Publié par : Ann & Stéphane | 5 septembre 2013

24.08 au 02.09.2013 – Traversée sur les Tonga (1.292 milles).

Samedi 24.

Nous aurions pu attendre « Ichtus » arrivé la veille, au mouillage mais à tort ou à raison, nous ne l’avons pas fait ! « Ichtus » est bloqué à « Bora-Bora » jusque lundi 15 heures en raison du départ d’une de ses coéquipières.

Après un dernier remplissage des réservoirs (250 litres tout de même …), nous avons pris la route des « Cook » sous bonne brise.

Il était 11 heures lorsque nous avons franchi la passe. La première heure de navigation sous voiles fut un peu confuse : on ne savait pas exactement si le vent comptait donner de la voix ou au contraire, baisser totalement pavillon.

« Sonsie of Victoria » naviguait pour sa part, vers l’île de « Maupiti » pour finalement se décider d’aller jusqu’à l’île de « Maupihaa ». Nous avons facilement suivi leurs péripéties grâce à leur transpondeur AIS … une petite merveille que cette bêbête là … le tout doublé d’échanges radio.

Ce n’est que vers midi que nous avons eu notre réponse : 18 à 20 nœuds de vent réel avec un angle de vent de 90°, vitesse dans l’eau  10 nœuds  … la voie royale. Bien entendu, les réjouissances furent de courte durée et dès le début d’après-midi, le vent tournait plus Est pour venir sur 120° … voire même au 140° en faisant chuter la vitesse  à 8 nœuds.

Jusque 23 heures, les conditions météo n’évoluèrent guère … le vent avait juste une petite tendance à tourner de plus en plus Est et à s’affaiblir. A minuit, le vent s’était cassé la gueule et venait très fort de l’arrière : pas d’autre solution que de lancer le moteur et de prendre deux ris dans la GV pour diminuer les fasseyements.

Assez bizarrement, nous avons eu froid durant la journée malgré un soleil resplendissant ! Nous en sommes arrivés à devoir mettre T-shirt, polar et caleçon long !! Pour la nuit, je m’étais équipé de surcroît, de mon pantalon de ciré et de mes bottes !

Navigation très calme avec un bel éclairage de la lune sur une mer qui s’est calmée en même temps que le vent mais comme toujours, plus de houle que de vent …

Dimanche 25.

Vers 4 heures du matin, en pointant un regard attentif sur l’horizon, je crois apercevoir sur l’avant bâbord, un feu blanc ! Le radar confirmera la présence de ce qui ne peut être selon moi, qu’un voilier. Un quart d’heure plus tard, « Jaffer » nous appelait sur la VHF en ayant aperçu notre AIS sur son écran alors que pourtant, il ne voyait pas nos feux de navigation ! Il faut préciser qu’à force de scruter la mer, de jour comme de nuit, et depuis tant d’années, ma vision en mer est devenue très, très efficace … j’aurais pu être vigie à une autre époque.

Au petit matin, et alors que le catamaran anglais « Jaffer » était en train de tirer un bord juste sur notre arrière, nous voulons renvoyer la GV … lorsque je découvre une déchirure dans celle-ci, d’environ 50 cm, située  le long du guindant, juste après le chariot intermédiaire entre la 2è et 3è bosse de ris !

Très sympathiquement, « Jaffer » nous a spontanément proposé son aide.  Lorsque plus tard, nous l’avons interrogé pour savoir s’il y avait une voilerie au « Cook », la réponse étant négative, il s’est proposé de réparer notre GV car si nous avons bien compris, il était du métier  … mais il ne proposait de le faire qu’à l’escale de « Niue ». En finale, nous avons appris plus tard qu’il ne s’était pas arrêté à « Niue » en raison de la météo : il n’y a pas de mouillage protégé sur l’île … que des bouées devant  la côte.

Face à cette situation, nous avons décidé de bouleverser notre programme et de marcher au moteur jusqu’au « Tonga » en sautant les escales  des « Cook » et de « Niue » … En raison de l’évolution de la météo, plusieurs bateaux feront la même chose que nous.

Journée très chaude avec un vent arrière faible et une mer calme … nous roulons tranquillement d’un bord sur l’autre bord : c’est le pas de danse à 3 ! Trois vagues et la quatrième qui nous fait balloter … la quille qui contrebalance en trois coups et au quatrième coup nous voilà, à nouveau stable.

Nous marchons au moteur avec la GV arrisée à trois ris : navigation plutôt mortelle et de suite, le moral est en berne. Rien que l’idée d’avoir à réaliser ces huit jours au moteur, fut pour nous, la cause d’un profond désespoir. De là à envisager de mettre le bateau sur un cargo au départ de « Brisbane » pour la « Méditerranée », il n’y avait qu’un pas que nous avons très vite franchi tous les deux !

J’ignore ce que l’avenir nous réserve de bonnes ou de mauvaises surprises mais l’idée d’avoir à passer le « Cap de Bonne Espérance » pour remonter ensuite sur le Brésil et les Antilles pour terminer par la traversée de l’Atlantique Nord, nous attire de moins en moins en raison du trop long délai qu’il nous faudrait envisager avant de rentrer en Europe et de retrouver nos enfants et petits-enfants.

La grande question qui demeure, reste de savoir si nous pourrons remonter la « Mer Rouge » malgré la présence des pirates somaliens … à supposer bien entendu que le problème subsiste toujours d’ici là. Nous n’avons en tous les cas, aucune envie de prendre le plus petit risque de nous faire arraisonner.

Lundi  26.

La nuit sera tellement calme qu’à certains moments, je pensais que l’on était en marina ! Votre serviteur dormira comme un loir et sa nuit sera peuplée de beaux rêves avec  Jennifer Aliston, Eva Mendes, Angela Jolie, Julia Roberts ou encore Valérie Trierweiler … euh non, là je me suis réveillé en plein cauchemar. C’est d’ailleurs décidé, j’abandonne d’encore lire « Paris Match ».

Le ciel est légèrement nuageux et les températures sont plus agréables que hier en raison d’un vent de 13 à 15 nœuds soufflant avec un angle de 120°. Nous avons sorti le génois et diminué le nombre de tours du moteur : nous ne marchons plus qu’à 1.100 au lieu de 1.400 tours tout en gardant une vitesse dans l’eau de 7 nœuds.

Le fait de marcher à la voile aidé du moteur nous donne un bien meilleur moral que la veille. La mer est calme à légèrement agitée. Malheureusement, rien ne tiendra … ni la voile, ni le moral … et nous repasserons au moteur « en avant toute » !

On constate le changement de fuseau horaire quant  à 19 heures soit une heure plus tard que d’habitude, la nuit tombe seulement. Avec elle, un ciel lourd et menaçant nous privera de bonne visibilité jusqu’en milieu de nuit. Difficile en ces conditions, de cerner la différence entre une étoile et le feu d’un bateau ! Mais du diable, où ai-je mis mes Pampers ? Grâce à Dieu, on oublie tout quand on dort et lorsque je me suis réveillé plus tard, la lune illuminait la surface de l’eau et un horizon parfaitement dégagé sur 360°. Ouf.

La surface de l’eau était un miroir et seule, l’étrave le fendait d’un sillon fluorescent. Romantique à souhait me soutiendrez-vous  mais lorsque l’on sait qu’il n’y a pas de vie humaine à des milles à la ronde et que sous les pieds, les abysses  sont prêts à vous engloutir … Ah ! Les voilà mes précieux Pampers.

Mardi 27.

Une fois encore, j’ai dormi comme un loir : pour m’abriter des frimas de la nuit, j’enfile au-dessus de mon caleçon long, mon pantalon de ciré … plus confortable, tu meurs !

Le soleil darde de tous ses feux et il fait chaud. La mer est belle !   Nous essayons de mettre le génois chaque fois que possible mais avec un vent aussi faible, il est difficile à tenir. Je sais, je sais, il faut tangonner le génois  et bla-bla-bla … mais encore faut-il en trouver le courage et cela nous a énormément manqué durant cette traversée (pas le moral).

Nous réalisons 160 milles par jour pour une consommation estimée à 6,66 litres/heure. A l’arrivée, je calculerai que nous avons marché 184 heures au moteur pour seulement 5 heures de GE soit une consommation totale de 1.275 litres de gasoil.

Chaque  journée passe avec une lenteur d-é-s-e-s-p-é-r-a-n-t-e  … en lecture. Pour quelqu’un qui  a toute sa vie, refusé de lire, je pourrais ouvrir une librairie en rentrant !

Dans le courant d’après-midi, le vent s’est un peu levé (13 à 15 nœuds) mais en plein vent arrière …

La nuit ne sera pas bonne car si la mer passe de calme à agitée et vice-et-versa, une houle de fond  fait beaucoup rouler le bateau.

Mercredi 28.

Rien ne change … les journées se succèdent les unes aux autres et le vent reste inférieur à 7 nœuds.  S’il n’y avait pas cette maudite houle, la vie à bord pourrait même être plaisante.

Alors que le jour déclinait, nous avons vu notre premier grain qui par chance, s’est éloigné sur notre tribord lorsque nous nous sommes rapprochés de lui. On sait toujours quand on rentre dans une zone à grains mais il est plus difficile de déterminer quand on en sort …

Après un second grain évité de justesse, on s’est bien évidemment payé le troisième. Il ne s’agit pas pour l’heure, de grains violents, ni trop importants mais nous sommes rentrés indubitablement dans une mauvaise zone.

En examinant le passage des grains au radar, nous prenons conscience de la présence d’un cargo (210 mètres de long pour 30 mètres de large) qui faisait route parallèle à nous, à 17,7 nœuds de vitesse sur le fond et se rendait aux « Fidji ». Son AIS est apparu à ce moment là sur notre écran mais il a disparu aussi rapidement que nous l’avons aperçu … il faut dire qu’il naviguait à 23 milles sur notre tribord.

Jeudi 29.

Nuit plutôt humide mais par chance, la mer s’est calmée en cours de nuit. Toujours un peu angoissant lorsqu’à la tombée du jour, on a le sentiment que du gros temps va vous tomber dessus. La meilleure manière de calmer son angoisse reste encore de s’emmitoufler pour la nuit et de penser à autre chose.

Au matin, nous pouvons voir sur notre arrière, une ceinture de nuages noirs qui ne présume rien de bon. Le vent est faible (5 nœuds…) et vient du ¾ arrière bâbord … avec un peu beaucoup de chance, nous éviterons peut-être de nous faire copieusement rincer.

Au moment précis où je pensais que nous avions contourné tous les grains, nous sommes tombés dans un champ étendu  de fine pluie qui arrosa copieusement le cockpit … tous aux abris, dans le carré. Pourrais-je jamais assez décrire le confort extraordinaire d’un salon de pont. Vous l’essayez en grande navigation et plus jamais vous ne saurez vous en passer.

Ce n’est qu’après 13 heures que nous avons enfin, pu profiter d’un ciel dégagé et d’une mer belle. Ce qui m’a souvent frappé au cours de ces longues traversées, c’est la profondeur du bleu de la mer … d’une incroyable beauté, de ce genre de beauté fatale  qui me ferait sauter à l’eau si je n’avais peur de ne plus avoir envie de remonter à bord !

Vendredi 30.

La nuit fut excellente même si selon Ann, il a plu !! Perso, je n’ai rien senti et en tous les cas, cela ne m’a pas réveillé.

Au matin, nous avions droit à une mer calme à agitée mais dans laquelle «S.A.S.³ » passait bien, un soleil resplendissant et un horizon dégagé … du moins, pour le moment.

« Ichtus »  devrait arriver cette nuit au « Cook » mais se posera pour lui, un sérieux problème : la météo annonce pour mercredi, jeudi et vendredi prochains, un vent d’Ouest de 20 à 25 nœuds c’est-à-dire en plein dans le pif avec une houle de 4 mètres !

Vous pourriez raisonnablement vous poser la question de savoir pourquoi nous avons choisi de démarrer de « Bora-Bora » justement lors d’une semaine annoncée comme très faible en vent avec le risque de devoir naviguer au moteur. L’annonce de la météo pour la semaine prochaine est la réponse. Selon Jimmy Cornell, « le Pape de la navigation »,  la zone entre les « Cook » et les « Tonga », est réputée pour sa météo fluctuante et ses mauvaises conditions.

« C’est goutte à goutte que l’eau use la pierre » … c’est milles après milles que nous nous approchons des « Tonga ». Une fois n’est pas coutume, nous avons pu établir le génois … notre GV est toujours arrisée à trois ris et je me pose souvent la question de savoir si elle sert encore à quelque chose tellement elle me paraît ridicule. Avec deux ris, nous aurions peut-être pu marcher à la toile mais avec trois ris, nous marchons à moins de 5 nœuds.

Nous avons déjà une fois été privé de GV … c’était à Cuba mais le vent était suffisamment fort et plein vent arrière pour marcher très honorablement sous seul génois. Ici, le vent est trop faible pour donner un bon rapport et encore, faut-il que la voile ne fasseye pas en raison de la houle omniprésente !

Durant la première partie de nuit, nous sommes restés sur le qui-vive car la météo annonçait que le vent allait tourner au SE ! Effectivement, si nous marchions très agréablement à la voile au point même d’en arriver à couper le moteur pendant une heure et demi (joie) tout en continuant à marcher à 7 nœuds,  il était clair que le vent virant par l’Ouest, nous l’avions de plus en plus au près serré.

Samedi  31.

Le cauchemar démarra avec la seconde partie de nuit par un grain dont le Pacifique a le secret : un peu plus de 30 nœuds de vent réel, une douche incroyable, une visibilité devenue nulle et une mer totalement  déchaînée et cela dura … jusqu’au petit matin ! En Manche ou en Atlantique, les grains sont beaucoup plus limités dans le temps et en surface.

Nous avions placé le sac poubelle dans l’annexe sauf qu’avec la pluie, il s’est déchiré et son contenu s’est répandu dans toute l’annexe transformée en baignoire infecte !  Comme le bateau roulait d’un bord sur l’autre bord, les détritus se baladaient de l’avant à l’arrière avec un bruit de boîtes métalliques qui s’entrechoquaient … du jamais vécu ! Cela n’a pas été une sinécure pour nettoyer tout cela !

Avec les premières lueurs du jour, nous avons retrouvé la visibilité mais la mer restait abominablement démontée et le vent soutenu à plus de 30 nœuds avec des pointes  enregistrées à 37 nœuds !! C’était tout simplement d-a-n-t-e-s-q-u-e. En d’autres temps, je serais  resté à la barre pour parer à tout danger mais sur « S.A.S.³ » c’est parfaitement inutile au point que j’avais pris mon parti durant la nuit de tout simplement aller dormir à l’intérieur !!

Lorsque j’ai vu sur l’anémomètre de la table à cartes, 37 nœuds de vent réel, j’ai malgré tout essayé de réciter un  « Notre Père  » mais devant mon trou de mon mémoire, je m’en suis totalement remis non, à Dieu qui de toute manière, n’avait pas l’air de vouloir m’écouter, mais à notre bateau.  Deux jours plus tard, Dieu me répondait par E-mail : « Faut pas chier comme cela dans ton froc, mon grand … tu as bien vu comme ton joli petit bateau a traversé tout cela comme une fleur. »

Et il est vrai que vu de l’intérieur, on aurait pu croire qu’il ne se passait rien sauf que la vaisselle faisait beaucoup de bruit. Le moteur ronronnait comme une horloge et hormis cet incessant roulis, j’aurais tout aussi bien pu regarder un film à la TV. Ce n’est pas sans raison que les journalistes nautiques avaient classé  le Garcia 64’ parmi  les « pullmans des mers ».

La météo avait annoncé un coup de vent à 23 nœuds pour la matinée et des conditions plus agréables pour l’après-midi … mais bien entendu, nous avons eu droit à d’autres pluies et d’autres coups de vent durant toute la journée ! Il nous a fallu attendre le début de soirée pour voir le vent redescendre dans les 20 nœuds. Mais pour une fois, comme le faisait remarquer Ann, l’état de la mer était proportionné au vent … quelle consolation !

Dimanche 1.

« Les Tonga ont pris la décision de garder la même date que les Fidji  quoiqu’étant situées bien à l’Est du méridien 180°. Il résulte de cette décision que l’heure locale aux Tonga  est de GMT +13 plutôt que GMT-11 comme cela devrait être le cas. Cela signifie que la date aux Tonga  est une journée en avance par rapport au jour réel GMT. » Explication de Jimmy Cornell.

Nous n’avons ainsi jamais connu le  dimanche 1 septembre 2013 !

Lundi 2.

La nuit fut « praticable » mais très froide au point que j’ai dormi en ciré, pantalon et veste !

C’est en voulant faire de l’eau que je me suis rendu compte que notre GE ne voulait plus démarrer en raison d’un problème visiblement « électrique » !! Pendant toute la traversée, nous n’avons quasiment pas fait tourner le GE puisque le moteur rechargeait parfaitement les batteries. Conséquence indirecte … nous n’avons pu faire tourner le déssalinisateur.

Malgré l’aide de notre « magicien », Eric de « Hokulea », contacté par téléphone, il m’a été impossible de remédier à la panne.

C’est en ces moments là que l’on prend la pleine mesure du problème : plus de déssal … donc plus d’eau … donc plus de WC (ils sont électriques et ne fonctionnent qu’à l’eau douce), plus de vaisselle, plus de lave-linge mais aussi plus de séchoir, plus de compresseur de plongée, plus de propulseurs … donc plus de manœuvre d’appontage (sans propulseurs, il est carrément dangereux de vouloir se lancer dans des manœuvres d’appontage avec un bateau de 40 tonnes) … le méga pied quoi !

Le problème du déssal, du lave-linge, du séchoir, du compresseur de plongée, des propulseurs reste qu’il s’agit de grands consommateurs de courant et que donc, il faut impérativement avoir recours à un GE. Par contre et assez bizarrement, la cuisinière électrique fonctionne parfaitement sur  le seul parc de batteries ! Toute l’hydraulique dont le guindeau, ne nécessite pas non plus l’intervention du GE !

L’arrivée sur les « Tonga » s’est faite dans le vent (20 nœuds) et par une mer agitée. A l’approche des îles, nous n’avons aperçu  qu’un seul catamaran et un ou deux « local ».

Les « Tonga » … malgré une météo peu réjouissante et un GE qui refusait de démarrer … me sont apparues  s-u-p- e-r-b-e-s !!  Je sais que cela peut paraître incroyable dans ma bouche mais j’en suis resté sur le cul (malheureusement, les photos prises ne rendent pas bien cette beauté sauvage).

Je n’ai jamais vu un archipel comme celui-ci : tout y est bien dessiné, bien visible, bien dégagé. Les falaises sont droites, les côtes sont accores et les fonds restent moyennement  importants.  Ce n’est pas sinistre comme aux « Marquises » et c’est beaucoup mieux protégé que dans les « Tuamotu » … un juste équilibre est ici atteint. En examinant la carte de l’archipel, je m’étais étonné de l’absence de tout chenal balisé  et je craignais beaucoup une navigation hasardeuse entre les cailloux. En fait, la navigation y est des plus aisée.

L’envers de la médaille : je n’ai pas vu de plage et il faut bouffer du milles avant d’atteindre la petite localité de « Neiafu » pour y faire son entrée officielle dans le « Royaume des Tonga ». Il s’agirait d’une des baies les mieux protégées du Pacifique Sud qui est, de surcroît, considérée  comme l’un des rares trous à cyclones de la région … mais qu’est ce que c’est moche !

Notre arrivée au mouillage s’est révélée aussi  peu engageante que j’ai trouvé tout le reste enchanteur !  Non seulement, la baie est triste mais de surcroît, nous n’avons eu droit à aucun accueil bien que nous nous soyons annoncés par VHF  et qu’en principe, on doit impérativement s’accoster au quai pour les formalités ! Partout où nous sommes passés, nous avons eu droit à un comité d’accueil chaque fois que le passage par le quai était obligatoire.

Comme il n’était pas question que je réalise sans mes propulseurs, une manœuvre d’appontage surtout quand il y a du vent, nous avons essayé de prendre une bouée … avec l’aide très sympathique de « Catherina III » qui attend le début novembre pour partir sur la Nouvelle-Zélande avec un équipier qui devrait arriver d’ici là.

L’amarre de la bouée quasiment  en mains, un « con » venait nous dire que nous ne pouvions pas rester là car il s’agissait d’une bouée d’un « local ». Alors que nous manœuvrions pour la prise d’une seconde bouée, le « con » se rappliquait une fois de plus … au lieu alors de nous indiquer une bouée que nous aurions pu prendre.

Avec mon flegme habituel so British, j’ai décidé souverainement  d’aller  jeter l’ancre de l’autre côté de la baie. Malheureusement, je crains que notre ancre après avoir longtemps dérapé, se soit calée dans une épave ou autre machin du genre … il faudra que je plonge pour aller voir ce qu’il en est. Aie.

Tandis que j’essayais de redonner un peu de lustre et d’ordre à notre bateau, Ann s’est occupée des formalités d’arrivée qui est loin d’être une sinécure au « Tonga » … à tel point qu’elle devra retournée le lendemain pour l’immigration.

Dans l’après-midi, j’avais le bonheur de voir arriver un électricien  … que dis-je, un très sympathique électricien (de ma vie, je n’ai jamais  été aussi heureux de voir un électricien) … que le hasard avait placé sur la route de Ann et qui diagnostiqua, non sans de multiples « c’est bizarre », que la batterie de démarrage du GE était morte … cause de notre panne ! Grâce au Ciel, il nous faisait un branchement provisoire qui nous a permis de mettre en route le GE, d’avoir à nouveau de l’eau  … et de pouvoir ainsi déboucher les WC et prendre une douche après huit jours de navigation !

J’imagine déjà votre air dégoûté à imaginer les WC qui débordent et les mouches voltigeant autour de nous, affolées par nos odeurs. Allons  … je vous rassure de suite, nous avons pris une douche bien chaude tous les jours et les WC ont fonctionné sans discontinuité car avec nos 800 litres d’eau, nous avons eu plus qu’assez. Je me dois également de préciser que nous avons excellemment bien mangé durant toute la navigation car j’ai embarqué avec moi, un petit cordon bleu qui a le sens du pratique : toujours très peu de vaisselle et des plats variés … sans oublier le jus de fruit frais, au petit déjeuner.

NB. Comme j’ai appris par la bande … que certains de mes amis s’inquiétaient  en lisant ma prose, de savoir si je ne faisais pas une dépression nerveuse ( !!),  je les rassure de suite en leur précisant que j’ai dépassé ce stade depuis longtemps … je suis devenu philosophe, fataliste, indifférent, optimiste et bigot tout à la fois … voire même un peu écolo( !). Mais je suis d’accord avec vous, il aurait mieux valu que je sois seulement dépressif.

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