Publié par : Ann & Stéphane | 30 août 2015

06 au 30.08.2015 – Grand Baie 3 (Maurice).

Jeudi 06.

Comme il nous faut un visa pour nous rendre à « Madagascar », nous avons été ce matin, à l’ambassade pour introduire une demande. L’ambassade ne se situe pas à « Port Louis » mais à 25 kilomètres de là, en pleine zone résidentielle en sorte que cela peut être galère pour trouver … par contre, comme il n’y avait pas la moindre file d’attente, nous avons été servis très rapidement.

Ayant eu contact avec « Badoc », nous sommes passés par la « marina Caudan », prendre Marian & Francesc au passage. Une fois de plus, la marina était full et certains voiliers étaient à couple. Le « bon » côté du bassin n’est pas celui de droite en rentrant mais bien celui de gauche … en cas de houle, on y est mieux protégé et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le phénomène n’est pas si rare que cela !

Ayant eu l’occasion de bavarder avec nos copains, nous avons enfin eu quelques réponses aux questions que nous nous posions depuis quelques temps.

Le récit de leur traversée de « l’Indien » ne varie pas beaucoup de ce que nous avons vécu sauf que le vent est toujours venu de la bonne direction (!!!), qu’ils n’ont pas connu de « pot au noir » (!) et subi moins de pluie (!) … par contre, ils ont connu des rafales de vent à 45 nœuds. Le pire pour eux, a encore été l’état de la mer avec des vagues qui submergeaient totalement le bateau en sorte qu’ils ont passé plusieurs journées enfermés à l’intérieur !

Ils ont navigué avec trois ris et ont terminé leur traversée sous seule trinquette … Pour eux également, ce sont les pires conditions qu’ils ont jamais connues.

L’épisode de « Pulsion » nous a été narré avec plus de détails.

Les deux bateaux s’échangeaient leur position tous les jours, depuis leur départ des « Cocos » … jusqu’au jour de l’incident (rupture de safran). Par la suite, le problème résidait en ce que la position de « Pulsion » variait constamment, ne facilitant pas du même coup, la tâche de « Badoc » qui devait s’en approcher.

Pour éviter d’arriver sur zone, de nuit, « Badoc » a même dû freiner son allure !

Il y avait entre 20 et 25 nœuds de vent lorsque la rencontre entre les deux bateaux a pu s’opérer par une mer « relativement » calme selon Francesc … ce qui n’a pas empêché que monter à bord de « Badoc » fut plutôt sportif.

Catherine & Alain avaient embarqué dans leur annexe AB (fond rigide en aluminium) équipé de son moteur hors-bord pour rejoindre « Badoc ». Ils ont ensuite abandonné l’annexe … et le bateau. Comme ils ont dû attendre deux jours, leurs sauveurs … ils ont nettoyé le bateau avant de l’abandonner ! Il y a tout lieu de penser qu’un jour ou l’autre, on retrouvera l’annexe et le bateau sur une côte ou l’autre … l’annexe ne sera pas perdue pour tout le monde et le bateau sera totalement désossé avant que la Gendarmerie ne soit sur place ! C’est généralement le sort de toutes les épaves.

Côté assurances, ils devront attendre trois mois avant de pouvoir toucher l’indemnité. Dans la réalité, la compagnie d’assurances ne traitera pas leur dossier avant trois mois puis des négociations âpres et laborieuses s’ouvriront avec peut-être un procès à la clef. Il s’agira du « moment de vérité » … celui où vous apprenez si votre compagnie d’assurances est digne ou non de la confiance que vous avez placé en elle. Sachez cependant que très peu de compagnies acceptent d’assurer un « tour-du-mondiste » … vous n’aurez donc pas trop l’occasion de faire la fine bouche !!

La traversée de « Rodrigues » à « Maurice » (300 milles) ne fut pas non plus pour « Badoc », une partie de plaisir. L’état de la mer était inchangé … seul le vent avait baissé : entre 20 et 25 nœuds.

A la « marina Caudan », nous avons fait la connaissance d’un très sympathique Gantois qui a quitté la Belgique depuis plus de 25 ans. Il a acheté récemment, en France, un Lagoon 450, « Papillon », qu’il a fait transporter par cargo, jusqu’en Malaisie (50.000 € par cargo et 30.000 € en convoyage) !!

Il est alors parti sur le « Sri Lanka », les « Maldives », les « Chagos », « Rodrigues » et enfin, « Maurice » … où il a heurté violemment une pointe de roche dans l’enceinte même de « Port Louis » ! Le bateau va être sorti de l’eau pour réparation dans les jours prochains. Le chantier de « Port Louis » pratique, paraît-il, des prix très intéressants (24.000 RM soit + /- 475 € pour une sortie/mise à l’eau).

Sa traversée « Chagos » / « Rodrigues » fut un enfer avec des vents à 30° atteignant les 55 nœuds et des vagues de 8 mètres de haut ! Il envisage de vendre son catamaran pour un monocoque car si le catamaran offre un volume intérieur formidable, il n’est pas adapté pour traverser des océans … ce que j’ai toujours personnellement pensé.

Sur le retour à la « marina Caudan », nous en avons profité pour aller chercher chez « UPS » nos nouveaux cirés « Musto ». Si vous êtes un fidèle lecteur, vous savez que nos cirés (veste et pantalon) n’étaient plus imperméables alors qu’il s’agit d’une qualité vantée de ce produit … et que surtout, les collages intérieures ne tenaient plus en sorte que nos cirés partaient en lambeaux !!! « Musto » nous les a échangés en garantie … moyennant le paiement de la différence de prix au coûtant de l’époque et celui d’aujourd’hui, soit un coût total de 483,95 € frais d’envoi compris ! Nos cirés avaient été achetés juste avant notre départ soit il y a un plus de 5 ans.

Là où certaines sociétés vous font un caca nerveux lorsque vous parlez de « garantie » … d’autres, au contraire, se montrent plus correctes sur le sujet comme « Océanair », « Dubarry » ou « Musto ».

Arrivée à « Grand Baie », de « Badoc » et de « Crystal Blues » (voilier élancé en acier de 53’) battant pavillon australien. Le peloton des « tour-du-mondistes » se remplume un peu, ce qui me fait plaisir.

Le soir, nous étions invités à dîner par un couple de Belges, Carole & Jean-Marc, établis à « Grand Baie ». Leur maison a pour ainsi dire les pieds dans l’eau avec une vue imprenable sur la baie … superbe.

Comme le ponton des « Coast Guard » s’arrête un peu avant la plage … il est impossible de garder les pieds secs pour se rendre à terre. Ce qui à marée basse, ne pose pas trop de problème … à marée haute, il peut y avoir un bon demi-mètre d’eau !

Pour ne pas tremper stupidement mon pantalon, j’étais resté en slip pour monter dans l’annexe et avais déposé mon « falzar » sur le siège arrière. Perdant de vue que l’annexe se cabre beaucoup au démarrage, je n’y ai plus prêté attention jusqu’à l’arrivée … où je l’ai retrouvé derrière le siège, baignant dans l’eau de l’annexe ! Bref, j’ai passé ma soirée dans un pantalon trempé d’eau de mer …

A ce dîner, nous avons fait la connaissance de Serge qui habite une propriété en bordure du « Cap Malheureux ». Ce dernier vient de faire l’acquisition en France, d’un Dufour 500 qu’il ne compte pas pour autant ramener à « Maurice » (son voilier est à « Lorient ») car il estime que la zone de navigation n’est pas très attrayante … ce que je ne peux que confirmer.

Le frère de Jean-Marc, Michel, a pour sa part, acheté un Lagoon 440 qu’il a mis sur un céréalier jusque « Maurice » pour … 33.000 € (la seule mise à bord a coûté 15.000 € alors que le prix du voyage s’élève à 13.000 € …). Comme quoi, en la matière, on trouve tout et son contraire.

Nous avons passé une délicieuse soirée en leur compagnie et sommes rentrés pour minuit ! Nous aurions bien poursuivi mais Jean-Marc est commandant de bord à « Air Mauritius » et le lendemain, il s’envolait pour « Paris » …

Vendredi 07.

Il fait plus beau que hier et, en principe, le beau temps devrait revenir en force. Selon Carole, cet hiver à « Maurice » est exceptionnellement mauvais.

Départ de « Cat Leya 2 » … retour à « La Réunion » plus que vraisemblablement.

Ce jour est un Grand jour … nous avons enfin pu obtenir le remboursement de notre abonnement à Canal + ! Il aura fallu à Ann, un peu plus d’un mois d’énervements, d’appels téléphoniques et de démarches inutiles … si les salaires des employés sont payés de la même manière, je les plains du plus profond de mon cœur mais je ne sais pas pourquoi mais je pense qu’il ne s’agit là que d’un traitement « spécial touriste ».

Coup dur pour le moral … « Badoc » vient de nous annoncer que la plupart des « tour-du-mondistes » au mouillage partent la semaine prochaine pour « La Réunion » !! Nous qui avions justement prévu de les inviter à l’apéro pour faire enfin un peu connaissance … c’est raté. Nous en sommes sans doute les premiers responsables mais le courant reste très distant entre eux et nous. Il faut dire que nous nous heurtons à un groupe anglophone qui s’est formé à « Rodrigues ».

Pour nous consoler, nous avons été prendre l’apéro au « Beach House » situé une centaine de mètres plus loin que le poste des « Coast Guard » en direction du « Super U ». Nous pensions y manger un morceau mais littéralement dévorés par les moustiques, nous avons préféré écourter notre soirée et nous mettre à l’abri au bateau ! Assez curieusement, il n’y a pas le moindre moustique à bord !!! Ils ont peut-être lu mon écriteau « masque obligatoire – pulvérisation d’insecticides ».

Le « Beach House » comporte un rez-de-chaussée donnant sur la plage et un premier étage. Il y avait assez bien de monde et l’ambiance était au rendez-vous … toutefois, leur carte de boissons non alcoolisées se limite incroyablement à trois fois rien !!

Samedi 08.

Mon Dieu … quelle journée ! Que je vous explique comment une journée « banale » peut se transformer en une journée pleine d’aventures !!

Tout d’abord, méfiez-vous des gentils trop gentils !! En le cas d’espèce, ce n’est pas avec une grosse sucette que nous nous sommes retrouvés embarqués dans le gros 4×4 d’un inconnu pour une destination inconnue … mais alléchés par la communication des coordonnées d’un bon électricien !! Incroyable … mais vrai.

Ok … je brûle les étapes et vous n’y comprenez rien mais Ann lit souvent les dernières pages d’un livre pour en connaître la chute avant d’entamer sa lecture. Aussi, autant soulever en prélude, un coin du voile … histoire de vous mettre l’eau à la bouche. Vous imaginez déjà les gros titres des journaux locaux : « Deux touristes belges enlevés devant le Mac Do de Grand Baie … on ignore encore les revendications du ravisseur !! ». J’ai raté ma vocation, j’aurais dû être journaliste.

Petit retour en arrière …

Un jour que j’avais été conduire Ann et les « petits » à la plage de « Sunset Boulevard », un inconnu ayant vu notre annexe, s’adresse à elle en lui spécifiant qu’il connaît tout le monde sur l’île et que si nous avons le moindre problème, nous pouvons toujours nous adresser à lui.

Comme nous sommes toujours à la recherche d’un bon électricien de marine pour notre petit problème de fuite à la masse, les enfants partis, nous décidons de lui téléphoner pour obtenir les coordonnées de l’électricien miracle dont il avait fait état.

Au lieu de nous communiquer par téléphone, la précieuse information, il nous donne rendez-vous à 11.30 heures devant le « Mac Do ». Là je tique quand même mais comme il s’agit d’un endroit très fréquenté …

Nous parquons notre voiture sur le parking du « Super U » et nous allons à pied, jusqu’à son 4×4 en lequel il nous attend. Au lieu d’en descendre, il insiste pour que nous montions à bord de son véhicule … et à peine assis, il démarre pour une destination inconnue !!

Interrogé, il nous précise que nous nous rendons à son domicile car c’est plus facile avec l’internet … là, je me sens complètement ridicule et je commence à réviser mentalement toutes les prises du aiki jutsu … que je me suis promis d’apprendre si je sortais vivant de ce véritable traquenard.

Après un trajet qui me paraît interminable (par chance, nous sommes sur une île), nous arrivons aux « Alizés  ***** » ! Qu’allions-nous faire à cet appart’ hôtel ???

Après avoir tourné dans diverses allées, il s’arrête enfin devant un appartement meublé de manière parfaitement impersonnelle et nous en ouvre la porte. Nous aurons droit à la visite de la piscine, du SPA et du bar avec moult commentaires quant à la possibilité d’acheter et de mettre en location !!! Les possibilités d’acheter un immeuble à « Maurice » sont légalement restreintes à des lotissements construits à cet effet !

Séduits par sa proposition, nous en venons à discuter prix et à négocier la hauteur de l’acompte à verser en espèces. Vous nous prenez réellement pour des naïfs ou quoi !! Nous avons fait un gros semblant de rien et nous l’avons réorienté sur notre électricien …

Après une série d’appels téléphoniques sans réponse, il a levé la séance et nous sommes remontés dans son 4×4 … direction le parking du « Super U ». Que néni !! Le voilà qu’il prend toute une série de rues que nous ne connaissons pas et lorsqu’on lui demande où il va … il nous répond qu’il doit aller chercher sa fille !!! Il n’avait décidément aucune envie de se priver de notre précieuse compagnie …

Une fois encore, le trajet me paraît interminable mais effectivement, il embarque une jeune fille qui l’attendait sur le bord de la route, et se décide enfin à prendre la direction de notre voiture … sauf que sur le trajet, gros embouteillage en raison d’une procession hindoue !!

N’écoutant que notre courage, nous lui avons proposé de continuer notre chemin à pied pour lui permettre de partir en une autre direction … et c’est ainsi qu’après un bon quart d’heure de marche, nous étions de retour à notre voiture. Ouf. Là, je vous sens déçu … si,si, je le sens bien, vous êtes déçu … vous vous attendiez certainement à quelque chose de plus sanglant, de plus tragique, de plus exceptionnel. Je vous promets que la prochaine fois, on tâchera de faire mieux.

Nous faisons nos courses et en rentrant au « Super U », nous croisons Sophie & Serge accompagnés de leur fille, à qui nous racontons notre mésaventure. Après avoir bien ri, Serge nous demande le nom de notre inconnu et nous met aussitôt en garde contre le personnage qui n’en est pas à son coup d’essai en matière immobilière … où une fois l’acompte payé, il disparaît dans la nature.

Notre douteux personnage nous aura quand même appris que si on ne voit aucun jet-ski à « Maurice » c’est parce que cette machine du diable est interdite sur l’île, depuis l’élection du dernier gouvernement … Ah ! Vous comptiez justement en faire lors de votre séjour sur l’île ! En ces conditions, voici mon conseil : attendez les prochaines élections et priez pour qu’il s’agisse d’un autre gouvernement.

L’après-midi, nos nouveaux copains passaient au bateau avec leur superbe hors-bord et nous emmenaient à la découverte de tout le Nord de l’île. Serge est passé par des endroits où nous n’oserions pas aller avec notre annexe !

De retour à bord, nous leur avons fait visiter « S.A.S.³ » … par le menu détail. Serge s’est montré particulièrement intéressé par nos installations.

A peine, étaient-ils partis que nous étions attendus à l’apéro sur « Badoc » où nous avons été très bien reçus.

Assez tard dans la nuit, nous avons eu droit à notre petit feu d’artifice hebdomadaire ! Tout semble prétexte à feu d’artifice à « Maurice » … en tous les cas, le ciel est fréquemment illuminé.

Dimanche 09.

Superbe journée … vent faible et soleil, que vouloir de plus ? Avec la météo qui s’améliore considérablement, j’en viens à ne plus avoir envie de quitter l’île … ce qui m’aurait paru être une hérésie il y a encore peu de temps.

Journée très calme où nous avons pris le temps de profiter un maximum de ces conditions idéales … avec quelques menus travaux de nettoyage, histoire d’avancer un peu dans notre vaste programme de « remise en ordre ».

Lundi 10.

Départ de « Saol Elle » (Amel 54’) pour « La Réunion » … selon toute vraisemblance.

Premières plongées de notre forfait, avec le centre de plongée « Dive Tribe » situé à « Grand Baie ». C’est sans doute un peu en raison du fait que nous voyons souvent leur bateau sortir en mer que nous nous sommes confiés à eux … un choix comme un autre mais le patron du centre est ultra sympa et le forfait de 20.000 RM (+ /- 500 €) pour 2 x 10 plongées est attractif d’autant qu’ils viennent nous prendre au bateau.

Nous n’étions à bord que quatre plongeurs, un apnéiste , le skipper et les deux encadrants … en clair, nous avions amplement la place pour nous équiper.

La première plongée (-18 m. – 53’ – 24°) a eu lieu à « Holt’s Rock » situé à hauteur du club méditerranée. La visibilité était correcte et le paysage intéressant, sans plus. Nous avons vu trois murènes, une tortue et un barracuda. Ann réalisait sa 500è plongée … pas mal tout de même.

La seconde plongée (-13 m. – 58’ – 24°) s’est tenue à « Merville Aquarium » situé devant l’hôtel Merville de « Grand Baie ».

Lorsque nous sommes arrivés sur le fond, la visibilité n’était pas terrible et les fonds laissaient à penser que la plongée ne serait pas terrible non plus !! Magistrale erreur … la plongée s’est révélée magnifique : nous n’avons jamais vu autant de murènes (un vrai plat de spaghettis !) ! Ptéroïs, rascasses, crevettes, raie pastenague, hétéro congres et crabe-boxeur dans son anémone nous ont véritablement enflammé les yeux. Bien entendu cela ne vaut pas une plongée en Mer Rouge mais il faut savoir apprécier tout ce que Dame nature peut offrir.

Nous venons de recevoir des nouvelles de « Minnie B » (Ovni 39’) dont nous avions fait la connaissance en le cadre du rallye « Sail Indonesia ». Ils viennent de traverser « l’Indien » (Cocos Keeling – Rodrigues ) en 14 jours … 10 jours avec 15 à 20 nœuds et 4 jours avec 22 à 28 nœuds, pas d’eau dans le cockpit et pas de pluie !! Tout simplement i-n-c-r-o-y-a-b-l-e alors que Jimmy Cornell met en garde les navigateurs de ne pas traverser en juillet et en août car les alizés sont les plus forts et peuvent monter jusque 50 nœuds !! Les conditions météo évolueraient-elles de manière aussi bouleversante ou s’agit-il d’un cas exceptionnel ??

Le soir, nous recevions à dîner, Carole & Jean-Marc ainsi que Sophie & Serge. Soirée très animée où il n’a été question que de bateau et de « S.A.S.³ » en particulier … autant dire que celui qui n’est pas passionné par la question, se serait méchamment senti dépassé.

Mardi 11.

Départ de « Gosi » pour le Nord de « Madagascar » car ils n’ont aucune certitude d’avoir une place à « La Réunion ». Enfin, enfin, des plaisanciers avec un peu de bon sens !

« La Réunion » est, parait-il, une île splendide mais il n’y a pour ainsi dire, aucun mouillage praticable (profondeurs trop importantes) et seulement, une marina overbookée par les locaux. Comme de surcroît, la marina ne répond ni au téléphone, ni aux E-mails, il est impossible de savoir si une fois sur place, il sera possible de caser son bateau quelque part …

Une nouvelle marina a vu le jour mais elle attend encore et toujours ses autorisations pour ouvrir officiellement !! En tout état de cause, plusieurs personnes nous affirment que notre voilier serait trop grand pour les catways des pontons …

Il existe bel et bien une troisième marina dans le Sud mais avec un tirant d’eau de 2.5 m. nous ne rentrons pas.

Mercredi 12.

Journée venteuse et ciel couvert … le « mauvais temps » semble vouloir s’inviter pour quelques jours !!

« Lady of Lowlands » a quitté la baie pour, nous le pensons, « Port Louis ».

Pris d’une fougue soudaine, Ann s’est attaquée au récurage en profondeur de notre teck qui verdit en certains endroits. Résultat des courses : la teughe avant a abandonné son air triste pour un blond cendré du plus bel effet … mais il reste encore de grandes surfaces à traiter !

Votre serviteur a poursuivi, de son côté, le nettoyage des inox entrepris il y a plusieurs semaines …

Jeudi 13.

Il fait plutôt venteux (20 à 25 nœuds) et cela décoiffe pas mal.

Le centre de plongée nous avait proposé de plonger sur la côte Est de l’île mais la sortie fut annulée en raison d’une houle trop importante. Les Alizés viennent d’Est … autant dire que les occasions de plonger y sont plus rares.

Nous nous sommes donc rabattus sur l’épave du « Stella Maru » que nous avions déjà visitée avec Floriane & Gauthier … mais cette fois, je ne me suis pas privé de pénétrer l’épave par toutes ses écoutilles et Dieu sait qu’il y en a (-23 m. – 49’- 24°). Le bonheur de cette épave très bien conservée mais peu concrétionnée, est très certainement de pouvoir visiter ses entrailles.

Le second spot de plongée (-21m. – 58’ – 24°) était « Holt’s Rock » que nous croyions connaître et qui s’est révélé totalement différent de la première fois ! Le spot est étendu et autorise de ce fait, plusieurs plongées.

Du courant nous avait été annoncé et en finale, nous n’avons eu droit qu’à un ressac plutôt sympa. Moins en forme que pour la première plongée, j’ai eu un peu froid et plus subi la plongée que je n’y aie goûté (!!) alors que le paysage constitué de gros blocs de pierre était magnifique. Nous aurons quand même vu deux merveilleuses langoustes.

Vendredi 14.

Bien que pas trop enthousiaste à l’idée d’aller plonger (je n’étais pas convaincu d’être suffisamment en forme), nous avons respecté le petit cérémonial d’un matin de plongée : pas de douche, petit déjeuner de céréales, préparation du matos et mise en place de défenses sur l’arrière tribord, enfilage de nos combinaisons et bottillons, ordinateurs au poignet … il ne manquait plus que de fermer à clef la porte du bateau.

« Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » … « Non, mon frère, pas le moindre plus petit bateau de plongée à l’horizon ! ».

Alors que nous étions en pleine expectative … le téléphone sonne !! « Salut ! Ici Jésus-Christ … votre plongée est annulée … le copain Eole fait encore des siennes » … « Pouvais pas prévenir plus tôt, ducon ? » … « Si mais pour cela, aurait-il encore fallu que ton gsm soit allumé, eh condu ! » … « Oups !»

Pour nous consoler, nous avons « scuré » le teck de la teughe arrière … le pied !

« Badoc » a quitté le mouillage pour « Port Louis » et la côte Sud de l’île. Il escompte revenir à « Grand Baie » dans une semaine. En fait, Marian a une amie à bord et pour elle, ils se déplacent beaucoup.

Samedi 15.

On s’est tellement marré hier, à récurer le teck … que l’on a remis le couvert avec le passavant bâbord. Mais qu’est-ce qu’on s’amuse … et de surcroît, la coque se salit du même coup, en raison des nombreuses coulures de saletés. Après s’en être mis plein la gueule, il faudra encore nettoyer la coque … vous imaginez si nous avions un catamaran … deux coques !

Météo inchangée depuis plusieurs jours : vent soufflant en tempête, ciel nuageux avec de superbes éclaircies et grains durant la nuit.

Ma récompense de la journée : être bien calé (mal au dos depuis plusieurs jours oblige) à notre bureau de la cabine arrière avec deux hublots de coque me permettant de voir ce qui se passe sur le plan d’eau sans bouger et un super CD qui me crache sa musique dans les oreilles tandis que j’écris pour notre blog … le méga pied. Ann? … elle lit un bon roman dans le cockpit.

Il est primordial lorsqu’on vit sur un bateau de pouvoir de temps en temps, s’isoler confortablement. Hier soir, je regardais un film dans le carré tandis qu’Ann en regardait un autre, dans notre cabine … c’est cela aussi le confort.

Dimanche 16.

Départ de « Yolo » pour une destination inconnue. Malgré le fait que ce catamaran américain était mouillé très près de nous, nos relations sont restées distantes ! Les Américains sont, en général, très accueillants pour ne pas dire « envahissants » … mais sur l’eau, ils ont une attitude plus réservée ! On n’en voit pas beaucoup d’ailleurs, ce qui est étonnant  !!

Le vent atteint aujourd’hui de véritables pics et pourtant, à l’anémomètre, il ne dépasse pas les 25 nœuds … c’est sans doute en raison d’un fetch plus important que d’habitude que nos sensations s’en trouvent augmentées. Je finis par me demander si nous retrouverons un jour, un vent de demoiselle !

Des ventouses aux pieds pour ne pas s’envoler … nous avons récuré, non sans peine, le passavant tribord. Plus je récure et plus je trouve cela épuisant … Mais, le pire reste encore de lever les seaux d’eau de mer que nous jetons sur le pont ! Ils sont toujours trop remplis et donc trop lourds pour nos pauvres dos. J’ai même pensé faire des trous dans le seau pour que l’eau s’évacue un peu … mais comme ce n’est pas la fonction première d’un seau, j’y ai renoncé.

Lundi 17.

C’est au tour de « Lop Top » (voilier allemand) de nous abandonner … nous ne sommes plus de deux à « Grand Baie » !!

Bien que le vent reste modérément soutenu, notre centre de plongée avait organisé une plongée sur l’île « Le Coin de Mire » située juste en face du « Cap Malheureux ». Une fois de plus, nous avons été copieusement arrosés en nous rendant sur le spot de plongée. Le hors-bord du centre est certes, rapide (2x 140 CV) mais il n’est absolument pas protégé sur l’avant … un bon pare-brise réduirait sans doute un peu les embruns.

La première plongée devait nous amener sur l’épave du chalutier « D’Jepeda » mais en raison d’un courant nous déportant vers le large, notre guide a abandonné son projet initial en cours de plongée et nous a ramenés vers l’intérieur de l’anse de l’île. Résultat des courses : nous avons pas mal palmé contre le courant, sur un fond de sable pour ensuite, essayer de voir quelque chose sur un fond rocailleux … bof, bof, bof.

Hormis le fait que je suis à chaque fois, épaté de constater combien notre guide connaît par cœur, les différents spots de plongée … les épaves n’étant pas signalées par une bouée, nous perdons toujours un temps précieux à palmer sur le sable pour atteindre la cible !

Pour la seconde plongée, notre guide a voulu remettre le couvert et cette fois, nous avons bien atteint l’épave. Le plus moche dans l’histoire c’est qu’en voulant absolument plonger dans la courbe de sécurité (sans palier obligatoire), nous n’avons fait que survoler l’épave qui aurait mérité une visite de ses entrailles.

En principe, nous devions terminer notre plongée sur la paroi très inclinée de l’île mais le quatrième plongeur qui n’a pas une expérience suffisamment grande, nous a contraints à en rester éloignés pour que le bateau puisse venir nous reprendre.

Mardi 18.

Départ de « Crystal Blues » pour une destination inconnue … nous revoilà tous seuls, abandonnés de tout le monde … snif, snif, snif … que ce monde est cruel ! Nous le savions depuis un certain temps … même que nous avons été étonnés qu’ils mettent tous tant de temps à partir ! Je suppose que nous les reverrons à l’approche de « Durban » ou à « Cape Town ».

Notre Centre de plongée nous l’avait proposé en son temps, mais la plongée avait été remise plusieurs fois en raison des conditions climatiques … et aujourd’hui, c’était le grand jour : nous allions plonger sur la côte Est de l’île. Cela supposait des conditions de plongée plus difficiles, du courant mais aussi une faune plus importante et pourquoi pas … du « gros ».

Il y a avait un surcoût de 4.000 RM (+/- 100 €) qui m’avait beaucoup refroidi car quand j’avais marqué mon accord, il s’agissait de 2.000 RM … « par personne » nous fut-il précisé par la suite ! La faute à Ann à ne pas avoir demandé plus de précisions au moment où la proposition nous fut transmise.

Le rendez-vous était fixé pour 8 heures devant le poste des « Coast-Guard ». Cela m’avait également beaucoup refroidi car en temps normal, le bateau de plongée passe pour 9.15 heures … ce qui est nettement plus civilisé comme horaire.

Après une bonne heure de route nécessaire pour rejoindre la côte Est de l’île, nous avons embarqué sans tarder pour une plongée « profonde ! » … -29 m. -50’ – 24°. Hormis de superbes paysages et quelques nudibranches, nous n’avons absolument rien vu !!! Là, malgré tout, j’ai été déçu mais je n’en ai rien dit à notre guide trop sympa.

La récupération des plongeurs est plutôt sportive car la barre de corail n’est jamais très éloignée et donc, cela chahute un peu beaucoup.

La seconde plongée (-10m. – 10’ et -17 m. – 30’ – 24°) dans la « Passe du Puits » promettait d’être un peu hard en raison d’une visibilité fortement réduite et d’un sérieux courant … des gants nous avaient même été prêtés pour que nous puissions plus facilement nous agripper au corail ! Nous aurions dû avoir des crochets comme lorsqu’on plonge aux « Maldives ». Le pire reste que nous avons chacun le nôtre mais qu’ils étaient restés au bateau … on ignorait que nous allions plonger dans une passe.

Le briefing ayant eu lieu en anglais, je n’en ai pas compris grand-chose et c’est dommage parce que pour une fois, il aurait pu m’être fort utile mais bon, j’ai trop l’habitude de me débrouiller tout seul pour me formaliser sur ce genre de détail.

Après nous avoir fait surlester pour bien coller au fond (!) … voilà que notre guide nous faite gonfler nos gilets car notre culbute arrière se fait dans moins de deux mètres d’eau !! Perso, je comprenais notre lestage complémentaire pour descendre plus vite et éviter de rester trop longtemps en surface mais pour bien coller au fond … curieux !

Il nous avait été demandé de rester « groupier » pour ne pas se perdre sauf qu’à force d’être trop près les uns des autres, on se cogne ou on prend la palme du voisin en pleine face … et de surcroît, je n’avais plus une bonne vision sur Ann et si je la perdais … qu’est-ce que j’en aurais pris pour mon grade !! En conséquence, je décidai de jouer le « serre-file » un peu en retrait de tout le monde.

Tant que tout le monde se laissait emporter par le courant, il n’y a pas eu de problème… sauf qu’à un moment donné, j’ai vu que notre guide s’était arrêté sur la gauche de la passe et avec lui, Ann et Béni.

M’arrêter ne fut pas une mince affaire car le courant aurait pu décorner un bœuf. A côté de moi, Nicolas (25 plongées). Nous étions à peu près à même hauteur que l’autre groupe … une dizaine de mètres sous séparaient.

Notre guide nous fait signe de les rejoindre mais le temps de tenter la manœuvre … et il n’y avait plus personne en vue !! Malgré quelques tentatives pour retrouver les autres, nous restons bien seuls, Nicolas et votre serviteur. C’est dans ces moments qu’on essaie désespérément de se rappeler ce qui avait été dit au briefing en pareille situation … Ah ! Ouiiiiiiii … « ne pas remonter dans la passe car il y a du passage, serrer sur la droite où c’est plus calme et remonter en surface ».

« Serrer sur la droite » qu’il a dit … mais quelle droite ??? Celle en se dirigeant vers le large ou celle en se dirigeant vers la côte … cela peut paraître idiot mais au moment où je me pose la question, je suis agrippé à un bloc de corail et avec le courant, ma tête est dirigée vers la côte ! Après réflexions, j’opte donc pour me diriger sur ma gauche … Nicolas me suit.

Par -5m. de fond, en l’absence de courant, je décide de faire surface pour relever que nous sommes trop proches à mon goût, de la barrière de corail et de ses déferlantes en sorte que nous ne tardons pas à palmer vers le large … pas un seul bateau à l’horizon ! Aïe. Je reconnais humblement qu’une fois en surface, je n’en menais pas large car palmer avec tout notre équipement, dans une mer agitée avec des vagues qui nous submergeaient … il y a plus confortable.

Par contre, avant de remonter à la surface, j’ai sérieusement été tenté de poursuivre ma plongée en compagnie de Nicolas qui malgré son peu d’expérience, se révèle un plongeur très prometteur. Je me sentais bien et l’idée de reprendre la direction de la palanquée me plaisait beaucoup … mais la règle est la règle : « dura lex sed lex ».

Par chance, nous ne sommes pas restés longtemps dans la « baignoire » car notre bateau de plongée nous avait repérés. Un énorme soulagement car je n’aime pas particulièrement faire la manchette des journaux dans la rubrique des « faits divers ».

Nous étions totalement déséquipés dans le bateau que l’autre groupe faisait surface à leur tour. Cela avait également été un peu folklorique de leur côté …

En débriefant avec Ann, nous en sommes à peu près arrivés à recomposer la plongée : la visibilité était vraiment mauvaise lorsque nous étions les uns à la gauche et les autres, à la droite de la passe … au point qu’Ann ne nous avait pas vus !

Alors que nous nous apprêtions à traverser la passe … Béni lâche prise (faiblesse dans les mains) et se trouve emporté comme un fétu de paille par le courant ! Notre guide part à sa poursuite et Ann, pour ne pas rester seule, fait de même. Beaucoup plus loin, en retrouvant un endroit plus calme, ils feront surface.

Ayant encore beaucoup d’air dans nos bouteilles, nous nous sommes équipés une nouvelle fois et nous avons été rejoindre les autres pour poursuivre plus tranquillement cette plongée. Je n’aurai pas vu plus à la seconde plongée qu’à la première mais sans le petit incident, les plongées n’auraient eu aucun sel !

Mercredi 19.

Et voilà déjà nos deux dernières plongées ! Par bonheur, il fait pétiole et le ciel est bleu (les nuages apparaîtront dès notre retour à bord mais nous aurons eu une bonne luminosité pour plonger).

La première plongée s’est déroulée à « l’Aquarium » (-13m. – 57’ – 24°). Plongée très relaxante qui nous a permis de regarder à notre aise. Le spot de plongée est situé en face de la « Pointe des canonniers » … idéale pour des débutants. Nous en avons d’ailleurs rencontré un troupeau !

La seconde plongée que nous souhaitions plus cool encore, a eu lieu à « Merville » (-13 m. – 65’ – 24°). Nous avons passé une heure à scruter par le menu détail, une seule et unique étendue de corail ! Nous y avons vu des murènes à profusion, des ptéroïs, des rascasses dont une toute blanche du plus bel effet, des Bernard l’Hermite, des crevettes nettoyeuses et des squilles. C’était fantastique.

Avant de repartir sur « Grand Baie », nous avons été admirés deux baleines à bosse qui passaient tout près de là. Un spectacle toujours aussi grandiose.

Arrivée de « Tapasya », voilier polonais que nous avions vu aux « Cocos Keeling » … nous ne sommes plus seuls au monde !

Le soir, nous étions invités à dîner chez Anne & Michel (le frère de Jean-Marc) qui tiennent l’hôtel « 20° Sud » faisant partie des « Relais et châteaux ». Nous avons eu droit à la visite de l’hôtel ainsi que d’une des suites … tout simplement magnifique. Comme quoi le « bon goût » belge peut également s’exporter.

Pour y accéder, nous avons pris notre annexe que nous avons amarrée au ponton de l’hôtel. Cool.

L’hôtel possède toute une petite flottille dont le Lagoon 440 mais aussi le « Lady Lisbeth », véritable pièce de musée, à bord duquel les clients peuvent dîner en le cadre d’une ballade nocturne dans la baie … romantique à souhait.

Comme leurs enfants avaient tenu à s’associer à cette soirée, nous avons dîné en leur domicile situé un peu plus loin. Comme le monde est minuscule, nous avons eu l’occasion de constater le nombre incroyable d’amis que nous avions en commun … encore un peu et on se serait cru à une soirée mondaine bruxelloise !

Délicieuse soirée donc … où une fois encore, nos aventures furent à l’honneur. Je finirai par envisager de réaliser un cycle de conférences.

Jeudi 20.

Comme nous recevons à l’apéro, toute la famille d’Anne & Michel, très curieuse de découvrir notre bateau, nous n’avons pas eu d’autre choix que de terminer le récurage de notre teck … et de faire en sorte que notre intérieur soit le plus présentable possible. Pffffft … quel boulot.

L’apéro s’est excessivement bien déroulé même si à un certain moment, nous étions 12 personnes à bord (de 9 mois à 62 ans) !! Michel était venu très sympathiquement avec toute sa « tribu » pour reprendre sa propre expression. Avec les jeunes, cela bougeait énormément et leur « Boston Whaler » n’arrêtait pas de faire la navette entre l’hôtel et « S.A.S.³ ». Cela restera un excellent souvenir de plus.

Vendredi 21.

Jean-Marc nous ayant très gentiment proposé de nous conduire jusqu’à un fabriquant de plexi, nous sommes partis dans sa voiture jusque là. Notre bac à glaçons est trop profond lorsque nous ne sommes que deux à bord c’est-à-dire la grande majorité du temps en sorte que nous souhaitons placer un double fond pour en réduire le volume.

Profitant de l’occasion, il nous a fait découvrir certains panoramas de l’île à vous couper le souffle. Rarement connu quelqu’un d’aussi gentil et serviable que Jean-Marc.

De retour à bord, nous attaquions le nettoyage de la coque qui en avait grandement besoin après notre récurage du pont à l’eau de mer.

A 16 heures, nous étions attendus au bar de l’hôtel « 20° Sud » où Michel nous fournissait de précieuses indications sur « Madagascar ». Rien que pour l’ambiance, nous irions passer quelques jours, en cet hôtel. Je vous le recommande très chaudement si vous venez à « Maurice ».

En nous dirigeant vers « S.A.S.³ », nous découvrons un nouveau venu dans la baie … «Happy Bird » (Sun Odyssey 40 DS) battant pavillon hollandais. Il n’aura fallu que quelques secondes pour nous retrouver dans le cockpit d’Yvonne & Roderick, un verre à la main.

Ils sont partis, il y a 6 ans, pour un tour du monde sans avoir jamais fait beaucoup de voile auparavant … exploitants de cinémas, ils n’avaient pas le temps (sic). Vous noterez quand même qu’ils en sont à leur troisième voilier … Après avoir passé deux ans en Malaisie (à « Langkawi », principalement), ils ont traversé l’Indonésie et sont arrivés à « Rodrigues » en 31 jours … sans le moindre arrêt !!

Ils ont pour projet d’aller à « La Réunion » et de là, directement sur l’Afrique du Sud … ensuite, ce sera « St Hélène » – « Ascension » – «Les Accores » et la remontée jusqu’aux Pays-Bas. Ils se sentent vieux et aspirent à rentrer à la maison.

Durant l’apéro, nous avons assisté à l’arrivée de « Oryx », catamaran battant pavillon anglais qui présente deux singularités : la première étant que chacune des coques est surmontée d’un mât et la seconde que ces mâts sont étonnamment petits !!

« Oryx » est skippé par un solitaire venant en droite ligne de Grande-Bretagne et désireux de se rendre en Australie … également en ligne droite c’est-à-dire contre le vent et la houle !!! Un doux dingue comme Patrick venu rejoindre « Tahaa Tiva » aux « Cocos Keeling » … juste pour participer à la traversée de « l’Indien » !!! Il faut décidément de tout pour faire un monde …

Samedi 22.

Nous étions invités à un barbecue chez Christine & Carl que nous connaissons depuis des années grâce à la plongée … Carl est belge et son épouse, mauricienne.

Pour se rendre à « Albion » où ils habitent, nous avions loué une voiture et en avons profité pour faire un détour par la « marina Caudan » où j’ai eu la surprise de ma vie : « Saol Elle » – « Yolo » et « Crystal Blues » étaient là … alors que je les imaginais en train de découvrir « Madagascar » !!

« Badoc » était également présent et nous a appris que « Lady of Lowlands » avait quitté la marina la veille pour « Madagascar » !! Décidément, je n’aurais pas imaginé que tous ces plaisanciers étaient aussi accrocs de marina …

Si notre GPS Garmin n’a pas servi à grand-chose dès lors qu’il ne connaissait pas l’adresse de nos amis … en revanche, la cartographie avec GPS de notre Ipad a fait merveille et nous avons trouvé du premier coup … ce qui n’a pas manqué de surprendre notre ami Carl.

Chez Christine & Carl, nous avons fait brièvement la connaissance d’Arnaud et de son fils qui sont passés entre deux plongées (assez original comme démarche) … et de la très sympathique Sabine qui vit à « Maurice » depuis 30 ans.

Sur le retour, nous en avons profité pour faire notre avitaillement « liquide » soit 72 canettes de bière, 48 litres de lait, 48 petites bouteilles de Coca et 24 petites bouteilles de Sprite … c’est que cela donne soif de voir à longueur de journée, de l’eau partout !

Dimanche 23.

Alors que j’avais rêvé de passer une journée super cool à terminer la lecture de mon roman … je l’ai passée à bricoler la vanne de surpression de notre chauffe-eau qui fuitait depuis quelques temps déjà : le genre de travail que l’on remet facilement au lendemain ! Bien évidemment c’est quand tout est terminé, que l’on a une meilleure vue de la question au point de conclure que si on avait su … on aurait pu s’en tirer beaucoup plus simplement !

Vers 17 heures, Marian & Francesc de « Badoc » passaient à bord pour discuter des mouillages sur « Madagascar ».

A 18 heures, Yvonne & Roderick de « Happy Bird » nous rejoignaient pour l’apéro que nous avons pris tous ensemble dans le cockpit.

Notre séjour à « Maurice » est assez trépidant et notre vie sociale est plutôt fournie. Nous faisons le plein avant d’aborder « Madagascar » où nous n’aurons plus droit qu’à la nature à l’état brut … brrrr « I am happy » dirait Droopy.

Lundi 24.

« Le mieux est l’ennemi du bien » dit-on en bricolage et c’est malheureusement bien vrai. A vouloir remédier à ma fuite d’eau, je ne suis pas convaincu que mon résultat de ce lundi soit meilleur que celui de hier … cela ne « fuite » plus mais je n’ai pu éviter un goutte-à-goutte énervant. Cela m’aura en tous les cas et une nouvelle fois, monopolisé quasiment toute ma journée ! Cette fois-ci, je m’arrête là … avant d’en terminer par changer toute l’installation !

Le ciel est très nuageux aujourd’hui et nous aurons même droit à un petit grain. Quant au vent … celui-ci redonne de la voix depuis quelques jours et le phénomène devrait, hélas, s’amplifier dans le courant de la semaine !!

Mardi 25.

Journée un peu crade avec du vent et un peu de pluie … la météo ne s’améliore guère !

Comme l’heure du grand départ approche à grands pas, Ann potasse la matière pour l’établissement de la meilleure route possible. Je me contente pour ma part, de reporter sur la carte, tous les endroits de mouillage possible. Tout dépendra évidemment de la météo mais je crains que ce ne sera pas une partie de plaisir jusque « Cape Town » … décidément, il est encore très long le chemin pour retrouver les « Petites Antilles ». Quand je pense à ceux qui y sont et qui ne doutent pas du bonheur d’y être simplement ! C’est promis, juré, craché, je ne me montrerai pas difficile quand nous y serons …

Mercredi 26.

Il fait assez venteux aujourd’hui … ce qui ne change pas essentiellement de l’habitude ! Enfin, on ne peut pas se plaindre parce qu’en été, ici à « Maurice », c’est 35° avec une humidité à couper au couteau et cela dure deux mois ! Nous avons connu cela dans le Sud-Est asiatique et ce n’est absolument pas supportable.

Comme je n’avais quasiment aucune photo pour mon article, je suis parti avec l’annexe … « en reportage photos ».Je n’ai pas résisté à l’envie de prendre une photo du « bateau pirate » que l’on retrouve quasiment dans toutes les îles touristiques que nous visitons et de la plage de l’hôtel « 20° Sud » avec son ponton.

Depuis quelques jours, Ann procède à l’avitaillement du bord … c’était au tour de ce qui se conserve sur le long terme comme les boîtes à conserve, le café, le Nesquik, le sucre, le sel, les produits d’entretien etc. etc. Il y a peu de chance que nous ayons beaucoup l’occasion de nous ravitailler à « Madagascar » d’autant que les villes sont à éviter pour des motifs de sécurité. C’est au mouillage près des agglomérations que nous risquons le plus, surtout la nuit … si l’on en croit les différents sites consultés !!

Comme chaque fois, en début de nuit, le vent est totalement tombé … mon Dieu que c’est agréable, ce calme divin, cette quiétude, ce bonheur sur l’eau. Plus le jour du grand départ approche … et moins j’ai envie de lever l’ancre.

Jeudi 27.

Nous avons eu des nouvelles de Norma & Phil de « Minnie B ». Nous avions espéré qu’ils viendraient avec nous à « Madagascar » mais en fait, ils sont arrivés seulement ce matin, à « Port Louis » en provenance de « Rodrigues » et compte passer quelques semaines sur l’île avant de se remettre en route … ils n’auront donc plus trop le loisir de passer par le Nord de « Madagascar » …

Malgré une nouvelle fois, un vent à décorner un bœuf, nous avons lustré l’hiloire inférieure … reste donc le supérieur à briquer ! J’avais tellement honte de passer une journée à farniente que je me suis lancé tête baissée dans ce « petit » travail … qui s’est révélé beaucoup plus esquintant que prévu ! Encore heureux qu’Ann est venue à mon secours. Enfer et damnation, on n’en finira jamais.

Nous avons complété notre réserve en huile moteur pour nos futurs entretiens … 55 litres ! Auparavant, notre réserve se limitait au strict minimum mais depuis que nous avons compris toute la difficulté de se ravitailler en certaines régions … nous voyons plus grand. Par contre, nous nous sommes pris trop tard pour notre eau glycolée … délai de livraison : mi-septembre !

Vendredi 28.

Cela faisait plusieurs jours déjà que je me disais qu’il fallait le faire mais j’attendais un jour sans vent … et bien évidemment, c’est avec un vent assez fort que je me suis résigné à passer à l’action !

Comme mon navigateur adoré a déterminé que lundi serait un bon jour pour quitter la baie en raison d’une marée exceptionnellement haute, il ne me restait plus tellement de possibilités pour caréner … d’autant que je voudrais encore poser notre nouvel échosondeur sur la console de notre annexe avant notre départ. Certes, nous ne partons pas très loin puisque nous allons à la « marina Caudan » en l’attente d’une bonne fenêtre météo pour « Madagascar » mais je m’y vois mal caréner ou bricoler à mon aise. En fait, je ne m’y vois pas du tout tant j’ai gardé un mauvais souvenir de notre passage en ces lieux.

Le carénage (semelle de quille, hélice et sangles de levage essentiellement) m’a pris près de deux heures dans une eau froide, avec du courant et une visibilité réduite à 50 cm. Autant dire que j’en suis ressorti un peu vert et pas trop dans mon assiette … mais bon, c’était absolument nécessaire. Pour bien faire, je devrais programmer une seconde plongée pour vérifier que je suis bien passé partout mais je ne suis pas convaincu d’en trouver le courage.

Alors que j’allais sortir de l’eau, Michel de l’hôtel « 20° Sud » venait nous poser quelques questions sur notre tour-du-monde car il espère pouvoir en faire autant d’ici trois ans. Toujours sympa de discuter avec un candidat au départ qui essaie de se faire une idée de ce qui l’attend…..

Le soir, nous recevions à dîner, Jean-Marc (le frère de Michel) et son fils, Grégory. Très sympathique soirée où la plongée et la voile ont tenu une grande place. Jean-Marc nous avait ramené de Belgique, une série de pièces que nous avions commandées.

Samedi 29.

Journée essentiellement tournée sur le bricolage. Il s’agissait de monter un échosondeur sur notre annexe. Ce sont nos péripéties nocturnes pour rentrer à la marina de « Jakarta » qui nous ont donné cette idée : se servir de notre annexe comme « éclaireur de profondeur » pour nous éviter de nous planter avec « S.A.S.³ ».

Et quand nous y repensons, il y a déjà eu plusieurs occasions où cela nous aurait bien servi notamment à « Cayo Largo » (Cuba) où nous avons parcouru une sorte de no man’s land sans trop bien savoir si nous avions suffisamment de profondeur pour nous y aventurer ! Même quand l’eau est cristalline, il est impossible d’évaluer correctement la profondeur à 50 cm. près.

Nous comptons dès demain, baliser de la sorte notre chenal de sortie de la baie pour lundi.

Je suis pour une fois, particulièrement fier de mon travail parce que c’était tout sauf évident du premier abord : il a d’abord fallu fixer la sonde sur le tableau arrière en respectant les prescriptions du fabricant ensuite tirer le fil de la sonde sous le plancher, fixer la console de contrôle et enfin, assurer le raccordement à la batterie.

Le plus dur a encore été de fixer la sonde sous la ligne de flottaison … ce qui m’a obligé à travailler alors que l’annexe était suspendue dans le vide !

Dimanche 30.

Cela souffle à nouveau à décorner un bœuf … joie !

Nouvelle journée d’avitaillement avec le « frais » cette fois … le frigo est plein à craquer. Nous en avons profité pour passer par « Mr. Bricolage » pour un peu achalander ma caisse à vis qui se fait doucerettement un peu pauvre et chercher un écrou de 4 mm qui m’a fait cruellement défaut hier ! Ce fut le plus dur à trouver et finalement, c’est chez le Shipchandler que nous avons trouvé notre bonheur.

Demain, sur le coup de midi, nous partons pour « Port Louis » et sa marina … s’il y a de la place pour nous !

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Responses

  1. chers Ann et Stéphane, trop chouette de pouvoir continuer à vous suivre et de voir votre progression. Mais aussi les états d’humeur, les plaisirs et les souffrances. Merci de tout coeur. B and B

    • Cher Bernard,

      C’est avec toujours autant de plaisir que nous lisons tes commentaires. Tes encouragements me font chaud au cœur et me pousse à continuer à tenir notre blog.

      Amitiés,

      Stéphane.


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