Publié par : Ann & Stéphane | 14 mai 2014

22.04 au 13.05.2014 – Carénage mouvementé à Bundaberg.

Mardi 22.

Nous avions rendez-vous pour 11 heures mais bien évidemment, l’horaire était modifié par le responsable du chantier, en dernière minute pour 9.30 heures. Soit …

C’est incroyable de relever qu’après presque 6 mois d’encroûtement en marina, je ne me rappelais plus qu’il fallait mettre en route le groupe électrogène pour faire fonctionner les propulseurs … honte sur moi ! Et je ne vous parle pas de mon cafouillage entre les manettes du propulseur avant et arrière … de quoi être gêné pour le restant de ma vie !

A 9.30 heures, nous démarrons de notre emplacement et nous nous présentons en marche arrière à la grue que nous n’atteindrons jamais !! Pas assez de fond (2.30 m) … il nous fallait encore parcourir une petite trentaine de mètres.

Retour à la case départ … le temps que la marée monte !! Nous ne sommes pas retournés à notre emplacement mais nous nous sommes amarrés au ponton diesel dont nous ignorions l’existence !!! Nos pensions jusque là qu’il fallait aller plus loin … là où tous les bateaux de pêche font le plein. 

A 11.30 heures, nous avons recommencé notre manœuvre d’approche sans la moindre difficulté même si j’ai eu l’impression de glisser un fil dans le chat d’une aiguille. Le bateau étant presque aussi large qu’un catamaran (5.65 m), on se demande à chaque fois si l’espacement sera suffisant. Mais selon Michel de « Obione » (Trismus 37′), je manœuvre « S.A.S.³ » comme une Dinguytoys  … le vil flatteur.

En jouant des propulseurs et de ma marche arrière, Ann et Michel  en ont été quasiment réduits à jouer les spectateurs. Il n’empêche que j’ai été super heureux qu’ils soient là tous les deux car il m’était impossible de quitter ma barre et mes manettes. 

Premier petit couac, le responsable du chantier a voulu obstinément que je retire mes couvertures de coque que nous avions placées à hauteur des doubles sangles arrière. Selon lui, le bateau risquait de glisser dans les sangles à cause des couvertures … jamais entendu une telle ineptie mais il a bien fallu que je m’incline.

Second couac, ce dernier  a encore tenu à ce que nous retirions le pataras !!! Il s’agit de notre 3è carénage et jamais, je n’ai enlevé notre pataras … mais pour une fois, je dois reconnaître que c’était nécessaire car il a dû monter le bateau tellement haut que c’est la bôme qui venait quasiment en butée de la poutre centrale du lift !!

Alors que la bateau était encore sur l’aire de carénage, nous avons  descendu notre chaîne de 14 mm (100 mètres) avec le guindeau, directement sur une palette de bois que le clark du chantier a chargé dans le pick-up de la marina et zou … Ann et Michel allaient déposer le paquet à une société de « Bundaberg » pour galvanisation. Si ce n’est pas de l’organisation cela … à mettre à l’entier crédit d’Ann.

Pour ma part, je suis resté à surveiller le carénage de la coque qui a pris environ 2 heures.

Petite mauvaise surprise: j’avais attiré en son temps, l’attention de l’architecte de notre bateau sur le fait récurrent que les lignes de flottaison de tous les voiliers étaient placées toujours trop bas. Je crois qu’il m’a écouté mais pas suffisamment puisque le tiers arrière de la coque descend plus profondément que la ligne de flottaison dessinée ! Grrrrr …

Cela fait depuis plus de trois ans que je m’énerve sur cette question sans jamais avoir pris le taureau par les cornes. Résultat des courses: je dois périodiquement gratter une « couronne de bernacles » à l’endroit où la coque ne comporte aucun antifouling.

Jusqu’à présent, j’ai toujours profité d’une eau claire pour réaliser ce petit travail sauf qu’à la marina de « Bundaberg », je n’ai pas eu le courage de me mettre à l’eau pour enlever ces sales bêtes. Ce que j’ignorais c’est qu’après plusieurs mois, ces infectes bestioles se sont tellement incrustées dans la peinture que cette dernière est partie avec les bernacles quand on les a enlevés !! Si j’ai donc un conseil à vous donner … retirer les bernacles de votre coque de manière aussi régulière que possible sinon gare aux dégâts.

Le bateau a ensuite été placé dans une sorte de grande cabine de peinture à ciel ouvert où il devrait être procédé à quelques retouches de peinture. Dans l’ensemble, la peinture de coque tient bien mais toutes les zones exposées au soleil suivant un angle compris entre 90° et 45° comme les ailes de la jupe ou l’extérieur de l’arceau arrière, prennent de plein fouet les rayons solaires et la peinture «  s’use » anormalement malgré son vernis protecteur !

Le soir, nous avons profité d’avoir encore le pick-up de la marina pour aller manger en ville. Question ambiance, animation … zéro pointé. Tout est fermé et désert !! Selon certains jeunes français rencontrés sur place, il y a moyen de trouver des endroits très animés mais ils sont super discrets, ce n’est pas possible autrement. Les jeunes français sont très nombreux en Australie. Ils viennent essentiellement pour apprendre l’anglais en vivant de petits boulots comme les cueillettes de fruits.

En tous les cas, pour deux vieux retraités comme nous, le seul endroit où on peut encore manger « local » après 19 heures, c’est … Mac Do. Amusant de relever qu’en Belgique, il ne me venait jamais à l’idée d’aller manger chez Mac Do (tout au plus, un Pizza Hut) et que depuis que nous sommes partis, je pense que nous connaissons tous les Mac Do des endroits visités !

Mercredi 23.

Après une nuit relativement bonne malgré l’absence d’air (le bateau est littéralement enfermé dans un box) et d’air conditionné (le refroidissement se réalise par le pompage d’eau de mer …), nous avons défini avec le responsable du chantier, la liste des travaux à exécuter … le verdict est tombé comme un couperet: 20 jours de travail !! Enfer et damnation, nous allons déguster un maximum et cela commence déjà: il fait étouffant dans le bateau.

Bien entendu, nous pourrions quasiment tout faire nous-mêmes. Bien entendu, nous l’avons toujours fait sur nos précédents bateaux. Bien entendu, la facture risque d’être salée. Mais nous ne sommes plus aussi jeunes et surtout, nous ne disposons pas du matériel adéquat … et puis, et puis, le bateau est drôlement plus grand que notre ancien 43′ et nous nous crevons déjà à la tâche, toute l’année lorsqu’il est à l’eau. Ce sera notre petit « luxe » à nous.

Partout où porte mon regard, ce n’est que ponçage, ponçage et encore ponçage. Amusant de penser que l’on dépense des fortunes à peindre nos bateaux  pour que d’autres par la suite, s’échinent à vouloir retirer cette même peinture ! Et, il s’agit d’un éternel recommencement.

Le chantier est plein d’animation, de bruit et d’activités. Cela circule dans tous les sens et il s’agit d’être très prudent lorsque l’on se rend d’un point à un autre sous peine de se faire renverser par tout ce qui est imaginable de rouler. Quand j’étais tout gamin, j’adorais regarder les ouvriers travailler à la maison. Il faut dire que ma mère avait un peu la marotte des transformations …

Jeudi 24.

Assez étonnamment, nous avons toujours deux jeunes qui travaillent sur notre bateau et cela souque ferme de 7 heures à 15.30 heures car à 16 heures, le chantier retrouve d’un coup, son calme.

Par contre, nous nous rendons vite compte qu’il nous faut rester à bord car sans cesse, notre assentiment est réclamé. Notre « toilettage de printemps » est nettement plus conséquent que lors des deux premiers carénages et  il nous faut songer – notamment – à changer les tubes hydrolubes de l’axe d’hélice.

Vendredi 25.

Comme ce vendredi est jour férié en Australie (Anzac day), nous avons décidé avec Michel de « Obione » de profiter de ce long week-end pour visiter « Fraser Island » située à 120 kms. plus au Sud.

Partis dans le courant de la matinée avec « Mathilda » (la voiture de location de la marina), nous sommes arrivés à  « Hervey Bay » vers midi. Ann nous avait choisi un appart-hôtel ***** situé à front de mer … une splendeur ! Mais qu’est ce que l’on s’habitue  vite au luxe … c’est marrant mais c’est plus difficile en sens  inverse !

Un peu fatigués par la longue route, le changement de climat, les nouveaux espaces à explorer, nous avons farniente au bord de la piscine en plein air … un régal.

Décidés d’aller nous coucher comme les Australiens c’est-à-dire avec les poules, nous avons été manger des tapas à quelques dizaines de mètres de notre hôtel pour ensuite nous plonger dans un sommeil réparateur. Notre sommeil aurait sans doute été plus réparateur si tous ces lits australiens n’étaient pas montés sur un trampoline ! Incroyable … il suffit de se retourner dans le lit pour que votre conjoint se retrouve collé au plafond !

Samedi 26.

Levés comme les Australiens c’est-à-dire avec les poules, nous avons sagement attendu le bus de « Fraser Explorer Tours » dans le hall de l’hôtel. Petit moment d’angoisse lorsque l’heure du rendez-vous s’est écoulée sans voir personne mais avec un peu de retard, notre « tout terrain » est malgré tout apparu. C’est idiot mais je me suis très bien vu passer la journée alangui le long de la piscine …

Si je pensais stupidement que nous serions seuls ou en petit nombre … c’était râpé ! Le bus d’une quarantaine de personnes était « full ». Direction toute, vers le bac qui relie le Continent à « Fraser Island ».

Au bac, il y avait déjà du monde et deux autres autobus … qui ne prirent pas le bac, pas plus que le nôtre d’ailleurs !! Vous imaginez déjà l’angoisse naissante de votre serviteur: allait-on devoir faire la petite excursion à pied ???

Comme une pancarte indiquait clairement qu’il fallait faire attention aux crocodiles que l’on pouvait rencontrer dans cette zone, je me suis abstenu de me pencher au bastingage durant la traversée …

Traversée d’une bonne demi-heure qui nous a menés sur la rive d’en face, à un débarcadère de type « africain ». Tout de suite, on était dans l’ambiance … Déjà sur le bac, j’avais vu tous les propriétaires de 4×4 dégonfler leurs pneus pour une meilleure adhérence sur le sable mou.

Le pied sur la berge, nous prenions place dans un autre bus « tout terrain » conduit de main de maître par notre chauffeur/guide. C’est bien la première fois que le chauffeur joue en même temps le rôle de guide …

Vous allez dire que je n’ai jamais rien vu dans ma vie mais … un tel as du volant ! Tout en tenant le crachoir sans jamais l’abandonner, nous montrant d’une main ceci ou cela, il était pied au plancher sur un chemin de sable mou, orné de profondes ornières,  zizaguant entre les arbres, dévalant des côtes abruptes, survolant les terribles montées, poussant quasiment dans le ravin tous les 4×4 qui se trouvaient sur sa route … c’était dantesque mais tellement magnifique ! Je suis plein d’admiration pour ce quinquagénaire qui a certainement dû passer une partie de sa vie en Afrique … mais jamais je ne lui confierais ma voiture.

Si je n’ai malheureusement pas compris un traître mot de tout ce qu’il nous a raconté, j’ai quand même saisi qu’il était question de « dingos » à toutes les lignes. Je nous voyais donc déjà entourés par des meutes terrifiantes de « dingos » attendant après leur dessert  … alors qu’en fait, nous n’avons vu qu’un pauvre chien errant sur la plage sans doute abandonné par un touriste peu consciencieux. 

Mouais, bon, ok … nous en avons vu un autre à hauteur du débarcadère juste avant d’embarquer mais bon pas de quoi fouetter un chat …

A « Central Station », nous avons eu droit à l’arrêt pipi et  à la visite des lieux. Vous décrire ce que j’ai vu, m’est un peu difficile car j’ai passé le plus clair de mon temps à  fixer obstinément mes jambes et mes bras pour éviter d’être totalement sucé de mon sang. Tous les participants ressemblaient à des pantins désarticulés, gesticulant en tous sens sous l’assaut des milliers de dards leur perforant la peau … un vrai massacre ! Une odeur de sang flottait dans l’air et après que toutes les mitrailleuses se soient tues … je me suis réveillé de mon cauchemar dans le bus.

Après avoir traversé l’île de part en part, nous nous sommes retrouvés sur une autoroute de sable bordée par la mer d’un côté et par les dunes, de l’autre. Notre chauffeur/guide s’est alors lancé à brides abattues, dans une course éperdue.

Venant en sens inverse, des dizaines de 4×4 dont on n’était jamais certain qu’ils trouveraient de la place pour nous croiser sans encombre …âmes sensibles s’abstenir !

Premier arrêt  à l’épave du « SS Maheno » … tragique histoire que celle de ses 40 marins et 12 familles dont 5 bébés qui périrent lors d’une nuit de tempête suite à une tragique erreur de navigation du Capitaine qui était saoul comme une barrique. Bon, ben, non … l’histoire est moins « romanesque » et je suis sûr que vous allez être déçus … vampires que vous êtes. Le « SS Maheno » était destiné à la casse et était remorqué jusqu’au Japon lorsque la remorque s’est brisée …pendant un cyclone !

Le second arrêt fut à hauteur d’un petit avion de tourisme de 7 places qui proposait une ballade aérienne avec décollage/atterrissage sur la plage. Une douzaine de candidats se sont portés volontaires … perso, le pilote me semblait légèrement dépressif et j’ai donc préféré m’abstenir.

Comme il était vivement déconseillé de se baigner en mer en raison de la présence de « Grands Blancs » (!!), tous les Australiens vont se baigner dans une petite rivière qui se jette dans la mer non sans créer  dans le sable, une superbe marre à canards (« Eli Creek ») au niveau de la plage.

Après nous être restaurés très correctement à « Eurong Beach Resort », nous sommes partis pour  « Lake Mckenzie ». Magnifique endroit que nous aurions préféré découvrir en matinée lorsque le soleil était encore haut dans le ciel …

Fourbus mais tellement heureux de notre journée, nous avons rejoint notre hôtel vers 18.30 heures.

Dimanche 27.

Après un détour par la très belle marina de « Hervey Bay », nous sommes allés manger un bout à « Bargara » avant de rentrer au bateau où à notre plus grand étonnement, ils sont venus travailler durant notre absence !

Le soir, je subissais un début de sciatique !  Je ne vous parle pas de la nuit que j’ai passée … Comme j’ai été opéré d’une hernie discale il y a quelques années, j’ai immédiatement pensé que je m’en tapais une seconde !! Je voyais déjà l’arrêt du carénage, le cargo, la famille en larmes …

Lundi 28.

Bourré d’anti-inflammatoires, j’ai survécu à cette terrible journée au fin fond de mon lit. Et alors, et alors … qu’est-ce qu’on dit ?  … Oooh le pauvre, il a dû souffrir. Comme j’ai pitié de lui ! Mon Dieu que je ne voudrais pas être sa place. Quel malheur !  … Et alors, et alors … la suite ???

Je suis convaincu qu’il n’y en a pas un pour valoir l’autre et que dans le fond, certains ont même pensé qu’il existait une Justice divine pour les trop chanceux. Ingrats.

Quand le Capitaine n’est pas à sa barre, les souris dansent ! Pas le moindre ouvrier à voir à l’horizon … ils en ont tous profité pour travailler sur d’autres bateaux !  Cette journée de travail perdu nous coûtera 534 Aus. $ car à cause d’elle, la mise à l’eau sera finalement reportée du vendredi au mardi suivant !! Pas perdu pour tout le monde bien évidemment …

Mardi 29.

De retour à la timonerie, nous avons battu le rappel des troupes et après un temps mort, nous avions à nouveau du monde à bord.

« Obione » est parti ce matin, à l’eau à la plus grande joie de Michel. Le veinard …

Mercredi 30.

Nous ne risquons pas d’oublier ce jour funeste …

Alors que le chef de chantier était à bord, Ann souhaite lui montrer un détail sur notre jupe arrière. Je la vois donc descendre sur la jupe, perdre son équilibre et partir en arrière vers le vide ! C’est la dernière vision que j’ai eue d’elle du cockpit où je me trouvais. Cette image risque de me hanter encore quelques temps tant je me suis rendu compte comme cette image furtive aurait pu très bien être la dernière que j’aurais conservée de mon épouse vivante … frissons garantis.

Lorsque je me suis précipité vers l’escalier, Ann gisait par terre, au pied de celui-ci, une petite flaque de sang sous la tête ! Par bonheur, elle était parfaitement consciente et la première chose que je lui ai prodiguée comme conseil, était de surtout « ne pas bouger » ce dont elle était parfaitement consciente pour avoir suivi les mêmes cours de secourisme plongeur que moi.

Une ambulance fut immédiatement appelée et notre ami Michel, appelé à la rescousse.

Dix bonnes minutes plus tard, l’ambulance arrivait et après les questions d’usage posées à Ann qui par chance, comprenait l’anglais des ambulanciers … nous sommes partis, suivis par Michel qui entre-temps s’était procuré « Jessica » l’autre voiture de location de la marina, jusqu’à l’hôpital de « Bundaberg ».

Après auscultation par le médecin de service et radios, le diagnostic tombait dru: vous ne pourrez plus avoir d’enfants ! Mouais, bon, d’accord, je vous charrie un peu là mais parfois il vaut mieux en rire. Le vrai diagnostic était « omoplate gauche cassée » … certainement un mois, le bras en écharpe et au repos. Ann s’en tire à très bon compte même si bien entendu nous aurions tous les deux préféré que rien de tout cela ne soit arrivé.

Les accidents de ce type ne sont pas très rares … je pense notamment à  Jean de « Yack » à qui nous adressons toutes nos amitiés.

Évidemment après un accident de ce type, plus question que Ann remonte avec son bras en écharpe, sur le bateau tant que ce dernier est au sec. Nous sommes donc allés nous installer jusqu’à la fin des travaux de carénage, au petit motel de « Burnett Heads ».

Jeudi 01.

Le 1er mai n’est pas un jour férié en Australie … encore heureux car le mois d’avril fut déjà assez riches en jours de congé.

Difficile voire impossible de ne pas venir tous les jours au chantier pour donner ses instructions et surveiller l’avancement des travaux. En règle générale, les ouvriers du chantier travaillent très bien mais ils doivent parfois faire face à des situations complexes dont nous sommes les seuls à en comprendre les tenants et aboutissants. « S.A.S.3 » est tout sauf un voilier « conventionnel » … son électricité et son électronique sont – notamment – particulièrement élaborées.

Bien évidemment, tous les ouvriers n’ont pas le même niveau de compétence et lorsque le « manday de service » masque avec du papier les antennes du portique arrière que nous faisons repeindre, il ne fait pas attention aux fils dénudés des haut-parleurs extérieurs qu’ils repoussent sans précaution à l’intérieur de la structure … créant une superbe fuite à la masse qu’il me faudra plus de 24 heures pour découvrir ! Je ne vous raconte pas mon angoisse que jamais personne ne découvre l’origine de la fuite à la masse … l’électricien du chantier n’a pas encore eu réellement l’occasion de montrer toutes ses compétences mais j’ai quelques doutes à son sujet. Déjà que j’avais malgré tout, été un peu secoué avec l’accident de Ann …

Comme il me faut rendre à César, ce qui appartient à César, je précise avec beaucoup de plaisir que c’est Ann qui durant la nuit, a pensé que la fuite à la masse pouvait provenir des fils des haut-parleurs. C’est qu’elle finira par devenir meilleure que moi en ce domaine également !!

Ce qui me tape prodigieusement sur les nerfs surtout depuis que nous ne vivons plus à bord c’est que les ouvriers sont en cavale permanente … toujours à un endroit et puis à un autre, laissant derrière eux, un travail inachevé ! Si je pouvais, je les enchaînerais à la coque …

Vendredi 02.

Si Ann souffre encore de ces nombreuses contusions, elle est partie ce matin, avec nos amis australiens de « Bargara », Pam & Brian, qui de manière tout-à-fait adorable, lui ont proposé de la conduire à « Bundaberg » et de l’aider à régler le problème administratif de ses frais d’hospitalisation. Tout le monde s’accorde à reconnaître que les Australiens sont adorables avec les étrangers. Il en résulte que bien que je ne parle pas l’anglais ce qui m’handicape beaucoup, je songe de temps en temps prolonger notre séjour en Australie …

En le même registre, nos têtes lorsque hier en fin d’après-midi, la marina faisait porter à Ann, à notre motel, des fleurs avec leurs vœux de prompt rétablissement !

Samedi 03.

Même quand on finit par s’attendre à tout, cela surprend … ils étaient quatre à emmailloter le bateau de la tête au pied  et tout cela, un samedi !!  Je vous jure … quand on aimerait qu’ils travaillent un peu plus, ils jouent les filles de l’air et quand au contraire, on pense avoir son week-end pour bricoler à son aise, ils sont là !!

Avec tout cela … plus moyen d’entrer dans le bateau !! Quand je vous disais qu’ils emmaillotaient le bateau de la tête au pied … ils ont même totalement emballé la bôme !!

Comme je n’allais pas me plaindre que les travaux connaissaient enfin un coup d’accélérateur, je n’ai rien pu faire d’autre que de retourner au motel, retrouver Ann qui se remet lentement de sa terrible chute.

Durant la nuit, nous avions droit à une chute spectaculaire … des températures (15°) en raison d’un front froid enveloppant toute l’Australie. Je suis convaincu qu’en me lisant, vous vous attentiez une fois de plus à un autre « fait divers » truculent. Ben non  … désolé de vous décevoir !

Dimanche 04.

Si le miracle s’est produit hier, il ne fallait tout de même pas croire qu’ils travailleraient un dimanche … non, quand même … on n’en est plus à l’époque du bagne. Côté « bonnes nouvelles », la delphinière, l’arceau arrière et les deux ailes de la jupe ont été mis en peinture.

Nous avons donc passé notre journée au lit … à regarder la télévision. Nous connaissons toutes les séries, tous les jeux, toutes les publicités, tous les présentateurs … et comme si cela ne suffisait pas, le moindre fait divers ou accident de la circulation survenu dans la région,  passe en boucle ! J’ai ainsi vu la même petite vieille se faire renverser 7 fois … c’est tout simplement assommant.

Outre la publicité agressive  à outrance, la télévision australienne est horripilante en ce qu’elle répète inlassablement ses bandes annonces  … la même bande annonce passera ainsi trois à quatre fois sur la même soirée !

Pourquoi ne pas en avoir profité pour aller se promener ?  Tout simplement parce que si Ann se déplace, son bras la fait souffrir assez rapidement.

Lundi  05.

Alors que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner le travail de peinture, le peintre a décidé de tout recommencer … consciencieux le type !

Je savais par avance que je n’aurais pas accès au bateau … et je me suis trompé une fois de plus ! Une petite ouverture avait été réalisée dans l’ensemble des bâches, plastiques, papiers qui recouvraient tout le pont.

Ceci m’a permis de travailler à notre vanne de WC qui une fois de plus, était bloquée. Quel bonheur de pouvoir à nouveau se retrouver chez soi … mais quel boulot que de démonter totalement cette foutue vanne. Le meilleur de l’histoire c’est que quelques jours plus tard, je remplaçais  carrément la vanne  par une nouvelle !

J’aurais bien continué à bricoler mais l’escalier avait été retiré rendant l’accès au bateau,  assez peu aisé et d’autre part, j’entendais de l’intérieur que le peintre était en train de mettre au pistolet, la seconde couche d’antifouling et j’avais peur de ne plus pouvoir descendre du bateau.

Je suppose que les températures autorisent cette manière de procéder à moins que ce ne soit le résultat d’une peinture au pistolet mais sur la même journée, le chantier a mis le primer et les diverses couches d’antifouling !!

Mardi  06.

Aidé par Michel de « Obione », nous avons été chercher notre chaîne d’ancre (100 m. de 14 mm) que nous avons fait galvaniser à  « Bundaberg ».  Pour un coût de  510 Au$ (335 €), nous avons trouvé que cela aurait été une erreur de nous en priver.

Il faut bien reconnaître que la possibilité de louer le pickup (« a suv » en anglais) de la marina, prénommé « Shazza », constitue également une opportunité bien agréable. Un des points forts de la marina constitue en la possibilité de louer à de très bonnes conditions, un des trois véhicules mis à la disposition des plaisanciers … à la seule condition qu’il s’agisse de courts trajets.

Entre-temps, le peintre avait recommencé son travail.

Mercredi  07.

On avance … je vous assure que l’on progresse  … lentement, j’en conviens  … très, très lentement même mais  on verra la fin de ce carénage encore cette année. Promis, juré, craché.

La preuve de ce que j’avance … la couche de poussière sur le pont et à l’intérieur du bateau est passée de 2  à 3 cm. Bien que tout soit « hermétiquement »  fermé, la poussière a envahi tout l’intérieur du bateau !

Le bateau sera-t-il remis à l’eau avant ou après le week-end est en fait, la vraie question que nous nous posons aujourd’hui ! Comme Ann doit se présenter à l’hôpital, lundi à 13 heures … oh ! sorry ! … at 01 PM.  la remise à l’eau sera le cas échéant, postposée au mardi.

Du côté de la marina et malgré une météo très clémente, c’est le calme absolu depuis que le bateau a été sorti de l’eau ! Quasiment pas de nouveaux arrivants, pas de mouvements significatifs … c’est le désert aquatique !  Je me pose la question de savoir si la météo clémente n’incite pas justement les plaisanciers à naviguer de nuit et à faire l’impasse sur « Bundaberg ». Cela pourrait être une explication. 

Jeudi  08.

Comme il avait été annoncé et que je le craignais, « S.A.S.³ » a été  déplacé en vue de libérer la cabine à peinture pour un autre bateau. Comme il y a lieu d’être « positif »,  cela permettra de traiter correctement les parties de la coque couvertes jusqu’à présent, par les patins des madriers qui calent le bateau.

Toute l’opération leur a pris trois bonnes heures de travail  sans oublier les risques inhérents à ce type de manœuvre.  Perso, je trouve que l’autre bateau aurait pu attendre un jour ou deux de plus et éviter d’avoir à prendre tous ces risques.

Si vous êtes fidèle lecteur, vous vous rappellerez que lors de notre carénage en Jamaïque, nous avions connu des problèmes d’adhérence de l’antifouling Trilux 33 d’International.  Furieux à l’époque du glissement de la peinture sur la coque, je m’étais décidé à ne plus jamais utiliser cet antifouling d’autant que la réaction d’International avait été décevante.

S’agissant d’une coque en aluminium, notre choix est assez restreint et de surcroît, je me suis laissé convaincre par le chantier, que nous ne connaîtrions pas ce genre d’incident avec eux …

Vous aurez déjà compris que nous connaissons exactement le même problème alors que pourtant nous avons mis un primer cette fois-ci  et que toutes les précautions possibles semblaient avoir été prises. Seule consolation … la couche d’antifouling étant bien moins épaisse que lors du carénage précédent, les dégâts sont nettement moins importants mais bien évidemment, le bateau doit encore être mis à l’eau … Vous connaissez l’adage : « nul n’est prophète en son pays … » !

Un reproche que j’adresserais au chantier, consiste à toujours rejeter systématiquement la faute … sur le bateau, bien entendu. C’est d’autant plus « mesquin » et peu commercial  qu’à chaque fois, j’ai pu démontrer que le bateau n’y était pour rien. Est-il nécessaire de préciser que ce n’est pas ce type d’attitude qui me pousse à vous recommander ce chantier …

Vendredi  09.

Imaginons que quelqu’un vous ait embouti votre porte de voiture  … vous n’aurez d’autre choix que de porter celle-ci  en carrosserie. Lorsque vous allez rechercher votre véhicule, accepteriez-vous  de retrouver votre voiture sale  et dégueulasse … sauf la porte réparée !!  C’est pourtant ce à quoi nous avons eu droit après la remise en peinture de la delphinière, des ailes et du portique.

Par contre, il y a lieu de signaler l’excellence du travail de peinture réalisé.

Lorsque vous confiez  au « pro » du polish du chantier, le soin de votre coque … que pensez-vous lorsque ce dernier ne termine pas son travail et jette l’éponge sous prétexte qu’il est impossible de faire un beau travail !!

Je suis le premier à reconnaître que nettoyer une coque bleue marine relève de la « mission impossible » lorsque le soleil prend un malin plaisir à faire ressortir les traces de passage de votre loque mais quand même, on termine son travail. Et puis, mon copain « Hulk » de Jamaïque y était très bien arrivé …

Comme si  cela ne suffisait pas, l’électricien revenait  pour la 4è fois (!!)  pour essayer d’en  finir avec son installation de deux spots supplémentaires sur le portique … manque de pot, cette fois c’était l’un des spots qui était défectueux et provoquait une terrible fuite à la masse !

Si j’avais su, j’aurais moi-même installé ces foutus spots … jamais vu une équipe d’électriciens aussi  incompétents. Cela dépasse l’entendement.

Vous l’aurez compris … ce n’était pas ma journée et insensiblement, la moutarde m’est montée au nez. Pour ne pas exploser un bon coup, je me suis lancé dans un nettoyage à grandes eaux de tout le pont.

Malgré ma fatigue et mon mal de dos, j’ai passé ma soirée, ma nuit et je me suis réveillé le lendemain matin … en maudissant le chantier !

Si  dans l’ensemble, le chantier mérite son excellente réputation,  je déplore  un manque flagrant d’organisation, une mauvaise foi qui me fait à chaque fois, grimper à l’arbre  et une facturation sujette à discussions : après réclamation, Ann a fait rabattre le montant final de 1.104 Aus.$ (748 €) et encore, elle s’est limitée aux postes flagrants !

Samedi  10.

Infatigable,  « Harley » est arrivé à 5 heures du matin pour monter dans notre mât y réaliser un petit travail qui nécessitait d’ouvrir la tête de mât ! En fait, cela fait depuis trois semaines que chaque jour je l’interrogeais pour savoir quand il réaliserait ce petit travail. A chaque fois, il me répondait « tomorrow morning ». Stupide que je suis, je n’avais pas correctement traduit  que cela signifiait … « samedi 10 mai » … suis-je bête tout de même !

M’a également sérieusement mis les nerfs en pelote celui-là avec son « tomorrow morning ». J’ai même fini par penser que ce jour là n’arriverait jamais ! Si seulement je savais « causer » anglais, je pense que je lui  aurais expliqué ce que j’en pensais de son « tomorow morning » …

En finale, je ne sais pas comment il s’y est pris car la nacelle du chantier n’était évidemment pas assez grande que pour atteindre notre tête de mât. Selon Michel de « Obione », il s’est aidé des marches qui équipent la tête de mât, pour atteindre le sommet !! Pour ma part, je dormais à ce moment-là. Par trois fois, j’ai quitté notre motel aux aurores pour être présent aux opérations mais après j’en ai eu marre.

Dimanche  11.

Il n’y a pas assez de 24 heures dans une journée pour réaliser toutes les petites choses que l’on a inscrites sur sa liste des « choses à faire ».

L’envie de  polisher notre franc-bord m’a démangé  mais  le système d’échafaudage du chantier est tellement dangereux que je ne m’y suis pas risqué.

Lundi  12.

Il nous a été proposé de mettre le bateau à l’eau, ce lundi matin à 7 heures (nous devons impérativement avoir une marée haute en raison de notre tirant d’eau  …).

Le « hic » est que nous avions demandé au chantier d’au moins laver avant la mise à l’eau, le franc-bord sali par mon nettoyage de pont du vendredi.  En toute bonne logique, le pont aurait dû être nettoyé avant  le franc-bord mais cela supposait une organisation dont le  chantier est tout simplement incapable !

N’aurais-je pas pu réaliser ce nettoyage du pont plus tôt ? Non … parce qu’en principe, le chantier s’en chargeait  et d’autre part, parce que « Paul » avait commencé  à polisher la coque !!

A 14 heures, nous avions la confirmation par le médecin de l’hôpital de « Bundaberg » que la fracture d’Ann était en voie de consolidation et qu’elle pouvait à nouveau travailler. Enfin … je n’ai pas compris grand-chose à sa consultation mais cela, j’ai bien compris. Fini les câlins et les petits caprices … arbeit !

Mardi  13.

Enfin, enfin, enfin, après trois semaines de mise au sec forcée, le grand jour de la mise à l’eau avait sonné.

A 6 heures du matin, nous étions sur pied de guerre car la marrée haute était à 7.17 heures et que nous ne pouvions la rater. Pourtant … personne en vue alors que le chantier était déjà en ébullition !!

Vers 6.30 heures, deux ouvriers se pointent enfin et  commencent seulement à préparer les sangles de levage … le travail a pris du temps et n’était terminé qu’à  7.20 heures !! Je commençais déjà à bouillir …

Comme nous savions tous que l’antifouling posait problème,  les deux ouvriers prennent des précautions incroyables pour poser leurs sangles  sous la coque … mais toujours aucune trace du responsable du chantier !

Lorsque les premières cales sont enlevées, le manque d’adhérence du Trilux 33 est évident ! Ce n’est pourtant pas par manque d’avoir prévenu le chantier que « S.A.S.³ » connaissait des problèmes avec cet antifouling !

C’est le moment que « Brett » choisit pour enfin se montrer. Comme d’habitude, ce n’est pas la faute du chantier, ni même celle du Trilux 33 (!) mais bien du primer posé il y a presque 4 ans sur la coque et alors qu’un nouveau primer sépare l’ancien primer de l’antifouling …

Je n’ai pas pu m’empêcher d’exploser ! Le chantier est totalement incompétent pour des bateaux de la taille de « S.A.S.³ » mais rejette systématiquement ses malfaçons sur le bateau … c’est tellement plus simple.

Las de toutes ces discussions et de cette mauvaise foi crasse, j’ai préféré me taire et laisser partir le bateau à l’eau dans l’état où il était.

Lors du carénage en Jamaïque, la couche d’antifouling était beaucoup plus épaisse et le chantier avait utilisé 4 sangles de levage au lieu de 2 … les dégâts étaient donc beaucoup plus importants et surtout plus visibles sur une coque blanche.

Une fois à l’eau, je respirais à nouveau … notre bateau était loin d’être aussi pimpant que je l’avais souhaité par la faute de « Paul » qui n’avait pas été capable de lustrer le franc-bord mais nous étions à nouveau à l’eau et tout fonctionnait.

Le plus amusant c’est que le responsable du chantier en Jamaïque m’avait proposé en son temps, de déduire un montant que je jugerais raisonnable, de sa facture par suite des problèmes rencontrés avec le Trilux 33 (ce que j’avais refusé car je ne voyais pas en quoi sa responsabilité pouvait être mise en cause) … alors qu’en Australie, non seulement ce n’est jamais de la faute du chantier alors que j’avais alerté le chantier du problème mais de surcroît, si vous n’y faites pas attention, on vous fait payer plus que vous ne devez !

 

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Responses

  1. Stéphane, il faudrait dire à Anne de ne pas gambader tel un kangourou sur une jupe (!) Quant on a le pied marin mais que le bateau n’est pas sur l’eau … cela dit, je lui souhaite un prompt rétablissement et la patience nécessaire pour. Le cousin, Marc.

  2. Prompt rétablissement à Ann. J’espère que la douleur s’atténuera vite.
    Félicitations pour la rédaction des articles. A défaut d’avoir le temps de lire, je lis vos aventures. Cela vaut un roman.
    Ann, j’ai signé un courrier pour toi cette semaine. C’est donc en ordre à notre niveau.
    Bises,
    Catherine

  3. Bonjour, nous vous suivons mais quels sont vos projets ? Et surtout comment va Ann?Nous pensons bcp à elle et vous embrassons affectueusement .
    Tante Guiguy et Pierre


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