Publié par : Ann & Stéphane | 1 décembre 2012

21 au 27.11.2012 Traversée vers les Grandes Antilles (615 milles nautiques).

Croisière à géométrie variable !

Mercredi 21.

Matin.

Si ces derniers jours furent plutôt grisounets, c’est sous un grand et beau soleil que nous avons levé l’ancre à 7.50 heures en même temps que « Maeva » … direction « Port Antonio » en Jamaïque soit 577 milles nautiques à parcourir en ligne droite.

Aucun problème pour quitter « Spanish Water » et monter la GV une fois en mer. Si « Maeva » nous suit, l’écart entre les deux voiliers se creuse facilement en sorte que nous décidons de ne pas envoyer le génois afin de permettre à nos amis de remonter à notre hauteur pour prendre de belles photos de leur bateau.

Nous sommes « grand largue » avec un vent réel de 15 nœuds et un courant qui nous pousse vers le Nord. Difficile pour « Maeva » de tenir son génois sauf à le tangoner ce que Laurent n’a pas envie de faire. Durant deux bonnes heures, nous avons marché à une moyenne de 4 à 5 nœuds sans que l’écart ne puisse diminuer suffisamment pour nous faire patienter davantage.

Un échange radio et nous décidons d’envoyer à notre tour, notre génois. Déception ! Je pensais que « S.A.S.³ » allait littéralement s’envoler mais notre GV dévente notre génois et la vitesse reste stable.

Longeant la côte de Curaçao, nous pouvons progressivement remonter un peu plus au vent ce qui nous fait enfin « décoller » : le speedo affiche 7,5 nœuds.

Un peu plus loin encore, nous sommes un peu moins à l’abri de la côte et de temps à autre, nous avons droit à de petites rafales soutenues de vent … le speedo franchit les 10 nœuds en pointe.

Curaçao derrière nous, nous avons droit à un bon vent de 15 à 18 nœuds … la vitesse moyenne au speedo se stabilise à 9,5 nœuds. Que du bonheur, que du bonheur … mais qui ne durera pas !

Après-midi.

Le temps de distancer définitivement « Maeva » qui n’est déjà plus qu’un point à l’horizon vers 14 heures et le vent diminue à 13-14 nœuds faisant chuter le speedo à 7,5 nœuds.

La mer est formée sans plus et vient frapper le bateau sur son côté tribord. Parfois, une ou deux vagues plus fortes que les autres nous font un peu gîter mais d’une manière générale, le bateau est bien à plat sur l’eau.

Nous faisons un cap au 344° pour un angle de vent apparent à 87° … conditions exceptionnelles. Sans tirer « plein Est » comme nous le conseillait erronément Jean-Claude de « Hydra », nous mettons du Nord dans notre Nord Ouest. Bien évidemment, nous faisons actuellement plus de route (environ 40 milles) mais comme il est prévu des vents très Nord pour notre arrivée sur la Jamaïque, il vaut mieux remonter autant que nous pouvons encore le faire aisément.

La vie à bord est très agréable mais gare aux coups de soleil … celui-ci tape dur ! N’ayant plus qu’un fin duvet sur le crâne suite à mon passage par le coiffeur, grrrrr… le port de la casquette m’est absolument obligatoire. Chaque fois que je passe devant un miroir, je suis horrifié par la tête de bagnard que j’y cerne ! Déjà que j’ai passé une très mauvaise nuit avant le départ …

Il n’y a pas un chat sur l’eau sauf un cargo qui manifestement suit la route idéale (= la route droite) que nous nous sommes fixés !

A l’idée que nous sommes maintenant trop loin de toute terre pour jeter l’ancre, j’ai un instant d’angoisse que favorise la lecture de mon livre : Plus moyen de sauter du train en marche ! Plus moyen de crier « stop », on arrête tout ! Lire en naviguant est un peu spécial parce que l’on s’échappe du monde auquel on participe alors que celui-ci est lui-même en mouvement !! La distorsion du temps doit s’apprivoiser.

Milieu d’après-midi … la mer se calme étonnamment avec un vent qui se stabilise à 13-14 nœuds. « S.A.S.³ » en profite pour monter d’un cran en vitesse à 8,5 nœuds de moyenne !

Soirée.

Début de nuit, la mer semble plus calme encore et le bateau file comme un pet sur une toile cirée. Je me suis endormi et réveillé plus tard en ayant l’impression que le bateau ne bougeait plus ! Nous sommes maintenant à 66° du lit du vent apparent.

Nous avons droit à être escortés quelques temps par un banc de dauphins sauteurs : cela sautille de tous les côtés mais il fait déjà un peu sombre pour les belles photos.

Si vous pouviez voir votre serviteur … T-shirt, caleçon long et bottes « Dubarry » aux pieds : je suis paré pour la nuit !

Plus trace de « Maeva » au radar et je crains fort que nous ne pourrons désormais plus les atteindre par VHF.

Jeudi 22.

Nuit.

En me réveillant à minuit, je constate que la demie lune qui nous éclairait jusque là assez bien, a disparu laissant place à des nuages sombres et une nuit plus noire … Le vent est également tombé à 10 nœuds et notre vitesse s’en ressent très fort : moyenne de 5,5 nœuds.

Pour ma part, j’ai vu deux paquebots de croisière mais Ann a aperçu les feux d’autres bateaux !! Etonnant car la mer est totalement vide.

Nous ne faisons pas de quart mais nous dormons « d’un œil » dans le cockpit, toutes alarmes branchées. Il fait frais et bon mais lorsqu’on dort, on prend un peu froid et donc un petit polar est le bienvenu. On se réveille de temps en temps, histoire de faire un petit tour d’horizon ou de changer de position.

Si sur « Maeva » comme sur la plupart des autres voiliers, les instruments ne sont allumés que de manière régulière pour limiter la consommation électrique du bord, à bord de « S.A.S.³ » tous les instruments sont allumés en permanence … le G.E. tourne donc 3 heures, toutes les 6 heures ce qui est plus que ce que nous faisions durant la traversée de l’Atlantique !! Nous aurons consommé en globalité environ 150 litres de diesel (G.E. et moteur principal inclus).

Matin.

Le soleil darde de tous ses feux, il fait étouffant à l’intérieur. Le vent est descendu à 6-7 nœuds et nous nous traînons à une moyenne de 4,5 nœuds … Un temps à mettre le spi asymétrique ! « Oh nooooooooon … » Le cri du cœur d’Ann qui parle plutôt de mettre le moteur. « Ah non alors ! » Mon cri du cœur à moi.

Nous avons à nouveau pu établir une liaison VHF avec « Maeva » (les signaux passent mieux de jour que de nuit) qui se trouve sur notre tribord à environ 18 milles en arrière de notre position lors du relèvement.

Un point météo nous fait espérer qu’en début d’après-midi le vent devrait un peu remonter …

Après-midi.

Même si de temps en temps, on a l’impression que … mais non, le vent retombe presqu’aussi vite jusqu’à 6 nœuds ! Malgré cela « S.A.S.³ » essaie de donner bonne figure avec une vitesse speedo oscillant entre 4,5 et 6,5 nœuds. C’est réellement très variable.

Nous faisons route au 16° par mer calme c’est-à-dire en droite ligne vers la « République Dominicaine » !! Selon nos prévisions météorologiques, nous risquons de prendre le vent en plein dans le nez à l’approche de la « Jamaïque »… il nous faut donc faire le plus possible du Nord tant que c’est possible mais tout cela ne nous rapproche pas beaucoup de notre destination finale ! Pas bon pour le moral qui reste malgré tout au zénith : cela ne fait-il pas des mois que nous attendons ce moment ?

Par chance, nous restons à portée de VHF de « Maeva » qui accuse toujours le même retard d’une quinzaine de milles. Aussi, nous ne nous privons pas de nous appeler régulièrement juste pour donner des nouvelles. Nous avons beaucoup d’affinités avec Chantal & Laurent .

Un cargo se rendant aux USA est passé entre nous et « Maeva » … amusant de penser que nous l’avons tous les deux vus mais nous sur notre arrière et eux, sur leur avant. Nous sommes trop loin l’un de l’autre pour nous voir en raison de la courbure de la terre : dommage.

16 heures : le temps se couvre mais le soleil parvient toujours à nous faire rôtir … 16.30 heures : le soleil est parti à la niche ! Ce sera comme cela durant toute la traversée : pas le temps de faire figurer une information au livre de bord que déjà elle n’est plus exacte !

18 heures : nouvel échange radio avec « Maeva », nous restons à l’unisson quant aux options à suivre en matière de navigation. On laisse donc tout aller comme cela même si parfois on hésite quand même à envoyer le moteur faute de la tenue d’une vitesse « acceptable ».

Soir.

Pendant qu’Ann prépare le souper du soir, je regarde les actualités sur TF1 … incroyable de penser qu’en pleine mer, au milieu de nulle part, nous captons via satellite ! Mais comme lorsque nous lisons un bouquin, il y a ce petit décalage entre deux mondes qui bougent ce qui me rend mal à l’aise. Alors plutôt que de risquer d’être malade, je ne regarde pas la série télévisée qui suit les actualités mais je fais la vaisselle avant d’aller m’allonger dans le cockpit.

Le vent a plus tendance à mollir qu’à forcir … Vers 21 heures, il tombe carrément, les voiles faseyent et la vitesse s’écrase à 3,5 nœuds … plus le choix, nous lançons le moteur à 1.700 tours … vitesse moyenne de 8,5 nœuds. Nous en profitons pour abattre un peu en choisissant la pointe extrême Ouest de « Haïti » comme destination temporaire.

La mer est belle et la lune nous inonde de sa clarté naturelle. Pas grand monde sur l’eau à l’exception de deux cargos qui seront dans mon visuel en même temps : l’un sur l’avant faisant une route parallèle et contraire à nous et l’autre sur l’arrière, passant de notre bâbord vers notre tribord. Il s’agira des deux seules bateaux de toute la nuit !

Vendredi 23.

Nuit.

Passé minuit, la lune tire sa révérence et va se cacher nous laissant un univers plus sombre et nettement moins attractif.

Je dors sans effort, par période d’environ une heure à chaque fois (Ann aurait chronométré 3 heures mais cela me paraît beaucoup …) et entre deux gros dodos, je scrute l’horizon et vérifie la marche du bateau : rien à signaler.

Matin.

Avec le lever du jour, nous essayons sans succès, d’atteindre « Maeva » par VHF. Nous aurions voulu le prévenir que nous mettions le moteur mais nous n’avons eu aucune liaison en raison de la tombée de la nuit. Maintenant, nous supposons que l’écart s’est trop creusé entre les deux bateaux.

7 heures : nous stoppons le moteur et renvoyons le génois malgré un vent toujours faible et une vitesse qui retombe à 5,5 nœuds.

Alors que je devrais être en super forme et me lever d’un bond, je suis littéralement cloué sur la bannette par une envie irrépressible de dormir ! On dirait que je manque surtout d’un sommeil « profond » ayant sans doute épuisé toutes mes phases de sommeil « léger » ! Je pense que le bateau aurait pu couler que je n’aurais pas bougé d’un pouce.

J’ai malgré tout trouvé la force de regarder l’heure lorsque j’ai senti sur ma peau que le vent se levait : 7.42 heures. Depuis lors, le vent s’est établi entre 15 et 17 nœuds avec un angle actuel de 73° … nous remontons toujours vers le Nord avec un cap au 333°. La vitesse moyenne au speedo est de 9,5 nœuds. La mer quant à elle, est légèrement formée.

Se réveiller en de telles conditions, donne un peu le vertige car on se demande si la force du vent va se stabiliser ou au contraire, sans cesse augmenter !! Après le point météo du jour, les nouvelles confirment une stabilisation du vent pour aujourd’hui et demain : nous voilà plus rassurés car bien évidemment la locomotive « S.A.S.³ » est en marche et j’ai besoin de mes Pampers … Notre météo n’a pas toujours été des plus juste mais en gros, elle a été correcte.

Après-midi.

Si le vent continue d’osciller entre 15 et 17 nœuds, nous avons abattu d’une dizaine de degrés pour ne pas arriver en « Haïti » … Du coup, l’allure devient beaucoup plus largue (140°) et la vitesse s’en ressent … elle est carrément en chute libre depuis ce midi !

Nous serions-nous trompés dans notre tactique !! Le vent d’Est ne semble pas vouloir tourner plus Nord comme il était annoncé. Si tel était le cas, ce serait une catastrophe car nous aurions non seulement parcouru plus de distance pour rien mais de surcroît, nous risquerions de terminer non avec le vent dans le nez mais plein vent arrière …

15.14 heures : nous remontons au vent de 10° pour permettre aux voiles de ne plus trop faseyer sous l’effet de la houle. J’enrage d’avoir écouté les prévisions météorologiques d’Ann ! Enfin, nous avons encore un peu plus de 250 milles à parcourir et d’ici là, le vent se sera peut-être décidé à changer d’orientation.

Mon moral est au plus bas : le bateau bouge dans tous les sens, l’allure est désagréable, la vitesse lamentable et cerise sur le gâteau, nous tirons beaucoup trop Nord !

Soir.

Le plus simple encore quand plus rien ne va, reste de dormir …

19 heures : Ann me réveille pour m’indiquer que le vent a brutalement changé d’orientation et forci. En reprenant le bon cap, nous l’avons par 57° … enfin, enfin.

Le ciel est nuageux mais grâce à notre amie la lune, on y voit presque comme en plein jour. Nous relevons cependant de très effrayants éclairs sur notre bâbord mais plus encore des formations nuageuses qui font penser à des grains ou en tous les cas, à de la pluie …

Pour toute précaution, Ann nous fait prendre un premier ris et nous en serons bien heureux car le vent grimpe jusque 23 nœuds ! « S.A.S.³ » démarre aussitôt et se lance comme une locomotive … les 10 nœuds sont allègrement atteints.

Alors que nous sortons lentement de la zone nuageuse, le vent ne donne pas signe de mollir ! Convaincus que la situation n’ira pas en s’améliorant et désireux de passer une nuit agréable, nous prenons le second ris et réduisons fortement le génois.

Samedi 24.

Nuit.

Après le départ de la lune, la nuit devient aussi noire que menaçante. Entre les craintes d’Ann (cargo), le froid ( !) et les mouvements désordonnés du bateau, il m’est difficile voire impossible de trouver le sommeil. En ces conditions, la nuit se fait terriblement longue.

Matin.

Avec le lever du jour et le temps qui passe, le vent finit par se calmer et la mer se montre moins agitée. Il nous reste encore un peu plus de 140 milles à parcourir et le vent nous arrive avec un angle d’environ 90°.

Notre problème n’est plus d’arriver avant la tombée de la nuit car nous sommes encore trop loin de notre destination mais au contraire de ne pas arriver en pleine nuit …

Impossible de prévoir : à 9 heures, nous renvoyons toute la toile avec un vent retombé à 10 nœuds !! Nous voyons distinctement les montagnes de « Haïti » que nous longeons à distance, un bon moment.

Le soleil tape dur mais réchauffe mes vieux os frigorifiés durant la nuit.

Après-midi.

13 heures : le vent est maintenant plein vent arrière et même en ne laissant que la GV, cette dernière parvient à faseyer bruyamment … Nous décidons donc d’envoyer le moteur d’autant que nous ne tenons quand même pas arriver à « Port Antonio », dimanche soir !! Nous arrisons la GV à deux ris pour éviter qu’elle ne faseye.

Le temps est devenu très gris et nous avons même droit à une fine pluie ! La mer est un peu agitée et fait danser un peu le bateau. Il n’y a plus rien à voir à l’horizon.

15 heures : le vent est à nouveau de la partie et de secteur Nord … et donc, plutôt fort !! Ce foutu vent sera parvenu à me faire tourner en bourrique. Nous relançons le génois en gardant les deux ris mais comme il fallait s’y attendre, « S.A.S.³ » est reparti au galop … et pour une fois, cela ne nous convient plus parce qu’il est évident qu’à cette vitesse, nous arriverions de nuit à « Port Antonio ».

Soirée.

Après avoir réduit le génois, nous décidons de mettre la trinquette avec la bastaque. Que du bonheur ! Certes, notre allure est redescendue à 7 nœuds pour varier ensuite au gré du vent mais nous étions parés pour toutes les éventualités de vent.

Amer constat : en remontant vers le Nord, les nuits sont beaucoup plus fraîches au point que j’en arrive à ressortir mon pantalon de ciré !!!

Dimanche 25.

Nuit.

Belle nuit venteuse avec mer agitée mais le bateau est très stable et il ne nous reste plus qu’à attendre le lever du jour.

Trafic nettement plus intense sur ce tronçon en raison de la présence de Panama. Il nous aura fallu faire beaucoup plus attention et à certains moments, rester de veille le temps que tout danger soit écarté !

J’ai commencé par voir les premières lumières de l’île que j’ai prises pour des cargos … ensuite la côte s’est peu à peu dévoilée à nos yeux : la nuit on a toujours l’impression d’être trop proche du rivage alors que nous en étions éloignés de plusieurs milles.

Le vent reste toujours soutenu même s’il a un peu perdu d’intensité. Notre heure d’arrivée oscille très fort en fonction des variations du speedo mais je reste confiant que nous n’aurons pas à faire des ronds dans l’eau en attendant la levée du jour … mieux vaudrait en tous les cas car nous risquerions de « danser », la présence de la côte n’apportant aucune protection … « Port Antonio » étant situé sur la face Nord de l’île.

Matin.

Le jour se lève toujours avec une lenteur d-é-s-e-s-p-é-r-a-n-t-e … il lui faudra une bonne demie heure pour qu’on puisse considérer qu’il fait jour ! De surcroît, le temps est bouché et la pluie menaçante.

Au large de « Port Antonio », nous enlevons les ris de la GV pour mieux la plier ensuite. Par une mer encore un peu houleuse, direction toute vers le port … mon Dieu que c’est loin ! On navigue toujours trop loin des côtes et plus encore de nuit et par après, on le regrette.

L’approche n’est guère compliquée et les profondeurs restent importantes mais avec cette météo, c’est un peu lugubre ! Au détour d’un coude, la petite marina et le mouillage : pas de bouée comme indiqué dans tous les guides sauf une et une seule, bien entendu occupée par une grande poubelle flottante. Ann croit déceler une autre bouée mais alors que je fais tournoyer l’amarre en lasso pour étrangler la tête de la bouée, je remarque que notre bouée est vivante et ressemble davantage à un pêcheur local sur son misérable radeau … Encore une chance que je l’ai vu à temps !

Malgré notre furtive tentative de mouiller l’ancre, nous sommes hélés depuis le ponton de la marina pour nous y accoster. Plus pratique évidemment pour les divers services qui vont se succéder à bord : service santé, coastguard … douane et immigration qu’en fin d’après-midi et en attendant nous ne pouvons quitter le bord ! Nous apprenons du même coup qu’il faut reculer nos montres … d’une heure !!

Cette première journée en « Jamaïque » n’est pas terrible : nous souhaiterions aller nous coucher mais nous attendons nos derniers « invités » et il pleut quasiment constamment ! J’avais remarqué en arrivant comme la végétation était abondante et bien verte …

Après le passage des dernières autorités et avant qu’il ne fasse noir, nous décidons d’aller jeter l’ancre tout à côté. Après deux tentatives, nous renonçons à ancrer : le fond de vase est de très mauvaise tenue ! En principe, il devrait y avoir des bouées mais elles ont toutes été enlevées et pas encore remplacées …

Dépités nous revenons au ponton : Déjà que nous ne supportons plus d’être en marina mais à 112 $ la nuit, on y réfléchit à deux fois ! Je dois bien reconnaître que j’ai envisagé de repartir immédiatement pour Cuba mais, mais, mais … il faudrait quand même bien un jour caréner le bateau et limiter notre visite de l’île à cette très brève incursion serait sans doute un peu limite.

Lundi 26.

Une bonne nouvelle qui nous soulage : « Maeva » vient de nous appeler par VHF, ils embouquent le chenal. Ils arrivent exactement 24 heures plus tard que nous. A écouter leur navigation, ils en ont bien bavé avec des calmes plats, des grains, des coups de gîte, le vent dans le pif et une arrivée à plus de 6 nœuds à sec de toile ! Par contre, ils n’ont quasiment pas vu de cargo … Avons-nous réalisé la même croisière ? De prime abord, ils sont remontés beaucoup plus Nord jusqu’à distinguer les plages de « Haïti » !!

Après une navigation de plusieurs jours, il nous faut réapprendre à vivre « à terre » : le rythme de nos journées en est profondément perturbé et un délai de 48 heures nous est nécessaire. « Maeva » n’échappe pas à la règle.

Question météo, la pluie a pour ainsi dire cessé de tomber avec l’arrivée de « Maeva » ! Il était temps que le déluge cesse car question moral … Seul point positif : la coque semble avoir été nettoyée de tout son sel du moins les tâches blanchâtres ne sont plus visibles !

Mardi 27.

« Maeva » n’étant pas résolu à subir les tarifs prohibitifs de la marina, décide de jeter l’ancre juste devant … la marina. Plus futfut que votre serviteur, Laurent se décide à jeter la pioche assez près du débarcadère à paquebot et cela … croche !! Je n’en reviens pas mais je dois bien admettre la réalité.

Vous connaissez le mouton de « Panurge » … « S.A.S.³ » a suivi le mouvement et jeté l’ancre juste sur l’arrière de « Maeva ». Il semblerait que ni la Police maritime, ni le « manager » de la marina n’ait rien à redire à nos ancrages. Que du bonheur.

J’ai été assez heurté par la position polie mais tranchée de la marina quant à l’application stricte de ses tarifs au motif qu’ils sont déjà les moins chers des Caraïbes … alors que la marina est tout simplement … déserte ! Face à une telle situation, les autres marinas sont beaucoup plus souples en proposant des tarifs « exceptionnels ».

Je ne le dirai jamais suffisamment mais depuis que nous sommes à nouveau au mouillage … je r-e-v-i-s ! Je ne supporte plus d’être en marina, attaché à un ponton avec des voisins plus curieux les uns que les autres. Cette promiscuité et ce sentiment de « mise en cage » me sont devenus insupportables.

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