Publié par : Ann & Stéphane | 25 juin 2012

30.05. au 14.06.2012 – Bonaire.

Cet article est fort axé sur la plongée. Toutes mes excuses à ceux et celles qui n’en ont rien à faire de cette discipline. Malheureusement, Bonaire est indissociable de la plongée.

Mercredi 30.

Bonaire … Aaaaaaaaah Bonaire … Le paradis des plongeurs ! Mais encore ? Bonaire fait parties des îles A.B.C.  (Aruba, Bonaire, Curaçao) situées  au large de la face Atlantique du Venezuela/Colombie. Il s’agit d’anciennes colonies hollandaises au statut « spécial ».

De nom, nous en avions déjà beaucoup entendu parler par d’autres plongeurs bien évidemment mais à quoi tout cela pouvait bien ressembler, nous n’en avions aucune idée ! Dès le départ, cela commence fort puisque nous ne pouvons jeter l’ancre (réserve naturelle)  et que les bouées installées le long de la côte, à hauteur de la bourgade de « Kralendijk », ne peuvent accueillir des bateaux de plus de 55’ ! Seule solution pour « S.A.S.³ », la marina …

Cette dernière est plutôt mignonne, petite et bien entretenue.  Il n’y a pas foule (la marina est à moitié vide) et nous relevons que nous ne sommes que six « résidents » ! Question tarif, nous avons le choix entre une belle tête de ponton à 1.400,00 $/mois ou un « box » à 700,00 $/mois (le tarif au mois est toujours plus avantageux).  Radins comme nous sommes, nous avons opté pour le « box » avec pour conséquence que « S.A.S.³ » dépasse de plus de sa moitié la profondeur du box ! Nous aurions certes été beaucoup mieux installés sur l’autre bord du même catway qui sert en partie à former le T du ponton mais nous étions peu disposés à payer le double du prix juste pour changer de bord …

Bien entendu, l’eau et l’électricité sont payantes mais de surcroît, la borne électrique m’obligerait le cas échéant, à changer l’embout de mon fil électrique ! Il n’existe en effet, aucun adaptateur … Nous avons donc opté pour continuer avec notre groupe électrogène.

Alors que je peaufine l’amarrage du bateau qui sollicite toutes mes amarres car notre catway de soutien est trop court, je suis appelé pour les formalités de clearance d’entrée ! C’est qu’on ne rigole pas ici et obligatoirement tout l’équipage au grand complet doit être physiquement présent …Dois-je avouer qu’après avoir passé une nuit blanche, cette dernière contrainte a le don de m’exaspérer. Nous sommes conduits à la douane/immigration par une personne de la marina … Qui poursuit sa route après nous avoir déposés ! La démarche était certes bien sympathique mais si nous avions su, nous y aurions été soit en annexe (les bâtiments sont situés en bord de mer) soit à vélo … Nous voilà donc bons pour une petite marche forcée sur le retour !

Ann ne parviendra plus à rien tirer de moi pour le restant de la journée …

Mes premières impressions sont mitigées : Bonaire me fait penser aux Canaries ! Il fait chaud (en la marina, nous sommes plus  à l’abri du vent qu’au mouillage),  il ne semble jamais pleuvoir et en lieu et place du sable rouge du désert, nous avons  droit à une poussière qui salope tout … En cause, des travaux de voirie qui ont lieu aux abords de la marina : Joie ! Il est apparu qu’au mouillage, le problème de la poussière est encore plus aigu qu’en la marina et n’aurait donc rien à voir avec les travaux de voirie mais simplement en relation avec un climat particulièrement sec.

Pour le surplus, le vent à Bonaire est constant entre 20 et 25 nœuds tous les jours ! Grâce au ciel, le clapot n’est guère important et ne gêne donc en rien, nos plongées.

 Jeudi 31.

Surprenant tout de même cette absence totale de mouvement du bateau ! Nous ne sommes plus du tout habitués à une telle immobilité et même si cela n’en est pas (trop) désagréable, cela continue de me surprendre.

Nettoyage hebdomadaire de l’intérieur du bateau. Evidemment, à deux, on salit beaucoup moins … Mais surtout grâce à la grandeur de « S.A.S.³ », il est plus facile de maintenir un très beau semblant d’ordre et cela, même en naviguant !

Maintenant que nous sommes à Bonaire, il faudrait quand même songer à plonger ! C’est décidé, nous partons avec l’annexe reconnaître les environs : Les spots de plongée s’étalent en enfilade, tout le long de la « côte sous le vent » et sont jalonnés de bouées jaunes parfois difficiles à repérer !

Notre snorkeling nous apprend que la côte descend jusqu’à environ 6 mètres de profondeur sous la forme d’un vaste plateau sablonneux et ce, sur une largeur d’une vingtaine de mètres, peut-être moins. Lui succède un splendide tombant riche en faune et flore pas très raide qui descend jusqu’à environ 30 mètres de profondeur. Le fond sablonneux poursuit ensuite lentement sa déclivité.

Du côté de « Klein Bonaire » (île située juste en face de « Kralendijk »), le plateau bordant  le rivage, m’a paru bien plus étroit et le tombant, plus à pic. La bouée (rouge !) que nous avons trouvée, était assez éloignée de la côte elle-même en sorte que lors de ma mise à l’eau, je me suis retrouvé dans le « Grand Bleu » : Impressionnant !

Nous avons également profité de notre journée, pour faire la visite, à vélo, de la bourgade. C’est tout simplement adorable. Le long bord de mer, à sens unique, reste un must à ne pas manquer. On ressent bien que ce n’est plus les Antilles  et le côté hollandais  est prédominant.  Le néerlandais côtoie d’ailleurs, plus facilement l’anglais qu’à Sint Maarten, par exemple. Question connexion internet, Bonaire a carrément déjà une longueur d’avance sur nos pays, avec le 4G alors que nous n’en sommes encore qu’à l’heure du 3G !! Ceci nous pose un sérieux problème pour notre connexion internet du bord qui est adaptée au 3G … Par chance, nous avons découvert une connexion non sécurisée qui fonctionne excessivement bien de surcroît ! Il faudra que je pense à aller remercier ce mécène de l’internet …

Le soir, nous constatons avec horreur que nous sommes envahis par des armées de moustiques : Il y en a partout, partout !!  Jusqu’à présent, nous n’avons jamais fait fort attention au problème et donc le soir, au lieu de tout fermer et de mettre l’air conditionné, nous laissons la porte de descente et les hublots avant du carré, grands ouverts : La fraîcheur apportée par ces hublots est tout simplement divine ! Bien évidemment, la nuit tombée, les moustiques ont été attirés par nos lumières … Tous les autres hublots ou capots de pont du bateau sont équipés de moustiquaires.

Nous sommes catastrophés par la situation mais bien décidés à faire front à l’adversité en trouvant des solutions efficaces.

Après avoir essayé divers produits censés combattre les moustiques, nous nous sommes résolus à nous barricader dès la nuit tombée, à mettre l’air conditionné et à chasser impitoyablement le moindre moustique qui ose voler, allant même jusqu’à les débusquer partout où ils se cachent. Même si notre vigilance reste en éveil avec l’apparition de l’un et l’autre moustique que nous pensions avoir éradiqué, il semblerait que nous ayons jugulé l’invasion.

Vendredi 1.

C’est décidé … Nous plongerons chaque matin après le petit déjeuner mais avant la douche ! Même s’il ne s’agit que d’une plongée par jour, il faut malgré tout s’organiser un peu d’autant que nous gonflons à bord, nos bouteilles. De toute manière, les clubs locaux ne savent pas gonfler à 300 bars par contre les gonflages nitrox sont au même prix que les gonflages air ! Nous déciderons, en finale, de laisser tout le matos dans l’annexe sauf les bouteilles, les détendeurs et bien entendu, les combinaisons.

Première plongée (31 mètres – 47’) … A la première bouée jaune située juste à côté de l’entrée du port  (bouée « Front Porch ») ! La bouée vient d’être libérée par un gros bateau de plongée. Toujours un peu angoissant de laisser son annexe amarrée à une bouée car n’importe qui pourrait la trouver à son goût et partir avec … Bien entendu, le moteur dispose d’une alarme mais je me vois mal plonger avec la télécommande dans ma poche ! Cette dernière reste donc à bord de l’annexe, cachée en un endroit qu’il serait facile à découvrir à la suite d’une fouille en règle.

Superbe plongée. C’est là que je me rends compte pourquoi Bonaire est si réputée : Les fonds sont très facilement accessibles soit de la route, soit en bateau. L’eau est cristalline, il n’y a pour ainsi dire, pas de courant, l’eau est à 27°/28°, la seule zone intéressante se situe entre 6 et 30 mètres et on dispose d’un superbe plateau sablonneux pour faire ses paliers. C’est bien le premier endroit que je connais, où il est si facile de plonger.

Après le plaisir … Le dur labeur ! Rien à faire, on n’y coupe pas : Il faut impérativement redonner à la coque, sa couleur originale « navy blue » ! Au départ de Saint Martin, j’avais relevé la présence d’une sorte de bandeau blanchâtre légèrement au-dessus de la ligne de flottaison mais nous n’avions pas trouvé le courage de le nettoyer d’autant qu’avec le clapot dans la baie, il était difficile d’atteindre cette zone avec un chiffon sec !

Nos trois jours de navigation, sur le même bord, auront suffi à carrément blanchir tout un bord ! Nous n’avions plus le choix, il fallait agir et vite avant qu’avec le soleil, le sel ne s’incruste dans la peinture. Devant l’ampleur de la tâche, nous ne réaliserons que le nettoyage de la moitié bâbord : Il faut d’abord nettoyer avec du vinaigre d’alcool blanc pour dissoudre le sel ensuite, on passe avec un détergent pour le nettoyage en profondeur et enfin, avec un chiffon sec, on essaie tant bien que mal, d’enlever les traces de chiffon …

Ann se sentant une petite envie de « sortir en ville », nous nous mettons sur notre 31 et partons  à vélo pour le bord de mer très animé en ce début de soirée. Après quelques hésitations,  nous nous  attablons chez « Karel » renseigné pour son ambiance par notre guide nautique … Bon choix.

 Samedi 2.

Deuxième plongée (34 mètres – 43’) qui nous mènera à l’autre extrémité de la baie (bouée « Calabas Reef ») soit quasiment à l’entrée de « Plaza Resort Marina » qui borde l’aéroport international et qui nous est inaccessible par défaut de profondeur. Quelque soit la distance qui sépare nos deux spots de plongée, les fonds marins présentent – en gros – la même physionomie.

De retour au bateau, le boulot nous attend … Les nettoyages « en commun » sont souvent la source de petites tensions conjugales aussi vite oubliées après le travail. Nous aurons d’ailleurs, le grand tort d’attaquer tout cela alors que le soleil est encore haut dans le ciel.

Dimanche 3.

Troisième plongée (33 mètres – 52’) qui nous conduit au lieu même de notre snorkeling de l’autre jour (bouée « Cliff »). Pas à dire mais vu d’en haut ou vu d’en bas, ce n’est radicalement pas la même chose …

De retour au bateau, si le boulot nous attend, je ne m’en sens pas la force et je me plonge dans mon bouquin … En fin d’après-midi, je ne peux résister à l’appel des sirènes et j’attaque le  bord tribord c’est-à-dire celui qui est tout blanc mais aussi celui qui est du côté catway !! Impossible de glisser l’annexe entre le bateau et le catway à moins de relâcher en grand, les amarres que j’ai mis des heures à régler … C’est alors que j’ai une idée de génie comme souvent (mais enfin Ann pourquoi veux-tu que j’ouvre mon col de chemise, tu vois bien quand même que je suis en maillot !). En me servant de la chaise de gabier du bord et d’une écoute qui me tire tantôt vers l’avant, tantôt vers l’arrière, je me glisse sans problème entre la coque et le catway. De surcroît, je constate très rapidement que la position est idéale et en tous les cas, bien meilleure qu’à partir de l’annexe  … Il ne faut juste ne pas avoir peur d’avoir le cul dans l’eau de temps en temps !

Lundi 4.

Quatrième plongée (34 mètres – 51’) qui nous amène cette fois, au beau milieu des bateaux au mouillage (bouée « Something Special »), juste en face du centre de plongée « Yellow Submarine » qui nous a délivré les droits d’accès (25$/personne) au parc naturel.

Même si nous ne risquons pas sérieusement quelque chose avec notre annexe, nous pensons  à faire passer notre câble gainé à travers l’œillet de l’amarrage et à le cadenasser au fond de l’annexe.

La bouée (qui sert au mouillage des bateaux  de croisière)  est ancrée quasiment à l’aplomb du tombant en sorte que nous attaquons le tombant en nous mettant à l’eau ! Au pied de celui-ci, nous avons droit à une serpentine sur le sable, à une grosse murène tachetée et à trois ptéroïs ! La pêche s’annonce d’emblée fructueuse …

Ce que je retiendrai de cette superbe plongée, c’est l’extraordinaire agressivité d’une petite murène difficile à débusquer de son trou : Elle n’a pas hésité une seule seconde, à attaquer et à mordre à plusieurs reprises, mon tuba !! C’est plutôt rare … Face à un tuba qui vient lui chatouiller le nez, la murène se rétracte dans son trou plutôt que d’attaquer.

Si je déplorais que la marina était  peu occupée … J’avais grand tort ! En fin d’après-midi,  je piquais mon petit coup de gueule lorsque le capitaine de port ne trouvait rien de mieux que de nous flanquer un visiteur juste à nos côtés … Il y a de la place partout dans cette foutue marina mais il a fallu qu’il place ce visiteur juste à côté de « S.A.S.³ » m’obligeant du même coup à retirer l’amarre que j’avais établie pour maintenir le bateau éloigné du catway … Et comme si cela ne suffisait pas, celui-ci  n’avait pas mis la moindre défense de notre côté (ce qui est très impoli) en sorte que lorsque le vent plaqua son voilier contre le nôtre, notre coque n’y réchappa que grâce à nos deux grosses défenses ! Je l’aurais bouffé …

Il est amusant de relever que les plaisanciers qui arborent un pavillon de complaisance, n’en sont généralement pas trop fiers au point de l’escamoter dès qu’ils sont ancrés ou amarrés et de hisser dans leur barre de flèche, en lieu et place du guidon de club, leur pavillon national ! Le « faux belge » (ils sont étonnamment nombreux …) a pour particularités, de n’arborer qu’un pavillon de taille très restreinte et de ne pas répondre à votre salut … C’est très typique.

Un peu plus tard, un nouveau visiteur faisait son apparition et était placé quelques emplacements plus loin que « S.A.S.³ » ! Vous allez encore voir que d’ici quelques jours, cette marina sera encore le dernier endroit où on cause !

Mardi 5.

Cinquième plongée (36 mètres – 62’) toujours au beau milieu des bateaux au mouillage, le spot juste après celui de la veille (bouée « Town Pier ») et pour notre émerveillement, nous tombons avant d’arriver au tombant, sur un superbe petit poulpe. J’adore les poulpes (pieuvres) et il est très tentant de vouloir jouer avec eux mais je vous le déconseille vivement car ces petites bêtes sont affreusement cardiaques … C’était à Port-Cros (France), un plongeur a joué avec un poulpe qui s’est fait dévorer la minute d’après par un gros mérou qui profita de l’état extrême de stress de la pauvre bête !

Une nouvelle fois, nous sommes tombés sur une petite murène irascible …

A nouveau, une superbe plongée à notre rythme et selon nos envies … Il est évidemment assez génial de pouvoir plonger avec son épouse d’autant que Ann est quand même 4*LIFRAS/CMAS avec plus de 450 plongées à son actif. De surcroît, nous avons des consommations d’air quasi identiques !!

Effarant par contre, de relever l’augmentation de la pollution phonique à laquelle nous autres plongeurs, sommes soumis : Cela part dans tous les sens et c’est incessant … Plus moyen d’avoir la paix même sous l’eau ! Les sons se propagent très bien dans l’eau en sorte que tous les moteurs de bateaux s’entendent de loin.

Pour la petite anecdote du jour, nous avons trouvé sous l’eau, un sweet à capuche avec son cintre … Que nous avons restitué à son légitime propriétaire hollandais qui mouillait pas très loin de là (non, le Hollandais ne mouillait pas son Pampers, biesse que vous êtes). Le sweet était tombé la veille, à l’eau !

De retour à la marina, nous avions droit à la prise d’emplacement sur notre ponton, d’un nouveau visiteur … Je vous l’ai dit … Le dernier endroit où on cause ! Le pire c’est que je serai malheureux comme les pierres lorsque la marina se videra de ses occupants …

Mercredi 6.

Sixième plongée (46 mètres – 71’) cette fois-ci sur la face Sud de l’île « Klein Bonaire » (bouée « No Name Beach »). Deux éléments auront marqué cette plongée : Ma presque collision frontale avec une grosse tortue verte que je n’avais pas vu arriver tant j’avais mon nez dans le corail et la seconde (honte, honte à votre serviteur) lorsqu’Ann m’a montré en fin de plongée qu’elle avait 3’ de palier obligatoire à  3 mètres, je me suis rendu compte que j’en avais 18’ … Le défaut du débutant consiste souvent à fixer ses appareils tout le temps de sa plongée au point d’en perdre le cap, la profondeur voire, son chef de palanquée ! Le défaut du plongeur plus expérimenté est souvent de ne plus jamais regarder ses appareils ! C’est en tous les cas, mon principal défaut fondé sur une trop grande assurance de soi …

Je dois bien avouer que je me suis réellement posé la question de savoir si j’aurais encore assez d’air dans ma bouteille pour assurer mon palier obligatoire ! Aussi et comme nous étions à l’aplomb de notre annexe, j’ai demandé à Ann de remonter (elle avait fini ses paliers depuis longtemps) et de laisser filer au bout d’une corde, sa bouteille en « secours ». En fait, après mon palier obligatoire et mon palier de sécurité, j’allais seulement entamer la « réserve » de ma propre bouteille.

Comment en est-on arrivé à une telle disparité de paliers obligatoires ? Simple … Ann est toujours très au-dessus de moi et j’ai commis l’erreur tragique de rester très longtemps à 30 mètres et ensuite à 20 mètres. Par contre, une fois que j’ai pris conscience du palier obligatoire que j’avais à réaliser, je suis remonté immédiatement dans la zone des 3 mètres pour éviter d’augmenter encore davantage mes paliers et consommer moins d’air.

Pendant tout le temps de mon palier immobile (j’aurais pu faire un palier plus mobile mais à cette profondeur, il n’y a pas grand-chose à regarder !) j’ai eu le temps de contempler, de « m’extasier » serait plus exact, sur la beauté du site. Je pense que c’est bien la première fois que cela m’arrive … J’ai été tenté comme dans le film « Le Grand Bleu » de repartir vers les abysses ! Mais pas de panique, Mesdames, vous voyez bien que je suis toujours fidèle à mon poste pour vous faire rêver, du moins je l’espère.

Ces foutus moustiques me coûtent une heure par jour, de nettoyage des inox du bateau ! Là je comprends que vous n’y comprenez rien … A moins que … A moins que l’un ou l’autre fufute parmi vous, aurait cerné la solution ! Celui-là m’épaterait quand même mais si c’est le cas, qu’il n’hésite pas à me contacter.

Ah oui … De quoi s’agit-il ?

Chaque jour, je dois gonfler nos deux bouteilles puisque nous plongeons tous les jours. Jusque là, pas de problème de compréhension.

Comme il fait très chaud pendant la journée, j’en suis arrivé à la conclusion que pour économiser mon compresseur et ses « o-rings » il valait mieux gonfler en soirée car il fait plus frais. Ok, je vous l’affirme et vous devez me croire sur parole.

Lorsque je gonfle les bouteilles, il est près de 18.30 heures et à cette heure, nous avons condamné la descente au carré par une moustiquaire peu aisée à mettre en place. Nous réfléchissons à un système plus « escamotable » mais pour le moment, nous n’avons encore rien trouvé ! Donc, je m’abstiens de tout aller/retour entre le cockpit et le carré … En clair, je reste à l’extérieur … Pendant toute la durée du gonflage.

Comme le gonflage d’une 10 litres carbone/300 bars me prend 35’ par bouteille … Et que je m’ennuie … CQFD.

Jeudi 7.

Nous avons droit à nos toutes premières ondées … Si le bateau était sale, il est maintenant dégueu !

Septième plongée (51 mètres – 50’) qui nous a menés jusqu’à la bouée  « Andrea I » censée nous faire découvrir des hippocampes … Pourtant point d’hippocampe n’ai-je vu … Sauf Ann qui en a vu un à -18 mètres alors que nous descendions vers les profondeurs. Ceci étant, je n’ai pas tout perdu car j’ai assisté à une confrontation très intéressante entre une serpentine et une grosse murène tachetée, toutes les deux hors de leur trou.

Pour le surplus, le spot de plongée dénommé « Andrea I » est assez éloigné de la marina et nous avons dû nous y prendre à trois fois avant de trouver la « bonne » bouée mais avec de la persévérance …

Cette fois-ci, pas de plateau mais directement une belle déclivité et vers les 20 mètres, enfin le tombant jusqu’à mon avis, les 60 mètres que j’ai bien l’intention de me farcir une prochaine fois …

Remontée calme en zigzag jusqu’à l’annexe avec en point d’orgue, la recherche obstinée d’un hippocampe … Au moins un … Fut-ce un tout petit …

Vendredi 8.

Huitième plongée (40 mètres – 52’) qui nous a menés jusqu’à la bouée  « Small » située un peu moins loin que le spot de plongée de hier. Ce fut un peu le spot des « murènes noires » (en fait, elles sont tachetées) tant j’ai eu l’impression d’en voir un peu plus que d’habitude. Evidemment ce n’est pas la Mer Rouge  … En Mer Rouge, il est parfaitement ridicule de sortir la tête de l’eau et de crier avoir vu une énorme murène. C’est tellement commun !

Samedi  9.

En consultant la météo sur internet, Ann me fait la réflexion que depuis que nous avons quitté Saint Martin, il y a pour ainsi dire plus de vent (5 à 10 nœuds) sur les Antilles ! Selon mes connaissances, cette absence de vent correspond à la « période d’été ». Tout d’un coup, cela me fait prendre conscience que nous connaissons des conditions très estivales depuis un peu plus d’un an ! Depuis un peu plus d’un an, c’est l’été en permanence pour nous et je ne vous parle pas de ces étés pourris comme nous pouvons les connaître en nos pays … C’est quand même fabuleux.

Sur « Umialtak » qui est sur le point d’arriver en Nouvelle Ecosse (Canada), on a ressorti pas les petites laines mais carrément les grosses laines ! Brrrrr. J’en ai froid dans le dos pour eux.

Neuvième plongée (40 mètres – 59’) nous a amenés une fois de plus, entre les bateaux au mouillage, juste à côté du débarcadère pour petits bateaux de pêche (bouée « Town Pier »). Pour ne gêner personne, nous avons  pris une des bouées de la ligne de mouillage « secondaire » ou plus proche du rivage, la première ligne étant pour ainsi dire à l’aplomb du tombant. Si la première ligne de mouillage est occupée à 80%, la ligne secondaire est pour ainsi dire totalement libre !

Plongée décevante pour une fois avec la contrainte de descendre au-delà de 20 mètres pour voir quelque chose ! Comme je suis resté assez longtemps à 30 mètres, mon compteur de paliers s’est affolé avec 9’ de palier obligatoire à mi-plongée. Je n’ai donc pas eu trop le choix que de remonter pour réaliser ma plongée dans la zone des 15 mètres (moins profond, c’est le sable et des coraux morts …).

Pour retrouver le corps mort de notre annexe, j’ai dû m’y reprendre à trois fois ! J’ai commis la lourde erreur de ne pas mémoriser la profondeur (3.20 mètres) à laquelle celui-ci était mouillé. Donc quand j’ai aperçu (à 5.40 mètres) le mouillage de la bouée privée à laquelle nous n’avons pas osé nous amarrer, je me suis dirigé droit vers lui … Pour comprendre mon erreur. En ces circonstances,  vous êtes un peu désorienté en vos certitudes d’autant que le bon mouillage est peut-être déjà dans votre dos …

En le cas d’une plongée sur tombant, la technique consiste à mesurer le temps passé à palmer dans un sens pour le reproduire exactement dans l’autre sens … CQFD. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple … Il faut tout d’abord faire démarrer son chronomètre qu’une fois la profondeur maximale atteinte, profondeur que l’on atteindra en partant à la perpendiculaire du tombant.

Ensuite, le palmage à l’aller est souvent – mais pas toujours  – plus lent que le palmage sur le retour ! A l’aller, on a toujours tout son temps tandis que sur le retour, on est toujours plus pressé en raison de divers motifs comme la diminution de la capacité d’air, le froid, l’odeur de l’écurie, la soif ou l’envie de pisser etc. etc.

En présence de courant, on débutera toujours la plongée contre le courant … Pour revenir avec le courant. La vitesse de palmage sera donc fort différente à l’aller et au retour !

Sur le trajet de retour, on veillera à remonter très sensiblement (en autres pour obtenir la diminution voire l’extinction des paliers en cours de remontée) en manière telle d’arriver à la profondeur du corps mort bien avant le laps de temps normalement calculé. Il s’agit de la seule solution pour éviter de passer au-delà du corps mort recherché car en ce dernier cas, vous êtes carrément dans la merde puisqu’en recherchant désespérément votre corps mort, vous vous en éloignerez …

 En le cas d’espèce, mon laps de temps calculé « théoriquement » n’étant pas encore écoulé, j’en ai déduit qu’il me fallait poursuivre ma route … Sur ma gauche, plus profondément,  j’ai trouvé mon second corps mort … Auquel était amarré un bateau à coque bleue !

Comme cette fois-ci, mon temps calculé « théoriquement » était écoulé, j’ai décidé de suivre le fond à la perpendiculaire du tombant, en direction donc du rivage … Et c’est ainsi que je suis tombé pile poil sur notre annexe non sans un réel soulagement.

En remontant sur notre annexe, nous nous sommes rendu compte que nous connaissions le couple, propriétaire de l’Océanis 43  amarré à quelques mètres ! Il s’agissait en effet, de Chantal et de Laurent de « Maéva » qui a déjà fait un tour du monde et dont nous avions fait la connaissance à la marina Rubicon (Lanzarote – Canaries).

Le soir, nous prenions l’apéro à leur bord dans une ambiance franchement sympathique.

Dimanche 10.

Dixième plongée (51 mètres – 46’) nous  a conduits  à l’extrême SO de « Klein Bonaire » à la bouée « Sampler » … Vous mettez un pied dans l’eau et vous êtes tout de suite dans le vif du sujet ! Le plateau est  en effet, très étroit et les coraux remontent quasiment jusqu’au rivage.

La côte Sud de « Klein Bonaire » est un peu plus exposée au vent ce qui donne à l’endroit, une impression de « sauvage » et fait craindre à Ann que nous aurions à faire face à un fameux courant ! Comme je m’en doutais, il ne s’agissait que d’un courant de surface dû au vent et une fois, immergé on se rend compte de l’absence totale de tout courant !

La plongée est superbe même si une fois encore, je dois bien avouer que la flore est nettement plus riche que la faune. Le tombant n’est que galeries et anfractuosités. Les plongées sur « Klein Bonaire » nous semblent les plus jolies mais bien entendu, il faut aller jusque là et le clapot dans le bras de mer de séparation entre les deux îles, est omniprésent.

Amusant mais durant ma plongée, je me suis fait la réflexion qu’avec un peu d’imagination, on aurait pu se croire sur une épave ! Mais bien entendu, il ne s’agit que d’une impression toute personnelle …

Est-ce la profondeur atteinte ou autre chose mais j’ai traîné durant toute la plongée, un petit mal de tête bien énervant !  Ce phénomène bien connu des plongeurs, résulte le plus souvent d’une concentration trop élevée en C02 … Il faut et il suffit d’expirer à fond plusieurs fois pour remédier au problème ou en tous les cas, entamer sa disparition. C’est bien entendu ce que j’ai fait.

Le soir, apéro à bord de « S.A.S.³ » avec Chantal et Laurent de « Maéva » … Nous avons à nouveau bien ri.

Lundi 11.

Nous comptions aller plonger sur la seule épave de l’île mais Ann ne sentant pas en grande forme, j’ai plongé sous la coque de « S.A.S.³ » … Déjà à Saint Martin, j’avais entamé le nettoyage de la coque sous-marine par la ligne de flottaison mais n’avais jamais trouvé le temps de finir le travail !! Depuis que nous sommes à la marina de « Kralendijk » (Bonaire),  je suis quotidiennement affreusement rongé par l’angoisse de retrouver notre coque en le même état qu’après notre séjour prolongé au « Marin » (Martinique) ! A l’époque, il m’avait fallu 6 plongées pour en arriver à bout !

Non sans un petit frisson à l’idée de plonger dans une eau qui ne pousse pas à la baignade … J’ai été fort surpris de relever que la coque n’était en fait, recouverte que d’une pellicule de mousse boueuse plus ou moins épaisse : Légère à la ligne de flottaison mais plus tenace à hauteur de la quille !  Les bernacles étaient également de la fête et ceux-ci n’ont pas hésité à mettre à mal mon tampon Jex bleu.

J’avais la pêche pour une fois en sorte que j’ai carrément vidé une bouteille de 10 litres/300 bars. Je serais même bien reparti au turbin avec une nouvelle bouteille mais un grand Sage a dit un jour qu’il ne fallait jamais abuser des bonnes choses … Et comme j’essaie d’être un de ses disciples !

Le plus amusant reste que je n’étais pas seul sous l’eau ! J’avais cinq petits poissons argentés à la queue jaune (carangue dorée ??) qui tournicotaient complètement frénétiques  autour de mon tampon Jex bleu ! Sous l’eau, je me suis demandé si je ne détruisais pas leur habitat mais de retour à bord, je constatais que j’étais couvert de minuscules crevettes provenant plus que vraisemblablement du sédiment détaché de la coque.

Mardi 12.

Depuis le début de semaine, c’est un peu les grandes manœuvres à bord ! Comme nous avons un couple d’amis qui arrive jeudi soir, c’est un peu LE prétexte pour procéder aux opérations de nettoyage que nous remettons un peu facilement … Aussi ai-je repris mon courage à deux mains pour en terminer avec le nettoyage de la coque sous-marine. Serais-je devenu plus performant mais j’y suis arrivé en deux plongées ! Un record. Par contre, à force de frotter je vois bien que cette fois, j’arrive doucement au primer et qu’il devient donc temps de caréner …

Mercredi 13.

Aujourd’hui c’était au tour de l’intérieur de subir un nettoyage un peu plus appuyé que d’ordinaire … Enfin quand je dis « un peu plus  appuyé », je me suis juste également concentré sur le nettoyage des vitres intérieures,  sur le tiroir de cuisine ou encore sur les moustiquaires ! Rien de si extraordinaire en finale.

Mais le fait le plus marquant de cette journée pour une « concierge » comme votre serviteur, reste l’arrivée, en pleine nuit, d’un Oyster 62’ qui a trouvé de bon ton de venir se mettre à couple de nous soit à la tête du ponton … Ouiiiiiiiiiiii celui à 1.400,00 $/mois ! La marina semble avoir trouvé le « beau pigeon ».

Le plus piquant de l’histoire consiste en le fait que l’Oyster 62’ est très proche, plus encore que je ne l’imaginais, du Garcia 60’ que nous avons bien failli acheter en occasion et qui nous a servi de modèle de référence à la construction de « S.A.S.³ » ! Amusant bien entendu, de relever les évolutions entre ses deux carènes qui paraissent si proches et qui sont, en réalité, si dissemblables … Mais pour cela, il faut déjà être fin connaisseur des Garcia.

Bien évidemment et alors que pourtant, nous partageons le même ponton, nous n’avons aucun contact avec nos voisins dont nous ignorons même la nationalité exacte puisque le bateau bat pavillon de complaisance … J’opterais pour des Brésiliens mais Ann et moi ne sommes pas d’accord quant à savoir s’il s’agit d’un équipage en attente du propriétaire ou des propriétaires eux-mêmes (à La Rochelle, le connard local m’avait bien pris pour un skipper professionnel) … On en voit tellement de « combinaisons bizarres » que plus rien ne pourrait encore nous étonner.

Jeudi 14.

Ann avait tort et j’avais raison encore que dans un autre sens, j’avais tort et Ann avait raison ! Ne serais-je pas clair ? Ok je ne vous fais pas languir plus longuement : L’Oyster 62’ est dirigé par un skipper professionnel accompagné d’un couple d’amis visiblement en vacances à bord ! Notez que je me demande si le propriétaire du bateau en est bien informé … Crouaaa, crouaa, crouaa.

Journée super chargée avec le nettoyage en profondeur, du pont du bateau … Le boulot ! Bien évidemment c’est quand tout est terminé que je me rends compte qu’on aurait pu également rincer à grandes eaux,  le mât recouvert d’une immonde poussière …

Alors que nous admirons non sans fierté, la résurrection de notre teck (plus nettoyé depuis plus de 6 mois), nous nous rendons compte que le franc-bord de la coque est maculé de traînées blanchâtres provenant du nettoyage du teck ! Malgré tous nos efforts, les traînées jusqu’à une certaine hauteur de la ligne de flottaison, demeurent et nous obligent  à utiliser l’annexe pour les enlever …

Je commençais à peine à m’habituer très doucement  aux derniers nouveaux arrivants que voilà  trois gros « promène couillon »  de 65’ – 64’ et 58’ (= bateaux à moteur) et un catamaran qui envahissent notre ponton. Vous imaginez très certainement que j’étais prêt de la crise cardiaque … Même pas ! Je deviens totalement fataliste, sans réaction, amorphe en un mot « philosophe ».

Pour me réconforter de tant de désastres en une seule et même journée, j’ai pu compter sur nos amis, Joan et Michel, arrivés tout droit de Belgique. Mon Dieu qu’ils ont mauvaise mine ! Est-il possible d’avoir aussi mauvaise mine !

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