Publié par : Ann & Stéphane | 4 juillet 2015

16.06 au 03.07.2015 – Ile Maurice.

Mardi  16.

Après une nuit où nous avons pas mal roulé, nous nous réveillons encore un peu groggy de nos dernières mésaventures. De manière à nouveau paradoxale, il fait plutôt venteux de surcroît !! Décidément, notre arrivée sur l’île n’aura pas été un cadeau …

Nous avons énormément de choses à faire, des coups de téléphone à donner, des E-mails à envoyer, des solutions à trouver, un blog à mettre à jour et dans les conditions du moment … on se sent un peu paumé.

La mise à jour du blog est pour moi, une priorité car non seulement il s’agit pas de ne pas oublier les « détails » mais aussi parce que je souhaite qu’il soit toujours attractif. Que de frustrations à la lecture d’autres blogs trop souvent laissés en friche !

Après une longue matinée d’écriture, la houle donnant enfin des signes d’affaiblissement, je prends le risque de procéder à la réparation de notre annexe … suspendue dans ses élingues au portique arrière.  Le boudin crevé est situé sur l’arrière tribord et donc, du côté extérieur.

L’opération terminée, il faut maintenant attendre 24 heures avant de pouvoir gonfler le boudin et 72 heures avant de remettre l’annexe en service !

A 15 heures, un électricien montait à bord pour notre problème de GE et  pour résoudre un nouveau problème de fuite à la masse.  En fin d’après-midi, l’intérieur du bateau ressemblait plus à un champ de bataille qu’autre chose mais  de sérieuses pistes étaient mises en avant.

Un peu avant qu’il ne parte, Ann essayait en vain de remettre en route le GE !! Par chance, notre groupe a finalement bien voulu  démarrer … un problème de batterie qui a bien failli terrasser Ann d’une crise cardiaque : c’est qu’à la longue, ces problèmes techniques à répétition deviennent difficiles à vivre.

Mercredi  17.

C’est fini  la houle et le vent … le mouillage est à nouveau « normal ». Tous les « locaux » sont de sortie avec leurs guests  et n’hésitent pas à venir nous passer très près.  Bien que nous y soyons habitués maintenant, cela reste malgré tout parfois un peu « emmerdant » pour dire les choses telles qu’elles sont.

Profitant de l’absence de vent, nous nous sommes attaqués au démontage de la GV ! Bien qu’elle ait été complètement réparée et révisée à « Phuket »  … nous avons une nouvelle déchirure à hauteur du guindant ainsi que des « faiblesses » sur la chute. Il ne fait plus de doute que nous devrons la remplacer mais, idéalement, nous souhaiterions être aux Antilles pour passer commande.

PS. Nos voiles ont quasiment 5 ans et plus de 26.000 milles au compteur !

Comme de bien entendu, le vent s’est levé alors que nous avions déjà commencé le travail … et il m’a même semblé qu’il était retombé lorsque nous en avons eu terminé !

Tandis qu’Ann profitait de notre water-taxi attitré  pour aller à terre faire des courses d’avitaillement, votre serviteur poursuivait ses bricolages à bord.

Nous avons dégoté grâce à Sylvie (une connaissance de notre fille, installée à « Rivière Noire), une société de yacht service locale avec laquelle nous travaillons désormais … Malheureusement, lorsque nous recevrons notre première facture, nous nous rendrons compte que le service facturé est tout simplement prohibitif  voire carrément un peu « limite » … des demi journées comptées pour des journées entières et tout à l’avenant !

Jeudi  18.

Vers 9 heures, la voilerie U.M. Sails venait chercher notre GV pour la réparer. Très sympa Laurent.

Nous ne l’avions pas vu mais « Marick » était mouillé à quelques encablures devant nous ! Nous avons rencontré ce catamaran français (Outremer 49’) en diverses occasions sans avoir eu réellement le temps de faire plus ample connaissance avec Marie & Patrick.

Ce matin, ils sont venus nous saluer très gentiment avec leur annexe, juste avant de partir pour « Port Louis ». Ils ont réalisé au départ de « Phuket », la traversée de l’Océan indien par le Nord, en trois étapes (Ceylan, Chagos, Rodrigues) ce qui m’a toujours semblé plus « évident » mais notre assureur nous interdisait cette option … A lire leur blog, j’en retiens qu’ils n’ont pas eu souvent du vent !!

Comme nous partons demain pour le mouillage de « Grand Baie » situé au Nord de l’île, Ann est partie à terre pour restituer  la voiture de location. Nous vous recommandons pour son sérieux, la société « Seasons Car Rental ».

Vendredi  19.

Un peu après 8 heures,  Yanick (un skipper de « Grand Baie ») montait à bord  pour nous aider à rejoindre « Port Louis » (18 milles) où un camion-citerne nous attendait et ensuite, pour aller mouiller à « Grand Baie » (12 milles) où tout le monde nous soutient que nous ne pourrons rentrer avec notre tirant d’eau …

Contre vent, courant et marée (15 à 17 nœuds de vent réel) nous avons atteint le port vers  11.30 heures … le camion-citerne patientait déjà depuis 1 heure  mais comme on dit à « Maurice » … « cool man » !

Nous nous posions la question de savoir la manière dont nous allions procéder – d’autant, qu’en principe, nous ne pouvions rentrer dans la marina puisque nous n’avons pas eu l’occasion de faire les formalités de santé – que Yanick nous a expliqué que nous devions nous amarrer sur le mur extérieur de la marina … celui qui mène à un plan d’eau très protégé mais peu profond.

Juste sur le bord, nous avons pu caler les 20 mètres de « S.A.S.³ » dans … 2.5 mètres d’eau ! Tout juste, tout juste …

Quand le camion-citerne est apparu sur le parking (il attendait en dehors du parking payant …), nous avons bien cru rêver ! En fait de « camion-citerne » … il s’agissait d’un minuscule Van ouvert avec un container en plastique rempli de 1.000 litres de diesel.  Un gros tuyau, une pompe branchée sur une petite batterie déposée sur le quai, un extincteur au cas où … et en avant la sauce.

Par chance, nous avions calculé à peu près exactement la quantité de fuel qu’il nous fallait parce que sans pistolet, il aurait été difficile d’éviter un débordement.

Après une petite pause déjeuner, nous sommes repartis.

Notre navigation fut aussi monotone que celle du matin (nous étions au moteur puisque sans GV …) mais nous sommes parvenus à faire correspondre notre arrivée  avec la marée haute. Il nous restait maintenant à aborder le problème de la barre de sable qui bloque l’entrée de la baie !

Un petit peu sur tribord … oui, là, c’est bon … non, un peu sur bâbord … encore plus sur bâbord … maintenant sur tribord … Yanick faisait un excellent pilote ce qui ne nous a pas empêchés de caler sur la fin de la barre mais en douceur ! Shit …

Alors que je pensais que nous étions dans le pétrin et pas qu’un peu, une petite marche arrière suivie d’un bon coup sur tribord nous a permis de franchir l’obstacle … reste maintenant à savoir si un jour nous parviendrons à ressortir de la baie !

A l’intérieur de la baie et quoi qu’en disent certains, nous avons retrouvé des profondeurs allant jusqu’à  8 mètres  … pas partout évidemment.

Pour ne gêner personne (nous sommes les seuls à l’ancre en sorte que notre évitage est beaucoup plus important que tous les bateaux amarrés à une bouée), nous avons jeté l’ancre au beau milieu du plan d’eau, un peu loin comme d’habitude du centre-ville.

Le temps de reconduire Yanick au rivage et de faire en annexe,  « le tour du propriétaire »  … nous sirotions tranquillement un  « apéritif maison » lorsqu’un énergumène est venu nous houspiller à partir parce qu’il organisait une régate de bateaux de pêche traditionnels  le dimanche et que nous étions en plein milieu du jeu de quilles selon lui !

Si nous ne sommes pas contrariants, fallait-il encore savoir où nous pouvions jeter l’ancre avec notre tirant d’eau et sans déranger personne. De prime abord … cela semblait impossible : soit nous n’avions pas assez d’eau, soit  on était dans le chemin de la régate c’est-à-dire à peu près partout ! Notre antipathique était intraitable et nous invita même à quitter la baie … ce qu’il nous aurait été techniquement impossible à réaliser !

Sur le coup, nous avons été heureux de voir apparaître les « Coast Guard » dans une annexe, modèle « radeau de la méduse » !  Cela calma un peu notre excité du bonnet  qui nous invita en finale, à le suivre dans la « anse des canonniers » où nous pouvions jeter l’ancre près d’une vielle épave à moitié émergée. Brrrrr.

Si nous sommes encore un peu plus isolés, la proximité de la plage avec l’arrivée prochaine de nos petits-enfants, n’est pas pour nous déplaire. Et somme toute, nous sommes peut-être mieux ici.

Retour à bord des « Coast Guard » qui nous ont fait compléter un paquet de formulaires … le nombre de formulaires à remplir est toujours inversement proportionnel à la grandeur de la « country » !

Samedi  20.

Je me demande parfois si « l’enfer » a été la traversée de l’Indien ou ce que nous vivons depuis que nous sommes arrivés à « Maurice » ! Cela n’arrête pas, nous n’avons pas une minute de repos et nous devons continuellement faire face à la résolution de problèmes les plus divers. Hier soir, c’était l’arrivée d’eau de notre GE qui était bouchée par du papier d’emballage !!

Aujourd’hui, Laurent et son frère nous ramenaient en fin de matinée, notre GV réparée … que nous n’avons eu d’autre choix que de remettre en place alors qu’un bon vent soufflait sur le mouillage … mais cela, on est habitué !

Nous n’avons malheureusement pas pu la hisser pour s’assurer que le montage était correct. Ce sera la « surprise du chef » la prochaine fois ! « I am happy » dirait Droopy.

Alors que je peaufinais les derniers réglages de la GV, Ann partait avec l’électricien, acheter une nouvelle batterie pour notre GE. Celle-ci n’aura duré que deux ans, la précédente trois ans !

Quand Ann part faire des courses, c’est toujours une aventure (aujourd’hui, elle s’est retrouvée  à motocyclette  derrière  un beau jeune homme …) mais elle parvient à ses fins et sans elle,  je n’en serais nulle part.

Dimanche  21.

Tous les jours, je me réjouis des températures très agréables auxquelles nous avons à faire. Nous pouvons – enfin –  vivre à l’intérieur du bateau sans nous transformer en flaque d’eau  pour autant.

Le vent souffle de 15 à 20 nœuds et c’est dommage car le mouillage est tellement accueillant quand il n’y a pas de fetch … malheureusement, il semblerait que cela soufflera comme cela toute la semaine.

Pour la première fois depuis que nous sommes à « Maurice », j’ai accompagné Ann jusqu’au « Super U » de « Grand Baie ». Très belle ballade qui m’a permis de me faire une petite idée de l’endroit même si bien entendu, de nombreux commerces étaient fermés et que par manque de chance, le « Super U » fermait exceptionnellement à 13.30 heures pour cause d’inventaire … c’était bien notre veine habituelle.

Comme il nous l’avait été suggéré, nous avons abandonné notre annexe, au ponton des « Coast Guard » qui est flottant et en éléments en plastique … idéale pour une annexe. Evidemment, le ponton est un peu plus éloigné du centre-ville … on ne peut pas tout avoir.

Nous sommes les seuls à nous amarrer au ponton des « Coast Guard » et c’est encore une chance car il n’y a que deux places libres … tous les autres vont au ponton de « Sunset Boulevard ». A marée basse, il n’y a pas de danger mais à marée haute, l’annexe risque de se caler sous le ponton suspendu ou de crever sur l’armature métallique !

De retour à bord, nous avons assisté en spectateur, à la fameuse régate des bateaux de pêche traditionnels  qui nous a valu d’être relégués où nous sommes actuellement  … pas de quoi fouetter un chat avec tout au plus 12 bateaux.

Au « Marin » (Martinique) nous avions eu droit à une régate de ce type mais les bateaux étaient nettement plus impressionnants et slalomaient entre les bateaux au mouillage … cette régate avait beaucoup plus  de panache mais n’allez surtout pas le répéter à notre excité du bocal.

Nous avons reçu des nouvelles de « Panisse » qui est toujours à « Rebak » (Langkawi – Malaisie).

Le soir, nous avions à dîner Christine, Carl et leur fille, Océane. Nous les avons connus en le cadre du Waterloo Diving Club avant qu’ils ne s’installent à « Maurice ».  Très sympathique soirée. Carl  avait réalisé un cake aux bananes à tomber par terre …

Par chance, le plan d’eau était très calme lorsque j’ai été reconduire nos invités, sur le rivage.

Lundi  22.

Ce matin, nous avons été chercher Yanick qui a été chargé par la société de yacht service, du nettoyage de notre coque qui en a bigrement besoin. Le sel fait toujours des ravages sur une coque sombre … en laissant des nuages blancs. Le seul moyen de rattraper la couleur reste le vinaigre blanc et beaucoup d’huile de coude.

Alors que je pensais pouvoir profiter de ma journée … je me suis retrouvé à nettoyer la coque avec Yanick !! Comme le jeune homme n’avait ni bateau, ni matériel … j’ai bien été contraint d’utiliser notre annexe et du même coup, de mettre la main à la pâte. Ce n’était évidemment pas ce que j’escomptais au départ …

La coque est propre mais nécessiterait maintenant un bon polish que je ne pense pas que nous pourrons appliquer tant que le bateau est au mouillage en raison d’un fetch trop important et fort perturbateur.

Tandis que nous frottions la coque, Ann était une nouvelle fois en courses mais … à pied ! Vous imaginez facilement les kilos qu’elle a dû se coltiner jusqu’à l’embarcadère alors qu’elle crève de mal au dos depuis notre nuit houleuse à « Port Louis » … elle qui n’a jamais connu de toute sa vie, des problèmes de dos !

Yannick reconduit à terre, nous avons préparé le voyage d’Ann. Nous avions programmé depuis un certain temps qu’elle retourne en Belgique pour une dizaine de jours. C’est très court pour celui qui part mais c’est aussi très long pour celui qui reste d’autant que les « Coast Guard » n’arrêtent pas de nous mettre en garde contre le vol mais aussi pour notre sécurité !! Excessif ou fondé … il me faut bien reconnaître qu’ils ont fini par me mettre mal à l’aise au moment même où je vais passer ma première nuit, seul à bord.

Si le spectacle manque un peu … nous avons quand même eu droit à l’échouage sur la plage, d’un bateau à moteur  coulé à sa bouée d’amarrage ! Cela donne toujours un froid dans le dos quand on voit un bateau coulé  si près du sien !

Mardi  23.

Voilà … j’ai survécu à ma première nuit de célibataire ce qui ne signifie pas pour autant que tout danger soit écarté mais bon, jour après jour, je finirai peut-être par  surmonter cette nouvelle épreuve.

On ne peut pas dire que c’est le grand soleil tous les jours à « Maurice » …  et aujourd’hui, il fait particulièrement crade avec des ondées très, très régulières ! Mais, je préfère cela de loin à la chaleur moite du SE asiatique.

Côté vent, c’est déjà beaucoup plus raisonnable que hier avec de temps en temps, une petite rafale.

Nous avons reçu des nouvelles de « Badoc » qui comme je le pensais, s’est fait piéger par « Rodrigues » ! Il n’arrivera à « Maurice » que début juillet mais y restera jusqu’à la première semaine de septembre … s’il ne change pas d’avis entre-temps.

Voilà pourquoi je ne voulais pas m’arrêter à « Rodrigues ». Après une longue traversée, on est fatigué ou épuisé en leur cas d’espèce, aussi faut-il du temps pour récupérer et une semaine n’y suffit généralement pas surtout si comme nous, vous connaissez divers problèmes techniques qu’il vous faut résoudre avant de repartir. Ensuite, on a pris ses marques, ses petites habitudes et il est bien difficile de redémarrer en ces conditions et puis, et puis, on se dit que l’on a tout son temps … sauf que juillet et août sont les plus mauvais mois pour traverser l’Indien et que « Rodrigues » est à 300 milles de « Maurice » !

J’attendais notre électricien mauricien pour 13 heures …  il est arrivé à 14 heures.

Après ¾ heure, il décréta que les pièces qu’il avait commandées, ne correspondaient  pas à celles de notre Switch automatique Mastervolt ! Il est donc reparti chercher les bonnes pièces en m’annonçant revenir dans l’heure … il est revenu que le jour s’estompait !

Après avoir déclaré forfait (!)  dans la recherche de notre fuite à la masse …  il a voulu rebrancher le fil d’alimentation des feux de navigation qu’il avait coupé jeudi passé dans le cadre de sa recherche,  … et le feu rouge ne s’allume plus !! Ce serait le fil électrique qui est en cause … et bien évidemment, il n’avait pas de fil électrique adéquat avec lui.

COOL  MAN … tu es à « Maurice ». « Sarcastique ? » – « critique ? » … qui,  moi ?  Je ne fais pourtant que relater sans a priori, des états de faits mais sans doute est-cela qui dérange certains qui souhaiteraient voir le monde en format carte postale !

Mercredi  24.

On a toujours le grand tort de s’imaginer que l’on a touché le fond du fond … alors qu’il y a toujours moyen de s’enfoncer un peu plus. Pour preuve …  je viens de découvrir que l’un de nos chargeurs Mastervolt, le 24/60 – 3,  est en panne !

La conséquence directe de cette panne est que toute l’électronique du bord a dû être coupée pour éviter de descendre les batteries. Mais le meilleur reste que le seul dealer Mastervolt le plus proche est à … « Cape Town ».

Où Mastervolt n’a pas été honnête avec nous c’est de ne pas avoir mentionné que toute l’installation devait être remplacée après 4-5 ans ! Nous en sommes à notre troisième appareil (deux chargeurs 24/100-3 et 24/60-3 et un isolateur Mass GI 7.0) à remplacer en quelques mois sans compter les relais de notre switch automatique qui ont dû être changés !! Par contre, je me dois de reconnaître  que Mastervolt se montre à chaque fois, très commercial  lors du remplacement et que cette fois-ci,  un chargeur  100A d’occasion nous est tout simplement offert !

Du côté de « l’extérieur » … les ondées se succèdent encore plus rapidement que hier. Dire que j’ai cru stupidement que nous étions en « haute saison » …

En milieu d’après-midi, la météo s’est enfin un peu calmée ce qui a permis à notre électricien de venir rebrancher nos feux de navigation. Ce n’est pas grand-chose mais cela fonctionnait bien avant sa venue à bord alors je souhaitais au moins retourner à la case départ … à défaut pour lui, de trouver la cause de notre fuite à la masse.

Jeudi 25.

Je ne pense pas avoir connu une autre île où les grains se succédaient à une telle fréquence ! C’est tout simplement dingue ! C’est l’hiver me répondent les autochtones … tenez vous le pour dit : juin n’est pas un bon mois pour venir à « Maurice ».

J’avais bien constaté que l’eau n’était  pas limpide dans la baie mais je n’aurais pas imaginé que je serais astreint à nettoyer les filtres de notre déssalinisateur, tous les deux jours !! Décidément, « Maurice » est bien éloignée du souvenir que j’en avais gardé …

Comme Ann n’est pas là, je n’ai pas vraiment eu le choix … il m’a fallu me montrer « civilisé » et faire quelques courses.

J’en ai profité pour visiter « Grand Baie La Croisette ». Magnifique, superbe, plutôt chic mais affreusement froid comme ambiance … à moins que ce n’était pas le bon jour. Le « Mr. Bricolage » que l’on y trouve, est propre et accueillant … il pourrait être un peu plus achalandé, la place ne manque pas entreposer plus de marchandises !

Je me suis ensuite rendu dans le centre-ville de « Grand Baie » et plus précisément, au « Super U » … nettement plus convivial, plus familial aussi.  Son point fort … tous les Fast Food dont Mac Do, y sont réunis.

Juste avant la tombée de la nuit, j’étais de retour à bord.

Vendredi  26.

Pour une fois qu’il fait beau et relativement calme … je me devais d’en profiter pour nettoyer notre ligne de flottaison.

Au départ des « Cocos », la coque était passablement propre mais il semblerait que des  algues se soient accrochées durant la traversée  … il s’agit d’une première !! Sur 20 cm. ce n’était que prairie et vert pâturage … toute  l’étrave n’était qu’un gazon.

Pour m’assurer une meilleure flottabilité, j’avais enfilé ma combinaison de plongée 3mm.  Je ne l’ai pas regrettée tant l’eau était étonnamment fraîche … j’ai été très, très surpris.

Après un nettoyage énergique qui m’a pris moins de temps que je ne le pensais, je suis descendu sur le fond (-5.5 m.) avec une bouteille sur le dos. Le prétexte était de retrouver la spatule qui venait de m’échapper des mains.

La visibilité est nulle, de l’ordre d’une dizaine de centimètres pas plus, et le fond est du sable recouvert d’une pellicule de vase.  J’ai cherché pendant une dizaine de minutes sans trouver trace de quoi que ce soit. Si j’avais espéré faire l’un ou l’autre baptême de plongée avec mes enfants au départ du bateau … c’est loupé !

Samedi  27.

Même météo que hier … le super pied. C’est qu’en finale, je finirai par apprécier cette île … si, si, je vous assure que  c’est vrai. Mouais … bon, je reconnais : je viens de m’enfiler un « Martini on the rocks » à vous faire pâlir d’envie  mais même sans.

Un des points forts de l’île est que même si l’anglais est la langue officielle … tout le monde parle le français, on peut y capter Canal + ou acheter des livres en français. En bref, on se croirait dans les Dom-Tom !

Quand on parle de Canal +, j’ai reçu aujourd’hui notre décodeur … il ne reste plus que le technicien qui doit encore passer nous régler tout cela. J’aurais bien voulu qu’il passe plus tôt mais il était « en déplacement » toute la semaine et sur une île aussi grande … on ne peut pas, ne pas tenir compte des distances. Mon petit doigt me dit que nous allons encore beaucoup nous amuser avec notre technicien  …

On capte la TNT sur l’île mais ce n’est pas regardable ! Il y a une ou deux chaînes anglaises  +/- « potables » mais aucun JT (!) et le reste ne sont que des chaînes indiennes qui n’ont pas été  conçues pour un Européen. La population de l’île est à dominance indienne.

Dimanche 28.

La récréation fut de bien courte durée … il pleut à nouveau !  Difficile en ces conditions de travailler longtemps à l’extérieur alors que nos inox attendent avec impatience que nous leur retirions cet aspect de métal rouillé qui leur sied si mal. L’inox ne rouille pas par définition mais les embruns laissent un film brunâtre  qui ressemble à de la rouille.

En attaquant nos inox entre deux pluies,  je me rends compte que je ne nettoie pas  pour que cela soit propre mais plutôt pour que personne  ne voie pas que c’est sale !!!

En montant à bord, croyez-vous que notre visiteur du jour s’esclaffera   … « mon Dieu que vos inox sont propres ! ». Non, assurément non  … par contre, si les inox sont sales, son attention sera immédiatement attirée par toutes  ces taches de rouilles très vilaines et il pensera en son for intérieur,  « mon Dieu que le bateau est vieux ! ».

Lundi  29.

Ce n’est pas encore aujourd’hui que la météo va s’améliorer … le ciel est plombé et la pluie fréquente. Personne ne connaît un lieu de villégiature sympathique à me renseigner ?

Pas trop le choix … je me suis tapé la poursuite des inox alors que d’autres se seraient tapé une contractuelle !  « Et la tendresse ? Bordel ! » Film français  réalisé par Patrick Schulmann et sorti en 1979.

Mardi  30.

Plus de crédit sur ma carte de téléphone … une nouvelle fois pas le choix, je dois partir aux courses. Mon Dieu que ma femme me manque …

A peu près à chaque fois que j’amarre notre annexe au ponton des « Coast Guard », j’ai droit à une sévère mise en garde pour notre bateau et ma sécurité ! A les écouter, la baie est un véritable coupe-gorge surtout pour les étrangers … loin de moi  l’idée de critiquer ces mises en garde mais à la longue, cela finit par fatiguer. Certes, il y a lieu d’être « vigilant » comme à peu près partout dans le monde mais je ne peux tout de même pas passer toutes mes journées et mes nuits, assis dans le cockpit avec une arme dans une main et un projecteur dans l’autre.

Avec un tel discours, il y a lieu de prendre les jambes à son cou ce que j’aurais déjà fait depuis longtemps si ce n’est que nous ne voyons pas réellement où aller autrement. A « Port Louis », il n’y a pas de place et on oublie en cas de houle,  et à « Rivière Noire », c’est mortel … comme ambiance.

Petit passage par « La Croisette Grand Baie », puis par le « Super U »  … une belle trotte à pied pour un sédentaire comme  votre serviteur !

De retour au bateau, j’hésite un peu sur ce que je devrais  faire (qui  correspond rarement  à ce que je voudrais faire …) … le temps pour le destin de s’occuper de ma destinée : le GE  tombe en panne et me revoilà en salopette de travail avec une clef à la main !

Vérification de l’arrivée d’eau, changement du filtre à fuel, changement de trois filtres RACOR, changement du filtre à air, changement de la pompe à fuel.  Quand je pense qu’avant « S.A.S³ », je n’avais jamais mis les mains dans un moteur …

Le diagnostique s’impose  de lui-même: pas d’arrivée de fuel au GE !! Plus que vraisemblablement un tuyau bouché.

Comme par chance, le GE peut être alimenté en fuel soit par notre réservoir journalier, soit directement du réservoir de la quille … il suffisait de changer les branchements pour court-circuiter le tuyau bouché. CQFD.

A 21.03 h (heure locale) le GE tournait à nouveau.

Demain, il me faudra penser à déboucher  le tuyau d’arrivée de fuel en provenance du réservoir journalier. Un comble que ce tuyau puisse se boucher dès lors que par définition, le fuel  a déjà été filtré  avant d’arriver à ce réservoir !!

Mercredi  01.

« Quand faut y aller, faut y aller » ! Dois-je reconnaître que nager dans le diesel ne me tentait pas spécialement  ce matin, au sortir du lit

Après avoir vérifié, avec tests à l’appui, le circuit d’alimentation en diesel, force m’est de relever que je n’ai pas trouvé le plus petit bouchon possible et que curieusement, le GE fonctionne aujourd’hui  normalement dans son branchement  d’avant la panne !! Mystère totale donc sauf à croire aux esprits malfaisants qui s’amusent à me pourrir l’existence pour leur seul plaisir sadique.

 Une autre possibilité plus cartésienne reste l’improbable « bulle d’air ». Il est vrai qu’il me semble avoir constaté une très légère hésitation dans l’arrivée du diesel lorsque j’ai débranché le tuyau d’alimentation mais peut-on y croire ? Perso, je reste sceptique et penche davantage pour les esprits malfaisants.

Ceci étant, j’ai quand même été surpris de l’état absolument déplorable de nos filtres qui ruisselaient littéralement de crasse !! Du jamais vu en cinq ans de temps d’autant qu’à chaque remplissage, je mets plusieurs doses de  « fuel microbiocide » très efficace jusqu’à présent.

Il est probable que nous avons « tanké » un fuel de très mauvaise qualité … mais où ? « Nongsa Point » ou « Jakarta » en Indonésie ou « Port Louis » à l’île Maurice. J’ai un petit faible pour « Jakarta » car je n’ai pas vu ce que nous avons mis dans les réservoirs …

Pour le surplus, il pleut mais ce n’est pas une nouvelle …

Jeudi  02.

Arrivée d’Ann en provenance de Bruxelles. Comme le Père Noël, elle ramène dans sa hotte, de très nombreux cadeaux  … non, je veux dire … de très nombreuses pièces détachées ainsi  qu’un volumineux chargeur  100A qu’elle a pris en bagage à main ! Très courageuse, mon épouse …

Coup de gueule ! A l’aéroport de Bruxelles, nos 6 bombes imperméabilisantes ainsi que le pot de colle pour des réparations à notre annexe, ont été purement et simplement « confisqués »  au motif qu’il s’agit de produits … inflammables !!! Et pourtant ces produits se trouvaient dans notre bagage en soute.

Alors non seulement nous voilà privés de produits dont nous avons  réellement besoin mais de surcroît, nous n’avons pas pu les récupérer alors qu’il y en a quand même pour près de 100 € ! Qu’il soit interdit de les transporter en avion est une chose … qu’on nous les « confisque » en est une autre. Il était possible pour l’un de nos enfants d’aller les rechercher à l’aéroport mais je suppose que ceux-ci n’ont pas été perdu pour tout le monde … j’enrage vraiment.

Une fois à bord, il m’a été impossible de ne pas procéder  aux premières réparations …

Grosse déception en apprenant le soir que le technicien pressenti pour réaliser notre connexion à Canal +, jetait l’éponge !  Il devait venir demain mais  je l’avais mis en garde par E-mail  sur le fait que sans le programme KVH, la connexion était impossible. Ma mise en garde était sans doute un peu trop claire sur le fait que je ne souhaitais pas qu’il vienne jouer aux apprentis sorciers avec notre installation … j’en ai déjà tellement vu avec tous ces zigotos !

Nous voilà donc avec un abonnement d’un an à Canal+ mais sans connexion … Nous n’avons pas agi avec légèreté : nous avions toutes les assurances de notre société de yacht service que leur technicien pouvait réaliser la connexion … mais malheureusement, cette société est absolument tout sauf  sérieuse ! Maintenant si vous ne me croyez pas, travaillez  avec cette société et laissez vous plumer à l’envi …

Vendredi  03.

Un des problèmes méconnus avec « l’île Maurice » est que cette république n’a aucun accord bancaire avec la Belgique ! Les conséquences en sont … l’impossibilité de faire un virement vers « l’île Maurice » et l’impossibilité de se procurer des MUR (monnaie locale) en Belgique !! Pas pratique du tout lorsqu’on doit  payer des factures un peu importantes  …

Les distributeurs de billets de banque limitant les retraits … la seule solution reste de retirer de l’argent directement auprès d’une banque !

Cela faisait déjà plus d’une semaine que j’y cogitais  mais seul, je n’ai pas osé car en cas de pépin, je me serais retrouvé bien seul …

Ce matin, nous avons pris notre courage à deux mains et nous avons déplacé le bateau pour nous rapprocher du centre-ville, des autres bateaux et du poste des « Coast-Guard » … et vous me voyez ravi d’avoir rejoint la société des vivants ! C’est beaucoup plus animé de ce côté-ci de la baie …

« A chaque jour suffit sa peine » affirme l’adage … après avoir procédé au remplacement de nos housses de bouées gonflables mises à mal par la houle à « Port Louis » … j’ai pour la première fois depuis bien longtemps, farniente tandis qu’Ann était en courses.

 

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