Publié par : Ann & Stéphane | 11 août 2012

29.06 au 04.07.2012 – « Spanish Water » de Curaçao.

Vendredi 29.

« Mon Dieu, quelle affaaaaire » comme on dit par chez nous ! Impossible d’oublier que nous sommes dans les îles …

Cela fait déjà quelques mois qu’Ann s’est inquiétée de savoir où « cycloner » notre bateau. Après recherches et réflexions, nous optons pour Curaçao et plus précisément pour le petit chantier « Royal Marine » de « Piscadera ». Contacts sont pris et réservation confirmée pour la fin juin.

C’est donc en toute confiance que nous nous sommes rendus ce jour auprès du chantier où sont déjà au sec « Prosper’Aim » et « Otter II » pour finaliser les opérations.  Notre tête d’apprendre qu’il n’y  a plus de place pour « S.A.S.³ » !!

Il semblerait que le « phénomène » soit assez courant dans les îles … !

Qu’à cela ne tienne me direz-vous … Il y a d’autres chantiers que diable.

Ben non … Le seul autre chantier de l’île ne dispose pas d’une grue capable de sortir notre bateau de l’eau !

Perso, j’aurais volontiers abandonné l’idée de rentrer au pays mais Ann doit se faire opérer de la vésicule biliaire et quelques démarches administratives nécessitent notre présence physique.

Comme de toute manière il est interdit de laisser seul un bateau à l’ancre dans « Spanish Water » à moins de consigner à la douane, une somme de 20.000 $ … nous n’avons d’autre solution que de trouver une marina pour y laisser notre bateau jusqu’à notre retour … Encore faut-il trouver une marina « agréée » et qui peut accueillir « S.A.S.³ » et là, ce n’est pas non plus gagné d’avance !

En fait, il n’y a qu’une seule marina possible mais nous devons attendre mardi prochain pour avoir la confirmation qu’une place au ponton du superbe hôtel situé en bordure du chenal d’accès, se libère. Râlant  de relever que sur les six places prévues pour « grands yachts », il y en a trois occupées par des voiliers de 40’ …

Nous avons vu tant de bateaux bien plus grands que « S.A.S.³ » que je m’étais convaincu que notre bateau faisait partie de la « norme » et voilà que maintenant toutes les installations contactées semblent inadaptées à la taille de notre bateau !! Il y a quand même de
quoi se poser quelques questions.

Juste avant d’aller prendre l’apéro à bord de « Maeva » de Chantal & Laurent, je me suis lancé dans un petit 200 mètres nage aussi relaxant que l’eau est tiède. Malheureusement , avec un fond de vase, l’eau reste trouble et donc la visibilité extrêmement réduite.

« Maeva » Nous les avions rencontrés brièvement à Lanzarote (Canaries) et puis en Guadeloupe et à Bonaire (Antilles néerlandaises) où nous avions appris à un peu mieux les connaître. Nous savions qu’ils étaient partis pour Curaçao mais ce fut pour nous, une réelle surprise de relever que l’Oceanis 43 devant lequel nous avons pratiquement jeté l’ancre, était « Maeva ». Le courant passe bien entre les deux équipages.

Samedi 30.

E-n-f-i-n  il a plu !! Cela fait depuis un gros mois que j’attendais cet instant avec impatience. Eh oui que voulez-vous ? Vous vous plaignez constamment qu’il pleut  et votre serviteur attend toujours ce moment avec un profond bonheur !

Vous n’imaginez pas ce que c’est que d’avoir un bateau couvert de sable qui se transforme avec l’humidité, en boue. Vos voiles sont sales, vos poulies, vos haubans, vos bastaques, vos antennes, votre mât, votre portique, vos chandeliers, vos écoutes et drisses etc. etc. tout est recouvert de boue ! C’est tout simplement affolant et il vous faudrait des hectolitres d’eau pour en venir à bout et encore, car comment arriver à arroser le mât depuis le haut … Alors oui, une bonne pluie est véritablement un bonheur.

Evidemment le problème en ces régions reste qu’il pleut quelques gouttes une fois de temps en temps et c’est tout ! Cela a d’ailleurs commencé comme cela cette nuit … Quelques gouttes qui nous font fermer en catastrophe tous les hublots et puis plus rien. Puis à nouveau quelques gouttes. C’est un peu plus tard que nous avons eu droit et jusqu’en fin de matinée, à quelques ondées salvatrices.

La première chose que j’ai été faire en me levant, fut d’aller contempler l’état du pont. Ce n’est pas encore parfait mais le résultat est très beau à voir. On ne risque plus d’avoir les mains dégueulasses en prenant un cordage …

Dimanche 01.

Si j’avais programmé le nettoyage de la coque, après la réalisation de petits bricolages à bord, je ne me sentais plus l’âme qu’au farniente ! De temps en temps, cela fait beaucoup de bien de se laisser bercer dans son cockpit par la brise d’autant que les températures augmentent avec l’arrivée de l’été, rendant l’intérieur du bateau parfois difficile à supporter.

En fin de journée, je m’obligeais cependant  à  ma petite natation quotidienne avant de me caler devant la télévision … Eh oui, la télévision ! Elle vous exaspère peut-être et vous vous lamentez souvent de la nullité des programmes mais pour nous, il s’agit d’un moyen très agréable de savoir ce qui se passe dans le monde car dans notre Eden, le facteur ne distribue pas notre journal préféré …

Lundi 02.

En cette matinée, il pleut par intermittences … Une grande nouveauté pour la région et un merveilleux bienfait pour le bateau.

Le nettoyage de la coque … «Ce sera pour demain ». Ceci ne m’empêche pas de nettoyer chaque jour, au tampon Jex , un petit bout de la coque alu de l’annexe ! Incroyable de relever que malgré que nous sortons tous les soirs, l’annexe de l’eau et que certains jours, elle ne va même pas à l’eau, toute la partie immergée de l’annexe (coque et boudins) est verte/brune  foncée ! Et il ne faut pas croire que cela part avec un simple coup d’éponge … C’est  i-n-c-r-u-s-t-é !

Aussi, je me suis astreint à redonner à cette coque, sa couleur blanche d’origine. Quand nous étions à Caen, j’ai bien essayé de réaliser en plongée, ce travail mais j’y ai rapidement renoncé tant la position était des plus inconfortable (trop près de la surface). Aussi c’est lorsque l’annexe est fixée en hauteur à l’arceau arrière du bateau que j’essaie tant bien que mal de frotter, frotter, frotter avec l’énergie du désespoir pour faire revivre le blanc de l’aluminium ou le gris du boudin. Je pense qu’à l’usure, je devrais y arriver …

Petit moment de détente sur « Maeva »  où avec Chantal & Laurent,  a été évoqué l’épineux problème du programme de navigation pour les mois à venir ! On aurait dit une réunion de petits vieux se lamentant derrière leur tasse de café, de leurs conditions de vie. Il faut reconnaître … Quel malheur d’être pour ainsi dire « bloqués » jusque fin octobre à cause des cyclones, en cet endroit béni des Dieux. Par avance, on se convainc que l’on va finir très vite par se lasser mais quitter les Antilles néerlandaises pour aller où ?

Cela reste LA terrible question de tous les plaisanciers de la région : En raison de son insécurité, le Venezuela est non couvert par notre assurance, la navigation le long des côtes colombiennes  peut s’avérer périlleuse si on ne s’élance pas au « bon moment » qu’il est pratiquement impossible de programmer à l’avance, Panama est redouté pour ses terribles orages et l’administration Nicaraguayenne est  tatillonne . Il faut également tenir compte des courants à sens unique, des Alizés qui augmentent en force à l’approche du continent, de l’insécurité de certaines zones de navigation et de la saison des cyclones (juin à novembre) qui peuvent remonter jusque New-York !

En ces conditions, il n’est réellement pas aisé d’établir un programme de navigation sauf pour ceux qui n’ont pas le choix par manque de disponibilités. Pour ceux-là, le programme est établi depuis le départ et bon gré, mal gré ils sont contraints de suivre un timing souvent très serré. Mais pour les petits retraités comme nous qui n’avons d’autre programme de que profiter de la douceur de la vie, pourquoi vouloir se hâter, pourquoi vouloir se faire violence, pourquoi se contraindre à un programme ?

L’envers de la médaille consiste à ne jamais très bien savoir où nous serons le lendemain, à passer souvent beaucoup plus de temps que prévu en un endroit, à rechigner à lutter contre vent et courant, à voir des problèmes là où il n’y en a pas toujours, à vivre de questions plutôt que de certitudes, à rêver d’autre chose au lieu de vivre le rêve présent !

Sur base du principe que « l’herbe du voisin est toujours plus verte », nous en venons, Laurent et votre serviteur, à regretter la Manche, la Normandie, la Bretagne, les Cornouailles … Tous ces lieux que nous avons tant affectionnés durant nos vacances d’été. L’idéal – s’il s’agit d’un réel idéal – serait de naviguer sur nos côtes en été et de passer l’hiver, dans les Antilles … Il suffit de traverser l’Atlantique dans un sens et puis dans l’autre !

C’est réalisable mais la traversée de l’Atlantique Nord reste redoutée pour beaucoup d’entre nous et surtout redoutable avec ses terribles tempêtes et ses vents au près sans oublier des températures beaucoup plus fraîches.

Mardi 03.

Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent  dit une chanson et j’en arrive à la même conclusion ! J’ai pourtant le sentiment qu’il y a de la place pour caser « S.A.S.³ » ici ou là mais cela n’est  jamais possible sans toutefois qu’on puisse en appréhender les motifs profonds ! En clair,  nous n’avons pas de place pour laisser seul notre bateau soit au sec soit en marina !!

Ceci nous oblige à postposer notre retour au pays et notamment, l’opération à la vésicule biliaire d’Ann … Pas toujours facile à digérer alors que nous avions cru avoir  pris toutes nos précautions mais nous sommes dans les îles et il n’existe pour ainsi dire aucune autre solution ! Les îles sont souvent moins enchanteresses qu’il y paraît sur dépliant touristique mais il faut vivre dans les îles pour en prendre conscience et en mesurer l’étendue.

Mercredi 04.

Ce soir, c’est la demi finale de « Pékin Express » sur M6 … Je n’y échapperai pas ! Aussi, la journée sera entièrement consacrée à bouquiner.  Depuis quelques jours, la lecture est à nouveau à l’honneur et  tous les prétextes sont bons pour s’y adonner sans limite. En ce moment, je vis à l’heure de la justice américaine d’un petit patelin du Mississipi … Puant !

Du côté des nouvelles, nous aurions une possibilité de placer notre bateau à la marina d’Aruba mais impossible d’y sortir le bateau de l’eau ! Dans toutes les Antilles néerlandaises, il semblerait que seul le chantier « Royal Marine » de Curaçao en soit capable … Nous hésitons malgré tout beaucoup à nous rendre sur l’île d’Aruba (55 NM)  car pour revenir après sur Curaçao, c’est carrément la galère en raison de courant et vent contraires !! Il s’agit de notions que nous rencontrons peu dans nos eaux mais ici, toutes les navigations sont à sens unique …

Alors que nous étions en pleine expectative sur Aruba,  le maître de port de « Seru Boca Marina » de « Spanish Water »  nous faisait part que nous aurions un emplacement  à disposition à partir du 1er août !  Actuellement, l’emplacement est occupé par un bateau brésilien qui avait annoncé partir en ce début de mois pour changer subitement d’avis et annoncer libérer l’emplacement « pour la fin du mois » comme il aurait annoncé le faire à la Saint Glinglin … Il semblerait que notre maître de port aie décidé de le prendre au mot et je serais bien curieux de voir la tête de notre Brésilien en fin de mois lorsqu’il sera sommé de partir … A moins que ce ne soient à nouveau nous, les dindons de la farce !

Jeudi 05.

Depuis que « S.A.S.³ » est à Curaçao, il semble avoir renoué avec le succès ! De tout temps, l’intérêt que suscite notre bateau ne s’est jamais démenti mais  à « Spanish Water », on a l’impression que tout le monde connaît notre voilier ! De surcroît, le nombre de curieux qui lui tournicotent quotidiennement autour, est  surprenant . Il faut dire que je n’ai pas vu ici de concurrent qui pourrait lui faire de l’ombre et  il est impossible de traverser « Spanish Water » sans le voir …

Grande journée de courses aujourd’hui … Nous devons envoyer un paquet par DHL et commander l’antifouling pour notre prochain carénage ! Vu de Bruxelles, il ne s’agit que d’une pérégrination quotidienne parmi d’autres et certainement pas de quoi fouetter un chat. Oui mais … Ici nous sommes dans les îles comme j’ai plaisir à le répéter à l’envi, et ce genre de « pérégrination » prend tout de suite une couleur « locale ».

Pour DHL, il faut se rendre en leurs bureaux situés à la sortie de Willemstad. Du bateau jusque là, cela signifie prendre l’annexe pour aller jusqu’à la station de bus, bus qui nous conduira jusqu’à son terminus et de là, prendre un minibus . Quand on est patient … Cela ne pose pas de problème particulier et comme dirait Ann « cela fait partie du paysage local ».

Une fois sur place, il s’agit de se faire comprendre et d’aider la préposée à trouver en son annuaire, l’adresse de votre destinataire européen ! Cela nous a pris une petite heure …

Chemin faisant, nous sommes passés devant les bureaux d’Arke Fly où nous en avons profité pour prendre nos tickets d’avion. Toujours difficile de déterminer la date du retour alors que notre programme en Belgique reste quelque peu encore confus d’autant que nous ne savons pas quand Ann pourra se faire opérer de la vésicule biliaire …

A nouveau le minibus jusqu’au centre ville pour prendre un autre minibus qui nous conduira au shipchandler où nous achetons 30 litres d’antifouling (Trilux 33 d’International bien adapté pour les eaux chaudes),  pour un nouveau bus qui nous mènera à la marina et à notre annexe. Ouf … On est de retour ! Si nous avions dû passer commande, il aurait fallu attendre fin août/début septembre en fonction de l’arrivée du container … Nous avons donc acheté tout le stock du magasin (8 pots) que nous irons chercher plus tard lorsque nous disposerons d’une voiture.

Chemin faisant, nous rencontrons dans le bus, Joceline (« Buena Vista ») et Maryvonne (« Sonate »), nos deux sympathiques voisines de mouillage que nous reconduirons  à leur voilier respectif ce qui nous vaudra une charmante invitation à prendre l’apéritif à bord de « Sonate ». Il faut reconnaître que le bus reste un excellent moyen de se déplacer mais également de faire connaissance avec d’autres plaisanciers … Un minimum de vie sociale est absolument indispensable à tout bon équilibre.

Vendredi 06.

Nouveau départ en courses pour Ann « l’infatiguable » … « Maya l’Abeille ».  En courses, il faut toujours avoir avec soi, passeport et papiers du bateau ! Pourquoi ? Mais simplement parce qu’un petit détour imprévu par le shipchandler reste incontournable et que pour pouvoir acheter « hors taxes », il vous faut impérativement  les papiers du bateau … C’est tellement habituel comme démarche que vous pouvez faire enregistrer votre bateau auprès du shipchandler local ce qui vous évitera de produire vos documents de bord à chaque achat !

Après une dure matinée de courses, il était important qu’Ann se repose et par galanterie, je m’y suis associé sans me faire supplier.

Le soir, nous rendions notre apéritif de la veille dans une ambiance à ce point sympathique que nos convives nous quittaient qu’à minuit !

Samedi 07.

Il fait très chaud comme tous les jours et il est difficile de rester à l’intérieur sans se transformer rapidement en éponge dégoulinante. Cela fait depuis plusieurs jours que le nettoyage de la coque au-dessus et en-dessous de la ligne de flottaison est programmé mais à chaque fois, le courage nous manque et le travail est postposé à plus tard !

Nous n’arrêtons pas de bouquiner et cette seule activité nous prend toute la journée.

Dimanche 08.

Journée « programme de navigation » ! Comme il va bien falloir se décider un jour, autant en discuter de temps en temps sur base des nouvelles informations  collectées. Pas toujours aisé de trouver les « bonnes » informations en l’absence d’un guide nautique sur la région concernée. Quant à « radio ponton », il vaut mieux s’en méfier très sérieusement car l’expérience des uns n’est pas celle des autres …

Si le programme n’est pas encore défini avec certitude, il se dessine que nous allons passer les dix prochaines années  à  « Spanish Water » de Curaçao … Pour oublier cette affligeante perspective, apéro très sympathique à bord de « Buena Vista ».

Lundi 09.

Je vous le donne dans le mille … Journée « courses » pour « Maya l’Abeille » ! Tandis qu’Ann butinait, votre serviteur s’est pris l’idée stupide d’attaquer le nettoyage de la coque sous-marine : Bien plus dur que prévu ! J’ai littéralement crevé et bien entendu, je n’ai pas beaucoup avancé (un tout petit 1/3 de coque nettoyée). De surcroît, j’ai perdu mon précieux couteau de plongée !

Après la plongée, je ne me sentais pas très bien au point que je me suis allongé une bonne heure sur mon lit. Ces derniers temps, je suis sensible aux petites chutes de tension et après les efforts consentis, il n’est pas étonnant que je n’étais pas dans mon assiette en sortant de l’eau. Je connais bien ce phénomène surtout lorsque je n’ai plus plongé depuis un certain temps !

Triste à dire mais j’ai laissé aller les choses trop loin et maintenant, je paie l’addition et celle-ci est très lourde. Il va me falloir de la patience et de l’endurance mais je crains que lorsque nous rentrerons fin août, tout sera à recommencer … Elle n’est pas belle la vie !

Mardi 10.

Ce n’est pas l’envie qui me manquait de laisser tomber le nettoyage de la coque sous-marine surtout après une journée aussi catastrophique que hier. Mais d’une part, je sais par expérience que si la première plongée est dure, mon organisme est à tous les coups, parfaitement acclimaté pour la seconde et d’autre part,  une fois le travail commencé, il vaut mieux le continuer avant que l’on n’en voit plus trace  …

C’est donc dans la joie et la bonne humeur que je me suis mis à l’eau …

Histoire de me donner malgré tout un peu de plaisir avant d’attaquer le travail ardu,  je suis d’abord parti à la recherche de mon précieux couteau de plongée. Difficile d’admettre de ne pas retrouver son propre couteau alors que je retrouve si souvent les objets des autres …

Avec de la technique, on finit par y arriver et bien évidemment, il n’est jamais là où on le cherche en premier ! La veille j’avais déjà cherché mais sans technique cela aurait été le plus pur hasard si j’étais tombé dessus. En fait, il a dû tomber lorsqu’à un moment donné ou un autre, je suis remonté à l’échelle. Il gisait à plat sur le fond de vase, parfaitement visible … Mais c’est la visibilité qui manquait.

En remontant à la chaîne d’ancre, j’ai été stupéfait de relever que celle-ci jusqu’à 4,50 mètres de profondeur est recouverte d’une toison touffue de poils qui s’arrête brutalement  à la profondeur mentionnée ci-avant !! Il va encore falloir penser à la nettoyer avant de la remonter …

Pour le nettoyage de ce mardi, je m’étais armé d’une spatule métallique qui se révéla parfaitement adaptée au travail. Jusque là, le grattage était plutôt facile et agréable : J’avais réellement l’impression d’arracher un vieux papier peint !! Tout partait par lambeaux ! Mais bien évidemment c’est lorsqu’il a fallu enlever les résidus de colle avec le tampon Jex que cela est devenu nettement moins amusant et surtout beaucoup plus physique.

Résultat des courses, je n’ai nettoyé que la ½ du 1/3 central, côté tribord.

Alors que j’étais en train de diminuer mon tirant d’eau (nettoyage de la semelle de quille …) je me suis une première fois, surpris à voir un banc de poissons en déroute ! Quelques temps plus tard, je me saisissais à la vue d’une « carange grasse » de belle taille (+ /- 75 cm.) qui me frôla la palme !! Cela dura quelques bonnes minutes car il y avait selon moi, quatre ou cinq caranges qui tournicotaient en-dessous de la quille. Ce n’est pas la première fois que j’ai droit à des visiteurs insolites (barracuda, rémora géant, petits poissons) mais en ces eaux troubles, je ne m’attendais nullement à avoir de la compagnie.

Mercredi 11.

Petit coup de vent bien senti durant la matinée avec  quelques averses éparses pas suffisantes pour nettoyer le pont  en profondeur ! L’occasion en tous les cas, de tester un peu ses ancrages. Si pour « S.A.S.³ » tout semble en ordre, « Maeva » a dû reprendre un trop grand mou ici et là.

Une accalmie et nous en profitons pour aller faire le plein d’essence de l’annexe et surtout porter une bouteille de plongée à réparer ! Malchance ou mauvaise manipulation mais mes robinetteries fuitent toutes !! Pour éviter de retrouver ma bouteille à moitié vide le lendemain du gonflage, je suis obligé de serrer comme un malade …

Ayant trouvé un magasin de plongée qui acceptait d’y jeter un œil, nous avons donc été apporter une de nos deux bouteilles … Pour des nèfles ! Notre sympathique technicien n’a rien pu faire pour nous car notre bouteille est équipée en système métrique  alors qu’ici, c’est le système américain qui prévaut !

Avais-je réellement le choix ? Non … Je me suis donc mis à l’eau pour nettoyer la ½ du 1/3 central, côté bâbord tandis qu’Ann se tapait le nettoyage intérieur … Elle n’est pas belle la vie !

Le soir comme presque tous les soirs, le vent s’estompait pour ne plus laisser la place qu’à une petite brise rafraîchissante.

Jeudi 12.

Incroyable comme on peut être scotché par un bon bouquin … Celui-ci parle de vagues scélérates, de tourbillons, de cargos engloutis. Bref, « le » livre à lire dans notre situation !

Mais bon, quand on commence quelque chose, on le termine comme m’a appris mon défunt père et  puis quelle satisfaction, quel bonheur, quelle fierté, quelle jouissance, quelle joie  … Je crois que vous avez compris … Quand – enfin – j’ai pu affirmer que la coque sous-marine du bateau était à nouveau propre ! Je ne me fais cependant aucune illusion que nous allons à nouveau la retrouver dans un état déplorable lors de notre retour du pays mais ce n’est pas une raison suffisante de laisser aller les choses. C’est évidemment dommage pour les biologistes et zoologistes de tout poil de bousiller ainsi un tel champ d’étude mais tant pis pour eux !

Vendredi 13.

« Jamais tu ne travailleras un vendredi 13 »  a dit, un jour,  un grand homme dont j’ai oublié le nom !  Aussi, nous avons bouquiné toute la journée pour la terminer de la plus sympathique manière qui soit par un petit apéro sur « Maeva ».

Samedi 14.

Aux fins de ne pas devenir totalement neurasthénique, Ann a décidé de me « sortir » en allant nous balader à « Willemstad ». Excellente initiative d’autant que la ville est toujours aussi animée,  qu’il est  bon de temps en temps , de regarder d’autres horizons et puis surtout, cela m’a permis de passer chez le coiffeur.

Je sais pertinemment que pour vous, aller  chez le coiffeur est d’une banalité navrante et pour votre serviteur, il en était de même jusqu’au moment où nous nous sommes expatriés. Depuis lors,  aller chez le coiffeur relève à chaque fois, de la grande Aventure car vous ne savez jamais avec quelle tête vous en sortirez !

Cette fois-ci n’a pas échappé à la règle : Imaginez (allez, faites un petit effort d’imagination) une devanture carrément cradingue, un salon de coiffure froid comme une morgue, des néons qui vous donnent le teint blafard, un  mobilier d’une pauvreté rare, l’absence de tout équipement pour laver les cheveux, une population de crépus en train de se faire tondre, le tout dans un brouhaha de hall de gare qui essaie de dominer le bruit tonitruant de la télévision retransmettant une émission de variétés ! Quasiment impossible de se faire comprendre tant cela hurle de tous les côtés ! Je peux vous assurer que je n’étais pas à l’aise … Mais comme il faut rendre à César ce qui appartient à César, je dois reconnaître que je n’ai jamais été aussi bien coupé. Ouais, bon, ok … Une boule rasée à zéro reste une boule rasée à zéro !

Dimanche 15.

SILENCE  svp … On lit !

Lundi 16.

SILENCE svp … On termine la lecture de nos romans respectifs !

Le soir, nous dînons, en terrasse, à bord de « S.A.S.³ » avec Chantal & Laurent de « Maeva ». Délicieuse soirée, en vérité je vous le dis. Je lis peut-être aussi un peu trop la Bible …

Mardi 17.

Journée de courses à « Zeelandia » (grand zoning commercial) … Le lieu béni de tous les bricoleurs mais quand même deux bus pour y arriver !

Super, génial et tout le toutime au détail près que tout est en mesure américaine et en 110 V. … Bref, on a tout trouvé mais rien acheté !!

Mercredi 18.

Histoire de varier un peu les plaisirs et aussi de se donner un peu d’exercice, nous sommes partis pour une petite randonnée en compagnie de Chantal & Laurent de « Maeva » … Eh ! Oh ! J’ai dit une « petite » randonnée, je n’ai pas fait référence à l’émission télévisée sur M6 de « Pékin Express ». En fait, nous n’avons qu’escaladé la montagne qui nous sépare du chenal d’accès à « Spanish Water ».

De retour de ballade, nous avons Chantal & votre serviteur, nos conjoints respectifs ayant lâchement jeté l’éponge, exploré la lisière de la garigue qui borde notre enclave. L’Aventure n’était pas sans danger car à tout moment nous risquions de tomber dans l’eau glaciale ! Plutôt que d’avoir à nouveau, à braver tous les périls en faisant demi-tour, nous avons appelé le reste de l’équipe à la rescousse. Le sauvetage ne fut pas facile et votre serviteur risqua sa vie en montant dans l’annexe !

J’adore la langue française et ses subtilités … Quand je parle de « montagne », il faudrait davantage parler de monticule car nous avons contourné la « montagne » et quand je parle « d’escalader », nous n’avons fait que suivre la route en macadam ! A plus de 30° il est difficile de soutenir que l’eau était « glaciale ». Quant aux « périls », nous avons suivi un petit chemin de terre parfaitement dessiné parsemé, il est vrai, de quelques ronces ici et là.  Seule l’embarcation dans l’annexe à partir du rudimentaire embarcadère,  se révéla un peu plus acrobatique au point que votre serviteur voulant faire preuve de souplesse, atterrissait la tête la première à la plus grande surprise de tout le monde et de votre serviteur, en premier !

Je pense que je lis trop de romans …

Jeudi 19.

Après les émotions de la veille, nous n’avions qu’une et une seule envie : Farniente !

Vendredi 20.

Journée des courses d’avitaillement … Aux abris tout le monde ! C’est le jour où Laurent de « Maeva » et votre serviteur trouvent un maximum d’excuses pour ne pas pouvoir quitter le bord, laissant les « louloutes » se charger de cette corvée.

En parlant de « louloute », j’adresse un clin d’œil amical à notre ami Guy de « Pro’s Per Aim » qui se démène dans ses ennuis de santé. « Carpe diem » comme il dit souvent.

Le soir, nous prenions l’apéro à bord de « Maeva » avec Brigitte & Jean-Paul de « Almea ».

Depuis que nous sommes à « Spanish Water » nous avons retrouvé une vie sociale assez semblable à celle que nous avons connue à Lanzarote (Canaries). Si à l’époque, c’était la piscine de la marina qui était le lieu de rencontre, ici c’est le bus qui joue ce rôle ! C’est tout de même assez extraordinaire qu’il faille à chaque fois une sorte de « dénominateur commun » pour que des relations durables puissent se nouer entre bateaux alors même que ceux-ci peuvent être vos voisins ! En tous les cas, je relève une fois de plus que sans être mondain, un minimum de vie sociale est indispensable à mon bon équilibre.

Samedi 21.

Inscrit au programme depuis notre arrivée à « Spanish Water », nous nous sommes enfin décidés à nettoyer la coque du bateau. Vous ne faites de nouveau pas attention ! Non … Elle n’a pas encore été nettoyée car il s’agit cette fois, de la partie de la coque située au-dessus de la ligne de flottaison ! Faites un petit effort de concentration que diable !

Bien que celle-ci ne soit pas trop sale, le travail s’est révélé harassant en raison de la chaleur et davantage encore du soleil qui tape si fort que nous avons terminé le côté bâbord en un état proche de l’insolation !! Selon « Sonate » qui nous a admirés travailler, le résultat était étincelant. Le nez sur la coque, la vision est évidemment toute autre et nous avons dû lutter avec ardeur pour faire disparaître toutes les traces de passage de loque ! Pour bien faire, nous aurions dû passer la coque au polish mais nous réservons ce traitement pour le carénage de septembre. 

Si nous sommes habitués à voir tous les jours, des petits bateaux faire le tour de « S.A.S.³ » ce samedi fut une journée de grande affluence … Serait-ce parce que nous étions en train de laver la coque ?

Le soir, nous avions à bord, pour l’apéro, Laila & Richard de « Nebula ». Soirée pleine de saveurs anglo-équatoriennes.

Dimanche 22.

Travail commencé … Travail terminé ! C’est ma devise. Nous nous sommes donc attelés au nettoyage du côté tribord de la coque. Mais quelle satisfaction d’entendre nos voisins français nous demander avec quel produit nous obtenons une telle brillance que notre coque est un vrai miroir !

Notre secret ? Vous passez d’abord avec une éponge mouillée à l’eau douce (sans détergent) ensuite avec une peau de chamois et enfin avec un chiffon sec, sur votre coque … vernie ! L’envers de la médaille reste que t-o-u-t  se voit sur notre coque vernie comme bêtement une simple trace de doigts ou le passage d’un chiffon pas suffisamment sec !!

Comme récompense, nous avons été nous promener avec l’annexe, entre les bateaux du mouillage : Accueil toujours aussi « chaleureux » de la part des plaisanciers des bateaux que nous longerons … Pas le moindre signe bonjour et vous êtes dévisagé comme si vous veniez de commettre un délit ! En bref, le genre d’accueil que je réserve aux curieux qui tournicotent autour de notre bateau avec sans doute en moins l’expression très nette d’une exaspération bien sentie. Et pourtant j’aime tellement que l’on vienne admirer notre bateau …

Lundi 23.

Une journée comme tant d’autres où je me retourne en arrière et je me pose éternellement la même question : Qu’ai-je bien pu faire pendant toute la journée ?

En fait, il s’agit d’un mélange assez subtil de différents types de farniente où se concilient lecture, repos, travail sur ordinateur, parlotte avec les voisins, bouffe et baignade … Une vie de chien quoi !

Mardi 24.

Les Gaulois, nos ancêtres, avaient une frousse panique que le ciel leur tombe sur la terre … Et ils avaient parfaitement raison !

Cela a commencé par un gros grain qui nous a rincés copieusement alors que nous nous apprêtions doucement, même très doucement, à nous réveiller. Pour une fois que nous avions nettoyé la coque avec tant d’amour, nous nous serions bien passés de cette averse … Il s’agit d’une simple application de la loi dite  « loi de la vexation universelle » car cela faisait depuis de nombreux jours que nous n’avions plus vu la pluie.

Mais le plus grave restait à venir … Comme notre bôme canoë était pleine d’eau suite au grain, je l’ai levée en position haute pour la vider et forcément, par la suite je l’ai abaissée. Tout fonctionnant à l’hydraulique sur « S.A.S.³ », j’ai d’abord appuyé sur le bouton « out » puis ensuite sur le bouton « in ». C’est à ce moment précis que les choses se sont gâtées car mon bouton « in » est resté calé en position enfoncée !! J’ai donc vu avec horreur notre énorme bôme descendre, descendre, descendre, atteindre les arceaux du bimini qu’il a rétamé comme une crêpe, pulvériser notre capote pour s’attaquer ensuite à notre table de cockpit qu’il a ouverte comme une boîte à conserve. Alors qu’il entamait l’ouverture de la trappe du fond du cockpit, Ann trouvait – enfin – le rupteur de l’hydraulique. Ouf !

Ne riez pas car c’est exactement comme cela que les choses auraient pu se passer si l’écoute de grand voile n’avait pas été suffisamment lâche pour que la bôme ne parte sur le côté où elle ne rencontra aucun obstacle en descendant. Quant au bouton poussoir, par chance, il n’était pas défectueux. Il ne s’agissait que d’une petite oxydation sur le pourtour du bouton qui le maintenait en position enfoncée. Comme quoi « petite cause, grands effets ».

Mercredi 25.

En voulant réaliser un  petit bricolage sur la hampe de notre drapeau, je me rends compte que l’outil que je cherche désespérément depuis plusieurs mois, est sous mes yeux, dans une boîte « Festool » que je n’ouvre quasiment jamais et en tous les cas, pas assez habituellement pour prendre conscience des trésors qu’elle renferme !!

Aussi, en avant les grandes manœuvres pour dorénavant disposer plus à la vue, ces trésors cachés. L’espace étant malgré tout, fort restreint (syndrome du mètre en plus) il m’a fallu repenser en profondeur l’aménagement de mes tiroirs « présentoirs » dont je suis si fier. Vous n’imaginez pas la facilité pour mettre la main sur l’outil recherché. Sur « S.A.S. » je disposais de trois caisses à outils qu’il me fallait pratiquement vider à chaque fois pour y retrouver quelque chose … L’horreur.

J’ai par ailleurs, toujours autant de mal à concevoir que « la cabine atelier » ne fasse pas partie intégrante de l’inventaire de tout bateau du moins à partir d’une certaine taille. Les chantiers n’y portent généralement aucune attention alors que la « cabine équipage » se retrouve sur de nombreux bateaux  à partir de 50’ !! Ces « cabines équipages » sont d’ailleurs tellement petites et au confort tellement spartiate (généralement sans le moindre hublot !) que nous aurions honte d’y faire dormir quelqu’un.

Jeudi 26.

On n’y coupe pas plus longtemps au nettoyage intérieur hebdomadaire … Je crois que j’aurais pu exercer de nombreux métiers dans ma vie à commencer par celui de « concierge » mais pas pour tout l’or du monde celui  « d’homme de ménage ». C’est réellement trop déprimant et surtout trop fatiguant … On n’en voit jamais le bout ! Je ne pense d’ailleurs pas que l’on choisit ce métier mais bien plutôt qu’il s’impose à vous comme seul débouché.

Soirée  fous rires sur « Maeva » de Chantal & Laurent en compagnie de Laila & Richard de « Nebula ».

Vendredi 27.

Comment voulez-vous que j’exerce mon métier de « concierge » à temps plein si vous restez tous terrés à l’intérieur de vos bateaux ? Je suis entouré d’ex-taulards c’est pas possible autrement !

Alors que les intérieurs sont suffoquant de chaleur, la grande majorité des plaisanciers  restent enfermés à l’intérieur à faire je ne sais quoi. Sur un bateau comme « S.A.S.³ », cela pourrait encore éventuellement se comprendre car nous avons l’air conditionné, de l’espace à revendre et beaucoup de maintenance à réaliser . Mais bien peu de bateaux disposent d’un tel confort en sorte qu’on s’imaginerait plus facilement retrouver tous les équipages sur le pont à profiter d’une superbe météo.  Je vous imagine sans peine à penser que si vous étiez à la place de ces plaisanciers, vous vivriez constamment dehors puisque vous savez, vous, ce que c’est que de subir le mauvais temps. Il suffit de voir les terrasses de café lorsque le soleil pointe le bout de son nez …Croyez le ou non mais les « zigotos » d’ici passent le plus clair de leur temps à s’enfermer hermétiquement dans quelques mètres carré sombres et obscurs. Il faut le voir pour le croire.

Dans notre carnet mondain, nous avions inscrit pour ce soir, un « happy hour » au petit bistro du port de pêche. Comme il paraît que c’est là que tous les plaisanciers se donnent rendez-vous le vendredi soir, c’est accompagné de Chantal & Laurent de « Maeva » que nous sommes partis à la conquête du Nouveau Monde …

L’endroit était très animé et un orchestre local veillait à ce que personne ne puisse entendre ce que disait son voisin.  Malgré cela, les conversations allaient bon train en anglais et en néerlandais. Bien que nous soyons restés un peu « isolés » dans la masse, nous avons reconnu l’une ou l’autre tête et terminé agréablement notre soirée en compagnie de Laila & Richard de « Nebula ».

Samedi 28.

Je sentais depuis déjà quelques jours qu’il me fallait me taper le nettoyage de la coque sous-marine avant cela ne prenne d’autres proportions.  C’est donc avec le sourire aux lèvres et plein d’ardeur qu’en fin d’après-midi,  je me suis lancé dans l’entreprise comme le condamné à mort fumant sa dernière cigarette … Chienne de vie.

Après quelques minutes de dur labeur, un banc de petits poissons argentés m’encerclait de toute part ! Les poissons étaient comme fous tant le krill était abondant ! Tellement abondant que ma tête grouillait d’asticots …

J’avais nettoyé le 1/3 arrière de la coque que je terminais ma plongée en beauté en allant nettoyer l’hélice de « Maeva » emberlificotée par du fil de pêche.

Dimanche 29.

Une journée comme les autres avec en prime la fin du nettoyage de la coque sous-marine. Comme vous êtes tous de très fidèles lecteurs, vous aurez relevé que le nettoyage de la coque me prend au minimum deux plongées et au maximum six plongées suivant l’état de saleté de celle-ci !  Malheureusement, pour maintenir un rythme de deux plongées dans un plan d’eau fermé comme « Spanish Water », il me faut plonger tous les 12 jours … !

Cela en vaut-il la peine ? Certes, non mais cela me fait trop mal au cœur d’avoir l’impression de plonger sur une épave à chaque fois que je mets la tête sous l’eau. De surcroît, je me console à l’idée que le jour du carénage, tout l’ancien antifouling sera complètement érodé et que ce fait, j’éviterai un sur couchage fort préjudiciable pour les années à venir. On a l’esprit de régate ou on ne l’a pas …

Lundi 30.

Suite aux sérieux ennuis de santé dont est victime Guy de « Prosper’Aim » (Ovni 395), ces derniers ont décidé de mettre en vente leur petite merveille ! Mais comment vider un bateau de ses effets personnels lorsque celui-ci est à Curaçao alors que leurs propriétaires sont en France … C’est en de telles circonstances que l’on se rend encore mieux compte de son éloignement et de tout ce que cela implique !

C’est pourquoi nous avons proposé à Isabelle & Guy, de ramener un maximum lors de notre retour en Belgique prévu pour début août. Marjo & Jean de « Otter II » se chargeront ensuite de convoyer leurs effets personnels jusque chez eux … « Tous pour un et un pour tous » tel était la devise des 4 Mousquetaires.

Nous avons donc loué un véhicule pour aller jusqu’au chantier « Royal Marine » où le voilier est au sec. Bien évidemment, une fois sur place, « Revenez pour 14 heures, le patron sera alors présent et pourra vous donner les clefs du bateau». Aaaaaaah la nonchalance des îles … Que du bonheur !

Sur le trajet, nous en avons profité pour aller visiter le chantier de « Curaçao Marine » qui a de nombreux détracteurs ! S-u-p-e-r-b-e chantier où chaque mètre carré est exploité, tout y est propre et ordonné mais je veux bien croire que la liberté d’action du plaisancier est limitée au strict minimum et que l’on ne doit pas y rigoler tous les jours.  Le chantier est situé dans le port commercial de Willemstad et comporte également une petite marina bien abritée. J’y aurais volontiers laissé « S.A.S.³ » au sec mais la grue est trop faible pour soulever les 40 tonnes de notre bateau !!!

De retour au port de pêche de « Spanish Water » où nous abandonnons notre annexe  le temps de nos courses, nous retrouvons Jean-Paul de « Almea » qui attendait à l’ombre par 35° que Fedex lui apporte la pièce commandée depuis plus de 15 jours. En principe, le transporteur passait entre 13 et 17 heures … En fait, Jean-Paul aura attendu tout l’après-midi pour des nèfles sans jamais voir la camionnette de Fedex. Que du bonheur !

En arrivant au bateau, nous tombons sur Chantal de « Maeva » totalement  désespérée ! Encore une histoire des îles … Partis d’Europe avec cinq bouteilles de gaz remplies, nos amis ont le grand tort de penser qu’il leur serait aisé de pouvoir les faire remplir à Curaçao. Tragique erreur évidemment : Leurs bouteilles étant aux normes « européennes », ils n’ont pu trouver le moyen de les remplir ! En finale des finales, ils ont trouvé un autre bateau qui allait s’occuper de ce remplissage mais l’opération nécessite un délai de 8 jours ! Pour éviter de continuer à manger froid, ils décidèrent d’acheter auprès du shipchandler local (« Island Water World ») une bouteille de gaz en alu aux normes américaines. Autre tragique erreur évidemment : Non seulement la bouteille leur a été vendue vide mais de surcroît, l’entreprise désignée pour remplir la bouteille leur a déclaré (après déplacement jusque là en taxi …) qu’elle ne pouvait remplir la bouteille en raison du type d’embout dont était équipé leur nouvelle bouteille ! Tout en continuant à manger froid,  ils ont trouvé une autre entreprise qui s’est chargé du remplissage de cette bouteille moyennant un délai de 2 jours. Que du bonheur !

Mais vous ne connaissez pas la dernière bonne blague des îles … Bien que le plaisancier contribue très largement à l’économie du pays, son temps de séjour est limité à trois mois !! Et ne croyez surtout pas les guides nautiques qui vous affirment que vous obtenez une prolongation d’autorisation de séjour sans problème. En fait, il semble pour ainsi dire, pratiquement impossible (il existe bien l’une et l’autre exception pour confirmer la règle) de l’obtenir … Que du bonheur !

Vous savez ce que j’en pense en finale … Vous êtes des gros veinards qui ne connaissez pas votre bonheur de vivre en Europe.

Comme nos voisins français pensaient partir tous ensemble, mercredi pour Bonaire et ensuite pour les îles Aves et Roques, « Buena Vista » de Jocelyne & Jean avait décidé de faire un grand apéro d’au revoir avec tout le groupe soit « Sonate » de Maryvonne et Bernard – « Hydra » de Françoise & Jean-Claude – « Maeva » de Chantal & Laurent – « Almea » de Jean-Paul & Brigitte et « S.A.S.³ ».

Ce fut une délicieuse soirée très animée mais je dois bien reconnaître que je n’ai plus qu’un vague souvenir de la fin de celle-ci … Par chance et comme en finale, leur départ a été reporté en l’attente de meilleures conditions météo, je me régale déjà à l’idée du prochain apéro « d’au revoir » …

Mardi 31

Comme je le supputais depuis maintenant près d’un mois, le « Brésilien » n’a pas quitté son emplacement de la marina comme il y était tenu !! Petite visite donc auprès du Capitaine du port …

Horreur et stupéfaction, le « Brésilien » n’a pas l’intention de quitter son emplacement avant la fin de la période des cyclones … Ce qui ne semble pas choquer notre Capitaine de port !!!!

Mais du diable dans quel pays sommes-nous donc tombés ??

A Curaçao tout simplement … Au détail près que ce n’est pas l’emplacement du « Brésilien » qui nous est réservée à partir du 1er août mais bien celui du gros bateau à moteur que nous avons effectivement vu à la marina ! Ce dernier a par ailleurs, signalé qu’il partait cet après-midi ou ce mercredi pour 10 heures au plus tard. Ouf !

Avant notre retour en Belgique, il nous fallait procéder à l’entretien des 250 heures de notre groupe électrogène. Un vrai bonheur : Par une chaleur accablante, nous avons pataugé dans l’huile et le diesel tout l’après-midi …

Mercredi 1.

Le jour J est arrivé. Nous devons  – en principe – prendre un emplacement au ponton de la petite marina située dans le prolongement du superbe hôtel qui borde le chenal d’accès à « Spanish Water ». Cela fait un mois que nous attendons ce moment …

Comme nous sommes méfiants par nature, nous avons d’abord été vérifier avec l’annexe que l’emplacement était libre car encore la veille, il était toujours occupé …

Maintenant que nous avons nos assurances, il nous faut d’abord nettoyer la chaîne d’ancre avant qui a doublé de volume sur la hauteur d’eau ! Guindeau en avant, guindeau en arrière … En avant, en arrière …

A  l’ancre arrière, maintenant. Si l’aussière en cordage plombé ne nous posa pas de problème, relever la chaîne s’avéra  i-m-p-o-s-s-i-b-l-e ! Nous avons eu beau essayer toutes les manières possibles de procéder, seul un plongeur pouvait nous venir en aide !

Malheureusement, votre serviteur ayant contracté un début d’otite durant la nuit, il m’était interdit de mettre la tête sous l’eau … Tous les regards se tournèrent donc vers Ann qui regarda désespérément derrière elle !

Comme le Chevalier servant volant au secours de la Veuve et de l’Orphelin, Jean de « Buena Vista » vint à son secours et nous sortit de ce mauvais pas. Nous lui devons une fière chandelle … Comme quoi, il faut toujours avoir un petit plongeur à bord !

Tout nettoyé, rangé et mis en place, nous avons quitté pour 14 heures, notre charmant mouillage en compagnie de Jean (« Buena Vista ») et Bernard (« Sonate ») pour la marina. Après quelques manœuvres exécutées sans le moindre problème, « S.A.S.³ » était solidement amarré.

Alors que j’aspirais à ce moment, une fois sur place, je me sentais à l’étroit, cerné de toutes parts. Il faut préciser que nous avons pour voisin direct un bateau à moteur de 80’. Un vague sentiment d’étouffement m’oppressait …

Jeudi 2.

Si la veille, nous avions particulièrement mal dormi, nous avons dormi comme des loirs en notre nouvel emplacement. Il reste maintenant à préparer notre retour au pays et bien entendu, le bateau.

Tandis qu’Ann passait sa journée en courses diverses, je restais à bord où les petits travaux m’attendaient de toute part.

Vendredi 3.

Déjà la veille du départ … Mon Dieu que le temps passe vite !

Grand nettoyage intérieur.

En fin d’après-midi, nous avions un apéro sur « Nebula » de Laila & Richard … Suivi d’un autre apéro sur « Maeva » de Chantal & Laurent ! Je sais ce que vous allez penser … Nous passons notre vie en apéros ! Mais tout cela n’est qu’une illusion de lecture.

Samedi 4.

C’est le moment, c’est l’instant d’en terminer avec les préparatifs du bateau (nettoyer les frigos, fermer les vannes, tirer les stores etc.) et de s’occuper de l’annexe : Réparer le feu avant, rincer le moteur, sangler solidement l’annexe, terminer le nettoyage la coque entamé depuis quelques semaines, enlever le bouchon d’évacuation etc.

Mais en finale, nous aurons tout bouclé avec une petite heure d’avance ! Il n’y a plus qu’à se rendre à l’aéroport  pour y prendre l’avion pour Amsterdam (NL) et ensuite le Thalys jusque Bruxelles.

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