Publié par : Ann & Stéphane | 24 août 2014

10 au 23.08.2014 – Mouillages d’Indonésie.

Dimanche  10.

Comme tout le monde semblait avoir décidé de partir ce dimanche … nous avons pris les devants en partant quasiment avant tout le monde ! En finale, nous estimons à seulement une dizaine de bateaux ceux qui sont partis ce jour là !

Lendemain de veille, nous souhaitions faire une petite navigation d’une trentaine de milles nautiques au grand maximum.  Nous avions donc étudié nos cartes et tous les documents en notre possession pour la détermination de notre prochaine escale. Comme nous ne suivons plus le programme de navigation du rallye, nous avons repris notre totale liberté et indépendance.

Rapidement, nous comprîmes que le premier mouillage renseigné par nos Guides, était « Pulau Kroko » très apprécié pour la limpidité de ses eaux et la beauté de ses fonds marins mais distant de … 85 milles nautiques !

Sans trop de difficultés, nous nous sommes convaincus que nous pourrions jeter l’ancre pour la nuit, (1) en face de « Kabir », (2) en le goulet de « Blangmerang », (3) en la baie de « Teluk Balurin ».

A la tête d’une flottille de quatre bateaux (« S.A.S.³ », « Panisse », « Obione » et « Eutikia »)  nous avons embouqué le goulet de « Kalabahi » pour rejoindre le « canal » qui devait nous mener sur la face Nord de l’archipel de « Alor ». Le mot « canal » est fort utilisé dans les Antilles pour déterminer le bras de mer séparant deux îles. Il présente la même signification ici.

Dès notre entrée dans le « canal », les conditions de vent et de mer parurent changeantes et quelque peu inquiétantes ! Le vent changeait beaucoup de direction et la mer présentait des remous locaux faisant penser à des brisants que notre carte ne renseignait pas !

Une fois sorti du « canal », il nous fallait longer la côte jusque « Kabir » (26 milles nautiques). La bande côtière présentait un panel de bleus allant du bleu nuit au bleu turquoise. Les paysages étaient absolument magnifiques (les photos ne rendent jamais suffisamment la profondeur des panoramas que nous avons sous les yeux).

Par un vent faible venant de face, nous marchions au moteur, soucieux de savoir si nos calculs étaient exacts.  C’est à l’approche de « Kabir » que nous avons connu nos premières désillusions  et nos premières craintes : le mouillage repéré ne semblait disposer d’aucune protection  et surtout les profondeurs affichées par notre sondeur ne correspondaient pas à celles indiquées sur notre carte : notre carte indiquait -6 m. et notre sondeur nous donnait pour le même endroit, – 60 m.

Tout en nous dirigeant plus profondément dans la baie pour atteindre le goulet de « Blangmerang » (9 milles nautiques plus loin), nous avons fait rapport de la situation à nos copains qui n’ont pas voulu nous croire tant est que l’idée de poursuivre leur navigation leur était intolérable … lendemain de veille.

Ils n’ont pas tout-à-fait eu tort puisqu’ils ont trouvé  plus en face de « Kabir », des fonds de  – 8 m.  leur permettant de jeter l’ancre et d’y passer la nuit ! Notre carte MaxSea renseignait effectivement ce mouillage fort enclavé entre des patates de corail mais nous avions fait confiance à notre carte Navionic (Ipad) qui localisait un haut-fond de  -5 m.  à quelques distances de là.

En approchant du goulet de « Blangmerang », nous avons eu le sentiment que notre carte était une fois de plus, inexacte et qu’une barre obstruait l’entrée du goulet ! Il semblerait que quelques jours plus tard, « Badoc » aie pénétré dans le goulet tandis que « Elhaz » aurait jeté l’ancre devant le village mais nous n’en savons pas plus !!

Nous étions assez désespérés et le sentiment de tourner en rond nous exaspérait. Aussi, après avoir hésité à retourner sur nos pas et de jeter l’ancre en face de « Kabir », nous avons pris la décision d’aller de nuit, jusque « Pulau Kroko » renseigné par notre Guide comme un excellent mouillage. Les conversations des copains entendues sur la VHF, nous ont également incités à ce choix : leurs ancres étaient mouillées dans du corail et l’aire d’évitage ne semblait pas très large.

A partir du moment où nous avons compris que nos cartes pouvaient  nous induire dangereusement en erreur … nous n’avons même pas été voir la baie de « Teluk Balurin ». Notre nouvelle politique est donc désormais  de ne plus longer les côtes d’aussi près et d’aller d’un mouillage reconnu à un autre mouillage reconnu … et cela même si cela nous oblige à de plus longues étapes.

Comme nous avions l’après-midi et toute la nuit devant nous pour parcourir les 48 milles nautiques qui nous séparaient encore de « Pulau Kroko », nous avons envoyé toute la toile et profité durant une bonne heure, d’une navigation fort agréable.

Malheureusement, un fort courant nous déportait vers le Sud  (nous étions à nouveau dans un « canal ») … aussi, nous avons dû « ramer » comme des malades pour parvenir à nous en extraire  en début de nuit.

Lundi  11.

Le long de l’interminable (cap) de « Kawula », nous avons été secoués comme des pruniers … nous étions à nouveau, au moteur en l’absence de tout vent et notre GV arrisée à 2 ris, ne portait pas.

Le Seigneur a-t-il eu pitié de nous ? Allah a-t-il voulu me faire un nouvel appel du pied ? Neptune en avait-il fini avec nous ? Il est un fait qu’une fois le (cap) franchi, ce fut tout simplement le méga pied : mer belle, plus de courant contrariant, un vent au « près bon plein » d’une dizaine de nœuds … il suffisait de mettre plus ou plus moins de voile pour avoir en retour, la vitesse souhaitée en fonction d’une arrivée aux premières lueurs du jour. Nous avons ainsi navigué à la voile de 23 heures à 6.20 heures du matin.

A un ½  mille de l’entrée du mouillage, nous avons tout affalé et opéré une entrée tout en douceur.  De l’étrave où elle se trouvait, Ann  m’indiquait le chemin à suivre. Impossible de se fier à notre cartographie électronique … nous avons pu calculer que notre GPS nous positionnait 212 mètres sur le tribord du chenal emprunté !

Il est incroyable de relever qu’avec des lunettes de soleil polarisantes, on voit beaucoup plus distinctement les différentes couleurs de l’eau annonçant de faibles profondeurs !

Sur place, « Quicksilver  » et un bateau de plongeurs (sorte de jonque) étaient déjà ancrés.

Le mouillage s’est révélé superbe et beaucoup plus conforme à toutes nos attentes que ce que nous avions connu jusqu’alors : pas d’alligator, pas de requin, une eau cristalline, du sable blanc …

La protection est bonne dans son ensemble. Comme nous étions mouillés dans le prolongement du  chenal, nous subissions de temps en temps une petite houle qui peut faire rouler les bateaux mais il suffirait de se déplacer un peu de côté comme l’a fait « Panisse », pour éviter tout cela.

Les fonds de coraux sont intéressants (il faut un peu chercher les beaux endroits) mais malheureusement et comme trop souvent, il y a beaucoup de coraux morts ou remplacés par des herbiers ou du sable. Il n’empêche que le snorkeling y est très agréable.

Il  y a du fond (-30 m.) pour plonger  avec bouteille mais … sur du sable, quel intérêt ? Nous n’avons donc pas sorti le matériel pour nous concentrer sur le snorkeling.

En fin d’après-midi, arrivaient en tir groupé  … « Vonnie Belle », « Panisse », « Eutikia » et « Obione ».

Apéro très sympathique, à bord, avec Hilde & Michäel de « Quicksilver » … pour une fois que nous rencontrons des Anglais qui parlent français !

Mardi  12.

Aux premières heures de la matinée, « Vonnie Belle » nous quittait déjà ! Peut-être parce qu’ils avaient un couple d’amis à bord et qu’en ces conditions, il est plus difficile de farnienter.

« Quicksilver » partait également ce matin mais Hilde & Michael avaient tenu à nous inviter à prendre le café à leur bord, juste avant de lever l’ancre. Ils sont réellement charmants.

Quand faut y aller … faut y aller ! Avions-nous d’ailleurs, réellement le choix ? L’entretien de notre moteur principal doit se faire toutes les 200 heures et nous en avions déjà 250 heures au compteur ! Aussi, nous nous sommes retroussés les manches et nous avons passé une bonne partie de la journée (4 heures de travail) à changer l’huile, les filtres, les anodes etc.

Après cet harassant travail dans une chaleur accablante, nous avons négocié avec des locaux qui venaient justement quémander, de nous débarrasser proprement (nous l’espérons du moins) de nos poubelles et  de nos consommables moteur. Contrairement au mouillage de « Kalabahi », les locaux ne se montrent pas, ici, envahissants et les relations restent agréables.

Pour nous récompenser de tous nos efforts, nous nous sommes adonnés à  une très longue baignade en cette eau turquoise et tiède qui nous tendait les bras tous les jours … le suprême des délices.

A l’apéro, nous avions Michel de « Obione ». La pratique de l’apéro sur le bateau, est très « belge » car contrairement aux Français notamment, le Belge passe son week-end à bord de son bateau  tandis que nos voisins n’y passent que la journée !

Mercredi  13.

Après une réunion au sommet, à bord de « S.A.S.³ », nous avions décidé de quitter tous ensemble le mouillage dès le lendemain matin … pour conserver une longueur d’avance sur une flottille d’une dizaine de bateaux du rallye qui nous suivaient de près. Ce n’est pas que nous souhaitions faire bande à part mais c’était un peu tout comme.

Profitant d’une météo toujours aussi exceptionnelle (le vent était léger avec de temps en temps, une petite brise), nous avions tous passé le plus clair de notre journée, à nager.

Le soir, l’apéro fut pris à bord de « Eutikia »  (Amel  52’) dont nous avons particulièrement apprécié le cockpit dégagé.

Jeudi  14.

A 7.30 heures nous avons levé l’ancre … les derniers.

Départ sous voiles mais après une heure de petite navigation, nous avons été contraints comme tous les autres avant nous, de mettre le moteur ! Le vent était assez irrégulier et généralement faible avec de temps en temps, une petite pointe totalement inattendue. La mer quant à elle, même en l’absence du moindre vent, pouvait être houleuse ou agitée notamment,  à hauteur des caps.

Nous n’avions que 32 milles nautiques à parcourir … aussi dès que le vent  se faisait un peu plus ressentir, nous ressortions les voiles pour les affaler à nouveau, un peu plus tard.

Lentement mais sûrement, nous avons remonté la flottille ainsi que « Charlotte » que nous avions perdu de vue depuis « Kupang ».

A  13.30 heures, nous faisions notre entrée dans la petite baie de  « Tanjung Gedong »  à l’eau cristalline. Y trouver à s’ancrer fut moins facile que son approche … mais assez près  du rivage, il y a moyen de jeter l’ancre dans les coraux par une dizaine de mètres. En mettant une bouteille sur le dos, j’ai pu constater que notre ancre était fichée sur une pente de sable par – 21 m. tandis que la chaîne s’étalait jusque  -26 m.

Le site est très bucolique et au fond de la baie, se trouve un minuscule village de pêcheurs. En fin d’après-midi, celui-ci  était très animé.

Bien que j’y serais resté bien volontiers, une journée supplémentaire, comme  « Panisse » et « Eutikia » n’avaient pas l’intention d’y demeurer plus d’une nuit, nous avons décidé de suivre le mouvement.

Vendredi  15.

Nous sommes partis bien évidemment les derniers bien qu’il n’était que 6.30 heures du matin ! Alors que la baie était d’une propreté exceptionnelle la veille, ce matin, l’eau charriait des noix de coco vides !

Navigation tranquille par mer calme et soleil ravageur … 48 milles nautiques à parcourir. Alors que j’étais plongé dans mon bouquin, tout le monde s’agita autour de nous et s’étonna que nous n’envoyions pas la toile alors qu’une petite brise venait d’entrer en scène !

Il ne faudra pas nous le répéter deux fois et quelques instants plus tard, « S.A.S.³ » commençait à remonter la flottille au grand galop. Avec un vent réel de 14 nœuds, en un angle de vent de 40°, nous avons apprécié une fois de plus, les qualités au près de notre bateau.

Bien évidemment, une petite heure plus tard, nous étions à nouveau, au moteur … et encore, un peu plus tard, nous étions à nouveau, à la voile en des conditions similaires.

A l’approche de « l’île Babi », le vent s’est  montré un peu plus que généreux (18  à 20 nœuds) ! C’était limite de la prise de ris.

Au niveau de la passe de « Selat Pangahbatang », nous avons préféré marcher au moteur tant le vent semblait fort imprévisible et la passe incertaine (la cartographie s’est cependant révélée exacte).

Après la passe, nous avons vu le plan d’eau coupé en deux : sur bâbord,  la mer était blanche d’écume et sur tribord,  la mer était calme et paisible ! Les vents sont très locaux.

A l’approche de notre mouillage (8° 38’ 055 S – 122° 18’ 498 E), le vent a donné une nouvelle fois, de la voix (20-25 nœuds)  … mais sur la tranche du nez ! Si vous y ajoutez la présence de nombreux paniers de pêcheurs et  le sentiment que nous allions planter des pieux (l’image traduit assez bien un bateau en train de tanguer méchamment) toute la nuit, nous aurions bien pris les jambes à notre cou si le prochain mouillage n’avait pas été distant de 32 milles nautiques !

J’avais malgré tout le secret espoir que comme le vent venait précisément de la direction de notre mouillage, nous serions protégés du fetch à proximité du rivage … et j’avais parfaitement raison (comme toujours): jusqu’à  quelques encablures de la côte, le plan d’eau était épargné par le vent  et donc très calme.

Notre mouillage était situé le long de la plage de l’hôtel « Sea World Club » et ne comportait aucune protection naturelle mais comme le vent venait essentiellement de S- SE, nous étions bien protégés. Nous y avions ancré aux alentours de 14 heures  sur les indications d’un jeune locale qui s’était proposé de nous offrir ses services. Nous n’avons pas été déçu par la qualité de son service.

Peu après nous, « Panisse » et « Eutikia » sont arrivés au mouillage. « Obione » connaissant des problèmes récurrents de moteur, était un peu à la traîne. Ce dernier problème se doubla pour Michel, d’une déchirure fatale de son génois … sans doute trop usé par l’âge.

Comme le vent avoisinait 20 à 25 nœuds et venait de face, « Obione », privé de voile d’avant et de moteur,  tirait des bords parfaitement carré quand il ne perdait pas du terrain !! Nous aurions voulu l’aider avec notre annexe, qu’il nous en dissuada tant la mer était mauvaise.

Nous avons donc vu passer les heures avec  la mauvaise conscience de le laisser en plan mais avec la tombée de la nuit, toute intervention paraissait de plus en plus hasardeuse.  Au radar, nous avons pu le suivre et déterminer qu’il se trouvait à 3 milles nautiques … petite et grande distance tout à la fois.

Alors qu’Ann préparait le dîner, nous avons eu la très agréable surprise de relever que  « Obione » se dirigeait enfin, résolument vers nous !! Le temps de dîner et je sautais dans notre annexe, après avoir été cherché, au passage, Jacques de «Panisse ».

En arrivant à hauteur de « Obione » pour le prendre en remorque, je fus surpris de constater que la GV était affalée et que le bateau marchait tout seul !!! Tout miracle ayant une cause rationnelle, Michel nous expliqua qu’il était parvenu à remettre en route son moteur …

En suivant notre annexe, nous lui avons indiqué (dans le noir le plus total) un petit coin pour jeter l’ancre en toute sécurité.

Samedi  16.

Après une nuit fort paisible, Ann, Michel, Jacques et Marie sont partis en taxi, jusque la ville de « Maumere » distance d’environ 9 kilomètres. Selon Ann, la ville est tellement étendue qu’il est impératif d’avoir un moyen de communication pour aller d’un point à un autre car il n’y a pas de « centre-ville ».

Resté (stoïquement) à bord pour défendre notre bateau contre toute attaque de pirates (on n’est jamais trop prudent), j’ai assisté à l’arrivée de « Charlotte » suivie un peu plus tard, par « Drifter » et « Elhaz » les premières sauterelles annonçant l’invasion ?

Selon le directeur de l’hôtel, le vent fort que nous subissions depuis hier, était tout-à-fait exceptionnel. Amusant mais j’ai souvent entendu ce genre de chansonnette … « vous n’avez réellement pas de chance car jusqu’à la veille de votre arrivée, il faisait si beau ! ».

Le soir, nous avons tous été dîner à l’hôtel qui avait fait établir les tables sur la plage tandis que les tambourins mettaient de l’ambiance. Buffet délicieux et ambiance très sympa malgré que nous ayons dû écourter notre soirée en raison d’une excursion programmée le lendemain à 4 heures du matin ! Une fois encore, stoïquement, je suis resté seul à bord … pour en fin de compte surveiller les 6 autres bateaux !

Dimanche  17.

Journée un peu moins venteuse que les précédentes et arrivée sur le coup de midi, de « Rio » qui sur mes indications, jetait l’ancre devant nous, sur le plateau de -6 m. Comme « Rio » ne répondait pas à la VHF, par signes,  j’ai essayé d’attirer leur attention et avec de la persévérance, j’y suis parvenu. Je n’ai  jamais autant été remercié !

Vers  17 heures, les copains rentraient de leur excursion au volcan, qui s’était révélée désastreuse : brume, froid, pluie et une route interminable … bref, je n’avais rien manqué  mais cela, à vrai dire, je m’en doutais !

En fin d’après-midi,  notre pique-assiette patenté, « Chrisandaver Dream », faisait son arrivée au mouillage.

Lundi  18.

Journée plongée. Nous avions rendez-vous à 8 heures, à l’hôtel, avec un couple d’Ostendais et leurs trois jeunes enfants, en vacances … il n’y avait pas d’autres participants.

Alors que toutes les affaires étaient rassemblées sur la plage, prêtes à être embarquées sur le bateau de plongée ancré à quelques brasses, le responsable du centre s’excusa mais le skipper était introuvable !! Il nous fut donc proposé de nous transporter en taxi jusqu’au plus prochain village de pêcheurs et d’embarquer sur une barque de pêche traditionnelle. Why not ?

Je n’ai pas chronométré le temps nécessaire pour nous rendre à ce village mais le trajet, bien qu’intéressant, me parut extrêmement long. Nous avons été surpris par la densité de population le long de la route et la pauvreté des habitations même si la grande majorité d’entre elles, ont l’électricité et la télévision …

Au bout d’un quai en béton, nous avons embarqué à bord d’une de ces felouques aussi longues qu’étroites que nous avons souvent croisées.  Comment cela flotte et avance, relève quelque part du mystère mais surtout, quel potin ! Leurs moteurs n’ont pas de  pot d’échappement qui assourdissent le bruit … c’est pas possible autrement.

Après une bonne heure de navigation et la traversée de  la passe de « Selat Pangahbatang » étrangement calme pour une fois,  la barque a jeté son ancre sur un plateau de corail, à la limite du tombant,  bordant le côté Ouest de « Babi Island ».

Sans précipitation, en faisant bien attention où on mettait les pieds pour éviter de se casser la gueule en se déplaçant sur la felouque, nous nous sommes habillés avant de nous mettre à l’eau.

La première plongée (- 28 m. – 71’) s’est réalisée sur un tombant. Superbe plongée même si nous n’avons pas vu du gros et qu’il fallait un peu chercher pour voir quelque chose de spécial.

Pour la seconde plongée (-23 m. – 77’), le bateau s’était déplacé plus au Sud de l’île, face à un village de pêcheurs.  Egalement un tombant … un peu moins raide que le précédent et truffé de rascasses ! Nous avons préféré cette seconde plongée car nous n’avions aucun courant pour nous perturber.

Nous avons ensuite dîné à bord avant d’entamer le voyage de retour jusqu’à l’hôtel où nous ne sommes arrivés que vers 17 heures … nous avions laissé notre annexe, au bateau, Michel ayant accepté gentiment de jouer au taxi.

Mardi  19.

Comme les bateaux se faisaient de plus en plus nombreux au mouillage de « Maumere » (« Badoc » et « Quicksilver » étaient venus se rajouter dans le courant de la journée … tandis que « Relax » avait jeté l’ancre face à un autre resort) et que de surcroît, nous y avions fait tout ce que nous voulions y faire, nous avons décidé de lever l’ancre … sauf « Obione » qui avait été sollicité par « Badoc » pour l’aider dans une démarche en ville.

Au tout petit jour, « Panisse » partait en tête tandis que « Eutikia » et « S.A.S.³ » lui emboîtait le pas une bonne heure plus tard.

Départ à la voile (en vent arrière) mais comme toujours, nous avions à peine passé le cap que le vent s’essoufflait totalement.  Les eaux indonésiennes sont m-a-g-n-i-f-i-q-u-e-s mais la navigation y est chiante : vent variable en force et en  direction avec une mer qui peut être agitée et une houle bien présente. Bref … tout ce que nous aimons.

Après 43 milles nautiques d’une navigation sans la moindre saveur mais encombrée de paniers aux formes diverses (bidons de 50 litres,  radeaux surmontés  d’une sorte de chaise !!) nous avons atteint notre mouillage (-8 mètres sur fond de vase) à 14 heures. La baie est tellement évasée qu’on a une certaine difficulté à s’en pénétrer l’idée  … d’autant que la houle s’y engouffre avec délectation.

Comme Jacques de « Panisse » a toujours affirmé pouvoir supporter le tangage mais pas le roulis, nous nous sommes demandés ce qu’il allait dire … mais bon, face à l’adversité, il a fait front même s’il n’en a quasiment pas dormi de la nuit ! Jusqu’en début de nuit, les bateaux se sont mis face au vent et à la houle mais par la suite, le vent est tombé et le tangage s’est transformé en roulis. Aie.

Mercredi  20.

Lorsque nous nous sommes réveillés, « Panisse » était déjà parti  ce qui ne nous a guère étonnés tandis que « Eutikia » remontait son ancre. Sans traîner plus qu’il ne le faut, nous en avons fait de même … nous avions 43 milles nautiques à avaler.

En l’absence de vent, nous n’avons même pas hissé la GV. Pour notre plus pur bonheur, les paniers avaient quasiment disparu de la surface de l’eau.

Deux heures plus tard et à la faveur d’une petite brise, nous avons envoyé toute la toile … ce n’était pas Byzance mais nous marchions à la voile ! Bien évidemment, cela ne dura pas car le vent tourna beaucoup trop sur notre arrière …

Comme il nous arrive de faire de mauvais choix, nous avons affalé totalement la GV persuadés que nous n’aurions plus de vent de la journée … et le vent s’est remis à souffler idéalement alors que nous n’étions plus qu’à quatre milles du village de « Riung » !  Nous avons marché sous seul génois (4  à 5 nœuds dans l’eau) ce qui a permis à « Panisse » de ne pas se faire rattraper et à « Eutikia » de nous dépasser.

Une fois devant « Riung », nous avons essayé vainement de planter la pioche mais dans la vase molle, rien ne semblait tenir … « Panisse » s’y est repris à trois fois et « Eutikia » n’a pas osé tirer sur sa chaîne d’ancre. « Murundi » et « Cayenne » semblaient également connaître quelques difficultés de cet ordre … plus nous avançons dans notre périple et plus, nous côtoyons d’autres bateaux qui ont quitté le rallye dès « Kupang ».

Devant la situation, nous avons opté tant que nous en avions encore le temps avant la tombée de la nuit, pour aller jeter l’ancre à « Monkey Beach » (9 milles nautiques). Pour ce faire, nous avons dû ressortir de la profonde baie de « Riung » et nous engouffrer dans un dédale de bras de mer … mais l’endroit en valait largement la peine.

« S.A.S.³ » était mouillé dans une arène de verdure, à l’eau trouble  mais au plan d’eau immuable.  Non loin de notre mouillage, un petit village de pêcheurs dormait paisiblement.  Une petite passe au fond de l’arène permettait de rejoindre « Riung » par l’intérieur mais un haut-fond en interdisait l’accès aux bateaux ayant quelque tirant d’eau.

En fin d’après-midi, « Lady Jane » (inconnu au bataillon) venait nous rejoindre tout en ancrant à distance respectueuse !!

Jeudi  21.

Après une nuit fort réparatrice, nous avons profité de ce cadre merveilleux pour prendre notre petit déjeuner en pleine nature. Le super pied.

Teufteufteufteufteufteufteuf … le bruit se faisait de plus en plus assourdissant au fur et à mesure que la felouque se rapprochait de nous ! Nous étions assaillis par les touristes ! J’ai compté  jusqu’à  8 felouques  avec parfois seulement 3 ou 4 touristes distraits à son bord ! Amusant mais plus il y avait de touristes à bord de la felouque et plus ils étaient sympas en nous faisant de grands signes en passant.

Journée bricolage.  Nous avons remplacé l’un de nos coupe-batteries électroniques … ce qui a mis fin à tous les ennuis de frigo que nous connaissions depuis notre départ de « Bundaberg » !!!

En milieu d’après-midi, « Eutikia » suivi un peu plus tard par « Rio », faisait son apparition à « Monkey Beach ». Pourquoi cette baie s’appelle-t-elle ainsi ? Nous l’ignorons mais il n’y avait pas un singe à voir à l’horizon … seulement des milliers de chauve-souris, dans le ciel, juste avant la tombée de la nuit !

Vendredi  22.

Nouvelle journée de navigation jusque « Lingeh Bay », toujours sur l’île de « Flores » (31 milles nautiques).

Nous n’avions même pas hissé la toile … en l’absence de tout vent. Par la suite, un petit vent s’est levé … mais plein arrière et alors que nous étions quasiment arrivés !

Surpris nous-mêmes, nous sommes arrivés (11 heures) très largement devant tout le monde en sorte qu’une fois encore, nous avons joué les « éclaireurs ».

La baie était large et bien abritée. Toutefois, nous n’avions pas poussé très loin notre exploration à l’intérieur même du « lagon » car celui-ci était encombré de bateaux locaux  et qu’un pêcheur nous avait indiqué par signes que « S.A.S.³ » était  trop grand pour nous y aventurer.

Assez curieusement, aucun autre membre de la flottille auquel « Rio » s’est, semble-t-il,  discrètement rajouté, n’a eu l’envie d’explorer le « lagon » … Il faut reconnaître que le mouillage à l’entrée est parfait.

Durant la nuit, nous avons eu droit à un grain de pluie ! Cela faisait depuis « Cairns » que nous n’avions plus connu une goutte de pluie … En soi, nous en étions heureux car le bateau méritait une bonne douche tant le sel et le sable s’étaient insinués partout mais si  nous l’avions su … nous n’aurions pas passé notre après-midi à le nettoyer au tuyau d’arrosage, en vidant du même coup nos réservoirs !

Samedi  23.

Il était 6.20 heures lorsque nous avons remonté l’ancre … et nous étions à nouveau, les derniers ! Nous finirons par croire que c’était un concours à qui partira le plus tôt  … «Obione » était parti quand il faisait encore nuit, à 4.15 heures du matin !

Notre étape du jour, était « Gilibodo Island » (37 milles nautiques).

Comme d’habitude, nous avons marché au moteur … à l’exception d’une petite heure de voile qui nous a permis de les sécher au soleil.

Par chance, c’était « Obione » qui était en tête de la flottille à ce moment-là … car il fonça droit sur un énorme filet de pêche affleurant la surface (le filet devait faire environ 1,5 milles de long) ! Avec son faible tirant d’eau et surtout sa full quille, il s’en est sorti  … juste le temps de prévenir les copains.

« Panisse » et « Rio » qui le suivaient, s’en sont sortis par miracle tandis que « S.A.S.³ » et « Eutikia » ont été contraints à faire un énorme détour par le Nord.

Si « Gilibodo Island » était superbe …  la place pour y jeter l’ancre, y était aussi assez étroite en sorte que les  cinq bateaux étaient ancrés dans un mouchoir de poche ! Il était réellement souhaitable que personne n’éternue !

Pour éviter d’avoir à mouiller par -30 mètres, il fallait jeter l’ancre sur une pente assez raide, de sable et de coraux … en limite d’un plateau qui découvrait quasiment à marée basse ! Tant que les bateaux étaient parallèles au plateau ou perpendiculaires avec leur avant, il n’y avait pas de problème …

Comme les eaux étaient relativement claires, Ann m’avait poussé à aller vérifier notre ancrage. En apnée, je n’y étais pas parvenu car la chaîne reposait par -15 mètres de fond et qu’il me fallait encore la suivre sur une trentaine de mètres pour retrouver l’ancre … Je m’étais donc équipé de ma bouteille pour constater que l’ancre reposait bêtement  sur le sable blanc !

Pour que l’ancre s’enfonce dans le substrat, il est nécessaire de tirer sur la chaîne assez fortement … ce qui n’est possible que grâce à une énergique marche arrière. En le cas de « S.A.S.³ »,  l’opération peut être plus douce car le bateau a une grande inertie et pèse 40 tonnes.

Pour une fois, nous n’avions opéré aucune marche arrière car nous avions eu trop peur de nous encastrer dans la barrière de corail toute proche …

Plutôt que de nous réconforter, ma petite plongée nous avait fait prendre conscience de la précarité de notre ancrage qui ne risquait rien tant que le vent ne se mettait pas à souffler …

En fin d’après-midi, quelques singes sontt apparus sur la plage !

Le soir, nous étions tous invités à prendre l’apéro sur « Obione » où Michel avait mis les petits plats dans les grands. Ayant eu, seul, le courage de mettre  son annexe à l’eau, il avait joué également le taxi pour tout le monde.

 

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