Publié par : Ann & Stéphane | 8 septembre 2014

24.08 au 08.09.2014 – Mouillages d’Indonésie 2.

Dimanche  24.

Mouillage de « Gili Bodo ».

La nuit n’avait pas été terrible non seulement parce que nous savions que nous ne pouvions pas avoir confiance en notre ancrage …  mais aussi parce que nous roulions tous beaucoup ! « Un beau mouillage mais pas un bon mouillage » résumera parfaitement Jacques de « Panisse ».

Nous avions décidé d’aller mouiller à 2 milles au Sud de « Labuan Bajo », devant le resort  « Eco Lodge » (21 milles nautiques) … le seul petit hic résultait de ce que tous les Guides nautiques indiquaient qu’il fallait impérativement emprunter le « canal » qui sépare les îles de « Flores » et de « Komodo » … avec le courant !

« Avec le courant » … elle était excellente celle-là ! Il n’est pas possible d’avoir en Indonésie, la moindre indication fiable sur les courants, pas plus que sur les marées ! Nous étions donc partis un peu au petit bonheur la chance … sur base qu’il nous fallait une marée montante et que la marée serait haute à  9 heures à « Labuan Bajo ». Apparemment et pour une fois, l’info était plus ou moins exacte … du moins, nous n’avons pas rencontré de fort courant contraire.

« Panisse » avait longé résolument  la côte, en passant entre les îles et devant « Labuan Bajo » … ce qui  est, en principe, interdit !! Il faut bien reconnaître qu’il s’agissait du tracé le plus court mais nous n’avions pas osé en raison d’une carte de navigation manifestement inexacte : « Obione » a raconté plus tard  qu’à un moment donné, il naviguait en plein milieu des terres …

« Eutikia » avait suivi fidèlement notre trace et était arrivé bon dernier. Notre tracé était indubitablement le plus long … ce qui ne nous a pas empêchés d’arriver en même temps que « Panisse ».

Open CPN dispose d’une fonction très utile qu’on ne trouve pas sur MaxSea Time Zéro ! Relié au système AIS, il est possible de cibler un bateau disposant d’une transpondeur et d’avoir ainsi sa trace à l’écran … il suffit alors de suivre son tracé pour éviter tous les obstacles. Simple et efficace.

Au mouillage, nous avons retrouvé « Early Purple II », « Equinox », « Lady Jane » et  «Ouma »  inconnu au bataillon. Plus tard, « Endless Summer », autre inconnu au bataillon, viendra se joindre au groupe.

Un peu stupidement, je pensais ne retrouver dans les eaux indonésiennes que les seuls participants à « Sail Indonesia » : les frais d’inscription ne sont guère élevés et la participation au rallye vous évite de nombreux problèmes administratifs. Mais à l’approche de « Komodo Islands », je me rends compte de plus en plus de mon erreur.

L’annexe mise à l’eau, je conduisais Ann & Michel de « Obione » sur la plage pour une première reconnaissance. Du large, nous avions confondu le resort avec un immeuble en rénovation mais, à terre, mes deux explorateurs amateurs  confondaient le resort « Eco Lodge » avec un autre resort !! Et durant tout notre séjour sur place, nous avons systématiquement induit en erreur tous les autres participants …

Lundi  25.

Tandis qu’Ann, Michel, Marina & Giovanni, Marie & Jacques, se faisaient conduire en ville avec le minibus du resort … je restais stoïquement à bord pour protéger notre bateau de toute attaque éventuelle de pirates (on n’est jamais trop prudent).

Plus tard dans la journée, prenant notre annexe, nous avons été jusqu’au ((port)) de « Labuan Bajo » où mouillent d’innombrables bateaux de croisière/plongée conférant à l’endroit à  la fois, animation et taches de couleur.  Le ferry « local » était à quai … avec sa terrible gîte sur tribord, sa rouille et ses passagers entassés les uns sur les autres, il aurait été difficile de le confondre avec un bateau de croisière !

Notre petite incursion nous permit de découvrir près du «Fish Market », un ponton  moderne comme on aimerait en voir plus souvent : composé d’éléments en plastique avec taquets d’amarrage, il était à la fois, très stable et de bonne dimension … le super luxe !

Mardi 26.

Après « Kupang » et « Maumere », nous avons une nouvelle fois, « tanké » (300 litres cette fois-ci). Enfin, quand je dis « tanker » … je devrais plutôt parler de « jerrycaner » car dans toute l’Indonésie, il n’existe pas un seul  ponton fuel, ni même un quai disponible où un camion pourrait venir nous ravitailler !! A « Bali », « Ichtus » a trouvé un bateau ravitailleur mais son diesel était tellement mauvais que Jean-Louis a préféré recourir au système des jerrycans.

Par bonheur, les 15 jerrycans  nous ont été apportés par bateau  et en une seule livraison (!) alors qu’à « Kupang » et « Alor » il fallait encore aller les chercher avec son annexe … mais cela, c’était en le cadre du rallye « Sail Indonesia » !

La plupart des bateaux ont leurs propres jerrycans qu’ils entreposent sur le pont mais pas question de seulement imaginer une pareille ignominie  à bord de « S.A.S.³ » d’autant qu’à l’exception des « Galapagos » et de l’Indonésie, nous avons toujours trouvé à tout le moins, un quai pour notre approvisionnement en diesel par camion.

Bien évidemment, on ne peut pas non plus demander l’impossible et les jerrycans fournis  sont tous extrêmement  sales et dégoulinant de diesel … ce qui en complique fortement la manipulation surtout lorsque  vous souhaitez préserver votre pont en teck !

Par contre et après vérifications (nous laissons toujours reposer le diesel avant de le verser dans les tanks pour s’assurer qu’il n’y a pas d’eau et nous surveillons sa pureté durant tout le remplissage au moyen de notre « masturbeur ». Il s’agit d’un tuyau transparent muni à l’une de ses extrémités, d’une bille qui empêche le liquide de redescendre une fois rentré dans le tuyau. En agitant énergiquement le tuyau dans le jerrycan, le diesel remplit progressivement tout le tuyau et le principe des vases communicantes s’opère sans difficulté), le diesel  est presque toujours, de bonne qualité ! Il faut juste surveiller si la quantité livrée correspond bien à celle payée d’avance …

Apéro à bord de « Panisse » où Giovanni de « Eutikia »nous a bien fait rire avec ses problèmes techniques. Tous les bateaux sans exception, connaissent des problèmes techniques mais il y a les propriétaires qui en parlent sympathiquement et puis les autres …

Mercredi  27.

J’avais espéré que tout le monde ne verrait aucun inconvénient à rester un jour de plus sur place mais j’avais mal évalué le terrible besoin de bouger qui agitait nos copains !  Notre choix était donc simple : soit, nous les laissions partir avec le risque de ne plus être synchro avec eux  … soit, nous partions avec eux, aux aurores comme à l’habitude.

Georges de « Rio » nous avait fait part qu’il adorait le mouillage et qu’il comptait y rester encore quelques jours ! Cela m’avait fait réfléchir : cela faisait plusieurs jours que je bouillais intérieurement …  j’en avais plus que ras-le-bol de toujours quitter un mouillage où j’avais souvent envie de rester un jour supplémentaire et puis, cette insupportable manie de se lever avant les poules même lorsque la navigation ne l’exigeait pas. Cela suffisait !

Nous prîmes donc la décision de reprendre notre indépendance et de désormais jouer cavalier seul.  Souvent plus facile à dire, nous avons assumé notre choix sans le moindre regret.

Alors que le mouillage se vidait au matin … en cours d’après-midi, il se remplissait de nouveaux arrivants, tous participants au rallye. L’équilibre était maintenu.

Comme je n’avais toujours pas mis pied à terre et que je tenais malgré tout à avoir, fut-ce une idée, de « Labuan Bajo », j’ai demandé à Ann de m’y conduire avec l’annexe. Nous aurions pu la laisser au ponton du « Fish Market » et aller nous  balader ensemble mais une fois sur place, plus moyen d’ouvrir notre cadenas encrassé par le sel !

Visite de la ville, au pas de charge, pour votre serviteur car « Romance » organisait une réunion d’informations au resort à 16.30 heures et Ann tenait à y être présente. Il est vrai qu’il s’agissait d’une excellente occasion de voir tout le monde  et on en apprend toujours plus qu’en restant isolés dans un petit groupe.

Nous avons ainsi appris que les « anglophones » du rallye (Anglais, Américains, Australiens, Néozélandais, Hollandais, Allemands et Japonais) soit une trentaine de bateaux, s’étaient  organisés pour palier les carences des organisateurs : à  tour de rôle, chaque bateau coordonne les informations à l’attention de tous les autres. C’est assez remarquable.

Alors que je m’approchais plein pot, de la plage du resort, je vois Debie & Bill de « Romance » me faire de grands signes de leur annexe ! Seraient-ils en panne ? Le temps que mon franc tombe et que je coupe les gazes … je plantais l’embase du moteur dans le sable !! Nous étions pourtant encore à une cinquantaine de mètres du rivage … mais c’était marée basse !

Le soir, nous avions à l’apéro, Georges de « Rio » et son coéquipier, Neels. Plusieurs bateaux naviguent avec des coéquipiers occasionnels souvent rencontrés aux escales. Il s’agit essentiellement de jeunes … mais très rarement de filles !

Jeudi  28.

Bien que je serais encore resté quelques jours sur place tant j’appréciais ce mouillage et la proximité de « Labuan Bajo » qui m’a fait excellente impression, nous avons levé l’ancre pour « Loh Buyara Rincah » (17 milles nautiques plus au Sud-Ouest). Difficile de passer par « Komodo » sans aller voir ses fameux dragons.

Au fond du boyau de « Loh Buyara Rincah » se trouve un ponton qui mène à un centre de Rangers qui vous feront découvrir les dragons. Prenez la visite de deux heures au lieu de celle d’une heure incluse dans le ticket d’entrée. Cette option ne nous a pas été proposée et nous l’avons regrettée.

A notre arrivée, « Obione » et « Panisse » sortaient du mouillage tandis que « Early Purple II » et « Eutikia » s’apprêtaient à  lever l’ancre. Comme le lieu est  très fréquenté par les bateaux locaux qui réalisent d’incessants va-et-vient, l’espace  pour caser son bateau n’est pas trop vaste … nous avons donc attendu le départ de nos copains pour nous placer.

Les fonds étant toujours aussi abrupts mais aussi parce que nous ne souhaitions pas nous retrouver sur la route des « locaux », nous avons serré un peu trop le rivage ! Nous n’avons cessé ensuite de nous poser la question de savoir si, en tournant, notre arrière ne risquait pas de s’échouer dans le corail ! Genre de réflexion qui peut miner votre journée …

Nous avons fini par mettre l’annexe à l’eau pour sonder les profondeurs de ce côté-là du bateau  … et aussi, pour réserver notre guide pour lendemain matin (ce qui au demeurant, était parfaitement inutile d’autant qu’ils n’acceptent pas les réservations) !

Le meilleur moment de la journée pour aller voir les dragons,  est à 7 heures du matin lorsqu’il ne fait pas encore trop chaud, que les guides sont encore frais et dispos  et que surtout, la masse des touristes n’a pas encore déferlé sur l’île.

Selon un écriteau, la zone est infestée de crocodiles et il est vrai que la mangrove borde le mouillage  … mais tout cela n’a-t-il pas plus pour finalité d’empêcher que les touristes ne se baignent dans une eau où naviguent tant de bateaux ? A défaut de crocos, vous vous consolerez avec les singes qui sont nombreux au débarcadère. Si vous souhaitez leur faire plaisir, pensez à prendre des bananes … ils en raffolent.

En fin de journée, quand, enfin, nous retrouvions une tranquillité bien méritée, nous n’étions plus que deux bateaux avec « Cool Bananas » qui après un passage éclair, avait eu l’intelligence d’aller jeter l’ancre à un autre endroit, pour la journée.

Vendredi  29.

A 6.45 heures, nous étions déjà à pied d’œuvre et nous croisions notre guide en nous dirigeant vers le centre. En principe, les guides vous attendent au débarcadère car il est tout-à-fait possible de tomber nez-à-nez avec un dragon en allant au centre ! Deux morts l’année passée et un mort en avril de cette année …

Nous étions seuls avec notre guide et nous avons vu 3 dragons : les deux premiers à quelques mètres seulement des baraquements des Rangers (!) et le troisième, un peu plus loin dans la forêt. Nous n’enverrons pas plus et c’est pourquoi  la ballade de deux heures est fortement conseillée.

Dès notre retour à bord, nous mettions le cap sur le mouillage de « Sebayar Besar » situé 10,5 milles nautiques plus au Nord … juste en face d’un spot de plongée !

Le mouillage se présente comme un lagon en demie lune,  bordé sur un côté, par une haute montagne. Cela ne respirait pas à proprement parler la sécurité mais la barrière de corail nous protégeait de la houle.

Lors de l’approche, lorsque nous avons vu les fonds remonter rapidement, nous avons jeté l’ancre par  – 15 mètres, dans une eau cristalline. On pouvait voir du bateau, l’ancre sur le fond !  Seulement voilà … force était de relever que si le vent soufflait de la mauvaise direction, nous risquions fort d’avoir une fois de plus, notre cul dans le corail … et sans protection, cela peut être douloureux.

Après un moment d’hésitation, nous avons décidé de remonter l’ancre pour la jeter sur un fond de -25 mètres (nous avons mis 90 mètres de chaîne)  en manière telle qu’en toutes circonstances, le bateau resterait à distance raisonnable de la barrière de corail … nous étions malheureusement un peu près, trop près même d’une bouée noire !

A peine installés, « Panisse » venait jeter l’ancre tout à côté de nous et « Eutikia » s’apprêtait à en faire autant mais en finale, se décidait pour un autre mouillage : trop de profondeur pour Giovanni ! « Obione » quant à lui, jetait l’ancre de l’autre côté de la baie … nous l’avions en visuel mais des hauts fonds nous séparaient !!

Nous aurions dû aller plonger ce jour là mais le courage nous manqua et nous remettions au lendemain matin, notre projet.

Samedi  30.

Alors que nous nous apprêtions pour le petit déjeuner, un bateau de croisière/plongée vint prendre la bouée noire située tout près de nous ! Manifestement, les deux bateaux risquaient de se toucher et comme nous étions responsables de notre ancrage, nous avons purement et simplement levé l’ancre … A tout vrai dire, je n’étais pas mécontent de quitter ce mouillage qui ne m’inspirait pas une totale confiance.

Et notre plongée ? Nous avons commis une erreur en n’allant pas la veille, avec notre annexe, jeter un coup d’œil à ce spot de plongée. Nous aurions au moins su s’il en valait la peine ou non. Nous avons donc décidé, par facilité et dans le doute, de faire l’impasse.

Nous avons été rejoindre « Eutikia » à « North Komodo » (10 milles nautiques plus à l’Ouest). « Panisse » et « Obione » en firent de même.  Les 4 Mousquetaires étaient  à nouveau réunis … sauf que l’esprit de groupe s’était désagrégé entre-temps,  laissant la place à l’individualisme !

Convaincu par « Eutikia », nous nous sommes amarrés à l’une des deux bouées présentes … en la crainte de nous en faire chasser par un « local » lorsqu’enfin d’après-midi, ils viendraient tous passer la nuit dans la baie.  Crainte injustifiée comme le précisait par ailleurs, notre Guide.

A la nuit tombée, je comptabilisais 7 bateaux de croisière/plongée en plus de nous quatre et de « Equinox ». Cela mettait beaucoup d’ambiance.

Dimanche 31.

Au matin, il n’y avait plus que « S.A.S.³ » au mouillage … nos copains étaient partis, pour la journée, à « Gili Lawa Laut-Rincah » situé 3 milles nautiques plus au Nord. Le mouillage est trop rouleur  pour y passer la nuit.

Cela faisait déjà quelques temps que je pensais faire l’entretien de notre déssalinisateur, de changer l’huile du compresseur de plongée et  de remplacer la cartouche du filtre à eau … autant de menus travaux qui vous pompent un temps fou notamment parce qu’à chaque fois, il faut que l’huile soit bien chaude pour sa vidange. L’occasion était toute trouvée …

Entre deux temps morts, nous en avons profité pour aller, en annexe, faire du snorkeling  à « Gili Lawa Darat South» … juste en face de notre mouillage ! Très couru, l’endroit ne démérite pas sa réputation …  même si j’aurais tendance à trouver que les fonds étaient aussi jolis à hauteur de notre mouillage !

C’est bien de vivre «en pleine nature » mais que faire de nos poubelles ? En traversée, nous les stockons dans notre annexe jusqu’à l’escale mais en le cadre de notre cabotage, nous ne pouvons les balader indéfiniment  jusque « Bali » !

Aussi, Ann se porta volontaire pour trouver un bateau qui rentrait à « Labuan Bajo » et qui accepterait d’y déposer nos poubelles. Le premier bateau sollicité fut le bon. Son Dive Master était par ailleurs, ravi de sa démarche car ses guests se posaient énormément de questions sur notre bateau …

Le même Dive Master nous renseigna que pour plonger le lendemain, sur « Cristal Rock », il fallait être à l’eau pour  11 heures  … moment du slack.

« Obione » fut le premier à rentrer très tôt au bercail … « Romance » et « Eutikia » firent leur apparition plus tard. « Panisse » de son côté,  était parti passé la nuit à « Batu Monco » situé plus à l’Ouest.

Lundi  01.

Journée plongée.

Le spot de plongée était « Cristal Rock » … un pinacle en pleine mer, à quelques encablures de « Gili Lawa Laut », réputé pour sa beauté mais également pour ses courants ! Nous avions donc organisé une petite expédition en annexe avec GPS, VHF, GSM, bouteilles d’eau, oxygène, liste de numéros de téléphone utiles, une nourrice pleine + jerrycan de secours et Michel de «Obione » comme sécurité de surface.

Par bonheur, les bateaux de plongée étaient nombreux sur place. Toujours rassurant de voir que vous n’êtes pas tous seuls et que vous êtes bien au bon spot de plongée !

Après nous être équipés dans l’annexe (…), une bascule arrière et immédiatement, nous apercevions notre pinacle dont une petite tête émerge de l’eau. Tout cela était plein de vie et de couleurs mais un fort courant était également bien présent …

Après une tentative de palmer contre le courant, nous nous sommes résignés à tourner dans l’autre sens.  Toutefois, le courant était si violent que la seule manière de ne pas être emporté comme un fétu de paille, résidait à se protéger dans les failles du relief … mais ce faisant, nous nous enfoncions de plus en plus dans les profondeurs !

Après avoir atteint – 25 mètres, nous avons décidé de remonter mais nous connaissions de plus en plus de difficultés à nous agripper au corail. Nous avons tenu vaille que vaille jusqu’à rencontrer un courant contraire qui cette fois, nous déportait vers le large ! De guerre lasse, nous avons alors décidé d’écourter la plongée  (18’) !

Remontée dans le bleu et au parachute, pour éviter de se faire scalper en sortant la tête de l’eau. Nous serons loin d’être les seuls à avoir fait  prématurément surface ….

En retournant au bateau, nous passons devant  « Gili Lawa Darat South » … Un peu frustrés par notre première plongée, nous y réaliserons une seconde plongée (- 22 mètres – 46’) qui sans être l’une de nos plus belles plongées, s’est révélée plus intéressante qu’il n’y paraissait au premier abord.

Au matin,  « Romance » était déjà parti ! Plusieurs bateaux du rallye connaissent des ennuis techniques comme « Romance » avec son alternateur, « Mini B » avec son guindeau ou « Urani e» avec son groupe électrogène en sorte que ces bateaux ont opté pour  faire route le plus rapidement possible vers « Bali » en l’espoir d’y trouver un technicien …

« Eutikia » nous avait également abandonnés pour rejoindre « Panisse » et faire route au plus vite vers « Lombok » !! Tant de précipitation alors que  les participants au rallye ne sont attendus à « Bali » que pour le 20 septembre pour  le renouvellement de leur visa !!

Les partants étaient remplacés en cours d’après-midi,  par « Badoc » et « Relax ».

Mardi  02.

Etonnamment, nous avons connu une nuit désagréable de roulis … preuve s’il en est, qu’un « bon » mouillage peut se révéler certains jours, être aussi un « mauvais » mouillage !

En tout état de cause, nous avions décidé d’aller au mouillage de « Batu Monco » sur « Komodo Island » situé à 9,7 milles nautiques plus à l’Ouest. « Obione » était déjà parti tandis que « Badoc » se préparait à lever l’ancre …  nous n’en étions qu’à notre réveil ! Pourquoi toujours se presser quand on a toute la journée devant soi ?

De notre observatoire, nous apercevons  un peu plus tard, « Badoc » planté au milieu de la baie !! Il faut reconnaître que vouloir passer au-dessus d’un plateau de corail, n’était peut-être pas une bonne idée …  A la décharge de Francesc, le haut-fond n’était pas repris sur nos cartes mais signalé dans notre Guide des mouillages !

Le tirer de ce mauvais pas ne fut pas aussi commode qu’il pouvait y paraître car malgré toute la puissance (40 CV) de notre annexe, cette dernière dérapait immanquablement sur le côté … on aurait pu se croire dans un manège, avec « Badoc » dans le rôle du moniteur d’équitation et notre annexe, dans le rôle du cheval qui trotte à la longe !

Après plusieurs essais infructueux et alors que je me posais la question de savoir comment on pourrait parvenir à le sortir autrement de ce mauvais pas … « Badoc » (RM 10.50) finit par se décoincer. OUF …

Lorsque nous avons retrouvé « Obione » et « Badoc » au mouillage … nous avons très vite compris qu’il  serait bien difficile de caser « S.A.S.³ » en toute sécurité : trop de profondeur et une mauvaise protection contre la houle (nos copains furent malmenés durant toute  la nuit).

Aussi, après avoir fait le tour du vaste mouillage, nous avons opté pour le mouillage de « Gili Banta II » situé encore 9,8 milles nautiques plus à l’Ouest … mais un peu en-deçà de la route habituelle en sorte que personne ne s’y rend !!

Petite navigation au moteur (cela fait depuis un certain temps que nous ne nous escrimons plus avec nos voiles … surtout pour de courts trajets), en profitant d’un courant d’un nœud qui nous déportait vers le Sud !

A l’approche de l’île, nous avons dû traverser un large mascaret … d’autant plus angoissant que notre carte étant fausse, nous pouvions craindre nous jeter tête baissée sur un haut-fond !

La baie s’est dévoilée à nous, très tardivement … le temps de nous poser sérieusement  la question de savoir  si c’est bien là !

Le mouillage est assez surprenant parce que bien avant d’arriver au fond de la baie, les fonds remontent à  – 12 mètres ! Par réflexe, nous avons immédiatement jeté l’ancre … dans un champ de corail !! Le bon côté des choses était que nous pouvions réaliser une très belle plongée en sautant du bateau … le mauvais côté des choses était qu’en cas de coup de vent ou de houle importante, le corail ne retiendrait sans doute pas très longtemps notre ancre !

Nous en étions là dans nos réflexions lorsqu’Ann me dit que la carte indiquait un fond de sable plus loin !!!  Il était 15.15 heures et déjà la luminosité s’estompait … il nous fallait prendre une décision rapidement.

Avant de prendre le risque de planter à notre tour, notre bateau sur un plateau de corail, nous avons réalisé une reconnaissance approfondie avec notre annexe … et de découvrir qu’au-delà du plateau de corail,  un plateau de sable s’étendait effectivement généreusement !

Nous avons donc, relevé l’ancre et franchi sans encombre, le plateau de corail pour jeter l’ancre sur un fond de  sable par – 9 mètres !

Quand nous sommes allés nous coucher (assez tard car je venais de prendre conscience que j’avais effacé une semaine de mon livre de bord en voulant faire une copie de sauvegarde de notre autre PC … no comment) s’est posé la question de savoir si nous osions laisser la porte du carré grande ouverte durant la nuit ! On la laisse ouverte car cela provoque un  appel d’air qui rafraîchit agréablement notre chambre.

Si le mouillage est magnifique … il est aussi d’un isolement total : pas d’autre bateau, pas d’internet, portée limitée pour la VHF et téléphone satellitaire en panne en raison d’une mauvaise manipulation informatique de votre serviteur … no comment. Le fait remonte à près de deux mois mais nous ne l’avons découvert qu’aujourd’hui !

En finale … nous avons fermé la porte et crevé de chaud.

Mercredi  03.

Comme les distractions sont plutôt limitées, rien de tel que de se remettre derrière son clavier pour réécrire les pages manquantes de son livre de bord …  Quand je pense qu’il y a des imbéciles qui seraient prêts à dépenser des fortunes pour connaître un tel isolement !

Entre deux pages, nous avons été reconnaître les fonds avec l’annexe en le cadre d’une éventuelle plongée bouteille. C’est réellement très joli  … mais cela vaut-il la peine de sortir tout le matos ? C’est fou ce que l’on peut devenir fainéant …

Ann adore l’endroit … je suis plus réservé même si  je suis le premier à dire qu’il s’agit certainement d’un des plus beaux mouillages que nous ayons déjà connus. Si seulement, un autre bateau venait nous tenir compagnie … fut-ce un tout petit !

Jeudi  04.

Petit coup de vent de Sud qui agite un peu le mouillage en matinée. Il faut être à l’extérieur pour s’en rendre compte mais malgré tout, je suis heureux de retrouver plus tard, un plan d’eau parfaitement calme.

Journée lecture … et toujours pas la moindre voile à l’horizon : ils passent tous par le Nord de l’île à l’exception de « Relax » avec qui nous aurons un bref entretien VHF. Il y aura au moins un bateau qui sait où nous sommes …

Chaque fois que je mets le pied dans l’eau, je ne peux m’empêcher d’inspecter la coque du bateau.

J’étais déjà super mécontent du chantier de « Bundaberg » lors de la remise à l’eau  mais maintenant, je suis carrément furax ! La coque est tapissée d’une pelouse et je n’ose pas la nettoyer car la couche d’antifouling mise au pistolet, est beaucoup trop mince !! Je ne sais réellement pas ce que nous allons faire mais il s’agit d’une vraie bombe à retardement !

Vendredi  05.

Je m’acclimate petit à petit à notre isolement « paradisiaque » … c’est dur pour un citadin comme votre serviteur, de vivre éloigné du monde civilisé !

Histoire de ne pas perdre la main et de s’occuper un peu l’esprit, j’ai proposé à  Jane (je cherche toujours le singe)  de nettoyer notre franc-bord … nous avons commencé par le côté tribord. Nous savons parfaitement que nous aurons à peine quitté notre petit paradis que notre nettoyage n’aura servi à rien … mais est-ce une raison pour ne plus se laver tous les jours ?

Je souhaitais une présence … mais pas celle-là, Mon Dieu !! Une barque de pêche avec quatre jeunes gaillards indonésiens s’est pointée dans la baie en fin d’après-midi. Pour me rassurer quant à leurs intentions pacifiques, le skipper portait une cagoule couleur moutarde qui cachait entièrement sa tête …

Ils sont venus jeter l’ancre à notre hauteur sans pour autant établir le moindre contact … mais on ne me la fait pas : après tous les bouquins que j’ai déjà lus,  je connais toutes les ruses !

Notre voisinage s’est maintenu jusque 22.30 heures et pendant tout ce temps là, je les gardais à l’œil en récitant toutes les prières que je connaissais … j’ai été surpris comme mon catalogue était pauvre !

Totalement insouciante, Ann ne partageait pas mon stresse et pourtant, j’imaginais déjà les pires choses !

Par mesure de précaution, nous n’avons allumé aucune lumière qui aurait pu leur donner de mauvaises idées … on ne sait jamais ce qui peut leur passer par la tête.

A 21 heures, j’ai été dormir … en laissant Jane en chien de garde dans le cockpit.

Samedi  06.

Au secours !! … En vue,  encore un bateau de pêche … non, attendez … deux bateaux de pêche !!  Dans le premier, trois hommes dont deux masqués !  Dans le second, encore trois hommes …Mais où ai-je mis mon bréviaire, mon missel, mon chapelet, mon St Christophe, mon gri-gri ? Au secours !! Je veux un prêtre … je veux me confesser  avant de comparaître devant le Tout-Puissant. Adieu les amis.

Pub. « Pour ceux et celles qui le souhaitent, des friscos  et autres friandises sont en vente à l’entrée de la salle. »

Le premier bateau nous contourne par bâbord … l’autre va nous prendre en tenaille et cela en sera fini de nous … mammamia !!

Mais qu’est-ce qu’ils font ?? Mais qu’est-ce qu’ils fabriquent ?? Ce n’est pas ce qui est écrit au script tout  cela !! Ils doivent nous attaquer et Tom Cruise, tel Zorro, doit surgir des airs dans son hélicoptère et mettre en déroute les pirates.

Et au lieu de cela … qu’est-ce qu’ils fichent … ils pêchent !!! Non, non et non … ce n’est pas sérieux !

Et voilà maintenant qu’ils s’en vont ! Mais qui m’a trouvé de pareils abrutis !  Et qui c’est qui va nettoyer mon autre moitié de coque maintenant ?

Une heure plus tard … Et voilà la cavalerie lourde maintenant !! C’est bien évidemment quand on n’en a plus besoin qu’elle arrive. Attends je regarde … « Beau Soleil », « Murrundi » et … « Cayenne » ! … et il va encore falloir ressortir des tiroirs, les maillots de bain maintenant ! Tu parles d’un mouillage « paradisiaque » …

Un peu de compagnie rend immédiatement plus sociable  … et en fin d’après-midi, on se retrouvait tous pour un barbeuk sur la plage. Ultra sympa notre petite réunion de l’Amicale des Anciens.

Dimanche 07.

Nous avions décidé de quitter notre mouillage « paradisiaque » pour « Medang Island » soit 123 milles nautiques que nous comptions réaliser en une seule étape … alors que nos nouveaux copains se sont arrêtés à la première escale de « TK Wera » où nous avons eu le sentiment, en passant devant,  qu’ils étaient bien  secoués …

Nous les avons vus partir vers 8 heures (enfin …  des gens « normaux ») tandis que nous attendions 10 heures pour nous mettre en route à notre tour. En partant trop tôt, nous risquions d’arriver de nuit …

Quittant notre abri, nous avons immédiatement pu nous rendre compte qu’il y avait un vent exploitable … aussi, avons-nous hissé toute la toile. Petite navigation tranquille par 130° avec 10-11 nœuds  de vent réel … ce n’était pas le super chrono mais cela avançait bien (+/- 7 nœuds sur le fond) car le courant nous portait.

Tous les bons moments ayant une fin, à 12.50 heures nous devions relancer le moteur par faute de vent  … vlam … vlam … vlam … et prendre deux ris dans la GV pour atténuer les … vlam … vlam … vlam … qui secouaient toute la mâture !

14.35 Heures, le vent a forci dans les 20 nœuds de vent réel mais … plein vent arrière ! La mer se creuse méchamment et le bateau roule un peu … nous sommes confortablement installés dans notre cockpit. Insoutenable cependant d’avoir du vent et de marcher au moteur … nous bordons à fond la GV, établissons la bastaque et déroulons le génois qui tire très fort malgré quelques claquements désagréables.

16 Heures, le vent faiblit d’un ton ou deux et le génois ne porte plus suffisamment … vlam … vlam … vlam … Ok ! Ok ! Moteur … Action.

16.40 Heures, le vent après avoir encore faibli, est passé à 60° et donne maintenant dans les 12- 13 nœuds de vent réel. Le méga pied … mais nous n’osons pas sortir toute la toile de peur d’arriver de nuit au mouillage : il nous faut brider la bête !

Au fur et à mesure que le temps passe, le vent tourne de plus en plus  grand largue pour ne pas dire … vent arrière et nous revoilà au moteur  à 18.37 heures !

22 Heures, le vent vient maintenant de terre, par 60°, dans les 15 nœuds de vent réel pour ensuite, se laisser abattre jusque 120° … nous ressortons immédiatement la toile !

01 Heure … moteur.

04 Heures … voile jusqu’au mouillage. Nous n’aurons jamais fait autant de voile (11 heures de moteur pour 22 heures de navigation) depuis que nous sommes partis de « Alor » … « et Alor », « et Alor » … « Zorro est arrivééééé … ».

Nous ne sommes pas seuls pour cette équipée nocturne : nous dépasserons « Drifter » sans le reconnaître et en début de nuit, nous nous attaquerons  lentement car il faut brider la bête,  à « Elhaz », « Tahaa Tiva » et « Uranie » que seul, nous dépasserons un peu avant notre arrivée au mouillage. Vous avez déjà dépassé une autre voiture sur l’autoroute … en respectant scrupuleusement les limitations de vitesse. Ok … vous m’avez compris.

Autre particularité de cette navigation : le trafic sur l’eau ! Mais non, mais non … pas le pêchou que vous ne distinguez que par le bout incandescent de sa cigarette (imaginez que vous tombiez sur un « non fumeur » !) … cela, c’est la légende. Je vous parle moi, de ferrys et de petits cargos, les uns munis et les autres démunis de tout AIS  … encore une chance qu’ils ont des feux de navigation en ordre de marche !

Il s’agit d’être vigilant car cela vient de tous les côtés sans prévenir … sans parler des copains que l’on rattrape et que l’on ne peut tamponner !

Tout ce stress, toute cette fatigue, tout ce travail … pourquoi ? Pour arriver à un superbe mouillage où vous êtes attendu pour danser la Polka ! Et comme on n’est jamais trop nombreux pour savourer cette danse … « Obione », « Badoc » et « Relax » viendront se joindre à nous.  Vous vous souvenez d’eux … ils nous avaient quittés il y a cinq jours pour poursuivre leur route !

 

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Responses

  1. Salut et tout d’abord merci, j’ai rarement lu un blog aussi bien alimenté et rédigé !
    Je viens de créer ma boîte et propose des croisières sur voilier avec skipper en France et en Europe. Alors si vous aussi, vous voulez naviguer comme Ann et Stéphane, et que malheureusement vous ne disposez ni d’un bateau, ni de connaissances nautiques, je vous propose de partir avec un de nos skippers !
    A bientôt


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