Publié par : Ann & Stéphane | 4 novembre 2015

19.10 au 03.11.2015 – Madagascar – Afrique du Sud.

Lundi 19. Moramba Bay (Madagascar).

Comme notre routeur, Hervé Laurent, nous a donné son feu vert pour notre traversée sur « Richard’s Bay » (Afrique du Sud) dès mercredi matin, nous avons pris la décision de réaliser un dernier avitaillement à « Majunga City » (82 milles).

Vu la distance et l’impératif d’arriver de jour, nous avons levé l’ancre à 5.15 heures du matin … suivis de près par « Freya » (F) et « Manta » (F) ! Comme Didier de « Freya » nous avait dit la veille au soir qu’ils ne partiraient qu’en milieu de matinée, ce fut une surprise.

Dès 6.30 heures et jusque 9 heures, nous avons eu le bonheur de pouvoir naviguer à la voile mais comme à son habitude, le vent d’Est a molli jusque midi pour tourner plein Ouest et se renforcer progressivement (16 à 18 nœuds de vent réel). C’est donc au près bon plein (70° à 90°) et par un vent un peu musclé que nous avons navigué tout l’après-midi.

Chemin faisant, nous avons régaté involontairement avec l’une de ces longues pirogues à voile que l’on voit beaucoup en ces eaux. La rattraper fut énervant car sans cesse cette dernière changeait de cap en sorte que tantôt elle était sur notre tribord et tantôt sur notre bâbord. La dépasser sous son vent, fut un réel supplice car on aurait pu croire qu’elle était scotchée à nous : les deux bateaux semblaient marcher à même allure (+ 8 nœuds) avec avantage néanmoins pour « S.A.S.³ » !!! De surcroît, le balancier de la pirogue ne cessait de se rapprocher de notre flanc tribord avec le risque de venir nous heurter !! Jamais vu un tel casse-couille mais il faut lui reconnaître une réelle compétence ! Le nombre de voiliers modernes qui se sont fait littéralement ridiculiser par ces pirogues d’un autre temps, est incroyable …

Toutes ces pirogues partant tous les jours, du même endroit pour aller au même endroit, en fonction de la direction du vent … ces skippers régatent entre eux, quotidiennement !!

A 16 heures, nous avions atteint notre mouillage situé devant « Majunga City » (15° 43’.852 S – 46° 18’.493 E). Nous pensions mouiller pour la nuit, sur l’autre rive du fleuve pour des motifs de sécurité mais « Evita », arrivé 24 heures avant nous, en a dissuadé tout le monde en raison de l’inconfort du mouillage projeté.

Question confort de mouillage … dès 17 heures, la houle commençait à faire tanguer les bateaux. Vers 19 heures, les bateaux se mettaient cul à la houle sous l’effet de la marée montante et jusque minuit, ce ne fut qu’une valse épouvantable : les bateaux tournaient dans tous les sens ce qui a même obligé « Ceilydh » à se déplacer  en pleine nuit …

Pour notre part, « Freya » (F) était venu mouiller trop près de nous et dès le départ, nous l’avions remarqué  mais c’était à Didier de s’en rendre compte et à bouger ! Comme il ne faisait rien, nous avons pris contact avec lui pour lui suggérer diplomatiquement d’ancrer un peu plus loin mais le copain a fait la sourde oreille à nos suggestions nous précisant qu’il avait toute confiance en son ancre, qu’il avait mis 45 mètres de chaîne et que son catamaran ne déraperait pas …

Résultat des courses, nous avons passé toute la nuit dans notre cockpit pour protéger notre bateau de « Freya » au cas où … plusieurs fois, « S.A.S.³ » était à moins de 5 mètres de l’imposant catamaran ! Stress permanent jusque minuit où enfin le vent et la houle sont tombés. Mais à 4 heures du matin, nous avons eu droit une nouvelle fois, à un coup de vent d’une petite heure ! A notre plus grand soulagement, à 5.30 heures, « Freya » et « Manta » quittaient le mouillage.

Cette nuit blanche m’a permis de me rendre compte de l’incroyable trafic nocturne … à 3 et à 4 heures du matin, les premières pirogues prenaient déjà la mer, toute voile dehors !!

Nous sommes 9 bateaux au mouillage : « Windarra », « Evita », Ceilydh », « Obione », « Sarama », « Freya », « Manta », « S.A.S.³ » et un nouveau venu, « Huhani » (F), mouillé devant la City depuis 8 jours !

Hormis « Evita » et « Huhani », tous les autres bateaux sont arrivés ce lundi ! Ce que nous ignorions c’est que « Windarra » et « Ceilydh » avaient mouillé la veille, dans d’horribles conditions, avec « Obione » et « Sarama », à la « Pointe Ambararata » (Baie de Mahajamba). Quant à « Utopia II » nous avons appris avec stupéfaction, qu’il était remonté sur « Hell-ville » car son fils devait prendre l’avion pour passer un examen scolaire !!!

En début de soirée, nous recevions le contrordre de notre départ : « rien de bon à prévoir avant lundi prochain … » Si nous avions su, nous serions restés tranquillement à « Moramba Bay » mais maintenant, nous ne savons plus trop ce que nous allons faire puisque notre mouillage actuel est loin d’être idéal. Le moral en a pâti un coup …

Mardi 20.

Arrivée à 2 heures du matin, de « Mek Toub » (D) !

Avec sa maestria habituelle, Ann s’était arrangée pour faire livrer au bateau, 250 litres de diesel en jerrycans. C’est lors du remplissage des réservoirs que je me suis rendu compte que nous avions développé une  technique assez au point  qui remonte à l’Indonésie … même si l’opération se révèle toujours aussi délicate avec un pont en teck.

Selon notre jauge, il nous manquait 300 litres … mais avec 250 litres, les réservoirs étaient tous full !! Toujours agréable de savoir que le compteur est remis à zéro et que notre autonomie est à nouveau maximale.

