Publié par : Ann & Stéphane | 21 décembre 2012

05 au 13.12.2012 – Carénage en Jamaïque.

Mercredi 5.

Absence de vent, temps sec … c’est l’occasion ou jamais de sortir le bateau de l’eau pour son carénage. Mais c’est aussi le jour où Ann rentre à la maison, voir notre petite-fille Alexia … son taxi est prévu pour 10 heures ! Mon Dieu que vais-je faire tout seul alors que je ne parle pas anglais et que c’est toujours Ann qui s’occupe des « relations extérieures ». Au secours !

Nous avons deux heures devant nous pour la sortie de l’eau. Aidés de Chantal & Laurent, nous partons vers l’aire de carénage où nous sommes attendus.

« Georges » mène les opérations de mains de maître avec beaucoup de professionnalisme et de douceur : un plongeur occasionnel sautera même à l’eau pour s’assurer que les sangles sont bien positionnées sous la coque ! Comme il n’avait pas de masque, je lui ai prêté le mien !

Petit moment d’angoisse lorsque le bateau est dans les élingues en position haute maximale … il n’est pas évident au premier coup d’œil de savoir si la quille passera ou non au-dessus du mur du fond de la darse !! A vrai dire, je n’avais pas vu le problème mais j’étais bien le seul et tout le monde croisait les doigts en silence … Au final, nous avions une trentaine de centimètres de jeu.

Le calage du bateau sur de l’aire de carénage, finira par me réconforter totalement quant au sérieux du chantier : pour nous assurer un branchement électrique aux normes européennes (220 V – 50 Htz), il sera même fait appel à un électricien qui a réalisé lui-même le branchement !

En milieu d’après-midi, le temps devenait à nouveau pluvieux alors que la météo n’avait annoncé que du soleil …

Ann partie pour Bruxelles en vol direct sur Jetair, je restais seul à la manœuvre. Vous le croirez ou non mais cette journée est passée à la vitesse d’un TGV.

Le soir, je dînais sur « Maeva ».

Jeudi 6.

Dès 8 heures, j’étais réveillé par les bruits sur la coque : la journée commençait fort !

J’ai passé le plus clair de mon temps à escalader ou à descendre l’échelle (4.20 m de haut) … Quand on est seul, il est difficile de demander à son conjoint resté à bord, de vous lancer quelque chose.

Je dois bien reconnaître que je suis époustouflé par le savoir-faire des personnes qui travaillent sur notre bateau même s’il y a lieu de déplorer que leurs moyens techniques datent un peu. C’est d’ailleurs bien le motif qui nous a poussés à apporter tous les produits nécessaires.

En fait, le chantier fait partie intégrante de la marina Errol Flynn et est placé sous la responsabilité de « Georges ». C’est lui qui choisit les sous-traitants qui travailleront sur votre bateau. En le cas d’espèce, il a fait appel à « Hulk » pour le polissage du franc-bord et à « Welder – Spinkey & Tony » pour les travaux à la coque. Inutile vous dire que je vous les recommande tous très chaudement.

Même si je ne m’exprime en anglais qu’avec beaucoup de difficultés et que je ne comprends souvent que le premier et dernier mot de la phrase, contraint et forcé je parviens à me faire comprendre du moins c’est ce que je crois … C’est davantage dans le domaine de la compréhension que je fais de sérieux progrès.

Alors que je m’escrimais à graisser notre hélice Max Prop, je perds très malencontreusement un des deux minuscules « bouchons » dans le gravier … Les gens d’ici sont tellement gentils que nous étions six, le nez sur le sol, à la recherche du précieux objet ! Malgré tous nos efforts, nous ne l’avons pas trouvé. Savoir que ce foutu bout de métal est là sous vos yeux en train de vous narguer, a le don particulier de m’exaspérer et comme je ne renonce pas facilement, le soir, je continuais de chercher avec une lampe frontale ! Vous n’avez jamais regardé une série policière ? Observez bien et vous verrez que nos fins limiers préfèrent ne pas allumer la lumière de la pièce et se servir de leur lampe torche !

Si vous souhaitez mon avis de fin psychologue … ne vous plaignez pas, cela fait déjà longtemps que vous n’avez pas eu à subir mes cours de psychologie à deux balles … je pense qu’en fait, si votre vue se limite au faisceau de votre lampe, vous êtes plus apte à vous concentrer sur une petite zone. Si toi pas comprendre, toi envoyer moi un mail.

Vendredi 7.

Les travaux avancent bien et en tout état de cause, je suis là, prêt à relever la moindre imperfection et à faire recommencer le travail si nécessaire. Malgré cela, les gens d’ici ne se déparent pas de leur gentillesse naturelle et s’empressent à chaque fois de vous satisfaire.

Vers le milieu d’après-midi, la pluie fait une nouvelle apparition et bouleverse le programme qui prévoyait la pose d’une première couche d’antifouling. En tout état de cause, je suis gêné par la perte de mon « bouchon » de Max Prop  car je n’imagine pas une remise à l’eau sans que ce problème ait été réglé : le chantier fait l’impossible pour trouver un nouveau « bouchon » mais nous sommes en Jamaïque et le système métrique n’a pas cours !

Dîner sur « Maeva » avec de la langouste au menu … mon péché mignon !

Samedi 8.

Il n’arrête pas de pleuvoir … c’est une atrocité et une catastrophe car à cette allure, je suis encore sur l’aire de carénage à la fin de la saison ! Enfin, j’ai une occupation: partir à la chasse aux « mosquitos » assez présents en raison de la mangrove toute proche. Quand « Georges » m’a proposé de placer le bateau le long de la mangrove, je n’ai pas réfléchi à cet aspect de la question mais il aurait mieux valu poser le bateau de l’autre côté … Il m’objectera par la suite que les prises électriques et d’eau ne sont que d’un seul côté, ce qui n’est que partiellement exact !

« Super TOX » – spirales anti-moustiques … retenez bien le nom de ce produit miracle. Comme j’avais des moustiques récalcitrants dans notre cabine, j’ai fait brûler une double spirale en laissant la porte ouverte pour les pousser à se réfugier dans le carré. Résultat surprenant : la chambre est totalement enfumée et les cinq moustiques que j’ai réussi à tuer, étaient équipés de leur masque à gaz !

Comme vous le verrez sur les photos, le chantier est quasi désert et plutôt grand. Pourtant lorsqu’on y regarde de près, les immeubles construits sont fonctionnels et bien pensés. Les sanitaires sont spacieux et chacun équipé d’un lavabo, d’un WC et d’une douche (eau froide uniquement … je ne vous raconte pas l’hésitation chaque matin lorsqu’il faut se jeter à l’eau). Dommage que la « femme de ménage » ne passe jamais ! C’est un très beau chantier … il lui manque juste un peu plus de clients !

Je déchanterai plus tard en voyant mes factures : si tout est bien spécifié, tout fait l’objet à facturation ainsi la grue, le calage du bateau sur ber ou le nettoyage de la coque sont autant de postes différents calculés sur base de la longueur du bateau. Si l’eau n’est pas gratuite, nous n’avons rien payé pour l’électricité !

Le mouillage dans la baie (12$/jour) est également payant et un poste supplémentaire (3$/jour) vise les « facilités » comme les douches ou les poubelles de la marina …

En finale, un carénage plutôt chéro …

Dimanche 9.

Byzance … c’est Byzance : nous sommes 8 bateaux étrangers à « Port Antonio » ! C’est la foule, le jour des grandes affluences … serait-ce le jour des soldes ??

Le soleil pour sa part, n’est toujours pas au rendez-vous. Et pourtant … la météo locale avait prévu du beau temps depuis ce dimanche jusqu’à au moins jeudi. En fait, un timide soleil se dispute le ciel avec la pluie. Ouiiiiiiiiiin … je veux revoir ma Normandiiiiiiiiiiiiiiiiie.

Dîner très sympa sur « Maeva » … l’occasion de discuter de la prochaine étape de notre voyage.

Lundi 10.

Le soleil est enfin sorti de sa tanière mais pour combien de temps ? C’est fou comme tout paraît plus beau avec quelques rayons de soleil.

Les conditions atmosphériques étant optimales, le chantier en a profité pour mettre la première couche d’antifouling. J’ai cru un moment que mes 4 pots de 3,785 litres (soit one U.S. gallon) y étaient passés mais avec leur savoir faire, ils ont réussi à n’utiliser que 2 ½ pots ce qui me laisse une grande marge de manœuvre pour les pattes de ber, le dessous de la quille et une troisième couche à hauteur de la ligne de flottaison.

Comme de toute manière, nous sommes coincés par le « bouchon » perdu de la Max Prop jusqu’au retour d’Ann qui en apporte un de Belgique, le programme maintes fois bouleversé jusqu’à présent … est : une seconde couche d’antifouling ce mardi, les pattes de ber ce mercredi et jeudi le dessous de la quille avant la mise à l’eau.

Lexique : « patte de ber » … ber = berceau. Si le bateau repose sur sa quille, il est nécessaire de le maintenir latéralement … pour ce faire, on utilise soit un « ber » soit des trépieds inclinés qui prennent appui contre la coque.

Il n’y a plus qu’à espérer que d’ici à jeudi, il ne pleuve plus …

Mardi 11.

Le temps finit par s’écouler pesamment d’autant que la météo nous fait à nouveau des siennes depuis ce matin ! Cela n’a pas empêché la pose de la seconde couche d’antifouling car la pluie se fait rare et faible … il n’empêche que j’aurais préféré un temps plus sec !

J’ai beaucoup d’amitiés pour Chantal & Laurent de « Maeva » qui nous attendent patiemment au mouillage alors qu’eux aussi ont envie de changer de crèmerie depuis plusieurs jours. Enfin, d’ici la fin de la semaine, nous devrions tous partir pour « Montego Bay » situé à l’extrémité Ouest de l’île. Cette escale n’était pas prévue au départ mais peut-on affirmer avoir visité la Jamaïque si on n’en connaît que « Port Antonio » et ses environs immédiats !

Dîner sur « Maeva » … c’est tout de même chouette d’avoir de supers amis.

Mercredi 11.

Cette fois, le soleil est tellement de la partie que malgré ma caquette vissée sur la tête, j’ai bien failli tourner de l’œil sous l’effet de la chaleur et du travail ! J’en suis arrivé à prendre quatre douches froides sur ma journée … Il faut dire que depuis ce matin, je me démène de tous les côtés pour que tout soit impeccable pour le retour d’Ann prévu pour ce soir.

C’est aujourd’hui que les trépieds sont déplacés pour permettre un travail de fond sur l’emplacement des « pattes de ber » ou plus exactement des « pattes de trépied ». Le travail réalisé par le chantier est superbe, votre serviteur jouant par ailleurs, constamment les « inspecteurs des travaux finis ». Beaucoup plus fatiguant ce job qu’il n’y paraît car très vite, il vous revient la responsabilité de la moindre décision.

En finale, il a été apposé trois couches d’antifouling soit 7 pots de peinture de 3,785 litres.

Jeudi 12.

Le jour J. est enfin arrivé : grâce à Ann, j’ai pu remettre le bouchon manquant à la Max Prop en sorte que plus rien ne s’oppose à la remise à l’eau. Rien n’est plus déprimant qu’un voilier hors de l’eau.

Placé correctement la grue par rapport au bateau s’avère plus compliqué que je ne le pensais et « Georges » n’hésite pas à vérifier par lui-même que les sangles sont bien à l’aplomb. Toute opération est réalisée avec un luxe de précautions et de douceur auquel je n’ai pas été habitué jusqu’à présent … Il faut reconnaître que « S.A.S³ » a fait l’objet de toutes les admirations durant son carénage !

Lorsque le premier trépied est enlevé, je deviens livide : l’antifouling a littéralement « glissé » sur le primer comme des couches de magma en fusion !! Pas un seul trépied n’échappera à la règle. Certes, il est procédé immédiatement à un nouveau ponçage suivi d’une couche d’antifouling mais pour un œil avisé comme le mien … c’est une réparation de fortune.

De suite, je pense à l’antifouling situé sous les 4 sangles de levage … Des bruits suspects me font craindre d’ailleurs, le pire et en y regardant de plus près, il est clair que l’antifouling a bougé !!!

Il s’ensuit d’interminables et insupportables cogitations … « Georges » proposant même de recaler le bateau avec des trépieds ! Mais le problème a beau être pensé et repensé de toutes les manières possibles et imaginables, personne ne cerne la moindre solution sauf à tout recommencer depuis le départ et bien entendu avec un autre antifouling … On n’ose imaginer le coût d’une telle opération sans oublier la réelle difficulté à se procurer de l’antifouling en ces lieux.

En finale, le bateau une fois dans l’eau, la catastrophe reste invisible sauf lorsqu’il gîtera … Reste maintenant à savoir comment l’antifouling va se comporter dans le temps et principalement, aux endroits abîmés par les sangles et là, j’ai de sérieuses craintes.

Pour l’instant, j’ignore encore où se situe exactement le problème du manque d’adhérence de l’antifouling (Trilux 33 d’International) sur la coque mais à mon grand étonnement, je viens d’apprendre qu’« Hydra » a connu exactement le même problème quelques semaines plus tôt !!

Si par hasard, vous optez pour cet antifouling, je vous recommande d’être très attentif sur ce point.

De retour au mouillage, « Hulk » s’adonnait avec son aide à nettoyer le pont. D’ordinaire c’est le genre de travail que nous réalisons nous-mêmes mais d’une part, mon moral étant au plus bas, j’ai beaucoup apprécié ce nettoyage en profondeur et d’autre part, j’ai beaucoup de sympathie pour « Hulk » car il travaille très bien pour des prix très raisonnables et cerise sur le gâteau, il va d’initiative, au-delà de ce qui était prévu sans réclamer le moindre supplément. Je vous le recommande vivement. Si vous passez par là, vous le reconnaitrez vite sur son kayak orange ou bien vous pouvez joindre « Rudy & Hulk Marine Services » au 429-3007 ou 586-0103 – E-mail hulkjb@yahoo.com

En fin d’après-midi, la marina Errol Flynn offrait l’apéro sur le ponton à ses clients ! L’épouse d’Errol Flynn, Madame Patrice Wymore, actrice, était présente avec son petit-fils, Luke Flynn, également acteur. Une excellente initiative dont ferait bien de s’inspirer les autres marinas car cela ouvre les contacts : tout le monde semblait déjà au courant de nos péripéties de carénage !

Vendredi 13.

Nous avions prévu de visiter Kingston, la capitale, en taxi. Comme dans bien d’autres pays, à côté des taxis officiels, vous trouverez une multitude de taxis non officiels qui vous allècheront avec des prix plus compétitifs … mais ce sera à vos risques et périls car les contrôles routiers sont fréquents !

En finale, nous avions opté pour un taxi officiel de peur d’être débarqués lors d’un contrôle.

Si nous avions commandé notre taxi pour 9 heures, nous ne sommes partis qu’avec ¾ heure de retard en raison des formalités d’immigration : pour éviter d’avoir à réaliser une clearance d’entrée à notre prochain mouillage sur l’île, nous avons opté pour l’octroi d’un « permit cruising » délivré par les services d’immigration.

Pour se rendre à Kingston, nous avons subi deux longues heures de route sinueuse, en lacets, en fort mauvais état en certains endroits et de surcroît, fort encombrée: il faut réellement avoir envie d’y aller …

Une fois à Kingston, nous sommes restés longtemps dans les faubourgs, sur le périphérique et les voies rapides !! Notre chauffeur était littéralement paralysé de peur à l’idée de se balader dans les quartiers chauds que nous n’avons qu’entraperçus. En insistant, nous avons quand même parcouru le front de mer que j’ai trouvé plutôt joli et fort déserté … selon notre chauffeur, l’endroit n’y est pas sain. En finale, je suis resté sur ma faim !

Je n’ai pas senti un quelconque sentiment d’insécurité mais il est vrai que nous n’avons pas quitté la voiture sauf pour visiter la maison de Bob Marley transformée en musée et pour aller casser la graine dans un restaurant où la carte des menus n’était qu’orale …

En ce qui concerne Bob Marley, j’ai retenu qu’il était né le 06.02.1945 et décédé d’un cancer, le 11.05.1981. Son père était blanc mais sa mère était noire ! Prolifique dans ses chansons, il l’était aussi dans la vie puisqu’il a eu 12 enfants ! Victime d’un sévère home-jacking, il est parti s’installer en GB. Hormis ces quelques informations, la visite du musée n’est guère très intéressante.

Fourbus, nous sommes rentrés en début de soirée au bateau. Le lendemain matin, nous partions pour « Ocho Rios » (Jamaïque) … une escale intermédiaire avant « Montego Bay » (Jamaïque).

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Responses

  1. Cher anne et stephane, D abord joyeux noel et d avance un tres bonne année Puis je te demander d’envoyer les mail sur ma nouvelle adresse Vanswieten.christophe@gmail.com merci C

  2. Une bonne Année Reggae for U les Swinnen
    ivan & Martine

  3. J’ai eu le même problème au début concernant le manque d’adhérence de l’antifouling Trilux 33 d’International que je me procurais sur le site: http://antifouling-international.com/fr. Il faut juste savoir que l’efficacité de cet antifouling s’améliore au travers son action, cela se fait petit à petit, mais il est réellement performant.

  4. Le Trilux 33 semble effectivement un peu plus performant que les autres mais malheureusement son manque d’adhérence a laissé de profondes traces inesthétiques sur la coque et bien évidemment, les saletés en tout genre y trouvent un terrain de choix …


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