Publié par : Ann & Stéphane | 1 octobre 2014

19 au 30.09.2014 – Mouillages d’Indonésie 4.

« Gili Air Island ».

Vendredi 19.

A notre réveil, le plan d’eau s’était largement clairsemé : tout le groupe des Australiens était parti vers le Sud de Bali … un arrangement ayant été trouvé avec Sam de « Sail Indonesia » pour le renouvellement de leurs visas car le  rendez-vous « officiel »  est fixé au 22 septembre, à « Lovina Beach » … au Nord de Bali !

Ciel couvert (!) et toujours le va-et-vient incessant des navettes transportant leurs cohortes de touristes. On les reconnaît facilement …

C’est plutôt rare mais il y a quand même une navette qui est parvenue à nous faire rouler un bon coup … il faut dire qu’avec ses 8 moteurs Suzuki de 300 CV, il brassait pas mal d’eau. Sans hésiter, je lui décernerais le trophée du plus con des Capitaines. Félicitations à l’heureux élu.

Journée farniente.

Après avoir pris l’apéro à bord, avec Carmen & Ralph de « Relax », nous avons été dîner ensemble sur la plage, au « Scallywags ».  Superbe ambiance et excellent barbecue.

Samedi 20.

Tandis que « Relax » était parti au matin, pour un mouillage sis au NE de « Bali », nous avons profité de notre dernière journée à « Gili Air » pour faire honneur à la cuisine locale (pizza Margarita pour votre serviteur) au « Zipp Bar & Restaurant» et se plonger une dernière fois, dans cette ambiance magique. Nous avons adoré « Gili Air » et cela m’aurait plu assez de passer 8 jours en un des hôtels qui borde la plage !

Mais quand il faut y aller … il faut y aller ! Aussi, vers 16 heures, nous lâchions nos amarres pour « Lovina Beach » de « Bali » (73 milles nautiques). Pourquoi partir juste avant la tombée de la nuit ? D’une part, pour profiter de la clarté pour sortir du lagon et d’autre part, pour être certain d’arriver de jour au mouillage. Sur une journée, c’était un peu juste et le moindre dépassement de temps aurait été sanctionné par une nuit d’encre  …

Pétole jusqu’à la tombée de la nuit et alors, là, juste avant que le soleil n’aie totalement disparu  … le coup de vent salvateur (14 à 18 nœuds de vent réel) jusque 23.30 heures. J’aurais presque envie de dire qu’il s’agit d’un grand classique en ces lieux !

Le plus « spécial » reste que nous étions quatre voiliers sur zone : « Rio », « Mini B », « Relax » et que seul « S.A.S.³ » marchait à la voile ! Nos copains ont prétendu ne pas avoir de vent !!

« Relax » était parti pour faire le trajet en deux étapes mais leur mouillage au NE de Bali s’est révélé  tellement mauvais  … qu’ils ont été astreints à une navigation de nuit !

Nous avons savouré cette navigation par un vent de travers de 70° à 90°. Evidemment, comme nous allions beaucoup trop vite, nous avons établi la trinquette en lieu et place du génois et pris un ris dans la GV.

Dimanche 21.

La seconde partie de nuit fut moins « jojote » avec un vent tournant sur l’arrière et plus tard, en venant sur la tranche du nez. Nous aurions peut-être pu tirer quelque parti de cette dernière situation mais nous avions pris un second ris dans la GV pour éviter qu’elle ne faseye de trop et le vent était assez instable. Beaucoup de travail en perspective pour sans doute pas grand-chose … aussi nous avons continué au moteur.

Nuit blanche  pour tous les deux, en raison de la présence en grand nombre, de « Fish Houses » (radeau très étroit formé par l’assemblage de bambous de 3 à 4 mètres de long, surmonté d’une structure aux formes les plus diverses). Les premières disposaient d’une lampe flashe multicolore mais les autres n’étaient repérables … qu’au radar ! Lors de nos précédentes navigations, nous avions profité d’une merveilleuse pleine lune qui nous faisait voir presque comme en plein jour.

A hauteur de notre mouillage, nous avons relevé que la cartographie n’était pas exacte puisque l’AIS de certains bateaux, les positionnaient sur la terre et que le mouillage se trouvait un peu plus au Nord que sur notre carte ! Avec le lever du jour, nous avons pu compenser tout cela …

En Thaïlande, à partir du 1er octobre 2014, tous les bateaux doivent être équipés d’un AIS sous peine d’un emprisonnement de 6 mois ! L’entrée de Singapour n’est autorisée qu’aux bateaux équipés d’un AIS.  Autant de législations contraignantes que nous approuvons en leur principe tant elles assurent une plus grande sécurité en mer. A quand une telle obligation en Europe ?

Impossible de les compter mais je dirais certainement, une centaine de pirogues à balanciers se dirigeaient toutes vers le large avec chacune à son bord, 4 ou 5 touristes ! Il semblerait qu’il s’agit de la grande attraction touristique du coin : aller voir aux aurores, les dauphins !

Comme le mouillage comptait déjà une petite trentaine de bateaux, il n’a pas été facile de trouver une petite place au soleil (fond de -8 m. sur plateau), pour « S.A.S.³ » ! Aussi, avons-nous un peu marché au culot pour nous insérer dans la masse. Le résultat n’est pas mauvais sauf que nous léchons tantôt l’avant, tantôt l’arrière de « Drifter » …

Vers 16 heures,  Frédéric Wolf nous téléphonait pour nous prévenir qu’il était arrivé à « Lovina Beach ». Nous attendions sa venue et nous avons immédiatement mis notre annexe à l’eau pour aller le chercher.

Ce fut le moment choisi par le vent … pour nous faire une petite démonstration de force !! Le temps d’aller chercher Fred et de revenir au bateau … « Chesapeake » ne se trouvait plus sur notre tribord mais sur notre bâbord !!!!!

Alors que nous tentions désespérément de faire bon accueil à notre ami … les deux bateaux se rapprochaient de plus en plus dangereusement en sorte que quelques minutes plus tard, ils se seraient heurtés si nous n’avions pas été présents !  Il n y avait personne à bord de « Chesapeake ».

Par bonheur, le skipper de « Sirius » a volé à notre secours avec son annexe, en repoussant « Chesapeake » qui était sur notre ancre et nous empêchait en conséquence, de remonter celle-ci … tandis que Michel de « Obione » était monté à bord pour nous prêter main forte.

Après avoir frôlé la catastrophe, nous sommes partis nous ancrer sur un fond de -22 m. … un peu à l’écart des autres bateaux. A notre plus grande surprise, « Rio », « Uranie » et «  Drifter » ont également été contraints de mouiller plus au large … eux car leur ancre chassait !

Tous les bateaux étaient à nouveau ancrés … que le vent se cassait irrémédiablement la gueule !

Après l’apéro et le dîner, il était un peu tard pour Fred de rentrer sur « Seminiak » où il réside, aussi nous l’avons invité à passer la nuit à bord.

Lundi 22.

Après une nuit paisible … nous avons profité tous les trois, de cette merveilleuse journée quoique un peu trop chaude pour papoter tout à loisir.

En milieu d’après-midi, Fred nous quittait … tandis qu’à 17 heures, nous avions à l’apéro, pour notre plus grand plaisir, Robin & Simon de « Kiwi Coyote ».

Vous ne le croirez sans doute pas … mais nous avons dormi après tout cela, comme deux souches !

Mardi 23.

Si je vous dis que j’ai été me faire couper les cheveux … qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Si je vous dis que j’ai été me faire couper les cheveux à « Lovina Beach » de Bali … mouais ok mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Si je vous dis que j’ai été me faire couper les cheveux dans un salon de coiffure pour dames  et que je me suis retrouvé torse nu parmi toutes ces femmes … là, je suis certain d’avoir suscité votre curiosité.

Eh bien pour votre peine … je ne vous raconterai rien du tout ! Na !

Ok, ok, avant que vous n’imaginiez que j’ai été dans un salon de coiffure « très spécial », je vous raconte tout.

Il s’agit d’un salon de coiffure tout ce qu’il y a de plus normal, donnant sur la rue, où on coiffe aussi bien les femmes que les hommes … sauf que j’étais le seul mâle !

On m’a coupé les cheveux tout ce qu’il y a de plus banal … ensuite, l’imposante patronne m’a proposé un massage du cuir chevelu que je ne pouvais refuser d’autant que Ann se faisait faire entre-temps des mèches sur le fauteuil d’à côté.

Après une petite heure de massage de ma pauvre caboche, la petite coiffeuse qui s’occupait de moi, m’a demandé de retirer mon T-shirt !!! Si cela avait été un homme … j’aurais sans doute hésité mais comme il s’agissait d’une demoiselle, je me suis exécuté sous le regard amusé d’Ann.

Elle m’a ensuite énergiquement massé les épaules et les bras … sous l’œil goguenard d’un touriste qui voyait tout du trottoir d’en face ! A mon avis, il n’en est pas encore revenu le pauvre bougre !

De retour au bateau et comme les températures diurnes sont de plus en plus infernales, j’ai été passé la tondeuse à gazon sur la coque du bateau … au moins, maintenant, le gazon est coupé.

Comme nous n’avons pas encore trouvé le moyen de laisser notre annexe sur le rivage, Abdul avait joué le « water taxi » avec sa pirogue à balanciers. C’est que ce n’est pas évident du tout de monter à bord de ce « bidule » ! Déjà que la largeur de la pirogue n’autorise qu’un cul pas trop gros … comment approcher du bateau sans érafler notre peinture avec les balanciers ! Aussi, notre annexe a-t-elle servie de relais.

Mercredi 24.

C’est « un peu » pour ne pas dire « carrément » le bordel au niveau du renouvellement des visas. Si « Sail Indonesia » nous avait donné une bonne impression en tout début de rallye, cette image s’est très vite détériorée ! Avec tout cela, nous ignorons superbement quand nous pourrons nous extraire de « Lovina Beach »qui n’est pas un mouillage idéal : vents capricieux et houle permanente.

Nils, le crew de « Rio », s’est  proposé de nettoyer la coque de « S.A.S.³ » pour se faire un peu d’argent de poche.  Comment refuser une telle offre alors que nous admirons depuis plusieurs jours, le travail extraordinaire qu’il réalise sur « Rio ». Ce bateau est d’une telle propreté qu’on croirait à chaque fois qu’il sort du chantier de construction !

Incroyable la manière aussi simple qu’efficace que ce jeune homme utilise … en un peu moins de trois heures, toute la coque était nickel … super mais ne faut-il pas craindre l’électrolyse ??

Ann en avait profité pour faire un plus gros avitaillement auprès du « Carrefour » local situé à une dizaine de kilomètres du mouillage. Le plus gros problème réside en ce qu’ils n’ont aucun stock !

De retour à bord, nous organisions notre petite plongée (-20 m. – 28’) sur le Cessna qui nous avait été renseigné à quelques encablures de notre ancrage ! Un cylindre jaune surmonté de deux bambous, signale l’épave, en limite du mouillage.

Toujours un peu stressant de plonger sur une épave dont on ne connaît pas toujours l’histoire tragique … ici, une famille entière y avait perdu la vie ! Le père était aux commandes, sa femme sur le siège d’à côté et les deux enfants à l’arrière. Nous n’avons pas osé bouger les squelettes de peur qu’ils se décomposent sous nos yeux … horrible.

Mais je crois que ce qui nous a encore plus marqués … c’est ce crabe qui est sorti de la cavité orbitale de la petite fille … brrrrrrrr.

Reconnaissez au moins que je ferais un bon écrivain de romans d’horreur !

Hormis la carcasse d’un Cessna qui a été coulé pour servir d’attraction aux plongeurs, tout est pure imagination de votre serviteur.  Vous noterez malgré tout que l’endroit est particulièrement poissonneux (les Platax étaient particulièrement impressionnants et peu farouches).

Très sympathique plongée mais difficile de s’y éterniser des heures …

Apéro à bord de « Tahaa Tiva » pour les 67 printemps de notre copain Christian ! Sympa, chaleureux … nous sommes tous ensuite aller dîner chez « Buda Bakkery » qui nous livre chaque matin, en croissants et couques aux raisins ! Au rez-de-chaussée, c’est la boulangerie et au 1er étage, le restaurant. C’est un peu « fonctionnel » mais la nourriture y est excellente.

Il m’a bien fallu les dix minutes de marche à pied pour me dégriser de leur sacrément bonnes « Bir Bintang ».

Jeudi 25.

Nous avions tant de projets pour cette journée … notamment, une seconde plongée baptême avec Anne de « Elhaz » mais le sort en avait décidé autrement !

Depuis ce matin, la mer est houleuse et tous les bateaux plantent sérieusement des pieux sauf « S.A.S.³ » qui est remarquablement stable au tangage … un peu moins au roulis ! Se déplacer en annexe, en ces conditions, n’est pas ce qui a de plus agréable … encore qu’ayant beaucoup eu recours aux annexes des copains, nous nous rendons compte du grand confort de la nôtre.

A 10 heures, nous étions à l’hôtel « Nirvana » à attendre Sam de « Sail Indonesia » pour le renouvellement de notre visa.  Deux heures plus tard … nous étions de retour à bord ! Le plus dingue de l’histoire reste que c’est plus compliqué de renouveler son visa que d’en obtenir un !!! Encore que tous ceux qui ne sont pas passés par le rallye, n’ont pas rencontré autant de problèmes … à méditer.

Sans doute en raison de l’état de la mer, de mon manque de sommeil, du constat navrant que nos habituelles pique-assiettes se faisaient renouveler incroyablement leur visa via le rallye (!) ou peut-être parce que j’en avais marre de me faire brûler la plante des pieds sur notre teck surchauffé … une vague de fond m’a littéralement submergé et je serais parti dans l’heure s’il n’avait encore fallu attendre nos passeports en retour ! Foutre le camp de ce maudit mouillage était devenu ma seule préoccupation !

Après avoir décidé de notre prochaine destination : « Bawean  Tinggi» (209 milles nautiques), il nous restait à faire le plein de gasoil (200 litres) et l’approvisionnement en boissons. Avec un peu de savoir-faire, beaucoup de patience … et l’après-midi était passée !

Une soirée festival se tenait sur la plage, devant le mouillage, à 16 heures … suivie du traditionnel dîner du Gouverneur mais c’en était de trop pour votre serviteur qui préféra se faire sa petite soirée à bord tandis qu’Ann allait rejoindre les copains.

Elle avait la permission de 21 heures … elle est rentrée à 21.30 heures ! Je l’ai grondée. Elle m’a dit que ce n’était pas de sa faute si le bus avait du retard. Je l’ai crue et l’ai pardonnée. Ensuite … nous avons éteint la lumière.

Vendredi 26.

Pas de pitié pour les fêtards … tout le monde debout à 7 heures. Préparation du bateau pour la navigation et départ à 8 heures tapantes. Nous n’avons pas pris de petit déjeuner mais nous avons pris notre douche.

Quitter ce maudit mouillage, les premiers … aaaaaaaaaah le pied ! Nous les avons tous un peu pris de court et nous avons, semble-t-il, donné le signal de départ pour beaucoup.

Pas un pet de vent mais des « Fish House » un peu partout, nous sommes partis au moteur. Un peu plus tard, nous y avons cru et envoyé la GV … que nous avons dû ensuite réduire pour éviter un trop grand fsseyement !

Jusqu’en début d’après-midi, nous nous sommes fait rouler quelques très belles pelles. Par la suite, la houle de côté s’est calmée et la vie à bord est redevenue plus « normale ».

La nuit est arrivée que nous avions entamé le passage entre les îles situées en face de « Lovina Beach ». Beaucoup moins délicat que je ne le craignais mais il y avait encore un peu de clarté avec un petit croissant de lune.

Une fois de l’autre côté des îles, le trafic maritime s’est révélé très intense et a nécessité toute notre attention. J’étais, en bas, derrière le radar qu’une alarme retentit !! Il était plus de 20 heures et la nuit était noire.

Le pire quand une alarme retentit et vous vrilles les oreilles, c’est qu’on ne sait jamais de quelle alarme il s’agit … il y en a tellement sur ce bateau !

Ann qui était dans le cockpit, me précise que c’est le moteur ! M…. ! Je mets la manette des gaz au point mort et le moteur s’arrête net !! Re-m…. !

Nous étions quasiment sans vent, le bateau se traînait à 3,5 nœuds et le trafic était partout ! Que faire ?? Surtout … ne pas paniquer (toujours plus facile à dire qu’à faire). Ouvrir la trappe moteur avec la crainte de le retrouver en pièces détachées. Tout semblait anormalement « normal ». Se rendre compte que la priorité reste de rendre le bateau manœuvrant. On envoie toute la toile. Nous marchons à 4,5 nœuds !

Il faut que quelqu’un surveille dehors … Ann se dévoue et me laisse seul avec le manuel d’emploi du moteur entre les mains. Chouette … il me manquait justement de la lecture !

Je lis sans comprendre … je relis plus attentivement … je ne trouve rien qui pourrait cadrer avec notre problème dont j’ignore tout ! Je vois « alimentation en diesel » et là je me pose la question : le diesel arrive-t-il bien au moteur ?  Ann se précipite pour contrôler le niveau dans le réservoir journalier … et se souvient d’un coup qu’elle a manipulé, la veille lors du remplissage, le contacteur de la pompe et ne l’a pas remis en position « automatique » !

Trop tard pour rassurer nos cardiologues respectifs mais l’alerte a été chaude … qu’aurions-nous pu faire ? Aller à la voile jusque « Singapour », appeler un remorqueur et trouver un technicien … voilà à quoi nous avions brièvement pensé ! Brrrrrrrrrrr.

Le moteur en route … nous avons repris deux ris dans la GV et enroulé le génois : avec 209 milles nautiques à parcourir, pas question de traîner en route pour nous garantir une arrivée de jour.

Il y avait des loupiottes de tous les côtés où on pouvait se tourner … jamais vu cela ! Il m’a fallu un certain temps pour faire la distinction entre « cargo » et « pêchou » ! J’ai alors compris que nous faisions face à une armada (facilement une centaine !) de bateaux de pêche tous illuminés comme des sapins de Noël. J’ai tendance à penser qu’il s’agissait à chaque fois du même modèle : une très grosse barque surmontée de puissants phares blancs alignés les uns derrières les autres sur une barre servant de faîte de toit.

Ils naviguaient tous à vive allure, en la même direction, opposée à la nôtre. Deux de ces pêchous nous ont même frôlés d’assez près … et pour le second, j’ai préféré manœuvrer pour toute sécurité ! Après une bonne heure, nous avons vu les derniers disparaître à l’horizon derrière nous.

Une fois un peu de calme revenu à bord, il nous restait encore à gérer quelques cargos. L’un d’eux nous a obligés à nous dérouter ! Notre nuit fut en conséquence un peu chahutée  mais nous avons quand même pu, à tour de rôle, dormir un peu.

Samedi 27.

Le vent s’était levé durant la nuit (14 à 17 nœuds de vent réel) mais … plein vent arrière ! En matinée, il s’est affaibli (10 à 14 nœuds de vent réel) mais n’a pas varié d’un  pouce de sa trajectoire.  Nous avons donc continué au moteur et ce fut mon pire calvaire … j’ai trouvé le temps abominablement long et à l’approche de l’île de « Bawean  Tinggi» (Nord de l’île), nous avons eu de surcroît, droit à une multitude « Fish House » moins visibles les unes que les autres. Le coin en est infesté que ce n’est pas imaginable.

En « Mer de Java », on rencontre décidément de drôles d’embarcations comme ce bateau de pêche en forme de banane qui pointe du nez et relève exagérément son arrière lorsqu’il tire des filets ou encore ces petites embarcations surmontées de deux perches très souples qui tirent chacune un filin !

Nous sommes arrivés au mouillage pour 15 heures et étions ancrés pour 15.30 heures. Seul « Camomile » nous avait précédés ! Les Anglais donnent souvent des noms français à leur bateau … mais bonjour l’orthographe : Camomille.

Si le mouillage se défend bien … la présence de plusieurs muézins chantant en même temps, peut donner la migraine ! Quel vacarme …

La nuit était tombée et nous allions nous mettre au lit lorsque j’aperçois par un hublot, la coque d’un gros bateau de pêche qui longe notre bâbord. Intrigué, je jette un œil dehors et immédiatement je suis persuadé qu’il se dirige tout droit vers le platier !!

S’agissant d’un « local », je ne peux imaginer un seul instant qu’il ne connaisse pas le mouillage pour prendre le risque de s’y aventurer de nuit.

Quelques minutes plus tard, des cris retentissaient dans la nuit et le bateau de pêche s’échouait misérablement sur le plateau de corail ! Je suis resté plus d’une heure dans le cockpit à observer comment il allait se débrouiller pour se dépêtrer de ce merdier mais accablé de sommeil, j’ai fini par aller me coucher.

Ils étaient une quarantaine d’hommes sur le bateau de pêche et ses cheminées crachaient une telle fumée que nous avons cru un moment qu’il y avait le feu à bord ! Deux « locaux » sont venus à bord et les ont notamment aidés à jeter une ancre à quelques encablures du bateau sans que cela n’apporte la solution.

Au matin, le bateau de pêche était ancré derrière « S.A.S.³ ». Il est ensuite allé s’ancrer plus profondément en la baie, en suivant un « local » qui lui indiquait le chemin. (Cfr. photos … le bateau de pêche est une grosse savate de prédominance verte.)

Comment s’en est-il sorti durant la nuit ? Nous n’avons rien entendu mais nous supposons qu’il a profité d’une marée montante.

Dimanche 28.

Alors que le vent est bien établi, « Panisse » et « Eutikia » sont arrivés au mouillage après deux nuits en mer. Ils ont eu beaucoup plus de chance que nous puisqu’ils affirment avoir réalisé la plus grande partie de leur navigation, à la voile ! Les petits veinards.

Un peu plus tard, « Azura », inconnu au bataillon, a également fait son entrée.

Journée farniente.

Comme la veille au soir, à hauteur de notre mouillage, nous pouvons voir un chapelet d’une trentaine de lumières ! En fait, chaque lumière est portée le plus souvent par une minuscule embarcation !

Lundi 29.

Palabres à l’infini sur le 77 quant à savoir quand se situe le bon moment pour franchir la petite barre qui entrave l’entrée de la rivière de « Kumaï » … notre prochaine destination (192 milles nautiques). Il faut reconnaître qu’il est difficile d’y comprendre quelque chose aux marées en Indonésie, qu’il est déjà difficile d’obtenir !

Las de toutes ces discussions, nous avons pris contact avec « Harry » qui nous avait été recommandé comme guide sur place … « entre 5 et 6 heures du matin pour le mercredi 01 octobre  – entre 7 et 8 heures pour le jeudi 02 octobre et entre 9 et 10 heures pour le vendredi  03 octobre etc. … pour un tirant d’eau de 3 mètres ! » « S.A.S.³ » ne fait que 2.5 mètres de tirant d’eau mais nous exagérons toujours pour toute sécurité.

En prenant en considération une moyenne de 160 milles/24 heures, une distance de 180 milles nautiques jusqu’à la barre et l’obligation de quitter notre mouillage, de jour … nous avons décidé de partir jeudi 02 octobre entre 5 et 6 heures du matin sauf imprévu.

Arrivée sur ces entre-faits, de « Obione » et de « Badoc ».

Ce problème réglé, il nous fallait encore débattre si nous allions mettre notre annexe à l’eau ou la laisser sanglée comme elle l’était ?? La question méritait une profonde réflexion car le travail de sanglage ne fait pas exactement partie d’une partie de plaisir et qu’à nos âges, il nous faut nous économiser.

En finale, nous avons décidé de la mettre à l’eau. Incroyable le sentiment de liberté qui se dégage du fait que nous pouvons désormais nous mouvoir en dehors de l’espace restreint du bateau !

Ceci m’a permis d’explorer le fond de la baie : eau cristalline sur une longue pente douce en fond de sable. C’est tout simplement m-a-g-n-i-f-i-q-u-e. Mais comment vous faire partager une telle magnificence, une telle beauté, une telle profondeur ! Mes photos ne sont qu’un reflet sans vie de ce qui s’imprime sur nos rétines. Qu’est-ce que je voudrais être meilleur photographe …

J’y ai débarqué Ann et Michel de « Obione », pour une ballade d’exploration … jusqu’à l’important village de « Tambak » situé à front de mer. Sérieuse marche à pied sous le soleil qui a incité nos explorateurs amateurs à me faire aller les chercher au village plutôt qu’au fond de la baie.

Pour accéder en annexe, au village … il vaut mieux partir du large et piquer entre les deux antennes. Il existe une longue barrière de corail qui barre la route directe entre le mouillage et le village !

Mardi 30.

Arrivée tôt ce matin, de « Mini B » et « Beau Soleil ». Amusant mais j’aurais cru que le rallye allait s’abattre sur ce mouillage comme une nuée de sauterelles mais ce n’est pas le cas ! Nous avons même appris hier soir que « Tahaa Tiva » et « Uranie » estimant ne pouvoir arriver de jour, avaient décidé de poursuivre leur navigation jusque « Kumaï » !

De bon matin, nous sommes partis avec notre annexe, au marché du village. Au passage, nous avions pris avec nous, Michel de « Obione » et Marianne & Francesc de « Badoc ».

Départ de « Camomile ».

Devant le village, nous avons pu laisser l’annexe, amarrée par l’avant et par l’arrière, grâce à la gentillesse des villageois.

« Tambak » se présente comme un gros bourg animé autour d’une rue marchande pleine de vie et d’animation. Les maisons sont plus belles et plus luxueuses qu’ailleurs … L’île est surnommé « l’île aux femmes » car les hommes sont partis faire fortune à « Singapour », en laissant leur épouse sur place. C’est sans doute vrai pour les plus nantis mais pas pour les autres !

L’après-midi, nous repartions avec l’annexe de Michel, découvrir le fond de la baie. Le trafic est très intense sur la petite route qui longe le rivage et en finale, les insulaires nous ont donné l’impression de prendre plaisir à déambuler en moto et sans but précis … voir et être vu !

Si vous souhaitez leur faire plaisir … prenez les en photo et laissez-vous vous faire photographier avec eux : tous les jeunes ont un Iphone !

Mercredi 01.

Départ de « Panisse », « Obione », « Badoc », « Eutikia » et « Azura » … nous ne sommes plus que trois voiliers au mouillage ! Mais où donc sont passés les autres bateaux du rallye ???

 

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Responses

  1. Bonjour Stephane,
    J’ai eu beaucoup de plaisir à lire les derniers articles, et d’autres, piochés au hasard. Belle et plaisante plume, qui parvient jusqu’à m’intéresser aux descriptions des techniques de nettoyage de coque; tampon Jex, éponge, peau de chamois et chiffon sec… bravo !
    Une mauvaise langue (la mienne ?) se demande si tu finis avec « Pledge » ?
    En tout cas, je vous souhaite encore de belles navigations, cela me fera autant de bonnes lectures.
    Salutation distinguées à Ann…


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