Publié par : Ann & Stéphane | 25 novembre 2015

13 au 23.11.2015 – Durban (Afrique du Sud).

Vendredi  13.

Pour parcourir les 87 milles qui séparent « Richard’s Bay » de « Durban », nous comptions sur le courant (1 nœud) ainsi qu’un vent de NE qui devait nous aider dès 2 heures du matin. C’est du moins, les différentes informations que nous avions glanées  ici et là et qui toutes s’entrecoupaient.  La fenêtre était étroite puisque le coup de vent de Sud était attendu pour le lendemain 2 h du matin mais nous devions, en principe, être arrivés à bon port avant celui-ci.

Réveil à 4 heures du matin, le temps de faire le plein des réservoirs d’eau, de tout préparer pour la navigation et de défaire les nombreuses amarres (une véritable araignée) qui amarraient solidement « S.A.S.³ » à son quai en béton.

Avec les premières lumières du jour, nous partions en tête, suivi de près par « Sarama ». « Yolo » (Usa) qui, la veille, m’avait demandé notre heure de départ, était déjà en « double file ».  Amusant de relever qu’il a été ancré longtemps à côté de nous à « Maurice » mais n’a jamais su établir le contact alors que quand il s’agit de prendre notre place …

Nous avions à peine quitté l’abri du port commercial que nous avions à affronter une mer formée et un vent de Sud bien établi … sur la tranche du nez pour être plus clair !!! Difficile de faire demi-tour puisque nos places à quai étaient déjà prises et que de toute manière, « quand le vin est tiré, il faut le boire ».

Le ciel était gris et il faisait tellement caillasse que j’ai été contraint d’enfiler gros pull et veste de ciré ! Il s’agissait d’avoir un moral d’enfer pour partir naviguer en de telles conditions surtout qu’il était impératif d’arriver le jour même, à « Durban » avant 20 heures (la fenêtre s’était considérablement rétrécie)  … du moins était-ce là le message de notre routeur, Hervé Laurent, dont nous n’avons pris connaissance qu’une fois en mer ! Notre petit périple se transformait du coup, en marathon.

Nous étions bien entendu au moteur, seule manière de longer la côte « au plus près » pour bénéficier d’un courant porteur comme l’avait conseillé le conférencier du « Zululand Yacht Yacht » qui avait fait un exposé sur la navigation jusque « Cape Town ».

« Sarama » souhaitant appuyer son moteur par un peu de voile, était parti plus résolument vers le large en sorte que quand lui avons demandé sa position, il était à plus de 20 milles de la côte !! Par la suite et malgré une mer contraire qui le freinait considérablement, il est venu se placer dans notre sillage.  Nous lui avions pris 10 milles.

Sur le coup de midi, nous avons eu droit à un petit répit avec un vent tournant un peu plus SE et une mer beaucoup plus calme … mais cela dura tout au plus trois heures avant que tout ne redevienne comme auparavant avec un vent forcissant même d’une dizaine de nœuds à une quinzaine de nœuds avec des pointes jusque 23 nœuds de vent réel ! Vous parlez d’une belle fenêtre météo …

Autre petite embellie dans cette journée merdique … l’apparition un peu fugace d’une baleine que « Sarama » croisera plus au large. La baleine reste un mammifère splendide à observer … mais de loin ! Selon « radio ponton », un catamaran de 51’ avec 4  personnes à bord a coulé en descendant sur « Cape Town » après avoir été – vraisemblablement – percuté par une baleine ! Ils ont attendu 48 heures dans leur annexe qui s’est renversée, avant d’être secourus alors qu’ils étaient à seulement 35 milles de « East London » ! Brrrr.

Nous n’étions pas encore bien installés en notre navigation qu’une alarme s’est fait entendre à bord ! Nous avons tellement d’alarmes qu’il est souvent très difficile de trouver celle en cause d’autant que cette dernière ne réagissait que lorsque le bateau était un peu secoué !

Pendant les premières heures,  nous avons cru successivement qu’il s’agissait de l’alarme du tank à eaux grises et ensuite de la douche avant. C’est beaucoup plus tard qu’Ann a pu cerner qu’il s’agissait d’un de nos quatre détecteurs d’eau dans le gasoil !!!! C’est la toute première fois que nous entendons ce type d’alarme !

Autant dire que se cumulant au stress permanent de se taper la dépression avant d’avoir atteint « Durban », nous avions maintenant une autre préoccupation de taille : pourvu que le moteur ne tombe pas en panne !  Par bonheur, il n’a jamais flanché un seul instant.

Pas un chat en mer … sauf un nombre de plus de plus impressionnant de cargos plus on se rapprochait de « Durban ». Par deux fois, nous avons été sérieusement enquiquinés par deux gigantesques transporteurs de voitures qui étaient plantés sur notre route et qui, sans être à l’ancre, n’en bougeaient pas pour autant … l’un d’eux est amarré depuis ce matin, juste devant nous, au port commercial !

Sur 20 milles, au Nord de « Durban », s’étend une vaste zone de mouillage où nous avons dénombré un grand nombre de cargos à l’ancre parmi lesquels nous avons dû nous faufiler.

Alors que le jour s’estompait et qu’il nous restait encore 10 milles à parcourir, nous avons eu droit à notre premier orage … suivi de manière un peu paradoxale, par trois autres !! Cela zébrait de tous les côtés (à croire que la foudre tombait partout en même temps) et le bruit du tonnerre était parfois assourdissant. Sans jeu de mots … c’était un peu la goutte de trop qui  fait déborder le vase mais nous sommes restés étonnamment stoïques, un peu comme si plus rien ne pouvait encore nous atteindre !

Nous avons embouqué le chenal (ne démarrant lui aussi qu’après l’entrée du port commercial alors qu’en Europe, les chenaux s’étendent très loin en mer) … en plein orage ! J’ai craint un instant qu’avec la visibilité ainsi réduite, je ne parviendrais pas à suivre le chenal mais en finale, nous nous en sommes très bien sortis.

Nous avons traversé tout le port commercial pour enfin entrapercevoir dans l’obscurité, « la marina de Durban » dont l’accès est ceinturé par deux énormes bancs de sable qui découvrent à marée basse ! Nous avons ancré, à 20 heures,  par -4.30 m. de fond dans le petit chenal d’accès (non balisé) à la marina … sous la pluie.

Il  n’a pas été aisé d’ancrer car le chenal fait à peine 100 mètres de large et  les fonds remontent très vite sur les côtés ! Une fois ancré, j’ai eu la frayeur de ma vie : dans le noir, quasi invisibles, un couple de noirs s’échinait à pêcher, l’eau à hauteur du genou, … à moins de 4 mètres de l’arrière du bateau !!! La poupe de « S.A.S.³ » frôle dangereusement avec le banc de sable mais après vérifications, cela passe à marée basse. Ouf.

A 22 heures, « Sarama » (T.E. 1.8 m.) venait ancrer juste à côté de nous … par -2.30 mètres de fond !

Après avoir veillé jusque minuit (la marée basse était à 22.30 heures), je suis allé m’effondrer sur ma couchette.

 

Quels enseignements retenir de cette navigation ?

Tout d’abord que la météo n’est pas plus fiable ici qu’elle ne l’est ailleurs … ce qui donne le froid dans le dos pour la suite des réjouissances ! Selon Hervé Laurent, l’absence de vent de NE pourtant annoncé,  s’expliquerait d’une part, par le fait que nous étions trop près des côtes … mais « Sarama » n’a pas plus trouver de vent de NE à 20 milles des côtes et que d’autre part, les orages auraient creusé la dépression … mais ceux-ci ne sont apparus à hauteur de « Durban » qu’en extrême fin de journée.

