Publié par : Ann & Stéphane | 27 janvier 2013

27.12.12 au 13.01.13 – Cienfuegos de Cuba.

Jeudi 27.

Après avoir fait le tour de l’horloge (nous avons superbement bien dormi), nous avons mis un peu d’ordre à bord pour recevoir dignement notre nièce Emilie et son mari Laurent, en voyage à Cuba. En fait, le père de Laurent travaille depuis 7 ans à « La Havane » pour « Inbev ».

Nous avons passé un agréable moment en leur compagnie et du couple d’amis, Delphine & Arnaud,  qui les accompagnait.

En milieu d’après-midi, nous sommes partis à pied avec Chantal & Laurent pour un peu visiter « Cienfuegos » qui est situé juste à côté de la tristement célèbre « Baie des Cochons » désormais zone interdite de navigation …

La ville est typiquement « cubaine » avec les traces encore fraîches d’un passé fastueux. Nous avions visité « Cuba », il y a une dizaine d’années mais sans le bateau et nous avons retrouvé le même « Cuba » toujours aussi paisible, toujours aussi fascinant sauf que … depuis lors, l’internet a fait son apparition partout dans le monde mais pas à « Cuba » : il est quasiment impossible d’avoir une connexion même dans les hôtels internationaux et les communications téléphoniques sont hors de prix !! Aaaaaaaaaaaah Fidel, il faudrait quand même un peu penser suivre l’évolution des technologies tout de même !

En rentrant, j’avais la surprise de relever que nous étions déjà 5 bateaux au mouillage !! Sans compter qu’en la marina, on retrouve déjà des Suisses (allemands), des Allemands, des Suédois  et des Russes auxquels il faut ajouter quelques bateaux de charter !

Les Russes, à bord d’un « Catana 47 ’» ont décidé de retourner en Méditerranée car ils en ont ras-le-bol des tracasseries administratives qui les touchent plus particulièrement en tant que Russes : ils ne sont nulle part les bienvenus sauf à « Cuba » !!

Vendredi 28.

Tous les jours, son lot de nouveaux  arrivants : déjà 3 voiliers rien qu’en cette matinée dont un voilier américain … ! Nous sommes en période d’affluence sans doute en raison de l’approche des fêtes … cela fait tellement « branché » : « Où as-tu passé ton réveillon, cette année, très cher  ? Mais à « Cuba » voyons … l’endroit où il est bon d’être vu comme tu devrais  le savoir ! »

Pas trop notre style mais heureux tout de même d’être là car nous aimons beaucoup « Cuba » et son ambiance si particulière. L’île ne ressemble à aucune autre que nous avons visitée : son régime communiste l’a tenue à l’écart de l’évolution du monde et l’a préservée de la circulation suffocante, des réseaux sociaux ou de l’internet ! Si la circulation est très fluide, les échappements vous font par contre, attraper une sérieuse quinte de toux … les véhicules sont dépourvus de tout filtre quelconque.

D’où est mouillé « S.A.S.³ », nous voyons tout et de statut de « concierge », je suis monté en grade en devenant « l’œil de Moscou » …

C’est seulement  quand Ann est partie avec Chantal à la recherche désespérée d’une connexion internet  … que nous nous sommes rendu compte que notre orin avait disparu ! Crime de lèse majesté : qui a osé nous piquer notre précieuse bouée ? C’est amusant mais je tiens énormément  à cette petite bouée rouge.

L’orin présente deux avantages: signaler à tous où se trouve posé exactement l’ancre et favoriser un déblocage de celle-ci en cas de nécessité. Evidemment, il faudrait idéalement que sa « cordelette » soit plutôt résistante pour permettre en cette hypothèse, de réaliser une traction sur l’ancre avec un autre angle que celui de la chaîne …

Le système de l’orin mis en place sur « S.A.S.³ » est le suivant : à l’ancre est attachée une cordelette de 15 mètres qui passe par l’œillet de la bouée et termine sa course, par une grosse manille. Pourquoi un tel système ? Pour être efficace, l’orin doit flotter à la surface mais si la cordelette qui l’attache à l’ancre, est trop courte par rapport à la profondeur … Si par contre, elle est trop longue, l’orin va dériver et ne se placera plus à la perpendiculaire de l’ancre. Avec le système mis en place, la manille joue le rôle de contrepoids  et ajuste la longueur de la cordelette à la profondeur adéquate.

Evidemment lorsque la hauteur d’eau est inférieure à 15 mètres/2 … le contrepoids ne fait plus totalement son office puisqu’il est sur le fond et peut arriver ce qui nous est arrivé à savoir que la chaîne en bougeant sur le fond, entraîne avec elle le contrepoids et à sa suite, la cordelette de l’orin. La première fois que cela nous est arrivé, l’orin se trouvait un bon mètre sous la surface mais cette fois-ci, je l’ai retrouvé sous la chaîne d’ancre c’est-à-dire sur le fond !!

Au vu de l’eau carrément verdâtre du plan d’eau, c’est contraint et forcé que je suis descendu le long de la chaîne d’ancre pour retrouver la trace de notre orin : la visibilité sous l’eau n’excède pas 10 centimètres ! « Contraint et forcé » … car nous sommes maintenant 7 voiliers au mouillage et bien entendu au lieu de profiter de l’immense espace disponible, chacun ne trouve rien de mieux  que de venir se coller à nous (une spécialité toute française selon les Anglais …) et en ces circonstances, il est préférable  que notre ancre soit facilement localisable … seul « Maeva » a la chance de rester un peu en dehors de la mêlée.

Soirée « foie gras et langoustes » sur « Maeva » …un délice.

Samedi 29.

Comme il faut bien quand même faire un peu d’exercice et qu’il est très agréable de se promener à « Cienfuegos » où la circulation urbaine est très discrète, nous avons été voir où nos épouses avaient réservé pour le Réveillon de Nouvel-An  et nous en avons profité pour y prendre un verre: très petit mais tout-à-fait charmant.  J’adore ce genre d’endroit où la végétation règne en maître maintenant de là à être certain que le Réveillon sera une grande réussite … nous verrons bien.

Sur le chemin du retour, nous sommes passés par le « Jagua Hôtel » pour tenter d’y trouver une connexion internet : bingo même s’il faut être très patient … L’occasion de faire un peu plus connaissance avec les français du catamaran mouillé près de nous : un couple parti avec trois enfants pour une année sabbatique, à tourner dans les Caraïbes,  sur un catamaran de location.

Comme le monde est petit, ce couple a rencontré un autre couple de français exactement dans la même situation sauf que les trois enfants sont moins âgés !! Depuis lors, ils naviguent de conserve depuis plus de trois mois mais leur programme divergent après « Cuba » …

Dimanche 30.

La météo l’avait annoncé et nous y avons eu droit : un petit coup de Nordet qui met tout le monde d’accord et un petit clapot bien senti dont nous ne ressentons heureusement aucun effet  à l’intérieur du bateau.

Nous profiterons de la journée pour aller voir la « clinica international » où j’espère pouvoir réaliser mon électrocardiogramme à l’effort  annuel,  obligatoire en le cadre de la plongée. En fait, de « clinica » il s’agirait plutôt d’un discret petit dispensaire où bien entendu il n’est pas possible de réaliser  ce type d’examen. Mais bon, on ne se décourage pas encore et nous continuons de chercher.

En finale, nous avons marché deux bonnes heures dans « Cienfuegos » en passant par des rues où il n’y avait pas un chat  à l’horizon ! Dans d’autres pays, nous n’aurions pas osé nous aventurer dans de telles impasses …

Si d’un côté, j’adore l’endroit d’autant que le mouillage est vaste, bien protégé et très animé (« Cienfuegos » est une base très active de location de catamarans essentiellement) d’un autre côté, la plongée me manque et j’ai envie de naviguer ! Evidemment, sans télévision,  sans internet, sans possibilité de nager et de plonger … les journées me paraissent un peu beaucoup longuettes mais je dois avouer que je suis le seul de nous quatre, à m’en plaindre.

Notre programme de navigation présente une faiblesse majeure: si nous ne restons pas quelques temps à chaque endroit, nous nous retrouverons à « Curaçao » en avril ! Ce serait évidemment beaucoup trop tôt dans la saison d’autant plus que ni « Maeva », ni nous, n’avons envie « de cycloner » à nouveau  à « Spanish Water » jusque fin novembre …

La seule échappatoire consisterait à passer « Panama » en mars de cette année en même temps que d’autres bateaux rencontrés : nous ne serions ainsi pas contraints de « traîner » en chaque endroit visité.  Oui mais voilà … Ann ne tient pas à passer « Panama » cette année pour divers motifs et « Maeva » n’envisage plus d’aller dans le Pacifique. 

Lundi 31.

Comme prévu notre Nordet souffle toujours quoique un peu plus Est et avec lui, nous assistons depuis hier, à une chute des températures surtout quand le soleil a tiré sa révérence. Résultat des courses, j’ai ressorti mon polar pour lire dans le carré et c’est sous la couette que nous avons passé notre nuit ! Il manquerait plus que la neige tombe et on se croirait en Europe … Ouais, ok, j’exagère … nous continuons à vivre en maillot de bain et les températures sont plus qu’agréables.

Arrivée de « Lupa of London » (Baltic 80’). Malgré un équipage de pros, l’appontement en marche arrière fut tout à la fois pénible et peu digne d’une telle unité !  De manière assez étonnante encore que plus rien ne finit par m’étonner sur ces voiliers surtout tape-à-l’œil, le bateau semble dépourvu de tout propulseur !! C’est donc avec des amarres et à la force des winchs que la manœuvre a été terminée … Le seul mérite que j’accorde volontiers à ce skipper, c’est son flegme.

Soirée de Réveillon de la Saint Sylvestre … Sympa en compagnie de Chantal & Laurent  mais malheureusement le resto où nous avons réveillonné, a sa baie ouverte exposée plein Est et avec le vent froid qui soufflait en force, on se les caillait !  Ambiance plutôt très calme et très peu de monde dans les rues et au restaurant. Nous n’avons pas eu le courage d’attendre les douze coups de minuit que nous avons fêtés … dans notre lit tout chaud.

Mardi 1 janvier 2013.

Comme la météo l’avait annoncé mais en retard pour le Réveillon, le vent est totalement tombé laissant la place à un magnifique soleil.

Journée de farniente où j’en ai profité pour faire le montage du film de notre traversée de l’Atlantique dont j’avais complètement perdu de vue l’existence …

Apéro sur « S.A.S.³ » avec Linda, Hans et Yanick de « Baros », Sandra & Philippe de « Ulani » et bien entendu « Maeva » … amusant ce mélange des langues : français, néerlandais avec un zeste d’anglais ! S’il y a une chose qui m’aura toujours manqué dans la vie, c’est bien d’être polyglotte !

Mercredi 2.

Il fait magnifique et pas un souffle de vent.

Je vous ai déjà parlé de l’animation en la marina … ce matin, c’était  « Cayman Valhalla » qui partait par le fond !! Il s’agit d’une grande et vieille goélette d’époque assez mal entretenue qui encombre le ponton de la marina alors qu’elle serait beaucoup mieux à l’ancre dans la baie … Quand je pense que la marina nous avait proposé de placer « S.A.S.³ » juste à côté ! Par chance, la goélette s’est enfoncée bien droite et le fond ne dépasse pas 3,5 mètres de profondeur.

L’eau est tellement verdâtre que nous n’osons pas nous baigner ce qui est très regrettable mais de surcroît, nous avons des problèmes avec les filtres de notre déssalinisateur : un filtre propre est saturé après un seul remplissage  … du jamais vu ! Aussi pour épargner un peu notre réserve de filtres, nous les nettoyons avec une brosse à dent et cela fonctionne assez bien.

Jeudi 3.

Nous avions rendez-vous  ce matin, à « l’Hospital Cienfuegos » pour me faire passer mon électrocardiogramme à l’effort en le cadre de la plongée (cet examen est obligatoire chaque année pour les plus de 55 ans …). Ann a profité de son passage au pays pour se mettre en ordre de ce côté-là.

Déjà pour trouver l’hôpital, nous avons préféré prendre un taxi plutôt que nous en remettre aux indications des passants rencontrés alors qu’il était, en finale, très facile à trouver …

Pour notre rendez-vous de 9 heures, nous étions sur place à 8.30 heures ! En cherchant un peu, nous avons trouvé le service de cardiologie au 3è étage où il nous a été demandé de patienter dans la salle d’attente aussi vaste que vide ! Contrairement à ce à quoi nous sommes habitués, nous avons eu droit à d’énormes canapés en velours profonds et confortables !

Nous avons poiroté deux bonnes heures durant mais environ toutes les demi-heures, une infirmière parlant parfaitement l’anglais, venait nous annoncer quelque chose pour nous faire prendre patience. Nous avons également eu droit à la visite du Secrétariat pour nous informer combien cela coûterait et s’enquérir gentiment de la manière dont nous comptions payer.  Comme le temps passait, il nous a été offert deux jus d’orange frais pressés par le cuistot du service de cardiologie !!

Le cardiologue s’est enfin présenté et nous a fait rentrer dans une chambre mal éclairée où sur une petite table ronde bancale comme on en voit  sur toutes les terrasses de café, il a dressé son rapport médical sur une feuille de papier recyclé … notre infirmière bilingue servait d’interprète.

Après les petits examens de routine, nous sommes partis dans un local donnant sur un couloir étroit où s’entassaient des dizaines de Cubains attendant leur tour. Chaque local où officiaient des médecins, était étroit, délabré, vétuste et bordélique. Notre « local technique » était équipé d’une table de consultation, d’un vélo et d’un PC remontant aux premières années de l’informatique.

Suite à une mauvaise connexion au niveau de la prise de courant (toutes les prises de courant sortent des murs quand elles ne pendouillent pas), notre cardiologue ne parvint d’abord pas à allumer son PC et ensuite dû recommencer toutes les opérations d’inscription à plusieurs reprises avant d’arriver à la bonne.

Le test terminé, il restait à faire remplir et à signer l’attestation de non contre-indication à la plongée fourni par mon club de plongée. Si l’année dernière en « Martinique », cela fut une véritable galère, ici à « Cuba », notre cardiologue s’est montré très compréhensif et après s’être fait traduire le document, l’a signé sans problème.

Ce que je retiens de tout cela c’est que les Cubains sont vraiment c-h-a-r-m-a-n-t-s mais que je préférerais ne pas devoir être hospitalisé à « Cienfuegos » …

Vendredi 4.

Nous allouant les services d’un taxi, nous avons été visités avec « Maeva », la ville de « Trinidad » distante de 80 kms de « Cienfuegos ».

Le taxi … une vieille américaine poussive où plus rien ne marche mais qui roule ! Après le côté folklorique, ce sont les fesses qui ont tout pris : 1 ½ heure de route nous a complètement dissuadés de recourir au même taxi pour aller à « La Havane » … nous prendrons le bus. Il s’agit de bus modernes offerts par la Chine et réservés aux touristes.

Trajet un peu pittoresque donc mais fort intéressant par les superbes paysages auxquels nous avons été confrontés. « Cuba » est au moins aussi pauvre que la « Jamaïque » mais les décors n’ont absolument rien de comparable.  Nous préférons de très loin « Cuba » au détail près qu’il est très difficile de réaliser un avitaillement : si on trouve par exemple,  des tomates à tous les coins de rue, la pomme de terre est difficile à trouver de même que l’eau gazeuse ! Quant aux biens de consommation, n’en parlons même pas : les magasins sont quasiment vides et pris d’assaut lors du moindre arrivage.

A « Cuba » ce qui manque énormément, ce sont des moyens de transport modernes : on se déplace comme on peut c’est-à-dire à pied, à cheval, en carriole, à vélo, en triporteur, en motocyclette ou en vieilles américaines. Les voitures modernes sont réservées à la location … Quant aux tarifs, ils sont carrément à la tête du client.

Sur place pour 10 heures 30, nous avons abandonné notre taxi pour lui donner rendez-vous à 16 heures au même endroit : le centre du vieux « Trinidad » est interdit aux voitures. La ville attire énormément de touristes parmi lesquels de nombreux Français.

Nous avons quadrillé la vieille ville dans tous les sens : les gros pavés si caractéristiques, sont une torture pour les pieds et les chevilles mais la ville est toujours aussi belle.  Les orchestres locaux sont un peu partout et mettent beaucoup d’ambiance.

Après une halte à la « Casa de la musica », une visite au « Museo Nacional de la Lucha contra Bandidos » (un ancien couvent de Saint François d’Assise), un dîner au « Trinidad Colonial » et une autre halte à la « Taberna Canchàchara » , nous avons repris notre taxi pour un retour à la marina. Fourbus mais heureux de notre journée, nous avons retrouvé nos bateaux.

Samedi 5.

Le mouillage s’est un peu clairsemé ces derniers jours mais nous comptons depuis ce midi, un nouveau catamaran français  qui vient des célèbres « Jardins de la Reine » que nous avons longés en arrivant à « Cienfuegos ».

Sujet délicat que les « Jardins de la Reine » : nombreux plaisanciers y ont passé des semaines voire des mois à mouiller ici et là dans ce dédale d’îlots enchanteurs où nous n’irons vraisemblablement pas !

 En venant de « Cienfuegos », nous avons environ 75 milles à parcourir contre le vent pour atteindre « Cayo Breton » ce qui rebute totalement « Maeva » : nous aurions dû faire notre « clearance d’entrée » à « Santiago » et ensuite remonter sur les « Jardins de la Reine » pour bien faire ! Mais « Santiago » n’a pas bonne presse au niveau de l’accueil réservé aux plaisanciers et la marina est ceinturée d’usines aux rejets innommables.

Nous avons également, un sérieux problème de profondeur avec notre tirant d’eau de 2,5 mètres et lorsque nous entendons que notre catamaran français a passé quelques cinq heures pour se déséchouer, cela fait peur même si sur la carte, de nombreux chenaux sont possibles …

La cartographie électronique serait  inexacte pour ces régions en sorte qu’il est prudent d’être en possession d’une carte papier éditée sur les services cubains ! Et bien évidemment, ces cartes ne sont vendues qu’à « La Havane » dans l’arrière boutique d’une librairie (Vieux Havane – sur Obispo, juste après la rue Mercaderes, troisième magasin après le coin au niveau de Plaza de Armas) …

Enfin et selon les propos recueillis auprès de ceux qui y ont été cette année, l’eau serait trouble et les fonds marins auraient beaucoup été endommagés lors du passage du cyclone « Sandy ».

Nous n’irons donc pas aux « Jardins de la Reine » et je suppose qu’il y aura toujours une âme bien pensante pour le regretter en notre nom et nous dire combien nous avons raté quelque chose …

Dimanche 6.

Sale journée pour « Maeva » qui a découvert la présence d’une importante fuite d’air sur la face extérieure du boudin de son annexe AB … juste en-dessous de la bande de protection !  Comme la bande de protection offre une certaine épaisseur, il est quasiment impossible de faire tenir une réparation en cet endroit …

A la marina, il n’y a guère de place spécifique pour ranger son annexe en sorte que tous les plaisanciers n’ont d’autre choix que de l’attacher au ponton en béton. Celui-ci est soutenu par des  pilastres en béton sur lesquels des coquillages excessivement coupants ont élu domicile …

Arrivée de « Noix de Cajou » (Alliage 50’) suivi d’un apéro sur « S.A.S.³ » avec Chantal, Michaël & leur fils, Arthur et … « Maeva ». Nous avions déjà rencontré « Noix de Cajou » notamment à « San Miguel » (Canaries) et à la « Baie St Anne » (Martinique).

Lundi 7.

Le moment tant attendu est enfin arrivé : nous partons en bus pour « La Havane » … départ à 10 heures devant « l’hôtel Jagua ». Dans la précipitation du départ, j’en oublie mon appareil photos  au bateau !! Comme nous avons laissé notre annexe sur le portique de « S.A.S.³ » et que l’annexe de « Maeva » est partie à la réparation, c’est Michaël qui très gentiment me conduira au ponton de la marina. Difficile en ces conditions de courir jusqu’au bateau pour récupérer mon objectif sans louper le  bus … qui n’arrivera en finale qu’avec une bonne demi-heure de retard !

Trajet de 3 ½ heures sur une mauvaise route … c’est dire si on est content d’arriver. Une fois largués en pleine ville, le plus pressant restait à trouver un logement : après avoir, en vain,  tâché de trouver une chambre d’hôtel dans le  « vieux Havane », nous nous sommes rabattus  sur une chambre chez l’habitant.

Après un premier essai que nous n’avons pas transformé, nous nous sommes résolus au second essai : une très belle expérience qu’aucun de nous ne regrette même si nous n’y avons pas passé nos meilleures nuits. Les Cubains sont réellement adorables de gentillesse et malgré que nous envahissions leur petit espace de vie, ils se coupent en quatre pour vous être agréables.

Mardi 8.

Dès le matin tôt, nous avons arpenté la ville dans tous les sens … à pied, en calèche et en « coco taxi ». La ville est grouillante d’animation et de circulation ! Perso, j’ai eu l’impression que « La Havane » avait un peu perdu de son charme par rapport à notre première visite  d’il y a 10 ans tout en gardant un attrait que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Comme dans d’autres îles,  « Sainte Lucie » par exemple, nous avons pu relever combien la Communauté européenne participait à de nombreux projets de construction ou de rénovation en ces territoires qui ne dépendent pourtant pas de la C.E. !

Le soir, nous étions invités à dîner chez Fabienne & Jean … les beaux-parents de notre nièce Emilie ! C’est la première fois que nous les voyons mais le courant est immédiatement bien passé et nous avons eu beaucoup de plaisir à faire leur connaissance ainsi que celle de leur second fils, Tanguy.

Mercredi 9.

Retour à la marina de « Cienfuegos » avec un départ de bus fixé à 8.15 heures … nous avons poiroté – en compagnie de Sandra & Philippe de « Ulany » – plus de 1 ½ heure devant « l’hôtel Inglaterra » dans les pétarades et les gaz d’échappement  d’un parc automobile qui ferait le bonheur de nos musées et des collectionneurs ! Lorsqu’enfin notre bus est arrivé, nous étions au bord de l’explosion de colère … il faut dire qu’on nous avait d’abord fait monter dans un premier bus pour nous en faire descendre par la suite sous prétexte qu’il ne s’arrêtait pas à « Cienfuegos » en allant à « Trinidad » alors qu’il s’agit de la même route.

De retour sur nos bateaux, nous retrouvions le calme de notre mouillage et le confort du bord : nos batteries étaient toujours bien chargées … C’est là que nous avons apprécié notre système de démarrage/arrêt automatique de notre groupe électrogène car sans lui, nous aurions été contraints de prendre une place en marina pour nous brancher à la borne électrique du ponton ! « Maeva » ne connaît pas ce problème puisque le bateau est équipé d’une éolienne et de panneaux solaires … « S.A.S.³ » en est dépourvu car tout simplement nous avons une consommation électrique beaucoup trop importante et que nous ne souhaitions pas nous embarrasser de ces équipements.

Jeudi 10.

Après une nuit de sommeil réparateur et alors que je déjeunais tranquillement dans le carré …toc-toc-toc-toc-toc-toc-toc-toc-toc-toc !!

Comme je n’attends personne et qu’Ann est partie aux courses d’avitaillement, je pense immédiatement  à une écoute ou une drisse qui frappe la coque … rien de ce côté-là ! Je regarde tout autour du bateau à la recherche d’une quelconque embarcation … rien de ce côté-là non plus ! Et là, en y regardant de plus près, je découvre « l’opportun » qui ose frapper ma coque … une bouteille de bière Corona vide qui au gré des vagues, cogne la coque à intervalles réguliers tout en la longeant !!

Vendredi 11.

On se trouve à nouveau en période d’affluence : nous sommes 9 bateaux au mouillage sans compter ceux qui préfèrent la marina comme « Ulany », « Baros » et les autres.

Nouvel incident pour « Maeva » qui s’est fait percuter méchamment par un très jeune Cubain faisant de l’aviron et  qui a chaviré du même coup ! Le jeune homme n’a pas voulu donner son nom et est parti …

Le vent est assez fort (25 à 30 nœuds en mer) depuis hier et justifie que nous attendions une meilleure météo pour partir sur « Cayo Largo » situé à 75 milles plus à l’Ouest de l’île : ce serait quand même stupide d’avoir attendu si longtemps pour enfin se bouger un peu et de partir alors que la météo n’est pas bonne !

Comme la marina ne délivre pas de l’essence normale pour annexe (!!), Ann s’est coltinée le transport du réservoir jusqu’à la plus proche station d’essence où face au choix de 83, 90 et 94 octanes … elle a choisi 83 octanes. De retour au bateau, elle apprenait qu’un choix de 90 octanes minimum était souhaitable …

Après quelques tergiversations, nous avons décidé de nous débarrasser de nos 25 litres d’essence normale à 83 octanes pour un nouveau plein à 94 octanes … et après tout cela, vous finirez encore par vous demander ce qu’on peut bien faire toute la journée ! C’est un petit jeune de la marina qui a réceptionné avec le sourire, nos 25 litres d’essence 83 octanes pour sa voiture.

Comme une « contrariété » ne vient jamais seule … j’ai été contraint de repenser totalement le système de connexion du feu arrière de notre annexe ! Le système est amovible ce qui est toujours source d’ennuis. Déjà en « Martinique » j’avais été contraint de bricoler le système d’origine qui s’était montré défaillant et les pannes s’étaient succédées depuis lors. Mais aujourd’hui fut le pompon puisque malgré tous mes efforts, je ne parvenais plus à établir la moindre connexion électrique ! Je ne vous raconte pas les énervements pour la mise en place du nouveau système …

Nous avons inauguré un nouveau genre d’apéro qui présente bien des avantages … plutôt que d’inviter à bord avec très, très peu de retour … nous avons donné rendez-vous au bar de la marina : nous avons ainsi fait la connaissance de Vivianne & Daniel de « Jamali » (Ovni 345’)  et de Vanessa & Jean-Emmanuel de « Maïtou » (16 mètres en acier de 25 ans d’âge). « Maeva » était bien entendu de la partie.

Il est assez difficile de se faire inviter à bord d’un autre bateau et j’ai souvent vu des couples qui n’invitaient jamais personne à leur bord ! Il arrive même que si vous allez jusqu’à leur bateau en annexe, il ne vous soit pas proposé de monter pour bavarder plus confortablement dans le cockpit !! A côté de ces « réfractaires sociaux » qui ne déclineront pourtant jamais votre invitation … il y en a d’autres qui pourraient afficher l’écriteau « Bateau du bon accueil » mais il ne s’agit que d’une infime minorité !

Samedi 12.

Journée farniente … sauf pour Ann qui est partie tôt le matin pour essayer d’avoir une connexion internet ensuite marché pour les fruits et les légumes, premier supermarket où il n’y avait rien… second  supermarket, file de ¾ d’heure pour avoir des œufs dans un magasin réservé aux Cubains etc.

Ann passe le plus clair de ses journées  à courir de tous les côtés tantôt pour l’internet, tantôt pour l’avitaillement, tantôt pour des formalités administratives, tantôt pour d’autres courses : une vie de chien qu’elle semble pourtant apprécier !! Allez-vous en comprendre le psychologique d’une femme …

Dimanche 13.

Il y a toujours autant de mouvements sur le mouillage et même de nuit, ce qui n’arrête pas de me surprendre ! Il est vrai que si je devais revenir à « Cienfuegos », je n’hésiterais sans doute plus à le faire une fois la nuit tombée mais cela c’est parce que maintenant je connais la passe … C’est un peu partout pareille.

Nous avons – enfin – décidé de nous extraire de « Cienfuegos » … Sur la route vers « Cayo Largo », nous avons décidé de faire escale à « Cayo Guano del Este » où nous espérons passer une nuit au calme ! L’endroit n’est pas trop protégé de la forte houle et c’est bien pourquoi nous avons attendu une « bonne » météo pour partir.

On aime la bureaucratie à « Cuba » et donc, si Ann s’est tapée cet après-midi, les formalités du « permit cruising », nous avons malgré tout et encore la visite juste à la tombée de la nuit, d’un fonctionnaire qui après avoir rempli divers formulaires, nous remet notre permis sans lequel nous n’aurions pu partir …

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