Publié par : Ann & Stéphane | 29 mai 2015

15 au 28.05.2015 – « Jakarta » – « Cocos Keeling Islands » : 711 milles.

Vendredi 15.

Grosse ambiance à bord peu avant de quitter la marina : l’airco ne fonctionnait  plus et malgré le nettoyage du filtre et divers chipotages, pas moyen de le relancer !! Prochain dealer Webasto … « Cape Town » en Afrique du Sud ! Joie.

Alors que j’essayais de mettre en ligne mon dernier  article … Ann vient me trouver pour me dire que c’est le GE cette fois, qui ne chargeait  plus !! Du même coup, ce sont les batteries qui menaçaient de se décharger dangereusement …

A ce stade critique de l’histoire … nous reportions sine die, notre départ !

Ayant déjà connu ce type de panne avec le GE … j’ai actionné plusieurs fois de suite, le disjoncteur et tout est rentré comme par miracle, dans l’ordre !! Petit problème d’oxydation aux contacts du disjoncteur, pensais-je.

Alors que nous avions craint toute la journée, qu’il ne soit pénible d’attendre jusque 21 heures pour quitter la marina avec la marée haute, le temps était tellement passé vite qu’encore un peu et nous rations la marée !

Nous avons parcouru le chenal sans le moindre problème … même si à certains moments, je n’avais que 2.20 m. au sondeur … au lieu des 2.50 m. nécessaires ! La marina nous en avait parlé  … sa pelleteuse avait effectivement  « dragué » le chenal durant notre séjour. Difficile de parler d’un « dragage en profondeur » mais avec ses faibles moyens, cette petite pelleteuse est quand même parvenue à réaliser quelque chose.

Alors que nous n’avions rien demandé cette fois-ci, la vedette de la marina est venue nous rejoindre pour nous montrer le chemin … sympa.  Les Indonésiens sont adorables.

Allions-nous jeter l’ancre au milieu des cargos ou au contraire, poursuivre notre route de nuit ?

Ann était partisane de s’arrêter  mais pour ma part, je préférais continuer sur notre lancée.  Vous connaissez tous l’adage : « ce que femme veut, Dieu le veut » … aussi, nous avons poursuivi  notre navigation.

Nous n’avons pas eu une seule minute à nous … virement sur tribord, virement sur bâbord, accélération, point mort … nous avons eu droit à tout : cargos (voire même  le dernier modèle  de cargo furtif … pas le moindre écho radar !!), remorqueurs, pêcheurs, quelques  paniers et bouées … et par deux fois, un drôle de bruit sous la coque !!

Les pêcheurs indonésiens sont les plus insupportables … jamais de feux réglementaires mais  des feux totalement fantaisistes qu’il est impossible d’interpréter ! Enfin, il faut encore se réjouir quand ils ont un feu à bord car il n’est pas rare qu’ils naviguent sans la moindre lumière !!

Imaginez la situation : vous naviguez en pleine nuit noire et d’un coup, un phare s’allume à quelques encablures de votre bateau !! C’est leur façon à eux de signaler leur présence … quand cela leur convient ! Aussi puisque nous ne pouvions les voir (pas d’écho radar !), nous avons mis notre feu de hune pour être plus visible d’eux. Généralement, nous ne le faisons pas fonctionner même lorsque nous marchons au moteur comme en le cas d’espèce, car il nous éblouit trop.

Durant la nuit, le vent a oscillé entre 5 et 13 nœuds de vent réel. Alors que nous l’avions à 90° en quittant la marina, il est passé avec le changement de cap, à 50° puis a oscillé entre 23° et 40° pour finir vent debout. Selon la météo, nous aurions dû avoir un vent portant …

Nous avons attendu le petit jour pour hisser la GV et marcher à la voile. Toujours les mêmes raisons … pas de manœuvre importante après la tombée de la nuit, besoin de remettre le pied à l’étrier en douceur, météo déroutante et nécessité d’avoir une excellent vue sur l’avant.

Samedi  16.

Après la nuit blanche que nous avons passée, il nous a été un peu difficile de « passer le cap » et aux aurores, nous étions tous les deux assez vaseux … mais une journée très ensoleillée avec une mer calme et belle, nous attendaient. Températures toujours aussi élevées avec des  35° à l’intérieur …

A 8 heures, le vent réel était de 9 nœuds et son angle de 50° … moment choisi pour envoyer la toile : 3,5 nœuds de vitesse moyenne dans l’eau. Pas le super pied mais nous étions bien décidés  à ne marcher qu’à  la voile sauf que  vers midi, avec une vitesse dans l’eau  inférieure à  2 nœuds, nous avons capitulé. Reste plus qu’à espérer que nous n’aurons pas trop de difficultés à faire le plein aux « Cocos ».

De manière parfaitement inhabituelle, nous avons maintenant, toutes les  difficultés  à mettre notre hélice tripale en drapeau et à éviter ainsi que l’axe ne tourne bruyamment !!  Une fois aux « Cocos », je constaterai que notre hélice était prise dans divers cordages et saletés …

Le trafic dans le « détroit de la Sonde »  (entre Sumatra et Java) n’était étonnamment pas très important.

Au Sud du détroit, nous avions droit à un lac … charriant énormément de saletés. Mais plus on se rapprochait de l’Océan et plus le plan d’eau était animé par une houle de fond.

Le détroit derrière nous … la mer est devenue une marmite en ébullition ! Beaucoup de bruit, beaucoup de chahut et pas l’ombre d’un pet de vent !!  Un peu déstabilisant comme  situation.

Moins d’une heure plus tard,  le vent s’est établi dans le 90°, 17 à 19 nœuds de vent réel … le bateau filait à près de 10 nœuds. Mais le jour était déjà fort entamé et peu de temps après nous prenions 2 ris dans la GV en vue de la nuit que nous avions à passer. Grand bien nous en a pris car insensiblement le vent est monté à 19-22 nœuds de vent réel.

Nous avons croisé quelques cargos qui tous poursuivaient une route opposée à la nôtre … à se demander s’ils venaient tous des « Cocos ». Quelques pêcheurs fortement éclairés étaient également visibles à l’horizon, grâce aux halots de lumière qu’ils formaient.

La nuit fut bonne bien que la mer fut assez démontée.  Au moment où il a fallu mettre le GE, celui-ci, une fois de plus, tournait mais … ne chargeait pas !! Enfer et damnation.

Après avoir beaucoup joué avec la manette du  disjoncteur, nous sommes parvenus à ce que le GE charge à nouveau.  Ouf !

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 166 milles.

Dimanche 17.

Au matin, l’état de la mer et du vent  n’avaient pas changé. Il faisait très beau.

Par malchance,  Ann se tapait un début de crève bien malvenue ! Nous avons passé notre journée à dormir … la meilleure chose à faire durant les longues traversées avec lire, bien entendu.

Sans s’annoncer, la mer s’est calmée progressivement en cours de journée. Le vent est même descendu jusque 15 nœuds de vent réel  mais en milieu d’après-midi, au moment même où nous nous posions la question de relâcher nos ris, le vent remontait à 17-19 nœuds.

L’angle du vent était « Ségolène » puisqu’il oscillait entre 100 et 120°. La dérive étant Nord, lorsqu’il passait à 130-140°, nous en profitions pour remonter au vent. Le rêve …

Si durant la journée, nous n’avons pas vu le moindre bateau … durant la nuit, toute notre attention fut retenue par un halot de lumière sur notre avant tribord. Nous nous doutions qu’il s’agissait d’un bateau de pêche mais nous avons été surpris de constater qu’en finale … il se dirigeait droit vers nous !!!

Il était tellement illuminé qu’il était impossible de savoir où était son  avant et son arrière, la direction exacte qu’il suivait etc. C’était un fantôme luminescent qui venait se saisir de nos âmes ! Brrrr.

Un moment, un phare s’est pointé vers nous … nous y avons répondu en éclairant nos voiles d’avant. Malgré cela, le fantôme ne dévia pas sa route, d’un degré ! Les chocottes, la trouille, la pétoche, la chiasse … voilà ce dont nous étions affectés en ce moment là. Qu’est-ce que vous imaginiez donc ? Que nous étions au spectacle en mangeant quelques friandises …

Quand je pense que nous passons chaque année, dans le cadre de la plongée, un électrocardiogramme sous effort alors que je peux vous assurer que si nous étions cardiaques …

En finale, nous avons gardé notre cap et notre vitesse et il nous a croisés  sur notre arrière … ouf !

Nous avons également eu droit à deux autres cargos mais ils étaient très visibles grâce à leur AIS et nous ont croisés fort au large.

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 179 milles.

Lundi  18.

Notre nuit fut bien meilleure que la précédente même si cela chahutait un peu. Le bateau est réellement très confortable … tous les autres bateaux ne peuvent pas en dire autant ! Pour certains même, c’est carrément l’enfer. Je vous rappelle le nom de l’architecte de « S.A.S.³ » … Vincent Lebailly.

8.20 Heures … la mer s’est à nouveau calmée avec un vent réel de 17 nœuds pour un angle de 125°.

Durant la journée, on passera de la voie royale (110°- 120°) à une voie beaucoup plus limite (135° – 145°) où nous avions droit au claquement des voiles et au tremblement du mât. En fait, tout dépend de la force du vent : 19 nœuds  (voie royale) alors qu’à 15 nœuds (voie limite) … en constante alternance !

Notre vitesse dans l’eau alternait, elle aussi, de 7-8 nœuds  à … 5-6 nœuds mais nous avons gardé nos deux ris dans la GV car c’est tellement plus confortable que sans cesse prendre/enlever des ris. Une majorité de plaisanciers vont plus loin encore, en ne naviguant que sous seul génois.

Question trafic, c’est surtout la nuit qu’on voit le mieux … ce qui ne m’a pas empêché d’apercevoir, de jour, un bateau de pêche sur tribord mais très au loin.

Depuis notre départ, le ciel est très dégagé et serein ce qui est évidemment très agréable.

Contrairement à ce que je pensais, le courant ne nous est pas toujours favorable … cela varie énormément dans le temps !

Notre meilleure occupation de la journée reste encore … dormir. Le soleil, lui, tape dur et il est difficile de trouver un coin d’ombre dans le cockpit … aussi, les places sont-elles chères !

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 153 milles.

Mardi  19.

Alors que je voguais sur un nuage de félicitée, je suis réveillé par Ann qui me dit : « nous n’avançons pas … nous avons deux nœuds de courant contre nous … nous n’y arriverons jamais  » !

Quoi ? Qu’est-ce ? Nous coulons ? Au feu ! Les femmes et les enfants d’abord !

Mieux réveillé, force m’est de donner raison à Ann : nous étions au milieu de nulle part et jamais nous ne reverrions la côte ! Et merde … oups, il m’a échappé celui-là !

Sous voilure de nuit,  pour un vent réel de 13-14 nœuds  … nous étions nettement sous-toilés. Nous avons donc commencé par hisser la GV haute et dérouler tout le génois. De suite, notre vitesse était nettement plus acceptable (7 nœuds) … mais, mais, mais un fort courant contraire (2 nœuds) nous ralentissait et avec un angle de vent supérieur à 140°, les voiles battaient  furieusement  à chaque vague un peu plus importante que les autres ! En clair, c’était très loin d’être le pied et le moral était dans les chaussettes.

Incroyable comme il suffit de peu de chose pour mettre ko le moral d’un équipage … le simple propos d’Ann  m’avait  littéralement plombé !  Jusque là, la philosophie du bord était « carpe diem » mais après cela, je n’ai plus eu d’yeux que pour le compteur de milles et pour mon plus grand malheur … nous n’avancions pas.

Psychologiquement vaincus, nous avons décidé de parcourir les 125 milles qui restaient … au moteur.

Après deux heures de calvaire dans une mer toujours aussi tumultueuse, j’ai cru déceler que le vent s’était établi dans la bonne direction … avec la bonne force !! Joie. Nous avons donc renvoyé toute la GV et un génois réduit  … le résultat ne s’est pas fait attendre : plus de 9 nœuds dans l’eau, un compteur de milles qui décroissait à toute allure et votre serviteur qui mouillait son Pampers. Que du bonheur.

 « S.A.S.³ » caracolait sur la vague avec une douceur incroyable et plus il allait vite et moins la mer avait de prise sur lui ! Il faut le vivre pour le croire. C’était démentiel.

Malheureusement, la nuit  tomba et  Ann voulut  réduire la voilure.  J’ai tenu bon jusque passés  21 heures  … histoire de  faire un peu grimper le compteur de milles journaliers mais par après, n’étant pas convaincu que je serais capable de passer une nuit blanche à veiller, j’ai capitulé et nous sommes repassés en mode « voilure de nuit ».

Nombre de milles parcourus en 24 heures : 135 milles.

Mercredi  20.

Le bateau était tellement confortable que j’ai cru, dans mon sommeil, que nous étions au mouillage !! L’état de la mer quoi que toujours fort perturbé, varie beaucoup au cours du temps.

Malgré mes craintes de la veille au soir, il ne restait qu’une trentaine de milles à mon réveil ! Evidemment, ces trente derniers milles m’ont paru les plus longs de mon existence et comme de surcroît, nous avons eu droit à quelques petits passages pluvieux (pas des grains mais des gros nuages noirs), je me suis à nouveau, posé la question de savoir si on y arriverait un jour.

Malgré tout cela ou peut-être à cause de tout cela, j’ai été fort tenté de faire l’impasse sur les « Cocos » et de continuer directement sur l’île Maurice !! Une fois qu’on est dans le bain jusqu’au coup et qu’après deux  jours de mer, on a enfin trouvé le rythme … pourquoi s’arrêter ?

Nous avions quelques informations sur les « Cocos » grâce à « Badoc » mais celles-ci étaient lacunaires et concernaient davantage son rat dont il est finalement venu à bout … hier soir ! Nous savions donc qu’il y avait d’autres bateaux au mouillage mais guère beaucoup plus.

L’arrivée au mouillage s’est réalisé tout en douceur en suivant scrupuleusement les waypoints renseignés par « Banik » sur son blog. Il n’empêche que nous avions les fesses serrées de se prendre une patate de corail …

Nous sommes arrivés à la « zone de quarantaine » (12° 05’ S – 96° – 52’ E), précédés par une famille de dauphins  qui effleuraient notre étrave !  Nous ne les reverrons plus par la suite ! Des petits requins (+/- 50 cm.) pointes noires nous ont également rendu  les honneurs. Nous ne les verrons plus après deux ou trois jours !

Le mouillage avec son eau translucide et ses plages de sable blanc, fait très « carte postale » … motif pour lequel l’escale se prolonge facilement en cet endroit de rêve et qu’en finale, il m’aurait fait mal au cœur de ne pas le visiter. Je me pose sérieusement la question de savoir s’il ne s’agit pas du plus bel endroit que nous n’ayons jamais visité !!

Nous sommes  8 voiliers dont 1 catamaran : Espagnol (Catalan), Français, Anglais, Polonais, Néo-Zélandais (2) et Américain. Incroyable qu’hormis « Badoc », nous n’avions vu auparavant, aucun de ces bateaux ! Aucun d’eux n’a fait escale à « Jakarta » qui n’est décidément pas une escale très courue !

La douane est arrivée peu après et Ann a rempli, comme à l’habitude, une tonne de documents mais, mais , mais … pas de contrôle sanitaire (nous avons pu conserver tout notre avitaillement bien que celui-ci ne soit pas estampillé « made in Australia »), ni immigration … juste une rapide visite de l’intérieur.

En principe, les poubelles ne peuvent être déchargées au village  sauf  plastiques et boîtes de conserve !  En principe également, on ne peut pas nettoyer son bateau, gratter sa coque ou utiliser ses WC … car il s’agit d’une réserve naturelle. Pour ce même motif, le mouillage est payant : 10 aus. $/jour ou 50 aus.$/semaine.

Petite vérification de notre ancrage (-6 m.) et de notre coque qui reste – très étonnamment – à peu près aussi  propre que lors de sa mise à l’eau !! Par contre, notre produit miracle pour l’hélice est un peu pris en défaut cette fois-ci !! Perso, cela ne m’étonne guère car en Australie, le chantier avait appliqué plusieurs couches alors qu’à « Phuket », une seule couche a été appliquée et que par deux fois déjà, les pales ont été griffées par divers cordages. Ann est pour sa part, convaincue que nous avons acheté à Singapour, le bon produit mais d’une autre marque !

Le soir, nous étions invités à prendre un apéro très réussi chez Catherine & Alain de « Pulsion » (en tour du monde depuis  9,5 ans) en compagnie de « Badoc » et d’Alfred & Rose-Marie de  « Ironhorse  » (en tour du monde depuis 21,5 ans et il ne s’agit encore que de leur premier tour du monde).

On rencontre réellement une foule de personnes très intéressantes dont la particularité première est d’être devenue « apatrides ». C’est plus typique encore chez les Français !

Jeudi  21.

Premier constat : la température intérieure du bateau est passée de 35° à 30° et avec le fort vent auquel nous avons droit, il fait quasiment « viable ». La nuit, nous dormons capots ouverts sans airco, ni ventilateur … le méga pied. L’air s’engouffre tellement bien par les capots de pont qu’on a l’impression d’avoir deux turbo ventilateurs au-dessus de la tête !!

Départ de « Pulsion » pour les « îles Rodrigues ». Catherine & Alain étaient là depuis le 12 mai … malheureusement, je crains fort que nous voyons le mouillage se vider sous nos yeux ! Tous les bateaux présents le sont  déjà depuis plusieurs jours …

Comme on nous l’avait recommandé, nous avons pris l’annexe pour remonter le plus loin possible, le petit canyon sous-marin qui s’étend à l’Est de « l’île de la Direction ». Là, il faut se mettre à l’eau et se laisser dériver en admirant les fonds marins. Du mouillage, on se rend difficilement compte de la présence de cette petite passe sinuant entre les hauts fonds de corail.

Le spectacle est édifiant : Napoléon, mérou, poulpe, requin dormeur, requin pointe noire, barracuda, baliste, perroquet  sont visibles si on a un peu de chance.

Le soir, nous avions à dîner, Marianne & Francesc  de « Badoc ».

Vendredi  22.

Départ de « Badoc » pour les « îles Rodrigues ». Logique, ils sont arrivés aux « Cocos » le lendemain de « Pulsion ».

Comme d’habitude, nos copains n’ont pas choisi une météo très sympathique pour partir : il fait gris et assez venteux … la nuit fut même carrément venteuse.

En voulant expliquer sa décision de mettre « Ichtus » sur cargo, Jean-Louis a dit un jour : « un tour du monde, c’est trop de stress pour moi ».  Alain de « Pulsion » a dit pour sa part : « en navigation, il vaut mieux être meilleur bricoleur … que marin ».

Ces deux petites assertions résument à elles seules ce à quoi nous avons à faire face quotidiennement ! Pour l’heure, le problème vient de notre GE qui tourne très bien mais qui ne charge pas toujours !! Si nous sommes parvenus jusqu’à ce jour, à chaque fois, à remédier à la question … nous ignorons combien de temps nous avons devant nous, avant la survenance d’une panne plus définitive !

Plus de GE … plus de déssalinisateur et recharge des batteries au moyen du moteur principal qui consomme beaucoup plus ! Cela donne sérieusement à réfléchir avant de s’élancer vers « l’île Maurice ». La difficulté réside en ce que personne ne semble en mesure de nous venir en aide et que nous-mêmes nous ne parvenons pas à cerner la cause de nos ennuis  qui peuvent avoir diverses sources !

Comme si cela ne suffisait pas … la Wi-fi à notre mouillage est tombée en panne peu avant notre arrivée et bien entendu, tout le monde ignore quand elle pourra être réparée ! Nous pensions qu’en vivant sur une île, les locaux feraient  preuve d’ingéniosité en de telles circonstances … mais manifestement, il n’en est rien !!

Samedi  23.

Départ  en cascade de « Gosi », de « Black Watch » et du voilier polonais. On a frôlé la catastrophe car encore un peu … ils partaient en même temps !  Vous imaginez l’horreur d’avoir à partager son horizon avec un autre voilier !! Incroyable comme le plaisancier est par nature, ultra individualiste !

Les « Cocos » comptent 27 îles dont seulement deux sont habitées : « Home Island » (500 habitants) et « West Island » (150 habitants alors qu’il s’agit de l’île principale).

« Home Island » est la plus proche et peut être atteinte en annexe. « West Island » est plus éloignée et il est conseillé de prendre la navette, au départ de « Home Island », pour la rejoindre. Une fois sur place, le bus de la navette  vous amènera jusqu’au « centre-ville » distant de plusieurs kilomètres du débarcadère !

Toujours à la recherche d’un électricien qui pourrait nous venir en aide pour notre problème de GE, nous nous sommes rendus jusqu’à « West Island » où avec l’aide précieuse de Tony (le conducteur du bus) nous avons fait la tournée de toutes les personnes susceptibles de nous aider … sans grands résultats par ailleurs.

Entre-temps, je ne reste pas les bras croisés et j’investigue chaque jour, en de nouvelles directions. Peut-être que le hasard me fera pointer du doigt la source de tous nos énervements.

Le soir, nous avions à l’apéro, Rose-Marie & Alfred de « Ironhorse » avec qui nous avons beaucoup sympathisé.

Dimanche  24.

Tous les jours, le vent a soufflé dans les 17-19 nœuds et  le plan d’eau était calme … sauf vendredi  et aujourd’hui  où nous avons eu droit à un désagréable  fetch  accompagné d’un ciel  gris et bas ! Brrrr.

Les prévisions météo pour la semaine à venir, ne sont pas bonnes et on attend des vents de 20 à 25 nœuds à partir de mercredi … autant dire 25 à 30 nœuds ! Tout cela nous contrarie beaucoup d’autant que nous avions justement pensé partir mercredi …

Lundi  25.

L’arrivée du mauvais temps semble se confirmer puisque depuis hier soir, la force du vent augmente progressivement … nous avons 24 à 25 nœuds de vent ! Seul côté positif … on ne se pose plus la question de partir/pas partir … on ne part pas.

« Badoc » de son côté, profite de vents  moyens et une mer abordable !  Evidemment, aujourd’hui, nous regrettons de ne pas être partis en même temps que lui … mais nous venions à peine d’arriver !

Journée venteuse, grise  et fort clapot dans le lagon … mon Dieu, pourquoi suis-je sorti de mon lit ce matin ?

Mardi  26.

Comme la météo était plus malléable, nous avons été avec notre annexe,  jusque « Home Island » avec Rose-Marie &  Alfred de « Ironhorse ».

La meilleure météo (par sa lisibilité) reste « Weather Track » mais il s’agit d’une application spéciale Ipad & Ipod et pour cela, nous devons avoir une connexion Wi-fi . Au mouillage, le système est en panne … sur « Home Island », il n’y a pas de Wi-fi mais seulement un centre internet  … reste « West Island » mais il faut prendre la navette.

Une fois au village, Ann est parvenue à dégoter un sympathique commerçant qui nous a autorisés  à se servir de sa connexion, moyennant l’achat (hors de prix) de quelques canettes de Coca-Cola et de Sprite.  Tout est hors de prix sur l’île …

Il semble que nous pourrions partir vendredi vers midi et ainsi profiter d’un petit répit de deux ou trois jours avant de nouvelles bourrasques !

Nous nous sommes renseignés pour faire le plein de diesel mais je pense que nous allons y renoncer … le litre de diesel est à 2.70 aus. $ soit 1.99 € auquel il faut ajouter 200 aus. $ pour le prêt et le transport des jerrycans jusqu’au bateau qui ne peut quitter son mouillage ! Il nous faut de surcroît faire la liaison entre les  deux intervenants. De toute manière, la pompe à essence est en panne … « peut-être demain » nous affirme son gérant !

Mercredi  27.

C’était annoncé depuis plusieurs jours, nous avons à nouveau droit à un vent de 20 à 25 nœuds, au fetch  et à un ciel mitigé. C’est fou comme un « petit paradis » peut vite prendre l’allure des « portes de l’enfer » !

En de telles conditions, on se sent un peu piégé sur son bateau et on ne peut faire que prendre son mal en patience.  Vivement qu’on dégage d’ici …

Nous étions invités à prendre l’apéro sur  « Ironhorse » mais vu l’état de la mer dans le lagon, nous avons décidé de commun accord, de reporter au lendemain.

Jeudi  28.

La météo ne semble pas vouloir évoluer positivement au point que nous nous interrogeons sur la possibilité de partir vendredi …

Entretien du GE … pas une sinécure pour changer l’impeller ! Nous aurions pu encore attendre un peu mais je me voyais mal faire mon entretien en pleine navigation vers  « l’île Maurice »  …

Apéro très réussi à bord de « Ironhorse » … c’est un réel plaisir d’avoir fait la connaissance de Marie-Rose & Alfred. Alfred a par ailleurs, eu l’extrême gentillesse de venir nous chercher/ramener en annexe pour nous éviter d’avoir à mettre la notre à l’eau.

Vendredi 29.

En principe … nous levons l’ancre en cours de journée, pour « l’île Maurice » : 2.328 milles.

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