Publié par : Ann & Stéphane | 1 février 2016

19 au 31.01.2016 – Retour à « Cape Town » après un mois d’absence.

Mardi 19 – mercredi 20.

Notre retour sur « Cape Town » restera indéniablement comme le plus beau souvenir que je garderai de l’Afrique du Sud quand nous aurons quitté ce pays. Laissez-vous vous emporter  à  la lecture de mon récit …

Tout d’abord, je vous recommande chaleureusement de voler avec « Lufthansa », la plus sérieuse compagnie aérienne : ordre et rigueur … toute germanique. Quand la compagnie vous annonce que votre vol est retardé … « il est retardé ». Rien à dire même si vous ignorez superbement la durée du retard (une heure et demie) car par vous-même, vous pouvez voir que l’avion n’est pas encore arrivé de Francfort (durée du vol : 40’).

A l’aéroport de Francfort, vous retrouvez ce même ordre et cette même rigueur avec en plus, la gentillesse … toute germanique. Nous avons erré deux heures dans les couloirs en attendant que le numéro de notre « gate » soit indiqué au panneau d’affichage et lorsque nous avons voulu nous informer auprès d’une hôtesse, nous avons eu juste droit à un «Ich kann Sie nicht verstehen».

Devant notre « gate », nous avons eu la désagréable surprise d’apprendre que le vol était « retardé » bien que cette fois, l’avion était bien là !!! En réalité, de « retardé » en « retardé », nous avons pris deux heures dans la vue sans que jamais nous n’ayons reçu la moindre explication (ennui technique) pas plus qu’une estimation de l’heure de l’embarquement … et que dire du sourire des hôtesses en faction devant la « gate » : rien que pour cela, j’y aurais bien passé la nuit. Je me demande parfois si leur recrutement est fondé sur leur degré d’aigrissement … il est vrai que voir tous ces touristes prendre des vacances toute l’année alors qu’elles restent sur le tarmac, il y a de quoi vous aigrir.

Les deux vols en eux-mêmes furent plutôt agréables car par pour une fois, nous avons eu droit aux sièges près des sorties de secours … sans supplément de prix !! Eh oui, de plus en plus de compagnies aériennes font payer le confort d’une place située devant une issue de secours !

Mais notre plus belle surprise fut encore notre retour au bateau … « home sweet home ».  Nous avions chargé « Zandra » de s’occuper de notre bateau comme si c’était son bébé et là, pas à dire mais nous en avons eu pour notre argent.

Je ne sais pas comment vous expliquer le bonheur absolu de se retrouver chez soi, entre soi … comme si nous venions de quitter le bateau juste l’instant d’avant. C’est tout simplement l’extase à l’état pur. Bien évidemment, mon plaisir fut un peu gâché par le fait que j’ai cherché comme un dératé notre bateau … je ne pouvais, en effet, me résoudre à considérer que la vielle épave qui se trouvait à notre emplacement,  était  le fier voilier que j’avais laissé aux bons soins de « Zandra » de « Poseidon Project Management Ltd. » !

Si vous souhaitez obtenir les coordonnées de cette société de gardiennage de bateau, je me ferai un plaisir de vous les communiquer. Entre plaisanciers, il faut toujours savoir se refiler les bonnes adresses …

Lunette de soleil vissée sur le nez pour ne plus voir la crasse, je me précipite dans notre cockpit avec la ferme intention de profiter de cette merveilleuse après-midi ensoleillée pour piquer un petit roupillon réparateur. Par respect pour mes vêtements et notre machine à laver, je me suis retenu à la dernière minute de m’écrouler sur les coussins … cela me fait penser que j’ai toujours imaginé erronément qu’ils étaient blancs !

Qu’à cela ne tienne, il me restait encore l’intérieur … où deux jeunes filles réalisaient un nettoyage de printemps en ouvrant tous nos tiroirs même les plus intimes !

Je n’ai donc eu d’autre choix que d’essayer de trouver un petit coin tranquille à l’ombre … au « Wharf ». Happy welcome à « Cape Tow ».

De retour à bord deux heures plus tard, j’avais le plaisir d’apprendre que depuis notre départ, plus aucun technicien n’avait mis un petit orteil à bord sauf le technicien de Webasto   (airco). Ah le brave homme !

Mais tout cela n’était encore rien à côté de la découverte que l’un de nos grands hublots de carré était devenu opaque par suite d’une infiltration importante d’humidité entre les deux vitrages !  Je reste convaincu que si le bateau avait été correctement ventilé comme il aurait dû l’être, nous aurions pu éviter cette catastrophe ou en limiter l’étendue.

C’est la première fois que nous connaissons une telle désillusion alors que je n’ai pas tari durant tout notre séjour en Belgique, d’éloges quant à la qualité des services que l’on pouvait trouver à « Cape Town ». Comme quoi, il ne faut jamais s’avancer trop vite.

Et comme si cela ne suffisait pas, l’eau est maintenant rationnée et ne peut plus servir à nettoyer les bateaux sous peine d’amende …  et pourtant, tous les bateaux de la marina (sauf « S.A.S.³ ») sont plus propres les uns que les autres !! Grrrrr.

Normal, les « professionnels du nettoyage » ne se sentent pas concernés par cette interdiction ! Officieusement, la marina accepte que nous nettoyions notre bateau une fois par semaine pour autant que le tuyau d’arrosage soit muni d’un pistolet … autant dire que l’interdiction est, en finale,  de pure forme .Mais bon, j’aurai eu le temps de jurer un bon coup avant de l’apprendre.

Jeudi 21.

Encore un peu sonnés de la veille, nous essayons de rebondir au mieux même si nous n’avons pas encore mesuré l’exacte étendue des nouveaux problèmes auxquels nous avons à faire face depuis notre retour : ce matin, en voulant ouvrir le grand hublot du carré, nous avons découvert que le joint d’étanchéité  était collé aux deux montants … et maintenant, déchiré ! Si « Zandra » avait réalisé son travail d’aération, nous n’en serions évidemment pas là. C’est dingue comme je l’adore celle-là …

Je regrette amèrement d’être rentré au pays car si nous étions restés à bord, rien de tout cela ne serait arrivé et nous serions déjà repartis pour le Brésil, en même temps que « Sarama ». Au lieu de cela, le bateau n’est pas en état de naviguer et nous envisageons même de retarder notre départ pour solutionner ce problème de vitrage car « Curaçao » ne nous a jamais donné le sentiment d’être une pépinière de techniciens …

Côté du ciel … c’est l’été ici, à « Cape Town » et les températures sont limites supportables. Par bonheur, notre airco semble vouloir fonctionner correctement.

Les vents sont étonnamment assez violents et alors même que nous sommes super bien protégés, nous nous en rendons maintenant fort bien compte car ils viennent cette fois de SE alors qu’ils venaient de NW auparavant !

Tout le début du mois janvier fut particulièrement venteux et il a même été enregistré des vents à plus de 50 nœuds dans la marina !!! Cela ne correspond nullement à ce que nous avons connu en décembre.

Quand nous pensions ne jamais pouvoir rejoindre « Cape Town » au départ de « Richard’s Bay », j’ai imaginé un instant rentrer plus tôt en Belgique et réaliser cette descente dans le courant du mois de janvier, réputé plus favorable … Nous en connaissons plus d’un qui doivent s’en mordre actuellement les doigts.

Après un mois particulièrement « surchargé » passé au pays, nous n’avions d’autre envie que de farniente au soleil en lisant un bon bouquin mais au lieu de cela … nous avons un bateau à remettre en état et divers chantiers à relancer !!  Nous avions pourtant fait l’impossible avant de partir pour qu’à notre retour, nous trouvions un voilier prêt à faire voile … mais, ici comme ailleurs, quand le chat est parti, les souris dansent.

Nos efforts se sont concentrés aujourd’hui, sur le cockpit (Ann y a déployé une énergie incroyable) et tout l’arrière du bateau en ce compris notre annexe qui a eu droit au grand nettoyage de printemps.

