Publié par : Ann & Stéphane | 30 octobre 2012

13 au 20.10.12 – Curaçao – Les îles Aves (85 NM).

Samedi 13 – Dimanche 14.

Au tout départ, nous nous étions convaincus de ne pas visiter ces îles vénézuéliennes  situées à 85 milles plein Est de « Spanish Water » au seul excellent motif que nous ne sommes pas couverts par notre assurance, en ces eaux réputées « dangereuses ».

De surcroît, vouloir atteindre ces îles au départ des Antilles néerlandaises, n’est pas la meilleure chose à faire car en cette saison, c’est contre vent et courant. La plupart des plaisanciers atteignent d’ailleurs, ces îles en remontant vers le Nord, au départ de la côte vénézuélienne.

Autant donc de bons motifs de ne pas y aller …

Lorsque nous sommes revenus en Belgique fin juillet, « Sonate » « Buena Vista » « Hydra » et « Valmoa » avaient décidé de s’y rendre en flottille et malgré un départ plusieurs fois reporté, y étaient malgré tout, arrivés. Ils en revinrent tout-à-fait conquis et nous assurèrent qu’il n’y avait aucun souci de sécurité. « Shenasa » et « Dolfins Song » nous confirmèrent l’information.

Dans un autre contexte, cela fait depuis début juillet que je me morfonds à « Spanish Water » ! L’endroit est superbe, agréable et fort confortable mais si nous avons opté pour la construction d’un voilier, c’est pour … Naviguer ! Après un mois de mouillage au même endroit, je commence à avoir des fourmis dans les jambes et l’attrait du grand large se fait douloureusement ressentir…

Comme aucun autre bateau « ami » n’avait programmé une navigation sur les « Aves » et que j’étais convaincu que Marjo & Jean seraient partants pour cette idée, il ne suffisait plus que d’attendre leur retour du pays.

Le fruit du hasard et certainement de la chance, la météo annonce  une semaine entière de vents faibles ! C’est plutôt assez rare de pouvoir bénéficier en ces régions, de vents faibles même si la saison y est propice … Autant dire que l’occasion était trop belle pour ne pas la saisir.

Après un départ reporté de mercredi à vendredi, nous avons finalement levé l’ancre ce samedi à 17 heures très précisément. Il nous semblait impératif de faire un atterrissage de jour et le plus sûr moyen de ne pas louper son coup, était de partir la veille au soir. Nous aurions pu quitter « Spanish Water » plus tard dans la soirée mais en ces conditions, nous aurions appareillé de nuit ce qui n’était pas recommandé.

Frais et dispos, l’avitaillement complété, le bateau en ordre de navigation, nous avons remonté l’ancre dans le calme et la sérénité. « Otter II » est parti en même temps que nous. Bien que j’essaie toujours de penser à tout, je me suis rendu compte – à l’arrivée – que j’avais oublié de remonter l’ancre à fond et de la bloquer !!! Les Dieux étaient du voyage.

Une fois en mer, nous avons hissé la GV et assez curieusement, je retrouve dans les plis de la voile, un poisson volant complètement desséché !! Je suppose que lorsque nous sommes arrivés fin juin à Curaçao, j’ai dû affaler la GV sans me rendre compte que dans la bagarre (il y avait pas mal de vent), un poisson volant était venu heurter la GV ! Il faut quand même le faire car nous sommes à plus de 3 mètres du niveau de la mer.

Alors que nous pensions marcher au moteur faute de vent, nous fûmes totalement surpris de relever que malgré un vent faible de près de 10 nœuds de vent réel par 60°, « S.A.S.³ » filait entre 6 et 8 nœuds suivant les moments !! Ce n’était absolument pas prévu au programme d’autant plus que « Otter II » n’a tout simplement pas levé sa toile de tout le voyage et  qu’il marchait à 5 nœuds …

Impensable de ne pas profiter d’une si belle navigation à la voile, aussi après un petit conciliabule avec « Otter II », nous avons décidé de continuer sur notre lancée.  A 21.10 heures, nous étions contraints de passer au moteur faute de vent … Dommage.

Si la nuit était particulièrement douce au niveau des températures, le ciel était constamment zébré par la foudre sans pour autant que le tonnerre ne se fasse entendre : Toutes les 5 minutes environ, nous avions droit à un éclair ! Au départ, je n’étais pas trop rassuré mais très vite je m’y suis fait et n’y ai plus prêté d’attention.

La circulation était infernale entre « Curaçao » et « Klein Curaçao » : « Klein Curaçao » est une petite île située à une quinzaine de milles et nous supposons que les résidents y passent volontiers leur journée du  week-end. Malgré toute l’électronique embarquée, nous avons eu peur de heurter un rocher car le phare de l’île est placé en son centre et c’est bien la seule chose que nous pouvions  discerner dans l’obscurité totale. Brrrrrrrr …

Entre « Klein Curaçao » que nous avons passé par le Nord et « Bonaire » que nous avons passé par le Sud, le trafic était essentiellement commercial mais très intense ! L’illumination de « Bonaire » est incroyable et donne l’impression que l’île est plus grande qu’elle ne l’est en définitive.

Une fois passé « Bonaire », nous n’avons plus vu âme qui vive à l’exception de « Otter II » dont nous pouvions aisément voir les feux de navigation.  Sur ce dernier trajet de 55 milles, nous avons longé quelques  grains que l’on voit très bien sur le radar, et subi un peu de pluie. « Otter II » a eu moins de chance que nous puisqu’il s’est payé deux grains !

J’ai été fort tenté de renvoyer la toile car le vent était de retour. Mais il s’agissait d’un effet des grains donc des vents instables  et de plus, nous allions déjà trop vite (à 1.100 tours de moteur, nous marchions à près de 6 nœuds)  !! Nous avons donc conservé notre seule GV arrisée à deux ris en prévision des grains.

Nous n’avons pas réalisé de quart de veille, tout en dormant dans le cockpit. Nous nous sommes contentés de nos alarmes électroniques et de jeter un œil de temps à autre. J’aurais sans doute dormi comme un loir si la pluie ne m’avait pas obligé à me protéger et si Ann n’avait eu peur de la présence de pêchous autour des îles.

Il faut savoir que les « Aves » (signifiant « oiseaux » en espagnol) se composent de deux chapelets d’îlots : « Aves de Sotavento » & « Aves de Barlovento ». Comme tout le monde, nous avons choisi ce second mouillage car selon les guides nautiques, les bateaux y sont mieux protégés et surtout parce que les Coastguards occupent l’autre. Si nous devions respecter scrupuleusement les règlements, nous aurions dû faire notre clearance d’entrée au Venezuela, à « Puerto La Cruz » située  sur le continent …

Au lever du jour, nous étions à hauteur de « Aves de Sotavento » et à 8 heures, nous faisions notre entrée dans « Isla Sur » de « Aves de Barlovento » où nous retrouvions cinq autres bateaux. Suite à un petit malentendu, « Otter II » réalisait son atterrissage un peu plus haut, à « Isla Oeste » et rejoignait « S.A.S.³ » en milieu d’après-midi.

L’endroit est tellement calme que l’on entendrait une mouche voler !! On n’entend même pas le bruit du ressac sur la barrière de corail qui entoure tout l’archipel ! Mes toutes premières impressions sont assez mitigées quant à ce « Paradis des Dieux ». Il reste que nous sommes trop fatigués pour partir à la découverte du mouillage et que l’absence du moindre vent rend les températures difficiles à supporter.

Au « Paradis des Dieux », les moustiquaires sont malgré tout, les bienvenus car les insectes (moustiques et papillons de nuit) rôdent !  L’énorme avantage de « Spanish Water » réside  précisément en l’absence d’insectes.

Les Dieux se baignent en une eau aussi douce que rafraîchissante (suffisamment rare que pour le préciser) mais il ne faut pas avoir peur de myriades de petites méduses parfaitement inoffensives en apparence.

Lundi 15.

Après une excellente nuit  grâce à un merveilleux air conditionné qui a fonctionné toute la soirée, nous avions convenu avec Marjo & Jean de réaliser une plongée d’exploration sur la première « patate » à portée de « S.A.S.³ ».

Si la plongée (14m – 44’) fut sympa, nous n’avons pas eu droit à de superbes décors : Beaucoup trop de sable et assez peu de corail. Ma seule grosse découverte fut une murène noire à pointes jaunes qui n’hésita pas une milliseconde à mordre méchamment mon tuba. Ann découvrit un ptéroïs et Jean, une autre murène mais dans l’ensemble, la chasse fut très, très maigre. Mais où diable sont-elles passées toutes les langoustes qui tapissent les fonds marins selon les copains ? Encore une bonne blague à laquelle nous nous sommes laissés prendre ? 

Je sors d’une baignade de plus d’une heure dans l’eau … Un d-é-l-i-c-e que je ne me rappelle pas d’avoir connu jusqu’à ce jour : En nageant, on passe constamment d’un courant chaud à un courant rafraîchissant, en une eau d’une parfaite douceur. Mais les méduses me direz-vous ? En fait, il semblerait qu’elles préfèrent les eaux chaudes et se cantonnent donc davantage en les eaux moins profondes.

« S.A.S.³ » est mouillé à la limite d’un petit tombant par 6 mètres de fond alors qu’un peu plus loin,  le fond est à 14 mètres. De la surface, la visibilité de l’eau semble parfaite mais dans l’eau, on se rencontre que celle-ci est suffisamment trouble pour ne pas voir la coque du bateau à plus de 3 mètres !

Apéro sur « Otter II ». Le plus grave problème de tous ces apéros à répétition, reste que l’on consomme trop et surtout, trop souvent de l’alcool même à dose raisonnable. Nous sommes plusieurs à nous en rendre compte et à essayer d’y faire attention mais ce n’est pas toujours facile d’autant qu’il fait extrêmement chaud.

Mardi 16.

Alors que je profite matinalement des délices de la baignade, je me retrouve nez à nez avec deux barracudas de respectivement  1m et 0.7m de long !  Si j’avais pris mon mètre avec moi, j’aurais pu être plus précis … En plongée, je n’ai jamais eu peur des barracudas … Mais en tenue d’Adam et à la surface de l’eau, ce n’est plus du tout pareil.  Un des délices de ces îlots peu fréquentés, est le naturisme dont nous usons et abusons avec plaisir.

Effet de mon imagination ou pas mais j’ai trouvé mes deux bêbêtes fort curieuses et les mouvements de leur mâchoire forts inquiétants ! N’ayant aucun moyen de défendre ma virilité, j’ai opté pour l’attaque à mains nues en nageant vers eux. Affirmer que je leur ai fait peur, serait pour le moins présomptueux  de ma part mais au moins suis-je parvenu à les tenir un peu plus à distance … Tout en nageant  sans traîner vers le bateau.

Si le plus grand des deux a disparu de ma vue assez rapidement, le second a visiblement élu domicile autour du bateau !

Sur le coup de midi, nous sommes partis plonger (9m – 54’) en compagnie de Marjo & Jean sur une autre « patate » du mouillage. A la mise à l’eau, nous avons rencontré un petit courant qui disparut comme par enchantement quelques encablures plus loin !

Par une profondeur  moyenne de 4m, nous avons parcouru avec beaucoup d’enthousiasme, le plateau corallien très riche en faune et flore.

De retour au bateau, nous retrouvions « Jojo la terreur » en train de monter la garde autour de « S.A.S.³ » … En voulant vérifier la bonne tenue de notre ancrage, j’ai eu le sentiment qu’il me chargeait au point que je me suis senti acculé à sortir mon couteau et de l’en menacer  … Légitime défense, Monsieur le Président .

Après quelques minutes d’un face à face intenable, j’ai eu l’impression que je pouvais rengainer sans peur, mon couteau et vaquer à mes occupations … Non sans avoir un œil dans le dos. Je n’oserais pas affirmer avoir signé un traité de non-agression avec « Jojo la terreur » mais à défaut de le faire fuir, il me semble me tolérer sur son territoire. Je verrai évidemment demain matin ce qu’il y a lieu d’en penser réellement …

Sur le fond, à l’aplomb de l’échelle de bain, je trouve pour mon plus grand bonheur, une superbe ancre encore manillée sur sa chaîne !! Alors que je me posais déjà la question de savoir comment j’allais m’accaparer de cette « fortune de mer » et en l’inspectant de plus près … Je me rends compte qu’il s’agit de l’ancre de « S.A.S.³ » !

Si je m’attendais à cela … Il y a tellement peu de vent qu’en l’absence de tout courant, le bateau pivote tranquillement autour de son ancre. Reste évidemment à voir comment  se comportera le mouillage si le vent devait se lever et le bateau tirer sur sa chaîne ! Jusqu’à présent, nous n’avons rien fait mais force est de relever que l’ancre est davantage posée sur le fond qu’elle n’y est enfouie …

Nous avons eu droit à de l’orage et de la pluie en soirée … Heureusement, l’orage n’était pas localisé au-dessus des « Aves » ! Il n’empêche que ce n’est jamais très rassurant surtout lorsqu’on est quasiment seul au mouillage.

Mercredi 17.

Depuis vendredi passé, nous n’avons droit qu’à des vents faibles de l’ordre de 1 à 3 Beaufort ! Malgré cela et une mer d’huile, nous roulons toujours un peu, depuis notre arrivée au mouillage ! Rien de très surprenant pour un mouillage forain et rien non plus, de désagréable mais à « Spanish Water » s’il y avait de temps en temps du clapot, nous n’avons jamais connu de roulis ! « Otter II » nous a même raconté avoir été réveillé vers 3 heures du matin par une vague beaucoup plus forte que les autres !!

En me mettant  à l’eau ce matin, je me demandais si j’allais à nouveau, me retrouver nez à nez avec « Jojo la terreur ». Mon copain était bien là et histoire de lui montrer qui était le chef, j’ai fait mine de le courser deux ou trois fois. A mon plus grand étonnement, il a chaque fois pris un début de fuite mais je sentais bien qu’il ne fallait pas que j’aille trop loin au risque de déclencher une réaction de défense.

Les choses étant dites entre nous,  je me suis mis à nager sans plus trop me préoccuper de « Jojo la terreur » qui n’en était pas moins bien présent. Plus d’une fois, je l’ai vu se dissimuler au milieu d’un banc de poissons qui tournoyait dans tous les sens.

Comme je le craignais depuis la veille, nous avons eu droit à la visite des Coastguards  de « Sotavento » !!

Hier après-midi, les pêcheurs locaux étaient venus jusqu’à notre bateau pour nous demander : « Abla espana ? »… « No, no, senior ». Nous les avons ensuite vus prendre la direction de  « Otter II » … Mais non, mais non, pas du tout, qu’est-ce que vous allez encore croire … Ce n’est pas nous qui les avons dirigés vers Marjo bien que nous savons qu’elle « abla espana »

Que voulaient-ils donc ? Leur vendre du poisson, voire des langoustes … Que nény. Que nény.  En fait, nos braves pêchous voulaient  tout simplement  …

PUB …

Bon …  Allez … C’est bon pour une fois,  je vous ai déjà fait le coup par le passé donc je ne m’éterniserai pas à vous faire languir … Encore que quand j’y pense, leur demande était pour le moins surprenante et fort inhabituelle. Vous n’imagineriez pas un tel scénario en Europe en tous les cas et n’y voyez surtout aucune remarque désobligeante de ma part en vous disant cela.

Où en étais-je encore ? C’est dingue mais à mon grand âge, on connait de plus en plus de trous de mémoire. Pour être plus précis c’est surtout la mémoire instantanée qui est un peu défaillante en sorte qu’il suffit que son attention soit accaparée par un nouveau sujet pour qu’on en oublie le motif de sa démarche ! Avouez que vous avez déjà connu cela : Vous partez chercher un objet bien précis et vous revenez avec tout-à-fait autre chose parce que chemin faisant, votre attention s’est focalisée sur autre chose.

Ceci explique que nous n’avons été que moyennement surpris de voir les Coastguards débarquer sur « Otter II ». La visite fut très courtoise et fort compréhensive puisque nous sommes tous les deux par la force des choses, en défaut de « clearance d’entrée ».

Mais où ai-je donc la tête ? Je ne vous ai pas raconté ce que les pêchous avaient sollicité ! Figurez-vous que ma grande tante Anatolie … Je vous fais marcher … Ils souhaitaient seulement que Marjo prenne contact par VHF avec les Coastguards de « Sotavento » pour les prévenir qu’ils arriveraient vers 5 heures !!  En fait, nos deux braves Coastguards dépendent des pêcheurs locaux pour venir jusque « Barlovento » parce qu’ils ne disposent pas d’un bateau !! Je vous avais prévenu que vous seriez surpris.

Nous avons appris de ces derniers qu’ils étaient en poste pour deux mois avant d’être relevés par une autre équipe … Et qu’on leur avait annoncé qu’ils devraient rester sur place, 10 jours de plus ! Motif pour lequel ils nous demandèrent si nous n’avions pas quelque chose à manger pour eux !! Aussi surprenante que fut leur demande, c’est de très bonne grâce qu’Ann leur a préparé un sac de vivres comme l’avait fait Marjo, avant elle.

Nous avons réalisé notre toute première « expédition poubelles » ! Comment se débarrasser de ses encombrants lorsqu’on est sur une île et qu’il n’existe aucun service de ramassage ? Les jeter à l’eau … Ce serait malheureux pour notre environnement. Les enterrer sur la plage … Ce serait une idée mais nous n’avons pas de pelle et creuser avec ses ongles, demande de la patience. Les brûler C’est la solution préconisée par le guide nautique qui indique un endroit précis sur l’île.

Bien évidemment, ce lieu d’incinération se trouve exactement à l’autre extrémité de l’île et pour y parvenir, nous avons dû slalomer entre les patates de corail. A chaque fois, on croyait avoir trouvé le chenal et un peu plus loin, il fallait rebrousser chemin. Quelle aventure … J’ai découvert que je n’étais pas moulé pour circuler hors des sentiers battus.

Une fois sur place, j’ai été pris d’assaut par ces minuscules bestioles appelées « nonos » qui m’ont littéralement bouffé les deux jambes.

Pour mettre le feu efficacement à vos ordures, je vous recommande un petit rhum blanc de trente ans d’âge ! C’est divin et tellement plus écologique que de l’essence. De surcroît, on trouve plus facilement du rhum que de l’essence …

Jeudi 18.

Ce matin, « Jojo la terreur » était toujours bien présent mais j’ai de suite remarqué qu’il se tenait à distance raisonnable. S’il ne m’a pas suivi, il semblerait qu’il sache me retrouver sans la moindre hésitation car j’étais déjà à bonne distance du bateau que je le revoyais à nouveau … A moins qu’il ne s’agisse de son cousin ! Allez-vous en savoir.

Comme Marjo & Jean étaient partis en ballade de leur côté, nous avons décidé de plonger en couple sous la coque de « S.A.S.³ ». Plongée plutôt sympa (-16m – 32’) qui restera en nos mémoires grâce à la découverte de l’unique langouste encore vivante sur « Isla Sur » ! Nos copains qui sont venus aux « Aves » dans le courant du mois d’août, nous ont affirmé y avoir fait une indigestion de langoustes … Aujourd’hui, je commence à les croire car il n’y en a plus une seule à observer dans tout le périmètre.

Difficile de se repérer sous l’eau tant les fonds sont essentiellement sablonneux, la visibilité limitée et les pentes très douces. Il est très difficile de s’orienter sans compas ce qui est dommage pour le chef de palanquée car il lui faut constamment avoir l’œil sur ses instruments.

Diner « spécial mérou » sur « Otter II ». C’est la première fois que je mange du mérou (pêché par nos pêcheurs locaux) et j’ai été surpris par la qualité de la chaire et du goût … C’était réellement délicieux. Merci Marjo.

Vendredi 19.

Ce matin, j’étais très mécontent après « Jojo la terreur » ! Lorsque je me suis mis à l’eau, j’ai du me résoudre à admettre qu’il avait abandonné son poste de garde !! En temps de guerre, je l’aurais renvoyé devant  une Cour martiale mais comme nous sommes heureusement en temps de paix, je me suis contenté de le rayer de la liste du personnel … A moins que … A moins que ce ne soit notre « Jojo la terreur » que les pêcheurs locaux ont essayé de nous vendre hier en fin d’après-midi !

Journée nuageuse, un peu moins lourde que les autres jours malgré l’absence de vent, c’est l’occasion rêvée de passer un petit « Swiffer » un peu partout. Ces derniers temps, nous avons une fâcheuse tendance à « oublier » le nettoyage intérieur hebdomadaire …

Parti à la chasse à la poussière, me voilà en train de nettoyer les moustiquaires des capots de pont de notre cabine … Mauvaise idée ! En œuvrant de manière énergique, je déboîte un des deux moustiquaires !

Vous ne le croirez pas mais il nous a fallu plus de trois heures de travail et d’énervements pour réparer ce putain, de bordel, de saleté, de merde, de connerie de store ! Comme quoi il n’y a pas que le Capitaine Hadock qui sait jurer.

Le soir, apéro sur « Otter II » en compagnie de Yolande & Alain de « Pagus » rencontrés sur place.

Samedi 20.

« Otter II » tenait énormément à laisser une trace de son passage sur l’île à l’image de tous ces autres plaisanciers qui ont littéralement édifié un mini (sanctuaire) en un endroit secret et difficile d’accès de l’île !!  Grâce à leur obstination et à leur persévérance, ils nous ont fait découvrir cet endroit mystérieux en lequel nous nous sommes recueillis à la mémoire de tous nos aînés qui étaient passé avant nous … Pour éviter une nouvelle attaque des « nonos », votre serviteur n’avait rien trouvé de mieux pour se protéger le corps que de se revêtir de sa combinaison de plongée ! Un peu chaud mais terriblement efficace. A ma décharge, il faut préciser que cela fait déjà plusieurs jours que je passe le plus clair de mon temps, à me gratter jusqu’au sang …

Après cet hommage aux anciens … Marjo & Jean nous ont fait découvrir à bord de leur annexe, la mangrove, paradis des oiseaux … Superbe.

De retour au bateau , déjà paré de mon beau plumage, j’enfilais ma bouteille de plongée pour dégager notre ancre en vue d’un départ matinal sur « Bonaire » prévu pour le lendemain. Jean de « Otter II » avait constaté que sa chaîne d’ancre s’était enroulée autour d’un gros rocher de corail et avait été contraint de la dégager manuellement après avoir fait sauter le fusible de son guindeau …

Si je relevais qu’effectivement notre chaîne d’ancre s’était également enroulée à la base d’un gros rocher de corail, malgré tous mes efforts je ne suis pas parvenu à l’en dégager. Il ne restait donc plus qu’à tenter le tout pour le tout avec notre guindeau … hydraulique.

Oufti ! Je n’en ai pas cru mes yeux lorsque j’ai vu le gros rocher de corail rouler sur le côté comme sectionné à sa base par un coup de sécateur. Quelques minutes plus tard c’était autour d’un autre gros roc de voler en l’air comme un bouchon de champagne sous la puissance de notre guindeau ! Vous avez dit « hydraulique » … Oufti !

Une fois la chaîne de « S.A.S.³ » dégagée et votre serviteur remonté à la surface … Nous n’avions plus d’autre choix que de choisir un nouveau lieu de mouillage pour la nuit ! Cette fois-ci, nous avons croché l’ancre sur un immense fond de sable désertique.

Suite au prochain épisode …

Ce diaporama nécessite JavaScript.


Responses

  1. « Frais et dispos, l’avitaillement complété, le bateau en ordre de navigation, nous avons remonté l’ancre dans le calme et la sérénité. »

    Dans le calme et la sérénité…. VRAIMENT????A d’autres!

    Mais on vous aime.

    • « Tu quoque filius ! » (toi aussi, mon fils) a dit César à son fils Brutus qui s’était joint aux conspirateurs pour le poignarder …

  2. Bonjour SAS,
    c’est Filip Roets ici, …
    Oui ça fait longtemps. J’ai reçu le lien par Maurice G que je remcies.
    Je pars demain pour L’Espagne mais je vais découvrir les recits quand je peu. Si vous êtes dans le pays de la pluie , soyez les bienvenus a Knokke
    ou Zeebruges . http://www.isanautic.be


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :