Publié par : Ann & Stéphane | 29 avril 2013

20 au 29.04.2013 – San Cristobal (Galapagos).

Samedi 20.

Nous sommes arrivés ce matin au mouillage de « Puerto Baquerizo Moreno » de « San Cristobal » et déjà, nous avons de la compagnie sur notre jupe arrière … une maman otarie avec ses trois petits a trouvé que la jupe arrière de « S.A.S.³ » lui convenait parfaitement et y a élu domicile.

Ce n’est pas une surprise car nous savions les otaries des « Galapagos » peu farouches et que nous aurions à protéger nos arrières mais comme Ann aime les bêtes … c’est d’ailleurs pourquoi je suis son toutou préféré. Nous avons malgré tout barré l’accès à notre pont avec des grosses défenses gonflables pour éviter de retrouver une otarie sur notre lit comme la mésaventure est arrivée à un catamaran ! Marrant, non …

Le plus drôle dans l’histoire reste qu’on se croirait dans une bergerie ! Ces otaries bêlent sans cesse comme des moutons … A vrai dire, nous nous amusons beaucoup à les observer de très près … « S.A.S.³ » est devenu un zoo miniature.

Nous avons eu droit à l’inspection sanitaire … quand l’inspecteur a commencé son travail par une visite très approfondie du bateau, j’ai bien cru qu’il allait enfiler une combinaison, des gants, des bottes et un masque … nous avons quand même eu droit aux gants en latex !

Toute notre nourriture y est passée avec un soin et une méticulosité que je n’avais encore jamais vue … même à Cuba où pourtant ils sont fonctionnaires jusqu’au bout des ongles. Le résultat des courses est que nous avons été amputés des 2/3 de nos réserves ! … Je rigole mais il n’empêche qu’il est quand même reparti avec un (petit) sac poubelle rempli essentiellement de pâtes et de Quacker. Il n’a quand même pas été jusqu’à déclarer insalubres, nos boîtes de conserve ou nos boissons … Il paraît que dimanche soir, il y a un spaghetti géant qui est offert par la municipalité !

Dimanche 21.

Nous avons passé une terriblement bonne nuit … cela faisait depuis plus d’une semaine que nous n’avions plus dormi dans notre lit !

Nous avons profité de la journée pour un petit nettoyage intérieur : quand on navigue sur un grand bateau et que de surcroît, nous ne sommes que deux, on salit bien évidemment  beaucoup moins et surtout, surtout on parvient à garder un semblant d’ordre des plus agréable durant la navigation. C’est bien LE problème de bateaux plus petits qui se transforment en capharnaüm dès les premiers milles en mer.

Bien entendu, nous sommes les premiers responsables de cet état de fait mais avec des otaries qui monopolisent notre jupe arrière, il est difficile de dire « pardon, Mesdames, mais j’aimerais aller me rafraîchir un peu … » de même qu’il est difficile de mettre l’annexe à l’eau.  Tout est toujours possible mais l’opération s’avérerait « compliquée » ! De surcroît, le risque de retrouver une otarie dans l’annexe est bien réel.

Je me dois d’être franc en spécifiant que personne ne nage dans la baie en raison d’un trafic de navettes particulièrement dense et que presque personne, non plus, n’utilise sa propre annexe au simple motif qu’il interdit de laisser celle-ci au débarcadère ! Tous les plaisanciers ont donc recours au « water taxi » ce qui les  prive d’une certaine autonomie.

Depuis samedi soir, nous avons droit à la houle … pas très forte mais à certains moments, cela roule carrément très fort. On s’en passerait bien volontiers …

Lundi 22.

Comme les « Galapagos » se trouvent au milieu de nulle part, on enregistre peu de nouveaux arrivants mais plutôt quelques départs dont « Lateral Thinking » qui a évité l’inspection sanitaire en profitant du système douanier de « transit temporaire » (72 heures).

Parmi les arrivants … un Oyster 72’ battant pavillon anglais mais dont les propriétaires sont polonais, nommé « Katharsis II », a retenu toute notre attention.

Pour rompre ce sentiment d’isolement qui me tenaille depuis notre arrivée, nous avions pris la décision d’enfin mettre pied à terre d’autant qu’il faudrait faire un peu d’avitaillement, nous renseigner pour l’entretien du moteur principal, tâcher de trouver une connexion internet, déposer nos poubelles, se renseigner pour visiter l’île etc.

J’étais déjà sur le « water taxi » (Ann cadenassait la porte du carré) quand les autorités portuaires à bord d’un petit canot, nous demandaient d’aller ancrer plus à l’intérieur de la baie parce que … je n’ai rien compris à son charabia en espagnol (il n’y a quasiment personne qui parle anglais !) mais j’ai cru comprendre que nous étions sur le trajet des péniches qui font des aller/retour entre le cargo d’avitaillement et le rivage … autre explication : nous gênons un grand voilier trois mâts qui aimerait bien venir jeter l’ancre plus profondément dans la baie ! A y regarder de plus près, cette dernière hypothèse serait la plus plausible.

Pour être honnête si ce petit intermède m’a interdit de mettre pied à terre (nouveau mouillage … pas question d’abandonner le bateau sans être certain que le mouillage ne dérape pas), je préfère de loin notre nouvelle position plus proche de la côte. Comme quoi, à tout malheur, une chose est bonne.

Midi … arrivée de nos copains Chantal & Eric de « Hokulea » partis mardi matin des « Las Perlas ». Selon leurs dires, ils auraient réalisés plus d’une centaine d’heures au moteur … Evidemment avec un catamaran, l’allure au près n’est pas la meilleure allure …

Je suis assez consterné de relever qu’en le cadre d’un tour du monde, on a bien plus souvent que de raison à affronter le vent dans des allures au près !! Nous nous félicitons chaque fois d’avoir un voilier qui remonte bien au vent mais quelle déconvenue pour tous ceux et celles qui ont cru qu’ils ne connaîtraient que des allures portantes …

En début d’après-midi, j’ai – enfin – visité la ville de « San Cristobal » ou devrais-je plutôt parler de « bourgade » car cela ne m’a pas semblé très grand. C’est tout à la fois « rustique » et « en voie de développement ». En clair … de nombreuses maisons ne sont encore qu’à l’état de fondations plus ou moins abandonnées et les autres cachent derrière une jolie couche de peinture, une grande misère mais d’un autre côté, toutes les rues sont en rénovation et le résultat est plutôt sympa. Il n’y a pas encore de casses vitesse mais j’ai vu des feux rouges …

S’il était d’abord interdit d’accéder aux « Galapagos » et ensuite, très difficile d’obtenir les autorisations, aujourd’hui, les autorisations se monnaient chèrement … pour « S.A.S.³ » la facture s’élevait à 780$ avec une autorisation de séjour de maximum 20 jours.

Evidemment, c’est surtout la question de la plongée qui a retenu toute mon attention : aller jusqu’aux « Galapagos » et ne pas y plonger !! Ce serait une hérésie … oui, mais ! Tout d’abord, impossible de pouvoir obtenir un forfait de 10 plongées par exemple ! D’autre part, la profondeur maximale est fixée à … 18 mètres !  Et enfin, s’il y a 6 spots de plongée au départ de « San Cristobal », c’est beaucoup ! Nous nous sommes donc rabattus sur une sortie de deux plongées avec « lunch » sur la plage entre les deux plongées pour 120$/personne car nous venons avec notre propre matériel.

L’idéale consisterait à monter à bord d’un des nombreux bateaux de croisière/plongée qui font le tour des îles mais cela nous obligerait à abandonner « S.A.S.³ » pendant quelques jours car les îles sont fort distantes les unes des autres (une centaine de milles à chaque fois). Une autre possibilité consisterait à plonger sur chaque île en nous déplaçant avec notre propre bateau mais d’une part, seuls trois autres mouillages sont accessibles aux plaisanciers, le « permit cruising » s’élève à 400$ et pour finir, il faut recommencer les formalités douanières à chaque mouillage … on a beau aimer plonger, il y a des limites à la passion.

Un peu avant la tombée de la nuit, notre agent en douanes nous apportait 13 bidons de diesel soit un total de 500 litres qu’il nous a fallu ensuite transvaser dans nos réservoirs … Il n’y a pas aux « Galapagos » de ponton essence, ni barge ! Pour les indigènes, le gallon qui équivaut – ici – à 4 litres, se paie à la pompe 1,07$ et nous a été revendu 5$ …

Mardi 23.

Depuis hier soir, la houle a totalement disparu et le bateau est aussi stable qu’en marina ! Pas à dire mais cela fait quand même du bien quand tout arrête de bouger en permanence.

Tandis qu’Ann partait une fois encore, à la recherche d’une connexion internet introuvable (sauf cybercafé), je suis resté au bateau où il y a toujours autant de choses à faire …

Arrivée du Maxi « Gliss » (32m – 7 m) que nous avons croisé pour la première fois à … Saint Barthélémy ! Le monde est si petit ! Je savais que « Gliss » était dans les îles car j’avais relevé son AIS sur « Isla Isabella ». Incroyable comme ces AIS portent loin de jour mais nettement moins de nuit.

Juste avant la tombée de la nuit, c’est un autre Maxi qui faisait son apparition : « Koo » (44 m – 12 m) que nous n’avons malheureusement pas pu approcher n’ayant pas d’annexe … donc pas de photo !

Mercredi 24.

Nous l’avons fait !! Nous avons plongé avec Chantal & Eric de « Hokulea » aux « Galapagos » parmi les tortues, les otaries, les requins des « Galapagos », les requins à pointes blanches et à pointes noires, les requins marteaux, les raies aigle, les raies manta, dans les bancs immenses de sardines, de mulets et de barracudas et c’était … génial !

Nous avons plongé à « Leon Dormido » qui est une grosse dent volcanique qui s’élève haut dans le ciel à quelques encablures de la côte : deux plongées (20m – 61’ & 20 m – 65’). La seconde fut exceptionnelle  lorsque nous nous sommes introduits dans une vaste caverne totalement noire à la suite … d’un requin des « Galapagos » (1.50 m à 2 mètres).

Il a fallu adapter notre progression au gré du flux et du reflux ce qui demande un minimum de technique mais quel pied.

Notre guide savait qu’il s’agissait d’un tunnel donnant de l’autre côté du pic mais pas nous, aussi je ne me suis pas retourné vers Ann pour m’aventurer dans ce trou noir à sa suite … j’avais bien trop peur de l’entendre me dire noooooooooooooooon ! Et Dieu que cela valait le détour. En plongée, tout ce qui est noir et étroit m’attire comme un aimant. Pas étonnant dès lors que j’adore tant les plongées sur épave.

Au beau milieu du passage, une otarie est venue jouer avec nous : un spectacle inoubliable mais bien trop court. A la sortie … un requin marteau de belle taille : un régale. Malheureusement, la photo prise est totalement floue !

Dommage que nous n’ayons été que deux à profiter de cette magnifique équipée : nous étions 6 plongeurs + 2 dive master Padi. Juste avant le « tunnel », les quatre autres plongeurs ont fait surface par manque d’air.

Je constate avec horreur qu’à force de plonger en 3 mm, je deviens un « plongeur d’eau chaude » … maman, au secours ! En le cas d’espèce, l’eau avait 24° et 26° mais pour toutes précautions comme je suis un grand frileux, je plongeais en 7 mm tandis qu’Ann plongeait en 3 mm … question de protection naturelle me dit-elle toujours ! Résultat des courses, j’ai beaucoup consommé la première plongée !! Mais c’est décidé, cet hiver lorsque nous retournons au pays, je vais m’enfiler quelques plongées en étanche dans nos chères carrières pour reprendre la main. Non, mais.

Je m’en voudrais de ne pas faire un peu de pub pour le centre de plongée qui nous a accueilli avec autant de gentillesse et de sérieux : « Wreck Bay Diving » Center situé à l’intersection des avenues Charles Darwin & Teodoro Wolf à « San Cristobal » – « Galapagos » – www.wreckbay.com (593) 52.52.16.63

Jeudi 25.

Nous attendions le technicien pour l’entretien de notre moteur principal et en finale, il n’est pas venu sans doute trop accaparé par la réparation qu’il devait réaliser avant de venir chez nous. Le résultat des courses est que nous sommes restés bloqués à bord, toute la journée …

L’entretien du moteur principal se réalise toutes les 200 heures autant dire que pour nous qui naviguons toute l’année, nous passons notre vie à faire des entretiens … Jusqu’à présent et comme nous naviguons énormément à la voile, nous arrivons à ne faire qu’un entretien par an mais avec 56 heures de moteur pour venir du Panama aux « Galapagos » …

Vendredi 26.

Nous avions décidé avec « Hokulea » de visiter l’île : 50$ pour un taxi à la journée quelque soit le nombre de personnes embarquées.

Notre petit périple touristique s’est cantonné dans le Sud de l’île … parce que le Nord est dépourvu de route !

Nous avons commencé par la visite de la « Galapaguera », parc de 12 hectares créé en 2002 pour endiguer le déclin de la population des tortues géantes endémiques de « San Cristobal ».

Ensuite, visite de « la  Laguna El Junco », lac de 270 mètres de diamètre – 6 mètres de profondeur,  logé dans un cratère de volcan et résultant de l’accumulation des eaux de pluie. Amusant de relever que les oiseaux de mer viennent se dessaler dans ces eaux.

Enfin, visite de  « la  Loberia », vaste plage où l’on peut apercevoir des iguanes et bien entendu, nos sympathiques otaries.

Samedi 27.

Après avoir attendu en vain notre technicien, nous nous sommes décidés à procéder nous-mêmes à l’entretien de notre moteur principal : quel boulot, mine de rien. Encore heureux qu’Eric de « Hokulea » est venu nous filer un coup de main car pour certains points de révision, je n’étais pas du tout  à l’aise !

Nous sommes bons maintenant pour recommander tout un stock de filtres et nous réapprovisionner en huile …

Estimant le moment venu de reprendre possession de notre jupe arrière et après avoir fait déguerpir les deux grosses faignaces qui s’y prélassaient, je me suis lancé dans un nettoyage à grandes eaux de ce qui ne ressemblait plus au tableau arrière d’un beau voilier.

Tout passé au polish, fallait-il encore préserver le travail réalisé … nous avons passé deux bonnes heures à rechercher la meilleure combinaison possible ! Les jeunes otaries sont très joueuses en sorte que plus vous mettez des « obstacles » et plus elles essaient de les contourner ou de sauter par-dessus sans compter qu’elles aiment se servir de votre tableau arrière comme d’un toboggan …

Dimanche 28.

Arrivée de nos copains Valérie & Régis de « Lady Hélène » : 8 jours de navigation dont trois entièrement au moteur Petite inquiétude pour Yoyo & Alain de « Pagus » partis deux jours plus tôt et toujours pas arrivés à bon port ! Il est toujours possible qu’ils aient décidé de faire l’impasse sur les « Galapagos » comme d’autres avant eux ou de ne marcher qu’à la voile …

En prévision de notre longue navigation de 3.000 milles jusqu’aux « Gambiers », j’ai décidé d’entamer le nettoyage de la coque sous-marine : la coque commence à se couvrir d’une fine pellicule de verdure mais tout part excessivement bien dans un grand nuage de poussière blanche … En voyant cela, je me suis demandé si le nettoyage d’une coque était autorisé en le cadre d’une réserve naturelle !! Promis, juré, craché dès que j’en ai terminé, je me renseigne et communique la réponse aux copains …

Bonjour, le retour de la houle … enfin, elle est longue et pas trop dérangeante.

Lundi 29.

Derniers avitaillements en frais avant notre départ fixé pour ce mardi. C’est bien d’entreposer à bord des kilos de légumes ou de fruits mais aurons-nous le temps de les manger avant qu’ils se gâtent ?

De retour à bord, j’enfilais ma combinaison 3mm et ma bouteille pour terminer ce putain de nettoyage de coque dont je n’en vois jamais la fin … Quand on a 3.000 milles à parcourir, mieux vaut que la coque soit propre car même 1/10è de nœud gagné par heure en vaut la chandelle.

Nous avons encore commandé 24 gallons (soit 96 litres) de diesel pour parfaire notre plein. En principe, nous devrions pouvoir bénéficier des Alizés et des courants jusqu’à destination mais on ne sait jamais et de toute manière, notre groupe électrogène ne fonctionne pas à l’eau de mer …

Nous partons normalement pour les « Gambiers » mais il est possible, qu’en cours de navigation, la météo nous oblige à nous dérouter sur les « Marquises » !! En tout état de cause, les deux, trois premiers jours, la route à suivre est la même et les distances sont quasi identiques au départ des « Galapagos ».

Nous tablons sur un minimum de 20 jours de navigation sur base de notre traversée de l’Atlantique mais nous sommes dans le Pacifique …

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