Publié par : Ann & Stéphane | 15 août 2014

04 au 09.08.2014 – Kupang – Pulau Alor: 132 NM.

Lundi  04.

Lorsque je me suis réveillé ce matin, il n’y avait quasiment plus un seul bateau au mouillage … on aurait pu nous compter sur les doigts d’une seule main ! Jean-Louis de « Ichtus » était allé chercher sa fille et son copain, à l’aéroport tandis que les autres bateaux se préparaient au départ.

Le vent était assez fort comme à l’habitude mais ce que j’ignorais c’est qu’il allait encore monter en force en cours de matinée ! Selon mes calculs, nous ne pouvions pas partir avant midi sous peine d’arriver à notre nouveau mouillage … de nuit !

Vers  11 heures, malgré ses deux ancres et ses 90 mètres de chaîne, « Ichtus » dérapait joyeusement obligeant Ronan (le skipper) à manœuvrer ! Le pauvre ne savait plus quoi faire d’autant que Jean-Louis n’était pas à bord …

A midi, nous avons levé l’ancre par 32-34 nœuds de vent réel !!! Le (mouillage) devant « Kupang » est un incroyable entonnoir à vent de même que le chenal d’accès entre les deux îles où certains participants ont enregistré des vents de 40 nœuds !  Je me suis maudit d’avoir pris la décision de partir  que je qualifierais de « stupide » mais toutes nos informations précisaient qu’une fois sorti de la baie, le vent était quasi nul !!

Les dix premiers milles furent très humides et éprouvants pour les nerfs mais après, il est vrai, la mer était belle et le vent tournait dans les 10 nœuds ! Difficile de croire que quelques minutes auparavant, nous étions encore en pleine tourmente.

Nous en avons profité pour établir les voiles et nous laisser aller à la douceur de l’endroit … nous longions la côte du Timor Occidental.

En fin d’après-midi, nous avons atteint un mouillage de jour « Tg Gumuk » ( 9° 30,64 S – 123° 46,63 E) où  « Eutikia », « Apa Lagi », « Kiwi Coyotte », « Giggles », « Revel »  et beaucoup d’autres avant eux,  avaient décidé de jeter l’ancre pour la nuit … en route pour le mouillage de « Wini » (9° 11,58 – 124° 30,24 E).

L’escale de « Wini » n’était pas prévue par les organisateurs  mais un vent de folie avait couru parmi les participants comme s’il était impensable de ne pas s’y arrêter ! En finale, il semblerait que peu de monde  ne soit allé jusque « Wini » en raison de conditions de navigation particulièrement pénibles telles que vent, courant et vagues contraires.

Pour notre part, nous avions décidé dès le départ, de rejoindre « Pulau Alor » en ligne directe sans escale intermédiaire … ce qui devait nous prendre 20 heures de navigation.  Ce que nous ignorions c’est qu’entre les deux îles, le courant nous serait contraire d’un bout à l’autre de la traversée en sorte que cela nous a pris 26 heures !

Si le trafic est relativement  important, jamais nous n’avons eu besoin de nous inquiéter sauf sans doute à l’approche de « Pélagie ». Au moteur, nous avons rattrapé facilement ce catamaran mais une fois que le vent est monté, « S.A.S.³ » privé de toute voile, n’a pu que s’incliner … le pauvre, il en était vert de rage !

Après tout ce que nous avions lu sur les pêcheurs indonésiens qui ne se repéraient qu’à la lueur de leur cigarette, nous  avions craint de naviguer de nuit. Mais une fois encore, le propos s’avère incomplet car il n’y a plus un seul pêcheur indonésien à voir sur l’eau dès que l’on s’éloigne de deux ou trois milles de la côte !

Durant l’après-midi,  nous avons gardé la GV haute même si faute de vent (3 nœuds) nous nous sommes « aidés du moteur ». N’en pouvant plus d’entendre celle-ci battre au vent, je prenais la funeste décision de l’affaler complètement  juste avant la nuit.

Une heure plus tard, le vent qui était resté bloqué jusque là,  à  7 nœuds, est passé subitement à 20 nœuds ! Trop tard pour se risquer à hisser la GV et mettre en place la bastaque  … nous en avons bavé  pendant des heures qui nous parurent interminables. Ballotés par les vagues, nous avons été de surcroît,  régulièrement arrosés par une vague plus impertinente que les autres … un vrai bonheur.

Mardi  05.

Autant dire qu’aux premières lueurs du jour, nous avons hissé la GV, mis en place la bastaque et sorti le génois pour le plus grand plaisir de « S.A.S.³ » qui retrouvait enfin tout son potentiel. Il était temps car le moral était réellement en berne.

Malheureusement à l’approche des îles, le vent retomba et un courant contraire de plus de 4 nœuds nous accueillit dans le canal jusqu’au mouillage de « Kalabahi »! Ces 15 derniers milles furent un nouveau calvaire qui nous incita à remettre en cause notre participation au rallye !

Au mouillage, nous retrouvions  4 autres participants … et notre pique-assiette anglais.  Quelques autres bateaux dont « Panisse », ont préféré ancrer juste derrière l’îlot « Kepa » situé à l’entrée de la baie en forme de long doigt où se trouve notre mouillage. En fait, il est interdit d’ancrer  sur « Kepa » mais rien n’interdit d’ancrer juste en face, sur l’île « Alor » …

Je ne peux pas dire que je sois enthousiasmé par notre nouveau mouillage (nous mouillons par 20 mètres de fond). Le paysage est davantage industriel que bucolique et  nous sommes assaillis par des gamins désireux d’engager la conversation  … « hello Mister », « Mister », « What’s your name ? ».

Tous ces enfants sont  charmants et font partie du décor local (nous n’avons toutefois, rien connu de semblable à « Kupang ») mais le côté répétitif de leurs démarches vire rapidement au harcèlement et si vous n’y faites pas attention, ils vous envahissent en un clin d’œil.

Un muezzin appelant à la prière … c’est supportable mais trois différents qui psalmodient en même temps, c’est franchement insupportable ! Comme s’ils ne savaient pas se mettre d’accord entre eux pour éviter cette cacophonie.

Selon nos échanges VHF, c’est une dizaine de participants qui abandonnant l’idée d’aller mouiller devant « Wini », devraient arriver au mouillage durant la nuit. Je n’aurais pas voulu être à la place de « Kiwi Coyotte », « Revel », « Apa Lagi » ou  « Felucca » qui sont arrivés dans le noir le plus total et que nous avons essayé de diriger du mieux que nous pouvions, en allumant tous nos feux extérieurs.

« Eutikia » n’est arrivé lui qu’à  5 heures du matin et était quasiment ancré lorsque les premières lueurs du jour ont pointé … Stupidement, nous avions oublié d’éteindre notre VHF pour la nuit en sorte que  lorsque Robin de « Kiwi Coyotte » a vu sur son écran, l’AIS de « Eutikia », elle l’a appelé en nous réveillant du même coup !

Mercredi  06.

Tout le monde m’a souvent répété qu’en ces régions d’Indonésie, le vent était le plus souvent absent et  généralement faible … c’est sans doute pour cette raison que nous recevons ce matin, un vent de 22 nœuds  en provenance du canal !  Quand je pense que beaucoup se sont plaints auprès des organisateurs de la qualité du mouillage à « Kupang » … nous ne sommes pas mieux servis à « Kalabahi » !!

A tout malheur, une chose est bonne … la mauvaise météo a fait fuir tous les enfants qui déjà assaillaient notre bateau aux premières heures du jour ! Je ne sais réellement plus comment m’en débarrasser ! C’est une vraie plaie.

Ancrer en ces conditions venteuses, peut parfois relever du sport. « Viva Layla » (Pacific 40’ japonais) en a fait l’expérience. Par chance, il n’a pas heurté les autres bateaux … encore qu’en deux circonstances, il s’en est fallu de très peu. « Rio » s’en est mieux tiré mais il a du s’y prendre à plusieurs reprises.

Les cartes marines pour l’Indonésie sont fort peu détaillées voir même inexactes ! Personne ne semble avoir élucidé le problème des courants qui ne correspondraient pas aux marées qui elles-mêmes restent mystérieuses ! Les informations dont nous disposons, sont soit incomplètes, soit inexactes ! Notre périple en Indonésie risque d’être plein de surprises …

Une fois encore, je relève que l’eau du mouillage est translucide mais que malheureusement, à certains moments de la journée,  les détritus les plus divers flottent à différents niveaux de profondeur !! Il est donc important de bien choisir son moment pour faire de l’eau ou aller se baigner !

En fin d’après-midi, le vent s’est enfin calmé et nous avons eu droit à un plan d’eau calme. Ce doit être une année « spéciale » car je n’entends autour de moi que des récits de vents forts à très forts (plus de 30 nœuds) …

Jeudi  07.

Si  je ne me retenais pas, j’irais déposer plainte pour « tapage nocturne » contre les 3 muezzins insomniaques du coin … à  4 heures du matin qu’ils ont entamé leur récital !!!

Si la mer était un miroir quand j’ai finalement émergé de mon lit … en quelques minutes, nous avions à nouveau plus de 20 nœuds de vent ! Mais quel est donc l’imbécile qui m’a assuré qu’il n’y avait jamais de vent en Indonésie. Le plus inquiétant reste que personne ne semble rien savoir sur rien que ce soit sur les courants, le vent ou l’état de la mer. Les météos sont archi fausses et le Navtex donnait pour Sulawezi (en principe, notre prochaine escale) des vents entre 8 et 41 nœuds !!

Comme cela fait plus de deux jours  que nous sommes arrivés à « Kalabahi » et que nous n’avons toujours pas mis pied à terre, nous nous sommes mis en devoir d’aller visiter la ville … qui est la capitale de l’île.

Celle-ci est beaucoup plus étendue qu’elle ne laisse paraître du large mais reste une ville indonésienne typique … nous sommes assez loin des chemins touristiques les plus courus.

Pour notre bonheur, un ponton flottant avait été récemment aménagé pour  les annexes. Quoiqu’un peu branlant et doté d’une passerelle très rudimentaire sans la moindre filière latérale, il faisait bien son office.

Malheureusement, surchargé d’annexes et mal protégé du clapot, notre propre annexe connut quelques difficultés à s’y amarrer et alors que nous allions nous enfoncer dans la ville, nous constations que l’arrière de notre annexe flirtait dangereusement avec le mur du quai … Par la suite, nous avons profité de l’annexe  de « Obione » chaque fois que nous devions nous rendre à terre.

De retour à bord et en voulant puiser de l’eau de mer avec mon seau … je laisse filer la cordelette et j’assiste impuissant au naufrage de mon seau préféré !  Comme je ne me remettais pas de la perte de l’être aimé … j’ai enfilé ma combinaison d’homme grenouille et j’ai été grenouiller sur le fond de vase par -21 m. Par bonheur, je n’ai eu que le temps d’arriver sur le fond  … que j’ai vu mon seau à quelques mètres de moi.  Je ne voudrais pas avoir la grosse tête mais je pense quand même que cela fait tellement d’années que je passe mon temps à rechercher par le fond, un objet perdu que je finis par avoir une assez bonne technique.

Diner à bord en compagnie de Michel de « Obione ».

Vendredi  08.

A 1 heure du matin, nous étions réveillés par le téléphone, à  4 heures, par les muezzins et à 5 heures, nous étions debout pour aller plonger … super la vie de plaisancier !

Nous avions envie de plonger mais le seul centre qui pouvait nous accepter (tous les clubs de plongée affichent complet !!) était situé sur l’île de « Kepa » … distante de 8 milles de notre mouillage ! Y aller en annexe, nous a semblé la solution la plus pragmatique … encore fallait-il faire le trajet et être sur place pour 7 heures du matin !

Pour notre plus grand bonheur, le plan d’eau était comme un miroir en sorte qu’en une petite demi-heure, nous étions à l’embarcadère du petit centre de plongée de « Kepa » tenu par des Français.

Très sympathique accueil de la part des « guests » du centre et plongées en toute en décontraction.  La première plongée (-31 m. – 60’) s’est réalisée à  « Apuri »  sur l’île de « Pura », dans le canal donc et avec un léger courant. Paysage de superbes coraux durs … nous avons fait le plein d’images et de souvenirs.

La seconde plongée (-20 m.  – 76’) s’est déroulée  à « Papajaé » sur l’île de « Alor », en « baie de Kalabahi » en raison d’un courant devenu trop important dans le canal. Cette seconde plongée n’était de toute évidence pas de la même qualité que la première mais nous avons malgré tout apprécié l’absence total de courant et quelques très beaux coraux mous.

Le retour au bateau fut un peu plus dur car un petit vent s’était levé créant du fetch mais contrairement aux jours précédents, le coup de vent nous a épargnés … une fois n’est pas coutume.

Au sein du rallye, si on ne peut pas affirmer que les esprits s’échauffent, les premiers ras-le-bol se déclarent. Les uns ont envie de retrouver un peu de quiétude, les autres aspirent à un mouillage idyllique, les derniers commencent à s’énerver sur l’organisation du rallye.

Je pense pouvoir affirmer que les organisateurs réalisent un travail remarquable … à terre mais le manque de communication, les doutes qu’ils laissent planer et une absence totale d’informations en matière de navigation mettent à rude épreuve les nerfs des participants.

En ce qui nous concerne, s’ajoute le fait que tant notre bateau que son annexe sont « hors normes » et que nous nous rendons bien compte que personne n’en est réellement conscient ! Notre expérience à « Kupang » avec notre annexe en est un bel exemple. Aussi,  nous commençons par nous méfier des belles assurances qui nous sont données.

Samedi  09.

Une fois de plus j’ai été réveillé par le … les muezzins locaux au point que je finis par me poser la question de savoir s’il ne s’agit pas d’un appel d’Allah ! Je devrais peut-être me convertir à l’islam et faire porter le voile à Ann …

J’ai fait le compte ce matin, nous ne sommes plus que 27 bateaux du rallye sur 40 … si on décompte tous ceux qui ont faire valoir qu’ils faisaient leur entrée en Indonésie à « Saumlaki » ! Seuls 7 bateaux  ont annoncé prendre la route Nord  jusque  « Sulawezi » (détour de 400 milles aller/retour) … les autres ont décidé de partir vers « Flores » et de suivre la route Sud.

Les organisateurs ont commis une terrible erreur en ne communiquant aucun programme de navigation jusqu’à deux, trois jours avant le départ. Aussi, tout le monde a été sur le site de « Sail Indonesia » et s’est  fondé pour donner ses rendez-vous sur un ancien programme qui passait par le Sud …

Arrivée surprise de trois  voiliers « Elhaz », « Tahaa Tiva » et « Drifter ». Nous avons appris par la suite qu’ils participaient au rallye mais venaient en droite ligne de Papouasie-Nouvelle Guinée ! « Elhaz » et « Tahaa Tiva » avaient dû éviter de passer par l’Australie en raison de la présence d’animaux à leur  bord !

 Nous ne les avions pas reconnus mais nous avions rencontré « Tahaa Tiva » de  Martine & Christian … aux  « Tonga » ! Honte sur nous mais nous rencontrons tellement de monde …

C’est décidé … nous suivrons la route Sud. Nous quittons donc temporairement le rallye et nous débuterons notre périple par des petites étapes d’une trentaine de milles.

15 heures … nous avions rendez-vous sur le stade, pour les « Fêtes folkloriques d’Alor ». Des places assises étaient réservées pour les participants de « Sail Indoneisa » sous l’immense tente du Gouverneur.

Si l’événement  pouvait susciter à tout le moins, la curiosité … en la réalité, nous nous sommes enfuis après une heure d’un défilé de délégations régionales. Il  n’y avait aucune tenue, aucun ordre, aucune forme, aucun style, aucune préparation, aucune concertation … des quidams qui déambulaient devant nous !! Seuls quelques groupes authentiques ont sporadiquement animé le défilé.

Le rallye était invité une fois de plus, à dîner en le (palais) du  Gouverneur. J’ai rarement vu un dîner aussi vite expédié dans les formes ! Tout a été orchestré avec une maestria incroyable en sorte qu’à 21 heures … tout le monde était dehors. Visiblement, il s’agissait d’une corvée pour le Gouverneur qui avait d’ailleurs,  laissé le soin à son épouse, de nous recevoir.

Le plus amusant reste qu’un esprit saugrenu avait imaginé que 10 pigeons … pardon … 10 participants seraient habillés de tenues locales et se prêteraient à un petit spitch de remerciements au Gouverneur !!

Comment les pigeons ont-ils été sélectionnés ? Simplement … ils ont participé tous les 10 à une excursion dans l’île organisée par un opérateur locale qui les a embrigadés dans cette comédie. Mais je me dois de reconnaître que leurs « costumes » étaient magnifiques  et qu’ils s’en sont tirés avec tous les honneurs.

Dimanche  10.

Départ pour le mouillage de « Kabir »

 

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