Publié par : Ann & Stéphane | 7 novembre 2013

28.10 au 03.11.2013 – Traversée sur Bundaberg (Australie) – 797 milles.

Lundi 28.

Rétroacte : nous avions été invités à quitter la marina pour le dimanche soir !

Nous sommes toujours à la marina « Port du Sud » de « Nouméa » (Nouvelle Calédonie) … eh oui, nous faisons de la résistance !  Nous attendons les « gros bras » qui vont nous mettre dehors mais personne en vue. Mieux même … nous avons averti  ce matin, la Capitainerie que nous partions demain matin et personne ne nous a rien dit !

Nous avons appris par la suite que le Capitaine de la marina était en congé le lundi et qu’il avait oublié d’avertir son second, de l’arrivée de « Plan B » …

Parcours du combattant pour Ann qui réalise les formalités de sortie du pays.  Elle a l’habitude et surtout, Elisabeth lui sert de chauffeur ce qui est plus qu’appréciable puisqu’elle précède à chaque fois,  les nombreux plaisanciers qui eux aussi ont décidé de partir demain matin pour l’Australie essentiellement … mais qui ne disposent pas d’une voiture pour se rendre d’un bureau à l’autre ! Toujours réconfortant de savoir que nous ne serons pas les seuls sur l’eau …

Fin d’après-midi, « Plan B »,  le fameux « 50 mètres » pour lequel nous devions évacuer la marina, fait son apparition et … pas de place disponible pour lui ! O sacrilège ! Nous avions calculé 57 mètres entre notre proue et la poupe de « Che » (catamaran belge de 34 mètres) mais …  un autre catamaran de 47’ a changé de place entre-temps et s’est glissé entre nous !!

En bonne logique, il suffisait de faire bouger le dernier voilier qui occupait encore  la place « habituelle » de  «Plan B » et tout le monde était content. Bien entendu, cela supposait un minimum d’organisation et il ne s’agit pas de qualité première de la Capitainerie qui préférait nous mettre dehors que d’essayer de mieux positionner les bateaux !!

Résultat des courses … le catamaran de 47’ a repris sa place initiale et « Plan B » est venu s’insérer entre « Che » et « S.A.S.³ »  démontrant du même coup que nous avions parfaitement raison de ne pas partir.

Nous ne savons pas grand-chose de « Plan B » si ce n’est qu’il fait 50 mètres et porte un hélicoptère dont j’ai fini par me demander s’il ne s’agit pas d’un leurre tellement celui-ci est emballé ! Au mieux, il ne doit pas voler souvent …

Sur internet, nous n’avons rien trouvé  à son propos et ses aller et venues à la marina demeurent mystérieuses d’autant que nous ne voyons jamais de « guest » à son bord ! Son équipage plutôt braillard et « fiers à bras » ne correspond pas non plus aux équipages des bateaux de charter !

Quant à la relation qui prévaut entre le Capitaine de « Port du Sud » et « Plan B », elle suscite quelques interrogations. En tous les cas, si vous souhaitez une place dans cette marina, il vous suffit de prendre contact (en anglais) avec la Capitainerie, de dire que vous êtes « Plan B » et que vous arrivez deux jours plus tard … et vous aurez droit à être accueilli avec des fleurs par le Capitaine en personne !

Hormis ce petit « désagrément de parcours », je vous invite chaleureusement à venir découvrir la Nouvelle-Calédonie … en ayant à l’esprit que vous n’y êtes nullement attendu ! Le tourisme ne fait pas partie des préoccupations de l’île !

Mardi  29.

Cette fois, c’est le grand jour … nous partons pour « Bundaberg ».

Evidemment, à vouloir jouer les petits malins … « S.A.S.³ »  s’est retrouvé parfaitement coincé entre deux bateaux beaucoup plus large que lui ! Sans nos deux propulseurs, l’opération se serait révélée des plus délicate mais sous l’œil ébahi de notre voisin de derrière, nous nous sommes déplacés parfaitement latéralement jusqu’à nous retrouver complètement  « désincarcérés ».

Petit détour par la pompe à essence de « Port Moselle » où nous avons pris 1.100 litres de gasoil détaxé et vogue la galère … il était 10.30 heures lorsque nous avons quitté la « baie de l’Orphelinat » sous GV et génois arrisé par 18-20 nœuds de vent réel dans le 90°.

J’étais plus tendu qu’une corde de piano et je ne me suis réellement relâché que lorsque nous sommes sortis du lagon par la passe « Dumbea ». Un sérieux fletch dans le lagon et une sérieuse houle à l’extérieur … à tout choisir, j’ai encore préféré la houle !!

Nous avons attaqué cette traversée par une mer agitée et un vent réel de 18 à 20 nœuds dans le 110°. Vitesse dans l’eau : 8 à 9 nœuds. Nous faisions route de conserve avec « Galdue III » (Ovni 35’) que nous avons laissé à l’horizon en milieu d’après-midi.

Première journée de mer … grande fatigue et besoin de retrouver ses marques.

A 20.35 heures, le vent s’était calmé et venait maintenant plein Est c’est-à-dire plein vent arrière. Nous avons donc enroulé le génois, affaler la GV et sorti la trinquette en « tape-cul ».

Il  n’a pas fait chaud durant cette journée pourtant ensoleillée !

Mercredi  30.

A 2 heures du matin, l’alarme de l’Active Echo nous  signale la présence sur zone, de deux bateaux à respectivement  6  et  15 milles de distance. Nous n’en verrons qu’un seul sur notre arrière bâbord et manifestement, il s’agissait d’un bateau de pêche. Pas un seul autre plaisancier à l’horizon …

Au matin, le vent  tombe  à 5 nœuds  de vent réel, la mer est  d’huile et la houle nous fait rouler d’un bord sur l’autre bord … I loooooove Pacifique !

Jeudi  31.

Petite alerte durant la nuit à l’approche d’un grain … qui s’est « dissous » avant de nous toucher !  Ce n’est pas le seul qui nous ait frôlés en se dissipant.

Nuit assez noire en raison de l’absence de Madame La Lune.

Etrangement depuis hier après-midi, la houle s’est faite à ce point discrète que nous avançons quasiment  sans roulis !! C’est tellement rare qu’il faut le signaler.

Il fait superbe et la mer est très belle avec un vent  réel de  5 nœuds.  Nous marchons toujours au moteur à  1.500 tours + trinquette pour une vitesse moyenne dans l’eau de 6,5 nœuds.

Nous attendons pour  17 heures, un vent de SE qui pourrait être assez fort … En fait, dès 14.30 heures, le vent a progressivement tourné vers l’Est et s’est sérieusement renforcé jusque dans les 20 nœuds de vent réel par 90°. Par chance, nous avions anticipé le mouvement en sorte que nous étions toutes toiles dehors avant que le vent ne commence à donner de la voix. Autrement, il aurait été périlleux de hisser la GV avec une mer devenue rapidement très agitée.

Début de nuit plutôt musclé (nous avons pris deux ris dans la GV) avec pourtant une accalmie notable en seconde partie de nuit ! Aussi, au petit matin, nous relâchons un ris dans la GV pour constater que notre petite réparation provisoire n’a pas tenu.

Vendredi  1.

En milieu de matinée, nous avons déjà repris notre second ris. Nous avons eu à faire face à un vent à 90° avec des pointes jusque 28 nœuds de vent réel … autant dire que nous nous sommes sentis vivre ! Cela hurlait à nos oreilles et il faisait de surcroît, c-a-i-l-l-a-n-t … I loooooove Pacifique !

Rien d’autre à faire que de courber l’échine et d’attendre que cela passe. Autre passe-temps apprécié : prier !

Samedi  2.

La météo avait annoncé que ce coup de vent allait tenir jusqu’à  17 heures mais étrangement à  5.30 heures, le vent est passé plein vent arrière en mollissant !! Nous avons donc pris la décision de tout affaler et de marcher au moteur … tragique erreur : deux heures plus tard, le vent repartait dans le 90° – 110° avec une force entre 15 et 18 nœuds de vent réel !! Nous avons bien pensé renvoyer la GV mais nous étions tellement persuadés que cela n’allait pas tenir …

Dans le courant de l’après-midi, le vent mollissait à 11 nœuds et la mer se calmait.  Nous aurions pu mettre toute la toile mais nous avons décidé de poursuivre au moteur, en partie car nous avions peur d’arriver de nuit  à « Bundaberg » …  je continue cependant de penser que nous avons raté une superbe journée de voile mais  « S.A.S.³ » connaissait  une telle stabilité que nous n’avons voulu toucher à rien.

Contre toutes attentes, nous avons eu droit, par deux fois,  à une rencontre avec un troupeau de raies Manta !

Nuit belle mais très fatigante car il s’agissait de garder l’œil bien ouvert  en raison de la présence de nombreux  cargos et de pêcheurs.

Dimanche 3.

Aux premières lueurs du jour (4.30 heures), nous étions en vue de «Bundaberg ».  Deux heures plus tard, nous abordions la courte remontée de la « Burnett River » jusqu’à la marina.

Au cours de cette traversée, j’ai constaté pour la première fois depuis notre traversée de l’Atlantique, un raccourcissement de la durée nocturne, d’environ 2 heures ce qui reste très appréciable.

A notre plus grand étonnement, nous n’avons pas été autorisés à apponter tant que la douane et le service sanitaire n’étaient pas arrivés ! Nous avons donc été contraints de jeter l’ancre à  deux encablures des pontons et de poiroter …

Alors que nous étions quasiment tombés  dans les bras de Morphée, nous avons reçu l’autorisation d’apponter … and shit !

Nous avons eu droit à une fouille complète du bateau (même sous les planchers en coup de sonde !)  de  la part de l’inspecteur sanitaire mais à dire vrai, il n’a pas emporté tous nos vivres  comme on a eu plaisir à nous le raconter  … juste la viande, les fruits et légumes et les œufs … les poussières  du sac aspirateur, la poubelle et … il a failli partir avec les deux ou trois lattes de bois (risque de termites)  que je conserve à bord !

Quant à la douane qui  a si mauvaise réputation, elle nous a demandé de témoigner combien les formalités se sont déroulées sans le moindre problème … ce que j’ai plaisir à confirmer. Et je ne dis pas cela parce que  nos inspecteurs ont été épatés par notre bateau qu’ils ont trouvé en outre, d’une propreté incroyable pour trois ans d’âge !

Vous me connaissez … vous vous intéressez au bateau et vous avez droit à toute ma considération. Vous trouvez que le bateau est beau et vous avez droit à l’apéro qui sera plus ou moins copieux et arrosé suivant  l’épaisseur de la couche de pommade que vous y mettrez. Vous vous extasiez carrément et nous sommes copains pour la vie !

Mes premières impressions ne furent pas les meilleures … Il faut reconnaître qu’en venant de « Nouméa », la marina m’a parue paumée en pleine rase campagne ! Alors qu’en réalité, les installations sont modernes, propres, bien agencées et appelées à devenir un endroit très prisé !

La sécurité du bateau étant primordiale pour nous,  nous avons par contre, été enchantés de l’emplacement qui nous a été réservé. Nous ne sommes pas en tête de ponton comme nous l’aurions souhaité mais en finale, nous en sommes heureux car le bateau est  beaucoup mieux protégé ainsi.

Reste à savoir si « l’espace vitale » dont nous disposons actuellement et qui fait le charme de notre emplacement, ne se réduira pas comme peau de chagrin avec l’arrivée d’autres plaisanciers. Selon les douanes,  jusqu’à l’année passée, six à sept bateaux par jour transitaient par « Bundaberg » (port d’entrée pour l’Australie)  alors que cette année, ce chiffre est retombé à six à sept bateaux par semaine !

Pour certains, « Bundaberg » est un peu à la limite de la zone cyclonique  et nous pourrions jouer de malchance mais que dire alors de tous nos copains qui sont restés en Polynésie française avec le sentiment bien ancré qu’aucun cyclone ne viendra les taquiner !

Pour d’autres, c’est essentiellement le risque d’inondations qui  les pousse à descendre plus au Sud. Dans les faits, il est exact que toute la région en ce compris « Brisbane »,  a connu l’année dernière, de dévastatrices inondations  … comme La Rochelle (France) l’année précédant notre hivernage. Mais à cette suite,  les installations de  la marina ont été renforcées et puis, tout porte à croire qu’on n’assistera pas deux fois d’affilée à un tel scénario catastrophe.

Mais pourquoi  « Bundaberg » ??  … C’est « Ichtus » qui nous a en son temps, fait état de la difficulté de trouver une marina pour nos bateaux et nous a renseigné « Bundaberg ». Sur « Brisbane », seule une marina pouvait nous accueillir mais elle était trop mal située sous un énorme pont d’autoroute et  dans l’axe de la piste de décollage de l’aéroport  …

Les autres marinas sur cette partie de côte australienne, sont également situées à l’intérieur des terres et ne sont pas toujours accessibles pour un tirant d’eau comme celui de « S.A.S.³ »

La présence d’un chantier capable de sortir de l’eau notre bateau, fut également un élément important de notre choix (cfr. nos problèmes de carénage aux Antilles néerlandaises …).

Enfin, nous n’avions aucune envie de descendre plus au Sud jusqu’à Sydney par exemple, non seulement en raison du trajet à parcourir mais plus encore à l’idée d’avoir à le faire en sens inverse lorsque nous aurons à rejoindre « Darwin » situé tout au Nord pour la suite de notre aventure …

Il  faut bien avouer que l’idée d’être avec « Ichtus » a également fait pencher la balance  sauf qu’avec le copain  Jean-Louis, il fallait s’attendre à ce qu’il change plusieurs fois d’avis … ce qui fut le cas.  En finale des finales, son bateau est au sec,  à « Brisbane » dans la marina en dessous du pont et au bout de la piste de l’aéroport  mais  Jean-Louis est retourné pour 6 mois,  en France …

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