Publié par : Ann & Stéphane | 10 octobre 2013

22.09 au 07.10.2013 – Nouméa (Nouvelle Calédonie).

Dimanche 22.

Je ne pense pas avoir jamais aussi bien dormi ! Vous n’imaginez pas ce que peut être un bateau qui ne bouge pas d’un pouce dans un silence où on pourrait entendre une mouche voler à des kilomètres à la ronde … après avoir passé une semaine en mer à se faire balloter de tous les côtés dans le vacarme et la fureur des éléments. Il s’agit bien entendu du préambule nécessaire à une félicité aussi intense. C’est tellement vrai que malheureusement après quelques jours, on n’en ressent plus aucun plaisir particulier et c’est bien triste.

Les instants de profond bonheur sont toujours extrêmement fugaces … comme cette journée que j’ai l’intention de passer dans notre « baisodrome » comme certains visiteurs ont baptisé notre cabine de propriétaire. Nous y avons tout sous la main : la télévision, une excellente Hi-Fi ou un petit bureau d’où j’écris ces quelques lignes … le tout baigné de soleil qui nous parvient par nos 7 hublots !

C’est réellement trop bon … mmmmmmhhh. Cela me fait penser que je n’ai jamais connu nulle part ailleurs que sur « S.A.S.³ »  autant d’instants merveilleux.  Son cockpit central est également un endroit où il fait tellement bon vivre … au point qu’en navigation, c’est  celui que je lui préfère !

«  Fugace » … les vicissitudes de la vie moderne … mon bonheur était  interrompu par la mise en route du groupe, de la machine à lessiver et du déssal, sans oublier le soleil qui en a profité pour jouer les filles de l’air ! Et après tout cela, c’est votre serviteur qui n’est pas un « romantique » selon sa famille !

Ann m’accable souvent de l’adjectif « négatif » car j’ai le très grand tort à ses yeux, de ne pas m’émerveiller stupidement devant tout ce que nous voyons ! Il est vrai que pour moi, toutes les nuances de couleur existent dans la nature en sorte qu’il ne fait pas toujours radieux mais qu’il peut faire simplement ensoleillé,  beau, gris, maussade, couvert, menaçant ou pluvieux. Sur ce point précis de la météo, je me demande souvent si mon épouse et moi sommes allés au même endroit, au même moment !

Cette question me taraude depuis si longtemps que j’ai cherché à lui trouver une explication rationnelle après avoir été convaincu qu’il ne s’agissait pas d’un problème de vue. Et à force de chercher … j’ai trouvé ! En fait, je suis pour Ann, son soleil …

En fin d’après-midi, nous avons assisté à la transhumance des Caldoches en sens inverse : samedi, ils quittaient tous leur marina … dimanche, ils sont tous rentrés au bercail ! J’ai bien eu envie de procéder à une distribution gratuite de chiffon à lustrer tant ils sont tous passés si près qu’ils auraient pu contribuer au nettoyage  de la coque !

Il est vrai que les bateaux de passage ne sont pas légion et qu’aucun Maxi ne semble faire escale à « Nouméa » ! Pour un motif qui m’échappe encore, la plupart des plaisanciers évitent la Nouvelle-Calédonie de même que l’Australie, au profit de la Nouvelle-Zélande. Aussi … « S.A.S.³ » suscite-t-il beaucoup de curiosité … c’est un peu le mini « Maxi » local !

Durant la journée, nous avons bien essayé de nous gaver de télévision mais face aux nombreuses coupures, il a fallu s’accrocher. Alors que le soir et comme par magie, nous n’avons pas eu une seule coupure entre 19 heures et  1 heure du matin !! La télévision TNT conserve encore pour moi quelques mystères …

Incroyablement, il a plu toute la nuit !

Lundi  23.

« Toc, toc, toc » … « entrez » ai-je répondu machinalement !

« Toc, toc, toc » … « j’arriiiiive, le temps de passer un pantalon, merde quoi ! Oups ! « Gendarmerie nationale  … vous êtes mouillé dans une zone interdite » ! « Vous avez trois minutes pour décamper avant que nous verbalisions ! » Oups !

Noooon … les gendarmes français sont bien plus sympathiques que cela et notre conversation fut des plus aimable.  Je leur ai expliqué que j’étais seul à bord, ma femme ayant fichu le camp au matin, avec un séduisant pilote de ligne (il est bien connu que les gendarmes sont toujours plus compatissants avec les cocus … va-t-en savoir pourquoi ?)  et eux, de m’expliquer  que le gros navire de guerre que je pouvais voir amarrer là-bas au quai, allait bouger et que j’étais dans son chemin pour ses manœuvres … j’ai bien pensé leur proposer de sortir moi-même leur boîte à conserve mais d’instinct, j’ai compris que je n’avais pas d’autre choix que de quitter mon mouillage … « asap » (pour les planqués du régiment, « asap » signifie « immédiatement » en langage militaire) !

N’écoutant que mon courage et ma témérité, j’ai donc relevé l’ancre et je suis parti … la tête d’Ann en me voyant foutre le camp alors qu’elle arrivait avec le « responsable sanitaire » ! Une fois tout le monde embarqué, nous avons jeté l’ancre à l’intérieur du périmètre autorisé (intelligent comme vous êtes, vous aurez compris que nous étions à l’extérieur du périmètre autorisé) et notre inspecteur a pu faire sa visite de contrôle. Notre inspecteur fut très conciliant et hormis nos bananes en provenance des « Tonga », il nous a tout laissé. Il est à craindre qu’en Australie, il s’agisse d’une autre paire de manches …

Oui, oui, oui, je sais … je vous ai dit que tous les bureaux étaient fermés jusque mercredi matin ! Eh bien il ne faut pas croire tout ce que l’on vous raconte. Quant à la douane, il suffisait en fait, de remplir un formulaire à la marina ! Reste que pour l’immigration, il a fallu attendre mercredi matin.

Alors que nous pensions être super bien, la pluie est revenue nous dire bonjour accompagné d’un coup de vent d’Ouest qui a levé une très belle houle … et merde, cela recommence ! La « baie de l’Orphelinat » est bien protégée sauf … d’Ouest !

En pleine méditation transcendantale, nous voyons que nos deux voisins lèvent l’ancre pour le mouillage plus abrité situé en face de la marina de « Port Moselle » ! Comme il n’était pas question pour nous d’être le « mouton de Panurge » … nous avons suivi le mouvement.

Le mouillage est moins beau en ce qu’il comporte de nombreuses poubelles flottantes et que nous sommes maintenant en vue directe sur le port commercial de « Nouméa » (dans la petite rade tout de même)  mais … nous sommes plus près de la marina et surtout, parfaitement abrités de la houle et du vent.

« Abrités de la houle et du vent » … une heure plus tard, nous nous tapions un superbe grain avec des coups de vent de près de 30 nœuds et un fletch pas possible ! Si notre bateau a bien tenu le coup encore qu’à certains moments, il est passé un peu près de ses voisins, j’ai vu un bateau à moteur dérapé tout seul d’une extrémité à l’autre du mouillage avant que quelqu’un n’intervienne et un autre voilier vouloir faire des « mamours » avec son voisin !

De toute manière, je sens confusément que nous n’allons pas rester longtemps sur place ! Généralement quand j’ai ce genre de sentiment … nous restons des mois au même mouillage.

J’aurais bien gardé mon épouse avec moi pour qu’elle me câline un peu mon dos toujours très douloureux mais impossible de la garder en place … elle doit avoir dans ses ancêtres, un marathonien !

Mardi  24.

Après une nuit sans vent (un délice) nous avons à nouveau eu droit à un vent soutenu mais par chance, non musclé. Une fois encore, les limites de protection de notre mouillage se sont fait ressentir … à croire que décidément il n’y a qu’en marina que nous aurions une chance de connaître une vraie quiétude.

Nous avions pensé au départ, passer quelques jours en marina notamment pour la réalisation des formalités d’entrée. Mais le ponton «  visiteurs » de la marina de « Port Moselle » n’est pas adapté à des bateaux de plus de 45’, l’eau du port est dégueulasse et  payer 240 €/semaine pour être comme une sardine en boîte, ne nous a pas attirés …

Bien qu’il s’agisse d’un jour férié en Nouvelle-Calédonie, nous avons décidé de nous promener jusqu’à la « baie des Citrons » … histoire de me dégourdir les jambes puisque cela fait plus de 10 jours que je n’ai pas quitté le bord !

J’ai tout d’abord été surpris de voir des ouvriers travailler ici et là, de constater que  la ligne de bus fonctionnait normalement et qu’en finale, il  y avait même un peu d’animation en ville.  Celle-ci était évidemment à son comble du côté des plages de la « baie des Citrons » d’autant que le soleil avait daigné faire son apparition.

Nous avons été nous restaurer à la crêperie « Le St Trop » avant de prendre le bus pour retourner au bateau : mon dos me faisait tellement mal que je n’aurais pas été capable de faire à pied le trajet de retour.  Dans ces moments là, je prends d’un coup, dix ans d’âge … et le pire c’est qu’il n’y a rien à faire d’autre que de patienter une huitaine de jours avant que le mal disparaisse.

A noter que « Noumea » semble être une escale privilégiée de « P&O Cruising » !! Depuis notre arrivée, nous en avons vu deux, coup sur coup ! Si aux « Caraïbes », les « love boat » sont partout, dans le  « Pacifique »  il s’agit d’un événement lorsqu’on en voit un !

Mercredi 25.

Le soleil est bien présent et une petite brise souffle sur le mouillage … le pied quoi ! Et ce serait certainement le méga pied si mon dos ne me faisait souffrir et ne m’interdisait les simples mouvements de la vie de tous les jours !

Nous sommes toujours au mouillage en la « baie Moselle » malgré les tentatives d’Ann de retourner au mouillage de la « baie de l’Orphelinat » qu’elle trouve plus joli. Pour ma part, nous sommes ici mieux protégés et notamment, des nombreux curieux qui ont un malin plaisir à venir nous frôler à la limite de la décence. Autre intérêt à mes yeux, nous avons une vue directe sur le port commercial, sur « Nouméa » et sur la marina. C’est moins beau mais nous sommes plus près du poumon de la ville et j’ai besoin de cette animation pour occuper mes loisirs de concierge  …

Encore une chance que je suis resté à bord …

Alors que je savourais la quiétude de l’endroit, un catamaran Privilège 495’ vient jeter l’ancre un peu en avant de  « S.A.S.³ ».  Dès le départ, je m’insurge une fois de plus sur la trop grande proximité entre les deux bateaux mais je me tais. Sans y faire spécialement attention, je jette de temps à autre un regard pour trouver en finale que décidément, le catamaran est trop près.

Je me décide enfin d’aller sur l’avant … pour prendre conscience que le catamaran est tout simplement en train de déraper sur notre bateau !! J’ai beau appeler, personne ne répond … il y a juste un plongeur en train de nettoyer la coque. La distance entre les deux bateaux se réduisant de manière drastique, j’appelle de plus en plus fort et la propriétaire fait – enfin – son apparition.

Si elle se rend compte de la précarité de la situation, elle est dépassée par les événements d’autant qu’elle ne parvient pas à se faire entendre de son plongeur… il faut dire que frapper sur sa coque bâbord lorsque son plongeur nettoie la coque tribord n’est sans doute pas ce qu’il y a de plus efficace. 

Alors que notre avant s’encastre avec un fracas sourd dans le catamaran, labourant son polyester d’un profond sillon, n’écoutant que mon courage et faisant taire la douleur insupportable qui m’irradie le bas du dos,  je me précipite vers l’arrière pour arracher une défense que je glisse à la force des bras, entre les deux coques … mais pour notre malheur, le catamaran continue sa glissade mortelle. Vous sentez ce frisson d’horreur qui vous parcoure l’échine … on se croirait dans un film de Hitchcock, vous ne trouvez pas ? Comment le héros va-t-il s’en sortir et tout simplement, va-t-il s’en sortir ?

PUB … Détendez-vous, respirez profondément, faites quelques pompes, ouvrez la fenêtre … la suite de la narration va reprendre.

Alors que l’Apocalypse semblait avoir atteint son paroxysme, je fus tout étonné de constater que j’avais pu éviter le pire sans autre dommage à « S.A.S.³ » que quelques dégâts très mineurs à sa delphinière. Je pensais l’incident terminé lorsque je vois le catamaran tourner autour du bateau de manière si proche que j’ai bien cru qu’il allait arracher au passage, notre arceau mobile qui sert au levage de l’annexe et qui était descendu !!  J’ai réellement vu l’horreur s’abattre sur moi  d’autant qu’une fois encore,  la c…. n’était pas derrière sa barre et ne semblait pas se rendre du compte du danger. Il a suffi d’un coup de barre pour éviter la catastrophe mais même cela, je n’étais pas convaincu qu’elle était capable de le faire …

J’ignore si  le catamaran a subi des dégâts … je peux juste l’espérer car il serait temps que cette c…. prenne conscience que s’il existe bien entendu des choses bien plus graves dans la vie comme elle me l’a sorti en guise d’excuses ( !), il est assez désagréable de voir son bateau être défiguré à cause de l’insouciance et  de la négligence d’un autre plaisancier : une ancre peut toujours déraper mais c’est bien pour cela qu’il faut redoubler d’attention surtout dans les premières heures.

Jeudi 26.

Les jours passent et trépassent … et mon dos me fait toujours autant souffrir.

Depuis notre arrivée, Ann s’escrime pour nous dégoter une liaison internet mais cela semble relever de l’impossible pour l’étranger de passage !  Pour disposer d’un abonnement, il faut avoir une adresse et un compte en banque sur l’île … Nous avons pourtant une certaine expérience en la matière mais pire qu’à « Nouméa »,  nous n’avons jamais connu ! Même l’internet de la marina ou du restaurant reste difficilement captable et d’une lenteur désespérante.

S’il est quasi impossible d’avoir une connexion payante à bord, nous avons trouvé une connexion internet impeccable et gratuite de surcroît, dans un parc public : place des Cocotiers  !! Bien entendu, nous avons l’internet par satellite mais cette connexion est impayable et reste confinée à l’essentiel.

Enfin … cela m’aura permis d’un peu découvrir un centre-ville assez sympa.

Vendredi 27.

Loin de s’améliorer, mon dos me fait de plus en plus mal. C’est comme si un carcan de douleur emprisonnait mon bassin et m’empêchait toute vie normale.  Je ne vois dès lors pas d’autre alternative que de rester à bord … quand ce n’est pas dans mon lit !

En fin d’après-midi, mon « carcan de douleur » s’est brusquement relâché et immédiatement, j’ai ressenti une immense joie à l’idée que j’allais peut-être pouvoir enfin vivre sans contrainte ! C’est presque trop beau que pour y croire.

Samedi 28.

Depuis quelques jours, nous connaissons une météo idéale : soleil, petit vent, mer d’huile. L’après-midi, nous avons souvent droit à une petite brise de mer mais celle-ci ne dure qu’un temps.

Je me surprends chaque jour, à admirer le paysage ensoleillé depuis notre carré. Comment pourrions-nous vivre à bord sans hublots panoramiques ? Tous nos visiteurs s’émerveillent à chaque fois sur la vue extraordinaire dont nous jouissons. En marina, nous sommes toujours très soucieux de conserver ce bonheur … aussi sommes-nous très fâchés lorsqu’on nous flanque pour voisin, un bateau à moteur.

Comme mon dos  va beaucoup mieux même si je ressens encore une douleur du côté gauche, je me suis autorisé une petite ballade en ville et surtout, une « opération connexion internet »  dans le parc public de la « place des Cocotiers ».

Si  la précédente fois,  le parc était quasi désert … en ce début de week-end, il y avait foule et nous nous sommes retrouvés dans une promiscuité à laquelle nous n’étions pas habitués !  Mais la gentillesse des gens du cru nous a permis de surmonter cette  « épreuve »  sans grande difficulté.

Après quelques courses d’avitaillement, nous avons fait escale chez « Mac Do » avant un « home sweet home » bien mérité.

Dimanche 29.

Nous sommes allés visiter la « Foire du Pacifique » qui se tenait en plein air, juste devant la marina. Comme le propos n’est pas de moi, je me risque de l’écrire : « il n’y a pas grand-chose ! » … c’est que je dois faire très attention de ne pas être taxé de négatif, d’asocial, de pessimiste voire de rabat-joie par ma femme !

En nous rendant au « Casino », j’ai été amusé de lire un petit écriteau placardé au niveau du rayon des alcools : « La vente d’alcools est interdite les vendredis, samedis, dimanches ainsi que les veilles de jours fériés et jours fériés à partir de 12h00 » … il s’agit de se lever tôt pour boire un verre à Nouméa !

Cela nous ayant donné soif, nous sommes allés boire un coup au « Le bout du Monde » … si j’osais me permettre une observation et non, une critique (que le Ciel me préserve de tout déviationnisme mal pensant), notre Bar Brasserie pêche un peu par l’impersonnalité et le manque d’ambiance typiquement « yacht-club ».

Précisons que ce verre nous était offert par la marina pour nous remercier d’avoir choisi leur ponton pour amarrer notre annexe lorsque nous allons « en ville ». Que voulez-vous … c’est le privilège du Grand Yacht que nous payons comme tous les privilèges, à raison de 30 €/semaine. Il n’y a pas de petites économies et quelques marinas font payer pour l’amarrage des annexes !!

Pratique choquante ? C’est selon … en le cas d’espèce, cela nous donne droit également aux sanitaires de la marina que nous n’irons jamais voir et à la Hi-Fi que nous ne captons pas à notre mouillage.

Il est 16 heures et tous les bateaux rentrent au port … à la queue leu leu  (j’ai vérifié l’orthographe dans le dico). Le nombre de bateaux et le nombre de spinnakers déployés est tout simplement impressionnant !  J’ai un peu le sentiment de me retrouver à Breskens (NL) avec ses petites régates amicales du week-end. Il faut dire que le plan d’eau du lagon est superbe … même si nous n’en profitons aucunement ! Nous sommes dans une logique de « croisière hauturière » et non, de « ballade en mer ». Il nous faudrait sans doute évoluer mais « S.A.S.³ » n’a pas été construit en cette optique …

Un spinnaker déployé … c’est superbe et pourtant, depuis les « Caraïbes » nous n’en avons pas vu ou si peu !! Pour envoyer le spi, il faut soit être en régate, soit sur un plan d’eau protégé ou calme comme à « Nouméa », soit être un peu barjo … Le « code zéro » a par contre, très fort la cote pour sa facilité d’emploi.

Lundi 30.

Vous ne le croirez pas mais cette fois, ce sont les autorités du port autonome de « Nouméa » qui sont venues nous indiquer que nous étions en dehors de la zone de mouillage et qu’il nous fallait avoir quitté l’endroit pour 14 heures parce qu’un « love boat » était attendu … c’est cela, la France : le pays de l’organisation !

1. Il aurait été plus simple de baliser correctement la zone de mouillage ce qui éviterait ces désagréments à répétition. 2. Cela fait depuis plus d’une semaine que nous étions à ce mouillage sans que personne n’ait trouvé à y redire ! 3. Alors que nous étions au mouillage, deux « love boat » sont rentrés et sortis sans que cela ne pose le moindre problème …

Nous sommes donc à nouveau et pour le grand plaisir d’Ann … au mouillage dans la « baie de l’Orphelinat » … jusqu’au prochain coup de vent d’Ouest !

14.30 heures  … arrivée de « P&O Cruising » … et de trois, en une semaine ! Il n’y a décidément que cette compagnie qui dessert « Nouméa » !  Avec les  jours qui passent, j’ai tout de même constaté la présence d’un « Carnival »  … compagnie qui  inonde littéralement les « Caraïbes ».

Mardi  1.

Un vent soutenu fait vibrer le mouillage qui n’est plus qu’une mer de bave. Le ciel est tellement bas que l’on a peine à distinguer la côte. Qu’à cela ne tienne … puisque nous devons faire des courses, nous affronterons bravement les intempéries et les dangers  mais rien ne nous empêchera d’accomplir notre mission. Surfant sur les vagues, encaissant  les embruns, évitant de justesse les brisants, contournant tous les obstacles, nous parviendrons au péril de nos vies,  jusqu’au ponton « visiteurs » où là encore, il nous faudra batailler ferme pour glisser notre annexe entre ses compagnes. Il s’agit d’une version un peu romancée de la réalité pour expliquer qu’il y a un petit vent soutenu qui crée un peu de Fletch sur le mouillage.

En le cadre de nos petites courses, nous sommes passés chez Canal+ pour obtenir la confirmation de ce que je supputais déjà : le satellite inonde toute la côte E. de l’Australie … et donc, nous pourrions capter Canal+ ici à « Nouméa » mais également à « Bundaberg » durant notre période de repos forcé pour cause de cyclones.  Il faut et il suffit maintenant de mettre tout cela en musique, ce qui reste une autre affaire … d’abord trouver un technicien pour régler notre antenne KVH et ensuite, trouver un accord avec la chaîne de télévision puisque nous sommes non résidents et de surcroît, nous partons sur l’Australie !

Mercredi  2.

Visite de la Gendarmerie Maritime pour nous faire bouger de place car nous sommes à l’extérieur de la zone de mouillage !! Il est exact que nous sommes « limite » en sorte que suivant la direction du vent, nous sommes tantôt dans le périmètre, tantôt sur la ligne de séparation et tantôt en dehors du périmètre. Notre problème réside en la taille de notre bateau et de son poids qui nous obligent à trouver une grande « aire d’évitage ».

Comme nous avons déjà bougé plusieurs fois … c’est Ann qui a plaidé avec beaucoup de brio, notre cause en sorte que nous pouvons rester sur place ! Ils étaient deux gendarmes, un homme et une femme, et devinez lequel des deux s’est  seul  montré conciliant … évidemment, nous en aurons deux autres à la prochaine visite !

En cours de journée, le vent a donné de plus en plus de voix … saluant ainsi l’arrivée de « Ichtus » que nous avons accompagné jusqu’à son emplacement de la marina « Port Moselle ». Nous étions trop curieux de voir comment nos copains allaient s’en tirer pour caser un 72’ dans un emplacement de 45’ !

Jean-Claude s’en est très bien tiré  en rentrant le bateau en marche arrière mais malgré toutes nos précautions, une défense mal placée et la coque venait s’écraser sur le rebord du ponton  … lui occasionnant  deux profondes balafres !  A la place de Jean-Louis, je n’aurais pas décoléré de toute la journée mais il a pris tout cela avec une certaine philosophie !

Très sympathiquement, nous avons été invités à partager avec un eux, un excellent  « bolo ».

Jeudi  3.

Véritable remue-ménage sur le plan d’eau ! Ce matin et j’aurais envie de dire « comme chaque matin », nous avons eu la visite de la Gendarmerie Maritime pour nous faire bouger de place … mais qui a concédé une fois de plus, que nous étions « limite » et que nous pouvions rester ! Je n’ai pas assisté à l’entretien désormais journalier car je sciais du bois dans notre cabine … je fais des provisions en prévision de l’hiver !

Depuis  cette intervention des forces de l’ordre, les bateaux se repositionnent  … tandis que de nouveaux arrivants que l’on reconnaît facilement à leur pavillon jaune (à chaque entrée  dans un nouveau pays, il faut hisser le pavillon jaune qui signifie que l’on demande le passage de la douane) , prennent leur place … si seulement une ou deux bouées jaunes délimitaient mieux la zone de mouillage, ce serait tellement plus facile pour tout le monde mais cela en serait sans doute aussi trop facile, je suppose.

Le mouillage est immense mais totalement anarchique si bien qu’il y a beaucoup de places perdues.

Après-midi de courses … d’abord un petit passage par Canal+ où nous avons appris qu’une solution avait été trouvée à notre situation si spécifique … si tant est que nous parvenions à régler notre antenne parce que leur service technique n’avait pas trouvé sur l’île, de technicien capable de réaliser le travail !

Nous avons appris par la suite, qu’il était impossible de capter Canal+  dans le Pacifique Sud avec notre antenne KVH !! En effet,  il y a un an, Canal + a changé de satellite au profit de Intelsat 18 mais KVH ne s’est pas adapté en conséquence !! Il devrait y être remédié d’ici un mois ou deux selon KVH.

Le plus râlant dans l’histoire reste que Pochon sa. nous avait proposé une antenne d’une autre marque que j’avais refusée en pensant que  KVH était leader du marché. Si seulement j’avais su … A refaire, je ne choisirais plus jamais KVH d’autant que l’antenne se dérègle assez facilement !

Ensuite passage par l’esthéticienne pour la prise d’un rendez-vous et là … je me suis fait avoir comme un débutant  puisqu’en finale,  j’ai poiroté près de 2.30 heures … enfin, j’y suis rentré avec mon épouse et j’en suis sorti  avec une midinette !

Vendredi  4.

Arrivée en matinée de « Che » (catamaran Sunreef 114’ – 34 m – 65.000 €/semaine) qui a la particularité de battre pavillon belge et d’être le premier Maxi que nous voyons à « Nouméa » !

Sans corrélation … nous sommes assez surpris de voir relativement beaucoup de petites  annexes rigides en aluminium alors que le bateau-mère est parfois assez petit  ! S’agit-il de « locaux » … rien n’est moins sûr mais le phénomène est propre à « Nouméa ».

Alors que le vent souffle aujourd’hui de SO et qu’en conséquence, « S.A.S.³ »  s’est déporté  du bon côté de la ligne de démarcation … plus un gendarme à voir à l’horizon !!  Ouiiiiiinnnn … ce n’est pas juuuuuuuuuuste ! 

Evidemment, en cours de journée, le vent est repassé SE et « S.A.S.³ » est à nouveau du mauvais côté de la ligne de démarcation.  Noooooon n’appelez pas les gendarmes, par pitié, non !

A y regarder de très, très près, nous avons été surpris de relever qu’en tous les cas de figure, « S.A.S.³ » n’était pas « limite » mais carrément en-dehors de la zone de mouillage ! Depuis que nous en avons clairement pris conscience, nous essayons de voir comment passer du bon côté de la ligne de démarcation mais chaque fois qu’une « place » se libère, elle est très vite prise et comme nous connaissons un temps de réaction assez long …

Après-midi de courses … passage par le coiffeur pour une prise de rendez-vous … je sais, je sais,  je me suis fait avoir une fois de plus ! Enfin, cette fois-ci, plutôt que de poiroter sur place, je suis parti  à la découverte de la ville que j’ai visitée de fond en comble … sauf que je n’ai plus retrouvé le coiffeur où j’avais laissé Ann !!  Je suis donc rentré seul au bateau et si elle n’est pas rentrée à la nage d’ici ce soir, je lance un « Mayday ».

Le soir, nous dînions à bord, avec Céline & Bruno qui se sont installés en Nouvelle-Calédonie … nous avions fait la connaissance de Céline lors d’une croisière/plongée aux Maldives quelques années auparavant.

Samedi  5.

Météo maussade avec un vent de SO … nous connaîtrons un peu de houle en soirée.

Journée « lecture ».

Dimanche  6.

Rapport de plongée du « Schtroumpf grognon » !

Pour lui éviter le lynchage par mes fans, je tairai son nom mais voilà le surnom dont je suis très injustement affublé  par une amie que j’adore au demeurant.

7.15 heures … nous étions au centre de plongée « Iatok » situé au ponton F de  la marina de « Port Moselle ». Décevant qu’il ne nous ait pas été proposé de venir nous chercher au bateau comme le font généralement les autres centres de plongée …

Nos plongées ont commencé très fort par une insupportable heure de « tape-cul sur boudin » … le centre est en effet, équipé de deux grands semi-rigides.  Sur ce type d’engin, la position la plus confortable est de rester debout mais si tout le monde optait pour celle-ci, ce serait éminemment désagréable pour le conducteur … Votre serviteur, avec son mal de dos à peine guéri, en prendra plein les reins.

Une fois la grande barrière atteinte (à hauteur de la passe  de« Boulari »), le bateau de plongée s’est amarré à une bouée ancrée à la limite de vagues énormes faisant la joie des surfeurs … résultat des courses, cela bouge pas mal alors que l’espace est déjà restreint pour s’équiper ! Nous avons connu quand même mieux comme bateau de plongée …

A bord, beaucoup de niveau 1 dont Giovanni, équipier de « Ichtus ». Pour tout ce petit monde, il y a trois instructeurs … et votre serviteur. Alors que je paie une participation pleine et entière, je comprends rapidement que Giovanni est placé sous ma responsabilité … je le fais avec beaucoup de plaisir en le cadre d’une plongée que j’organise mais ici, je me suis senti « pigeon » !

Nous nous mettons à l’eau pour nous faire cueillir par un fort courant en sorte que pour arriver à l’amarre de devant, je suis au bord de l’essoufflement !! Ann pour sa part, décide immédiatement de remonter sur le bateau et elle a bien raison. Elle n’a plus rien à prouver et cette plongée doit rester un plaisir.

Toutes les palanquées descendent le long de l’amarre tandis que je reste bloqué à -3m par Giovanni dont les sinus frontaux ne passent pas. Quand enfin, ses sinus se débloquent … il n’y a plus personne à l’horizon !

Sur base du briefing très succinct qui m’a été donné, je laisse la barrière « épaule droite ». Un bon courant nous empêche d’avancer et c’est  à la force des bras que je parviens petit à petit à rejoindre les autres palanquées jusqu’à me hisser à celle de tête.

Giovanni, malgré son niveau 1, assure avec beaucoup de maestria et me suit fidèlement. Bien entendu je ménage sa peine par plusieurs arrêts où je lui donne la possibilité  de revenir à ma hauteur et de reprendre son souffle.

Nous sommes à peine en position d’enfin pouvoir un peu apprécier le décor (la visi n’est pas terrible et hormis un pointe blanche, un Napoléon et un gros baliste nous ne verrons pas grand-chose alors qu’il paraît que le requin pullule …)  que le signal du retour est donné !

Je m’imagine pouvoir enfin pouvoir profiter d’un courant portant que je me rends compte qu’il ne s’agit pas de courant mais … de ressac !! Comment ne l’ai-je pas perçu immédiatement … je suppose que j’étais trop préoccupé à l’idée de rattraper  les autres palanquées ! Quand j’organise une plongée, j’impose  mon propre tempo, je décide de la profondeur maximale, du moment de retour etc.  mais lorsque nous plongeons avec un centre, je m’adapte à leur programme avec l’espoir que notre guide nous fera découvrir  quelque chose …  d’où l’importance de rester au contact de celui-ci.

Face au ressac, j’adapte en conséquence ma progression et la plongée se termine sans incident : (49’ – 19 m).

Le second spot de plongée est situé pas très loin, toujours à l’intérieur du lagon : il s’agit d’un superbe palangrier « La Dieppoise » qui a été coulé volontairement  en 1988 et qui repose par -25 m. de fond.

Au lieu de s’amarrer à la perpendiculaire de l’épave, nous sommes amarrés à une bouée située à une centaine de mètres !! Nous commencerons donc notre plongée par un bon palmage sur un fond de sable et contre un léger courant… complètement insensé pour ne pas dire « crétin ».

Comme l’épave n’est pas visible de la mise à l’eau, nous suivons tous le « guide » sauf que les sinus frontaux de Giovanni ne passent une fois de plus, pas et que cela m’oblige à faire demi-tour et à remonter à  -7 m. Calés à cette profondeur, nous poursuivrons notre progression en essayant de ne pas perdre de vue les autres palanquées qui évoluent sur le fond …

Alors que j’en arrive à la conclusion que le mieux est de mettre fin prématurément à cette plongée, l’épave se découvre à nos yeux !  Nous avons attaqué sa visite par le pont supérieur et ensuite, nous sommes descendus dans les cales … les sinus de Giovanni ne le faisant, enfin, plus souffrir.

Plongée bien trop courte évidemment puisque nous avons perdu un temps et un air précieux à atteindre l’épave … sans oublier qu’il fallait encore tenir compte du retour ! Par malheur, je choisis le mauvais guide qui n’a retrouvé le semi-rigide qu’après quelques détours …

A la fin de la première plongée et sans doute en raison des efforts fournis contre le courant, j’ai  connu un début de mal de tête (généralement celui-ci est dû à une mauvaise expiration du CO2 en cours de plongée). Avec la fatigue, le froid, mon mal de tête récurrent et une sous-veste trop étroite,  je n’ai pas entamé ma seconde plongée en les meilleures conditions !

En fin de seconde plongée, j’ai ressenti tous les symptômes d’une chute de tension qui  m’a d’ailleurs fait vomir une fois à bord. Il me restait encore à endurer le trajet de retour …

Sous-veste trop étroite … quand nous sommes arrivés le  matin, au centre de plongée, nous avons constaté qu’ils plongeaient tous en 7 mm avec cagoule alors que j’étais en 2,5 mm sans cagoule … j’ai bien pensé retourner au bateau, chercher une autre combinaison mais il était trop tard … j’ai donc pris une combinaison sur place que je n’ai finalement pas mise tant je la trouvais en mauvais état. Pour me protéger du froid, j’ai eu recours à ma  sous-veste que je sais trop étroite et que je devrais impérativement changer …

En conclusion, deux plongées merdiques dont le centre de plongée n’est bien évidemment pas responsable même si nous déplorons un  manque de rigueur  très français !

Juste avant la tombée de la nuit, nous avons  pris notre courage à deux mains pour relever l’ancre et la jeter quelques mètres  plus à l’intérieur de la baie … nous sommes ainsi juste derrière la ligne de démarcation mais aussi très près des autres bateaux !

Lundi  7.

Grosses courses d’avitaillement au « Carrefour » situé assez loin du centre ville … nous avons profité de la voiture de location qui doit servir à Ann à aller chercher demain matin (7 heures), les enfants à l’aéroport.

Le soir, alors que nous regardions tranquillement  la télévision, j’entends des voix venant du dehors ! Je sors  du carré pour apercevoir furtivement deux têtes qui longent à le toucher, le côté bâbord de notre coque !! Le temps de m’extraire du cockpit et je retrouve nos deux « gugusses »  sur le côté tribord, dans une annexe retenue en arrière par une autre annexe empalée sur notre chaîne d’ancre !!!

D’après ce que nous avons compris, nos deux « gugusses » complètement bourrés, tractaient l’annexe d’un ami en laquelle se trouvait tout son matériel de plongée. Pour un motif inconnu, ils avaient décidé de tournoyer autour du bateau dudit ami sauf qu’ils se sont trompés de bateau …

En contournant trop serré  l’étrave  de « S.A.S.³ », l’annexe qu’il tractait, s’est empalée sur notre chaîne d’ancre, en crevant l’un de ses boudins ! Du coup, une partie du matériel de plongée s’est retrouvé à l’eau tandis que l’annexe principale était bloquée brutalement dans sa progression …

Après avoir gueulé un grand coup, j’ai pu obtenir de nos deux « gugusses » qu’ils arrêtent le moteur de leur annexe.  Tant bien que mal, ils ont rassemblé leurs affaires et sont repartis vers la marina de « Port Moselle » … non sans nous avoir invités à venir prendre l’apéro à leur bord !

Le plus amusant c’est qu’au cours du JT de Nouméa, nous avions entendu les terribles méfaits de l’alcool sur l’île …

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Responses

  1. Encore merci pour la suite de votre passionnante aventure que nous suivons attentivement . Peut – être aurez vous appris l’arrestation à son arrivée à Zaventem de Mohamed Abdi Hassan , grand patron des pirates Somaliens , attiré par une  » astuce  » en Belgique ( soit disant pour signer un contrat pour un documentaire sur la piraterie ) et qui s’est fait pincer à son arrivée en Belgique . Il avait piraté le navire Belge Pompei pendant 70 jours et ne l’avat lâché que après avoir reçu une ranson de 2,8 millions de €.


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