Publié par : Ann & Stéphane | 9 juin 2014

26.05 au 03.06.2014 – « Whitsunday Islands » – « Cairns ».

Lundi  26.

Le ciel est légèrement couvert et le vent un peu plus présent que hier mais le mouillage est d’un calme absolu … le méga pied !

Alors que je m’attendais que le plan d’eau se vide dès les premières lueurs du jour et notamment de tous ses « Sunsail » (bateaux de location), il aura fallu attendre le milieu de matinée pour constater  un départ plus massif correspondant par ailleurs, à quelques arrivées !

« Obione » est arrivé pour 11.30 heures  et par le même chemin que nous … alors que Michel avait évoqué en son temps, contourner l’île par l’Est pour ensuite redescendre sur le mouillage.

Cela fait maintenant près de 7 mois que nous sommes arrivés en Australie et partout, je relève que les bateaux australiens n’arborent pour ainsi dire – jamais – de pavillon national !!

Mardi  27.

Nous avions envie de voir  « Hamilton Island » et sa marina.  Nous avions même pensé y aller passer une nuit ou deux avec « S.A.S.³ »  mais à 125 €/jour … nous avons préféré rester à notre mouillage et plutôt y aller en annexe.

Après avoir vu les lieux, il me semble que les tarifs pratiqués sont largement exagérés … mais alors que dans les autres marinas, il faut souvent payer une redevance pour y amarrer son annexe et profiter des poubelles, ici c’est gratuit !! Bien que nous ayons annulé  notre réservation pour deux jours, il nous fut réservé un accueil absolument délicieux.

Nous avons mis 20’ pour parcourir 6,5 milles nautiques … soit une vitesse moyenne de 20 nœuds, à trois adultes ! Nous n’arrêtons pas de nous réjouir du choix de notre annexe même si bien entendu, il y a l’envers de la médaille comme son poids qui nous interdit de l’échouer sur la plage.

La « marina Hamilton » est assez spacieuse et les installations semblent de bonne facture … la grue du chantier m’a paru un peu faiblarde !  Un yacht club qui fait un peu penser à l’opéra de Sydney, en domine l’entrée !  Les 9/10 des bateaux présents sont des bateaux à moteur  entre 60’ et 80’ ce qui les classent dans la catégorie « gros yacht » mais pas « super yacht » et encore moins « méga yacht ».

La présence tout à côté de l’entrée de la marina, de la piste de l’aéroport ne présente pas comme on pourrait le craindre, une nuisance particulière … je ne voudrais juste pas arriver à la marina au moment du décollage/atterrissage d’un avion !

Une partie de l’île a été aménagée comme un énorme lotissement luxueux où on ne se déplace (quasiment) qu’en petites voiturettes électriques. Les hôtels y sont nombreux et la présence de deux tours choque un peu l’esthétisme. Il y a une vingtaine de magasins, l’une ou l’autre terrasse et l’indispensable Poste.

Sur l’île, le sentiment que l’on doit vite s’y ennuyer, prédomine.  La morosité de la marina m’a en tous les cas, conforté en cet état d’esprit. Maintenant, nous sommes peut-être passés à côté de ce qu’il fallait voir !

Mercredi  28.

Michel tenait beaucoup à voir « White Beach » et sa kilométrique plage de sable blanc.  Il paraît que quand on foule ce sable … on a le sentiment de marcher dans de la farine ! Il nous fallait absolument aller vérifier tout cela par nous-mêmes.

A 8.30 heures, Michel venait nous chercher avec son annexe et nous sommes immédiatement partis avec « Obione » en ballade. Comme les jours précédents, la mer était belle, le vent faible et le ciel parsemé de quelques nuages.

La plage se situant à l’opposé de notre mouillage, nous avions décidé de contourner l’île par le Nord à l’aller (17 milles nautiques) et par le Sud, au retour (14 milles nautiques).

Sur tout le trajet « Nord », nous avons vu quantité de bateaux alors que sur le trajet « Sud », ceux-ci se sont fait beaucoup plus rares ! Je n’ai aucune explication rationnelle à donner !

Nous avions toute la journée devant nous et il nous a bien fallu cela pour boucler le tour de l’île tant « Obione » est assez lent au moteur (4 nœuds max) … « S.A.S.³ » était  resté sagement à son mouillage.

Au  Sud de  « White Beach », nous avons jeté l’ancre et déjeuné après avoir mis pied sur la plage.  Il y a avait bien entendu du monde et nous avons compté pas moins de 4 hélicoptères, 2 hydravions et une quinzaine de bateaux ! Manifestement, l’endroit est assez « couru ».

Tandis que nous étions sur la plage,  nous avons pu apercevoir les ébats de deux baleines … pas sur la plage, eh biesse que tu es … un peu plus au large ! Décidément il faut tout lui expliquer à celui-là.

Le retour fut plus rapide que l’aller grâce à une petite brise bien agréable qui a permis à « Obione » de sortir un peu de toile en sorte qu’un peu avant le tomber du jour, nous étions à nouveau à notre bord.

Jeudi  29.

Comme s’il était possible de ne plus aimer être au mouillage !! Je vous le demande un peu … comment ai-je pu, fut-ce un seul instant, me questionner sur le sujet ? Et pourtant Dieu sait combien j’ai pu arriver à m’angoisser sur la question quand nous étions encore à la marina de « Bundaberg » !

C’est avec un délice partagé que nous avons préféré ne pas bouger et profiter de notre bateau … un peu comme si nous l’avions trop longtemps délaissé ! C’est dingue ce besoin quasi physique que nous avons de notre bateau !

Michel, pour sa part, avait des fourmis dans les jambes et a préféré changer de mouillage. Nous irons, en principe, l’y rejoindre dès demain.

Nous avons donc profité de cette belle journée pour nous installer confortablement dans le cockpit et nous adonner tout entier à nos lectures respectives. Ce fut le pied, le méga pied, le super méga pied.

De manière paradoxale, notre mouillage s’est vidé en cours de journée alors que celui-ci occupé par « Obione » pour quasi désert au matin,  était rempli comme un œuf au soir !

Vendredi  30.

Si hier, il faisait plutôt ensoleillé, aujourd’hui, il fait carrément crade … les grains se succèdent aux grains. C’est bien entendu le moment que nous avons choisi pour changer de mouillage et rejoindre « Obione » !

Notre nouveau mouillage se situe à 8 milles nautiques, un peu plus au Nord, sur « Hook Island » … il s’agit de « Nara Inlet ». Long boyau de 200 à 300 mètres de large, qui s’enfonce sur  2,7 milles nautiques à l’intérieur des terres par une profondeur moyenne de 8 mètres.

L’endroit est très bucolique et réputé pour ses chutes d’eau et ses cacatoès. Je n’ai pas vu les chutes d’eau et les cacatoès se sont faits extrêmement discrets … alors qu’à la « marina de Hamilton » si on n’y prend garde, on marche sur eux !

La baignade est déconseillée à cause des requins … mais je crois que tout cela est très surfait ou plus d’actualité. Reste que je n’aimerais pas figurer aux « faits divers » locaux et que l’eau  trouble favorise les attaques … nous avons donc prudemment évité de mettre le petit doigt de pied à l’eau.

Le rivage ne permet pas un accostage en annexe sauf en un endroit précis où un écriteau précise qu’il s’agit  de « Whitsunday Islands National Park ». Un escalier en pierre vous invite à la promenade et nous ne serons pas les seuls pigeons à en faire les frais !!

En fait, après une petite grimpette qui mettra à rude épreuve nos cœurs peu entraînés, l’escalier ne mène qu’à une grotte où quelques dessins rupestres  laissent à penser que des indigènes ont occupé en des temps reculés, cet endroit … pittoresque !

Si le retour est nettement moins fatiguant, il exige la plus extrême prudence car les pierres de l’escalier sont couvertes de mousse et donc glissantes par endroit.  Nous nous étions servis de l’annexe de « Obione » … seule capable de s’échouer sur la minuscule plage de sable et de pierres.

Nous ramenant à notre bateau, nous avons convié Michel à passer l’après-midi avec nous jusqu’au dîner qu’Ann nous a servi avec sa maestria habituelle.

Contrairement à ce que je pensais,  nous n’avons pas connu la foule des grands jours … seulement une dizaine de bateaux !

Samedi  31.

« Obione » est parti ce matin aux aurores pour « Cairns » distant de 287 milles nautiques. Nous devrions partir demain pour la même destination. Michel s’ennuyait … tandis que nous préférons attendre une meilleure météo pour nous mettre en route.  De surcroît, nous goûtons sans réserve aux plaisirs du mouillage.

A « Cairns », nous irons à la marina pour quelques jours ! Pas par envie de marina mais parce que nous souhaitons visiter la ville, aller plonger sur la Grande Barrière de Corail … et faire réparer notre frigo de la table de cockpit.

Pourquoi partir si rapidement  alors que nous n’avons fait que « traverser » les « Whitsunday Islands » ?

La réponse la plus rationnelle réside à répondre que le « juste milieu » entre rester trop longtemps et pas assez longtemps est difficile à trouver et que contrairement aux moyens de locomotion habituels  comme l’avion ou la voiture, en bateau, la météo joue un rôle essentiel et  celle-ci est si souvent capricieuse, qu’il vaut mieux se donner de la marge …

Je préférais le mouillage plus aéré de « Cid Harbour » à celui plus bucolique de « Nara Inlet » … on est selon moi, un peu trop à l’écart de tout.

J’ai fait le compte … nous sommes 13 bateaux au mouillage dont un seul bateau à moteur !! Comme nous sommes relativement distants les uns des autres, nous n’avons pas le sentiment  qu’il  y  a foule ce qui reste étonnant pour un week-end d’Ascension … qui n’est pas fêté en Australie !

Dimanche 01.  « Hook Island » – « Cairns » :  287 NM.

9.30 heures … nous levons l’ancre. Selon mes calculs, nous aurions dû partir à 13 heures pour embouquer le chenal de « Cairns » à  6 heures du matin (lever du jour).  Mais c’est trop nous demander d’attendre patiemment jusque 13 heures pour nous mettre en mouvement … et puis, mes calculs peuvent se révéler inexacts !

Pas de vent  au mouillage mais un zeste de soleil … c’est le principal. La météo n’a pas annoncé de pluie mais un vent entre  10 et 15 nœuds.  Nous en profitons pour monter tranquillement notre GV. Si nous ne sommes pas les premiers à partir, nous en devançons malgré tout l’un et l’autre !

10 heures … nous sommes au débouché du boyau et ce que je vois me mets mal à l’aise ! La mer est d’écume ce qui suppose un vent assez fort (pointe à 23 nœuds) … mais sans doute cela ira-t-il mieux lorsque nous le prendrons au portant.

Ce n’est pas réellement le cas et comme nous ne sommes pas encore « sur des rails », nous prenons d’office deux ris dans la GV et gréons la bastaque  Pour ce faire, je place l’étrave du bateau à 30° du lit du vent ce qui facilite grandement la manœuvre.

Ann déteste que je remonte au vent en venant du portant (il faut reconnaître que cela décoiffe)  et prend généralement ses ris … au portant ! Avec des ris « automatiques » c’est-à-dire qui se prennent totalement du cockpit, et un winch hydraulique c’est tout-à-fait faisable et plus confortable quelque part mais non souhaitable selon moi.

Contrairement à ce que nous espérions et malgré un tracé de route nous déviant d’abord vers la côte, impossible de trouver un angle de vent acceptable (soit inférieur à 140°) pour éviter que les voiles ne fasseyent. Et nous revoilà au moteur … C’est dans des moments comme ceux-là que  je me demande si nous n’aurions pas mieux fait de nous faire construire un bateau à moteur !

Le vent s’établira plus loin entre 15 et 20 nœuds  ce qui est idéal. Malheureusement quand la météo annonce ce type de vent, c’est 20 à 25 nœuds que l’on reçoit sur la gueule …

La mer est forte … les vagues nous poussent littéralement sur l’arrière et nous font balloter d’un bord sur l’autre mais sans méchanceté au point que durant la nuit, nous n’aurons pas besoin de nous caler dans le cockpit !  Ce n’est pas de la « belle navigation » mais il faut bien avancer.

En milieu d’après-midi, nous relâcherons un ris et nous essaierons de marcher rien que sous toiles mais après 3 heures de navigation un peu chaotique (le génois fasseye trop souvent), nous relancerons le moteur. Il nous fallait charger nos batteries … nous avions donc le choix entre moteur principal et groupe électrogène et comme sous toiles, ce n’était pas le pied …

Pour notre bonheur, il ne fait pas froid et lorsque la nuit tombe, nous nous contentons d’habits chauds (pantalon de ciré pour votre serviteur et bottes pour tout le monde).

Nous ne sommes plus en traversée et malgré ma tentation de dormir « en laissant courir », nous nous astreignons à des quarts de veille … qui nous mettent sur les genoux une fois minuit passé. Nous n’avons pas de quarts  établis. Nous nous contentons de prendre le quart lorsque l’autre n’en peut plus. C’est bien évidemment après minuit que les choses se corsent puisque nous sommes alors tous les deux crevés !

Le trafic est relativement important mais sans entrave aucune. A un moment donné, nous dépasserons  un voilier qui manifestement était très intrigué par notre présence. Nous aurons droit aux honneurs de son phare de recherche. Nous ne saurons jamais de qui ou de quoi il s’agissait !

Lundi  02.

Le lever du jour est toujours accueilli à bras ouverts car il signifie la fin des quarts et la possibilité de récupérer d’une nuit toujours trop courte … Crévindidieu ! La nuit … elle était trop longue ou trop courte à la fin ?? C’est que j’aimerais comprendre à la fin !  … Ben … Euuuuuuh … Elle était à la fois trop longue et trop courte ! Elle n’est pas belle la langue française avec toutes ses nuances ?

La météo n’a guère évolué depuis la veille sauf que maintenant on n’a plus droit au soleil et que de gros grains menacent ici et là ! Par miracle, nous n’en prendrons aucun sur la tête mais le vent ne cessera de passer d’un bord arrière sur l’autre sans doute en cause de leur présence.

Il ne s’agira pas d’une journée à marquer d’une croix blanche et de surcroît, dès le début d’après-midi, nous devrons diminuer sensiblement nos tours de moteur pour ne pas arriver en pleine nuit à « Cairns » !! Le temps qui s’écoule, nous paraîtra encore plus i-n-t-e-r-m-i-n-a-b-l-e.

Mais où est donc passé « Obione » sera LA question du jour. Malgré nos nombreux appels à la VHF … pas la moindre réponse. En fait, Michel est arrivé à « Cairns » avec les premières lueurs du jour, signant du même coup une superbe performance … mais nous ne l’apprendrons que mardi aux aurores avec la réception de son E-mail.

Avant le début de nuit, nous affalerons la GV que nous n’arrêtons pas de faire passer d’un bord sur l’autre selon les fluctuations du vent. La première fois fut au cours de la nuit de dimanche à lundi … joie !

« Chat échaudé craint l’eau froide » … cette fois, Ann prendra le premier quart jusque 23 heures et votre serviteur, frais et dispo après un bon petit sommeil, n’aura pas de problème ensuite pour garder les yeux ouverts jusque  4 heures.

Alors que j’étais de quart, notre route, parallèle mais en dehors de la zone de trafic, nous fait passer entre trois ilots. De jour, cela n’aurait posé aucun problème … mais de nuit, il faut sacrement faire confiance à sa cartographie électronique car il n’y a de bouée lumineuse que sur le premier ilot !

Estimant que la prudence est la mère des vertus, j’ai désenclenché le pilote automatique, viré à 90° et rejoint la zone de trafic qui est restée déserte toute la nuit !!

Lors de son quart, Ann s’est trouvée confrontée au même problème encore que là, il ne s’agissait plus d’ilots mais de « Fitzroy Island ». Comme l’île se démarquait assez mal sur l’écran radar, nous avons pris la décision de rejoindre une fois de plus, la zone de trafic.

Mardi  03.

Les premières lueurs du jour nous ont atteints alors que nous nous dirigions vers le long chenal balisé (5 NM)  qui mène à « Cairns ».

Petit moment d’incertitude lorsque la « marina Marlin » ne répondit pas sur la VHF et que Michel nous informa qu’il était préférable de ne pas pénétrer dans la marina tant qu’un emplacement ne nous était pas attribué !! Nous avions pris contact la veille, par téléphone,  avec la marina qui avait été incapable de nous donner un emplacement alors qu’elle est très loin d’avoir fait le plein !! 

Quand personne ne répond à  la VHF (ce qui est hélas trop de fois le cas …), rien de tel que de recourir à  son GSM …

Nous sommes idéalement placés à une tête de ponton mais nous avons dû souscrire pour 7 jours pour profiter d’un tarif réduit.

Quand on arrive dans une nouvelle marina, une des difficultés réside toujours en le meilleur choix du sens de l’étrave : nez au quai ou cul à quai. Souvent le choix est déterminé par les possibilités  de descente/montée sur le bateau. Mais lorsqu’on est sur une tête de ponton, c’est surtout d’où vient le vent dominant qui est prépondérant : toujours l’étrave face au vent dominant car ainsi le cockpit est protégé par la capote et les hublots de pont s’ouvrent dans le bon sens pour une bonne aération.

A ce dernier petit jeu, je me plante généralement à tous les coups car je réagis par bon sens !! En le cas d’espèce, notre étrave est dirigée vers le large … mais le vent dominant vient carrément de notre arrière ! Résultat … le vent  s’engouffre  du cockpit dans le carré et nos hublots de pont s’ouvrent à contre vent ! Il suffirait de changer de sens mais aller expliquer cela à Ann … ce n’est jamais le moment !

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :