Publié par : Ann & Stéphane | 14 novembre 2015

04 au 12.11.2015 – Richard’s Bay (Afrique du Sud).

Mercredi  04.

Après une excellente nuit de sommeil, nous nous réveillons avec la pluie, intermittente certes mais la pluie tout de même alors que nous avions presque banni ce mot de notre vocabulaire !

Le gros catamaran australien qui était derrière nous, s’est senti obligé d’aller prendre une bouée à la marina du « Zululand Yacht Club » suite à la remarque d’un officiel lui ayant fait part qu’il ne pouvait rester là éternellement … notre sort prochain ??

Pour mémoire, nous sommes au « quai international » qui est réservé aux bateaux battant pavillon jaune, uniquement  pour le temps de la réalisation des formalités d’entrée dans le pays. Il s’agit du seul emplacement où notre bateau est en sécurité !

Ann continue de se démener pour nous trouver un emplacement  durable mais déjà la marina de « Durban » nous a signalé ne pas avoir de place pour notre bateau en raison de son poids ! Notre seul espoir demeure donc entre les mains des autorités portuaires qui comprennent jusque dans une certaine mesure, notre problématique et  parlent maintenant d’une réorganisation  du bassin …

Il est certain que si on mettait un peu d’ordre dans la manière dont les bateaux sont amarrés, on libérerait de la place pour d’autres. Il est tout aussi certain que si les deux quais en béton étaient exclusivement réservés aux bateaux d’une certaine taille ou d’un certain poids, on résoudrait  bien des problèmes … mais, mais, mais pour cela il faudrait déplacer beaucoup de monde dont de nombreux « clodos de la mer » encroûtés dans leurs habitudes et  leurs petits privilèges : ils squattent le bassin sans délier bourse !!

Du côté de la marina de « Tuzi Gazi », une équipe s’active à remettre en place les pontons sinistrés et je dois bien reconnaître que le résultat est assez spectaculaire … mais que se passera-t-il  lors du prochain coup de vent ?

Avec des conditions de vent fort clémentes, la journée, passée la période pluvieuse, s’est révélée très agréable … on a enfin pu un peu goûté au « repos du guerrier ». Comme les copains, nous ne sommes pas encore prêts à repartir … c’est psychologique, allez comprendre !

Le soir, « Obione », « Sarama » et « S.A.S.³ », nous sommes allés dîner dans l’un des nombreux restaurants qui bordent la marina et ensuite, nous avons été nous en jeter un petit dernier, au 1er étage de l’établissement, transformé en mini boîte de nuit.

Jeudi  05.

Si la journée a débuté sans vent … elle s’est poursuivie avec un vent assez fort. Mais Bon Dieu, il n’arrête jamais de venter dans ce foutu pays ??? Rien de plus stressant que ce vent (de Nord cette fois) qui plaque le bateau contre le quai en mettant au supplice nos défenses … et votre serviteur. Ras-le-bol de ras-le-bol des vents d’Afrique du Sud  alors qu’il s’agit d’un si beau pays.

Toujours avec sa maestria habituelle, Ann nous a assuré un ravitaillement en diesel  (893 litres) par pick-up avec remorque. Nous aurons décidément déjà tout connu en la matière. C’est le propriétaire du shipchandler de la marina du « Zululand Yacht Club » qui est venu nous ravitailler et pour une fois, nous n’avons pas du définir au préalable, la quantité dont nous avions besoin ! Un service impeccable.

Du même coup, tous les autres bateaux ont profité de l’aubaine pour se ravitailler en diesel. Assez sympathiquement, certains plaisanciers sont même venus remercier Ann pour avoir réalisé les démarches !

Ce fut un peu la journée « bricolage » où nous avons essayé de mettre un peu d’ordre dans la trop longue liste des désordres auxquels il faudra un jour ou l’autre, remédier.

Sans doute en cet esprit  ou peut-être parce que j’avais besoin de m’éloigner de la marina, je suis parti avec Michel et Maël de « Obione » pour le « Mall du bricolage ». Non seulement, nous n’avons rien trouvé de correspondant mais de surcroît, j’ai été très déçu par l’immense zoning commercial. J’ai trouvé l’ensemble assez froid,  assez impersonnel et nettement moins luxueux que tout ce à quoi  j’ai été habitué jusqu’à présent !

De retour à bord, j’ai trouvé Fabrice et Patrick de « Sarama » penchés sur notre moteur principal, en train d’étudier la meilleure façon de dévisser notre anode moteur. Lors de notre entretien, il nous avait été impossible de remplacer l’une des deux anodes de notre moteur  … faute en partie  de savoir dans quel sens il fallait dévisser celle-ci !!! En finale, Fabrice y est arrivé avec quelques astuces et nous avons pu constater qu’il ne restait absolument rien de notre anode … totalement bouffée, notre anode !

Nous avons terminé l’après-midi  ensemble sur de sérieux fous rires qui font tellement de bien pour le moral.  Il faut reconnaître qu’un Ti-punch un peu serré nous a bien aidés …

 Si lundi et mardi furent des journées très calmes pour les établissements bordant la marina, depuis mercredi soir, ils ne désemplissent pas !! C’est tout simplement incroyable … mais cela crée beaucoup d’ambiance.

Vendredi  06.

Pour le troisième jour consécutif, notre mandai  local essaie de redonner à notre pont, tout son lustre d’antan. Il faudrait pour bien faire, s’occuper également de la coque mais c’est pour ainsi dire impossible du moins pour le côté tribord, le plus souvent plaqué par le vent, contre le quai !

Le shipchandler de « Zululand Yacht Club » est plutôt bien achalandé : on y trouve absolument tout … sauf ce que nous cherchons bien évidemment alors nous avons passé commande mais là, cela semble coincer sérieusement  … cela coince aussi du côté du chantier pour les sorties de l’eau ! « La sortie de l’eau de « Evita » est postposée  de jour en jour et « Obione » ne parvient pas à savoir si  son bateau pourra être sorti de l’eau !! Bienvenue en Afrique du Sud …

Le soir, c’est la foule et l’ambiance des grands jours. En voyant se déverser des groupes de jeunes très « enthousiastes », nous prenons peur pour notre bateau amarré le long du quai … qui sert également de parking.  Par chance, il y a un gardien à qui nous avons refilé un pourboire pour surveiller notre bateau pendant que nous dormions.

Samedi  07.

En sortant la tête à l’extérieur, il était 6.30 heures du matin, nous avons découvert que la marina était envahie par des singes cercopithèques.

Pourquoi diable étions nous levés si tôt ?? Simplement parce que nous avions programmé d’aller jusque « Santa Lucia » (75 km.)  avec « Sarama » et « Obione » pour voir les hippopotames et les crocodiles. Nous avons loué pour l’occasion, une voiture  auprès de Europcar situé à l’aéroport de « Richard’s Bay » … attention à l’arnaque !

Nous avons loué une voiture à peu près dans tous les pays où nous sommes passés sans jamais rencontrer de problème mais, ici, en Afrique du Sud, il semblerait que l’arnaque du client soit un sport national selon le « Routard » !! En notre cas d’espèce, il nous a été facturé après la remise du véhicule, des frais supplémentaires pour un « second conducteur » fantôme et parce qu’il manquait 3.5 litres dans le réservoir pour faire le plein plein !!

Question crocodiles, nous avons vu beaucoup mieux à Darwin (Australie) … par contre, question hippopotames, nous n’avons jamais eu l’occasion de les observer de si près et aussi longtemps. Cela valait réellement le détour.

Un bien belle journée qui nous a également évité de subir la cohue du samedi après-midi, à la marina. Contrairement à beaucoup d’endroits, les gens sont ici d’un assez grand sans gêne et nous interpellent très facilement. Jusque dans une certaine mesure, c’est plutôt sympa mais il y en a quand même qui exagèrent et dont nous avons toutes les difficultés à nous défaire par la suite.

Dimanche 08.

Après un début de journée un peu gris, le soleil est réapparu assez rapidement. Le vent est relativement faible et il y a un peu moins de monde à la marina.

Nous sommes allés nous promener jusque « Zululand Yacht Club » où nous avons pu constater que « Badoc », « Amigo » et « Galatea » étaient sur le tarmac du chantier tandis que des ouvriers peignaient  un antifouling sur la coque de « Evita » suspendu dans les élingues d’un portique équipé de quatre palans manuels !! Il faut le voir pour le croire …

En fin d’après-midi, le canal VHF 12 crépitait de toutes les demandes d’autorisation d’entrer  dans  le port, émanant  des bateaux de l’ARC en provenance de la « Réunion ». Après une navigation de +/- 1.600 milles, il est incroyable que tous ces bateaux arrivent  dans un mouchoir de poche !