Pour dissuader les mouettes de venir chier sur le dôme de l’antenne de télévision, il a même fallu « innover » en y collant astucieusement des « Colson »… pas de chance, cela ne sert malheureusement à rien et les chiures de mouettes doivent être nettoyées quasiment tous les jours !

Mais la « surprise du jour » est venue de notre bouée « fer à cheval » ! Tout d’abord en ouvrant le coffret au départ de la jupe arrière, j’ai tout reçu sur la tête car la charnière du bas ne tenait plus … mais surtout, nous avons découvert que rien n’était prêt à son utilisation : pas de piles dans la lampe (!), cette dernière pas attachée à la bouée et le bout flottable encore dans son sachet … imaginez la scène : « je te lance la bouée, chérie, mais je dois d’abord tout rassembler, trouver des piles et tout fixer. Je reviens vers toi dans cinq minutes. Courage … je me dépêche. »

A l’heure de l’apéro, nous avions à bord, Lee de « Papillon » qui est arrivé à « Cape Town » le 28 décembre. Très chouettes retrouvailles d’autant que Lee nous a raconté ses inquiétantes aventures en Thaïlande … un vrai roman policier !

Vendredi 22.

Comme nous savions que nous aurions la visite de techniciens, ce fut le prétexte pour ne pas entreprendre d’autres travaux et d’attendre nos visiteurs, un bon bouquin à la main … je sais, je sais, je ne parle plus que de cela mais je suis en manque : au pays, nous n’avons pas ouvert un seul livre !

Après beaucoup de réticences, je me suis – enfin – mis à l’E-books et je dois bien reconnaître que je suis acquis au principe au-delà de toutes mes attentes … c’est tout simplement génial ! En dehors des très nombreux avantages insoupçonnés  (choix de la police d’écriture, de l’interligne, de la marge,  de la grandeur des caractères, du rétro éclairage, signet automatique, poids plume dans la main etc. etc.) que procure l’E-book, c’est le confort de lecture qui m’a séduit en premier alors que je pensais justement qu’il me faudrait du temps pour m’habituer à ce nouveau support … comme quoi, il ne faut jamais jurer de rien.

Le premier technicien fut l’électricien dont nous attendions le passage depuis si longtemps … et nous fûmes un peu étonnés par son diagnostique : notre installation est parfaitement en ordre ! Au lieu de payer une intervention pour se faire entendre tout ce qui ne va pas à bord nous, on paie juste pour s’entendre dire qu’il n’y a aucun problème. Que voulez-vous … nous sommes des grands angoissés.

Plus prosaïquement, nous avons compris pourquoi la batterie du GE se déchargeait totalement après deux ou trois jours de navigation au moteur ! Un peu compliqué à expliquer mais en mettant bout à bout toutes les explications qui nous ont été fournies jusqu’à présent, nous avons compris que c’était parfaitement normal  et qu’il nous fallait seulement modifier certaines de nos habitudes pour remédier au problème.

Reste en suspens notre problème de fuite à la masse … mais pour l’instant, nous ne connaissons plus de problème de cet ordre. Difficile de rechercher une fuite à la masse quand il n’y a plus de fuite à la masse …

Ce fut ensuite le tour du gréeur venu remonter notre vit-de-mulet dont les réas supérieurs ont été changés par un modèle plus petit : cette petite modification qui a nécessité beaucoup de temps et d’énergie, devrait solutionner en partie, notre problème de déchirure à répétitions de notre GV … enfin, nous l’espérons.

Après tout cela, nous sommes partis réaliser notre premier avitaillement depuis notre retour. Au retour, nos bras s’étaient allongés de plusieurs centimètres …

Samedi 23.

Première journée sans vent … incroyable mais vrai !! Il était temps que cela se calme un peu car depuis la nouvelle année, on se serait cru dans un couloir à vent … mais comme on n’est jamais content, l’absence de vent fait davantage ressentir la chaleur !

Passage de notre gréeur venu remettre un peu d’ordre dans le travail de ses ouvriers qui manifestement, s’étaient totalement embrouillés la veille, avec la remise en place de nos ris automatiques de GV.

En fin d’après-midi, nous avons été recherchés nos quatre détendeurs de plongée que nous avions portés à l’entretien. Le technicien n’y a pas été de main morte en remplaçant pas moins de quatre tuyaux HP avec  leurs embouts respectifs (en Belgique, seul le tuyau HP est remplacé) et en condamnant un deuxième étage trop attaqué par la corrosion : aurions-nous plongé avec du matériel à ce point défectueux ??? I am chocked !

Quand il s’agit de sa sécurité, rien n’est jamais trop beau, ni trop cher (on se console comme on peut) même lorsque la facture d’entretien s’élève à 7.201 Rands soit +/- 480 € … à laquelle il faut ajouter le prix d’un deuxième étage (290 €) acheté en Belgique.

Pour me rafraîchir les esprits, je suis passé chez le coiffeur pour une petite coupe rajeunissante. Pas à dire mais ces filles savent s’y prendre …

Dimanche 24.

Il fait nettement plus frais aujourd’hui au point qu’en soirée, nous avions froid dehors !!! Il a même plu durant la nuit.

Journée de « petits bricolages » et coiffeur pour Ann.

Amusant de relever comme les journées sont plus longues … comme en Europe alors que nous avons été habitués lorsque nous flirtions avec l’Equateur, au 6/18 heures.

Lundi 25.

Tous les matins, nous tuons quelques moustiques  dans notre cabine arrière !! Ce matin, encore deux alors que pour une fois nous n’avons pas entendu leur bourdonnement insupportable durant la nuit. Mais d’où peuvent-ils bien venir  ???

Journée merdique par excellence …

Depuis près de deux ans, j’essaie vainement de changer la girouette Windex mécanique enfilée sur l’antenne de  notre RR placée en haut de mât. La difficulté tient au fait que l’antenne fouet est maintenue en place par deux vis Halen de 1,5 (soit extrêmement petite) dont l’une a la tête creuse complètement ovalisée

Comme notre gréeur, Trevor de « TS Rigging Solutions», ne doute jamais de rien, je lui avais confié le travail qu’il aurait dû accomplir durant notre absence … Au lieu de cela, ce matin, c’est l’un de ses ouvriers qui  s’est essayé à l’exercice sans plus de succès que nous. Dois-je avouer que je fus soulagé de constater qu’il n’insista pas au risque de faire plus de mal que de bien. Je finirai d’ailleurs, par enlever le moignon de girouette qui subsiste pour ne plus jamais en remettre de nouvelle.

Le problème fut qu’en attendant l’arrivée du patron (qui s’est fait très longuement attendre) pour le réglage du mât, ses ouvriers se tournaient les pouces et comme des gosses, nous sentions  qu’ils attendaient que nous ayons le dos tourné pour faire une grosse bêtise !

Nous ne sommes pas des professionnels mais nous avons retenu lorsque le mât a été gréé, que les ridoirs du pont ne pouvaient être desserrés sans, au préalable, en retirer la compression. Pour y parvenir, il faut placer un vérin hydraulique de part et d’autre du mât, sous les marchepieds prévus à cet effet, soulever le mât, en profiter pour retirer les cales pour ensuite laisser redescendre le mât … une paille quoi.  A défaut, c’est le pas de vis des ridoirs qui aurait irrémédiablement été endommagé …

Nous avons donc passé tout notre après-midi, totalement angoissés, à les surveiller, les empêchant en l’une et l’autre occasion, d’essayer de desserrer les ridoirs sans décompression préalable. Cela leur brûlait les mains d’essayer et notre vigilance se devait d’être de tous les instants !

Mais le plus incroyable resta encore que quand Trevor daigna enfin s’occuper de notre bateau, il me tint le discours que si on ne pouvait toucher au galhauban (ce que ses ouvriers ignoraient superbement …), il n’y avait aucun problème à desserrer  les haubans intermédiaires … en ce qui concerne les haubans reliant les différentes barres de flèche, je suis d’accord avec lui mais pas en ce qui concerne le hauban partant du pont jusqu’au premier étage de barre de flèche qui subit également la compression.

Devant ma détermination et mes doutes quant à ses explications, Trevor a décidé, dans un mouvement d’humeur, de renoncer au réglage de notre mât … à notre plus grand soulagement. Mais la vérité est encore plus stupide : notre gréeur ne dispose tout simplement pas des vérins hydrauliques nécessaires pour réaliser le travail !

Ce n’est pas la première fois que nous devons nous méfier de certains « professionnels » qui n’en ont que le titre qu’ils s’attribuent librement. En le cas d’espèce, nous sommes malgré tout fortement surpris car  « notre copain » est réputé sur la place mais sans doute plus habitués à gréer des catamarans de 45’ que des gros voiliers.

Mardi 26.

C’est un peu après minuit si ma mémoire est bonne que nous avons été attaqués par une escadrille de « mosquitos ». En piqué, ces « buveurs de sang » nous harcelaient sans répit et comme des automates, nous nous contentions de nous gratter …

Il y eut sans doute la piqure de trop, l’étincelle qui met le feu aux poudres, la goutte qui fait déborder le vase car vers 1 heure du matin, nous sommes passés à la contre-offensive et là, ce fut le massacre. Il en venait de partout et à un moment donné nous avons même pensé nous replier vers la cabine avant  mais n’écoutant que notre courage, nous avons lutté pied à pied et  finalement  vaincu l’adversaire.

Une enquête a été ordonnée pour déterminer les responsabilités car si les « mosquitos » ont pu nous atteindre en notre centre névralgique, c’est qu’une faille dans notre système de défense est à déplorer. Il y a de la sanction dans l’air …

Depuis que nous sommes revenus, j’ai l’impression que nous faisons marche arrière un peu dans tous les domaines comme pour la girouette Windex, le réglage du mât ou encore ce maudit phare de recherche !

Juste en-dessous du radar, nous avons un phare de recherche qui nous est des plus utiles en de nombreuses occasions. Depuis maintenant déjà quelques mois (eh oui … toute réparation quelconque à bord, se compte toujours en mois !), l’intensité de notre phare a baissé de plus de 75% !!!!

Comme nous avons mesuré en pied de mât, un voltage de 24V. nous en avons déduit que c’était l’ampoule qui était en cause. Il nous a fallu attendre notre retour en Belgique pour pouvoir commander une nouvelle ampoule et en prendre livraison.

Prenant mon courage à deux mains, je suis monté dans le mât pour procéder au changement d’ampoule et ainsi me rendre compte que celle-ci n’était pas en cause … j’ignore si c’est l’âge mais je me sens de moins en moins assuré lorsque je grimpe dans le mât : je suis toujours paniqué à l’idée de laisser tomber quelque chose depuis notre incident des « Marquises ».

A peine redescendu de mes hauteurs, l’équipe de gréeurs était sur place pour préparer le mât à la réception de sa GV : tous les patins des chariots Harken ont été changés et le rail a été nettoyé. Ils en ont profité pour remplacer les arrêts amovibles du rail Harken de la trinquette … explosés depuis plus de 4 ans !

En fin d’après-midi, nous sommes partis, Ann et moi, main dans la main (si ce n’est pas mignon quand on y pense …) faire quelques courses d’avitaillement au « Wharf » pour le dîner du soir. C’est juste à côté alors pourquoi se priver du plaisir de cette petite ballade ?

Mercredi 27.

« North Sails » est venu nous apporter, en grande pompe, nos nouvelles voiles : amusant de les voir porter notre GV comme une voile de  compétition.  Il s’en est suivi beaucoup de chipotages pour sa mise en place … jouissif de les voir s’escrimer pour une fois, que ce n’est pas moi, le pigeon de service.

Il a été décidé d’attendre un jour sans vent pour hisser la GV à la marina et de mettre en place les deux voiles d’avant. Un autre jour sera consacré aux réglages en mer … nous ne sommes pas encore prêts de quitter « Cape Town » !

Le technicien « Jabsco » est passé pour le phare de recherche … j’ai bien cru avoir un arrêt cardiaque lorsqu’il nous a annoncé que le problème provenait du fait que notre nouvelle ampoule était 24V. alors que celle remplacée était 12V. Par bonheur, Ann a réagi en se rappelant que ces ampoules fonctionnaient en 12 et 24 V et de surcroît, nous avons relevé au départ de l’ampoule de réserve, qu’il s’agissait d’une 12V. Ouuuuuf. Encore un coup comme celui-là  et je passe l’arme à gauche … non, à droite !

En finale, il pense que le problème vient du relais qui serait défectueux. Il repassera pour le changer … en l’espoir que là réside le problème. Si c’est cela, nous avons beaucoup de chance car le relais est très facilement accessible.

Avant notre retour au pays, nous avions commandé de l’huile hydraulique à un technicien qui était venu sur place, voir le travail. Alors que nous pensions que c’était lui qui s’était annoncé par téléphone, nous avons eu droit à deux autres personnes de la même société qui sont venus se rendre compte de ce que nous voulions : nous ne voulons pas grand-chose … juste renouveler  l’huile hydraulique de notre installation.

En finale, nous y avons renoncé car après avoir vu notre bateau, ils voulaient nous facturer en plus de l’huile hydraulique, la main-d’œuvre de 2 hommes durant 5 heures … juste pour vidanger notre réservoir de 50 litres !!

Passage de « North Sails » pour le prélart ou taud de GV : la pièce déposée au matin, avec les voiles, doit faire l’objet de quelques retouches … très importantes. En clair, je pense que « N.S. » est bon pour nous en confectionner un nouveau !

Jeudi 28.

A 8 heures du matin, il n’y avait quasiment pas de vent … nous avons donc appelé Etienne de « N.S. » pour venir monter la GV. Bien évidemment, le temps qu’il arrive et le vent avait monté de quelques degrés de trop … Qu’à cela n’etienne, il en a profité pour monter le génois et la trinquette. Cela me faisait mal au cœur de voir mes nouvelles voiles traîner dans leur sac, sur le pont avant.

L’après-midi fut consacrée à la tenue du secrétariat du bord : comment parvenir à ne pas voir se multiplier le nombre de ses classeurs, reste un art fort complexe … surtout lorsqu’on rentre du pays avec une tonne de documents !

Vendredi 29.

A 7 heures du matin, il n’y avait quasiment pas de vent … nous avons donc appelé Etienne de « N.S. » pour venir monter la GV. Mais cette fois, au lieu d’attendre bêtement qu’il pointe son nez, nous avons monté la GV. Raconté comme cela, on pourrait même presque croire que ce fut une partie de plaisir alors qu’en réalité, nous avons rencontré les pires difficultés pour la hisser !!!!!

Amusant de penser que depuis décembre, nous avons quantité « d’experts » qui sont venus à bord pour trouver une solution à notre problème de déchirures à répétition de notre GV et qu’aujourd’hui, la situation est bien pire qu’avant !!

Après le passage d’Etienne qui n’a pas été en mesure de nous proposer autre chose qu’une nouvelle réunion « d’experts » pour le lundi … nous avons décidé, la rage au cœur, de n’en plus faire qu’à notre tête et de commencer par tout mettre à plat.

Nous y avons consacré toute la journée avec une pause pour raison d’insolation : nous en avons profité pour faire une petite visite de courtoisie à notre ami Lee de « Papillon » dont le catamaran est amarré à l’autre extrémité du bassin.

Après avoir retiré complètement la GV, nous avons totalement réorganisé nos bosses de ris et  vérifié nos chariots de GV. En fin d’après-midi, nous avons remis en place la GV qui nous a pris tellement de temps, qu’il faisait nuit lorsque nous en avons eu presque terminé … il reste les bosses de ris à fixer.

Pour finir en beauté cette magnifique journée, une couture de notre bimini a lâché sur une vingtaine de centimètres … et comme nous nous le disons souvent entre nous : « et dire qu’au pays, il s s’imaginent qu’on s’amuse » !

Samedi 30.

En me relisant, je me rends compte combien j’ai omis de parler d’une part, des otaries qui en pleine saison des amours, font un chahut incroyable de jour comme de nuit et des rameurs qui ne passent jamais inaperçus tant on les entend gueuler « one, two, three, four … ». Bizarre mais ils s’arrêtent toujours à dix comme si, à l’école, on ne leur avait pas appris à compter plus avant …

Encouragements, cris, grognements, halètements … cela sent bon l’effort, la sueur et le défoulement. Ils sont incroyablement nombreux ceux et celles qui viennent quotidiennement  s’entraîner à l’aviron. Il faut avouer que l’on voit très rapidement à quel niveau d’entraînement nous avons à faire.

Les instructeurs, des bénévoles plus que vraisemblablement, sont tous très motivés et ne se contentent pas de diriger l’embarcation. Tout au contraire, ils sont très volubiles et ne manquent pas d’imagination dans les exercices … celui que j’ai préféré, reste encore celui qui consiste à placer les rameurs en deux équipes (les hommes contre les femmes) qui pagaient en opposition : que de cris, de fureur, d’efforts, de volonté pour ne pas se laisser dominer par l’autre équipe … c’était merveilleusement sadique au possible !

Les otaries quant à elles sont très mignonnes dans l’eau ou lorsqu’elles sortent de l’eau, le poil luisant mais beaucoup moins lorsque leurs poils roux ont séchés au soleil et que leur fourrure s’ébouriffe. Si elles ne sont pas agressives, lorsqu’elles squattent un ponton, il est bien difficile de les en déloger et si par malheur, votre bateau est au bout dudit ponton … régulièrement, je les chasse de notre catway. Un jour, j’ai eu énormément de difficultés à chasser un gros mâle qui non seulement me tenait tête mais qui a même fait mine de vouloir me mordre, la sale bête ! Cela a carrément tourné à l’affrontement et j’ai bien cru que je n’aurais pas le dessus ! Depuis lors, il n’y a plus que moi pour arriver à le déloger sous les encouragements de mon voisin qui autrement, ne peut plus accéder à son bateau !

Le calme de la marina est également troublé par les nombreux apprentis plaisanciers (à moteur ou à voile) qui viennent suivre des cours pratiques sur notre grand bassin. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’accident mais je reste malgré tout sur mes gardes quand je les vois approcher d’un peu trop près de notre bateau …

Si les plaisanciers étrangers se concentrent essentiellement au « Royal Cape Yacht Club » situé au fin fond du port commercial, les gros bateaux à moteur de la marina n’arrêtent pas d’entrer et de sortir avec à chaque fois, quantité d’invités festifs à bord. Cela ne manque pas d’ambiance et nous rappelle la chance que nous avons de vivre sur un merveilleux voilier. Comme le bateau ne sera décidément pas prêt à naviguer avant encore quelques semaines, j’en arrive même à me poser la question de savoir si nous ne resterions pas à « Cape Town » toute l’année !!!!

Assez étonnamment, je n’ai pas encore vu de sous-marin nucléaire venir s’entraîner dans notre bassin mais qui sait, ils restent peut-être sous la surface …

Un trou de vent d’un quart d’heure et je n’hésitais à hisser la GV pour voir (enfin) la gueule qu’elle a. Elle est très belle et identique à la précédente à quelques renforts supplémentaires près, aux endroits critiques.

Si elle est montée avec une facilité déconcertante nous confortant en nos dernières adaptations lorsque nous avons voulu l’affaler, notre premier chariot Harken s’est calé irrémédiablement  juste avant l’aiguillage !!! Un vent de panique s’est alors mis à souffler sur le bateau …

Sans attendre l’avis de nos « grands experts » … nous avons pensé à relâcher en grand la tension dans la bordure de la voile et celle-ci est tombée d’un coup. Ouuuuuuf. Reste à voir si c’est normal ou non. Pour ma part, cela ne l’est pas mais nous verrons la question avec « N.S. »

Le soir, nous sommes allés dîner avec Lee de « Papillon » et ses amis, Sylvie & Jan de Gand (Belgique), au « Den Anker » pour ensuite aller boire un dernier verre au « Ferrymans », sorte de boîte de nuit pour le troisième âge où nous nous sentons bien … très sympathique soirée au cours de laquelle nous avons bien ri.

