Publié par : Ann & Stéphane | 16 novembre 2014

29.10 au 16.11.2014 – Singapour – Admiral Marina de « Port Dickson » (Malaisie): 137 NM.

Mercredi 29.

Nous avions « demandé » que le fonctionnaire de l’immigration commence sa journée, par notre bateau. Il aurait donc dû être là à 9 heures … mais nous avons poiroté jusque 10.45 heures ! Ann était prête à partir sans faire les formalités de sortie !! Il faut reconnaître que quand on attend sans savoir … le temps passe extrêmement lentement.

Notre brave fonctionnaire s’en est excusé mille fois  mais il a dû sentir qu’Ann n’était pas trop d’humeur !  Il n’avait pas encore remis le pied sur le ponton que mon adorable épouse démarrait le moteur … s’il avait su le terrible secret qui lui tenaillait les tripes et l’avait empêchée  de dormir toute la nuit !

Aidés par Kerryn & John de « Esoterica », nous avons quitté « Raffles Marina » sous une chaleur torride.  Depuis 9 heures, nous étions sans électricité du quai (relevé des compteurs oblige) et donc sans air conditionné …

Très sympathiquement, Kerry & John, étaient venus, la veille au soir, nous dire au revoir et nous en avions profité pour faire un peu mieux connaissance.

Le ciel était dégagé et le soleil bien présent … mais le vent était une fois de plus, aux abonnés absents. Durant la seconde partie de nuit, le vent a fait son apparition durant trois bonnes heures. Sa force était de 9 à 12 nœuds de vent réel et sa direction a varié de 90° à 30° … j’ai été très tenté d’envoyer toute la toile mais Ann ne m’a absolument pas du tout encouragé et il faisait nuit.

Nous avions prévu comme les copains avant nous, de faire escale à « Pulau  Pisang » (32 NM)  et ensuite, à « Pulau Besar » (70 NM), nous réservant les  38 derniers milles pour la troisième journée.  Mais à peine avions-nous quitté la marina … que nous avons changé nos plans, en décidant de faire le trajet sans escale (137 NM). Nous vivons de plus en plus … au jour, le jour !

La côte malaise est aussi rectiligne que l’Indonésie est composée d’îles. Les fonds ne sont pas très importants dans « Malacca Strait » (max. 30 m.) en sorte qu’il est facile de jeter l’ancre à peu près partout le long de la côte mais sans la moindre protection ! Jusque « Malacca », les eaux étant très calmes, le mouillage est possible … mais pas très tentant !

Malgré un petit courant contraire, nous avons rejoint « Malacca Strait » beaucoup plus rapidement et plus facilement que je ne l’avais imaginé. Toutefois, au niveau du « Cap », nous nous sommes retrouvés en terrain miné par des casiers … maudits pêcheurs !

Nous avons une seconde fois, survécu à ce bonheur, à hauteur de « Pulau Pisang » après quoi, je n’ai plus vu un seul panier jusqu’à l’arrivée. Ann est persuadée en avoir vu 3 ou 4 en début de soirée mais je reste sceptique.

Nous avons gentiment suivi  le bord extérieur de la zone de trafic montante sur une mer douce, lisse et  sans vague comme on aimerait qu’elle soit plus souvent. Malheureusement, dans le courant de la nuit, avec la montée du vent ou parce que la zone était renseignée comme agitée, la mer est devenue beaucoup plus clapoteuse et tourmentée.

Sur notre route, nous avons croisé deux remorqueurs (« BS Alliance » et « Haijie 1 ») avec leur chaland et un petit cargo remontant à contre-courant la zone de trafic !!! Comment les autorités peuvent-elles tolérer de tels agissements irresponsables ! Le plus étonnant c’est que nous n’avons entendu aucune réaction sur la VHF de la part des autres bateaux  … alors que le simple fait de bavarder sur le canal 16 peut vous attirer une remontrance de l’un ou l’autre illuminé !

A la tombée de la nuit, nous avons croisé, en dehors de la zone de trafic,  un troisième et un quatrième remorqueur … ce dernier, sans feux, ni  AIS. Je hais les remorqueurs.

Difficile de lire son bouquin à son aise dès lors qu’il est  impératif qu’au moins un des deux soit de veille efficace … même en plein, jour ! Journée d’une monotonie sans nom qui nous incite systématiquement à charger  « S.A.S.³ » sur un cargo et de rentrer en Europe !!

Avec  la nuit, la veille s’est encore accrue au point que nous n’avons pas osé fermer l’œil  un seul instant ! Dans des conditions parfois « exigeantes », il est agréable de pouvoir bénéficier du soutien de son conjoint.

L’occasion était rêvée d’enfin essayer mes nouvelles jumelles à vision nocturne ! Sur les précieuses recommandations d’un ami opticien, nous avons acheté à « Singapour », des Bushnell 2.5 x 42 … pas donné mais « quand on aime, on ne compte pas » m’a un jour, expliqué mon beau-frère.

Mon test a un peu été faussé par un orage qui nous a flashés environ toutes les 20 secondes durant toute la nuit mais dans l’ensemble, j’ai pu me faire une première bonne idée.

Acheter des jumelles à vision nocturne … c’est un peu comme équiper son bateau  pour la première fois de sa vie, d’un radar. Si vous partez de l’idée que vous allez voir se dessiner sur votre écran, la forme du bateau ou de l’objet repéré … vous allez être fort déçu.

Pour les jumelles à vision nocturne, si vous partez de l’espoir de voir comme en plein jour, ce que vous avez l’habitude de voir avec vos jumelles « normales » … vous allez regretter amèrement votre achat !

Il faut savoir que ces jumelles ont des limites suivant les conditions d’emploi. J’ai par exemple, constaté que si  je regardais du côté du rivage illuminé, j’avais une superbe résolution alors que si je m’orientais vers la noirceur du large, la résolution était plus limite. Que l’emploi de I.R. (infra rouge) était stupéfiante sur de très courtes distances mais au-delà, ne servait strictement à rien. Que les feux lumineux avaient tous la même couleur,  une fois passés par le prisme de la jumelle. Que viser un objet lumineux (une bouée éclairée, un bateau illuminé) rendait impossible une vision de l’aspect de l’objet etc.

En clair … la jumelle à vision nocturne est sensationnelle en certaines conditions, moyenne en d’autres et totalement nulle dans certains cas. Si vous en acceptez l’idée, cela vaut la peine d’en faire l’acquisition.

Nous avons eu par deux fois, l’occasion de nous réjouir de notre achat. La première fois … Ann me signale (21.30 heures) la présence d’un « panier » juste sur l’avant du bateau ! Grâce aux jumelles, je relèverai qu’en fait de « panier », il s’agissait d’un bateau de pêche qui naviguait sans le moindre feu de navigation et nous coupait la route ! La seconde fois … Ann m’avertit de la présence d’un obstacle alors que nous allons passer devant l’étrave d’un énorme cargo au mouillage.  Grâce aux jumelles, je pourrai  nous rassurer sur l’absence de tout obstacle … il s’agissait d’un « faux écho » !

Jeudi  30.

Malgré tous nos moyens et toutes les précautions prises, nous avons bien failli nous prendre une grosse bouée jaune … dont nous n’avons pris conscience que lorsqu’elle était à notre hauteur, sur tribord !!! Elle n’était pas renseignée sur notre carte MaxSea … de même que deux autres bouées jaunes qui nous ont également pris par surprise. Généralement, c’est l’inverse … MaxSea nous renseigne des bouées inexistantes !

Alors que nous nous approchions de « Port Dickson », nous parviendrons à rentrer en contact par VHF avec « Tahaa Tiva » et « Obione » …  partis le mardi à 7 heures, de « Puteri » (Malaisie) ! Ils avaient  fait escale à « Pulau Pisang » mais ne parvenant pas à arriver de jour, à « Pulau Besar », ils avaient décidé de poursuivre de nuit, jusqu’à la marina.

En finale, nous arriverons en tir groupé pour  7.30 heures à  « Admiral Marina » de « Port Dickson ».

C’est dans les derniers milles qu’Ann  s’est finalement lâchée ! Comme elle lit énormément, elle avait appris que de mai à novembre, le « détroit de Malacca » était sujet à des « sumatras » ! Il s’agit de coups de vent de plus de 50 nœuds avec des averses diluviennes qui rendent nulle toute visibilité. Il n’y a aucun signe avant-coureur et cela peut durer 30’ ! Du coup, je comprenais mieux son stress et en appréciait davantage qu’elle ait conservé l’information pour elle : « aux innocents, les mains pleines » !