Par bonheur, tous les bateaux de l’ARC sont regroupés à la marina du « Zululand Yacht Club ». Toutefois, chaque jour qui passe, voit un nouvel arrivage de bateaux qui ne font pas partie de l’ARC, et l’espace disponible à la marina de « Tuzi Gazi » se restreint de plus en plus …

Plus que jamais, nous souhaitons descendre sur « Cape Town » mais si la météo est plutôt très agréable depuis la dernière tempête … cela n’est vrai qu’à la marina et il suffit d’un coup d’œil sur la mer pour se rendre compte que ce n’est pas encore le moment de partir !

Lundi  09.

En nous réveillant, nous avions la surprise de voir qu’un solitaire français était venu s’amarrer à couple, de l’épave juste devant nous. Sans vouloir faire de statistiques mais le plus souvent, les solitaires rencontrés sont de nationalité française !

Désireux de connaître l’état d’avancement de nos commandes, nous sommes retournés une fois de plus au shipchandler du « Zululand Yacht Club » pour apprendre qu’en finale, aucune de nos commandes ne pourra être honorée !!

Aussi de retour à bord, je me suis contraint à remplacer la pompe de douche arrière défectueuse par celle de la douche avant … quel boulot en raison de la difficulté d’atteindre la pompe de douche arrière : il aurait fallu pour bien faire, démonter notre penderie à cirés mais je n’en ai pas eu le courage.

Mardi  10.

Alors que Fabrice et Patrick venaient juste de rentrer d’un petit séjour au parc de « Hluhluwe », un grand échalas (un responsable des secours en mer) me dit en passant qu’il va nous mettre un voilier en difficulté à couple, « Sage » (Canada) !!! Déjà que nous avons toutes les difficultés à gérer les 40 tonnes de  « S.A.S.³ » lorsque le vent souffle un peu de manière conséquente …  pourquoi faut-il constamment qu’un emmerdeur ou l’autre envisage de transformer notre élégant voilier, en ponton flottant !! Cela devient terriblement lassant et irritant à la fin … à croire que nous sommes la seule possibilité d’amarrage de toute la marina. Encore hier, on nous demandait d’accueillir un autre 37’ à couple, « Déesse » (Nl) !

En finale, c’est « Nomad », un grand catamaran local qui organise des ballades en mer, qui a eu le dernier mot : « pas question de mettre un bateau à couple du grand voilier bleu car autrement, il m’est impossible de sortir de mon emplacement … ». Je le bénis ce skipper.

La vérité vraie demeure qu’il n’y a personne pour gérer l’attribution des  emplacements à la marina en sorte que tous les bateaux tirent des amarres dans tous les sens, empêchant du même coup, un autre bateau de se glisser à côté d’eux !! C’est le plus pur bordel.

Quant à la gestion des quais en béton échappant à l’administration de la marina, personne ne gère quoi que ce soit et les « clodos de la mer » les ont pris d’assaut sans ordre, ni méthode.

Mercredi  11.

Quand le jour se lève et que tout le monde est encore endormi, les singes cercopithèques envahissent la marina à la recherche de nourriture … et comme cette fois, le capot donnant accès à notre carré était ouvert, nous en avons retrouvé deux à l’intérieur !! Par bonheur, Ann s’était réveillée en les entendant sauter sur le pont …

Comme prévu, nous avons eu droit à une tempête de Nord (+ 30 nœuds) et comme il fallait s’y attendre à une troisième demande de se mettre à couple de notre bateau : on les attire comme des mouches ! Si nous n’étions pas à bord pour protéger notre bateau, nous aurions déjà 3  bateaux à couple !!!

Cumulé au problème du vent, nous avons également à gérer la hauteur de nos défenses en raison d’un marnage plus important que les autres jours ! Nous nous devons en conséquence d’être deux fois plus vigilants.

Mais le pire reste que tous les jours, de nouveaux bateaux arrivent sans que personne ne se risque à sortir en mer. Petit-à-petit, l’air devient ainsi « étouffant » et je vois avec horreur, le moment où nous n’aurons plus d’autre possibilité que d’avoir quelqu’un à couple … ce qui constituerait le dernier clou de mon cercueil.  Je n’ose imaginer la proximité et le va-et-vient incessant sur notre pont avant car je le vois bien sur les autres bateaux à couple, que tout ce petit monde a une sérieuse bougeotte et que la retenue ne fait pas exactement partie de leur éducation !

Côté « comportement », j’ose de moins en moins m’asseoir dans notre cockpit tant les curieux s’invitent de plus en plus à notre bord. Pénible de s’allonger tranquillement sur la banquette  quand des curieux se plantent sur le quai, en surplomb, pour mieux vous observer … « Hello » qu’ils vous font et vous obligent à répondre « hello » en évitant surtout d’engager une conversation sans fin.

Le soir, Ann avait réservé une table au restaurant  pour « S.A.S.³ », « Sarama », « Papillon » et « Evita ». Bien que très peu friand de restaurant, je me réjouissais à l’idée de passer une soirée « entre amis ». Ma tête lorsque j’ai vu tous les « anglophones » s’asseoir à notre table comme s’il s’agissait de la leur … au point de nous retrouver complètement  à l’étroit et isolés sur notre banc, en bout de table !!

Le courant ne passe décidément  pas  entre votre serviteur et les « anglophones » (à quelques exceptions près quand même) contrairement à ce que nous avions connu en Australie ou en le cadre du rallye « Sail Indonesia ». En cause, la barrière de la langue bien évidemment mais surtout, et je le déplore,  leur absence de volonté de faire le moindre effort  pour  nouer le contact  … sauf bien entendu lorsque ces mêmes « anglophones » ont besoin de nous pour un service ou un autre !

Jeudi  12.

Il fait gris et couvert aujourd’hui et comme il a plu cette nuit, toute la poussière accumulée sur le pont s’est transformée en boue … un vrai plaisir !

Je devrais me réjouir de cette surprenante concentration de « tour-du-mondistes » et de l’animation qui en résulte, mais au lieu de cela, je ne rêve que de pouvoir m’échapper  de cette nasse où nous croupissons depuis presque 15 jours ! Et voilà que « Sarama »  nous apprend qu’il quitte « Richard’s Bay » pour « Durban » (87 milles) demain matin, aux aurores, car il y a une petite fenêtre météo !

Est-ce raisonnable alors que nous savons qu’il n’y a pas de place en marina pour « S.A.S.³ » (ancrage obligatoire) et que de nouvelles importantes dépressions de Sud sont annoncées pour ce week-end ?  Poser la question revient à y répondre et pourtant, nous nous sommes décidés à partir … la soirée de hier n’étant sans doute pas totalement  étrangère  à notre décision.

Mais à « Richard’s Bay », ils sont encore plus casse-couille qu’ailleurs : obligation de signaler son départ auprès de cinq services différents : la marina du « Zululand  Yacht Club» –  l’immigration et la douane au « Mall » – la police et la marina de « Tuzi Gazi » ! Un vrai parcours du combattant me dira Ann. Comme je le dis souvent : pourquoi faire simple là où on peut faire compliquer.

PS. Vendredi matin, nous sommes partis pour « Durban » que nous avons atteint le jour même, à 20 heures.

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Responses

  1. trop chouette de vous suivre Ann et Stéphane ! mais on comprend à quel point vous devez à chaque escale vous adapter, vous informer des arnaques organisées, de la qualité de l’accueil, des gens à rencontrer, de ceux à qui faire confiance… L’Afrique du Sud n’est pas représentative de toute l’Afrique. Et votre situation dans le Sud-Est n’est sans doute pas la même que à proximité des grand centres. On ne peut pas espérer/attendre la même qualité de services partout, malheureusement😦 Courage, vous serez parmi les européens pour Noël ? si vous trouvez le moyen de sécuriser le bateau bien sûr😉
    Bises
    Bernard

    • Comme la météo se présente actuellement, je n’oserais plus affirmer que nous serons pour les fêtes en Europe mais telle est pourtant notre intention … reste à savoir si Eole nous autorisera ce retour !

  2. ah oui, le diaporama est aussi un merveilleux témoignage. Grand merciiiii


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