A notre retour au bateau, nous avons eu la désagréable surprise de constater que trois otaries dormaient sur notre catway et nous barrait du même coup, l’accès ! N’écoutant que mon courage, j’ai alors pris le tuyau d’arrosage que nous laissons constamment sur le ponton, et je suis parti à l’assaut de l’ennemi dans des grands « tayaut, tayaut, tayaut, tayaut » à réveiller tous les voisins.

A l’autre extrémité du catway, ce fut une belle débandade, les otaries se montant les unes sur les autres pour plonger plus rapidement. Le chemin libéré, j’ai soulevé ma princesse comme une mariée pour la poser délicatement sur le pont de peur que ses petits pieds tendres ne puissent se salir … enfin, oui, la dernière partie je l’ai un peu édulcorée parce que ce n’est pas avec mon dos en compote que j’arriverais à un tel exploit chevaleresque.

En début de nuit, nous avons eu droit à quelques claques de vent bien senties aussi fulgurantes que surprenantes ! Grâce au ciel, le phénomène fut de très courte durée. Mais, Bon Dieu, dans quel monde vivons-nous ??

Dimanche 31.

Il fait 34° à l’intérieur du bateau c’est dire si nous sommes heureux que notre airco fonctionne à nouveau (la fuite de gaz se situait au niveau de l’évaporateur qui a dû être remplacé …). Toutefois comme nous passons le plus clair de notre temps, dans le cockpit où nous profitons d’une petite brise rafraîchissante, ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous avons enclenché l’appareil.

A l’heure du midi, nous avions une délégation médicale belge à notre bord, pour l’apéro ! Alexander et ses amis Frederik, Brecht & Elise sont étudiants en médecine à la K.U.L. (6è année) et en ce cadre, réalisent un stage à « Cape Town ». La tante d’Alexander est une amie d’enfance d’Ann … je sais, je sais, le monde est vraiment petit : je n’arrête pas de vous le répéter mais vous ne voulez jamais le croire.

L’un de nos followers m’a fait remarquer avec raison que nous prenions souvent l’apéro ! Et ma foi, il a parfaitement raison mais nous aimons beaucoup cette formule qui reste à la fois, très conviviale et simple pour tout le monde sans entraîner un véritable déménagement à bord. Les « anglophones » qui reçoivent peu à leur bord, préfèrent donner rendez-vous sur la plage, au club house (à l’heure du « happy hour ») ou au restaurant selon les opportunités.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Responses

  1. Bien reçu les news from SAS3. J’en profite pour vous demander des tuyaux sur Cuba où nous allons bientôt atterrir. Vous étiez-vous procuré cette carte (voir pj) dans une ambassade ou autre consulat cubain ou vous l’a-t-on donnée à l’enregistrement ? Si vous avez une info ou l’autre qui nous serait utile, n’hésitez pas ! Nous sommes preneurs. Manon va venir nous retrouver. Peut-être que dans ce cas d’espèce, vous aurez aussi quelques conseils à nous donner. Merci d’avance; Amitiés

  2. chers SaS, trop chouette de vous retrouver enfin à bord ! Mais quelles puissantes désillusions vous nous faites vivre… auxquelles il vous faut faire face. Je me demande si j’aurais pas fait l’infar depuis belle lurette. A vous lire, personne ne mérite la moindre confiance, tout « pro » doit être encadré, il faut connaître son bateau à fond pour éviter que des abrutis prétendument pro vous cassent tout et vous le facturent de surcroit. Du gardiennage à l’entretien…
    Alors vous êtes deux pour vous soutenir mutuellement, et l’espoir de reprendre la mer constitue votre instinct de survie dans cet environnement (charmant en photos, mais diabolique dans les descriptions).
    En tous cas, c’est toujours une joie de partager en lecture vos aventures. J’ai été très triste de ne pouvoir assister à l’annif d’Ann, mais ce sera pour une autre fois.
    Maintenant, profitez de quelques semaines pour en apprendre davantage sur la bêtise humaine, gérez pour repartir très vite avec un bateau en bon état, et rêvez déjà que vous naviguez vers de nouvelles aventures.
    Bon vent les Amis 😉

    • Malheureusement, le prochain article t’expliquera ô combien nous n’étions pour autant pas au bout de nos peines et surprises !


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :