Publié par : Ann & Stéphane | 5 juin 2014

20 au 25.05.2014 – Bundaberg – Whitsunday Island … par le chemin des écoliers.

Mardi  20. – Bundaberg – Lady Musgrave Island : 52  NM.

Le jour « J » … celui que nous attendions depuis plus 6 mois et que j’avais fini par redouter !

Par chance, la météo annoncée était exacte et le vent était assez faible que pour sortir de notre emplacement de la marina en toute quiétude.  Fabienne & Marcel de « Diddys » étaient présents pour nous lâcher  les amarres … ce qui n’était pas un luxe puisque mon petit « écureuil des mers » n’est plus capable de faire des bonds comme un kangourou.

Nous sommes restés une petite demi-heure à hauteur de la marina, le temps de tout ranger correctement à bord. C’est fou le travail … 4 défenses gonflables, 4 défenses fixes, 2 couvertures de coque,  l’échelle de coupée, le tuyau d’eau, le fil électrique et enfin, les multiples amarres.

Il était 7.30 heures lorsque la GV était hissée face à la marina.  Dans l’excitation du moment, j’oubliais de fixer en bas,  la cordelette attachée à la têtière de la voile et qui nous sert à l’affaler. Le résultat des courses … ballotée par le vent, elle s’est emberlificotée autour de la première barre de flèche et il m’a fallu, au mouillage,  grimper au mât, pour la défaire !

GV haute, nous embouquons le chenal  jusqu’à près de sa moitié avant de virer sur bâbord en direction du lagon de « Lady Musgrave ».  « Panisse » (Gin Fizz)  de Marie & Jack  quitte la marina en même temps que nous mais eux ont décidé d’aller d’une traite,  sur les « Whitsunday  Islands».

Il fait beau, la mer est un peu agitée et le vent de SE tourne dans les 13 nœuds de vent réel.

Si dans le chenal, nous prenions agréablement le vent par 90° … une fois notre virement de bord réalisé, la belle quiétude du bord se transforme immédiatement  en un mini cauchemar avec une GV qui faseye allègrement au vent arrière, entraînant avec elle, une bôme que dis-je une énorme poutre, prête à tout massacrer sur son passage !

Notre décision était vite prise … le vent était trop faible pour marcher à la voile, il nous fallait donc continuer au moteur, bloquer la bôme  et prendre « asap » deux ris  dans la GV pour réduire son faseyement .

A cette allure, la mer prenait un malin plaisir à balloter « S.A.S.³ » d’un bord sur l’autre avec toutes les quatre ou cinq vagues, une plus grosse qui nous faisait encore un peu plus rouler. Heureux que j’étais, d’avoir enfin retrouvé  la mer …

A tout vrai dire, si nous n’étions pas malades, ce n’était pas non plus la grande forme et nous avons essayé de roupiller dans le cockpit, plus qu’autre chose.

Sur la mer, il n’y avait rapidement plus personne à l’horizon … seule la côte montagneuse se laissait entrapercevoir, rappel que nous n’étions tout de même pas très loin de la terre.

Le vent n’était pas chaud et je me suis surpris à avoir froid par 24° de température ! On n’en était pas encore au ciré mais les polars étaient ressortis … et même le caleçon long pour votre serviteur !

« Obione » était largement devant nous et il nous a fallu attendre la vacation de midi  pour l’apercevoir à l’horizon. Michel semblait être en pleine forme et heureux d’être sur l’eau bien que comme il le précisait … « cela brassait un peu ».

En cours de matinée, je constate que le vent tourne et vient  de plus en plus souvent de côté (90°) … ce qui n’était que normal puisque nous suivions un cap qui nous éloignait de la côte. Aussi, avons nous fait un essai – peu concluant faut-il l’avouer – d’envoyer tout le génois.

Sur le coup de midi, le vent  s’est enfin positionné au « près bon plein » (60° à 80°) ce qui nous a permis d’éteindre le moteur et de marcher à la voile sous génois et GV arrisée à deux ris !! Comme expliqué plus haut, la garcette de têtière s’était prise dans la première barre de flèche et du coup, empêchait la GV de monter !

Frustrant, situation réellement frustrante d’avoir à manquer une si belle occasion de faire de la « belle voile » d’autant que sous voiles, « S.A.S.³ » se stabilisait divinement.  

Si en tant que tel tout cela n’était pas bien grave, la question de l’heure d’arrivée au lagon se posa avec plus d’acuité puisque nous marchions à vitesse réduite (7 nœuds).

Il nous fallait arriver à la passe du lagon bien avant la tombée du jour et déjà, la lumière commençait à s’estomper ! En ces conditions,  les « patates » dont le lagon est parsemé, risquait d’échapper à notre vue  et comme notre carte MaxSea se refuse à en donner le détail  …

C’est à la fois surprenant et irritant mais les cartes MaxSea ignorent souvent des coins comme celui-ci alors que c’est justement en ces situations que l’on aimerait avoir une carte de détail !

En prévision de ce type de situation, nous avons commandé plusieurs ouvrages sur les mouillages de cette région.  Nous avons en bibliothèque, plus de livres pour remonter jusque « Darwin » que pour faire la traversée du Pacifique !!

« Obione » était maintenant à quelques encabluresdevant nous et nous l’avons suivi des yeux lorsqu’il a fait une entrée majestueuse dans le lagon. Même s’il est vrai qu’il a un tirant d’eau extrêmement faible (1 mètre), Michel est malgré tout seul à bord !

Lorsque « S.A.S.³ »  s’est présenté de biais face à la passe, l’eau se déversait du lagon et le freinait dans son avancée. Ces deux actions combinées me donnaient du fil à retordre à la barre et j’avais un peu de mal à le placer bien droit face à la passe étroite.

Grâce au ciel, celle-ci est profonde (12 m) et une fois dans son goulet, je ne connaissais plus de difficulté. Restait encore à se trouver une petite place pour jeter l’ancre sans se prendre au passage « une patate ». Regarde donc où tu vas … eh, patate !

L’espace ne manque pas dans le lagon … il n’y avait que trois autres voiliers sans parler des petites barques qui restent dans le lagon, à demeure ! Quasiment chaque jour, un bateau amène les touristes qui viennent découvrir l’endroit avant de repartir en fin d’après-midi.

L’ancre jetée par  8 m. de fond, nous avons procédé au rangement du bateau avant de nous effondrer sur notre lit ! Il n’était que 18.15 heures  …

Un jour de plus, un malheureux jour de plus à la marina de « Bundaberg » et nous aurions été en mesure de rappeler notre frigoriste pour lui dire que notre Danfoss était à nouveau en panne !  Nous avions entendu dire par « Prosper’aim » que l’on ne trouvait pas en Australie, de bons corps de métier mais je vais finir par partager cet avis !

Mercredi  21.

Nous avons fait le tour de l’horloge et plus encore puisque nous nous sommes levés passé 9 heures du matin ! Que du bonheur et une stabilité qui aurait pu nous faire croire que nous étions encore au chantier !!

De loin, nous avons vu arriver un gros catamaran alu « Lady Musgrave Cruises »  qui quelques temps plus tard, venait nous saluer avec sa cohorte de touristes.  Le commandant est allé jusqu’à sortir de sa timonerie, pour nous faire gentiment signe …  sympa.

Je n’aime pas spécifiquement les lagons car on est réellement au milieu des eaux sans la moindre protection … sauf contre la houle. Mais celui-ci est malgré tout assez sympa et ses fonds marins (en dehors du lagon) superbes.

Dommage que nous n’ayons pas eu l’occasion de plonger mais nous sommes un peu pris par le timing et il faut impérativement que nous mettions quelques milles derrière nous pour nous assurer une petite sécurité … le temps passe si vite !

Il fait un peu plus venteux que hier et le vent n’est pas chaud. Le ciel est couvert et la chaleur du soleil manque pour donner plus d’atmosphère à l’endroit. Par manque de chance, nous avons subi toute la journée, une série de grains dont nous nous serions bien passés.

Entre deux averses, nous n’avons pu résister au plaisir de nous mettre à l’eau mais celle-ci s’est révélée assez froide, un peu trop mouvementée et la visibilité n’était pas des meilleures. J’ai quand même pu vérifier la bonne tenue de l’ancre dans un sable immaculé et regarder de plus près l’état général de la coque.

Assez bizarrement, j’ai relevé certaines zones rectangulaires où l’antifouling est un peu rêche et comme déjà colonisé par des petits vers blancs !! Ces zones me semblent correspondre aux pates de ber  et plus généralement à tous les endroits où l’antifouling a été posé au rouleau et non, au pistolet comme la majeure partie de la coque. Tout cela n’augure rien de bon pour l’avenir …  

Jeudi  22. – Lady Musgrave Island – North East Island :  178 NM.

Réveil à 6 heures … nous quittons le lagon à 7 heures. A ce moment là de la journée, il n’y a quasiment pas de vent et Michel s’inquiétait d’avoir à faire la navigation au moteur car celui-ci pour une raison inconnue, a tendance à surchauffer !

Nous levons notre GV et voilà que la garcette de têtière se coince dans un des chariots de GV. Elle m’en veut, il n’y a pas d’autre explication !

Alors qu’un petit vent sympa fait son apparition dans le 80° (la voie royale) et que nous n’en croyons pas notre bonheur un bon grain vient méchamment nous secouer (le vent est monté jusque 30  nœuds) et nous oblige à prendre deux ris dans la GV ! Dans l’exécution de nos manœuvres, la garcette de GV en profite pour s’entortiller cette fois, autour du radar de mât !! Incroyable mais … vrai !

Après cet intermède dégustatif, vers midi, le vent s’établissait enfin à l’Est et « S.A.S.³ » se calait sur ses rails jusqu’à l’arrivée.

Excellente navigationau cours de laquelle nous n’avons finalement pas regretté de ne pas pouvoir renvoyer plus de toile. En tout état de cause, avec la tombée de la nuit, nous aurions systématiquement réduit la GV d’autant que nous avons passé notre journée à esquiver les grains !

Avec la nuit, il était prévu que le vent dégringole à 10 nœuds mais en finale, il s’est maintenu quasiment durant toute la navigation, entre 15 et 18 nœuds !

Si depuis le départ de « Lady Musgrave », nous n’avons pas vu sur l’eau, âme qui vive … au cours de la nuit, nous avons eu l’occasion de compter  5 ou 6 cargos qui nous ont croisés  sans le moindre problème. Une nuit assez tranquille donc mais qui nous a contraints à faire des quarts pour toute sécurité.

Vendredi  23.

Nous pensions être débarrassés des grains qui toute la nuit, nous avaient encerclés mais au petit matin, nous avons la désagréable surprise de relever que pour une journée ensoleillée, le ciel  est bien chargé et que deux grains nous menacent encore !

Toutes les îles et îlots entre lesquelles nous nous faufilons, paraissent aussi lugubres les uns que les autres au point que nous avons terriblement hésité à  poursuivre notre route jusqu’aux « Whitsunday  Islands»  distantes encore de plus de 120 NM !

Nous n’avions plus de contact avec  « Obione »  depuis la veille au soir mais nous nous étions donné rendez-vous au mouillage de « Blunt Bay » de « North East Island ». Mais celui-ci allait-il nous plaire ? Y serions-nous convenablement à l’abri ? Ne fallait-il pas craindre qu’il soit fort rouleur ?

La seule décision « d’aller voir » nous coûtait énormément car le bateau était sur des rails et ne demandait qu’à  laisser aller.

En finale, nous avons quand même pris le parti de mouiller l’ancre d’autant que comme par magie, le ciel commençait à se découvrir. Il était 10.30 heures et nous avions parcouru 178 milles nautiques.

Alors que nous venions d’envoyer  un E-mail  à Michel par satellite, celui-ci nous appelait à la VHF pour nous annoncer son arrivée vers 17 heures. Il était au moteur par faute de vent !

Dans nos manœuvres de mouillage, je laisse accidentellement tomber une protection plastique que j’ai eu le grand plaisir d’aller rechercher par  12 mètres de fond, dans une eau plutôt fraiche et à la très faible visibilité … et comme toujours, c’est au moment où je désespérais de retrouver ce maudit bout de plastique qu’il apparaissait sous mes yeux … à côté de la chaîne d’ancre !!

Si nous étions  seuls lors de notre arrivée, un autre petit voilier est venu s’ancrer un peu plus loin dans notre très grand mouillage, un tantinet rouleur mais bon …

Effectivement à l’heure prévue, « Obione »  faisait son apparition et s’ancrait à quelques encablures de  « S.A.S.³ ». Aucun de nous deux n’ayant mis son annexe à l’eau, nous sommes  restés chacun sur nos bateaux.

Samedi  24. – North East Island – Scawfell Island : 65 NM.

Le réveil avait été fixé à  5 heures du matin alors qu’il faisait encore noir.

Nous étions en route peu avant  les premières lueurs du jour … cap sur le mouillage de « Refuge Bay » de « Scawfell Island » distant de 65 milles nautiques.

Le soleil était radieux … pas un nuage à l‘horizon ! Le vent était nul au point que l’eau formait un immense miroir que l’étrave de « S.A.S.³ » fendait à plus de 8 nœuds  avec un certain plaisir.  Aucune voile ne fut hissée car cela n’était nullement nécessaire, le bateau étant parfaitement stable.

La navigation était  paisible à souhait et les paysages, superbes. C’est réellement le type de météo dont j’avais particulièrement besoin après la météo très maussade que nous avons connue depuis notre départ.

Plus rapidement que je ne l’avais calculé, nous sommes arrivés à notre mouillage pour  14.45 heures ! Le grand calme du plan d’eau a permis la glisse du bateau sans la moindre entrave ce qui explique sans doute cette arrivée plus tôt que prévu.

Si  l’eau est turquoise, elle est aussi relativement laiteuse et fraîche. Malgré tout,  cela fut un réel plaisir de s’y baigner … dommage de n’avoir pu voir le fond qui n’était qu’à  8 mètres ! Ceci ne m’a pas empêché d’aller vérifier la bonne tenue de l’ancre … en apnée ! Le plus dur n’a pas été de descendre jusqu’au fond mais de suivre la chaîne  jusqu’à son ancre …

« Obione » est arrivé au mouillage  un peu avant 19 heures … dans un noir d’encre ! Cela ne l’a pas motivé particulièrement à recommencer l’expérience …

Outre nos deux bateaux, il y avait également au mouillage, deux catamarans ainsi que trois bateaux à moteur  pas très grands.

Dimanche 25. – Scawfell Island – Whitsunday Island : 59 NM.

Comme la veille, réveil à 5 heures du matin et ancre relevée avant 6 heures. Il faut bien reconnaître que c’est nettement moins de travail de quitter un mouillage qu’une marina …

Si la météo avait annoncé une réapparition du vent en cours de journée avec une poussée de fièvre jusque 20 nœuds, il nous a été impossible de marcher à la voile … par faute de vent !!

Arrivés dans le « défilé » qui mène au mouillage de « Cid Harbour » de « Whitsunday Island », nous avons bénéficié d’un fort courant portant qui nous a permis d’atteindre le mouillage, à marée basse,  un peu après 13 heures : distance parcourue 59 milles nautiques.

Avez-vous remarqué que j’écris tantôt « Whitsunday Island » et tantôt « Whitsunday Islands ? Je me dois de préciser que parmi les « Whitsunday Islands » … il ya une île qui se dénomme « Whitsunday Island ».

« Obione » pour sa part, a préféré ne pas tenter le coup, de peur d’une arrivée dans le noir et nous ne pouvions que partager ses craintes. Aussi, à mi-chemin, a-t-il jeté l’ancre  à « Goldsmith Island » qu’il n’a pas trouvé terrible et où il était tout seul.

Par la suite … et de jour, une arrivée de nuit ne nous a pas paru poser le moindre problème ! Même le sentiment donné par la cartographie d’avoir à zigzaguer entre les îles pour atteindre le mouillage, s’est révélé très fortement exagéré.

Venant par le Sud, nous n’avons quasiment pas vu de bateau jusqu’à hauteur de la marina hors de prix  de « Hamilton Island » (une des seules îles habitées) ! Il semblerait que tout le monde cabote davantage plus au Nord …

La région est réellement magnifique avec ses nombreux  îlots  à perte de vue. Bien entendu, il faut que le soleil soit présent car sous la pluie, ces mêmes paysages peuvent paraître plus lugubres qu’autre chose  …

Le petit « hic » avec ces réserves naturelles c’est que bien entendu il n’y a aucun moyen de se débarrasser de  ses ordures ménagères et que cela fait presqu’une semaine que nous les trimbalons  !! En nous renseignant auprès de quelques autres bateaux, nous tombons sur un très sympathique Australien (ketch jaune dénommé « Samara ») qui nous propose de nous les prendre car demain, sa femme doit reprendre le travail.

Notre mouillage est ceinturé sur trois côtés, de collines boisées  qui nous font penser au Canada  que j’avoue n’avoir jamais encore visité … mais que diable, nous regardons la télévision !

Au fur et à mesure que l’après-midi s’écoule, nous voyons le nombre de bateaux au mouillage augmenter pour atteindre la vingtaine ! Mais la place est immense et pour autant que l’on ne vienne pas jeter la pioche juste sous notre nez, tout ce petit monde débordant de joie de vivre, apporte un peu d’ambiance à l’endroit.

C’est le genre de mouillage que j’apprécie tout particulièrement  parce que l’on si sent protégé et que la nature y est splendide et verdoyante.  Décidément, l’Australie me fascine et s’il n’y avait l’éternelle question des distances, j’en ferais mon petit paradis ! Réaliste, je ne suis pas convaincu que ma vue du paradis serait partagée par tout le monde …

Alors que nous avions pensé passer notre soirée à regarder un bon DVD …  nous sommes finalement allés nous coucher pour 20 heures !!

 

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