Publié par : Ann & Stéphane | 12 avril 2013

06 au 12.04.2013 – Las Perlas (Panama).

Samedi 6.

Comme prévu, nous avons levé l’ancre pour 9.45 heures … direction la pompe à essence de la marina  « Flamenco ». Jusqu’au « Galapagos » nous n’aurons plus l’occasion de faire le plein, aussi tout le monde remplit ses réservoirs et ses bidons à ras bord avant de partir.

Pourquoi le ponton d’essence de la marina « Flamenco » situé de l’autre côté de l’île au lieu de celui de la marina  « La Playita » plus proche … parce que tout le monde le fait ainsi … bêêêêêêhhhh, bêêêêêêhhhh, bêêêêêêhhhh …

En ce qui nous concerne, le seul motif réside en ce que nous avons pu réaliser le plein de la nourrice de l’annexe ce qui n’aurait pas été possible de l’autre côté. Mais pour les autres, c’est surtout pour éviter un droit d’appontage de 20$  lorsque vous prenez pour moins de 200 gallons de diesel !! Comme quoi, les Panaméens ne manquent pas d’imagination lorsqu’il s’agit de plumer un pigeon … déjà qu’il faut payer 5$ par jour pour apponter avec son annexe …

Une fois le plein de diesel, de gazoline et d’eau réalisé, nous sommes partis directement pour les « Las Perlas » et plus précisément pour le mouillage situé au Sud de « Isla Chapera » (38 milles).

Navigation au moteur sur une mer d’huile avec un léger courant contraire et relativement peu de mouvements sur l’eau ! Lorsqu’on voit le nombre incalculable de cargos à l’ancre devant « Panama City » au point que la nuit, on en arrive à croire qu’il existe une côte là où s’étend le Pacifique, on s’attend à un trafic commercial plutôt dense. J’ai donc été fort surpris.

Bien évidemment c’est au moment même où nous avons contourné « Isla Chapera » par le Nord que le vent a commencé à souffler …

Comme toujours, les derniers milles sont les plus pénibles et le stress à son comble car s’il n’y a aucun risque en haute mer … à l’approche des côtes, les profondeurs sont variables et les dangers ne sont pas signalés ! Il n’y a qu’en Europe du Nord que les États dépensent des fortunes en balisages divers mais à partir de l’Espagne, on ne peut plus que se fier à sa cartographie.

La cartographie MaxSea reste assez lacunaire en ce qui concerne les « Las Perlas » mais grâce au Ciel, nous disposons d’une cartographie Open CPN qui comble les lacunes de celle de MaxSea. C’est depuis le jour où je me suis rendu compte que nous serions en très mauvaise posture si notre PC navigation contenant MaxSea et Navnet 3D devait tomber en panne, que nous nous sommes mis en quête d’une cartographie électronique de secours. Une cartographie « papier » serait encore mieux  mais imaginez le budget pour un tour du monde …

Nous sommes arrivés pour 17.10 heures alors que nous avions quitté la marina à 11.10 heures … une moyenne de 6 nœuds alors que nous marchions à un peu plus de 7 nœuds dans l’eau. Juste à temps pour ancrer à notre aise et papoter un peu avec « Lady Helen », « Graffity » et « Pagus » déjà sur zone depuis une dizaine de jours. Ensuite, la nuit enveloppait totalement le mouillage.

Mes premières impressions … réservées comme d’habitude car l’eau est assez trouble et que cela bouge quand même un peu alors qu’il m’avait été assuré que c’était un lac !

Dimanche 7.

Comique mais le temps d’un instant et nous étions pour ainsi dire seul sur le mouillage: tous les bateaux présents la veille, sont partis de bonne heure ce matin pour un autre mouillage de l’archipel. Pour notre plus grand malheur, ils étaient aussitôt remplacés par une dizaine de locaux à moteur aussi bruyants que remuants et sans gêne !

En début d’après-midi, nos indésirables voisins retournaient sur « Panama City » les uns après les autres et bien évidemment, c’est le plus emmerdant de tous qui est parti en dernier …

C’est à peu près à ce moment là que « Stray Cat » de Laurence & Erwan s’est pointé. Sans les avoir jamais rencontrés, nous les attendions pour leur remettre l’avitaillement réalisé à leur attention par « Hydra » et c’est ainsi que nous avons fait leur agréable connaissance ainsi que de leurs deux enfants.

En ce début de soirée, il règne une paisible atmosphère sur le mouillage: nous ne sommes que trois voiliers et … un « local » dont on peut se demander ce qu’il fait là à moins qu’il ne s’agisse de pêcheurs. Le mouillage est constitué d’un bras de mer séparant « Isla Chapera » de « Isla Mogo Mogo » ce qui donne à l’ensemble, un aspect très bucolique … dommage que l’eau soit si trouble.

« Isla Mogo Mogo » est interdite aux touristes car le tournage de « Survivor » (le pendant américain de l’émission télévisée « Kho Lanta ») s’y déroule pour l’instant. Savoir que quelques idiots sont en train d’essayer de survivre alors que d’autres se prélassent sur l’île juste en face à quelque chose d’anachronique.

Lundi 8.

On se croirait « presque » au paradis … ben oui … c’est comme pour la cotation d’une dissertation … le prof. ne donne jamais 10/10.

La qualité de l’eau s’est améliorée depuis notre arrivée même si elle n’est pas cristalline, on arrive à voir le fond par endroits. J’aime bien cette eau un peu fraîche qui permet de faire descendre la température du corps en sorte que lorsqu’on sort de l’eau, on est frais.

Dommage que le soir venu, le paradis perde un peu de sa superbe: pour une raison que j’ignore, la nuit tombée, « S.A.S.3 » se place cul à la vague et nous avons alors droit à pas mal de raffut venant de la jupe arrière que frappent violemment les vagues. Il y a un bon courant entre les deux îles et celui-ci fait sans doute tourner le bateau dans le mauvais sens tandis que les vagues viennent toujours du même côté … comme quoi tout « paradis » a ses revers.

Notons à cet effet que malgré la distance qui nous sépare de « Panama City », nous continuons à recevoir (en moins grande quantité) des cendres provenant de l’incendie volontaire des cultures !

Mardi 9.

C’est le jour des grandes manœuvres pour la « Policia Nacional » qui a sa base à  la pointe Sud Ouest de « Isla Chapera » … sans doute ne s’agit-il pas de « manœuvres » au sens premier du terme mais toujours est-il que cela remue beaucoup et en tous les sens. Pour avoir essayé de cerner le but de certaines opérations de débarquement de marchandises, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il était sans doute plus facile de débarquer celles-ci loin de leur point de parachutage final … comme souvent au Panama, il vaut mieux ne pas essayer de comprendre.

C’est donc dans un concert de pétarades de moteur (difficile de trouver « barquettes » plus bruyantes) que nous avons essayé tant bien que mal et sous un soleil de plomb, de nettoyer la coque  côté bâbord : pour une fois, le travail m’est apparu éreintant et même pour une fortune, je ne me serais pas attaqué le jour même, à l’autre bord …

Arrivée en cours de journée de « Hydra » qui nous a fait une belle démonstration d’une prise d’ancrage rapide … j’espère Françoise que tu ne m’en voudras pas pour mon ironie.

Le soir, « Stray Cat » nous invitait à un barbecue sur la plage: au menu, du baliste grillé pêché le matin même. J’ai été totalement bluffé par Erwan qui avait réalisé avec toute sa petite famille, un vrai petit camp de base ! Je me suis cru à « Kho Lanta » ! J’admire beaucoup ce savoir-faire d’autant que sur la question, je n’ai aucune expérience. Comme la marée descendait jusque 22 heures, il m’a fallu ancrer l’annexe très au large avant de revenir à la plage … à la nage. Quand nous sommes partis, l’annexe était quasiment à sec !!

Mercredi 10.

Amusant comme ce mouillage peut tout à la fois prendre les apparences d’un paradis idyllique, calme et bucolique et dans l’heure qui suit, avec l’arrivée de l’un ou l’autre indésirable, ressembler à n’importe lequel des mouillages des Antilles, surpeuplé, bruyant et fatiguant !

Mais aujourd’hui, rien de perturbant à signaler … encore une chance puisque c’est l’anniversaire d’Ann. Vous l’aviez oublié! Dommage … mais c’est un peu tard pour le lui souhaiter  et comme vous le savez sans doute, les femmes sont très sensibles à toutes les marques de sympathie alors bon soit, vous êtes en règle et vous pouvez continuer à dormir tranquille soit, vous ne l’êtes pas et je ne saurais trop vous conseiller de le marquer dans votre agenda pour l’année prochaine car ma femme a une excellente mémoire …

Comme cadeau d’anniversaire, je lui ai proposé de nettoyer ensemble la coque, côté tribord …

Le soir, l’anniversaire était fêté dignement à bord de « S.A.S.3 »  avec Françoise et J.C. de « Hydra » et Laurence & Erwan de « Stray Cat » et leurs deux enfants.

Jeudi 11.

Magnifique journée sans vent et chaleur étouffante à l’intérieur … j’ai cru que j’allais me noyer dans ma propre transpiration tant je dégoulinais !

J’en ai profité pour terminer un livre qui m’a transporté au cœur de l’Écosse en plein hiver … son titre « Retour en Écosse » de Rosamunde Pilcher. Affolant comme cela m’a donné une envie folle de posséder un cottage dans les Highlands … L’être humain est décidément bien complexe ! Peut-être que si j’avais lu ce livre à Bruxelles, dans les froideurs de l’hiver, n’aurais-je pas connu un tel engouement …

Arrivée au mouillage, vers 20.30 heures de « Buena Vista » qui est bien embêté avec ses trois petits chiens qui, à des degrés divers, ont été infectés par un tic … le traitement prescrit dure trois semaines !!

Vendredi 12.

Alors que je pensais intérieurement ce matin, en me réveillant, qu’il était temps que l’on change de crèmerie, Ann m’annonce une petite fenêtre météo de deux jours, devant nous permettre de quitter le « Golf de Panama » avec un peu de vent ! Le  problème reste qu’il faut traverser la « zone de convergence intertropicale » où il n’y a  le plus souvent, aucun vent et qui, en cette saison, s’étend depuis le Panama jusqu’aux « Galapagos ».

D’ordinaire, j’aime bien un préavis de 48 heures avant de me mettre en route mais après réflexions, je me suis laissé bien vite tenter par l’idée d’autant que nous entamons nos réserves de la traversée et qu’à ce rythme là, nous serons obligés de nous réapprovisionner à « La Playita » avant de partir !!

La question suivante restait de savoir si je nettoyais la coque sous-marine à notre mouillage de « Isla Chapera » ou à celui de « Isla Contadora ».

Avec raison, j’ai réalisé un petit grattage de la coque à notre mouillage de « Isla Chapera » ! Selon Eric de « Hokulea », le mouillage de « Isla Contadera » est infesté de méduses et j’ai pu voir les rougeurs qu’il se payait sur le flanc !!

Si notre antifouling (Trilux 33 d’International) résiste plus ou moins bien dans l’ensemble, il attire curieusement les bernacles qui se comptent par centaines !

Pourquoi quitter notre mouillage pour celui de « Isla Contadora » situé 3 milles plus au Nord ?  Bien simplement parce que sur cette île, on trouve deux petits magasins bien pratiques pour y réaliser l’un et l’autre approvisionnement et en les cas d’espèce … du Coca-Cola ! Cela dépend des moments mais ces derniers temps, nous sommes assez accrocs au Coca et plus encore en cours de navigation. Il faut reconnaître que le breuvage nous cale l’estomac !

En l’absence de tout débarcadère, nous n’avions d’autre solution que d’échouer notre annexe sur la plage pour prendre pied à terre sauf qu’avec les rouleaux, cette dernière s’est mise de côté à la lame et a embarqué quelques dizaines de litres d’eau et de sable !!! Le plus râlant reste que j’avais retiré mon short contenant mon portefeuille pour éviter de le mouiller et que je l’ai retrouvé  complètement noyé par la vague scélérate … je vous jure !

Nous avons donc décidé de partir demain matin pour les « Galapagos » soit 903 milles …

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