En entrant dans la marina, j’ai été surpris par un animal qui quittant le bord, se dirigeait résolument vers nous ! Il s’agissait d’un grand lézard (1.50 m. selon Ann) qui a finalement fait demi-tour !!! Brrrrrrr me direz-vous. Pas tant que cela si cela nous protège des rats ! « Obione » a hérité d’un rat à la marina de « Puteri » ! « Otter II» avait connu la même mésaventure à « Curaçao ». Aux dernières nouvelles, le rat n’avait plus fait parler de lui … peut-on imaginer qu’il soit parti de lui-même ?

« Admiral Marina » de « Port Dickson » ?

Mes toutes, toutes premières impressions après une nuit blanche, n’étaient pas exactement les meilleures : alors que la marina renseigne une réception 24/24 heures … nous n’avons pu rentrer en contact avec un responsable qu’à 8 heures du matin.

Personne pour nous aider à la prise d’emplacement, une prise de courant qui ne fonctionne pas, l’autre qui est défectueuse et la troisième qui m’oblige une fois de plus, à changer la fiche de mon câble électrique par une de la marina, eau non potable, pompe à essence en panne, pas de navette … sans parler d’un taquet branlant qui nous oblige à choisir l’autre bord du « single berth ».

Il semblerait que les mots « entretien ou maintenance » ne font pas exactement partie du vocabulaire malais. Les marinas laissent souvent à désirer au niveau des installations quand elles ne sont tout simplement pas à l’abandon comme  «Sebana Cove » ! Dans le même ordre d’idées, nous n’avons pas entendu beaucoup de bien de la marina de « Puteri ».

Question formalités d’entrée dans le pays … la marina ne s’occupe de rien contrairement à ce que nous avions connu à « Raffles Marina » ou à « Nongsa » ! Nous avons été contraints d’aller, en taxi, à « Port Dickson » … d’abord à l’immigration, ensuite aux douanes et enfin, à la Capitainerie. Quand vous êtes crevés et qu’il fait très chaud, c’est un vrai jeu de massacre.

A l’immigration, j’ai été un peu amusé que les fonctionnaires nous ont fait passer avant tout le monde comme des V.I.P. Cela m’a fait penser au film « Mais où est donc passé la 7è Compagnie » lorsque Jean Lefebvre fait remarquer à Pierre Mondy que dans l’enclos réservé aux Officiers, la nourriture était meilleure et les Allemands beaucoup plus gentils que dans celui réservé aux simples trouffions.

Mes secondes impressions de la journée seront bien meilleures. La marina est tellement bien aérée que nous déciderons d’essayer de nous passer d’air conditionné du moins durant la journée, nous avons une très jolie vue,  « S.A.S.³ » est  (pour le moment du moins) bien mis en valeur, le « single berth » est bien large (10 m.), la piscine est superbe et les installations donnent envie d’y aller prendre l’apéro … voire plus si affinités. En bref … la marina me plaît beaucoup.

Vendredi  31.

La vie farniente en marina pose inéluctablement le problème des grandes décisions à prendre ! Imaginez la situation … vous vous réveillez doucement avec le chant des oiseaux et déjà, vous  risquez la migraine car se pose à vous, un terrible dilemme : piscine, douche, petit déjeuner … dans quel ordre ? Comme il s’agit d’une équation à trois connues, les combinaisons sont assez élevées !

Après un petit plouf dans la piscine, nous avons réalisé le tour du propriétaire … côté marina. C’est un peu alambiqué comme plan mais c’est peut-être justement cela qui donne du charme à l’ensemble. Un peu surpris par la présence de 4 vedettes rapides de la Police et de quelques autres participants de « Sail Indonesia » : « Dash », « Vonnie Belle », « Equinox » et « Romance ».

Info intéressante : la participation à « Sail Malesia » donne droit à 50% sur le tarif de la marina … pour une semaine ! Nous avions eu 30% à « Raffles Marina » grâce à « Sail Indonesia ».

Quatre ans … quatre longues et dures années … quatre années entières que je subis tantôt avec résignation, tantôt avec fureur, de voir les deux éviers de notre salle de bain se vider inexorablement de leur eau malgré la bonde « Vola » ! Et voilà qu’aujourd’hui …  je découvre qu’il s’agissait simplement d’une question de réglage !! Grrrr.

Au « Happy Hour » du bar du resort, nous avons retrouvé Michel et  Maël, de « Obione ». Maël est venu retrouver pour un mois, son père à « Puteri ».

A la sortie du bar, nous sommes tombés sur Martine & Christian de « Tahaa Tiva » qui revenaient avec d’excellentes nouvelles de « Kuala Lumpur » où Christian avait passé divers examens médicaux qui l’avaient rassuré sur son état de santé. Un vif soulagement pour nous tous.

L’éloignement du pays ne nous place pas à l’abri des problèmes et notamment de santé. Se faire soigner à l’étranger et dans une langue que vous ne comprenez pas toujours, est une vraie angoisse pour beaucoup d’entre nous. Que dire alors des dispositions à prendre en urgence vis-à-vis du bateau  lorsqu’un rapatriement s’impose ! Tout paradis a ses limites …

Samedi  01.

Vivre en Belgique a l’avantage que l’on ne se pose jamais la question de savoir pourquoi  il pleut ou  il ne pleut pas. Il s’agit d’une telle évidence en toute saison ! Alors qu’en ces régions, il faut constamment  s’interroger sur l’état de la mousson  (de Nord-Est, de Sud-Ouest, période de transition ?) et  sur sa situation géographique par rapport à l’Equateur.

Ainsi donc, maintenant que nous sommes de plus en plus souvent confrontés à la pluie, je prends seulement conscience que le mois de novembre est le mois le plus pluvieux à « Kuala Lumpur » … joie ! Par contre, à « Langkawi » où nous devrions nous rendre dès l’arrivée des enfants, le mois le plus pluvieux est octobre … joie !

Je me dois cependant d’être honnête en précisant que jusqu’à  aujourd’hui, nous sommes réellement passés entre les gouttes !! Selon ce que nous entendons des copains, il a beaucoup plu à « Puteri » alors que nous étions très épargnés à « Raffles Marina » ou qu’il pleuvait à averses à « Kuala Lumpur » alors qu’il faisait beau à « Port Dickson » ! Il faut juste maintenant espérer que notre bonne étoile ne nous quittera pas trop vite …

Profitant justement d’une belle journée, mal commencée en matinée par la pluie, Michel de « Obione » et votre serviteur ont été enlever les voiles de « Tahaa Tiva » pour éviter à Christian, des efforts bien inutiles en sa situation.  Martine & Christian repartent ce lundi, en France, pour trois mois.

En revenant de « Tahaa Tiva », je constate avec horreur, qu’un énorme promène-couillon est venu prendre l’emplacement à côté du nôtre !! Enfer et damnation … notre petit paradis aura été de bien courte durée. Snif.

Moins d’un  ¼ heure plus tard, notre « gêneur » était parti prendre un autre emplacement plus loin sur le ponton ! Ouf ! Comme quoi … à tout malheur, une chose est bonne … c’est l’absence de prise d’électricité en ordre de fonctionnement qui l’a fait fuir.

Le soir, nous nous retrouvions tous au bar, pour dîner … où nous retrouvions Michael de « Vonnie Belle ». Le groupe de chanteurs « Rhythm Mix » qui s’y produit chaque soir, a mis beaucoup d’ambiance voire de mélancolie !

Amusant … au bar, on dîne à la carte tandis que dans la grande salle de restaurant, on a droit uniquement au buffet !

Dimanche 02.

Prendre sa douche peut se révéler, en certaines circonstances, dangereux !! Je viens d’en faire l’expérience …

Alors que pourtant le robinet était tourné résolument sur « froid », j’ai bien failli me faire ébouillanter ! Il m’a fallu laisser couler l’eau pendant une dizaine de minutes pour avoir de l’eau simplement  chaude ! En cause, notre branchement direct à l’eau du quai … bouillante dans les tuyaux en raison des températures extérieures !!!

Si la marina est bien aérée … encore faut-il qu’il y ait quand même un peu de vent ! Faute de vent, les températures s’élèvent rapidement et le choix se réduit à rester confinés à l’intérieur avec l’airco ou à passer sa journée, à la piscine. C’est bien entendu, la seconde option que nous avons choisie.

Une fois 18.30 heures, on ne quitte plus le bar du resort tant que les copains sont encore là … nous avons attendu vainement le groupe « Rhythm Mix » … qui ne se produit pas le dimanche !!

Lundi  03.

Comme le vent est toujours absent … nous avons été contraints de faire fonctionner l’airco même durant la journée. Pour le surplus, c’est … piscine … piscine … piscine … et re-piscine.

En milieu d’après-midi, nous avons bien eu l’inconscience de me monter au mât (merci à Michel de « Obione » pour son aide) pour tenter de voir pourquoi notre sirène s’était mise à gueuler toute seule à « Nongsa Point Marina » … mais sans constater la moindre anomalie.  Nous nous attendons donc à une nouvelle alerte intempestive maintenant que la sirène est à nouveau branchée … en l’espoir que ce ne soit pas en pleine nuit et sous la pluie !

En fin d’après-midi, Martine & Christian partaient pour « Kuala Lumpur », prendre leur avion.

Mardi  04.

Départ de « Obione » et arrivée de « Panisse ».

Nous connaissons des problèmes répétitifs avec notre air conditionné  … mais depuis hier, le problème semble prendre d’inquiétantes proportions ! En fait, ce n’est pas avec notre airco qui est en cause mais l’un de nos deux transformateurs d’isolement qui se met en « stand by » coupant du même coup l’arrivée du 220V du quai ! Le phénomène ne se produit que  lorsque l’airco fonctionne !

Avec les températures que nous subissons, la question de l’air conditionné n’est plus un luxe « accessoire » … mais une priorité essentielle qui justifie que nous soyons en marina plutôt qu’au mouillage.

Nous avons donc consacré notre journée à essayer de solutionner la question, allant même jusqu’à passer une partie de notre nuit, à faire des quarts devant notre transformateur d’isolement pour examiner son comportement !

A ce stade, nous ne savons toujours pas si notre transformateur d’isolement se met simplement en sécurité (pour motif de surchauffe par exemple) ou si nous avons à faire face à une panne intermittente ! En le premier cas, il nous faut chercher et supprimer la cause … alors qu’en le second cas, il nous faut faire réparer ou changer l’appareil.

En milieu d’après-midi, un bon orage a rafraîchi sensiblement l’air ambiant et même si nous n’aimons pas la pluie, nous devrons rendre grâce au Ciel pour une fois !

Mercredi  05.

Journée farniente … piscine, lecture, apéro, télévision.

Jeudi  06.

Le fond de l’air est nettement plus supportable que les autres jours et surtout, surtout … il fait un peu venteux. Enfin …

Cela me tracassait depuis notre arrivée à la marina et malgré cela, nous n’avons jamais trouvé le courage d’entreprendre … l’entretien du moteur principal. C’est maintenant chose faite … que de soulagement !

Avec un entretien tous les 200 heures, nous réalisons plusieurs entretiens par an … ce qui nous donne parfois le sentiment que nous ne faisons plus que cela !! Il faut reconnaître que lorsque ce n’est pas un moteur, c’est l’autre.

Arrivée de « Murrundi » et de « Cayenne » … insensiblement, la marina se remplit.

Vendredi  07.

Encore un peu et nous remettions une fois encore, notre petite visite à « Port Dickson » !! Il faut reconnaître qu’avec une petite brise rafraîchissante, notre cockpit nous tendait scandaleusement  les bras …

Il n’y a pas d’autre moyen d’aller « en ville » que de prendre un taxi  … c’est beaucoup trop long que pour y aller à vélo et de bus, nous n’en avons pas trouvé ! Vous avez le choix : soit le taxi du resort et il vous en coûtera 30 R.M.  … soit le taxi de la ville et vous vous en sortez pour 15 R.M.

Mais vous connaissez  mon adage fétiche : « il n’y a pas de rose sans épine » ! Pour 30 R.M. vous avez droit à la Mercedes climatisée avec chauffeur en col et cravate … alors que pour 15 R.M. vous ne pouvez espérer mieux qu’un tas de ferraille poussif, sans airco avec chauffeur débraillé. De surcroît, vous n’êtes jamais certain d’arriver à bon port, en une seule pièce et il vous faudra avoir de la chance d’en voir passer un sur la chaussée car il n’y a pas de station de taxis à proximité du resort …

Le jour de notre arrivée, nous avions été à « Port Dickson » pour 30 R.M.  et nous en étions revenus pour 15 R.M. … car nous avions choisi, à chaque fois, la solution de facilité. Aujourd’hui,  nous n’avons pas trouvé de taxi sur la chaussée mais par bonheur, nous avons été embarqués par un autre plaisancier qui partait faire une course.

La ville de « Port Dickson » est plus étendue qu’il m’en avait paru la première fois et les projets pharaoniques ne manquent pas !!! Au vu du délabrement généralisé de la ville, on a du mal à croire à la viabilité de tels projets mais cette audace immobilière semble participer de l’esprit même  du pays !! Notre marina relève également d’un de ces projets grandioses qui n’a jamais été mené tout-à-fait à terme. On a le sentiment qu’en Malaisie, on préfère construire du neuf plutôt que d’entretenir ce qui est existant !!

Je vous recommande le « Mac Do » qui est situé en bord de mer … mais si vous aimez la mayonnaise avec vos frites, pensez à en prendre avec vous !

Samedi  08.

Aux petites heures du matin, nous avons eu droit à un de ces orages dont la région a le secret : un vrai déluge ! Par malchance, j’avais oublié de refermer le capot du coffre arrière … mais Ann s’est ((spontanément)) proposée d’aller le fermer. Ce qui a de bien avec les Béliers … c’est qu’il suffit de lancer une idée en l’air pour qu’ils foncent sans réfléchir. Ainsi, dans votre demi sommeil, vous dites : « le capot du coffre est-il fermé ?? » et le reste va de soi … vous pouvez vous rendormir.

Dimanche 09.

Arrivée de « Umineco ».

Journée farniente … lecture, piscine, apéro, télévision.

Lundi  10.

Départ de « Panisse » et de « Umineco » comme annoncés. Désormais, tous les participants de « Sail Indonesia » sont éparpillés entre les marinas de « Singapour » et de Malaisie. Personne ne semble décidé à se rendre en Thaïlande avant le début de l’année prochaine … sauf « Ichtus » qui est à « Phuket » en attente de son embarquement sur cargo, en avril 2015.

Comme nous avons pensé en son temps, que c’était peut-être le fusible d’entrée du 220V qui était en faute pour nos problèmes d’airco, nous nous sommes mis en quête d’un nouveau fusible que nous avons finalement dû commander (notre modèle n’existe plus évidemment) auprès d’un magasin local … situé à la périphérie de « Kuala Lumpur » ! Alors autant qu’à faire … autant visiter « Kuala Lumpur ».

Départ donc à 8 heures du matin avec un taxi loué pour la journée (450 R.M.). Certes, la circulation est toujours dense aux abords de « Kuala Lumpur » mais cela n’explique pas que notre trajet nous a pris … 3 heures !!

En fait, malgré le GPS embarqué avec nos affaires et notre cartographie IPAD, nous n’avons réussi qu’à induire en erreur notre pauvre chauffeur  qui ne savait plus où il devait se rendre en définitive ! Comme nous tournions en rond, Ann a pris le problème sous un autre angle et est parvenue à nous guider jusqu’à notre magasin. Toutes les rues portent à peu près le même nom et il est quasiment impossible de s’y retrouver !! C’est tout simplement infernal.

Etant parvenus  à entrer en possession du précieux fusible dont nous sommes persuadés aujourd’hui  qu’il n’est pas en cause … nous avons pris la direction du centre-ville de « Kuala Lumpur » avec bien entendu les « Petronas Twin Towers » (qui culminent à 451 mètres) en ligne de mire.

Si les tours jumelles  ne nous ont pas déçues … elles ont un style en référence explicite à l’islam. Ce qui m’a le plus surpris, c’est la couleur bleue qui se dégage de sa structure externe et que nos photos ne rendent absolument pas … on a l’impression qu’elles sont grises alors qu’un bleu électrique est dominant !

« Little India » nous a par contre, fort déçu par son  côté très « little ».

Nous avons également visité le « Bird Park » qui a retenu toute notre sympathie car de nombreux volatiles y sont en demi liberté : les visiteurs se promènent  parmi les oiseaux, dans d’immenses volières. Par prudence, j’ai quand même acheté un ticket de sortie pour Ann au cas où … un gardien m’aurait interdit de ressortir avec mon « petit oiseau des îles » !

Mes impressions de « Kuala Lumpur » ?

Une mégapole sympathique et moderne …  mais sans plus ! Hormis quelques joyaux comme les « Petronas  Twin Towers» bien entendu, la ville ne compte pas tellement de gratte-ciels ou en tous les cas, bien moins que « Sydney » ou « Singapour » par exemple. Il y a bien entendu quelques très hauts buildings que je ne classerais pas pour autant dans la catégorie  des « gratte-ciels ».

Ce que j’ai trouvé de plus affligeant … ce sont ces magnifiques constructions, véritables palais hindous,  complètement noyés dans l’urbanisation alors que l’on s’attendrait à les voir entourés d’immenses parcs verdoyants.

J’ai par contre, apprécié que les HLM locaux (moins nombreux qu’à « Singapour »mais malgré tout bien présents) présentaient  tous une petite note architecturale particulière  (le plus souvent au niveau du toit) qui donne à l’ensemble, un côté plus humain, plus original.

Petite anecdote … nous avons trouvé un hypermarché qui vendait des fromages français, de la charcuterie, des petits pois, de la compote de pomme, des croissants, de la baguette française etc. … en bref, des biens excessivement rares en ces régions ! Arrivés à la caisse, nous avons été surpris de voir la jeune caissière musulmane se servir d’un sac plastique comme gant pour prendre du bout des doigts, notre emballage de  jambon !!

Le temps passe tellement vite que déjà l’heure du retour (16 heures) avait sonné si nous ne souhaitions pas passer une partie de la nuit dans les embouteillages.

Sur le trajet de retour, nous avons vu (comme à l’aller) énormément de « Dagobert ».

« Dagobert » ?? Ben oui … je cause français tout de même … des « Da-Go-Bert ». Vous ne connaissez pas l’histoire du bon Roi Dagobert qui avait mis sa culotte à l’envers !!! Ben ici … c’est pareil sauf qu’en fait de « culotte », tous les motocyclistes du coin, mettent leur « veste » à l’envers … traduction : la veste est enfilée en sorte que le torse est couvert et que le dos reste à l’air. Capicci ?

A notre retour à la marina, nous avons constaté que  « Minnie B » que nous avons retrouvé au bar, était arrivé.

Mardi  11.

Départ de « Murrundi » et de « Cayenne » comme annoncés. En contrepartie, le nombre de voiliers de régate augmente chaque jour. La « Raja Muda Selangor International Regatta » qui doit démarrer à la fin de la semaine, de « Port Klang », n’y est certainement pas étrangère : 35 participants dont nos copains de « Escapade ».

Selon l’avis de spécialistes consultés, nos transformateurs d’isolement à découpage MasterVolt qui nous posent problème, sont syndiqués !! Ils réclament des températures plus basses pour travailler correctement sous l’air de la chanson « il fait trop chaud pour travailler … » ou alors des augmentations substantielles de salaires !! Je vous jure … tout ce qu’il ne faut pas entendre !

Que ferions-nous toute la journée, sans piscine ?  Une différence notable par rapport à « Nongsa Point Marina » … nous n’y restons pas après notre trempette ! Le resort est assez animé en sorte que nous préférons la quiétude du bord.

Mercredi  12.

Départ de « Minnie B » comme annoncé ainsi que des quelques bateaux de régate que comptait la marina.

Personne ne m’a encore posé la question de savoir quel bateau était le plus couramment rencontré dans toutes ces eaux lointaines et pourtant, elle n’aurait pas été dénuée d’intérêt. En fait, je me suis moi-même souvent posé  la question et la diversité est tellement grande que la réponse n’en est pas aisée !

Toutefois, très vraisemblablement  pour des questions de budget, les bateaux de grande série arrivent en tête du classement : Océanis (Bénéteau) pour les voiliers et Lagoon pour les catamarans, dominent largement. Il y a notamment, deux Océanis (50’ et 54’) qui sont arrivés cet après-midi.

Pour le surplus, on trouve réellement de tout … jusqu’aux constructions amateurs. Selon les endroits, on rencontre parfois un peu plus de représentants d’une marque que d’une autre mais aucune règle générale ne s’en dégage pour autant.

Quant à notre bateau, on le prend invariablement pour un « Oyster » ou un « Discovery » !! Même s’il  est vrai qu’il existe de solides ressemblances dans le look général du pont … j’ai malgré tout du mal à comprendre que personne ne parvienne à lire « Garcia » inscrit sur les deux faces de notre étrave !! Evidemment ce n’est pas « anglais » et l’hostilité ancestrale entre français et anglophones n’est pas une légende !

Jeudi  13.

Une fois de plus, nous avons chargé un « local » du lustrage de notre coque. Ce n’est pas tellement qu’elle était déjà sale mais bien plus parce que j’avais l’impression qu’il restait un surplus de polish du nettoyage réalisé à « Nongsa Point Marina » et comme je reste un perfectionniste …

La bonne solution pour maintenir sa coque en état … est de la rincer immédiatement à l’eau douce après une sortie en mer. Le problème, c’est qu’au mouillage, on emploie l’eau des tanks …

Tandis que notre homme transpirait de grosses gouttes à s’échiner sur notre coque … je me suis mis en devoir de remplacer le fameux fusible qui nous avait fait courir jusque « Kuala Lumpur ». Pourquoi me direz-vous alors que je suis persuadé, certain qu’il n’est pas responsable de nos problèmes de transformateur d’isolement ?  Ben, tout simplement parce que je n’en suis plus si persuadé, certain …

En tout état de cause … remplacer un fusible par un autre fusible … rien de plus facile ! Et voilà … patatras … le mot malheureux a été lâché : cela m’a pris la journée et trois interventions de l’électricien de la marina !!! Je vous passe les détails … plus navrants les uns que les autres !

Avec tout cela, si nos transformateurs d’isolement se mettent encore en standby … nous aurons considérablement augmenté les causes potentielles  de panne !! Joie !

Côté positif, cela nous aura permis de faire un peu  mieux  la connaissance d’Andrea & David de « Diomedea » … Australiens ultra sympas.

Vous connaissez le rêve de beaucoup d’Australiens … naviguer en Méditerranée !! Et pour Andrea & David, voir Bruges (Belgique), la Mer du Nord, l’Ecosse  … Ils sont carrément tarés ces Australiens ! Preuve s’il en est qu’il est parfaitement exact d’affirmer que « l’herbe du voisin est plus verte … ».

Durant tout ce temps, Ann n’a pas chaumé de son côté … elle s’est tapée le nettoyage en profondeur de tous nos coussins en cuir blanc. C’est joli le blanc … mais c’est quand même fort salissant.

Arrivée de « Drifter ».

Le soir, nous avons été manger au bar : la nourriture n’y est toujours pas terrible mais l’ambiance était au rendez-vous avec les « Rhythm Mix ».

Vendredi  14.

« Diomedea » est parti ce matin, comme annoncé … juste au moment où nous commencions à sympathiser ! Il existe cependant de fortes probabilités pour que nous les rencontrions  à nouveau sur le chemin de « Phuket ».

Oui … la décision est prise … nous allons jusque « Phuket » notamment mais pas seulement car il y a un dealer MasterVolt avec lequel nous avons déjà pris contact. Dans un premier temps, nous avions pensé nous arrêter à « Langkawi » (Malaisie) et y sortir le bateau pour son carénage.

Journée pas fort différente des autres avec de fortes chaleurs et un orage en fin d’après-midi.

Comme nous comptons quitter la marina, lundi et que demain sera consacré à faire la toilette du bateau en vue de l’arrivée des enfants, au soir … nous sommes allés faire un gros avitaillement à « Port Dickson ».

Samedi  15.

Une fois de plus, notre « local » nous a posé un l… (l’animal aux longues oreilles dont on ne peut évoquer le nom sur un bateau parce que cela porte malheur !) pour le nettoyage de la face bâbord de notre coque. Le plus incroyable est qu’il passe ses journées à la marina, que nous le voyons sur d’autres bateaux et qu’il y a toujours un motif pour lequel il ne sait pas venir …

Sur base de notre petite expérience, la Malaisie n’est pas le pays que je choisirais pour faire le refeet du bateau … un manque de sérieux général est à déplorer dont l’absence systématique de réponse  à vos E- mail n’est qu’une illustration.

Avec les pluies incessantes que nous subissons … toute l’hiloire blanche du pont est grise avec de superbes traces de coulée. Pas question évidemment de laisser cela en l’état pour l’arrivée de nos enfants … donc … arbeid, arbeid, arbeid, haut les cœurs.

Les températures ont été  telles que toutes les heures, nous devions courir jusqu’à la piscine pour éviter une insolation ! Inimaginable de travailler dans de telles conditions : nous n’osions pas nous asseoir de peur de nous brûler le derrière ! Port obligatoire de nos claquettes si nous ne voulions pas carboniser nos plantes de pied ! Et non … il ne pleut pas … ce n’est que notre propre sudation !

La piscine du resort … un samedi : la folie furieuse !  Je me suis même parfois demandé si je ne m’étais pas trompé avec la cour de récréation d’une maternelle !! Mais le plus comique si on ose encore l’évoquer, reste de voir toutes ces musulmanes habillées de la tête aux pieds,  nager … avec le voile ! Juste à côté … votre serviteur avec son maillot de bain moule-bite !

Je suis effaré de relever combien peu savent nager !! Et quand ils « savent » nager, j’ai plus l’impression de voir des canards s’ébattre dans l’eau qu’autre chose !!

Avec une heure de retard sur l’horaire, l’avion de nos enfants est bien arrivé à « Kuala Lumpur » et nous étions tous rentrés au bateau passé minuit.

Dimanche  16.

Journée pluvieuse, de repos pour tout le monde … même si nous avons été sortis de notre lit, par notre « local » venu – enfin – terminé son travail.

Arrivée d’une dizaine de participants de « Sail Malesia » … mais demain, nous partons pour « Pangkor ».

 

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