Question programme de navigation, le feu passe du vert au rouge avec une allégresse incroyable ! J’ai à peine le temps de me convaincre qu’il me faudra être patient pour que subitement, une fenêtre que personne n’avait vue, s’ouvre ! J’ai le grand tort de ne pas m’impliquer dans l’analyse des bulletins météos en sorte que je m’en remets entièrement à ce qui m’en est rapporté et c’est un peu l’histoire de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine … c’est selon !

En gros, comme aucune fenêtre météo suffisamment stable et importante ne s’ouvre pour une traversée sur « Richard’s Bay » (1.100 milles), nous opterions pour la politique des petits pas en l’espoir qu’un jour, nous y arriverons quand même. Et quand on pense que « Richard’s Bay » n’est que la première étape d’un long périple jusque « Cape Town », je me demande parfois si nous y arriverons encore cette année !

Nous avons traversé trois Océans et jamais nous n’avons connu une situation météo aussi complexe au point que je me demande si nos hésitations sont fondées … encore que l’idée d’affronter 35 nœuds de vent sur le nez, me donne le froid dans le dos. Jusqu’à présent, nous les avons toujours pris sur l’arrière et déjà là, nous avions trouvé que ce n’était pas triste en ces circonstances !

Ann profita de notre halte forcée pour refaire le plein d’avitaillement en compagnie de « Obione » et  « Sarama » tandis que votre serviteur passa sa journée à transvaser le diesel des jerrycans dans les réservoirs … c’est du boulot d’autant qu’après il faut tout nettoyer si on ne souhaite pas laisser des taches indélébiles sur le teck.

La nuit au mouillage fut beaucoup plus calme que la précédente d’autant que « Freya » n’était plus là pour nous causer des frayeurs …

De nombreux blogs déconseillent vivement d’aller jeter l’ancre devant « Majunga City » en raison de son insécurité et plus encore, durant la nuit. Loin de moi l’idée de remettre en cause ces précieux témoignages mais comme  tout évolue assez rapidement, si l’info n’est pas récente, elle perd beaucoup de sa valeur ! Nous y avons passé deux journées et deux nuits sans jamais ressentir la moindre insécurité.

Mercredi 21.

Livre de bord de la traversée sur « Bazaruto » (Mozambique) : 745 milles.

A 5.30 heures, nous avions levé l’ancre et la GV était hissée peu de temps après … direction « Bazaruto ». Un gros morceau d’autant qu’il nous fallait traverser en oblique le « canal de Mozambique ».

La première partie du trajet nous obligeait à longer la côte jusqu’au « Cap Saint André » qu’il nous fallait « prendre large ». Nous l’avons tellement pris large qu’en finale, nous étions très (trop ?) éloignés de la côte tandis que « Obione » et « Sarama » le rasaient de bien plus près en sorte que « Sarama » prenait, en apparence du moins,  l’avantage sur nous !

Nous nous sommes jamais considérés comme en régate avec « Sarama » (50’) car nous plaçons notre confort à bord avant tout en sorte que chaque nuit, nous réduisons drastiquement la voilure qu’elles que soient les conditions météo … mais nous ne sommes pas persuadés que Patrick de « Sarama » partageait les mêmes vues. Ce qui est certain en tous les cas, c’est qu’il n’a pas arrêté de pinailler ses réglages et son cap pour tirer le meilleur parti des éléments et qu’il s’en est sorti avec les honneurs : il est arrivé avec seulement 4,5 heures de retard sur « S.A.S.³ » tandis que « Obione » est arrivé avec 24 heures de retard.

En fait, « Sarama » est resté constamment dans un rayon d’une vingtaine de milles en sorte que nous sommes restés en liaison VHF permanente … avec des fois, il est vrai,  une liaison un peu limite. Par contre et cela fut très ennuyeux, l’AIS de chaque bateau est resté invisible pour l’autre !!!

Soleil, mer belle, il nous a fallu attendre 13 heures pour enfin profiter de la toile : 11 nœuds de vent réel, angle de vent 85°, vitesse sur l’eau +6 nœuds et 7 nœuds sur le fond.

En cours d’après-midi, le vent a un peu forci jusque 13 nœuds de vent réel pour un angle de 65° … la vitesse dans l’eau et sur le fond se sont égalées à 7,5 nœuds.

En début de soirée, le vent est monté d’un coup à 14 nœuds de vent réel en passant surtout plus au près serré ! Nous prenons immédiatement 2 ris dans la GV pour constater juste après … que le vent réel est retombé à 12 nœuds !! Je ne suis pas convaincu de l’exactitude de la force du vent réel donné par notre B&G tant j’ai l’impression que celle-ci varie avec la vitesse du bateau !

Par la suite, le vent se cassera la gueule totalement nous obligeant à relancer le moteur jusque 3 heures du matin.

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 144 milles.

Jeudi 22.

Jusqu’au lever du jour, nous marchons à la voile, avec un angle de 70° et une vitesse dans l’eau de 4 à 5 nœuds. Avec le jour, nous lâchons les 2 ris de la GV … mais le vent s’estompe ! Nous conservons malgré tout,  une vitesse de +5 nœuds dans l’eau.

Avec surprise, nous relevons l’AIS de « Freya » au mouillage derrière «Nosy Chesterfield ». Nous supposons que « Manta » est également présent puisque nous voyons deux mâts. Selon ce que nous pouvons en savoir, Didier et Denis avaient l’intention de réaliser une plongée sur le site.

« Sarama » est devant nous mais beaucoup plus près de la côte en sorte que selon mes calculs, il est 7 à  8 milles derrière nous, sur la route de « Bazaruto ». Nous entendons encore « Obione » sur la VHF mais lui ne nous entend plus.

A 6.30 heures, la situation était la suivante : vent réel 12 nœuds, angle de vent 90°, vitesse dans l’eau 5.7 nœuds, vitesse fond 5.5 à 6 nœuds.

Nous apercevons à l’écran, un nouveau venu : « Altrove » (I) avec qui nous prenons brièvement contact : il s’agit de Mike et Roby.

A 8 heures : vent réel 13 à 14 nœuds, angle de vent 66°, vitesse dans l’eau 8 nœuds, vitesse fond 7.5 nœuds. La mer est toujours aussi « belle ».

Deux barques de pêche se dessinent sur notre avant. Comme nous continuons de longer la côte à très bonne distance, nous ne connaîtrons aucun problème de cette nature ce qui ne sera pas nécessairement le cas de nos copains …

Nous n’avons pas voulu commettre la même erreur que « Badoc » qui du « Cap Saint André » avait piqué quasiment en ligne droite sur le Mozambique … en rencontrant un courant contraire de 4 nœuds !! Nous ne débuterons réellement la « traversée » qu’à partir du waypoint 17° 20’ S – 43° 14’ E donné par notre routeur.

Par bonheur, j’aperçois sur l’avant bâbord, le souffle d’une baleine.

A 9.15 heures : vent réel 8.5 nœuds, angle de vent 65°, vitesse dans l’eau +5 nœuds, vitesse fond -5 nœuds.

A 10 heures, nous avions remis le moteur et à midi, c’était le calme plat.

A 18 heures, je perçois, totalement stupéfait, l’aileron d’un espadon fendre tranquillement la surface de l’eau en longeant notre bateau !! Un magnifique spectacle qui restera de surcroît, une grande première.

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 146 milles.

Vendredi 23.

A 1 heure du matin, nous avons droit à un coup de vent de 14 à 17 nœuds de vent réel, au près serré (35°) !!

Une demi-heure plus tard, le vent est redescendu à 12-13 nœuds de vent réel … puis à 11-12 nœuds de vent réel avec un angle de 50°.

Le courant n’est ni réellement positif, ni réellement négatif … il évolue beaucoup d’un moment à l’autre.

A 8.45 heures, toute la toile est sortie et nous marchons à 7-8 nœuds dans l’eau. Par contre, la mer de « belle » devient plus « agitée » et on tape de plus en plus dans la vague.

A 12.30 heures : vent réel 10 à 13 nœuds, angle de vent 50°, vitesse dans l’eau 7 à 8 nœuds, vitesse sur le fond 8.5 nœuds.

A 17.20 heures, nous avons perdu le contact VHF avec « Sarama » ! Nous comprendrons le lendemain qu’ils avaient allumé leur feu de navigation LED, en haut de mât, qui perturbe totalement les ondes … nous avons connu le même problème, à l’époque !

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 170 milles.

Samedi 24.

Si la première partie de nuit fut assez agréable avec un vent de 11 à 15 nœuds de vent réel … à partir de 1 heure du matin, nous avons connu une « nuit d’enfer » avec des vents réels de 15 à 20 nœuds pour un angle de vent de 60°. Toutes toiles réduites … nous marchions à 8 à 9 nœuds dans l’eau.

En prenant nos deux ris dans la GV … j’assiste impuissant à notre 6è déchirure au niveau du guindant !! Le côté positif de ces déchirures à répétition c’est que j’en apprends énormément sur le phénomène et aujourd’hui, je n’en incrimine plus que notre système de bosses de ris automatiques. A cette suite, nous pensons de plus en plus sérieusement en revenir au système « classique ».

Depuis le départ, nous verrons nos premiers cargos. Ils ne sont pas nombreux et passent tous à distances respectueuses.

Le vent et la mer resteront « soutenus » jusque 11 heures.

A 17 heures, un vent de panique nous provient de « Sarama » : coup de vent inattendu, au près serré, qui fait penser au pire pour la nuit qui s’annonce. Rien de plus communicatif que la panique …à bord, je me tairai pour ne pas encore l’amplifier mais question « adrénaline », j’étais servi.

A 17.50 heures, nous avons droit à un spectacle extraordinaire : des centaines de petits dauphins passent sous le bateau en venant de notre tribord ! Au matin, nous en avions déjà vu quelques-uns.

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 170 milles.

Dimanche 25.

Contrairement à ce que nous avions craint un certain moment, la nuit fut paisible avec des vents réels de 14 à 18 nœuds … mais avec un angle de vent de 80°qui a fait toute la différence au niveau du confort de route d’autant que la mer elle-même s’est faite beaucoup moins agitée.

A 9 heures, la GV était à nouveau haute … mais à 10.20 heures, nous étions au moteur avec un courant positif de +/- 2 nœuds.

A 14.30 heures, nous sommes à 30 milles de « Bazaruto » : vent et mer se calment de plus en plus. Par contre, avec la marée descendante, le courant est totalement contraire, à l’approche du mouillage.

A 19 heures (18 heures avec la correction de fuseau horaire !), nous laissons tomber la pioche sur un fond de -10 mètres  au beau milieu de vastes étendues d’eau : 21° 32’402 S – 35° 22’971 E.

Par bonheur, le « mouillage » était relativement calme et lorsque « Sarama » nous y rejoindra, je dormais déjà d’un sommeil profond.

 

Commentaires de la traversée sur « Bazaruto » (Mozambique) : 745 milles.

Sur le fond, ce fut une superbe traversée avec des moments de réel plaisir à la voile. Ce qui a sans doute un peu gâché notre bonheur, au moment même, fut certainement l’incertitude liée aux conditions météo extrêmement changeantes.

Bien entendu, nous aurions aimé faire moins de moteur (45 heures) mais ce ne fut pas excessif et nous n’avions surtout aucune envie de traîner en route …

Nous avons joui durant toute la traversée, de conditions de confort extrêmement agréables en sorte que nous avons pu circuler à l’intérieur du bateau, sans la moindre contrainte.

Par miracle, nous sommes arrivés à notre premier mouillage juste avant la tombée de la nuit mais en tout état de cause, l’arrivée de nuit ne pose pas le moindre problème (de surcroît, nous avons eu droit à la pleine lune et à un ciel très dégagé) … en fait, on a même tendance à s’inquiéter que les fonds ne remontent pas assez vite !!

Dommage que nous n’avons pas pu capter l’AIS de « Sarama » ce qui nous aurait permis de le suivre en permanence. En lieu et place, les vacations VHF furent très intensives entre les deux bateaux. C’est un super luxe que de pouvoir être en relation continue avec un autre bateau : c’est tout à la fois, sécurisant et distrayant.

« Obione » nous a raconté que les vacations BLU, étaient incessantes. Il semblerait qu’il y avait foule sur l’eau  mais au vu des arrivées enregistrées à « Bazaruto », il est évident que certains bateaux ont très mal géré cette traversée : « Evita » est arrivé presque 24 heures après « Obione » et « Windarra » est encore arrivé plus tard !!

Le support de notre routeur, Hervé LAURENT (+230.59756277) établi à « Maurice », fut assez déterminant en cette traversée car grâce à lui, nous n’avons jamais tergiversé comme ce fut le cas pour les autres bateaux si nous en croyons les propos entendus par « Obione » et nous avons ainsi gagné un temps fort précieux.

 

Lundi 26.

Notre matinée commença avec l’alarme de notre pompe de douche qui nous fit prendre conscience que celle-ci devait être remplacée … et que nous n’en avions pas en réserve. Shit. Ce n’est sans doute pas une catastrophe mais du même coup, nos éviers et notre douche sont condamnés à l’inaction ! Par chance, nous disposons d’une autre salle de bain sur l’avant.

A la suite de « Sarama » qui jouait à l’éclaireur, nous avons quitté notre mouillage exposé à tous les vents pour nous enfoncer plus profondément  entre les bancs de sable de « Bazaruto ». Une fois n’est pas coutume, nos cartes électroniques étaient exactes ou semblaient l’être du moins.

Nous avions décidé de partir deux heures avant la marée haute au cas où … En fait, je n’ai jamais vu à notre échosondeur, une profondeur inférieure à -9 mètres et le plus souvent, nous avions une vingtaine de mètres d’eau sous la coque !

La marée étant montante, un fort courant nous poussait mais ce même courant faisait dévier le bateau au niveau de la chicane en manière telle que pour rester sur la trace de nos copains, il nous a fallu impérativement marcher en crabe !

J’avais les yeux rivés sur l’échosondeur … laissant à Ann le soin de contrôler notre trajectoire sur la carte Navionics de son Ipad (ces cartes sont beaucoup plus fiables que les cartes MaxSea ou Open CPN).

A hauteur de la « Ponta Gengare » (21° 39’ 040 S – 35° 25’ 959 E), nous avons jeté l’ancre par -9 mètres de fond … mais lorsque nous avons déballé nos 60 mètres de chaîne, notre échosondeur indiquait – 20 mètres !!! Nous avons donc réessayé avec succès, un peu plus loin. Les fonds sont très irréguliers et il faut se méfier des variations aussi brusques qu’importantes.

Le moteur étant bien chaud (nous avons quand même attendu une bonne demi-heure pour nous assurer de la bonne tenue de notre ancrage), nous avons procédé à l’entretien de notre moteur principal. Quand nous avons quitté « Majunga City », j’avais constaté avec horreur que l’heure de l’entretien sonnait 20 heures plus tard …

L’entretien du moteur principal est déjà un travail beaucoup plus conséquent que celui du groupe électrogène mais cette fois-ci, nous avons eu droit à un véritable cauchemar !! Evidemment quand on ne se rappelle plus le sens de dévissage des deux gros filtres à huile et que l’on se trompe de sens, c’est la catastrophe assurée : les filtres se sont crevés et c’est une quantité non négligeable d’huile qui a giclé un peu partout … Notez que raconté comme cela, on ne pourrait parler tout au plus que d’un banal incident mais il faisait nuit noire quand nous en avons eu terminé !

Toute notre soirée fut consacrée à guider, par VHF, « Obione » qui avait décidé de venir nous rejoindre à notre second mouillage … malgré la nuit ! En ayant son AIS sur notre écran, il nous était facile de l’orienter et de lui faire suivre notre propre trace. Par malchance, la marée était descendante et Michel a dû faire face à un terrible courant contraire qui faisait ressembler son bateau, à un escargot. Nous sommes allés nous coucher sur le coup de minuit !

Mardi 27.

Vers 3 heures du matin, le courant s’est inversé et du même coup, le bateau a tourné de 180° pour exposer sa poupe aux vagues ! Si la proue est effilée pour fendre la vague, notre jupe arrière est particulièrement large et imposante que pour lui  offrir une grande surface d’exposition. Il en résulta un double mouvement : dans un premier temps, la jupe se lèvait pour retomber dans la vague, avec un fracas d’enfer  – dans un second temps, elle était totalement inondée avant  de remonter à la surface en évacuant bruyamment toute son eau. C’est tout simplement infernal au point de parvenir à me réveiller (!!) et cela dure un temps infini …

Nous avons déjà connu ce phénomène mais jamais en des conditions de mer aussi musclées !! Effectivement, notre mouillage de « Ponta Gengare » qui nous paraissait si idyllique lorsque nous y étions arrivés en début d’après-midi, fut beaucoup plus mouvementé par la suite en raison d’une augmentation sensible du vent de Sud. En cours de journée, ce même vent est monté jusque 35 nœuds !

Alors que nous allions prendre notre petit déjeuner, « Sarama » nous raconte qu’un pêcheur local était venu lui demander de déplacer son bateau car il comptait jeter son filet précisément  là où il était ancré ! Face à l’absurdité – toute en apparence – de la requête, Patrick a fait la sourde oreille et le pêcheur est reparti fort mécontent.

Une dizaine de minutes plus tard, notre pêcheur est revenu avec quatre autres personnes, percuter bruyamment la coque de « Sarama » et  préciser qu’il comptait jeter ses filets « ici et maintenant » ! Patrick ne s’est pas fait prier une seconde fois et a immédiatement levé l’ancre … les locaux ne parlent que le portugais et ne comprennent pas l’anglais.

En observant la technique de pêche utilisée, on comprend mieux la réaction du pêcheur : une barque part de la plage vers le large, largue ses filets puis se rabat vers la plage. A chaque extrémité du filet ainsi déployé, un groupe de villageois tire, de la plage, le filet. Ils opèrent juste avant et juste après le changement du courant, à marée basse.

Sur ces entre-faits , « Obione » décide d’ancrer plus près de la plage et en passant tout près de notre bateau,  attire notre attention sur le fait qu’il n’a plus que 4 mètres d’eau alors que la marée est encore descendante et qu’il s’agit de fortes marées !!! Avec un marnage de 4.5 mètres, nous savions en ancrant que nous n’aurions plus que -5m. à marée basse mais de le voir donne une toute autre perception des choses et surtout, les fonds ne sont pas réguliers comme en témoigne la profondeur indiquée par « Obione » !!

Craignant qu’en tournant de 180°, le bateau n’ait plus assez d’eau du côté « plage » … avec l’impossibilité conséquente de ne plus pouvoir relever l’ancre fiché dans des profondeurs trop faibles, nous avons immédiatement pris la décision d’aller ancrer un peu plus au large.

En fin de matinée, « Sarama » se décidait pour un mouillage situé 4-5 milles plus au Sud ! Ce n’est pas que la protection y était meilleure mais en amateurs de bons restaurants, Patrick et Fabrice souhaitaient aller dîner à l’hôtel 5* qui leur avait été renseigné. Il leur a quand même fallu l’autorisation spéciale du gérant pour y être admis …

Alors que les conditions de mer étaient encore praticables, « Obione » est venu chercher Ann avec son annexe pour aller brûler sur la plage, avec l’aide de locaux, nos poubelles. Si l’opération fut une réussite (tout est bien parti en fumée) … le retour au bateau fut une autre partie de plaisir !

Arrivée de « Evita ».

La mer devenue plus houleuse, ballotait la petite annexe de Michel lorsque son petit moteur cala une première fois ! L’annexe n’était plus qu’à  une cinquantaine de mètres de « S.A.S.³ » que déjà le vent et le courant l’emportaient au large, comme un fétu de paille. Tandis qu’Ann et Maël pagayaient avec entrain mais sans grand résultat, Michel essayait de relancer son moteur.

L’annexe se rapprocha à nouveau du bateau avant que le moteur ne cale une seconde fois. De loin, on aurait pu croire qu’un fil invisible me reliait à l’annexe et que je jouais au yoyo avec elle.

Quand il est apparu que malgré toutes les tentatives de Michel, son moteur ne redémarrait plus, il m’a bien fallu admettre l’évidence : il allait falloir désangler notre annexe, la descendre dans la mer écumeuse et aller les chercher. Pas si anodin qu’il y paraît car vu le poids de notre annexe (+250 kg), l’opération ne se révélait pas sans risque de fausser tout le mécanisme de levage, sans oublier le risque de chavirage lors de la mise à l’eau.

N’écoutant que mon courage entrecoupé de quelques jurons bien sentis à l’encontre de l’adversité qui me jouait un tel tour de cochon, je suis parvenu à mes fins, sans rien casser, ni chavirer.

Rejoindre nos infortunés et ramener tout le monde à bon port fut un peu sportif … et nous avons dû tous nous changer de pied en cape tant nous étions trempés. Nous avons attendu la fin d’après-midi  et une petite amélioration des conditions de mer et de vent pour oser remonter l’annexe à bord !

Après cet épisode, tout le monde est resté sagement chacun chez soi …

Arrivée vers 20 heures de « Windarra ».

Mercredi 28.

Journée suffisamment venteuse pour décider de suivre prudemment le conseil de notre routeur, d’attendre jeudi pour reprendre notre route. Encore qu’à certains moments, l’illusion d’une mer belle et tranquille, donnait envie de partir immédiatement.

« Sarama » ayant évoqué l’idée de passer par la passe Sud, réputée infranchissable par certains et dangereuse par d’autres, toute la journée a tourné sur cette question : fallait-il oui ou non suivre « Sarama » en cette tentative ? Sur base de savants calculs, l’option de la passe Sud faisait  économiser 34 milles !

« Obione » n’a pas tardé à faire son choix en nous quittant pour rejoindre « Sarama » et tous deux passèrent la nuit en compagnie des catamarans sud africains « Quo Vadis » et « Adventum », à « Bobs Bay » sur l’île de « San Antonio ».

Pourquoi ne pas les avoir suivis ? Très certainement parce que « chat échaudé craint l’eau froide ».Nous avons déjà eu notre lot de mésaventures et «S.A.S.³ » possède ses caractéristiques propres.  Par ailleurs, avant que les deux bateaux ne franchissent les deux passes, il n’y avait aucune certitude quant à l’exactitude des cartes. Enfin … il y a des skippers plus téméraires que d’autres.

Jeudi 29.

Bazaruto (Mozambique) – Richard’s Bay (Afrique du Sud) : 521 milles. 

4.30 heures du matin … le jour était déjà levé et sans tarder, nous avons relevé l’ancre : nous avions 521 milles à parcourir pour rejoindre « Richard’s Bay » avant le coup de chien prévu pour lundi prochain aux aurores (plus de 50 nœuds de vent !).

Sans doute parce que nous descendons plus bas en latitude, je constate – avec plaisir – l’allongement des journées ! Fini pour un temps, le 12 heures de jour/ 12 heures de nuit.

« Evita » et « Windarra » levaient l’ancre à notre suite.

En optant pour la passe Nord, il nous fallait revenir sur nos pas entre les bancs de sable.

Une fois le « Canal de Mozambique » rattrapé, nous avons longé la côte en nous éloignant de celle-ci … à la recherche d’un courant favorable qui nous a fait le plus souvent défaut !!!

Jusqu’aux environs de midi, nous avons eu à faire face à une houle de Sud plutôt désagréable avec un vent de Nord un peu faiblard … en bref, nous n’avons pas hésité à marcher au moteur : le chrono tournait !

Début d’après-midi, le vent se positionne au S.E. et forcit jusque 17 nœuds de vent réel. L’occasion était trop belle d’autant que la mer s’était totalement calmée. Toutes voiles dehors, nous marchions à plus de 9 nœuds avec un angle de vent de 70° : le méga pied.

Vers 16 heures, nous avons dépassé « Obione » et vers 19 heures, nous étions sur les talons de « Sarama ». C’est là que j’ai connu notre première déconvenue : comme le vent avait fortement molli, nous avons relancé sans hésiter le moteur tout en suivant fidèlement les directives de notre routeur … alors que « Sarama » répugnant toujours autant à mettre le moteur, essayait de reprendre un peu de vitesse en remontant au vent et en s’éloignant du même coup, de la « route idéale ».En toute bonne logique, nous aurions dû le dépasser  allègrement … mais au lieu de cela, il continua de nous narguer toute la nuit !!

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 178 milles.

Vendredi 30.

La nuit fut horrible pour tous les équipages tant les conditions de mer s’étaient dégradées et que le vent n’arrêtait pas de jouer aux « filles de l’air » ! Les conditions météo et de mer sont terriblement changeantes et le vent passe du Nord au Sud avec une légèreté déconcertante.

Notre traversée sur le « Mozambique » au départ de « Madagascar », fut un réel plaisir … par contre, notre descente sur l’Afrique du Sud avec notre épée de Damoclès, relève du « convoyage », un très assommant convoyage même. Bien entendu, nous aurions pu faire des efforts comme nos copains pour tenter de marcher davantage à la voile mais nous n’avions aucune envie de nous farcir les 25 nœuds de vent de Nord prévus pour le dimanche et les 50 nœuds de vent de Sud annoncés pour le lundi et le mardi !

J’ai toujours eu le sentiment que les 25 nœuds de Nord prévus pour le samedi, étaient trop optimistes ! En fait, « Sarama » a connu, en matinée,  + 30 nœuds et « Obione », dans le courant d’après-midi,  a même connu un coup de vent à 42 nœuds qui lui a causé pas mal de casse !

Après avoir passé toute notre nuit à prendre et enlever des ris, nous avons une bonne fois pour toutes, décidé de ne plus lâcher nos deux ris dans la GV jusqu’à notre arrivée à « Richard’s Bay » ! Bien nous en a pris car en milieu de journée, nous nous faisions surprendre par un solide grain avec des pointes de vent réel à 40 nœuds !! En voulant choquer notre GV bordée à fond puisque nous étions au moteur, Ann et moi, nous avons pris notre seconde douche de la journée …

Qu’elle ne fut pas notre surprise de revoir l’AIS de « Altrove » (I) qui poursuivait toujours aussi tranquillement (3 nœuds) sa descente sur « Richard’s Bay » !! Nos copains n’avaient fait aucune escale et avaient fait face au mauvais temps sans broncher !! Toutefois, après les avoir informés du coup de vent à 50 nœuds attendu pour le lundi matin, ils se sont immédiatement déroutés pour le mouillage situé à l’entrée de « Maputo ». Selon « Badoc » qui y a fait escale, le mouillage est infecte …

En fin de journée, nous parvenions, enfin, à distancer « Sarama ». Un vrai sparadrap nos copains !

La nuit si je m’en souviens correctement, fut très calme et nous permit de dormir un peu. Ce « convoyage » fut tellement monotone que je n’ai pas eu le goût de prendre des notes pour la rédaction ultérieure de mon article !

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 155 milles.

Samedi 31.

Je dois bien avouer que j’ai pensé plus d’une fois que ce foutu samedi n’arriverait jamais !! «  Richard’s Bay » ne nous apparaissait enfin plus comme un mirage mais comme une réalité que nous pouvions toucher du bout des doigts.

Je ne me rappelle rien de bien spécial quant à cette journée sauf que j’ai terminé mon second roman de la croisière !!

La nuit ne fut pas très agréable car en se rapprochant des côtes, notre vigilance était sollicitée … et comme pour la justifier, un gros connard de pêcheur ne trouva rien de mieux que de nous foncer carrément dessus … alors qu’il nous croisait en sens inverse ! Bien qu’il ne s’agisse pas d’un incident exceptionnel, cela faisait quand même depuis plusieurs mois que nous avions eu la paix de ce côté-là.

Le vent de Nord n’ayant rien trouvé de mieux que de forcir durant la nuit jusque 23 nœuds, nous avons été obligés de réduire l’allure de notre moteur pour ne pas arriver de nuit … et bien évidemment, nous avions droit à un courant positif de 2 nœuds ! Pour une fois, on s’en serait bien passé …

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 188 milles.

Dimanche 01.

A la fine pointe de l’aube, nous avons réalisé notre approche de l’entrée du port commercial de « Richard’s Bay ». « Pakia Tea » dont nous étions sans nouvelles depuis longtemps, nous a doublement surpris : en étant tout d’abord déjà sur place et en ayant jeté l’ancre près de la côte !!

Nous n’avons pas essayé de le rattraper après qu’il se soit remis en mouvement car je ne souhaitais pas être encombré par lui lors de nos manœuvres de port.

J’ai été très impressionné par la largeur et la beauté du chenal d’accès aux quais de commerce (balisé seulement à partir des jetées d’entrée). Deuxième à droite, deux bouées jaunes signalent le chenal d’accès à la marina. On ne peut trouver signalisation plus claire.

Ann veut relancer le groupe nécessaire au fonctionnement de nos propulseurs … plus le moindre contact !! Petit moment de panique à bord … devons-nous envisager nos manœuvres de port sans propulseur, comme au bon vieux temps ??? J’ai bien vu le moment où je n’aurais pas d’autre alternative !

En finale, c’est Ann qui a pensé à … la batterie ! Nous avions déjà connu un problème identique lors de notre arrivée aux « Tonga » … encore fallait-il s’en rappeler d’autant que la batterie en cause a été remplacée en juin !

Le groupe relancé, les propulseurs abaissés, c’est la « Marie Salope » locale qui en sortant, nous a obligés à faire demi-tour ! Elle a son emplacement sur le mur extérieur de la marina.

Depuis que nous avons « S.A.S.³ », nous nous annonçons toujours  bien à l’avance et en le cas précis, nous avions même une réservation que nous avions fait confirmer lors de deux appels téléphoniques. Cause toujours, tu m’intéresses … même pas de comité d’accueil et aucune indication quant à notre emplacement réservé. La seule chose que nous avons obtenue du préposé de la marina de « Tuzi Gazi » atteint par VHF, était de prendre une place au « quai international » … sauf qu’il n’y avait aucune place de libre !

Bien entendu que nous nous y attendions mais quand on arrive pour la première fois dans une marina, c’est toujours déroutant. Par bonheur, en ayant forcé sur le moteur durant toute la navigation, nous sommes arrivés que le vent ne s’était pas encore levé.

Pas question de prendre un emplacement à la marina où nous disposions d’une réservation toute théorique car nous avons compris du premier coup d’œil, que les pontons n’auraient supporté ni la taille, ni  le poids de « S.A.S.³ ».

Aussi, nous nous sommes amarrés à la vedette de la Police pour permettre à Ann d’aller aux informations. L’endroit m’a paru sordide (il était encore très tôt) et j’étais bien décidé à n’y rester que le minimum de temps nécessaire.

Le nombre de bateaux « connus » est incroyable … c’est assez simple : tous les bateaux dont nous étions sans nouvelles, sont là ! Jamais vu une telle concentration et encore, il y a une seconde marina, « Zululand Yacht Club »,  au premier embranchement, à droite !

Le plus surprenant encore fut de découvrir la présence de « Happy Bird » (Nl) ou de « Minnie B » (GB) en provenance directe de l’île de la « Réunion » !! Comment ont-ils pu trouver une fenêtre météo pour une traversée de plus de 1.600 milles ???

Selon ce qu’on a pu en apprendre, la traversée fut très rude avec des vents de 35 nœuds en permanence ! « Ironhorse » (GB) n’y a pas réchappé (mât cassé, problème de manœuvrabilité) et leurs occupants, Rose & Alfred âgés de 70 ans, ont été récupérés par un cargo à destination de « Singapour »,  nous apprend la presse réunionnaise.

Parmi cette foule de bateaux « connus » … « Badoc », « Lady of Lowlands » « Amigo » et « Galatea » qui forment désormais un groupe.

Qui en a eu l’idée ? Quelqu’un  a-t-il  pensé nous sortir du pétrin en agissant ainsi ? Je l’ignore mais toujours est-il que deux heures plus tard, tout le groupe partait pour l’autre marina, nous laissant du même coup, une superbe place le long du « quai international » … qui ne fait pas partie de la marina comme nous l’apprendrons le lendemain.

Une fois de plus, nous avons connu un franc succès avec notre bateau … tout le monde était en extase.

Sur le coup de midi, « Sarama » faisait son entrée dans la marina et allait s’amarrer à la place laissée vacante par « Lady of Lowlands » c’est-à-dire en bout de bassin. Sans doute pas la meilleure place mais pas non plus, la plus mauvaise, Patrick et Fabrice sont d’ailleurs parvenus à amarrer leur bateau en manière telle qu’il ne touche pas le quai !

Passage de la Police qui a enregistré notre présence. Contrairement à tous les autres endroits que nous avons visités, ici à « Richard’s Bay », les autorités se déplacent jusqu’à la marina mais on ne sait jamais quand … Par contre, pour les formalités de sortie, il faut se déplacer jusqu’à leurs bureaux.

En fin d’après-midi, « Obione » faisait une entrée remarquée et venteuse dans la marina. Nous n’aurions jamais osé parier que Michel parviendrait à « Richard’s Bay » avant la tempête ! Chapeau pour sa détermination et son courage.

Entre-temps et comme nous étions dimanche, la foule se pressait aux établissements qui bordent les infrastructures. Il y avait beaucoup d’ambiance et le vent en tombant, rendit la soirée délicieuse … difficile d’imaginer ce qui allait nous tomber sur la tête le lendemain bien que tout le monde s’y prépara le plus consciencieusement du monde.

Lundi 02.

Après une excellente nuit de sommeil, nous nous sommes réveillés alors que le vent soufflait déjà en tempête (52 nœuds à certains moments) mais nous n’en avions pas encore pris conscience. Il semblerait que la tempête a débuté dès 4 heures du matin.

Le désastre ne toucha pas notre bassin (quai en béton) même si  les amarres furent soumises à de rudes tractions, mais la marina adjacente de « Tuzi Gazi » où en deux endroits, le ponton s’est carrément soulevé voire renversé !! Il y a 5 bateaux qui ont subi des dégâts à des degrés divers … et bien entendu, il est spécifié que l’amarrage à la marina s’effectue aux risques et périls du plaisancier ! Ben voyons … pourquoi se priver.

Il était facile de se rendre compte de l’extrême légèreté des pontons rien qu’en s’y baladant … quant aux catways, ils sont tellement brinquebalants qu’il y a péril à vouloir monter sur son bateau, par le côté !! Toutefois et c’est cela qui  reste un mystère, c’est aux endroits que l’on aurait pensé les plus « renforcés » c’est-à-dire  en fond de marina et aux intersections entre deux pontons que la casse s’est produite !!

Selon les locaux, on enregistre deux à trois tempêtes de cette force, par an et bien évidemment, nous y avons eu droit … événement naturel « exceptionnel » comme lors de notre arrivée à la marina de « Taïna » (Tahiti) ou à celle de « Port Caudan » (île Maurice) : nos arrivées en marina ne nous réussissent généralement pas trop ! Le problème est qu’après cette tempête, une autre (moins forte, on espère) lui succédera dans quelques jours …

De très nombreuses tuiles des immeubles environnants se sont également envolées.

Une autre conséquence désagréable de la tempête fut une poussière noire qui a recouvert tous les bateaux et envahit les intérieurs quand par malchance, un hublot était resté ouvert ! Notre lit était couvert de poussière à notre réveil car nous avions laissé nos capots de pont bien ouverts durant la nuit, en raison de la chaleur ! Depuis lors, les températures ont nettement chuté.

Passage de la douane et de l’immigration. Un précieux conseil : ne partez pas faire un tour du monde sans vous avoir confectionné un cachet pour votre bateau et plus encore, sans avoir à bord une photocopieuse !!

Le soir, « Obione », « Sarama » et « S.A.S.³ » se retrouvaient au restaurant.

Mardi 03.

Le vent est descendu d’un bon cran mais il faudra réellement attendre le soir pour voir la fin de la tempête. Tout le bateau est dégueulasse de dégueulasse. A cette suite, « Sarama » inaugurera le mouvement en arrosant copieusement son pont (interdiction de savonner dans le bassin !) … pour se faire engueuler par un des « clodos de la mer » qui squattent le bassin ! Il paraît que nous sommes en période de pénurie d’eau … toujours pénible de se faire admonester par le quidam qui s’imagine être investi de pouvoirs qu’il ne possède pas.

A « Richard’s Bay », les clodos de la mer sont légion … ce qui n’est guère étonnant puisque par suite d’une particularité locale, ils ne paient rien pour leur emplacement au quai et que de surcroît, ils y disposent de l’électricité et de l’eau gratis !!!

Un problème en chasse un autre : nous en avons temporairement fini avec la tempête ce qui est une excellente chose mais nous nous faisons maintenant du souci quant à la possibilité de maintenir notre emplacement actuel !

A y regarder de beaucoup plus près, cette portion du quai dénommée « international mooring » est réservée aux bateaux arborant le pavillon jaune (= demande le passage de la douane) pour la période nécessaire aux formalités d’entrée dans le pays.

En toute bonne logique, nous (trois bateaux concernés par la question) devrions libérer le quai pour les nouveaux arrivants … mais pour aller où dès lors que la marina « Tuzi Gazi » est sinistrée et que la marina « Zululand Yacht Club » que nous avons été visiter cet après-midi, affiche « complet »  et ne sait déjà pas ce qu’elle va faire avec l’arrivée en fin de semaine, des 14 bateaux de l’ARC qui sont actuellement à la pointe Sud de « Madagascar ».

En clair, depuis le passage de la tempête, c’est le pur bordel et chacun hésite quant à la bonne décision à prendre : « Evita », « Badoc » et sans doute « Obione » vont sortir leur bateau de l’eau le temps de retourner au pays et de revenir quand les conditions météo seront plus stables. La plupart des autres bateaux ont pris l’étonnante décision de rester à la marina sinistrée … parce que la marina « Zululand Yacht Club » est un trou perdu et qu’il n’y a pas de place !

Pas de possibilité pour nous, de sortir le bateau de l’eau, pas d’autre emplacement envisageable pour la taille et le poids de notre bateau … que reste-t-il ? Profiter de la prochaine fenêtre météo pour rejoindre « Durban » dont personne ne dit le plus grand bien au point que peu de monde y fait escale … se mettre à la bouée devant la marina de « Zululand Yacht Club » si tant est que l’on puisse encore en trouver une de libre ! Comme nous nous le disons souvent entre plaisanciers : « le pire, c’est qu’au pays, ils pensent qu’on s’amuse ! »

Nous sommes tous fort déçus par nos premières impressions de l’Afrique du Sud : nous pensions trouver à « Richard’s Bay », des installations portuaires dignes de ce nom où nous aurions pu laisser en toute sécurité le bateau … le temps de visiter les parcs nationaux ou de rentrer au pays. Nous commençons dès lors à nous poser beaucoup de questions pour la suite de notre descente sur « Cape Town ».

Le soir, une réunion d’informations était organisée par la marina « Zululand Yacht Club » où nous apprenions que pour des bateaux de 50 pieds et plus, il ne fallait pas espérer trouver une marina avant « Cape Town » !! Comme on dit par chez nous : « on n’est pas un peu dans la merde ! »

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Responses

  1. « Sarama » (50’) car nous plaçons notre confort à bord avant tout en sorte que chaque nuit, nous réduisons drastiquement la voilure qu’elles que soient les conditions météo … mais nous ne sommes pas persuadés que Patrick de « Sarama » partageait les mêmes vues. Ce qui est certain en tous les cas, c’est qu’il n’a pas arrêté de pinailler ses réglages et son cap pour tirer le meilleur parti des éléments et qu’il s’en est sorti avec les honneurs : il est arrivé avec seulement 4,5 heures de retard sur « S.A.S.³ » tandis que « Obione » est arrivé avec 24 heures de retard.

    PAPA…. tu n’as pas pu t’empecher!! 😀
    Je te reconnais bien la!


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