Publié par : Ann & Stéphane | 25 mars 2015

03 au 24.03.2015 – Carénage à « Boat Lagoon » (Phuket – Thaïlande).

Mardi  03.

19 heures … nous revoilà de retour « à la maison » après un petit périple de 10 jours en Thaïlande. Agréable de retrouver son bateau en état impeccable … mais qu’est-ce qu’il fait plus lourd et plus humide ici à « Phuket » comparé à « Bangkok » d’où nous arrivons en droite ligne !

Dans les montagnes du Nord, les températures sont très agréables … à « Chiang Maï », c’était déjà limite … à « Bangkok », il fait lourd et humide … à « Phuket », il fait insupportable en l’absence de tout vent.

L’air conditionné du bord fonctionne à plein régime et il faudra malgré tout, une petite heure avant de commencer à en ressentir les premiers effets ! En attendant, nous nous sommes allongés dans le cockpit rafraîchi par une petite brise du soir … mmmmmmmmhhh. En ce moment, il fait 7° à Bruxelles et il pleut ! Il y en a qui, décidément, n’ont pas de chance dans la vie …

Mon plus grand plaisir aurait été un Martini « on the rocks » avec quelques cacahuètes mais comme nous avions coupé notre ice maker avant de partir, je devrai m’en passer. La vie est réellement trop injuste avec votre serviteur  …

Tout en rédigeant notre blog, j’en profite pour me rincer les oreilles, avec un festival de bonne musique … qu’est-ce que cela m’a manqué ! La musique thaï n’est pas foncièrement mauvaise mais un peu ringarde selon moi.

Mercredi  04.

La nuit fut un peu trop chaude … l’airco avait été coupé pour faire plaisir à Ann ! En compensation, nous avons finalement mis le ventilateur Dyson … en cours de nuit.

Vérifiant où en était l’état des glaçons en prévision de mon Martini de l’apéro du soir, je constate avec horreur, stupéfaction et consternation que l’ice maker ne fonctionne pas !!! Heureusement, avec une clef de 8, je suis parvenu à le relancer. Ouf. Un grand merci à Eric de « Hokulea » pour m’avoir prodigué le « bon geste » du temps où nous étions encore à « Moorea ». Comme quoi, rien ne s’oublie, rien ne se perd !

Je n’avais aucune envie de faire des courses d’avitaillement … et par chance pour votre serviteur, ce mercredi est  jour férié !! La corvée est donc remise à demain. Aussi, sommes nous restés tranquillement au bateau tandis qu’un vent bien venu, s’est levé en fin de matinée.

En allant voir de plus près un voilier fraîchement arrivé, je suis tombé sur « Gliss » que nous avons vu pour la première fois à … « Saint Barth » !! Le monde est décidément bien petit …

Notre frigo étant désespérément vide, Elisabeth & Jacques de « Sandetie » nous ont amenés à leur restaurant fétiche, « Phen’s Restaurant »  de « Naiyang » où il y avait foule comme d’habitude. Petite surprise désagréable, aucune boisson alcoolisée n’a pu nous être servie car c’était la « fête du Grand Bouddha » !!! Quand je pense que j’ai failli me convertir au bouddhisme …

Jeudi  05.

Pourquoi faut-il toujours courir de tous les côtés lorsqu’on est si bien sur son bateau ? Perso, je ne quitterais plus le bord et je dirais même plus, je réduirais mes déplacements de la cabine propriétaire au cockpit et vice et versa. Le dimanche … histoire de me dégourdir les jambes … je ferais un saut jusqu’à ma cabine atelier. Mon Dieu que la vie serait ainsi agréable …

Evidemment et vous l’avez compris, on peut rêver mais de temps à autre, la dure réalité se rappelle à vous et celle-ci s’appelle aujourd’hui, « carénage ». Ce ne n’est pas une sinécure de mettre tout cela en œuvre et encore, nous n’en sommes qu’aux préparatifs. Nous abominons déjà grave cet instant …

Notre petit trip du jour, nous a permis de relever que « Kiwi Coyote » était déjà sur l’aire de carénage de « Boat Lagoon Marina » où  « S.A.S.³ » est attendu mardi … mais nous n’avons pas vu Robin & Simon. Dommage, ce sera sans doute pour plus tard.

En rentrant au bateau, je me serais bien écroulé sur le lit tant cette petite journée de courses m’avait mis sur les rotules mais quand des tomates farcies sont annoncées au menu, comment résister …

Vendredi  06.