Plus surprenant encore reste la météo donnée sur la VHF, qui annonçait pour notre zone, un  3 Beaufort  … alors que le vent réel est monté jusque 4 à 5 Beaufort avec des pointes à 6 Beaufort !

Que la descente sur « Cape Town » s’apparente plus à une « descente aux enfers » qu’à une partie de plaisir d’autant que, quand ce ne sont pas les conditions météo qui mettent les équipages à rude épreuve, c’est le stress voire l’angoisse qu’ils doivent affronter. Même à la marina, on ne peut éviter le stress lié à la détermination de la bonne fenêtre météo !

Tout le monde fait état d’un fort courant porteur vers le Sud … on évoque même un courant de 4 à 5 nœuds ! Alors qu’à tout vrai dire, celui-ci ne dépasse jamais  1 nœud (quand on le trouve …) dans le « Canal de Mozambique » (sauf dans le Nord où « Badoc » a rencontré un courant contraire de 4 nœuds)  et jusqu’à hauteur de « Durban ».

Samedi  14.

Il fait crapuleux : froid, gris et pluvieux … un vrai temps de merde. Mais malgré cela, je suis tellement heureux  d’être enfin à nouveau au mouillage : je n’en pouvais plus de cette marina de « Richard’s Bay » … de ces curieux intrusifs, de ce parking polluant, de cette pression pour venir à couple de notre bateau, de ce fichu quai en béton, de tous ces personnes qui ne vous connaissent que quand elles ont besoin de vous, de tous ces poubelles flottantes et de cette poussière envahissante.

En compagnie de « Sarama », Ann est partie une bonne partie de la journée, en exploration dans la ville. La bonne nouvelle réside en ce que  les formalités  d’entrée se résument à une simple déclaration à la marina … la moins bonne reste que le mouillage est également payant.  Quant à avoir une place en la marina … il nous faudra attendre lundi pour en discuter avec le manager.

En plus des droits à payer à la marina, il faut également payer une redevance aux autorités portuaires de « Durban » mais le premier mois est gratuit !

Depuis notre arrivée, nous ne ressentons quasiment pas la force du vent … serait-il possible que nous soyons protégés à ce point ??? C’est qu’en finale, je finirais bien par le croire !

Dimanche  15.

Nous avons mis notre annexe à l’eau pour aller prendre notre douche à la marina : à bord, c’est restriction d’eau puisqu’il n’est pas conseillé de faire marcher le déssalinisateur dans le port (eau polluée) !! Il s’agit du tout gros point noir de notre mouillage surtout si nous sommes bloqués plus d’une semaine comme le laissent  présager les prévisions météos ! Le moral est d’ailleurs carrément en berne sur « Sarama » pour ce motif.

J’en ai profité pour nettoyer notre annexe qui était dans un état de crasse indescriptible … autre petit souvenir de « Richard’s Bay ».

Au retour de la douche, nous avons prospecté avec l’annexe, les fonds à marée basse pour en arriver à la conclusion que la profondeur minimale en marina était de -3.5 m. Par contre, confirmant nos soupçons, la poupe du bateau rase bel et bien le bord du banc de sable !!!

A midi, nous avons été déjeuner avec « Sarama » au « Royal Natal Yacht Club » où un buffet très intéressant était servi … juste l’airco qui était mis trop fort et dont je percevais le froid juste dans mon cou !

Jusque là tout était presque parfait sauf qu’alors que nous sortions de table, le vent s’est levé et la pluie n’a quasiment plus arrêté de tomber jusqu’au lendemain matin.  Résultat … nous sommes rentrés à bord, trempés comme des soupes.

Si je m’étais extasié la veille, sur la protection incroyable de notre mouillage, contre le vent, j’ai dû totalement revoir mon jugement en enregistrant  des pointes de vent jusque 29 nœuds ! Au début, on fait le gros dos en regardant un bon film à la télévision mais au troisième film, on finit par désespérer que ce maudit vent faiblisse pour pouvoir aller dormir l’esprit tranquille. Pire … le vent prenait un malin plaisir à faiblir tout d’un coup jusque 10 nœuds pour reprendre une demi-heure plus tard, avec autant de force ! J’ai bien cru que j’allais devoir veiller toute la nuit …

Lundi  16.

Après avoir été prendre notre douche, la confirmation qu’une place de choix se libérait juste devant le bureau de la marina et un poste de Police (au fin fond des installations), nous fut rapportée. Nous avions pourtant pris la décision de rester au mouillage car la trop faible hauteur des pontons me faisait craindre le pire en cas de coup de vent mais nous n’avons pas hésité une seconde et pris la place …

Nous sommes amarrés juste derrière une vieille connaissance … « Freya » (F).

« Sarama » trouvait également un emplacement  dans l’une des travées mais comme pour tourmenter encore davantage  Patrick, la marina lui a spécifié que le détendeur de l’emplacement devait rentrer l’un de ces jours prochains et qu’il aurait donc à bouger … Patrick est très préoccupé parce que son coéquipier Fabrice le quitte vers le 15 décembre et qu’après, il se retrouve seul avec les affres de trouver un nouveau coéquipier.

Aujourd’hui, nous avons eu droit à une belle journée ensoleillée, sans vent, ce qui était une aubaine pour nos manœuvres à la marina … même s’il y avait du monde pour nous  aider à amarrer. Un peu cabot votre serviteur de pouvoir jouer avec toutes ses manettes devant tant de spectateurs ? Sans doute … oui.

Par la suite, nous avons tous décidé de faire une petite visite fort décevante par ailleurs, au shipchandler local … par contre, il y a lieu d’admirer le service mis en place : un appel au shipchandler et  un chauffeur vient vous chercher gratuitement à la marina et vous y ramène après vos courses. 

Je l’avais remarqué mais j’en ignorais encore l’exacte étendue, le nettoyage de nos inox à « Richard’s Bay » n’est pas terrible : notre mandai s’est contenté aux endroits les moins accessibles, de les enduire de produit et de tout laisser sécher en l’état !! En bref, j’ai passé une bonne partie de l’après-midi, à frotter le surplus de produit.  Joie.

Nous verrons bien entendu à l’usage mais pour le moment et bien que je préfère un bon mouillage, je me dois de reconnaître que je savoure l’instant présent tant le stress semble enfin s’être éloigné de nous !

Le « stress » est et restera le maître mot de cette traversée de l’Indien et de ce tour du monde de manière plus générale : sur une dizaine de bateaux rencontrés aux « Cocos Keeling », deux sont déjà par le fond et nous ne sommes toujours pas à « Cape Town » … encore environ 800 milles de souffrance, d’incertitudes et de dangers.

Mardi   17.

Il fait plein soleil, le vent est discret et je me sens divinement bien dans cet environnement. Cela risque malheureusement de ne pas durer puisque de la pluie est annoncée pour demain … en fait, dès 15 heures, nous avions droit à deux petits orages et le soir, à un bon coup de vent de Sud !

Amusant de penser qu’à  « Richard’s Bay », nous avions une réservation de longue date dans une marina qui de toute manière, ne pouvait nous accueillir et qu’à « Durban », la marina affirmait ne pouvoir nous accueillir alors que nous y avons trouvé une excellente place …

Grave comme les équipages peuvent se pourrir la vie à se justifier de partir ou de ne pas partir à l’occasion de telle ou telle supposée « fenêtre météo » ! Un bon nombre de bateaux ont d’ailleurs, décidé de reporter leur descente sur « Cape Town » à janvier comme « Obione » ou « Badoc »« Avanta » (Malte- Nl)  pour sa part, a opté pour prendre 3 semaines de vacances dans le pays pour se remettre des 60 nœuds de vent rencontrés en arrivant de « Maurice » par le Sud de « Madagascar » !

« Evita » et « Sara II » sont  partis hier soir, de « Richard’s Bay » et sont arrivés ce matin, à « Durban » où une place leur a été attribuée à la marina … qui se déclare systématiquement  « full » alors que les emplacements libres ne manquent pourtant pas !! J’ai du mal à comprendre une telle gestion qui est malheureusement loin d’être une exception.

Navigation un peu « sportive » pour nos copains puisque  la météo avait annoncé un vent de Nord de 25 nœuds … et ils ont eu 45 nœuds ! Bravo, la météo.

Nous avons engagé un (plongeur) local (800 rands soit +/- 53 €) pour nettoyer notre ligne de flottaison et un peu gratter notre coque. C’est en le voyant l’autre jour, travailler sur un autre bateau que nous en avons eu l’idée. Comme notre ligne de flottaison est bordée d’une grande ligne blanche qui tranche sur le bleu foncé  de la coque, cela choque immédiatement l’œil lorsqu’elle jaunit ou présente ici et là, des tâches vertes.

Je n’ai pas ses coordonnées, même pas son nom et pourtant je vous le recommande chaudement : il a réalisé un superbe  travail. Vous le trouverez facilement, c’est un noir plus tout jeune et il se ballade souvent en combinaison de plongée sur les pontons. 

Ce midi, nous étions conviés avec « Sarama »,  à partager avec d’autres convives, un déjeuner organisé par le « Ocean Cruising Club » ouvert aux skippers de bateaux de moins de 70’ (!) et ayant au moins traversé un Océan … cela tombe bien, nous en avons déjà traversé trois !

Accueil  très sympa même si  pour ma part, l’anglais reste le seul Océan que je n’ai pas encore traversé …

De retour au bateau, je savourais le bien-être de cette marina qui me plaît chaque jour, un peu plus … il me reste à visiter « Durban » mais le sentiment d’insécurité y est tellement  présent que les incursions d’Ann y sont limitées et toujours accompagnées !!

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « Freya » en compagnie de Didier, de  Christian (son beau-frère) et de Patrick.

Mercredi  18.

Pour être une région soumise à la pénurie d’eau, il pleut beaucoup … mais bon, aujourd’hui, la météo l’avait prévu. Incroyable, on se croirait en Belgique tant il fait crade et froid ! Il n’est peut-être plus nécessaire de rentrer au pays …

Comme le bateau est amarré au seul quai de la marina orienté Est/Ouest, lors d’un coup de vent de Nord ou de Sud, nous le prenons toujours de côté ! Aussi, pour éviter que le bateau ne s’écrase sur le ponton et ne l’emporte du même coup, la marina (!) nous a suggéré de lancer des amarres sur les catways opposés  … ce qui entraîne de facto, que nous barrons le passage aux quelques bateaux amarrés dans le fond de la marina.

Ce matin justement,  le vieux bateau de plongée dont nous pensions qu’il ne quitterait plus jamais son ponton, s’en allait !! Pas le choix, nous avons dû lâcher les amarres avec la collaboration du personnel de la marina qui nous a aidés à tout remettre en place … juste avant que la pluie et  le vent  ne se remettent de la partie ! Le personnel  est charmantissime.

Nous avons entendu ce matin, de la part d’un Anglais évidemment … la pire injure que nous pouvons supporter : notre bateau serait une « copie » d’un « Oyster » !!! Qu’on le prenne déjà trop souvent pour un « Oyster », voilier de série, construit en polyester, en GB,  est déjà assez pénible comme cela mais qu’en plus, nous aurions essayé de le copier est un comble qui aurait mérité sur le champ, réparation si seulement les duels étaient encore à la mode. En tant que « offensé », j’aurais proposé un duel au canon de marine. Si nous avions voulu un « Oyster » … nous aurions plus simplement commandé un « Oyster ». Et quand de surcroît, on pense que le chantier Garcia fut le premier a lancé ce type de modèle … à titre d’illustration, une photo d’un « Oyster » vu à « East London » a été glissée dans le diaporama. Je vous invite à jouer au jeu des 7 erreurs et à m’envoyer vos résultats.  

Entrainés par « Sarama », nous avons été nous balader sur la digue qui est très impressionnante et après avoir été prendre une collation, nous sommes revenus en coupant par le centre ville soit 4 heures de marche à pied !

La ville est d’une architecture froide et austère qui ne donne aucune envie de s’y installer. La population est très essentiellement noire et les touristes rares. Les avenues sont très larges et perpendiculaires les unes aux autres. Ici et là, on peut encore voir quelques beaux immeubles anciens mais dans l’ensemble, il ne s’agit que de buildings accolés les uns aux autres. Nous avons été heureux d’être rentrés à la marina avant la tombée du jour …

Jeudi  19.

Patrick de « Sarama » a parfaitement raison lorsqu’il affirme que le vent de Nord apporte le beau temps et le vent de Sud, la pluie ! Aujourd’hui, nous avons droit à un vent du Nord … et tout s’illumine du même coup !

Malheureusement, je me suis fait mal au dos en voulant étarquer notre amarre avant pour éloigner le bateau du ponton … pour celle de l’arrière, nous utilisons notre winch hydraulique. Tout serait paaaarfait si de temps en temps, nous n’étions obligés de larguer nos amarres pour laisser le passage à un bateau. Enfin, nous gardons l’espoir depuis que le bateau de service de la marina a trouvé un autre emplacement, que nous ne serons plus aussi souvent dérangés. L’espoir fait vivre.

« Home sweet home »  … je ne connais que cela de bien et pour une fois, la météo était avec nous. Cela fait tellement de bien d’être en son cockpit transformé pour l’occasion, en loge de concierge …

Vendredi  20.

A 8.30 heures, nous montions à bord d’un bus « impérial » pour une visite de trois heures, de « Durban ». « Sarama » était évidemment de la partie … ainsi que toute une classe d’écoliers aux uniformes totalement élimés ! Par bonheur, ils se sont tous tenus de manière impeccable.

Je vous recommande ce « City Tour Experience » avec « Durban Ricksha Bus » car il s’agit d’une manière agréable  de visiter la ville et sa banlieue, en toute sécurité. Certains quartiers de la banlieue sont assez « bourgeois » mais, étonnamment, rien de super luxueux.

Quant à « Durban la Noire », ne vous attendez pas à ce que je m’extasie … c’est populeux, sale, bruyant et  dangereux  mais sans doute plus révélateur de « l’Afrique du Sud » que « Cape Town  la Blanche » plus proche de nos conceptions européennes.

Nous avions bien choisi notre moment puisque toute la visite s’est réalisée sous un éclatant soleil. A un tel point, que nous avons décidé de rentrer à pied, au bateau et chemin faisant, nous avons été déjeuner sur la digue. Patrick et Fabrice de « Sarama » sont très friands de restaurants … de même qu’Ann. Vous étonnerais-je en disant que je déteste aller au restaurant …

Nous sommes rentrés juste à temps : le vent a basculé Sud et nous avons eu droit à un vent de 30 à  40 nœuds jusque 20 heures … et ensuite, ce fut la pluie et l’orage!!

Samedi  21.

Après une bonne nuit de sommeil, nous nous préparons à subir un nouveau coup de chien plus violent et plus long que celui de hier. Je me suis même mis à l’eau pour aller porter sur le catway d’en face, une amarre supplémentaire en dédoublement de celles déjà tirées.

A partir de midi, nous avons senti le vent s’intensifier et dès 15 heures, nous étions en plein dedans : il faisait crade de crade avec un vent à décorner un bœuf. Toutefois, et étonnamment, le ressenti,  à notre niveau de la marina, fut beaucoup moins grave que la veille et la nuit fut plutôt calme !

La veille, il ne m’avait pas échappé que deux petits bateaux jaunes à moteur, amarrés dans le fond du port (c’est-à-dire du mauvais côté de nos amarres),  se préparaient à sortir pour l’organisation d’une régate !! Déjà hier, j’avais stressé à l’idée qu’ils fassent mouvement et c’est bien évidemment au moment même que je pensais qu’ils avaient renoncé salutairement à leur entreprise que par le hublot de notre cabine arrière, je voyais l’un des deux bateaux aux prises avec nos amarres …

Ils ont été extrêmement sympas en faisant le maximum pour ne pas nous déranger et surtout, en passant sous nos amarres distendues pour l’occasion, plutôt qu’en les défaisant complètement … ce qui m’aurait obligé une fois de plus, à me mettre à l’eau.

Qui dit « partir » … dit « revenir » : nouveau stress puisque nous ne savions pas quand ! Pas d’autre solution que de faire le guet depuis notre carré et quelques temps plus tard, je voyais effectivement l’un des deux bateaux se diriger vers notre bateau alors que nous connaissions une brève accalmie.

Nous étions quasiment sur le pont qu’il prenait un emplacement provisoire sur l’autre bord de notre ponton … où le premier bateau était déjà amarré !! Que voilà des personnes ultra sympas qui nous proposaient même de venir prendre l’apéritif à leur Club House  alors que c’est pourtant nous qui sommes les trouble-fêtes dans l’histoire !!

Dimanche  22.

A mon plus grand étonnement mais malgré un vent bien senti de Sud, il fait magnifique et à notre emplacement, nous  ressentons peu les effets du vent qui a une méchante tendance à se renforcer ! La vie est tellement plus belle en ces conditions … par contre, rien ne dit que nous quitterons « Durban » prochainement !! Cela en devient franchement désespérant.

Si nous pouvions laisser en toute sécurité, « S.A.S.³ » à la marina de « Durban », nous opterions également pour un retour anticipé en Belgique quitte à passer les fêtes de fin d’année, à « Durban » mais c’est totalement impossible avec nos amarres fixées sur les catways opposés. Je n’ose même pas imaginer Ann seule à bord tant notre situation présente un caractère éminemment précaire.

Il est 16 heures et le vent semble enfin montrer des signes d’apaisement. Nous sommes toujours aux premières loges puisque personne ne peut s’aventurer sur  les pontons de la marina sans passer devant notre bateau et que le plan incliné qui sert de mise à l’eau, ne connait aucun répit.  Je savoure réellement le moment mais je crains d’être bien seul en cette extase !  Ann n’ose pas s’aventurer seule en ville et je n’aime pas m’éloigner de mon bateau … nous avons bien été, à pied, pour lui faire plaisir,  jusqu’au Warf  mais cela ne nous as pas donné l’envie d’y retourner.

Lundi  23.

Tout se précipite avec le message de notre routeur voyant une petite fenêtre météo pour ce mardi matin ! L’information était confirmée par « La Médianoche » (D) dont le skipper est routeur professionnel, lui également !  Comme ce dernier organise des réunions d’informations aux différents endroits où il passe … toute la marina était au courant de l’ouverture qui se présentait et il n’en a pas fallu plus pour que tous se préparent à un départ immédiat !!

Difficile de voir tout le monde partir et d’attendre sans réagir, le lendemain matin … aussi, comme les autres, tout a été mis en branle pour un départ en fin d’après-midi. Ce sont finalement les bateaux de l’ARC ancrés devant la marina, qui sont partis les tous premiers.

Tandis qu’Ann s’occupait des formalités de sortie (bureau de la marina – Port Control – Immigration – Douanes – une nouvelle fois, Port Control) et de l’avitaillement, votre serviteur s’occupait du remplissage des réservoirs de diesel (263 litres) et préparait le bateau. Les amarres étaient lâchées à 16.30 heures … pour « East London » (251 milles).

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :