Publié par : Ann & Stéphane | 12 août 2013

24 juillet au 05 août 2013 – Tahiti.

Mercredi 24.

Je suis toujours aussi surpris du nombre de bateaux au mouillage. Quand nous étions à la marina, notre vue portait davantage sur la marina elle-même en sorte que je n’avais pas la même vision des choses. Je dois bien reconnaître que la situation actuelle est plus proche de ma conception du « mouillage idéal » plutôt que le mouillage certes plus champêtre mais aussi plus désert de « Moorea » … mais c’est aussi plus bruyant, moins bien protégé et surtout plus remuant. Comme en toutes choses, il y a du bon et du moins bon.

J’ai toujours eu en horreur, les extrêmes … je suis pour les équilibres. S’il m’est donc nécessaire de disposer d’un « espace vitale », je préfère la foule à la solitude pour autant que celle-ci reste à distance. En cela, vivre en marina m’est pénible surtout quand nos voisins sont à leur bord. Comme tous les équilibres, le juste dosage est difficile à trouver d’autant qu’il n’y a pas plus remuant qu’un plaisancier …

Le meilleur reste que nous avons à nouveau la TNT et comme il ne faut ni décodeur, ni abonnement, je peux regarder mon programme, à mon aise, dans le carré tandis qu’Ann regarde le sien dans notre chambre. Le méga pied.

Il n’empêche que je déteste les soirées sans vent comme ce mercredi soir en particulier car alors le bateau tourne sur son ancrage et bonjour les pertes de signal … j’ai constaté que lorsque l’étrave du bateau pointait vers la côte, nous subissions des pertes importantes de signal alors que lorsque celui-ci était dirigé vers la barrière de corail, la réception semblait beaucoup plus stable … mais comme dans toute règle, les exceptions sont nombreuses !!

Jeudi 25.

J’ai passé toute ma journée dans notre cockpit … à corriger le mémoire que ma fille Aurianne doit rendre pour la fin du mois ! J’ai bien travaillé … 13 pages corrigées sur 68 ! Vivement la retraite …

Le soir, nous recevions à dîner, Chantal & Eric de « Hokulea ». Cela nous a fait très plaisir de pouvoir passer notre soirée avec eux car nous avions beaucoup sympathisé durant la Traversée du Pacifique.

Vendredi 26.

Réveil de lendemain de veille mais je reste sous le charme de notre mouillage ensoleillé. Quand je pense aux copains qui restent dans les « Tuamotu » alors qu’il y fait dégueu (houle, vent, pluie) en quasi permanence, j’ai un peu de mal à comprendre leur obstination !

Les mois de juillet et d’août sont les plus venteux dans le Pacifique, ce que j’ignorais superbement jusqu’il y a peu !! Par ailleurs, il semblerait que ce n’est pas non plus la meilleure période pour visiter les « Tuamotu », autre information que j’ai captée un peu tardivement …

Par contre, il semble de plus en plus évident que nous serons les seuls avec « Ichtus » à poursuivre notre navigation vers l’Australie pour nous mettre à l’abri des cyclones (novembre à mars) !! Tous nos copains restent sur zone et pensent que les cyclones passeront loin de leur mouillage au point même que certains envisagent de cycloner aux « Gambiers » qui est selon moi, sur la trajectoire des cyclones !!

Samedi 27.

Je termine enfin la correction du mémoire de ma fille … je pensais que je n’y arriverais jamais !

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à venir mouiller leur ancre si près de nous !! C’est réellement énervant mais je n’ose trop rien dire pour ne pas passer pour le bougon du coin. Le problème c’est que des jours sans vent comme aujourd’hui, les bateaux tournent et se retrouvent parfois cul à cul au point qu’à chaque fois, on frôle l’accident ! Mais bon, nous étions les premiers sur place et si quelqu’un doit bouger … ce ne sera pas nous.

Crénomvindieudenomdidieu c’est quand même insupportable : toute la journée, l’étrave du bateau était dirigée vers la barrière de corail alors que maintenant que la nuit est tombée, par manque de vent, il a tendance à pointer vers la côte ! Et alors me direz-vous ? Mouai … si vous vous posez la question c’est que décidément, vous lisez mes articles « en diagonale ».

Dimanche 28.

Ces derniers temps, nous délaissons un peu le nettoyage … un peu trop à mon goût même si je suis le premier à vouloir profiter de notre farniente. Aussi, avons-nous décidé de commencer la journée par le nettoyage au vinaigre blanc du franc-bord de la coque … enfin, d’une demie coque pour commencer … c’est déjà amplement suffisant comme effort.

Arrivée en fin d’après-midi, de nos copains de « Coco d’Iles » qui revenaient de « Bora-Bora » où ils ont été bloqués sur leur catamaran pendant une semaine à cause du mauvais temps … Décidément, il n’y a qu’à « Tahiti » et à « Moorea » où il fait beau en ce moment !!

Le soir, nous passions la fin de journée au Mac Do avec la tribu (4 adultes et 5 en bas âge) de « Coco d’Iles ». Cela va sans doute vous paraître paradoxale mais c’était super cool et sympa. Après, comme dessert, je me suis tapé une soirée TV d’enfer.

Lundi 29.

Voilà, la seconde demie coque est nettoyée … je n’ai pas dit qu’elle était « propre », j’ai juste dit qu’elle était « nettoyée ». Plus démoralisant qu’essayer de nettoyer une coque bleue marine, cela n’existe pas et de surcroît, nous avons eu droit à un peu de houle dans le lagon ce qui a rendu l’opération carrément périlleuse …

Enfin quand je parle de « démoralisation », que dire de mon copain Marc qui n’en peut plus des problèmes techniques à répétition (guindeau, pilote automatique, VHF, panneau solaire, déssal et G.E. … qui dit mieux ?) qu’il connaît avec son catamaran alors que conformément à son programme de deux ans, ce dernier est en vente ! Le meilleur reste qu’il l’a acheté neuf … pour éviter d’avoir des problèmes durant son périple. Loin de me réjouir, je compatis très sincèrement.

Belle soirée TV sauf que je ne connaîtrai jamais la conclusion de mon film policier … l’étrave du bateau pointait du mauvais côté ! J’imagine assez bien le « paradis » avec la télévision universelle, le « purgatoire » avec la télévision universelle avec coupures de connexion et « l’enfer » sans la télévision. Il ne me reste plus qu’à mériter le « paradis » … chérie, tu veux que nous allions ce soir, au restaurant ?

Mardi 30.

Journée « courses » pour Ann qui dès potron minet, est partie à terre grâce à Marc qui est venue la chercher en annexe. C’est chouette d’avoir des amis prêts à vous filer un coup de main. A midi, elle allait à l’aéroport avec le « Brompton » (les rayons n’ont pas encore cassé …), chercher une voiture de location … notre fille et sa petite famille arrivent demain matin.

En voulant admirer notre travail de nettoyage de la coque, j’ai eu la désagréable surprise de relever qu’une vague grise s’était dessinée juste au-dessus de la ligne de flottaison … artistiquement, cela se discute mais esthétiquement, cela fait plutôt « tache » si vous voyez ce que je veux dire. Je crois que je vais finalement la passer ma petite annonce : « cherche homme de peine sans état d’âme, prêt à sacrifier ses journées en nettoyages parfaitement inutiles ».

15 heures … arrivée en ligne directe des « Marquises », de « Gadjo » et de son sympathique couple de médecins, Isabelle & Jean-Philippe … & Lou, qui étaient nos voisins de ponton à « La Gomera » (Canaries). Ce fut un grand plaisir de les retrouver et de pouvoir prendre l’apéro à leur bord … cela faisait depuis si longtemps que je ne les avais pas revus ! Ann les avait croisés au Panama.

Le soir, nous étions invités à dîner à bord de « Hokulea » … délicieux repas et superbe catamaran. Bien que connaissions Chantal & Eric depuis un certain temps, c’est la première fois que je visitais leur bateau qui a complètement été rénové par les soins d’Eric qui exploitait avec son épouse, un chantier naval aux E.U.

Mercredi 31.

5 heures … nos enfants viennent d’arriver à l’aéroport après un très, très long voyage en avion. Quel bonheur pour des grands-parents comme nous, de recevoir Alexia au sourire enchanteur et d’apprendre en même temps qu’un second heureux événement est attendu pour le 12 janvier … nous sommes tout simplement comblés. Le plus incroyable reste que notre fils avait vendu à la mèche auprès de tous nos copains et que pas un seul n’a cafté, nous laissant la surprise totale et entière. En bref, tout le monde était au courant sauf nous !

Bien entendu, l’ordre intérieur du bateau s’en trouve quelque peu chamboulé et dorénavant, les biberons, tétines et Maxi-cosy trônent dans le carré mais nous avions besoin de ce petit coup de fouet à nos habitudes.

Le soir, nous avons été dînés aux « Roulottes » dans le centre de « Papeete » … délicieuse raclette au fromage au menu. Nous avons pris pour parti de ne goûter que des plats typiquement locaux …

Jeudi 01.

Après une nuit un peu, beaucoup chahutée par Alexia qui n’avait aucune envie de dormir, nous nous sommes rendus à l’évidence et … nous avons décidé de prolonger d’une année ou deux, notre tour du monde ! Non … ce n’est pas vrai et même si nous avons peu dormi, nous avons au contraire, découvert que nos enfants nous manquaient sans doute plus que nous ne voulions nous l’admettre.

Nous laissant leur fille, nos enfants profitaient de la journée, pour visiter un peu l’île. Malheureusement pour eux et de manière parfaitement exceptionnelle, il a plu toute la journée !!

Depuis notre arrivée à « Tahiti », il s’agit bien de la première journée de pluie et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le spectacle de danses polynésiennes à « L’Intercontinentale » a été supprimé pour cause de risque de pluie … En tant que tel ce n’était pas grave sauf que nous ne disposons de la voiture que jusqu’à demain midi et que l’hôtel est un peu loin pour y aller à pied …

Vendredi 02.

Les enfants profiteront de la matinée, pour visiter le centre-ville de « Papeete » qu’ils n’avaient pas encore vu en raison des embouteillages !

Avec un bébé à bord, la journée passe à la vitesse d’un TGV.

Samedi 03.

Arrivée à la marina « Taïna », de « Hémisphère » … le plus grand catamaran au monde (145’ – 42 m). Impressionnant … encore qu’en finale, il paraît bien petit par rapport aux 119 mètres de « A » d’Abramovich. On est si vite blasé …

Nous avions décidé de partir pour « Moorea » mais au préalable, nous devions faire le plein de gasoil. Or, nous avons appris, le jour même, qu’il était impossible de se faire livrer du diesel détaxé … le week-end !!

En fait, je comprends assez bien la politique de la marina qui souhaite favoriser les locaux qui profitent du week-end pour aller se promener sur l’eau, en interdisant indirectement aux étrangers de faire le plein … d’autant que s’agissant de bateaux assez grands voire même énormes, ces derniers monopolisent la station d’essence pendant des heures quand ils ne vident pas la station de toutes ses réserves : à lui seul, « Hémisphère » a pompé 20.000 litres !

A tout malheur, une chose est bonne … cela a permis à notre fille, de retrouver une meilleure forme. Fatigue de départ, enceinte de quatre mois, voyage en avion, décalage horaire … Aurianne se découvre être sujette au mal de mer !

Dimanche 04.

Incroyable mais vrai mais il fait à nouveau dégueulasse à « Tahiti » : il pleut, il pleut, il pleut par averses (c’est décidé … plus jamais je n’achèterai du « Tahiti douche » !) et comme si cela ne suffisait pas, l’ice maker du bord est tombé en panne !! Nous avons donc fait appel à Patrick de « Utopie », en sa qualité d’électricien de marine, sauf qu’il n’est pas frigoriste et n’a pu déterminer l’origine de la panne …

En finale des finales, il est reparti avec notre ice maker pour le confier dès mardi, à un frigoriste de ses connaissances. En tant que telle, l’anecdote ne mérite sans doute pas d’être relatée … sauf qu’avec tout cela, cela bouleverse une fois de plus, notre programme de navigation qui prévoyait de partir sur « Bora-Bora » en compagnie des enfants dans le cadre d’un « one way » : nous aurions offert aux enfants le ticket d’avion pour rejoindre « Tahiti » à la fin de leur séjour. Il n’en est plus question puisque nous espérons bien récupérer « réparé » notre ice maker … avant de partir sur « Bora-Bora ».

Pourquoi ne pas réaliser un aller-retour « Tahiti » – « Bora-Bora » ? Comme je suppose que vous allez vous poser la question et que je m’en voudrais de vous maintenir dans l’ignorance, en voici l’explication : les Alizés soufflent toujours dans la même direction et sont largement dominants dans la région. Aussi, si aller à « Bora-Bora » au départ de « Tahiti » ne pose aucun problème, en revenir peut s’avérer particulièrement pénible sauf à choisir une journée sans vent et si possible, sans houle. D’autres que nous l’ont fait mais cette perspective ne m’enchante pas et moins encore, depuis notre traversée sur « Rangiroa ».

Le soir, Loïc de « Javelot » venait nous faire une petite visite de courtoisie. Lui et son épouse ont acheté en « Martinique » leur catamaran qu’ils comptent revendre une fois arrivés en Australie. Ils sont belges et naviguent depuis deux ans avec leurs trois enfants. Le plus amusant est qu’eux aussi ont perdu par deux fois de surcroît, leur safran … et de trois catamarans à connaître le même incident ! Je connais justement un ami qui envisage d’acheter un catamaran … il faudra que je lui dise de commander en même temps, deux safrans de secours !

Lundi 05.

Alors cette fois-ci, on part … oui ou non ? Je pense que s’il avait osé, c’est bien la question que notre beau-fils Christophe aurait posée. S’il ne l’a pas posée, Ann l’a fait pour lui et je me suis entendu dire que nous partions !

Et pourtant, on ne peut pas dire que les conditions météorologiques étaient des plus favorables mais comment encore oser reporter notre départ alors que déjà nous avons signifié aux enfants que nous n’irions pas avec eux à « Bora-Bora ».

Nous sommes donc partis prendre du diesel détaxé à la marina (sur 1.049 litres, nous avons économisé 600,00 € de taxes !). Au moment même où j’arrivais en marche arrière, au ponton d’essence encombré partiellement par un petit bateau de pêche … un grain nous tombait dessus ! Par chance, la manœuvre s’est bien passée mais j’ai mouillé mon froc. Vous imaginez sans peine, ce que j’ai pensé … maiscrénomdevindidieu pourquoi ne suis-je pas resté peinard à mon mouillage ?

La traversée, au moteur, sur « Moorea » ne fut pas des plus marante mais la houle n’était pour une fois, pas trop forte et si le vent soufflait à 23 nœuds, on restait dans des conditions acceptables. Notre petite-fille Alexia a beaucoup apprécié … et sa maman fut très, très, très heureuse d’arriver.

Nous avons bien essayé une fois de plus, de jeter l’ancre à l’entrée de la baie mais ni Ann, ni votre serviteur ne le sentions en sorte que nous avons rapidement pris la décision de mouiller dans le fond de la baie. Il y en a qui jettent l’ancre avec une facilité déconcertante comme s’ils étaient seuls sur le mouillage mais ce n’est manifestement pas notre cas.

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