Samedi  07.

Dimanche  08.

Lundi  09.

Les Dieux thaïs sont décidément très taquins … je souhaitais être cloué à bord et durant quatre jours, nous avons été cloués au lit !! Jamais attrapé une saleté pareille … c’est surtout au niveau des articulations des jambes que j’ai particulièrement dégusté  avec d’incroyables  périodes  de rémission  temporaire ! Je ne  vous raconte pas le stress : vous vous portez subitement comme un charme mais vous savez pertinemment que tout va vous retomber dessus grave …

 La nuit, c’était un cauchemar pour nous … tantôt en début de nuit, tantôt en milieu de nuit et tantôt en fin de nuit. Nous nous sommes empiffrés de Neurofen au point de faire dangereusement fondre notre stock.

Quand nous n’étions pas torturés en notre chair, c’est comme si un char d’assaut nous était passé sur le corps … non, plutôt, deux chars d’assaut.

Le premier jour, j’étais seul à être malade mais dès le second jour et pour ne pas faire de jaloux, Ann était frappée du même mal mystérieux !  Loin de me consoler, je voyais surtout se rapprocher  le moment délicat où il faudrait sortir le bateau de l’eau …

Mardi  10.

Nous avions rendez-vous avec la grue de « Boat Lagoon  Marina » pour 13 heures. Il n’y a pas à proprement parler de « chantier Boat Lagoon » … mais bien plutôt une énorme aire de parking servant au carénage, aux réparations et à  l’hivernage. La gestion impeccable de cette aire appartient aux services de la marina.

Aux alentours sont concentrés de très nombreux corps de métier qui travaillent sur les bateaux. Un nombre important de shipchandlers bien achalandés, ceinture également la zone. Il s’agit d’une réelle réussite commerciale avec ses magasins, restaurants, hôtels, bungalows  et … ses deux cliniques l’une dentaire et l’autre esthétique !!

Malheureusement, ce merveilleux ensemble est situé à l’intérieur des terres et seul, un très long chenal sinueux et peu profond y donne accès ! Un vrai obstacle naturel  pour tout bateau calant plus de 2 mètres de tirant d’eau.

Comme notre carte  électronique ne renseignait rien  sur la zone  … sauf qu’il n’y avait pas de profondeur … nous nous sommes laissés facilement convaincre de nous adjoindre les services d’un « pilote ». Ce dernier se pointait à bord, dès 8 heures.

Quasiment tous les jours, nous avons droit à un coup de brise qui monte jusqu’au-delà  des 20 nœuds de vent réel.  Comme, généralement, le vent monte en fin de matinée et s’estompe en fin d’après-midi, je pouvais raisonnablement espérer qu’en partant pour 8.30 heures, nous n’aurions pas de vent. J’aurais pu alors étaler  tout mon savoir-faire face à un public qui n’aurait pu être qu’admiratif.  Cela faisait des semaines que j’en rêvais de ce moment …

Par manque de pot, nous avons quitté notre emplacement avec 23 nœuds de vent réel en sorte que j’en ai été pour mes frais, des grandes parades … Plus vite je ne nous sortais de là et mieux c’était.

En sortant de la marina et alors que nous avions à peine « mis le nez dehors » … je plantais royalement « S.A.S.³ » sur un banc de sable que rien ne venait baliser !! Le banc étant situé du côté du ponton fuel … il faut donc sortir en serrant sur tribord.

Avoir un « pilote » à bord et se laisser ainsi bêtement surprendre, est pour le moins … déroutant ! Notre navigation commençait sous de bons auspices …

Un peu dur comme remise en selle, avec un vent debout et un solide courant contraire … nous avancions à 5 nœuds sur le fond. Il n’y avait pas foule sur le plan d’eau.

Notre conversation avec le « pilote » était assez limitée bien qu’il s’exprimait en anglais. Seul Jacques de « Sandetie » nous faisait la conversation.

Au fur et à mesure que le temps s’égrenait et que la navigation était plus aisée (chenaux plus larges et plus profonds), je prenais de plus en plus plaisir à cette petite navigation au moteur (nos voiles sont toujours à la voilerie pour réparations et inspection).

Vers 11.30 heures, nous arrivions à hauteur de « Boat Lagoon » et du cargo sur lequel « Ichtus » avait été embarqué dès lundi, pour « Marmaris » en Turquie.  J’avais toujours redouté ce moment, craignant que la vue de tous ces supers yachts, sur le pont du cargo, ne m’ait fait regretter de ne pas en faire partie. Et c’est tout l’inverse auquel  j’ai eu droit !!

Le cargo en question est très loin d’être impressionnant et une grande partie de son pont était encombrée par d’énormes citernes !! Les bateaux embarqués  ne semblaient pas nombreux et surtout, de petites tailles hormis « Ichtus » et un gigantesque catamaran. Le tout était tellement décevant que nous n’en avons même pas pris de photo !

Comme j’avais relevé que notre « pilote » était déjà intervenu quelques fois sur notre pilote automatique, je l’ai incité à prendre la barre. En principe, le « pilote » ne prend jamais la barre mais donne  des indications au barreur qui, en tout état de cause, reste seul responsable de la marche du bateau !

Au fin fond de la baie, un très, très long serpentin de piquets gris sert de balisage ! Il faut laisser les piquets sur bâbord en entrant et les serrer d’assez près … c’est du moins ce que notre « pilote » a réalisé. Le  bateau à moteur qui nous a dépassés, lui  a cependant fait des signes pour l’inciter à prendre plus de distance latérale avec les piquets !! Il y connaît quelque chose notre « pilote » ou quoi !!

Notre « pilote » n’en menait pas large et bien souvent, l’échosondeur indiquait moins de – 2.5 mètres !! Ce mardi 10 mars avait pourtant été choisi en fonction d’un grand coefficient de marée …

Dernier tournant à négocier … et « S.A.S.³ » se plantait magistralement dans la vase (-1.9 m) pour ne plus en bouger ! Comme nous étions suivis par un voilier anglais, j’ai craint un moment donné que ce dernier ne nous emboutisse par l’arrière …

La situation semblait « bloquée » … notre « pilote » nous expliquait bien quelque chose mais impossible de savoir s’il fallait attendre que la marée monte encore, que le bateau de ses copains arrive ou s’il fallait alléger le bateau de tous les poids superflus …

Ayant finalement compris qu’il y avait de l’eau sur notre tribord (ce que nous confirmera le voilier anglais finalement décidé à nous dépasser), j’ai repris la barre et quelques minutes plus tard, « S.A.S.³ » retrouvait un peu de profondeur. Je n’ai pas voulu intervenir tant que j’ignorais par où il fallait passer.

Une dizaine de minutes plus tard, nous pénétrions dans la marina et j’amenais en marche arrière, le bateau dans la darse.  C’est très, très mal foutu car la darse n’est pas dans le prolongement du chenal d’accès. En fait, il faut arriver sur la darse avec un angle de 45° qu’il faut ouvrir jusque 90° en frôlant les étraves d’une dizaine de gros bateaux à moteur !!!

La darse n’est pas mieux conçue puisque l’eau arrivait à ras bord, sans possibilité pour les défenses de prendre appui sur quoi que ce soit !! Bien entendu, il y avait un imposant comité d’accueil mais avant que tout le monde ait compris qu’il fallait impérativement bloquer  le bateau avec des « gardes montantes et descendantes » …  j’ai été soulagé de pouvoir compter sur mes propulseurs.

La sortie de l’eau s’est réalisée de manière très professionnelle et nous sommes descendus du bateau, au moyen d’un Clarke.

Rangé sur le côté, c’est une armée de petits hommes bleus  qui se mettaient goulûment « à table ». Sur la coque noire, se dessinaient plusieurs « tables ovales » d’huîtres !! Du jamais vu et extraordinairement difficile à détacher !

En quittant le chantier de « Bundaberg » (Australie), je savais que le carénage avait été une catastrophe et un mois plus tard, les premières salissures apparaissaient déjà sur la coque ! En cause la minceur de la couche d’antifouling appliquée au pistolet. Curieusement, la  facture particulièrement salée du carénage, ne mentionne pas le nombre de Gallons étalés …

Par contre, l’état impeccable de l’hélice avait de quoi surprendre en comparaison ! Le produit coûte une vraie fortune mais le test grandeur nature est là pour prouver son efficacité …

Une fois le bateau correctement calé, nous avons pris nos quartiers, au « Boat Lagoon Resort » situé juste en face. Si les températures étaient plus agréables, nous aurions sans doute, pu rester vivre à bord mais sans air conditionné (nous sommes hors de l’eau), c’est totalement invivable !

En tout état de cause, depuis la chute d’Ann lors du carénage à « Bundaberg », elle conserve des traumas de cet incident et nous ne souhaitions pas tenter le diable une fois de plus … déjà que nous n’avons pu dégoter mieux qu’une échelle métallique de 4 mètres qui joue à l’élastique chaque fois qu’on y monte ou en descend !

Le bateau qui était si propre en quittant ce matin « Phuket Yacht Haven Marina », est déjà dans un état de saleté repoussant !

Mercredi  11.

Rien à faire mais nous subissons encore et toujours le contrecoup  de la « saleté » que nous avons chopée il y a quelques jours.  Nous ne sommes pas bons à grand-chose mais malgré tout, Ann parvient à prendre contact avec les différents techniciens qui doivent se succéder à bord !

Simon de « Kiwi Coyote » viendra très gentiment nous saluer.

L’équipe de notre peintre s’est mise en mouvement  et a passé sa matinée, à gratter la coque … j’en avais pitié tant cela ressemblait au combat de David contre Goliath.

L’après-midi, il s’agissait d’une toute autre partition : ponçage à grandes eaux  avec  une ponceuse montée sur compresseur. Il faut aimer l’eau … A leur place, je me mettrais en maillot de bain mais eux restent tout habillés, trempés !

Le soir, nous avons été très agréablement dîner à la « Taverna » située près de notre hôtel.  Amusant mais il semble que toutes les personnes que nous rencontrons, ont au moins une fois, déjà  été à cette pizzeria !

Jeudi  12.

Happy birthday  … votre serviteur à 60 ans ! Malgré l’éloignement, vous avez été nombreux à me le souhaiter ! Tous vos messages de sympathie auxquels je n’ai pas pu répondre faute d’une connexion internet à l’hôtel, m’ont beaucoup touché.

Les peintres ont passé leur journée à  essayer de réduire en miettes, en tapotant au marteau, les accroches des huîtres  sur la coque ! Je ne suis pas resté sur place tant j’avais mal pour ma coque qui résonnait des centaines de coups qui lui étaient portés ! Un vrai carnage …

Le soir, nous avons fêté (une nouvelle fois …) mon anniversaire en allant dîner au « Winch » situé juste en face du phare de la marina en compagnie de Robin & Simon de « Kiwi Coyote » et de Elisabeth & Jacques de « Sandetie ». Très sympathique soirée au cours de la laquelle nous avons savouré une cuisine suisse … le patron  est originaire de « Lausanne ».

Vendredi  13.

En allant faire notre ronde d’inspection au bateau, nous sommes tombés sur  Francesc  de « Badoc ». Notre copain est venu jusqu’à « Phuket » pour faire réparer son déssalinisateur !

La veille au soir, notre coque était constellée d’une myriade de minuscules cratères … mais par bonheur, ce matin, les peintres la mastiquaient de manière très professionnelle ! Quel bonheur, de retrouver une coque aussi lisse que la peau d’un bambin.

L’après-midi, la première couche de primer époxy  était étendue.

Comme les autres jours, nous passons le plus clair de notre temps, à la piscine du Resort qui donne très opportunément vue sur … « S.A.S.³ » ! En deux minutes, nous passons de la piscine au bateau ou à la chambre : difficile de trouver un meilleur agencement !

Nous en avons également profité pour faire la tournée des shipchandlers. Incroyable de découvrir tout ce dont  nous avions tellement besoin il y a quelques mois … mais impossible de trouver ce que nous cherchions !!

Second dîner à la « Taverna » … Le mercredi, le vendredi et le dimanche, un brave chanteur use ses cordes vocales à érailler l’une ou l’autre chanson dépassée, dans une indifférence totale. Gagner sa vie en chantant n’est décidément pas une sinécure tous les jours.

Samedi  14.

Notre équipe de peintres ne traîne pas … le matin, ils mettaient la seconde couche de primer et l’après-midi,  la première couche d’antifouling.

Nous en sommes morts de honte mais pour la troisième année consécutive, nous mettons du Trilux 33 d’International !!! Il faut croire que nous sommes de grands masos pour encore avoir recours à ce produit merdique après toutes les déconvenues que nous avons connues avec lui. Même pas … la vérité est qu’il n’y a pas moyen de trouver à « Phuket » un autre antifouling pour coque en aluminium !! Déroutant.

Nous avions rendez-vous avec l’électricien pour la pose d’une prise de courant supplémentaire dans le carré et pour le renforcement du coupe-batterie électronique « service ».  Avec beaucoup de professionnalisme, ce double travail a été très bien exécuté.

Dimanche  15.

Avec la régularité d’un métronome, nous avons d’abord été voir le bateau avant de nous installer pour la journée,  sur le bord de la piscine … la vie n’est décidément qu’un long fleuve tranquille.

Les peintres mettaient la deuxième et troisième couche d’antifouling sur la coque. Travail remarquablement exécuté.

Lundi 16.

Notre moteur Volvo fonctionne parfaitement bien mais au ralenti,  l’arbre d’hélice fait un bruit insupportable ! Consulté pour remédier au problème, le technicien Volvo est passé à bord … pour finalement, nous orienter sur toute une série de travaux de maintenance auxquels nous ne songions  pas !! Vous laissez un loup rentrer dans la bergerie et bonjour  le massacre du porte-monnaie !

Je ne vous raconte pas le bordel … notre technicien Volvo a passé sa journée, à démonter la moitié du moteur pour procéder en atelier, au nettoyage du système de refroidissement. Il est certain qu’en l’état actuel, le moteur va beaucoup moins bien fonctionner qu’avant … et comble de l’ironie, il n’a toujours pas touché à l’arbre d’hélice !!

Parviendra-t-il à tout remonter sans rien oublier … voilà bien la question qui m’a taraudé l’esprit toute la nuit. Enfin, quand je vois que « Sandetie » attend depuis maintenant plus de deux mois que l’on trouve la cause de la panne de son groupe électrogène ou encore « Badoc » avec son déssalinisateur qui refuse obstinément de monter en pression, je me dis qu’il y a bien pire comme situation.

Tout cela m’a quasiment obligé à rester à bord toute la journée … tandis qu’un peintre décapait l’hélice de son produit miracle.

Mardi  17.

Pas le moindre technicien Volvo à l’horizon et pourtant le travail ne manque pas à bord. Je reconnais qu’avec cette chaleur suffocante, il est bien difficile de trouver un peu de courage pour se mettre au travail mais vendredi impérativement, « S.A.S.³ » repart à l’eau et j’ai de plus en plus de craintes que notre problème d’hélice ne soit résolu avant …

Un bon point pour notre peintre … il s’est quand même décidé à appliquer sur notre hélice, notre fameux antifouling si onéreux mais si efficace : « Prop Speed » que l’on trouve sur internet.

Pour « Badoc », les ennuis sont terminés : Marianne & Francesc profitent de la marée de 9 heures  de ce mercredi pour mettre les voiles … les veinards ! Il ne faut que quelques jours, pour avoir cette impression omniprésente, d’être comme en prison !

Le soir comme quasiment chaque soir, à présent, nous sommes allés manger à la « Taverna » … nous connaîtrons toutes leurs spécialités de pizza !

Mercredi  18.

Journée plus ennuyeuse encore que les précédentes … nous passons le plus clair de notre temps, à attendre un devis, un appel téléphonique, un E-mail, la venue d’un technicien Volvo qui se fait plus que désirer. La période de carénage est la pire période qui soit pour un marin soit parce qu’il réalise lui-même le travail soit parce qu’il le fait exécuter par quelqu’un d’autre … en l’un et l’autre cas, c’est la grande misère !

Si notre peintre s’est montré dès le premier jour, à la hauteur, je ne vous souhaite pas avoir à faire au dealer Volvo local ! C’est toujours en relançant et en insistant que leurs techniciens finissent par pointer le bout de leur nez et pour quoi faire …cela fait la trentième fois qu’ils démontent et remontent ce moteur un peu comme s’ils n’avaient aucune idée de comment boucler leur travail ! C’est fou ce que l’on se sent rassuré après tout cela …

Jeudi  19.

Je n’en peux plus d’attendre toute la journée, au bateau, sous une chaleur accablante que quelque chose se produise.  Et même quand il se passe enfin quelque chose, je ne suis généralement plus en état physique pour l’apprécier … en fait, nous subissons les événements et nous ne contrôlons rien du tout : nous sommes entièrement  à leur merci. Je suis assez déçu de notre intermédiaire  « Vincenze » que nous n’avons pas encore revu depuis notre arrivée à « Boat Lagoon »  alors que c’est pourtant lui qui coordonne, en principe, les travaux de carénage !

Vous avez froid, vous en avez marre du mauvais temps, vous souhaitez du soleil et de la chaleur  … venez passer quelques jours à « Phuket » et vous comprendrez mieux votre félicitée de vivre dans un pays tempéré. Pour ma part, je n’en peux plus de cette chaleur moite et lourde (impossible de garder son T-shirt au sec), je n’en peux plus d’être toujours borderline avec la syncope, je n’en peux plus de cette région, je n’en peux plus de ce carénage à rallonge … encore un peu et je laisse tout tomber, j’abandonne le bateau aux bons soins de tous ces crétins et je rentre au pays pour quelques mois.

Pour « Kiwi Coyote », c’est aussi une journée de merde : trois fois, la grue l’a mis à l’eau … et trois fois, la grue l’a sorti de l’eau !! Il passera la nuit prochaine … à terre !  Problème de batterie pour commencer … problème de watermaker ensuite !

Enfin, enfin, enfin, nous avons récupérés nos voiles … reste maintenant à trouver le bon moment pour les remettre en place ! Déjà que je n’ai  plus trop le morale … rien que l’idée me décourage à l’avance.

Vendredi  20.

La mise à l’eau du bateau s’est déroulée plus ou moins dans les temps prévus. J’aurais félicité notre peintre pour son travail mais ce matin, le ponçage au niveau des pattes de ber laissait beaucoup à désirer … réellement dommage car en dehors de cela, la coque est superbe !

Mais le plus incroyable reste que nous n’avons pas pour ainsi dire, pas eu d’ennui avec notre Trilux 33 !! Précisons cependant que nous avions demandé de mettre de l’antifouling à matrice dure à hauteur du passage des sangles. Toutefois, nous avons pu constater qu’une sangle sur deux n’était pas au bon endroit … sans glissement de l’antifouling sauf un peu sur le côté tribord avant !! Le climat (infecte) de « Phuket » serait-il plus propice ?

Comme il fallait s’y attendre, le Capitaine du port a voulu nous placer en un emplacement où nous n’avions pas la largeur nécessaire … ce n’est pas la première fois que nous rencontrons ce type de situation : ces types n’ont pas le compas dans l’œil !

Résultat des courses … je l’ai envoyé à la gare et je suis parti prendre un autre emplacement plus adéquat pour « S.A.S.³ » … en réponse, il n’est pas venu nous aider à nous amarrer ! Mais croyez-moi, il ne faut pas se laisser faire car en cas de dommage, vous restez, bien évidemment, seul responsable !

Un peu plus tard, son supérieur venait voir la question et nous demanda très gentiment de prendre la place d’à côté qu’ils ont libérée pour nous.  Nous avions pris la place d’un autre voilier qui a cette place depuis des années … alors !

Si notre moteur a démarré étonnamment du premier coup (vous  noterez quand même  que j’ai  reconnecté moi-même  la prise d’eau de mer qui traînait par terre et que si  la pompe à  diesel du tank journalier, ne s’amorçait pas c’était tout simplement parce que le technicien Volvo avait oublié de refermer hermétiquement le couvercle du filtre), nous avions toujours droit au gazouillis insupportable de l’hélice tournant au ralenti. Pour mémoire, nous avions chargé au départ, le dealer Volvo de ce seul problème … joie, joie, joie.

En extrême fin d’après-midi …  le patron est quand même venu jusqu’au bateau avec son ingénieur mécanicien anglais pour voir le problème. Je pense que s’il m’avait dit qu’il fallait sortir le bateau de l’eau pour régler le problème, je l’aurais étranglé de mes mains nues

Après une dizaine de minutes à insister lourdement sur l’inutilité du montage du chantier Garcia, il branchait directement la prise d’air du « joint tournant » sur l’anti-siphon du moteur  … avec pour résultat la disparition du chuintement insupportable. JOIE !

Précisons quand même que  j’ai passé ma journée à pester sur le dealer Volvo qui ne savait pas quand il allait pouvoir passer et à affronter  la chaleur, au bord de la syncope  …

Restait encore l’entretien du moteur d’annexe … le dealer Yamaha n’ayant pas de remorque pour embarquer l’annexe, c’est à l’eau qu’a eu lieu l’entretien !! Entretien expédié en un temps record … je ne pense pas qu’il s’agisse de l’entretien du siècle !

Cela m’a permis de relever  avec toujours autant de plaisir que la pompe de cale de l’annexe ne marchait plus ! Après avoir tout démonté et  acheté une nouvelle pompe, je fus surpris de constater que l’ancienne pompe n’avait absolument rien !! Je serais bien incapable de vous préciser pourquoi elle ne voulait plus fonctionner avant le démontage … enfin si, je sais, elle voulait juste m’emmerder.

De son côté, « Kiwi Coyote » est enfin à l’eau … ce qui lui a permis de relever que son propulseur et son frigo ne fonctionnaient plus ! C’est la loi des séries pour nos copains.

Alors qu’Ann était partie faire un peu d’avitaillement, j’ai voulu profiter de l’absence de vent pour déjà envoyer le tourmentin  … bien que la voile ne fasse que 39 m², j’ai bien cru que c’est au couteau que j’allais devoir l’achever : à peine hissée au ¼, elle se coinçait pour ne plus vouloir ni monter, ni descendre !! Après beaucoup d’énervements et de jurons, je suis quand même parvenu à la faire redescendre. Après cela, elle est montée sans la moindre difficulté … peut-être parce que je lui avais glissé à l’oreille que si cette fois, elle m’emmerdait encore une fois, j’en ferais des chiffons de nettoyage !

Avant de m’attaquer à ce petit travail, je me suis jeté derrière la cravate … un Martini on the rocks ! Le tout, tout premier depuis  notre petit trip dans le Nord … S’il m’a fait un bien fou, je ne peux pas dire que j’ai pris le temps de le savourer à sa juste valeur.

J’avais à peine terminé qu’Ann arrivait  avec des hectolitres de boissons diverses.

Le soir alors que nous pensions pouvoir jouir d’une soirée tranquille et bien méritée … le fusible du quai sautait, notre transformateur d’isolement (celui que nous venons de changer) battait la chamade et notre groupe électrogène s’étouffait  !!  Joyeux retour à bord …

Pourquoi le fusible du quai a-t-il sauté ? Nous l’ignorons. Pourquoi le transformateur d’isolement battait la chamade ? Parce qu’il y avait surcharge temporaire en demande électrique. Pourquoi  le G.E. s’étouffait ? Parce que son filtre était bouché par deux sacs en plastique et pas mal de boue !

Crevés, une fois tout en ordre, nous n’avons pas demandé notre reste et nous nous sommes effondrés sur  notre lit.

Samedi  21.

Visite de courtoisie d’Elisabeth & Jacques de « Sandetie » … qui ont mis le feu aux poudres !!  En leur parlant de la solution apportée au gazouillis de notre presse-étoupe par le technicien Volvo, nos copains créent le doute affreux : n’y a-t-il pas un risque de siphon maintenant que la prise d’air  a été supprimée ??

L’après-midi passera à se poser mille questions, à tenter de comprendre, à essayer de trouver une réponse adéquate  … le technicien Volvo finira par nous envoyer à la gare sous prétexte qu’il ne s’agit pas à strictement parler d’un problème « Volvo » !! Ne manque pas de culot !

Vers 16 heures, Simon de « Kiwi Coyote » venait nous prêter main forte pour endrailler le génois. Un sacré wincheur le copain Simon !

En début de soirée, le fusible (32 A) du ponton sautait une nouvelles fois et pour plus de tranquillité, je branchais notre câble électrique sur le triphasé (62 A) … mouais, en milieu de nuit, le fusible sautait malgré tout !!!  Lorsque nous étions à « Phuket Yacht Haven Marina », nous n’avons connu aucun problème  … à moins que ce ne soit une nouvelle fois, notre transformateur d’isolement qui pose problème ? L’avenir nous le dira bien assez tôt … à chaque jour, sa tartine de merde.

Dimanche 22.

Malgré les questions qui n’arrêtaient pas de nous tourmenter l’esprit quant à notre « joint tournant », nous nous sommes endormis comme des masses !

Aux aurores, avant que la chaleur ne devienne insupportable,  nous nous lancions dans la remise en place de la GV … un fameux travail que bien vite la chaleur lourde et humide de l’endroit venait rendre encore plus pénible malgré l’aide de Robin & Simon de « Kiwi Coyote » ! J’aurais donné n’importe quoi  pour remettre à un autre jour, cette corvée mais un couple « bien pensant » n’avait rien trouvé de mieux que de nous signaler la veille, qu’à marée basse, notre quille était dans la vase …

La Capitainerie nous avait assurés d’une profondeur minimale de 2.5 m mais c’était sans doute sans tenir compte de la marée d’équinoxe.  Nous avons relevé au sondeur … 1.5 m !

Comme nous mettons un antifouling « self polishing », l’enfoncement de la quille dans la vase peut « nettoyer » l’antifouling …  Après vérifications, il semblerait que le frottement de  la vase sur la quille, n’a eu aucun effet.

Prenant la poudre d’escampette, nous sommes partis en profitant de la marée haute. Même si en certains endroits du chenal, ce fut un peu chaud, nous n’avons rien touché … j’aurais assurément fait un excellent « pilote ».

A peine sortis de l’enclave de « Boat Lagoon », un petit vent d’une dizaine de nœuds nous accueillait comme un vent de liberté.  

Si Ann envisageait d’aller directement sur « Ko Phiphi », je lui ai préféré la proximité  de « Ko Yao Yai Southwest » au cas où … l’histoire allait me donner raison !

La baie est très grande, très ouverte et hormis quelques pêcheurs, nous étions le seul voilier au mouillage. Ce n’est pas le mouillage du siècle mais cela n’est pas trop mal.

Alors que j’étais bien décidé à relaisser tomber la tension de ces derniers jours en farnientant … je mettais une bouteille sur le dos pour comprendre pourquoi nous dérapions dans la vase ! Sur un fond de vase, l’eau est généralement très trouble et ne pousse pas à se mettre à l’eau.

Parvenu à l’ancre que je ne pouvais que deviner (!), j’ai compris que celle-ci s’était enfoncée les quatre fers en l’air et que fichée dans la vase en cette position, il y avait peu de chance qu’elle se redresse suite à une traction ! En bref, il semblerait plus judicieux de tirer légèrement  sur son ancre dès que celle-ci a atteint le fond.

Après divers petits travaux réalisés à bord et un excellent dîner pris en terrasse, nous pensions aller nous coucher avec les poules sauf que dans notre cabine arrière, il faisait trop chaud ! Nous avons donc essayé de dormir dans le cockpit mais il faut croire que nous ne sommes pas encore habitués à nos nouveaux coussins …

En milieu de nuit, nous avons senti le vent se lever brutalement et quelques minutes plus tard, c’était le déluge ! Notre premier grain depuis fort longtemps !

La vie en marina ou au mouillage n’est absolument pas comparable et on oublie bien vite, qu’à l’ancre, un bateau bouge sans cesse ! Question d’habitude certes mais nous avons eu un peu l’impression qu’il nous fallait réapprendre la vie sur l’eau … toujours est-il que nous n’avons pas passé la nuit de rêve à laquelle nous aspirions.

 Lundi 23.

Nous commençons à reprendre doucement nos marques et à remettre en place ce qui doit l’être. En procédant ainsi  au changement des piles de notre système d’alarme, nous avons constaté que « Vincenze » ne nous avait pas rendus … les clefs du bateau !! Nous lui avons donné rendez-vous à « Chalong » pour le lendemain.

Echange de mails toute la journée, avec le chantier Garcia pour notre problème de presse-étoupe. Lentement nous avons fini par comprendre le montage réalisé pour en arriver en milieu de nuit (pour nous) à  la conclusion qu’il fallait tout remettre en son pristin état si nous ne souhaitions pas endommager notre moteur !! Le dealer Volvo de « Boat Lagoon Marina » … un vrai scandale !

Comme la nuit précédente, il nous faudra attendre les 22 heures pour que subitement la température de notre cabine arrière retrouve des températures très agréables !! Toujours pas très bien compris le phénomène …

Mardi  24.

Cela souffle pas mal et la mer moutonne ! Le mouillage ne nous protège que moyennement … à moins que ce ne soit nous qui avons un peu perdu l’habitude !

En fin de matinée, le vent et la mer se calment assez fortement … c’est le moment que nous avons choisi pour partir sur « Chalong » (18 NM). C’est à « Chalong » qu’il faut faire ses formalités d’entrée et  de sortie en Thaïlande … 

Nous sommes mouillés par  8m. de fond, loin, très loin de tout le monde … pas convaincu qu’il y a moyen de s’ancrer plus loin encore ! Si la baie est immense, les profondeurs varient beaucoup d’un endroit à l’autre et nous avons choisi … la sécurité. En fait, ce que nous avons peur c’est de nous retrouver enfermés à marée basse, dans une souille.

Le bateau à peine ancré, j’allais déposer Ann, en annexe, à la jetée principale. C’est fou comme on se rend toujours compte par après, de tout ce qui manque à bord !

Tandis que je mets la dernière main à l’article à paraître sur le blog, je suis effaré par le trafic essentiellement rentrant : c’est par dizaines que les bateaux arrivent au mouillage.

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