Publié par : Ann & Stéphane | 4 août 2012

26.06 au 28.06.2012 – Bonaire – Curaçao (35 NM).

Mardi 26.

Partis un peu avant 8 heures pour éviter d’avoir à nouveau à nous présenter à l’immigration avant de pouvoir quitter l’île (!!) nous avons eu droit à un vent réel de 20 nœuds par vent grand largue (140° – 150°) assaisonné d’une mer courte et houleuse . Le bureau de l’immigration s’ouvre à 8 heures …

Par chance, le courant nous déportant vers le Nord, nous avons été contraints de remonter au vent en sorte qu’au « Cap Kanon » de Curaçao, nous étions au largue (90°) mais avec un vent réel de 25 nœuds.

Deux ris dans la GV et génois, le bateau marchait bien sans pour autant faire preuve de performances exceptionnelles (en 15 jours de temps, la coque immaculée s’est couverte d’algues, de mousses et autres organismes marins ralentissant sérieusement le bateau !).

Alors que nous étions encore à 9 NM de Curaçao, un bateau de pêche quasiment surgi de nulle part, s’est mis à faire le même cap que nous ! Il était légèrement sur notre avant et roulait énormément. Deux hommes « à la mine patibulaire » se tenaient sur le bastingage arrière. Nous progressions quasiment à la même vitesse … « S.A.S.³ » un poil plus rapide.

Avions-nous à redouter quelque chose alors que le Venezuela est tout proche et que l’on parle beaucoup de piratage ? Comptait-il nous aborder ? Devions nous nous dérouter pour mettre fin au plus tôt à cette navigation de conserve ? Comment fallait-il interpréter qu’il était au début, sur notre bâbord ensuite sur notre tribord pour finalement se dérouter sur notre bâbord ? Voulait-il nous empêcher de le dépasser ?

Notre bateau de pêche ne donnait – en fait – aucun signe inquiétant si ce n’est d’être là alors qu’on ne s’y attendait pas. Depuis notre départ de Bonaire, nous avons bien croisé un cargo ou deux mais c’était à peu près tout. Les bateaux de pêche ne sont pas légion dans la région et les rares que l’on peut voir sur la côte, restent de taille très modestes.

De surcroît, je me rassurais en relevant que si nécessaire, nous pouvions renvoyer de la toile, prendre un meilleur cap et le laisser sur place.

Après une petite heure de navigation, nous parvenions enfin à le distancer tandis que le « Cap Kanon » apparaissait sur notre avant. Plutôt impressionnant le Cap avec ses déferlantes qui venaient se briser en grandes gerbes à ses pieds, le tout dans une ambiance de déchirements et de hurlements. Brrrr … J’ai eu peur d’en faire des cauchemars !

Une fois le « Cap Kanon » passé, il nous restait trois ou quatre milles pour parvenir au chenal d’accès de « Spanish Water » (labyrinthe de canaux intérieurs). Nous avions peu de renseignements sur cet accès difficile à repérer selon notre guide nautique  … Mais cela n’est plus vrai depuis qu’un immense et superbe hôtel ne vienne se construire en bordure du chenal ! Toujours est-il que nous en sommes revenus à la bonne vieille méthode des « amers » (objet remarquable sur la côte).

Après le Cap, nous avons dû abattre, abattre et encore abattre au point de nous retrouver sur l’autre bord ! Aussi, après avoir bordé à fond la GV, nous avons enroulé le génois pour le dérouler sur l’autre bord et ne plus marcher que sous génois.

Nous avons découvert l’accès à « Spanish Water » sans problème et affalé la GV avant d’aborder le chenal profond mais non balisé et sinueux. Pour éviter que le vent ne puisse se prendre malicieusement dans la GV affalée, je monte à chaque fois dans la bôme pour mettre en place le prélart (toile qui emprisonne la GV sur la bôme et la protège des UV). Exercice toujours un peu périlleux surtout quand la mer est forte et que la bôme valse d’un bord sur l’autre bord …

Avec un vent bien soutenu (aucune protection du vent et sérieux clapot dans « Spanish Water »), nous avons essayé de trouver une petite niche dans une des cinq zones de mouillage toutes fort encombrées. Les zones de mouillage sont clairement établies et il n’est pas question d’y déroger sous peine d’amendes.

Nous étions bien amarrés que des pêcheurs nous signalaient que nous étions juste hors zone de mouillage … Et nous voilà repartis pour trouver un petit coin de quiétude que nous trouverons , en finale, dans un petit bras de mer plutôt bucolique et bien abrité. Pas évident pour Ann de manœuvrer avec du vent , entre les bateaux à l’ancre et sous l’œil attendri de son mari calme et placide …

Malheureusement en ce genre de cul de sac encerclé de montagnes, les vents tourbillonnent facilement faisant faire à « S.A.S.³ » un 180° frôlant un voilier américain amarré sur deux ancres ! A bien y regarder de près, nous relevons que pratiquement tous les bateaux ancrés dans le cul de sac, sont soit sur deux ancres (avant et arrière) soit carrément amarrés sur l’arrière, au rivage proche. Eh merde …

Eh merde, il va bien nous falloir déballer et monter notre seconde ancre que j’ai si bien casée depuis plus d’un an et demi en le bac arrière bâbord … Il paraît que « bac » est un belgicisme dont j’use et abuse! Il serait plus français de parler de « coffre » !

Retiré de sa boîte, l’ancre apparaît fort grande … Monstrueusement grande pour tout dire ! Les ancres « Fortress » en aluminium ont l’avantage de pouvoir être désassemblées sans difficulté et de peser beaucoup moins lourd que leurs concurrentes mais en contrepartie, elles sont très grandes ! Nous avons également fait choix d’une « Fortress » pour notre annexe mais cette dernière est de taille très acceptable.

Une fois montée, nous relevons qu’il nous manque deux grosses manilles  galva: Une pour fixer l’ancre à la chaîne de 10 mètres et une autre pour fixer cette dernière à l’aussière plombée … Qu’à cela ne tienne, nous utiliserons deux bouts pour assurer les liaisons.

Vu le poids de la chaîne de 14 mm, je me pose la question de la couper en deux ! Après réflexions, nous décidons de nous passer temporairement de la chaîne de 14 mm et de fixer directement l’ancre à l’aussière pour un premier essai.

Nous plaçons le tout avec beaucoup de précautions dans l’annexe et partons vers le rivage, jeter notre précieux chargement. L’aussière, ramenée à bord, est enroulée autour de notre cabestan rétractable (pour une fois qu’il sert à quelque chose) et en avant la musique … Joie ! L’aussière se tend, le bateau prend la bonne position et votre serviteur est ravi.

Mouai … Ceux et celles qui s’imaginent que je vais me contenter aussi facilement de ce succès apparent, en seront pour leurs frais car bien évidemment, il a fallu que je me mette une bouteille sur le dos pour aller voir tout cela de plus près.

La visibilité est égale à celle de nos carrières c’est-à-dire quasi nulle ! En suivant l’aussière, j’arrive jusqu’à l’ancre qui est en équilibre sur une bosse, les deux spatules glissées sous un arceau métallique ! Après un moment d’euphorie, je veux m’assurer que l’arceau métallique est solide … Et « crac » il casse net sous mes efforts … J’entreprends alors des grandes manœuvres pour que l’ancre croche directement dans la vase lourde. Le résultat ne se fait pas attendre et la minute suivante, je suis dans un bouillon de vase en suspension.

Mercredi 27.

Rien à faire … Quand faut y aller … Faut y aller ! Et nous voilà partis tous les quatre pour le parcours du combattant qui attend tout plaisancier qui arrive avec son bateau à Curaçao, même s’il vient de Bonaire qui dépend de Curaçao !

Nous sommes tout d’abord partis en annexe jusqu’à la plus prochaine marina pour y prendre le bus qui devait nous amener à « Willemstad ». A quelle heure le bus ? Il n’y a pas d’horaire pour chaque arrêt de bus mais seulement pour le terminus ! Nous savions donc que le bus partait de « Willemstad » à 10 heures …

Vingt minutes de bus pour atteindre le terminus et une petite marche à pied pour rejoindre la douane (il est impératif de respecter un ordre déterminé dans les démarches administratives). Une bonne demi-heure plus tard (nous avons été reçus par une stagiaire qui a dû s’y prendre à trois fois !), nous avons dû traverser le canal et nous farcir une belle petite marche à pied pour nous rendre à l’immigration. Si le pont est ouvert, un service de navette gratuit est mis à disposition.

Le bureau de l’immigration est situé en une zone portuaire gardée ! Il faut donc montrer patte blanche au garde à l’entrée qui vous remet un document qu’il vous faudra obligatoirement faire estampiller pour pouvoir sortir plus tard …

Au bureau de l’immigration, un tas de documents à remplir vous attend alors qu’à la douane, c’est la fonctionnaire de service qui remplit les documents (passeports et Lettre de Pavillon vous sont réclamés à chaque fois).

Après l’immigration … Direction les services du port (le bureau est situé juste à côté) où d’autres documents à remplir vous attendent et il vous en coûtera 10$ pour obtenir le « cruising permit » Attention les services du port sont fermés pendant l’heure de midi …

Si vous survivez à tout cela, vous avez généralement l’estomac dans les talons et la gorge râpeuse … Direction le premier resto venu. Vous aurez ensuite à vous crapahuter le trajet de retour en bus jusqu’à votre bateau où vous vous écroulerez dans votre cockpit pour ne plus en bouger.

Jeudi 28.

Les meilleurs moments ont toujours une fin … Vers 11 heures, il était venu l’heure pour nos amis, Joan & Michel, de nous quitter pour aller prendre leur avion pour Schiphol (NL) et de là, retour en train au pays.

Restés seuls à bord, nous avons repris le harnais et commencé par un sérieux nettoyage intérieur (dingue, dingue comme la poussière de Bonaire s’est insérée par les hublots ouverts, quasiment partout ! Une horreur) pour continuer par un nettoyage sommaire du pont littéralement recouvert de boue ! Quel boulot …

Vécu un peu comme une pause, nous avons été contraints de relever l’ancre « Fortress » pour la rejeter plus loin cette fois et surtout, après y avoir fixé les 10 mètres de chaîne. Manifestement, l’ancre avait dérapé joyeusement pour se retrouver à l’aplomb du tableau arrière. Cette dernière alourdie par des blocs de vase lourde, nécessita l’utilisation du cabestan rétractable pour la remonter en surface ! Cela promet lorsque nous devrons la remonter avec sa chaîne et au départ de l’annexe … A moins bien entendu qu’elle ne dérape une fois de plus jusqu’à l’aplomb du tableau arrière !

Après l’effort … La récompense ! L’endroit si prêtant très bien, j’ai repris mes 200 mètres nage quotidiens. Pas à dire mais cela me manquait …

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