Publié par : Ann & Stéphane | 19 septembre 2015

07 au 17.09.2015 – Le Nord de Madagascar.

Lundi 07 – Baie de « Diego Suarez ».

Sur les recommandations de Michel (hôtel 20° Sud – Grand Baie), nous avons mouillé l’ancre à un peu plus d’un ½ mille du rivage, sur un haut-fond de -10 mètres, le « banc d’Orongea », situé à gauche en rentrant dans la baie. Le grand avantage de la situation est que nous n’avons pas à nous soucier de la direction du vent … nous ne sommes protégés d’aucun côté !

Nous pensons de temps en temps changer de mouillage mais pour aller où  … c’est, semble-t-il, partout la même situation et puis, et puis, nous sommes tellement éloignés de la côte que notre sécurité nous semble mieux garantie !!

Comme déjà la veille, nous avons été contactés par deux fois, via la VHF, par les autorités locales, nous ne pouvions postposer davantage l’accomplissement de nos formalités d’entrée dans le pays. Mais comment s’y prendre alors que nous sommes à l’ancre à plus de 3 milles de « Antsiranana » (plus connu sous le nom de « Diego Suarez ») ?

Après avoir examiné plusieurs possibilités dont celle de déplacer « S.A.S.³ » jusque là pour la journée (selon les blogs consultés, c’est la nuit et aux abords des villes que l’insécurité règne), nous avons finalement pris la décision d’y déposer Ann avec l’annexe et de revenir immédiatement au bateau avant que le vent ne se lève et ne rende trop dangereuse la navigation de retour.

Comme nous nous sommes couchés avec les poules … nous nous sommes levés avec les poules. Sans tarder, nous avons descendu l’annexe et nous nous sommes mis en chemin. Cela nous a pris un bon dix minutes pour atteindre le petit port de commerce. Durant le trajet et malgré une mer peu formée, il nous a quand même fallu de temps en temps, nous accrocher ferme pour ne pas valser à l’eau !

Une fois sur place, nous avons eu toutes les difficultés pour trouver un endroit pour débarquer !! Mais à force de tâtonner et nous être renseignés à gauche et droite (on parle français à Madagascar … ancienne colonie), nous nous sommes glissés entre l’arrière de deux petits cargos et d’un gros remorqueur et avons trouvé un escalier en pierre. Impossible à deviner s’il ne nous avait pas été renseigné par un marin d’un des cargos.

Pour être protégé du fetch (pas du vent), on l’est assurément mais outre qu’il n’y a aucun autre bateau de pêche ou de plaisance, que la tenue y est mauvaise et dangereuse en raison de la présence d’épaves, que le décor est lugubre (zone commerciale et militaire) et que la nuit, nous ne serions assurément pas en sécurité … l’eau y est trop glauque pour notre déssalinisateur.

Sur le retour, je suis passé voir la « anse Melville » située à l’opposée du port et où quelques bateaux sont ancrés. Y débarquer ne semble pas aisé car le mouillage est bordé par la mangrove et l’endroit m’a paru aussi glauque que son eau. A chacun ses goûts évidemment …

En modérant ma vitesse, j’ai pu rejoindre le bord, non, sans quelques petites frayeurs.

Le vent est maintenant bien établi à 25 nœuds (supportable) avec des rafales jusque 35 nœuds (stressant surtout quand le bimini se met à battre la mesure) et c’est comme cela, parait-il, tous les jours !! Mais bon Dieu qu’est-ce qui nous a pris de quitter « Grand Baie » avec ses petites rafales de vent et son fetch insignifiants … pour ce trou du cul du monde plus proche de l’enfer que du paradis !! Enfin, je me console en me répétant toutes les minutes qu’il faut en passer par là si on veut éviter pire encore en passant par le Sud de « Madagascar » pour rejoindre l’Afrique du Sud.

Ce matin, je me surprenais à attendre l’arrivée du vent avec un certain soulagement !! Non, non, je ne suis pas fou et vous avez bien lu mais entre deux maux, on hésite parfois … en l’absence de vent fort, le mouillage est quelque peu rouleur ce qui peut surprendre dès lors qu’il s’agit d’une baie très fermée.

Autrement, le décor quoi qu’un peu « lunaire », est grandiose et la petite localité de « Ramena » située juste en face du bateau, est assez colorée.

Réaliser les formalités d’entrée dans le pays, relève du vrai parcours du combattant (la journée y passera carrément) … que Thierry, l’employé de « Stéphane », aura patiemment accompli pour nous tandis qu’Ann sirotait une boisson fraîche sur la terrasse.

« Stéphane » nous a été renseigné par Michel (hôtel 20° Sud – Grand Baie) comme l’homme de toutes les situations à « Madagascar ». Nous ignorons l’étendue de son pouvoir sur l’île mais, ici dans le Nord, il y est comme un Roi. A l’heure des présentes, je n’ai toujours pas eu le plaisir de le rencontrer mais Ann me rapporte que le personnage est d’une gentillesse incroyable et sa demeure, un petit palais colonial. Ce qui ne gâche rien … il dispose d’un bungalow à « Ramena ».

Avec la tombée de la nuit, le vent mollit dans les 15 à 20 nœuds mais le roulis fait son apparition !! Par bonheur, en milieu de soirée, celui-ci s’estompe quasiment totalement et la nuit est douce et agréable. Toujours pas compris pourquoi le vent mollissait alors qu’à l’extérieur de la baie, il ne faiblit aucunement …

Mardi 08.

Dès 7 heures, le vent se renforce et avant qu’il n’atteigne sa force maximale … Par la suite, le vent soufflera en force avec quelques amollissements temporaires en cours d’après-midi. A chaque fois, on se laisse prendre en pensant que le vent va mollir jusqu’au lendemain et puis immanquablement, il redonne de la voix jusqu’à la tombée de la nuit.

Que faire d’autre en ces circonstances, si ce n’est se réfugier dans la lecture ! Il semblerait que ce week-end voire tout début de semaine prochaine, nous aurions une large fenêtre météo pour passer le « Cap d’Ambre » et ainsi nous extraire de ce piège à rats. A voir.

Mercredi 09.

Réellement impressionnant la régularité avec la quelle le vent souffle en tempête en cet endroit ! Pour le surplus, notre « fenêtre météo » se réduit déjà à peau de chagrin en sorte que je me pose la question de savoir combien de temps nous allons devoir subir tout cela avant de prendre la clef des champs ? Cela sent bon l’optimisme …

Ann a généreusement recomposé notre bibliothèque avant de partir en manière telle que je pense que nous pourrons tenir un petit siège … mais après ?? Je me demande si je ne me mettrais pas à la lecture de la Bible … encore que le Coran est plus à la mode !

15 heures … arrivée de « Evita » (Moody 44’ battant pavillon anglais que nous avions eu comme voisin à « Grand Baie »). Toute la famille était partie pour « La Réunion » qu’ils ont quitté ensuite pour « Sainte Marie » située au beau milieu de la côte Est de « Madagascar » et enfin, « Diego Suarez ». Nous voilà délivrés de notre isolement même si « Evita » est allé jeter l’ancre devant le port commercial.

15.30 heures … arrivée de « Lop To » (D) que nous avons également eu comme voisin à « Grand Baie ». Décidément … c’est Byzance aujourd’hui !

Jeudi 10.

Incroyable comme toute une région peut être à ce point, balayée constamment par les vents !! Il faut le vivre pour le croire. A terre évidemment, le ressenti n’est pas du tout le même.

Journée « lecture » sans autre divertissement ! Certes, il y aurait beaucoup de choses à faire à bord mais en des conditions tempétueuses comme celles que nous connaissons, l’envie est coupée à la racine. Le seul moment un plus détendu de la journée reste la soirée … encore que ce soir, il aura fallu attendre plus longtemps que d’habitude pour voir le vent s’essouffler un peu !

Tous les jours, nous avons droit à «l’heure de roulis » mais le moment se décale de jour en jour au point que j’en arrive à me demander s’il n’est pas lié au changement de marée. A priori, non !

Nous avons reçu des nouvelles de « Obione » (F) en pleine traversée de « l’Indien » : Michel et Maël sont terrés à l’intérieur de leur voilier de 11.20 m. car les vagues balaient le pont toutes les dix minutes, des rafales de vent à 40 nœuds, une mer démontée … le classique en somme. Parfois, je me demande si le récit un peu trop (idyllique) de certaines traversées n’est pas davantage le fait du caractère trop optimiste de ceux qui le racontent : on oublie extrêmement vite un mauvais moment et suivant le caractère, on peut même arriver à le dénier ! C’est pourquoi, j’ai toujours pris le parti de relater les événements avec le plus d’objectivité et de froideur possible.

Vendredi 11.

Il semble se confirmer que nous pourrions nous extraire de notre prison, dimanche matin. Si c’est le cas, nous partirons avec le lever du jour : c’est le moment de la journée où les vents sont les plus faibles. De l’autre côté de l’île, nous devrions connaître des conditions plus agréables : l’espoir fait vivre ! Je finis par devenir méfiant à l’égard de tout ce qui m’est raconté : oui c’est superbe « Madagascar » mais tout le monde a oublié de parler du vent et du fetch …

Nous avons quelques relations VHF avec « Evita » et « Top Lo » qui sont tous les deux ancrés, devant le port commercial. Ils semblent ravis de leur mouillage à l’exception de l’eau et du vent au point que je regrette de ne pas les y avoir rejoints … mais plus le temps passe et moins il y a encore de l’intérêt. « Top Lo » a d’ailleurs annoncé son intention de nous rejoindre demain après-midi en vue de leur départ de dimanche matin.

Samedi 12.

En nous réveillant ce matin, on aurait pu croire que le vent était tombé … mais une fois le nez dehors, il était malgré tout encore bien là. Comme nous avions déjà décidé de profiter de cette journée pour nous rendre à « Diego Suarez » sur base d’une météo annonçant un affaiblissement croissant du vent, nous avons mis l’annexe à l’eau sans trop traîner et nous sommes partis.

Avec le vent et les vagues 3/4 arrière, le trajet fut plutôt agréable même si malgré tout, on se rend compte bien rapidement qu’elle ne fait que la taille qu’elle a … soit 13 pieds ou 3.96 mètres.

Un grand bâtiment de guerre espagnol occupait tout le quai de déchargement des conteneurs tandis que « Evita » et « Lop To » étaient mouillés devant la petite rade militaire.

Christine & Helmuth de « Lop To » se trouvaient justement dans leur annexe, en conversation avec « Evita ». Ces derniers s’étaient vus voler leur annexe durant la nuit …

Laissée à l’eau derrière le bateau, le câble métallique censé la protéger, a été cisaillé. Par bonheur, ils ont retrouvé l’annexe mais le moteur et tout l’équipement avaient disparu. Négligence ou trop grande confiance, il est toujours aisé de réécrire l’histoire … nous ne jugerons donc certainement pas mais cela nous met un peu de baume au cœur après la semaine venteuse que nous venons de subir loin de tout et de tout le monde.

Pour aller à terre, nous avons profité de l’annexe de « Lop To » qui se rendait au marché … en laissant notre annexe à la surveillance de « Evita ».

Nous avons parcouru, Ann et votre serviteur, la « rue principale » sur laquelle notre copain « Stéphane » a ses bureaux et son domicile … juste au-dessus de la banque. Cette petite visite m’a fait penser par certains aspects, à « Cuba » et au vieux quartier de « La Havane » : une grande propreté, une animation sereine et tranquille, les « ancêtres », les ruines de splendides maisons coloniales et les magasins sans devanture.

De retour à notre annexe, j’avais hâte de rentrer au bateau car je sentais que le vent avait forci et que notre retour serait d’une autre nature. Cette fois-ci, le vent et les vagues de face, j’ai dû jouer avec la manette des gaz et le volant pour ne pas chavirer … et le temps s’est écoulé avec une lenteur désespérante. L’après-midi, le vent s’estompait d’un bon cran et après 18 heures, il se cassait carrément la gueule !! Le plan d’eau devenait lisse comme la peau d’une pomme …

Vers 16 heures, « Top Lo »venait jeter l’ancre à quelques encablures de « S.A.S.³ ». Christine & Helmuth ont également l’intention de passer le « Cap d’Ambre » demain matin.

« Evita » pour sa part, se risquait à passer une nuit supplémentaire en face du port de commerce … il y en a décidément qui ne sont pas vite dégoutés !

Le soir tombé, nous allions chercher sur la plage de « Ramena », « Stéphane », sa fille India de 11 ans et Francis, un ami qui l’accompagnait. Par chance, les fonds sont de sable et échouer l’annexe fut très aisé.

Pour se repérer de nuit, il faut viser le feu rouge/mauve du seul établissement situé en bord de mer. De jour, il s’agit d’un amer utilisable et d’un excellent lieu de rendez-vous.

Après un dîner très sympathique à bord, nous avons été reconduire nos invités sur le rivage avant de préparer notre départ pour le lendemain matin.

Dimanche 13.

Réveil à 5 heures, l’ancre était relevée pour 5.45 heures … juste au moment où il commençait timidement à faire clair. Avec un temps un peu brumeux, le décor était plutôt sinistre et votre serviteur, assez stressé.

Sans tarder, nous avons embouqué (au moteur) la passe pour sortir de la baie et ensuite, nous avons longé la côte au plus près, sur une ligne de fond de 20 à 25 mètres.

Le vent réel avoisinait les 5 nœuds et la mer était calme. Toutefois, des grosses lames de fond se projetaient sur le rivage et nous faisaient rouler en passant. « Top Lo » et « Evita » étaient derrière nous mais nous ne les avons plus vus … juste entendus à la VHF.

La remontée jusqu’au « Cap d’Ambre » est assez longue puisqu’elle fait malgré tout 18 milles … tandis que la largeur du Cap s’étend sur 2 milles. 18 milles me direz-vous !! Qu’est-ce donc quand on est habitué à des trips de plusieurs centaines de milles. C’est vrai mais lorsqu’on sait que l’endroit est la grande majeure partie du temps, un véritable enfer … ces 18 milles peuvent paraître interminables.

Une fois arrivés à hauteur du phare, nous avons immédiatement constaté que le plan d’eau était plus calme sur toute la largeur du Cap !! L’endroit est m-a-g-n-i-f-i-q-u-e et donne dangereusement envie d’y jeter l’ancre !! Je suppose que certains d’entre vous qui avez passé ce Cap dans les déferlantes, avec plus de 30 nœuds de vent et le ciel gris et bas, doivent faire des bonds en me lisant … comme quoi un même lieu peut se présenter sous des visages fort différents.

Une fois le Cap franchi, nous sommes redescendus en longeant la côte Ouest de « Madagascar ». Le plan d’eau y est calme sans pour autant devenir un « lac » comme on me l’avait prétendu. Nous y avons vu notre seconde baleine et puis plus loin, notre troisième et quatrième baleine … la première a été aperçue lors de notre approche de la passe de « Diego Suarez », 8 jours plus tôt.

« Madagascar » est réputé pour être infesté de requins (même dans les baies) mais jusqu’à présent, nous n’en avons pas trouvé la moindre trace de sa présence … mais par prudence, nous avons évité de mettre un pied dans l’eau jusqu’ici.

Alors que les milles se laissaient enfiler tranquillement … le vent a tout aussi tranquillement commencé à forcir pour monter jusque 16 nœuds !! La météo, elle, prévoyait 10 nœuds de vent s’estompant à 3 nœuds durant la nuit … mais on finit par en avoir l’habitude de toutes ces petites « surprises ».

Comme de bien entendu, en lieu et place de souffler d’Est … il souffle d’Ouest et rend impraticable le mouillage de « Nosy Hara » que nous avions retenu pour la nuit !! La cata des catas !! Certes, certes, il suffit de mouiller de l’autre côté de l’île pour être protégé mais nous n’aimons pas trop jouer aux explorateurs et nous choisissons toujours un mouillage répertorié et dûment essayé par d’autres avant nous. Pas très tentés non plus pour nous réveiller en pleine nuit pour changer de mouillage parce qu’il y a eu une bascule de vent …

Le prochain mouillage répertorié ne pouvant être atteint de jour … nous avions pris la décision de passer la nuit en mer et de descendre jusque « Nosy Be ». Mais pour cela, il nous fallait impérativement rejoindre la haute mer et nous échapper de ce piège mortel plein de hauts-fonds que constitue « William Pitt or Andramahiba Bay ».

En longeant une sorte de baie ouverte vers le Nord mais protégée des autres côtés, par de nombreux ilots montagneux, nous y avons vu « Pakia Tea » (Au) parfaitement tranquille à son mouillage !! Cela ne nous a pris que quelques secondes pour décider que nous y passerions également la nuit … à l’abri derrière « Nosy Nakandava » (53 milles), par -15 m. de fond.

« Pakia Tea » est une vieille connaissance puisque nous l’avons vu à diverses reprises à « Grand Baie » (Maurice). C’est notamment lui qui passait son temps à quitter la baie pour y revenir quelques temps plus tard. Nous avons assisté par quatre fois, à ce petit manège ! Si nous étions un peu ennuyés de troubler sa douce solitude, il s’est montré charmant à la VHF.

Il était 17.30 heures lorsque le catamaran « Inventive ! » vint se joindre à nous. Impossible de dire qu’elle est sa nationalité puisqu’il ne bat aucun pavillon mais certains détails laisseraient à penser qu’il s’agit d’un bateau de location. Et moi qui pensais que nous allions passer notre première nuit parfaitement isolés, nous voilà à trois bateaux !!

Lundi 14.

Nous n’avions aucune envie de nous remettre en route tant nous étions fatigués … sans doute en raison du stress provoqué par le passage du « Cap d’Ambre » quoi qu’on en dise … oui mais voilà, la météo annonçait de forts vents d’Est pour les jours à venir et le mouillage ne nous semblait pas idéal en ces conditions. Aussi, nous avons décidé de pousser jusque « Nosy Mitsio » (50 milles).

Partis à 6 heures, nous sommes arrivés à notre nouveau mouillage à 14 heures : navigation au moteur, sans le moindre vent, sur une tôle ondulée qui nous a fait pas mal rouler. Grrrr.

Alors que le soleil est très généreux depuis plusieurs jours, nous avons eu droit jusque 10.30 heures à un horizon bouché et à un crachin très désagréable. Par la suite, le ciel est resté nuageux et bouché.

La « baie de Maribe » au fond de laquelle nous avons jeté l’ancre par -8 m. de fond (marnage de 3 m.) est beaucoup plus évasée que l’impression que les cartes en donnent. L’eau y est claire (je peux aisément distinguer le safran) mais pas cristalline et j’hésite toujours si je vais y tremper le pied ou pas … j’aimerais tellement connaître l’état de la coque depuis mon dernier grattage !

Un petit lodge occupe le rivage. Selon nos renseignements, le lodge attire une clientèle tournée essentiellement vers la pêche au gros. A cette fin, l’hôtel dispose de trois hors-bord et en ce moment, il affiche « complet » !

Le lodge est implanté dans un petit village où règne une grande animation. Peut-être que si nous restons quelques temps, nous mettrons l’annexe à l’eau pour aller voir tout cela de plus près mais il est encore trop tôt pour prendre une décision de rester ou non.

Visite de trois adolescents en pirogue à balanciers, surmontée de deux bouts de bois en U qui soutenaient un morceau informe de tissu ou était-ce plutôt un film plastique ? Ce qui les intéressait : des vêtements, des fournitures de classe et … des bonbons. Nous leur avons donné des T-shirts, des cahiers de classe et des Bic ainsi que quelques chocolats. Malheureusement, j’ai été trop lent à aller chercher mon appareil photo en sorte que nous n’en garderons aucun souvenir !

Fatigués, nous avons été nous coucher avec les poules !!

En début de nuit, un fort vent d’Est s’est levé et pour mon bonheur, Ann s’est levée et est allée se coucher jusque minuit, dans le cockpit … l’occasion de voir que « Yazou » (F) avait jeté l’ancre derrière notre bateau. Totalement rassuré, je suis reparti aussi sec aux pays des rêves pour faire le tour complet de l’horloge !

Mardi 15.

Si le vent reste soutenu, le mouillage s’avère très bien protégé et même le vent ne nous atteints que diminué. Le fetch est assez peu conséquent. Un superbe soleil inonde la baie.

Comme nous avons vu du monde s’agiter sur « Yazou » (Sun Odyssey 45’), nous avons essayé de prendre contact avec eux par VHF mais au départ, sans succès. Ce n’est que quand il s’est déplacé plus à notre hauteur que nous avons pu les atteindre. L’échange fut assez bref et coupé avant même qu’Ann n’aie pu obtenir la moindre information !! Les manœuvres d’ancrage venaient de commencer à leur bord …

Pas de port d’immatriculation inscrit sur le tableau arrière, un torchon comme pavillon français, cinq personnes à bord, on jette l’ancre et puis tout le monde s’en va à la plage avec une mini annexe, en laissant tout grand ouvert … je mettrais ma main au feu que ce sont des Réunionnais et que le bateau reste sur place à « Madagascar »!

Gagné  sur toute la ligne ! Incroyable comme avec un minimum d’observation, on peut tout deviner aisément. Evidemment, il faut reconnaître que le cercle des « tour-du-mondistes » étant à ce point restreint … il ne reste plus que les locaux et les bateaux de location autrement. Ils viennent de nous dire bonjour avec leur annexe en sorte que nous avons pu enfin, faire les présentations de base.

Je me suis décidé et je me suis mis à l’eau … à poil ! Si je devais me faire attaquer par un requin, cela aurait été moche qu’il abîme mon beau maillot de surcroît.

Petite inspection de la coque qui m’a permis de constater qu’elle connaît un début de barbe moussante et de larges auréoles rouges aux endroits de grattage mais rien de grave pour l’instant … à surveiller de près ! Au vu de la vitesse du bateau dans l’eau, je me doutais que nous n’avions pas encore droit à des végétations importantes.

Pour le reste, l’eau est à bonne température mais la visibilité limitée de 1.50 m. à 2 m. c’est-à-dire pas grand-chose. En conséquence de quoi … aucune envie de remettre le couvert, ici du moins.

Si « Yazou » est parti se balader, dans les îles avec la ferme intention de revenir passer la nuit à « Maribe » … nous avons eu droit à l’arrivée du catamaran « Coyotte » qui a ancré assez près du rivage. Tout laisse à penser qu’il s’agit d’un bateau de location ou de promenade organisée.

Ayant remarqué que le couvercle de notre cabestan arrière commençait à sortir progressivement tout seul de son emplacement, j’ai été plus qu’intrigué par le phénomène pour le moins inattendu !

« S.A.S.³ » est équipé d’un cabestan électrique, planté très exactement à l’extrémité du pont arrière, sur la ligne de foi du bateau. Pour éviter qu’il ne soit un obstacle dangereux pour descendre sur la jupe, nous l’avions prévu rétractable (il s’enfonce complètement dans le pont lorsqu’il ne sert pas). Mais lorsque nous sommes arrivés en « Martinique », j’ai pu relever que s’il tournait parfaitement, il ne montait plus !!

Nous l’avons fait réparer mais quelques temps plus tard, nous avions à nouveau toutes les difficultés à le faire monter et descendre ! La dernière fois où nous étions parvenus à le faire monter à peu près correctement, ce fut à « Bundaberg » (Australie). Depuis lors, il est resté constamment en position totalement abaissée ce qui rend son utilisation nettement moins aisée …

Qu’elle ne fut pas ma surprise de comprendre que c’est le sel de mer en séchant qui poussait le couvercle hors de son logement !! C’est le joint en n’assurant plus l’étanchéité qui a permis à l’eau de mer de s’insérer entre le couvercle et son support. CQFD.

En finale, la montée/descente restant aussi chaotique qu’incertaine, nous avons décidé de le laisser en position haute et de voir s’il constituait ou non, un danger pour les pieds. A priori, c’en est un pour votre serviteur …

Le soir, nous avions à l’apéro à bord, tout l’équipage de « Yazou » soit Benjamin (l’actuel propriétaire), Alain (l’ancien propriétaire), Nadia (sa femme) et Fabien (leur fils) et enfin, Tino. Très, très sympa comme soirée …

Sur ces entrefaites, le catamaran « Inventive ! » venait jeter l’ancre à notre hauteur.

Mercredi 16.

A mon réveil (9 heures …), tout ce qui flotte, avait quitté le mouillage, nous étions à nouveau, seuls. L’endroit est reconnu comme un excellent mouillage pour y passer la nuit … durant le jour, les bateaux musardent entre les îles.

Visite de « Zag », très attachant le quadra, venu apporter divers fruits en échange de produits de première nécessité comme du savon ! Jusqu’à présent, nous n’avons jamais été assaillis par des enfants quémandant à grand bruit comme en Indonésie et ce n’est que pur bonheur si nous pouvons apporter quelque chose à ceux qui viennent nous voir aussi gentiment. Malheureusement les « locaux » ne parlent pas français … juste quelques mots !

Après la double visite de « Zag », nous avons mis l’annexe à l’eau et sommes partis au village. Etonnamment, la profondeur indiquée par notre échosondeur restait cantonnée entre 10 et 12 mètres … « tu vois que nous aurions pu ancrer bien plus près du village » je fais remarquer … « je vois le fond » me dit Ann … « mais ne dis pas de bêtises, nous avons encore 11 mètres de fond ! » je lui réponds … boum, l’annexe s’échoue sur le fond de sable !!!

Après une expertise très poussée du nouveau problème posé, le « collège des experts » (c’est-à-dire Ann et votre serviteur) en a conclu après longues et tumultueuses délibérations que l’échosondeur était en « mode démonstration » parce que la fiche de la sonde n’était pas bien enfoncée en son logement … ce que n’explique nulle part le mode d’emploi !

Avec un marnage de 3 mètres, il est difficile d’accoster avec notre annexe sans risquer l’échouage définitif lorsque la marée descend ! Aussi tandis qu’Ann jouait à la « Mère Noël » en distribuant tous les jouets de plage que nous avions achetés à « Maurice » pour la venue de nos petits-enfants, votre serviteur tentait de maintenir l’annexe à l’eau.

Nous aurions bien aimé aller un peu nous balader sur l’île mais il nous fallait résoudre notre problème d’échosondeur et je ne vois pas encore de solution satisfaisante pour abandonner notre annexe. Aussi, c’est en annexe que nous avons été nous promener … pour découvrir des paysages magnifiques.

Nouvelle délégation villageoise sous la forme de quatre jeunes filles très souriantes à qui nous avons remis des T-shirts et une bouteille de vernis à ongle. Il m’a paru assez inhabituel que ce soit des filles qui empruntent une pirogue mais elles étaient charmantes.

Alors que le jour s’estompait et que nous nous apprêtions à relever l’annexe, nous sommes surpris (nous ne l’avions pas vu arrivé) par un jeune homme en pirogue s’exprimant en un parfait français ! Il nous raconta une sornette bien huilée de l’étudiant en médecine qui avait dû interrompre ses études et revenir au village à cause du décès de son père … pour nous demander de l’argent, des euros faisant également l’affaire !

Cette dernière démarche m’a profondément indisposé. L’argent ne semblait pas avoir cours dans ce village et ce jeune homme a gâché une authenticité que je croyais retrouvée….

Dans la nuit noire, nous avons assisté à l’arrivée d’un premier catamaran qui sans la moindre hésitation, est allé s’ancrer dans le fin fond de la baie et d’un second catamaran qui lui au contraire, s’est approché à la vitesse d’un escargot … pour finalement, s’envoyer dans les cailloux dans la plus petite baie d’à côté !!!

Nous ne pensons pas qu’il a eu des dégâts mais son volte-face ne laisse aucun doute qu’il s’aventurait en zone minée. Après quoi, il a jeté l’ancre là où il se trouvait. Comment a-t-il pu se fourvoyer à ce point alors que nous avions fait les grands éclairages pour l’aider dans son approche, reste un mystère.

Jeudi 17.

Pour la première fois depuis notre arrivée à « Nosy Mitsio », j’ai été réveillé en pleine nuit, par le roulis du bateau !! Ce n’était pas très important comme roulis mais très désagréable et cela me parut interminable. Je suis toujours consterné par ce phénomène auquel je ne trouve aucune explication.

A notre réveil, les deux catamarans étaient déjà partis !! Il ne peut s’agir à l’évidence que de catamarans « locaux » en perpétuel mouvement.

Nous avions pris la décision d’une ballade sur l’île et à cet effet, midi soit une heure avant la marée haute était le moment idéal : nous comptions échouer l’annexe sur le sable, le temps de notre promenade et lorsque nous serions revenus, la marée serait à nouveau au même niveau. Nous pensions pouvoir trouver quelqu’un sur place, pour la surveiller en notre absence.

Rodlys, notre guide local, nous assura que les gens du village étaient habitués à voir des annexes sur la plage et qu’elle ne risquait absolument rien … faut savoir faire confiance de temps en temps, ce qui est peu mon genre mais nous n’avions pas trop le choix. C’est moins pour l’annexe ou son moteur que je craignais mais plus pour son équipement.

A sa suite, nous avons traversé le village composé de petites huttes misérables. Du linge assez coloré séchait de tous les côtés et Ann reconnut l’un de ses paréos.

Par un petit chemin de brousse sinueux et escarpé, Rodlys nous amena sur l’autre face de l’île où un autre village était établi. Ils sont nombreux et fort disséminés. De là, nous pouvions apercevoir les montagnes de « Nosy Be ».

Deux petites heures plus tard, nous étions à nouveau à notre point de départ où notre annexe nous attendait sagement.

De retour à bord, nous avions la surprise de voir arriver un monocoque, « Thankful » (GB) venant des « Seychelles ». En voulant prendre contact avec lui … c’est « Evita » qui nous répondit qu’ils espéraient arriver pour 16 heures !!! Ils seront sur place pour 16.45 heures.

Avec le retour de « Coyotte » et l’arrivée du catamaran « Ulysse », nous serons cinq bateaux au mouillage, ce soir … ce qui est toujours plus rassurant.

Une houle d’Ouest pénétrant jusqu’au fond de la baie (!) a rendu un peu plus périlleuse la remontée de l’annexe mais nous y sommes arrivés et maintenant, cette dernière est solidement fixée à l’arceau arrière car demain matin, nous faisons mouvement pour « Nosy Sakatia » (en face de « Nosy Be ») : 42 milles.

 

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