se trompe rarement dans les tailles … encore que j’en ai vu deux ou trois devoir changer de combinaison ! Pour votre serviteur, c’est évidemment plus facile puisque j’ai toutes les mensurations d’un mannequin … sur le retour d’âge, ok.

Enfin bref, j’ai donc assisté avec une attention extrême, à la mise en cage de nos kamikazes. Si la batterie de ma GoPro n’avait pas décidé, fort inopportunément, de rendre l’âme,  j’aurais été en mesure de mieux encore vous faire visualiser tout cela  … mais avec une bonne aspirine, vous parviendrez à surmonter cette épreuve supplémentaire que je vous impose. Navré.

La cage en barreaux d’acier est trempée sur le côté bâbord du bateau et maintenue en surface par un ensemble de bouées qui  la ceinturent  intérieurement. J’ai pas osé demander si le gonflage des bouées avait été vérifié avant son immersion mais j’ai été rassuré quand j’ai vu qu’elle ne s’enfonçait pas malgré ses 8 plongeurs !

Pendant près d’une heure, j’ai assisté à un étrange manège : comme la cage ne bouge pas d’un pouce et qu’elle dépasse de la surface de l’eau d’une vingtaine de centimètres seulement, ce sont les ((plongeurs)) qui doivent, en apnée,  descendre d’un échelon lorsque le requin s’en approche … et comme il ne s’agit pas d’apnéistes chevronnés, ils jouent au jeu du « bouchon ».

Quand le requin est en approche, le couvercle de la cage est rabattu mais quand l’attente se prolonge, il est ouvert, les kamikazes en ressortent et s’assied sur  son étroit  rebord … côté bateau. Comme le couvercle bascule vers le large, on a malgré tout le sentiment d’être protégé au cas où … mais ce n’est pas le cas des deux malheureux qui sont coincés aux extrémités de la cage ! En occupant  la troisième position, j’avais rapidement fait le calcul mental que si « Marcel » s’amusait à vouloir nous faire la bise, j’aurais largement le temps de me sauver courageusement.

Lorsque ce fut (enfin) le tour de notre groupe, je me suis immédiatement rendu compte que l’eau était glaciale (j’aurais été bien inspiré de prendre avec moi, mon étanche … restée en Belgique) et qu’il ne fallait pas laisser traîner les mains dans l’eau : ils auraient quand même pu nous fournir également des gants.

Si au jeu des petites apnées, je surclassais facilement mes petits camarades … au jeu du plus courageux, j’ai été battu à plat de couture par une gamine qui est encore restée en combinaison près d’une heure … après l’heure et demie passée ensemble. Une coriace … je ne voudrais pas être son futur mari !

A l’intérieur de la batterie très étroite, j’ai eu une envie irrépressible de pondre un œuf … il va falloir que j’en parle à mon vétérinaire. A mon avis, d’autres ont dû se prendre pour des chevaux de course dans leur starting bloc … en priant très fort pour que le signal du départ ne soit pas donné.

Et « Marcel » dans tout cela ??? Eh bien, du bateau, je l’ai très bien vu mais uniquement son dos … et dans la cage, je n’ai fait que l’entrapercevoir trois ou quatre fois !! Il paraît que la veille, l’eau était encore translucide mais par manque de pot (c’est bête, hein), nous avons eu droit à une visibilité exécrable de l’ordre de 50 cm. et « Marcel » ne s’est pas approché de la cage à moins d’un mètre …

« Marcel » doit faire dans les trois mètres mais vous ne m’en voudrez pas de n’avoir pu trouver personne pour tenir mon mètre ruban. Il a le museau très fin au point qu’il m’a fait penser à une souris … oui, ok … à une très grosse souris.  Il était bardé de cicatrices … à moins qu’il ne s’agisse de tatouages car comme tout le monde le sait, c’est très à la mode en ce moment.  J’ai cru voir  un câble métallique qui le ceinturait juste devant la nageoire dorsale !!! Peut-être une laisse qui sert à l’attacher à son chenil, chaque soir … je suis certain que mon ami Michel de « Obione » ne désapprouverait pas cette explication, lui qui pense,  qu’il  ne peut  s’agir que d’animaux domestiques mis en scène.

« Marcel » qui m’a surtout impressionné par la voilure de son appendice caudale, est assez coquin et malgré la vigie, il est parvenu en l’une et l’autre occasion à surprendre tout le monde et à happer, au passage, l’appât qui lui était lancé. Je me suis revu gamin quand à  la foire, il me fallait attraper la floche qu’une main habile éloignait de ma pogne  à chacun de mes passages.

Le troisième groupe de ((plongeurs)) n’a même pas eu l’occasion de descendre dans la cage car « Marcel » a subitement décidé de nous envoyer à la gare et celle-ci étant fort éloignée, il a été décidé de ne plus s’éterniser outre mesure ! Ils auront quand même eu la consolation de pouvoir essayer une combinaison de plongée et visiblement, pour la grande majorité, il s’agissait d’une grande première.

Bien que nous ayons été bien nourris à bord (« Marcel » n’aiment pas les maigrichons), nous avons eu droit  à un lunch, à notre retour à terre ! Certains ont mis du temps avant de pouvoir avaler quelque chose malgré leur estomac vide … en raison d’un terrible mal de mer qui les a terrassés toute la journée.

Que pensez de cette « expérience » coûteuse (1.950 R soit + /- 110 €) ?  Que comme toutes les « expériences », elle mérite d’être vécue, surtout si vous n’êtes pas plongeur, pour autant que vous ne soyez pas sujet au mal de mer car cela bouge pas mal ! Que « Great White Shark Tours » est  un Tour opérateur sérieux : l’organisation est bien huilée, bien rôdée  et le personnel très compétent. Quant à « Marcel » … il raffole  faire « l’animal », le con.

Dimanche  14.

J’en ai plus que ras la pompinette des otaries : elles se chamaillent à toutes heures du jour et de la nuit en nous empêchant de dormir et comme si cela ne suffisait pas, il y a quelques gros mâles qui me tiennent de plus en plus tête quand je veux les déloger de notre catway pour monter ou descendre du bateau ! Un comble insupportable.

Aussi, j’ai envoyé ce matin, un carton d’invitation à « Marcel » pour qu’il vienne passer le week-end prochain à la marina et qu’il m’en bouffe quelques-unes, histoire de leur rabaisser un peu le caquet. Malheureusement, je crains que mon copain ignore totalement mon carton car elles sont des milliers sur l’île voisine de « Geyer Rock Cape » et qu’il a déjà ainsi trop à faire : un vrai buffet self-service. Ceci explique sans doute aussi pourquoi « Marcel » se montre tellement dédaigneux vis-à-vis des appâts qui lui sont lancés. Il faut bien reconnaître que notre Tour opérateur avait été bien chiche avec ses appâts et que si j’avais été « Marcel », je n’y aurais pas goûté … beurk !

Mais à cause de « Marcel », j’en finirais encore par oublier de vous préciser l’essentiel à savoir l’arrivée de notre nouvelle fenêtre de carré depuis les Pays-Bas ! Partie mercredi, elle était sur notre ponton, ce samedi !!! Contrairement à la plupart des autres pays visités, le dédouanement à « Cape Town » se réalise sans la moindre difficulté  et sans frais : suffisamment étonnant que pour le signaler car pour mémoire, par exemple à « Maurice », il revenait moins cher de payer les taxes locales que de vouloir dédouane en transit……

Ben oui, il est normal que nous ne payions pas de taxes puisque nous sommes un « voilier en transit » … détail bien peu pris en considération dans la plupart des pays qui considèrent le plaisancier plutôt comme un cochon payeur !

Comme il n’était plus possible de trouver un restaurant qui pouvait nous accueillir en soirée (Saint Valentin), nous sommes finalement allés dîner – en amoureux – en fin d’après-midi,  au « Sevruga Restaurant » sur le quai  5 du « Waterfront ». Très sympathique endroit, animé et bien situé.

 

N.B. « Vava 2 » que l’on retrouve en photo, est la propriété  du détendeur du Team Alinghi (Coupe de l’America).

PS.  Le retard apporté à la parution de cet article est lié à notre espérance fluctuante de pouvoir quitter « Cape Town » ! Avec un peu de chance … nous devrions partir pour la fin du mois de février.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :