Publié par : Ann & Stéphane | 22 avril 2012

01 au 15.04.2012 – Guadeloupe – Antigua

Dimanche 01.

Depuis la veille, nous sommes au mouillage de « l’îlet du Gosier » situé à 3 NM de Pointe-à-Pitre. D’un simple coup d’œil, on voit que nous sommes dimanche. Tout le monde est de sortie et cela fleure bon l’ambiance des grands jours : Touristes,  nageurs,  baigneurs,  scooters de mer, petits bateaux à moteur, annexes, catamarans, voiliers  … Tout le monde était présent ! Nous avons même vu l’une et l’autre « belle unité » nous rejoindre pour rehausser le niveau général mais ceux-ci repartiront avant la fin de l’après-midi. C’est fou ce que j’aime ces ambiances de fête pour autant que personne ne vienne empiéter mon « espace vitale ». Comme la taille de S.A.S.³ nous impose la plupart du temps, de nous tenir un peu à l’écart des autres bateaux, d’une manière générale je n’ai pas trop à me plaindre. Je dis « pas trop » car sinon vous pourriez croire que je suis devenu « positif » …

Indifférents à toute cette agitation, nous nous sommes concentrés sur le nettoyage intérieur du bateau rendu d’autant plus nécessaire que la veille, il s’agissait d’un véritable chantier ! Lorsque nous relevons enfin la tête, « Umialtak » est sur le départ pour un retour au mouillage de « l’îlet aux Cochons » !! Mon ami François n’en pouvait plus de tous ces catas de location qui venaient jeter l’ancre n’importe comment tout autour de son bateau.

Il faut reconnaître que depuis le milieu de journée, le mouillage voyait  arriver de manière  régulière, de nouveaux arrivants d’un genre spécial ! A la tombée de la nuit, j’en ai compté près d’une vingtaine,  essentiellement des catamarans mais également quelques monocoques.  Leur particularité ?  Tous ces bateaux  avaient été loués par  des  jeunes,  garçons et filles,  d’une vingtaine d’années !  Si l’expérience de certains skippers laissait manifestement  fort à désirer, ils sont finalement tous arriver à jeter l’ancre de manière plus ou moins correcte.  Je ne vous raconte pas l’ambiance de potaches à laquelle nous avons eu droit en début de soirée.  Quand je pense que nous avons essayé de convaincre D’Artagnan de rester au mouillage en lui assurant que tout ce petit monde serait parti pour le début de nuit …

Grosse frayeur durant la nuit lorsque nous avons entendu la pompe du frigo de la table de cockpit  faire un bruit parfaitement anormal !! Sur un bateau, on se familiarise très vite avec un certain nombre de bruits qui loin de déranger notre quiétude, nous rassurent quant au bon fonctionnement des diverses  pompes et autres bidules dont S.A.S.³ est équipé.

Difficile le soir, de cerner le problème en sorte que nous avons eu le temps d’échafauder  toute une série de scénarios catastrophe …

Lundi 02.

Comme nous étions convaincus que l’eau n’arrivait plus à la pompe de refroidissement du frigo, c’est du côté de la prise d’eau de mer que nous avons commencé nos inspections.  Une plongée sous la coque du bateau démontra à l’évidence, le bienfondé de nos craintes. Pour supprimer l’obstruction, il m’a fallu agir tant du côté de la coque que du côté intérieur. Il s’agit de la seconde fois que nous aspirons tantôt des algues tantôt comme cette fois-ci, des sortes d’épines de pin qui, en grande quantité, bouchent totalement l’arrivée d’eau.

« De source bien informée » comme on dit dans le jargon journalistique,  nous avons appris que tous ces jeunes étaient  étudiants au H.E.C. (Hautes Ecole Commerciale) de Paris et que ce rallye de huit jours avait été organisé par leur école ! Et comme ce matin, ils sont tous partis pour  l’île de « Marie Galante » … Nous sommes plus que quelques bateaux  au mouillage … Aaaaaaaaaaaaaaah le calme après la tempête !

Par contre, cela roule toujours aussi bien depuis hier, parfois un peu plus, parfois un peu moins mais étonnamment cela ne s’est pas calmé le soir avec la diminution  du passage des bateaux. Contrairement à ce que vous pourriez penser, ce roulis ne nous dérange pas plus que cela ! Je n’irais pas jusqu’à dire que nous en sommes heureux mais cela reste dans les limites de l’acceptable comme un mal inhérent à tout mouillage. Par contre, « Umialtak » ne l’a pas supporté.

Mardi 03.

Comme nous  attendions nos enfants par le vol de 14.45 heures, nous avons remis le cap sur «  l’îlet aux cochons » de Pointe-à-Pitre où nous avons retrouvé « Umialtak » … Pas à dire mais un plan d’eau sans houle, ce n’est pas mal non plus ! Est-ce l’effet de l’habitude ou d’autre chose, mais le mouillage m’a paru nettement plus agréable que lorsque nous l’avions quitté !

Nous en avons profité pour louer une voiture à la journée et ainsi  réaliser diverses petites courses et le sacro saint « gros » avitaillement.  Il faut savoir qu’il est rare de trouver une très grande surface près des marinas. Celles-ci sont, en générale, situées dans des zonings commerciaux distants d’une vingtaine de kilomètres … En tous les cas, bien trop éloignées que pour y aller à vélo. Bien entendu près des marinas, on trouve assez facilement des supérettes et autres surfaces commerciales  mais le choix y est souvent très limité.

De cette matinée de courses, je relève  qu’il est totalement surprenant voire surréaliste de voir l’animation, la foule et surtout les embouteillages que l’on peut rencontrer sur ces îles ! Quant aux centres commerciaux, ils sont tout simplement gigantesques et superbes. Par contre, en matière d’équipement bateau, il est bien difficile de trouver quoi que ce soit et presque tout fera l’objet d’une commande en Europe avec des délais de livraison « antillais » …

En milieu d’après-midi, Ann arrivait de l’aéroport, avec nos enfants  … Quel plaisir de les avoir  à bord.  Il leur faut bien entendu  s’acclimater  au décalage horaire (6 heures) et plus encore  à la chaleur ambiante ce qui leur demandera deux ou trois jours ! Depuis notre départ de Martinique, j’ai d’ailleurs le sentiment que les températures ont légèrement baissé mais plus encore que le vent est moins violent que ce à quoi nous avons été habitués jusque là … Ce qui confirmerait la scission qu’il y a lieu d’opérer entre les « îles au vent » (depuis Grenade jusqu’en Martinique) et les « îles sous le vent » (depuis la Dominique jusque Anguilla)  … A moins, bien entendu, que tout cela ne soit lié qu’à l’arrivée du printemps.

Mercredi 04.

Cap sur les « Saintes » où nos amis de « Otter II » nous attendent  depuis dimanche.

Après un départ très prometteur sous voiles hautes, nous avons eu l’occasion de sortir le spi asymétrique !!! Je dois bien avouer que je n’y croyais plus au vu des conditions plutôt musclées que nous avons connues jusque très dernièrement. Par contre, avec un manque évident d’expérience, il est prudent pour nous de ne l’envoyer que lorsque Gauthier est à bord ! Il n’y a pas à dire mais ces jeunes ont une souplesse et une faculté d’adaptation que nous n’avons plus …

Malheureusement face à un vent  tournant  de plus en plus sur l’arrière, nous aurions dû changer de spi … Pour le symétrique ! La fatigue due au décalage horaire sans doute, j’ai bien senti que mon fils n’était  pas trop chaud pour la manœuvre et il n’en fallait pas moins pour me décourager à mon tour. De surcroît, nous savions que Portos bataillait ferme contre  les gardes du Cardinal pour nous conserver libre une bouée de mouillage  … Nous avons donc lancé le moteur et enfoncé la manette de gaz.

Grâce au ciel, la bouée était toujours libre à notre arrivée et Portos pas encore complètement exsangue même si nous l’avons retrouvé très amoché ! Selon le rebouteux  appelé en urgence, ses jours ne seraient pas en danger mais un repos complet lui a été préconisé.

Jeudi 05.

J’aurais sans doute été bien inspiré de m’éviter le commentaire relatif au vent que je faisais avant-hier : Nous subissons depuis ce matin, de fortes rafales qui ne me donnent pas à penser que nous sommes dans une zone moins venteuse que la Martinique … Comme quoi, on n’est jamais assez prudent en ses propos et surtout lorsqu’il s’agit de météo !

« L’homme restera toujours un grand enfant » diraient ces Dames. Il est vrai que je viens de découvrir l’intérêt de l’ASN (appel sélectif par VHF)  et qu’avec mes compagnons Portos et D’Artagnan, nous polluons depuis  lors toutes les ondes radio ! Bien entendu je sais que vous connaissez et que vous utilisez ce système depuis très longtemps mais pour votre serviteur, il s’agit de sa dernière découverte !

De quoi s’agit-il ? En très court, pour appeler un autre bateau, vous tapez sur votre VHF, son indicatif d’appel (MMSI) et cela provoque un signal de plus en plus strident sur la VHF de votre correspondant. La beauté du système fait que quelque soit le canal sur lequel votre correspondant est en veille, sa VHF permutera automatiquement sur le canal de travail que vous aurez sélectionné.

C’est encore plus pratique si vous souhaitez appeler un autre bateau dont vous ne connaissez que le MMSI (celui-ci vous sera donné par le système AIS … Pour autant que votre correspondant dispose d’un transpondeur, bien évidemment). Lors de notre traversée de l’Atlantique, nous avons été amenés à appeler l’un ou l’autre bateau que nous avions en vue sans pour autant être certain de l’atteindre puisque notre appel sur le 16 était général et visait par exemple « le voilier qui est sur notre bâbord avec un spi bleu et blanc ». Ce dernier se reconnaissait ou ne se reconnaissait pas d’autant plus difficilement que nous ne l’appelions pas en sa langue !

Vendredi 06.

Nous attendons avec  autant d’impatience « Umialtak » que nous lui avons réservé une bouée et que les candidats comme des vautours, tournent  autour . C’est donc avec un réel soulagement que nous avons vu arriver sur le coup de midi, nos Canadiens chéris. Bien entendu, c’est le week-end de Pâques mais je n’ai jamais vu autant de monde à ce mouillage … Cela grouille de partout !

En collaboration avec « Otter II », nous organisons un baptême pour mon fils Gauthier, au Nord de l’îlet  où j’avais réalisé le second baptême de François-Xavier de « Umialtak » quelques temps auparavant. Le spot de plongée est parfaitement adapté  et une fois encore, c’est avec plein d’émerveillements que nous réaliserons cette plongée (36’ à – 11.40 mètres). J’ai été particulièrement fier d’avoir su débusquer deux rascasses et surtout, un ptéroïs assez rare en ces régions  car introduit illégalement !

A ma sortie de l’eau, Ann m’incitait à réaliser le baptême de Camille. C’est à la demande  de cette dernière que je l’ai limitée volontairement dans le temps (11’ à 6.70 mètres). Quand il s’agit d’une toute grande première, je considère qu’il s’agit plus d’une « prise de conscience » de ce que peut être la plongée que d’une plongée baptême proprement dite. Gauthier par contre, avait déjà eu droit à cette « prise de conscience » lorsque nous étions encore au Portugal.

Comme François & Josianne ont  à bord pour 8 jours, un couple d’amis avec leurs trois enfants, l’équipage de « Umialtak »  est maintenant  constitué  de  9 personnes … Aux fins de faire plus facilement  leur connaissance,  nous avons préconisé l’organisation  d’un barbeuk sur « l’îlet Cabrit ».

Un peu avant la tombée de la nuit, tout le monde se donnait ainsi rendez-vous près de la plage où un feu de bois fut allumé. Lorsque je vis François demander qu’on lui apporte un paquet de feuilles mortes et du petit bois, j’en suis arrivé à me demander s’il allait sortir deux silex de sa poche … Jean de son côté, avait apporté tout son attirail du parfait petit campeur et je me suis amusé  de le voir le nez plongé et l’air perplexe,  dans ses modes d’emploi …

Moi qui ne suis ni barbeuk, ni resto,  je dois bien reconnaître que  nous avons eu droit à un excellent repas.

Samedi 07.

Journée lecture. Quand je suis parti dans mon bouquin, il n’y a plus moyen de m’en faire lever les yeux. Faut dire qu’il s’agit d’une brique de mille pages …

Dimanche 08.

J’ai parfois bien des difficultés à suivre mon ami Portos dans ses circonvolutions intellectuelles.  Ainsi, ce matin, nous avions décidé de partir vers 10 heures pour la « Anse à la barque » (18 NM) située sur la côte sous le vent de Basse-Terre (Guadeloupe) et pourtant vers 9 heures, il rentrait son bac récupérateur d’eau de pluie  juste avant qu’il ne pleuve un bon coup. Admettons qu’il ne souhaitait pas le ranger mouillé ce que je peux encore comprendre à la limite mais alors pourquoi l’avoir réinstallé durant  toute sa navigation alors  qu’il n’a pas été touché par le grain ! Pour notre part, le grain nous a suivis durant toute notre progression en sorte que j’étais particulièrement rincé lorsque nous sommes arrivés au mouillage.

En fait, nous sommes partis sous le soleil et sans le moindre vent. A hauteur du « canal » nous avions droit  à un petit souffle qui nous a incités  à envoyer le spi asymétrique. Nous marchions  à 5 nœuds tandis  que « Umialtak » avait profité de nos manœuvres pour creuser la distance  … En marchant « sous voiles appuyées  par le moteur » ! Ce n’était pas la cavalerie lourde qui fondait sur son ennemi mais nous lui grignotions  régulièrement son avance. Nous aurions été les marins les plus heureux du monde si nous n’avions aperçu sur notre tribord, un gros grain qui se dirigeait vers nous !

Passera devant ? Passera derrière ? Nous avions beau faire tout pour l’ignorer, une route de rencontre semblait inévitable. C’est pourquoi et avant que tout ne tourne à la catastrophe, nous avons prudemment affalé le spi. Snif, snif.

Nous avions tout rangé depuis quelques minutes que le vent se mit à forcir suffisamment  pour envoyer notre génois sans nous traîner sur l’eau.  Au passage du cap, je pensais que nous serions bons  pour poursuivre notre route au moteur mais le vent ne s’effaça pas pour autant !  Un peu plus loin, nous avions même droit à quelques solides rafales à 21 nœuds de vent réel (force 5).

Nous avons ainsi rattrapé « Otter II » qui marchait au moteur et sous  yankee et « Umialtak » quasiment du même coup.  Beaucoup trop toilé mais sans doute désireux de ne pas se laisser rattraper trop facilement … Ce dernier gîtait à mort et ne put s’empêcher un très beau départ au lof juste après que nous l’ayons dépassé !

 

Le mouillage  n’était pas très visible du large et ce n’est qu’au dernier moment que nous avons su que c’était bien là. Il s’agit d’une vraie anse encombrée dans son fond, par une flottille  de petits bateaux locaux. Je ne voyais pas du tout où caler les 20 mètres de S.A.S.³ d’autant que les fonds restaient importants avec une moyenne de 11 mètres de profondeur !  MaxSea ne nous a pas aidés franchement sur ce coup là puisque notre carte ne donnait étonnamment  aucune indication sur l’anse !! Nous savions juste qu’elle était bordée de hauts-fonds rocheux …

Après un premier essai de mouillage qui amena S.A.S.³ à toucher  un corps mort  inoccupé par chance, nous avons finalement jeté la pioche un peu plus au large tandis que « Umialtak » & « Otter II » s’enfonçaient davantage dans l’anse.

Si à l’analyse, « Umialtak » avait trouvé le trou parfait, je n’en aurais pas dit autant de « Otter II » qui avait littéralement  jeté l’ancre dans les rochers qui bordent l’anse …

Lundi 09.

Départ pour « l’îlet aux Pigeons » et la célèbre réserve naturelle de Cousteau.  La distance n’étant que 5 NM, nous n’avons pas hissé la toile … Décision  que j’ai finalement regrettée même si le vent était plus que discret.

Une fois sur place, nous avons été quelque peu déçus par le caractère désolé de l’îlet  tandis que la « Pointe Malendure » se révéla effectivement très peu protégée de la houle et du vent qui comme par miracle, soufflait plutôt bien en cet endroit précis ! Si j’ai regretté la présence du vent, j’ai encore plus regretté son absence par la suite car un tangage très acceptable  fit place à un très désagréable roulis ! Comme quoi l’être humain n’est jamais satisfait.

Comme tout le monde n’avait qu’une et une seule envie … Vers 14 heures, nous avons pris les trois annexes pour prospecter les fonds marins qui bordent l’îlet. Splendide plongée (49’ à – 31 mètres) sur un tombant en compagnie de Ann, Marjo et Jean tandis que nos enfants et tout l’équipage de « Umialtak » faisaient du snorkeling.

Mardi 10.

10 avril … Anniversaire de Ann et si vous avez oublié de le lui souhaiter, c’est maintenant trop tard !

Nous pensions rester encore une journée pour plonger mais en finale, le roulis a eu le dessus sur le moral de votre serviteur  et nous avons quitté la « Pointe Malendure » à la suite de «Umialtak ». Plus courageux, « Otter II » est resté sur place pour profiter davantage de ce merveilleux spot de plongée.

Même si la distance qui nous séparait du mouillage de « Deshaies » n’était que de 8 NM, nous avons envoyé fièrement  toute la toile. Le vent était parfaitement inconstant passant de 140° à 60° lors des rafales ! Malgré cela, nous avons rallié sans trop de problèmes, le mouillage en une heure.

Celui-ci était plutôt bondé et malgré notre envie de jeter la pioche dans le fond de la baie, nous n’avons pas eu trop le choix et nous avons donc ancré derrière tout le monde.

Si les enfants des deux bateaux se sont beaucoup amusés ensemble partant notamment à la découverte d’une superbe plage située de l’autre côté de la baie,  votre serviteur est resté tranquillement au bateau à bouquiner … Je sais, je sais, la maladie gagne du terrain et bientôt, je finirai par vendre le bateau pour m’enfermer dans une bibliothèque !

Le soir, « Umialtak » faisait la surprise à Ann de se joindre à nous pour son dîner d’anniversaire. Tout avait été remarquablement concocté par les enfants car il n’était pas évident de trouver une table pour 13 personnes ! Ce fut une très sympathique soirée.

Mercredi 11.

Un vent avec rafales  souffle depuis ce matin en dévalant la colline. Cela secoue un peu mais nous n’y prêtons plus beaucoup d’importance tant que S.A.S.³ ne roule pas. Beaucoup de bateaux ont quitté le mouillage pour Antigua et la tentation est grande de se rapprocher du fond de la baie mais nous savons maintenant que l’ancre tient bien et notre aire d’évitage est parfaite … La prudence nous impose donc de rester sur place.

« Club Med 2 » vient de s’ancrer derrière nous. Impressionnant mais esthétiquement pas très beau …

Malgré le clapot qui agite la baie, mon fils est tenté par un nouveau baptême de plongée.  En raison des conditions de mer, je suis beaucoup moins chaud mais, demain, nos enfants seront de retour à la maison … Après quelques temporisations de ma part, nous partons plonger dans la baie à seulement quelques encablures du bateau. Pour savoir où se situent les spots de plongée intéressants, il suffit de regarder où les bateaux de plongée locaux jettent l’ancre …

La visibilité est réellement  mauvaise et la côte se présente – sous l’eau – beaucoup plus sinueuse que je ne l’avais imaginé au départ ! Il s’en suit que lorsque nous faisons demi tour, si je retrouve bien mon premier repère (un casier), je loupe manifestement le second casier auquel est attaché notre annexe ! Fichtre, bigre, par tous les saints … Vous n’allez pas me dire que je suis incapable de retrouver le bout de l’annexe et de surcroît, alors que je plonge avec mon fils ! Et mon petit orgueil de moniteur dans tout cela !

C’est dingue comme en ces circonstances, ma ferveur en Dieu reprend le dessus au point que je m’étonne de l’avoir un peu perdu de vue  jusque là  … Et cela a marché ! Je lui dois d’ailleurs une fière chandelle et il faudra que je pense aller le remercier à l’occasion. 

Après ce coup là, nous réaliserons au compas, une plongée en étoile ayant pour centre, le casier auquel est attachée l’annexe. Non mais …

Jeudi 12.

Comme l’aéroport n’est pas la porte d’à côté, nous louons une voiture pour y conduire nos enfants. Nous en profitons évidemment pour visiter un peu la région et notamment, la cascade de « Saut d’Acomat » qui nous laissera un superbe souvenir : L’eau y était douce et fraîche. Comme il y avait de la profondeur, nous avons pu y réaliser  l’un et l’autre bon plongeon. Par contre, pour trouver l’endroit …

Nous n’avions pas vu le petit chemin tortueux qui partait sur la droite en longeant la clôture en sorte que nous avons continué tout droit et la route grimpait, grimpait, elle n’arrêtait pas de grimper mettant sérieusement la pression sur notre rythme cardiaque !  Nous n’étions toujours pas arrivés  à son sommet que nous avons pu rencontrer  un « local » qui nous indiqua que la chute que nous cherchions était … Tout en bas ! Mon « bon sens paysan » s’étonnait à juste titre que la cascade se situe au sommet d’une montagne … A moins, bien entendu, de la prendre par le mauvais bout !

De retour au bateau, je planchais sur le problème de la pompe du frigo de la table de cockpit qui faisait à nouveau un drôle de bruit. C’est que nous finissons par avoir l’ouïe très fine pour détecter l’anormalité d’un bruit ! Manifestement, l’eau n’arrivait plus à la pompe … Alors que je me résignais à me mettre à l’eau (vous avez maintenant compris pourquoi nous vivons en maillot de bain toute la journée …Et quand je pense qu’il y en a pour dire combien nous en avons de la chance !), j’ai commencé mon inspection par le filtre … Qui était totalement obstrué par des herbes !

 Sur mon élan (mais non, biesses que vous êtes,  pas sur notre Elan 43 que nous avons donné aux enfants), je me suis attaqué à la pompe à gasoil qui alimente notre réservoir journalier ! Eh oui quand ce n’est pas l’une, c’est l’autre … Pas très grave, juste la roue à aube à remplacer au détail près que je l’avais déjà remplacée il y a un peu moins de trois mois ! Tout devient du super « consommable-jetable » à l’heure d’aujourd’hui …D’ici quelques temps, on n’aura plus le temps de déballer qu’il faudra jeter immédiatement.

Vendredi 13.

Stupeur et consternation, on nous a piqué notre orin ! Même constat pour « Umialtak » ! Le coup au moral, je ne vous dis pas ! Vous me direz qu’il ne s’agit que d’une petite bouée rouge sans grande valeur avec malgré tout, un système de bout sur extenseur aussi simple qu’ingénieux que m’avait recommandé « Umialtak ». Mais voilà, on ne se refait pas et nous sommes des sentimentaux : Cette petite bouée nous indique où se trouve notre ancre et maintenant que nous avons pris le pli, nous ne savons plus vivre sans !

Alors que nous ne savions plus comment nous consoler de cette perte cruelle, j’ai nagé jusqu’à l’ancre pour prendre la mesure du désastre et là, ô surprise, notre orin était toujours en place sauf que maintenant il ne faisait plus que raser la surface !!

Par je ne sais quel miracle, le bout de l’orin était calé sous la chaîne d’ancre, raccourcissant  du même coup , la longueur du bout !  Comme j’avais  prévu de nettoyer la coque sous-marine pour ne pas changer, j’en ai profité pour aller remettre de l’ordre dans mon orin.

Pas à dire mais ce mouillage est tout à la fois, rouleur et venteux ! Quand je pense que notre almanach le renseigne comme un des meilleurs  de la côte sous le vent de la Guadeloupe … Je ne dispose évidemment pas de suffisamment de recul en la matière mais je considère de plus en plus que plus le mouillage est petit et fermé donnant l’impression d’être super protégé et plus il est rouleur et venteux ! Et cela vaut également dans l’autre sens même s’il y a bien lieu de considérer qu’il n’existe aucun mouillage qui protège tant soit peu de quoi que ce soit. Il faut réellement s’en faire une raison …

Samedi 14.

Tandis que « Otter II » et « Umialtak » quittent de conserve, le mouillage à 6 heures du matin … Votre serviteur dort à poings fermés. Je n’ai jamais été un matinal et vous imaginez bien que ce n’est pas maintenant que j’ai pris ma retraite, que je vais changer ! Non mais …

Nous hisserons malgré tout,  les voiles pour 8.07 heures ce qui constitue déjà une prouesse d’autant que vous ne le croirez pas, mais avant de partir, la vanne de la pompe du frigo de la table de cockpit a dû être une fois de plus, débouchée … Deux fois en deux jours ! Nous avons à parcourir 42 NM pour rejoindre l’île d’Antigua … Pas le Pérou, tout de même  surtout pour S.A.S.³

Si « Umialtak » se verra contraint de faire toute sa navigation au moteur  faute d’un vent suffisamment fort  pour le déhaler correctement (ça c’est ma vengeance pour avoir lu sur son site que S.A.S.³ était « à la traine » …),  les 8 à 11 nœuds de vent réel suffiront  amplement à S.A.S.³ – malgré ses 40 tonnes – pour lui faire tenir une moyenne de 7 nœuds sur le fond avec une vitesse moyenne dans l’eau de 8,5 nœuds  par  + /- 50° de vent.

Vous n’imaginez pas mon bonheur de constater que S.A.S.³ marche divinement bien même par petits temps ce qui risquait malgré tout, d’être son point faible. Au fait … Est-ce que je vous ai déjà dit combien j’adorais notre bateau ? Je ne sais plus mais voilà, vous le savez maintenant.

Nous aurons droit à une superbe navigation toute en douceur et en beauté comme on aimerait en avoir plus souvent aux Antilles … S.A.S.³ me fait souvent penser à une locomotive qui une fois lancée, plus rien ne peut l’arrêter. Bon Dieu que j’adore notre voilier … Il me semble vous l’avoir déjà dit ou est-ce que je me trompe ?

Alors que nous affalons notre grand-voile, un trawler se déroute et se dirige résolument vers nous ! Je le reconnais immédiatement car nous l’avons coursé avec succès, sur la fin de notre traversée.  Je commence à pester de savoir ce qu’il nous veut alors que nous sommes en pleine manœuvre … Madame sort du cockpit pour nous montrer son pouce levé en signe de « chapeau ! » ou « superbe ! ». Super sympa, non ? J’aurais envie de dire que nous avons déjà eu tellement de marques de sympathie de la part de parfaits inconnus, que nous en sommes blasés mais ce serait totalement faux. Au départ, c’était un peu normal car le bateau était tout neuf mais maintenant qu’il a déjà 1 ½ an … Le temps passe tellement vite que nous n’en prenons souvent pas conscience.

Si « Otter II » a préféré la marina de « Joly Harbour » plus au Nord, nous rejoignons pour notre part,  « Umialtak » à la baie de Falmouth située elle, à l’extrême Sud.

Imaginez  une grande baie en forme de fer à cheval, protégée de la houle par une barrière de corail, des mégas pontons luxueux sur le pourtour pour des mégas yachts plus beaux les uns que les autres, une eau turquoise mais malheureusement pas limpide, un mouillage forain en son centre avec  hélas quelques hauts fonds épars non balisés,  plages de sable fin et doré, le tout baigné dans une ambiance so british  … Vous avez devant vous : « Falmouth » d’Antigua. Il n’y a pas à dire mais les anglo-saxons savent y faire quand il s’agit de luxe. Bon, vous patienterez bien jusqu’à ce que j’ai mis le pied à terre pour obtenir confirmation de mes premières impressions  avant de vous précipiter auprès de votre agence de voyages pour prendre votre ticket d’avion.

Dans le paquet, S.A.S.³ a trouvé une petite place sur coffre réservé aux plus de 70’ ! Peut-être aurions-nous pu trouver un petit coin pour jeter l’ancre  mais les hauts fonds ne sont pas balisés et de surcroît, la météo annonce un sérieux coup de vent sans doute pour lundi …

Petit côté amusant : Selon notre almanach, la vitesse est réglementée à 4 nœuds sur le mouillage sous peine de fortes amendes mais depuis que nous sommes arrivés, personne ne semble très informé de cette réglementation … Enfin, on en reparlera sans doute lorsque je serai le seul pigeon à me faire pincer !

Un mât illuminé de haut en bas, c’est super joli. Si je vous en parle c’est bien évidemment parce que S.A.S.³ en est équipé … Souvent au mouillage, nous rivalisons comme des gamins,  en éclairages  avec l’un et l’autre imprudent qui se risque avec nous, en ce domaine. A Falmouth (Antigua), j’ai compté près d’une vingtaine de mâts à cinq étages de barres de flèches éclairés … Autant dire que S.A.S.³ est resté dans la pénombre !

Un idiot a dit un jour : « La vie est un long fleuve tranquille ». Je lui aurais bien tordu le cou à ce zouave hier soir lorsque notre groupe électrogène s’est étouffé plusieurs fois d’affilée m’obligeant à m’équiper d’une torche pour aller déboucher la prise d’eau de mer par l’extérieur … J’en suis même arrivé à me demander si ce n’était pas la « journée du plombier ». Après tout, il y a bien eu la « journée de la femme » alors pourquoi pas celle du plombier !

Tout-à-fait hors propos mais je tenais à ce que vous sachiez que nous restions – bien entendu – en contact  avec « Prosper’Aim » (le quatrième Mousquetaire) qui a déjà pris ses quartiers d’hiver cyclonique à Bonaire (îles ABC). Isa & Jean semblent y avoir retrouvé une ambiance plus proche de celle qu’ils ont connue dans le Pacifique et qui leur sied manifestement mieux. De surcroît, ils y préparent avec beaucoup d’entrain, leur brevet 3* de plongée.

Dimanche 15.

Vous n’imaginez pas combien cela peut faire du bien de trouver un plan d’eau sans clapot, sans fetch, sans houle et sans vent ! Notre bateau est pour ainsi dire immobile ! C’est tellement rarissime que je me devais de le signaler. Ceci étant, nous attendons un fort coup de vent qui risque de remettre tout cela en question …

En avant-première du coup de vent, nous avons droit  à la pluie annoncée. Quand je songe que Portos l’attend depuis si longtemps et par malchance, maintenant qu’elle tombe, il est en marina … Sans doute, un peu prématuré pour en tirer une conclusion mais je relève quand même qu’il pleut soit quand Portos retire son bac récupérateur d’eau soit quand il est en marina …

Profitant d’une petite accalmie, nous avons mis un pied à terre en compagnie de « Umialtak » … Bon, ben, euh, mouai, les premières impressions sont parfois un peu trompeuses ! C’est pas mal mais pas aussi terrible que je ne le pensais et question services techniques, c’est aussi beaucoup moins diversifié que ne laissait penser la présence d’aussi nombreux méga yachts ! Depuis notre départ de Martinique, nous pensons à chaque fois que nous allons découvrir l’El Dorado de l’équipement nautique et nous en sommes chaque fois pour une grande déception.

Surfant sur une nouvelle accalmie, nous sommes rentrés au bateau à fond les manettes pour avoir le choc de ma vie ! Bien entendu,  j’avais bien vu que nous avions comme voisin immédiat, un splendide méga voilier avec un mât à cinq étages de barres de flèches mais à le regarder de notre carré ou de notre cockpit, je me suis familiarisé avec sa taille au point de me convaincre qu’il était juste « un peu » plus grand que S.A.S.³ mais là quand je l’ai vu comme en toile de fond, notre bateau m’est apparu m-i-n-u-s-c-u-l-e ! Le coup au cœur que j’ai eu, je ne vous raconte pas. Par chance, comme la pluie menaçait, nous ne nous sommes pas attardés à ce spectacle affligeant …

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