Publié par : Ann & Stéphane | 19 septembre 2014

09 au 18.09.2014 – Mouillages d’Indonésie 3.

Mardi 09.

Mouillage de « Médang Island ».

Cela brasse ferme avec un bon petit vent (15 à 20 nœuds) depuis notre arrivée de hier matin mais cela ne nous a pas empêchés de dormir comme deux souches. Vers 1 heure du matin, lors du changement de marée, cela a secoué un peu plus que d’habitude selon les copains mais nous avions apposé sur la porte de notre cabine, la pancarte « Don’t disturb ».

Aux aurores, « Relax » est parti pour « Lombok » et nous a signalé la présence de « Fish Houses » (sic) non éclairées !!! Si nous sommes en avance sur notre programme, nous nous y arrêterons peut-être pour manger un « moules et frites » en passant …

En regardant l’équipage d’un bateau de pêche repriser ses filets tout à côté de nous, j’ai constaté avec étonnement que la plupart des pêcheurs locaux sont membres du fameux club des « Cagoulards » ! Mais qu’est-ce qu’ils doivent transpirer sous leur cagoule de laine … c’est totalement inhumain ! Comment est-il possible que leur règlement ne les autorise pas à ne pas porter la cagoule lorsqu’ils travaillent ! Incompréhensible.

Comme Ann aime à raconter que je suis moniteur de plongée, elle m’organise des baptêmes de plongée en pagaille ! Ce matin, j’avais le bonheur de faire la connaissance d’une autre Anne qui est la maman d’Eve qui navigue avec son mari et ses enfants sur le voilier français « Elhaz ».

Après un petit exposé théorique (la ferme, les mauvaises langues … non, je ne l’ai pas abrutie sous un déluge de théorie aussi long que barbant), nous sommes descendus (-13.50 m – 26’) le long de la chaîne d’ancre, petite ballade sur un joli fond de corail et remontée à la chaîne avec palier de sécurité.

Mon élève s’est très bien débrouillée et ce fut un régal de pouvoir plonger avec elle. Nous allons donc essayer de remettre le couvert dès que possible … tant qu’elle reste à bord du voilier de ses enfants. Après …  j’espère que je lui aurai donné suffisamment  le goût de la plongée  pour qu’elle suive une formation en piscine auprès d’un club de la FFSSEM.

Profitant que le plan d’eau était plus calme l’après-midi, Ann est partie avec « Obione » et « Badoc », visiter le petit village situé juste derrière la liserai de palmiers. Comme d’hab. votre serviteur est resté à bord pour protéger le bateau de toute éventuelle attaque de pirates.

Si je n’ai donc pas vu le fameux village renseigné par tous les Guides comme « exceptionnel », je dois bien admettre qu’en regardant les photos ramenées, je suis tombé sous le charme.

Lorsqu’ils revinrent pour 17 heures … le mouillage était quasiment désert ! Tous les autres bateaux qui avaient eu l’intention de rester un jour supplémentaire sur place et de se rendre à « Medana Bay Marina » (Lombok) en deux étapes, avaient changé d’avis et mis les voiles !

Quand je m’en suis rendu compte un peu tardivement (je faisais du secrétariat à l’intérieur), le besoin de partir s’est fait douloureusement ressentir au point que je me suis demandé si je saurais attendre le retour d’Ann …

Autant dire qu’à peine à bord, je commençais déjà à remonter l’ancre !

Par mer calme et en l’absence de vent, nous avons également pris la direction de « Lombok » (78 milles nautiques) … à la suite de tous nos petits copains. « Badoc » et « Obione » avaient décidé de passer la nuit sur place et de ne partir que le lendemain matin.

A 18.30 heures, je sens que le vent fait sa « Joyeuse Entrée » et avant que le jour ne décline totalement, nous nous précipitions pour hisser la GV.

50° – 15 nœuds de vent réel … « S.A.S.³ » a déboulé (8 à 9  nœuds dans l’eau) comme une furie sur le peloton formé de « Uranie », « Tahaa Tiva » et « Elhaz ». Ce fut le « sauve-qui-peut »  chez nos copains qui ne voulaient pas croire que nous parvenions à remonter aussi bien au près (!!) ou que nous marchions exclusivement à la voile ! Nous avons bu du petit lait en écoutant sur la VHF, leurs commentaires  sur « la bête » (sic) ! De notre côté, nous avions beaucoup de peine à maintenir une vigilance constante pour éviter d’embrocher l’un ou l’autre, au passage!

Une fois que nous les avons dépassés sur le coup de 20 heures, le vent est passé à 40° – 17-18 nœuds de vent réel et « S.A.S.³ » a encore accéléré ! Nous frisions constamment les 10 nœuds dans l’eau. Le méga, super pied !

Petit bémol … nous avions mis en marche le GE pour maintenir en charge nos batteries et j’ai eu peur que la gîte bien que modeste, ne soit trop élevée pour le bon fonctionnement du groupe ! Aussi, nous avons d’abord réduit le génois et un peu plus tard, nous avons pris un ris dans la GV.

« S.A.S.³ » est alors parti dans une longue glissade des Champs-Elysées à 9 nœuds  dans l’eau … c’était absolument m-a-g-i-q-u-e ! L’orgasme pur !

Cela a duré jusqu’aux environs de  minuit … moment à partir duquel le vent est devenu plus capricieux en cap et en force. Nous étions à hauteur de « Lombok Island ». La féérie de cette côte nous a fait tenir éveillés toute la nuit !!

Mercredi 10.

Ensuite, nous avons remis le moteur … un peu plus tard, la voile … à nouveau le moteur … à nouveau la voile jusqu’au moment où malgré toutes nos réductions de toile, nous allions beaucoup, beaucoup trop vite ! Nous avons alors tout affalé et marché au moteur à bas régime : il nous fallait attendre le lever du jour pour oser nous aventurer jusqu’à « Medana Bay Marina ».

Notre carte s’est révélée exacte … une chance car le soleil n’était pas encore assez haut dans le ciel pour distinguer les patates de corail !

Sur place, nous avons pris une des dernières bouées encore libres avant de nous écrouler pour un petit somme !

Etre réveillé par le muezzin local qui vous chante sa litanie pendant des heures  … vous savez bien … c’est un peu comme quand vous lisez un de mes articles … quand on pense qu’il n’y en a plus, il y en a encore ! Je ne vous raconte pas le supplice ! Et quand je pense qu’il s’agit plus que vraisemblablement de cassettes enregistrées  … comment les locaux peuvent-ils supporter cela tous les jours ???

Bien que l’endroit soit un peu « spécial » et ne corresponde nullement à aucun des mouillages que nous avons connus jusqu’à présent, mes premières impressions sont les meilleures ! Je sens que cela va me plaire car enfin … je retrouve la civilisation tant aimée ! De surcroît, nous sommes à un jet de pierre de la pseudo marina.

En fait de « marina », il s’agit d’un ponton unique relié par deux larges passerelles au rivage. Il y a de la place pour seulement 10 bateaux dont 4 (grands). Le principal problème réside en ce qu’il n’existe aucune protection et que par conséquent, les bateaux au ponton de même qu’au mouillage, prennent de plein fouet la houle ou les vagues …

Reste maintenant à savoir si notre bouée va tenir les 40 tonnes de « S.A.S.³ »  car  comme de bien entendu, les petits bateaux ont pris les bouées réservées aux gros … grrrrrrrrrrrr ! Il s’agit d’une constance : il y a des places, des pontons, des bouées spécialement réservés pour les grands bateaux et vous pouvez être certain que vous y trouverez un tout petit bateau ! Complexe d’infériorité mal soigné ?

Quand on parle de « grand bateau » … le Maxi « Escapade » (37.5 mètres) est ancré à l’entrée du mouillage ! Il s’agit du premier Maxi que nous voyons  en ces eaux … avec « Sury » de Tom Cruise.

Jeudi 11.

Quid des moustiques ? Pour le moment, pour l’instant, nous n’avons pas souffert des moustiques à l’exception de quelques irréductibles. Le dernier en date, Ann l’a tué ce matin et je lui ai proposé de l’empailler pour qu’elle puisse l’exhiber car elle en fait une fixation. Il est possible que les moustiques fuient notre bateau comme la peste au vu du stock impressionnant de bombes anti-moustiques que nous avons à bord …

Sur le point de partir faire les courses d’avitaillement avec Eve de « Elhaz », Ann découvre  en voulant mettre le lave-linge en route que le groupe électrogène tourne mais ne charge plus !! La big, big c-a-t-a-s-t-r-o-p-h-e  car cela signifie plus de déssalinisateur, plus de compresseur de plongée, plus de lave-linge et plus de séchoir ! Impensable pour nous, de vivre en ces conditions à bord de « S.A.S.³ » … déjà que nous n’avons plus de télévision satellitaire !

Bien entendu … le ponton de la marina nous tend les bras et nous invite à venir nous y amarrer mais cela n’aurait solutionné que temporairement le problème. A la recherche d’un ingénieur électronicien, Eve nous suggère de faire appel au Maxi « Escapade » qui dispose certainement d’un technicien à bord ! Why not ?

Comme ambassadrice de « S.A.S.³ », Ann parlera au propriétaire suisse, Christophe,  qui est  à bord avec sa femme, Lili,  et l’un de ses fils, Pierre-Alexandre,  pour un tour du monde sur deux ans. « Escapade » a été mis à l’eau en Nouvelle-Zélande, en mai 2014.

Non content de nous envoyer son technicien , Oliver, Christophe qui est loin d’être manchot en électronique (j’ai appris par la suite qu’’il était ingénieur électronicien de formation …), vient avec lui et joue merveilleusement les interprètes … un vrai conte de fées !

Après quelques recherches et vérifications, Oliver ouvre notre Switch Electronique MasterVolt et découvre que deux fils font mauvais contact … il nous a réalisé un nettoyage et une vérification en profondeur qui m’a laissé sur le cul !

Le soir, nous prenions tous l’apéro à bord de « S.A.S.³ » …Oliver, Lili & Christophe. Superbe ambiance.

Bien qu’il soit passé 20 heures, Ann a tenu à aller manger au bar/restaurant de la marina. Michel de « Obione » nous accompagnait.  L’endroit est très propre et assez sympa … malheureusement, il faut avoir une patience d’ange : Ann avait terminé son plat depuis un certain temps lorsqu’enfin, nos plats sont arrivés !

Quand nous avons demandé au garçon, « the bill, please » … il nous a apporté une « Bintang » (bière locale) … et sur ce, nous nous sommes tapés « une biture » !

Mais quel pied de pouvoir bénéficier d’un grand ponton pour y amarrer les annexes ! Nous nous lassons pas de pouvoir aller à terre avec autant de facilité … d’autant que seulement une petite trentaine de mètres nous en sépare.

Vendredi 12.

Animation, animation … une équipe indonésienne est en train de tourner sur le ponton de la marina, une pub !! Notre pauvre copain « Rio » est juste pris en sandwich au milieu de tout cela …

Pris d’une envie tout-à-fait suicidaire, j’ai accompagné Ann et Michel de « Obione » faire des courses au marché. Evidemment, nous sommes arrivés en fin de matinée et déjà plusieurs étales étaient fermées mais quand même … c’était d’une saleté indescriptible et les odeurs !

Au sortir du marché, j’ai assisté à un échange un peu cocasse entre Ann et un Indonésien :

« La ville est loin ? » – « Non » – « Mais à quelle distance ? » – « Vous êtes en ville » !!

En fait de « ville » et de « centre-ville », il vaudrait mieux parler d’une longue route à deux bandes, bordée de magasins de part et d’autre. La circulation y est d’une densité incroyable, essentiellement des scooters, des scooters, et encore des scooters … c’est le royaume du scooter !

Ann nous avait dit : pour aller en ville (4 kilomètres), c’est très facile … il suffit de lever la main et on trouve au choix, taxi, bémo (minibus public), scooter ou même minuscule calèche. Elle n’avait pas faux …  sauf que pour le retour, on se l’est tapé à pied, sous une chaleur écrasante et chargé de nos provisions ! Si j’avais su … grrrrrr.

Entre le « centre-ville » et notre resort/marina, nous avons compté trois mosquées ! Si elles ne sont pas toujours visibles, il suffit d’écouter le muezzin … Comment ces populations peuvent-elles vivre avec ces haut-parleurs permanents dans les oreilles, je l’ignore mais ce qu’il y a de certain, c’est que cela n’a pas l’air de beaucoup les émouvoir … d’où peut-être  l’expression : « prêcher dans le désert » !

Mais Dieu quel plaisir que ce mouillage ! Tous les jours, de nouveaux participants du rallye font leur apparition et l’animation est permanente … même un nouveau Maxi à moteur « Exuma » (50 mètres) vient d’y jeter l’ancre ! Encore un peu et l’endroit deviendra vite l’endroit où il faut être vu !

Invitation à dîner sur « Escapade » … un véritable Palais des Milles et Une Nuits  flottant (jacuzzi sur le pont, hammam, salle des machines d’un paquebot, cuisine digne des plus grands Chefs français … tout à l’avenant !). Ce voilier est tout simplement e-x-c-e-p-t-i-o-n-n-e –l et je n’ose pas imaginé son budget … cela gâcherait le plaisir de le connaître et il est bien connu que quand on aime, on ne compte pas. Nous y avons été reçus comme « Ses Altesses Sérénissimes » … comme dirait Christophe.

Samedi 13.

« Exuma » s’en est allé … « Early Purple II » est venu le remplacer. Nous n’y perdons pas au change car de sympathiques liens se sont établis entre « S.A.S.³ » et « Early Purple II ».

On peut avoir du mal à se l’imaginer mais plus un bateau est grand et imposant … et plus son isolement est profond ! Il s’agit tout d’abord, d’un isolement géographique : avec son grand tirant d’eau et sa taille, le bateau devra mouiller loin du rivage et à l’écart des autres bateaux. L’isolement  sera également  d’ordre « social » : personne n’ose prendre contact par timidité, par complexe, par rejet ou par ignorance. La présence d’un équipage ne facilite pas non plus le contact !

Lorsqu’il s’agit de « guests », la question ne se pose pas car ces personnes ne recherchent pas le contact avec les autres que du contraire même ! Mais lorsqu’il s’agit des propriétaires et qu’ils n’ont pas d’amis à bord, la solitude voire le rejet des autres, peut se révéler d’autant plus pesant qu’ils n’ont rien à faire à bord et qu’ils s’ennuient ! Il s’agit d’un incroyable cercle vicieux !

On pourrait penser que ces propriétaires fortunés aiment se retrouver « entre eux ». Ce n’est en tous les cas,  pas ce que nous avons constaté ! Ils se regardent le plus souvent en chiens de faïences en se jaugeant discrètement ! Il faut reconnaître que dans la course à celui qui a le plus grand bateau … vous êtes systématiquement perdant !

Et nous là dedans ? Nous ne sommes dans aucune véritable catégorie. Nous avons ce petit point commun avec les « grands » , que nous sommes  … « hors normes », « hors du commun », « hors série » … nous jouons dans le « sur mesure ». Il semblerait que cela nous donne une certaine grâce aux yeux des plus « grands » qui nous remarquent partout où nous passons … ce qui ne manque jamais malgré tout, de nous surprendre. 

Après l’apéro pris avec les copains, au bar du resort … nous étions invités à l’apéro, à bord de « Early Purple II » où nous avons un peu mieux fait la connaissance des propriétaires, Suzy & Christ et de leur second skipper, Micky.

Dimanche 14.

Un problème horripilant que l’on rencontre notamment, en Indonésie ou au Panama, ce sont les pluies de cendres (incinération des déchets, de la canne à sucre, défrichage, incendie de forêt …) ! Cela s’insinue partout et si vous les écrasez, c’est pire encore.

A notre réveil, le bateau était couvert de cendres !! Une horreur … Déjà en temps normal, on n’échappe pas au phénomène mais là, nous étions tous découragés. Heureusement, avec un balai souple et pour autant que le pont soit bien sec, cela part relativement facilement.

Nous n’avons pas dû faire preuve de patience (le pont était détrempé par l’humidité), nous avions rendez-vous à  7.30 heures avec « Bali Air » pour un survol en hélicoptère du volcan « Rinjani ». Si vous passez un jour par « Lombok », vous ne pouvez pas manquer cette attraction ! Bien évidemment, il faut avoir un peu de chance avec la visibilité, ce qui fut notre cas.

Le tour en hélicoptère dure environ 1 heure mais vous vous en mettrez plein la vue car vu du ciel, tout se découpe admirablement bien. J’ai été surpris par l’étendue des cultures, la densité de population et le gigantisme du volcan. Une nouvelle fois, cela m’a donné l’envie de piloter un hélicoptère !

Au fur et à mesure que nous progressons vers Singapour, nous subissons malheureusement une hausse très nette des températures diurnes … que cela en devient parfois désagréable, surtout à l’intérieur !

Ce soir, nous avons à notre premier « dîner rallye » depuis « Alor » mais ce n’est pas la foule des grands jours … nous ne sommes que 20/50 bateaux et certains participants ne sont même pas présents puisqu’ils ont pris le ferry pour aller visiter « Bali » en laissant leur bateau à « Medana Bay Marina ». L’ambiance sera malgré tout, au rendez-vous et de nombreux participants dont Ann, n’hésiteront pas à danser. La palme revient au couple de « Relax » qui n’a pratiquement pas quitté la piste de danse !

Et votre serviteur ? Bof … l’orchestre local n’est pas parvenu à me mettre le feu. La performance était louable mais le plus souvent, on devinait plus qu’on ne reconnaissait un air connu !

Lundi 15.

Dur, dur de se lever quand on va se coucher tard … mais comment faire autrement lorsqu’on assure « la fermeture » … Non, non, personne ne nous a rien demandé … nous l’avons fait d’initiative.

Depuis hier après-midi, « cela balance pas mal … » comme le dit la chanson. Difficile de cerner ce qui fait ainsi rouler les bateaux mais il s’agit d’un état de fait ! Le roulis n’est pas exagéré, ni absolument constant, ce qui le rend très supportable mais cela roule quand même.

Suivant l’exemple de « Uranie », nous avions décidé de faire le plein de diesel (300 litres) … au départ du ponton de la marina en sorte de ne pas avoir à stocker sur notre pont en teck,  quinze jerrycans plein de sable et dégoulinant de diesel !

Rendez-vous avait été fixé pour ce lundi et nous nous sommes donc rendus au ponton avec « S.A.S.³ ». Avec beaucoup de méthode et une certaine expérience, nous avons transvasé nos 300 litres sans problème. Ensuite, nous sommes retournés à notre bouée. Par précaution, nous y avions laissé notre annexe …

Tout ceci m’a permis de constater qu’il n’y avait qu’un seul point d’eau sur le ponton, que l’eau n’y était pas potable et qu’elle était de surcroît, payante !

Alors que je finissais par tout ranger, l’esprit tranquille et le cœur léger, … badaboum !! Je découvrais que nous avions laissé passer l’entretien du groupe électrogène ! Mais qu’est-ce qu’on s’amuse tous les jours …

Si j’avais eu plus de courage mais je tombais de fatigue, je m’en serais occupé pendant qu’Ann allait faire des courses d’avitaillement à « Mataram », la Capitale de l’île. Comme il est souvent difficile de trouver les produits auxquels nous sommes habitués, Ann est toujours à l’affût du magasin « extraordinaire ».

Une fois n’est pas coutume, je crois bien que je me suis endormi dans le cockpit tandis que des groupes locaux répétaient en vue du dîner du Gouverneur qui avait lieu le soir, au resort … du moins c’est ce que je croyais !

Notez que j’aurais sans doute pu m’en soucier davantage quand j’ai entendu les premiers applaudissements … parce qu’en finale, lorsqu’Ann est rentrée à 17.30 heures, la fête battait déjà son plein depuis 16 heures !!

Tout cela n’était pas encore trop grave mais lorsque nous sommes arrivés pour le buffet … un nuage de sauterelles était passé avant nous ! Il n’y avait plus rien, plus rien, plus rien à manger !! Les Indonésiens sont de terribles rapaces lorsqu’il s’agit de leur estomac.

Mardi 16.

Nous avons entamé notre journée, par l’entretien du groupe électrogène. Affolant comme le temps passe vite … au point qu’à peine terminé, on pourrait déjà entreprendre l’entretien suivant.

La technologie tout de même … comme vous vous en rappelez certainement, nous n’avions plus de Fleet Broadband (communication par satellite) à la suite d’une mauvaise manipulation informatique de votre serviteur.

Cela s’est produit en juillet 2014 mais il nous a fallu une quinzaine de jours pour nous en rendre compte, le temps d’avoir à nouveau, une connexion internet, le temps pour l’informaticien de Pochon sa. de trouver le moment de s’occuper de notre problème … et voilà que « Noël » était aujourd’hui : de « La Rochelle », Laurent a pris le contrôle de notre ordinateur et après une demi-heure de manipulations, le problème était réglé !

Soirée « cinéma » à bord avec un film d’espionnage angoissant au possible …

Mercredi 17.

« Gili Air » (3.5 milles nautiques) nous tendait les bras et nous comptions nous y rendre pour plonger mais après avoir entendu toutes les atrocités la concernant … nous avions décidé de faire l’impasse et de partir directement sur « Bali ».

Comme « Obione » et « Badoc » avaient décidé de se faire leur propre opinion … nous avons attendu sagement leurs commentaires. Devant la possibilité de s’amarrer à une bouée, nous nous sommes subitement  mis en route comme si nous avions le diable aux trousses !

Michel de « Obione » avait amarré son annexe, à une bouée et nous attendait. Sans cela, je crains que nous n’aurions pu trouver une bouée correcte pour « S.A.S.³ » … il n’est pas aisé de jeter l’ancre en raison de profondeurs importantes (25 mètres) et de mauvaise tenue.

Nous étions prévenus … l’endroit est très touristique et les navettes sont aussi bruyantes qu’incessantes. Pour couronner le tout, on pourrait penser que chaque navette se doit  de réaliser la plus grosse vague à l’intérieur du mouillage ! C’est stupide et pénible à souhait mais cela ne nous affecte en finale, que très peu … et d’autant moins qu’à « Medana Bay Marina » nous étions soumis depuis deux ou trois jours, à un roulis de plus en plus important !!

Alors que nous avons l’habitude de laisser ouverte notre VHF sur le canal 16, nous sommes de plus en plus souvent contraints de la couper en raison du babillage insupportable des locaux qui ne peuvent s’empêcher de monopoliser ce canal de détresse !

Le canal 16 est réservé aux appels d’urgence en sorte que tout le monde est censé l’écouter. Pratiquement, on se sert donc de ce canal pour appeler un autre bateau et immédiatement après, on passe sur un « canal de travail » comme le 72 ou le 69 (le canal des Français !).

En compagnie de Carmen et de Ralph de « Relax », nous avons été à terre pour nous enregistrer pour la plongée de demain … ce qui nous a permis de nous faire une idée de l’endroit.

Le long du bord de mer serpente une ruelle bordée d’estaminets, de quelques magasins et de centres de plongée à la pelle ! Il n’y a pas de voiture … exclusivement des vélos et des carrioles à cheval. Les touristes sont légions et on entend parler toutes les langues. La plage se mariant avec la ruelle, les tenues sont très « estivales » et les plongeurs sont omniprésents.

Apéro à bord de « Apa Lagi » avec « Obione » et « Badoc ».

Jeudi 18.

Journée plongée.

« Gili Air » étant réputée pour ses plongées, il nous aurait été pénible de ne pas en profiter maintenant que nous étions là. Toutefois, « l’affaire » se révéla plus complexe qu’il n’y paraissait au départ !

Le rendez-vous était fixé à 8.15 heures au centre de plongée « Manta Dive » … c’est-à-dire un des derniers centres de plongée de la ruelle ! Bonjour le trajet … et comment faire pour transporter tout notre matériel jusque là-bas ?

Nous avons d’abord étudié et abandonné l’option de l’annexe ! Il n’y a aucun débarcadère, on voyait mal laisser sans surveillance, notre annexe à une bouée et surtout, comment se rendre de la bouée au rivage … tout dépendant  de la marée. Trop compliqué, trop dangereux et d’autant aléatoire que la plongée du matin se réalisait à marée haute tandis que celle de l’après-midi, à marée basse.

En finale, nous avons bien fait de ne pas prendre notre annexe car le lieu d’embarquement était différent de celui que nous avions vu la veille et qu’après la plongée de l’après-midi, ce fut encore un autre lieu !

Nous nous étions donc résolus à débarquer en face des bateaux (Ralph ne plongeant pas, il nous a conduits avec son annexe) et ensuite, de prendre une carriole à cheval comme taxi. Mais bien évidemment, à cette heure matinale, nous n’avons pas trouvé de carriole et nous avons fait le trajet à pied et je ne sais pourquoi, tout le monde nous criait au passage … « hue, hue cocotte » !

Il y avait du monde au centre mais il manquait un jeune couple de Suisses allemands pour compléter notre palanquée en sorte que nous avons poiroté une petite heure à les attendre …

Nous avons embarqué à bord d’une large pirogue à balanciers qui nous a conduits au N.O. de « Gili Meno » … où nous attendait un fort courant ! C’est toujours sympa … on vous demande de vous mettre à l’eau les premiers et d’attendre le reste de la palanquée sauf qu’à peine immergés, vous vous retrouvez plus de 50 mètres derrière le bateau ! Là, vous entendez Ann râler sec … ce qui est assez impressionnant vu qu’il faisait fort humide.

Toute la plongée (-26 m. – 53’) a consisté à ne pas dépasser notre Dive Master … tout en essayant d’entrapercevoir quelque chose ! Nous avons ainsi dévalé un véritable boulevard assez pauvre en corail pour terminer par l’épave d’un grand ponton  qui a lui seul, aurait mérité une petite plongée … si tant est que nous avions été autorisés à nous faufiler en-dessous !

Remontée classique au parachute avec palier de sécurité … rien à dire. Par contre, la récupération fut un peu « spéciale » car il s’agissait de se glisser entre la coque de la pirogue et ses balanciers, sans se faire embrocher au passage ! Aussi, le Dive Master nous a demandé de nous placer en file indienne … et de prier pour que le barreur sache viser ! J’ai fait un signe de croix et j’ai fermé les yeux …

Sur le retour vers le centre, la pirogue s’est arrêtée à la hauteur de nos bateaux et nous nous sommes jetés à l’eau pour monter à bord de nos bateaux. Il était 11.30 heures.

Notre nouveau rendez-vous était fixé au centre, à 13.15 heures mais cette fois, tout notre matériel était resté à bord du bateau de plongée.

Notre seconde plongée (-21m. – 63’) s’est déroulée au N.E. de « Gili Air Island » et il y a avait foule … à un moment donné, il m’a semblé qu’il avait plus de plongeurs que de poissons !

Fond de sable blanc parsemé de quelques patates de corail, nous n’avons eu de courant qu’à la fin de la plongée … ce qui a ravi Ann. En ce qui me concerne … c’est « une plongée de plus ! ».Mais je me dois d’être honnête en précisant que nous avons malgré tout vu, beaucoup de choses dont notamment, quatre tortues en train de dormir quasi côte à côte. L’une d’elles s’était couchée dans un énorme saladier de corail parfaitement adapté à sa taille !

Une fois de retour au centre, nous avions prévu d’appeler Ralph pour qu’il vienne nous chercher avec son annexe d’autant que nous étions assez proches des bateaux. C’est là que nous avons appris avec stupéfaction qu’il n’y avait  pas de VHF  à bord ! S’il y avait eu un accident de plongée …

Un peu à la légère, nous avons décliné l’offre du centre de nous conduire avec un plus petit bateau et je suis parti à pied jusqu’à notre bateau, rechercher notre annexe. J’avais perdu de vue qu’un moment donné, il me fallait nager jusqu’au bateau … et j’aurais été bien inspiré de prendre palmes, masque et tuba !

Le 100 mètres nage jusqu’au bateau ne fut pas une sinécure (et fort peu indiqué après une plongée) d’autant qu’ayant mal choisi ma mise à l’eau, je me suis d’abord éraflé la jambe sur les coraux ! Mais la suite se déroula sans surprise.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 


Responses

  1. Petit site intéressant pour les mouillages en Indonésie: http://www.maximumbateau.com/maximumbateau/index.php/mouillages/item/138-mouillage-indonesie

    Eric


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :