Publié par : Ann & Stéphane | 20 février 2013

30.01 au 14.02.13 – Grand Cayman.

Mercredi 30.

La météo ayant tenu parole, nous sommes partis de « Cayo Largo » vers 16.30 heures pour « Grand Cayman » (139 milles)  … sans « Maeva » qui ne souhaitait pas faire du « près », ni du moteur : la météo prévoyait un vent de SE très mollissant avec pour ainsi dire pas de vent ce jeudi 31.

Pour notre part, l’occasion était trop belle de nous échapper de Cuba avant que n’arrive une autre dépression prévue pour vendredi.

En fait, nous avons eu droit à une excellente météo bien plus agréable que celle qui semblait être prévue !!

Nous avons levé l’ancre à 16.30 heures alors que le vent était retombé à 15 nœuds de vent réel. Nous avons mis le cap sur la dernière bouée verte du chenal sans réellement pouvoir la distinguer : quand « Maeva » est arrivé à « Cayo Largo » il a pourtant bien vu cette bouée mais depuis lors, elle semble s’être désintégrée …

Nous avions une profondeur de 6 mètres et tout semblait nous sourire jusqu’à l’instant où un moment d’inattention sur l’échosondeur … et nous étions échoués ! Pas le moindre signe n’aurait pu nous avertir de ce haut-fond que bien évidemment rien ne renseignait pas plus notre carte papier que notre carte électronique. Le malheur dans l’histoire, c’est que notre quille en plomb en gardera quelques méchantes cicatrices auxquelles il ne sera porté remède que lors du prochain carénage …

Avec une bonne marche arrière, nous sommes parvenus à nous déséchouer et nous sommes alors repartis au petit bonheur la chance, vers le large … quel pied que de retrouver enfin de la profondeur.

L’approche de « Cayo Largo » restera une très mauvaise expérience pour nous même si pour tous les tirants d’eau n’excédant pas 2 mètres, l’approche semble être des plus aisée !

Une fois sorti du « lagon », nous avons eu droit à une mer légèrement formée mais en voie d’apaisement et contrairement aux prévisions de tous nos amis qui nous affirmaient que nous aurions le vent dans le nez, nous avons pu tenir un près serré très tranquille : « S.A.S.³ » n’a que très légèrement gîté !

Nous avons donc tenu la voile jusqu’à la nuit tombée pour ensuite passer au moteur car le vent venait trop de face. Pour éviter que la voile ne faseye, nous avons pris directement deux ris et du même coup, nous avons compris pourquoi notre latte de GV sortait de son gousset : en fait, il arrive que la bosse de ris se cale malencontreusement derrière le taquet placé en début de bôme et donc, le point de tire se déplace vers l’arrière, occasionnant du même coup un mauvais angle de traction sur la GV.

Mais voilà … le mal était fait et notre latte de GV était sortie pour la seconde fois, de son gousset.

En milieu de nuit, le vent est repassé au « près » et si notre GV avait été en ordre, nous aurions pu relancer toute la toile mais il nous a fallu attendre la levée du jour pour tout remettre correctement en place et éteindre le moteur.

Jeudi 31.

Première partie de nuit très noire car la lune était cachée par de gros nuages et seconde partie de nuit tellement illuminée qu’on se serait cru en plein jour !

Dès 7 heures du matin, nous étions à nouveau sous toile à plus de 9 nœuds avec un vent de 10 à 15 nœuds de vent réel et un angle de vent qui n’a pas cessé d’augmenter !! Lorsque nous avons dû remettre le moteur à 10 milles de « Grand Cayman » par faute de vent, nous étions à 110° du vent !

Très belle navigation même si nous aurions pu en profiter davantage sans notre problème de la latte de GV. Lorsque nous avons affalé la GV et à ma plus grande surprise, la latte de GV était à nouveau sortie de son gousset : le système de fixation est à remplacer mais Dieu seul sait quand nous pourrons y procéder …

Nous avons longé la côte Ouest de « Grand Cayman » jusque « George Town », sa capitale : hormis la présence de quatre « love boat » barrant tout l’horizon, nous n’avons pu distinguer ni les mouillages qui s’échelonnent le long de cette côte, ni d’autres bateaux ! Il y a tellement peu de bateaux au mouillage en cette zone que le mouillage lui-même en devient  « invisible » du large.

Comme les instructions nautiques le stipulent, nous avons signalé notre entrée dans les eaux territoriales et plus tard, notre arrivée à « George Town ». « Port Security » est alors venu à notre rencontre pour nous indiquer très précisément où nous devions nous placer à quai pour les formalités d’entrée. L’endroit était très mouvementé en raison du va-et-vient incessant des navettes qui ramenaient les touristes à leur « love boat ».

Ensuite, nous sommes partis nous amarrer à la bouée du mouillage qui nous était attribuée et située pas loin de « Baros » qui était venu lui, directement de « Cienfuegos » quelques jours plus tôt.

Vendredi 1.

Si le vent était faible hier … aujourd’hui, cela balance sérieusement !

La côte est moche, sans intérêt et le mouillage pas du tout protégé en sorte que nous roulons joyeusement d’un bord sur l’autre bord. Quant à l’internet … un des motifs de notre venue  sur l’île …  il n’y a tout simplement pas moyen de le capter car toutes les connexions sont avec mot de passe et les autres, de tellement mauvaise qualité qu’il vaut mieux les oublier.

Non content d’un bilan assez catastrophique, l’amarre de la bouée de mouillage s’use anormalement vite sur le nez du bateau en sorte qu’à mon avis, d’ici un ou deux jours, elle cèdera !! Après quelques tentatives, je pense être arrivé à un système plus ou moins efficace après trois jours …

Quant à notre télévision satellitaire, le technicien venu à bord, ne semble pas du tout voir comment résoudre notre problème et si cela ne suffisait pas à notre malheur, il y a de fortes chances pour que nous ne puissions capter « Télésat » à « Grand Cayman » … je me demande réellement ce que nous sommes venus faire dans un trou aussi merdique.

Vous sentez de suite que le moral n’y est pas du tout …

Samedi 2.

Arrivée inattendue de « Maeva »  très heureux de sa navigation par vent arrière à 15 nœuds avec malgré tout un renforcement du vent en cours de nuit ! J’aurais juré qu’il aurait eu droit à un petit passage à tabac mais visiblement ce ne fut pas le cas !

Le vent s’est calmé aujourd’hui et nous jouissons enfin d’un roulis parfaitement normal : le problème n’était pas sur le bateau mais la montée et la descente de l’annexe qui se réalisaient en des conditions un peu acrobatiques.

Priorité des priorités fut donnée à la recherche d’une connexion internet que nous avons enfin pu trouver après l’achat d’une clef USB et d’une carte prépayée. « Maeva » parviendra non sans quelques difficultés, à trouver une connexion free mais notre PC s’y refuse lui, catégoriquement !

Profitant d’une météo agréable, Chantal & Ann en ont profité pour faire des courses d’avitaillement car nos frigos respectifs sont vides ! Et là, quel bonheur de pouvoir retrouver une nourriture à laquelle nous sommes plus habitués. Manger « correctement », vous n’imaginez pas le plaisir comme bêtement trouver du bon pain, du lait, des pommes de terre ou des … oranges !

Après ma totale déconvenue de la veille, le moral est remonté en flèche avec l’espoir que nous allons pouvoir trouver sur place, tout ce qui nous a fait tant défaut depuis notre départ de « Curaçao » mais cela reste à vérifier bien évidemment.

Dimanche 3.

Journée exclusivement « internet » au point, semble-t-il, de faire surchauffer notre clef USB qui décidera de nous lâcher temporairement en fin d’après-midi !

Lundi 4.

Journée « courses » et découverte d’une partie de la ville pour votre serviteur qui pour la première fois, mettait le pied à terre ! C’est très « Black America » j’ai trouvé, ce qui n’est guère étonnant lorsque l’on sait que les îles Cayman faisaient partie de la Jamaïque jusqu’à son indépendance. C’est par contre, le côté « America » qui prédomine ici.

Vu de manière très rapide, « George Town » est une belle réussite au niveau développement notamment avec son minuscule port commercial qui connaît beaucoup d’activités surtout la nuit et le week-end mais la plaisance semble confinée à très peu de choses : nous avons visité le shipchandler local … grande superficie mais achalandage nul ! La marina située juste derrière reflète la même image.  Les quelques marinas de « Grand Cayman » sont toutes situées dans le « North Sound » qui est une vaste étendue d’eau intérieure aux profondeurs peu élevées.

Sur le retour, nous avons découvert une superbe quincaillerie en forme de long boyau au plafond bas où nous n’avons malgré tout rien trouvé sauf de l’huile pour moteur. C’est donc chargé de 24 litres d’huile que nous sommes rentrés à pied jusqu’au débarcadère où Laurent est venu nous prendre avec son annexe. Il n’existe pas d’endroit aménagé pour les annexes sauf en face d’un club de plongée situé un peu plus loin sur la côte. Lorsque la mer est houleuse, il peut même être difficile d’aller à terre aussi nous nous arrangeons pour faire des navettes entre le bateau et le quai pour ne pas laisser l’annexe seule.

Quand on parle d’annexe … « Maeva » voyait aujourd’hui, la sienne partir à la dérive après que l’amarre se soit défaite de son taquet !! L’incident est plus que fréquent quoi qu’on en pense. C’est pourquoi j’assure toujours le bout libre de l’amarre frappé sur un taquet, à un chandelier avec un bon « nœud de chaise ». Mes amis, après s’être moqués de moi, ont surnommé cette petite précaution nécessaire : « nœud Swinnen ».

Mardi 5.

C’est au tour de l’électricien de venir faire un petit tour à bord sans pouvoir en finale, nous apporter une aide quelconque en notre recherche d’une petite fuite à la masse.

Après son passage sur « S.A.S.³ », nous l’avons conduit chez « Maeva » qui espère toujours trouver une solution à la panne de son groupe électrogène. Hélas, d’une petite panne (le GE tournait mais ne produisait pas d’électricité), on est passé à une panne totale (le GE ne tourne plus) : la carte mère est à remplacer et la question se pose maintenant de savoir où en dénicher une …

Une fois libérés de notre électricien, Ann et votre serviteur se sont concentrés sur le nettoyage à grandes eaux et vinaigre d’alcool blanc,  de la coque de « S.A.S.³ ».  Nous avions attaqué la veille, le côté tribord qui était « blanc de sel » … ben oui, dire « noire de crasse » sur une coque bleue marine, c’est stupide !

Mercredi 6.

Tous les jours, nous avons droit à un ou plusieurs « love boat » qui arrivent le matin et repartent avant la tombée de la nuit : aujourd’hui, ils étaient cinq et demain, six autres sont annoncés !! Le résultat des courses est une très grande activité sur l’eau … vous ne vous imaginez pas tout ce qui a été conçu pour le touriste : cela va bien entendu des traditionnels  « Seaworld Observatory », « Glass Bottom Boat » et autres postes d’observation sous-marin qui se baladent inlassablement sur le mouillage (le fond est de sable blanc mais toute l’île est ceinturée  d’une barrière sous-marine de corail que les touristes sont invités à découvrir sous tous ses angles), à l’autobus amphibie en passant par le sous-marin de poche, le navire pirate ou le parasailing !

La plongée n’est pas oubliée dans le paquet et les centres sont nombreux  à « George Town ».  L’activité est  très importante aux abords des centres car les lieux se prêtent admirablement pour les baptêmes mais il est possible d’aller plonger plus loin. Toutefois,  à  90$ la double plongée, on hésite malgré tout à passer par eux …

Ce matin, notre technicien KVH terminait le réglage de notre TV satellitaire … reste à voir si cela fonctionnera correctement car nous ne captons pas « Télésat » à « Grand Cayman ». En tous les cas, à 585 $ le réglage, il faut espérer qu’il est bon ! La vie dans les Caraïbes est horriblement chère et sur le front de chaque plaisancier, il est inscrit en lettres fluorescentes : « gros pigeon ».

Jeudi 8.

Lors de l’entretien de notre GE à « Cayo Largo » nous n’avions pu opérer la vidange de l’eau glycolée (toutes les 600 heures) par manque de produit … comme nous en avons trouvé ici sur place, nous nous sommes fait un devoir de vidanger ! J’ai parfois l’impression que ma vie de retraité se résume à des entretiens ou à des réparations …

Et puisque nous y étions, nous nous sommes fait un autre devoir de récupérer le tournevis qui était tombé entre le GE et la paroi quelques jours plus tôt.  Alors soit, vous n’avez jamais bricolé sur un bateau et vous vous demandez pourquoi je fais un tel pataquès pour un tournevis soit, vous avez déjà bricolé sur un bateau et vous savez que par application de la « loi universelle des vexations », mon foutu tournevis est tombé en le seul endroit quasi inaccessible du bateau !

Il nous a fallu trois heures et une imagination débordante pour arriver au résultat … mais nous y sommes arrivés. Ma consternation en constatant après l’avoir récupéré que la pointe de mon tournevis s’était cassée en tombant en sorte qu’il était bon pour la poubelle !

Bon, cela aurait pu être vrai mais je vous ai déjà expliqué que ma vie n’était plus qu’un film catastrophe mais pas encore un film d’horreur … mon tournevis se porte bien. Merci de vous être inquiété pour lui.

En fin d’après-midi, nous avons été nous enfiler un hamburger chez « Burger King » … quand  je vous disais que nous avions enfin retrouvé une nourriture « correcte » … Avant cela, Ann avait tenu à me faire visiter « Kirk », le supermarket local situé tout à côté et là, j’en suis tombé de ma chaise : le magasin est magnifique, d’une propreté irréprochable et les fruits et légumes vous sont présentés comme des œuvres d’art … mais les prix sont en conséquence !

Vendredi 9.

Depuis le week-end passé, nous sommes en relation par E-mail avec North Sails pour les fixations de notre GV. Il faut croire que c’est l’envoi du siècle car une semaine plus tard, le colis avec nos nouvelles fixations n’est toujours pas parti … on ne s’imagine pas comme les semaines peuvent être courtes : lundi c’est le lendemain de veille, le mardi on prend enfin conscience de votre mail, le mercredi on y répond par une demande de précisions, le jeudi on vous réclame une confirmation et le vendredi c’est la veille du week-end et plus personne ne travaille. Là-dessus, je vais me recoucher pour être en forme pour le week-end.

Petit vent de panique ce matin : il n’y a plus d’eau chaude !! Après avoir sorti le tensiomètre, déballer les outils, mis le boiler en pièces détachées, appeler en urgence le chantier Garcia, mis la main sur le mode d’emploi du bidule … j’ai découvert que la sécurité s’était enclenchée par suite d’une eau ayant dépassé la température fixée !

Reste maintenant à savoir si l’incident était tout-à-fait accidentel ou si le bi-thermostat est défectueux ! C’est parce que j’ai peur que les performances du bateau s’en ressentent sinon j’ai toujours pensé que nous devrions traîner derrière nous, une grande barge où seraient stockées les pièces de rechange.

Je sais maintenant que le bi-thermostat est à remplacer …

Chaque jour que Dieu fait, je vois des touristes  amenés en grand nombre, à seulement deux ou trois encablures de « S.A.S.³ » !! Qu’y a-t-il donc de si intéressant à voir sous l’eau à cet endroit ?? J’ai donc profité qu’en fin d’après-midi, le plan d’eau retrouve son calme pour snorkeler jusque là … et là, surprise !

Entre « S.A.S.³ » et la côte, par environ cinq mètres de fond, l’épave d’un cargo passé sous un rouleau compresseur, gît sur le sable blanc ! Les moteurs et la proue sont les seules pièces facilement reconnaissables. L’ensemble reste très impressionnant vu de la surface d’autant que la profondeur est faible. La faune et la flore ne se sont pas encore développées mais dans ce qui fut peut-être une partie du poste de pilotage, fiché dans le sable blanc un peu en avant de l’épave, une grosse murène verte se dandine à la fenêtre comme pour aguicher le client … C’est tout simplement incroyable qu’encore un peu, on passait à côté de tout cela !

Samedi 9.

Et de deux ! En cherchant de tous les côtés avec son efficacité redoutable, Ann est parvenue à dégoter auprès de « All Marine », « l’homme à tout faire » qui a été d’accord de venir jusqu’au bateau pour recoudre solidement « la lichette » d’une fixation intermédiaire de la GV. Comment vous expliquer cela ? … Partons du schéma que sur le mât, court un rail sur lequel glissent des chariots à patins de deux taille : aux plus grands sont fixées les lattes de GV tandis que les plus petits ou « intermédiaires » sont rattachés à la GV par une « lichette » double.

Dans notre malheur, c’est la fixation de la GV à un grand chariot qui est à remplacer et  la « lichette » d’un chariot intermédiaire qui devait être recousue. C’est cette seconde réparation qui a été réalisée ce matin.

Notre brave homme n’avait visiblement pas le pied marin et je ne l’ai vu réellement sourire qu’en repartant vers la terre ferme. Il faut dire que comme un fait exprès, un petit vent s’était justement levé, me faisant craindre pour notre GV lorsque nous l’avons hissée. Par chance, rien ne s’est produit de dramatique ou de contrariant comme je le craignais et en finale, en une petite heure, le travail était très proprement exécuté.

Comme étonnamment nous n’avons eu droit à aucun « love boat » ce samedi, nous en avons profité pour réaliser, Laurent de « Maeva » et votre serviteur,  une petite plongée (-9 m – 43’) sur l’épave reconnue la veille.  J’ai été admiratif de constater que Laurent était maintenant parfaitement capable de gérer sa stabilisation en sorte que nous pouvons désormais envisager de « vraies » plongées ensemble.

Comme si la journée n’était pas déjà assez remplie comme cela, nous sommes partis faire des courses qui m’ont amené à découvrir le « Bricorama » local : s-u-p-e-r-b-e. « George Town » est décidément une petite ville qui cache bien ses multiples ressources. J’ai toujours l’impression que tout est sorti de terre il y a à peine deux ou trois ans : tout est neuf, propre, bien agencé et de plein pied. Les « buildings » ne dépassent guère 5 ou 6 étages au maximum. Si l’activité y est intense, elle n’est pas oppressante et il semble faire « bon vivre » à « George Town ». Il est vrai qu’avec le temps qui s’écoule très agréablement, j’ai beaucoup de plaisir à être ici même si on peut se demander pourquoi !

Dimanche 10.

Journée « lecture » et déjeuner à 13 heures sur « Maeva » : un délicieux cassoulet maison préparé par Chantal nous  y attendait.

Lundi 11.

Nous avons commencé notre journée par une très mauvaise nouvelle : North Sails nous informait qu’en examinant les dernières photos transmises durant le week-end, ils s’étaient rendu compte que les fixations parties le matin même par UPS, n’étaient pas de la bonne taille et qu’ils n’en avaient pas d’autres  de  stock …

Il s’en est résulté un échange d’appels téléphoniques dans toutes les directions  avec l’annonce finale  qu’une solution de rechange nous était envoyée  aujourd’hui même.

Dès le départ, j’avais envoyé des photos et communiqué les mesures mais ce week-end, j’ai envoyé de nouvelles photos de la fixation défectueuse à côté de laquelle j’avais posé un mètre. Il faut croire que mes premiers mails n’étaient pas suffisamment explicites car mes dernières photos ont bouleversé carrément la donne !! Je suis plus que curieux de ce que nous allons recevoir …

Nouveau petit vent de panique à bord: le clavier du PC du local de communication ne fonctionne plus !! J’ai beau eu changer plusieurs fois, les piles du clavier sans fil … rien n’y a fait.

Nous nous sommes donc résolus à aller acheter un nouveau clavier sans fil … sauf que dans ces régions, on ne trouve que des claviers « querty » !! Bon, ben, il faudra voir la question au départ de la Belgique …

Comme nous avons l’intention de traverser le canal de Panama en mars, tout devient un « signe céleste » : la panne de clavier n’est-elle pas le signe que nous devons postposer à l’année prochaine, notre traversée du Pacifique ? Si vous saviez comme nous sommes hésitants …

Par la suite, Ann découvrait qu’en changeant la pile de la souris sans fil … le clavier fonctionnait à nouveau parfaitement !! Ne cherchez pas à comprendre le comment du pourquoi … moi, cela fait maintenant longtemps que je ne cherche plus.

Deux jours plus tard, « Maeva » nous annonçait que son clavier de PC était « H.S. » en raison d’un hublot mal fermé qui n’avait pas empêché la pluie de tomber dessus …

Quand le trafic maritime me le permet, je vais nager … l’eau est tellement cristalline qu’elle vous y invite. En réalisant ma petite natation du jour,  je me suis rendu compte tardivement  que la zone de mouillage était  localisée en plein coraux  et qu’à certains endroits, ils affleuraient presque la surface ! Pas de panique … les profondeurs sont bien indiquées sur la carte mais comme quoi, il faut se méfier des profondeurs même s’il s’agit d’une zone de mouillage obligatoire.

Mardi 12.

Depuis vendredi passé … plus un seul « love boat » à l’horizon et quel calme ! Lundi, nous n’en comptions qu’un seul mais aujourd’hui, nous avons droit à cinq « love boat » … je ne vous raconte pas comme nous sommes secoués par le passage de toutes les navettes et autres engins qui flottent !

Sur le canal 69 de la VHF nous entendons : « Pierre à l’écoute … » ! Ne résistant pas à la tentation, Ann fait suite au message et de là, s’instaure une petite conversation avec un Québecquois qui lui raconte être à bord du « love boat » situé juste en face de notre bateau ! C’est bien la première fois que nous entendons qu’un touriste dispose d’une VHF et sait s’en servir … Au demeurant, nous sommes toujours en veille sur le canal 69 réservé aux communications de bateau à bateau car c’est celui le plus usité par les Français. En navigation, nous sommes en veille sur le canal 16.

Je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller explorer en plongée, le long boyau sous-marin découvert la veille, en snorkeling. Nous étions trois : Ann, Laurent de « Maeva » et votre serviteur.

Malheureusement, dès le départ, Laurent connaissait de sérieuses difficultés à descendre et à rester sur le fond ce qui ne lui a pas permis de continuer la plongée avec nous. Une fois à nouveau dans son annexe, il constatait la perte d’un de ses sacs de plomb …

Redescendu (-10 m – 53’) avec Ann, je me suis mis à la recherche de mon long boyau sous-marin que je n’ai plus retrouvé à mon grand désespoir. J’ai quand même trouvé un autre petit boyau qui nous a menés plein Ouest sur le sable et en longeant la limite du mouillage, j’ai exploré l’une et l’autre faille : toute cette zone n’est qu’un énorme et magnifique  gruyère !

A ma troisième faille, j’ai vu qu’il y avait moyen de s’enfoncer un peu plus … ce que je n’ai pas manqué de faire en demandant à Ann de m’attendre à la sortie au cas où il s’agirait d’une faille  sans issue. Au bout de mon couloir, un trou rond donnant accès à une caverne où la lumière n’avait pas sa place !

Une fois dans la caverne, j’ai repensé que j’avais une lampe halogène dans la poche de ma stab … mais même sans lampe, j’avais rapidement relevé que la caverne était en fait, un tunnel donnant accès à deux couloirs partant en Y.

Constatant qu’Ann ne m’avait pas suivi, je suis reparti sur mes traces, la chercher en poussant devant moi un gros tarpon. La plupart de ces failles sont occupées par des tarpons absolument pas farouches.

Nous sommes alors retournés ensemble dans « l’antre du diable » et après avoir essayé le couloir de droite sans issue possible pour nous plongeurs, nous sommes sortis par le couloir de gauche.  Je me demande parfois si je ne devrais pas m’orienter vers la spéléologie sous-marine tant j’aime cela …

Ensuite, nous sommes rentrés par le « chemin des écoliers » jusqu’au bateau.

Mercredi 13.

Et de six « love boat » aujourd’hui … nous allons devenir des experts en « love boat ». Nous n’en avons jamais vu autant qu’ici ! Et voilà que les « U.S. Coast Guard » font également partie de la ménagerie du cirque !!

Partout où nous allons, nous avons toujours droit à une fine poussière qui s’incruste en les moindres recoins.  Depuis que je m’adonne à mes temps libres,  à la lecture … il n’y a plus de « conchita » pour prendre les poussières sur le pont et tout se salit extrêmement vite ! Aussi ai-je pris la résolution de faire, à nouveau, un effort de ce côté-là : ce mercredi, c’était au tour des filières en inox d’être lustrées.

Cela n’arrive pas tous les jours mais avec un vent de SE nous nous faisons sérieusement rouler d’un bord à l’autre. Par chance, nous sommes totalement habitués et ainsi immunisés contre le mal de mer.

Jeudi 14.

Le rituel de chaque matin consiste à compter le nombre de « love boat » présent (quatre) et de partir à la chasse aux moustiques (une dizaine) qui se concentrent dans le WC et la salle de bain. Il est loin le temps où vous aviez droit à une fumigation obligatoire anti moustique dès que vous arriviez avec votre bateau dans l’île. Les moustiques y sont maintenant bien implantés même s’ils demeurent dans des proportions acceptables. Sur certaines îles comme Bonaire notamment, il s’agit d’un véritable fléau !

Ce que j’adore le plus ici à « Grand Cayman », ce sont les fins d’après-midi vers 16 heures lorsque toute l’agitation de la journée s’estompe alors qu’il fait encore clair. C’est le moment le plus idéale pour nager ou plonger.

Laurent était resté sur une mauvaise impression lors de sa dernière plongée en raison de la perte d’une partie de son lestage. Il était donc chaud comme les braises pour remettre le couvert …

Nous nous sommes rendu tous les deux avec nos annexes à la bouée blanche située à seulement une ou deux encablures de nos bateaux respectifs. Petit-à-petit je commence à bien connaître le spot de plongée qui est tout simplement m-a-g-n-i-f-i-q-u-e : ce n’est qu’un labyrinthe de canyons profonds et étroits qui s’entrecroisent … je pourrais y jouer des heures durant !

Durant la première demi-heure, Laurent a dû retrouver ses marques et sa confiance en lui … et à vrai dire j’ai été à deux doigts de jeter l’éponge et d’écourter notre plongée ! Mais dans la seconde demi-heure, il a retrouvé toutes ses capacités et j’ai pu l’amener dans des passages tellement étroits qu’il fallait s’aplatir sur le fond pour passer. Je n’en ai pas cru mes yeux en le voyant me suivre partout où j’allais : il s’agit d’une des meilleures plongées (-10m – 60’) que j’ai jamais connues.

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Responses

  1. Je suis avec intéret votre navigation. Je ne connais pas Cayman et les découvre grace à vous. Vous etes tous les deux de bon marins compétents et courageux avec un bateau super équipé…
    Pensez vous passer le Panama et aller dans le Pacifique ?? Quand ?
    Bon courage …on pense à vous.
    Pierre Jonnart et Ghislaine Gilon

  2. Chers Amis,
    Je suis de retour à Bxl après 52 jours sur le Laurence. Nous avons remonté
    le Brésil jusqu’à Kourou.C ‘était formidable. J’ai donc durant près de 2 mois, était dans l’impossibilité de consulter votre blog, dès que j’aurai quelques heures, je le ferai.
    Vous aurez appris que j’ai rencontré Bernard et Jeanne , nous avons pris l’apéro ensemble, et je vais essayer de trouver un appart pour eux pour quelques mois, en effet ils doivent rentrer quelques mois à Bxl
    J’ai eu une invitation pour faire Panama -les Marquises, j’ai émis le souhait
    de faire un détour par les Galapagos.Ce triple se ferait cet hiver à bord d’un cata ( 42 pieds) Zorba.
    Bravo bon papa et bonne maman pour votre périple et A +
    Réginald


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