Publié par : Ann & Stéphane | 5 avril 2012

16 au 31.03.2012 – Dominique & Guadeloupe.

Vendredi 16.

On part  ou on ne part pas ?  Telle est la question qui nous hante ce matin. En un sens, je suis partant pour continuer notre petit périple et dans un autre sens, je ne le suis pas  car je me demande  ce que nous pourrons trouver de mieux aux « Saintes » (Guadeloupe) d’autant que le mouillage forain y est désormais interdit au profit de mouillages payants …

Peut-être,  serons nous mieux abrités du vent aux « Saintes » ?  C’est en tous les cas, le souvenir que j’en ai  gardé de notre passage il y a vingt ans mais à cette époque là … l’Alizé était beaucoup moins fort !

Comme nous avons  donné rendez-vous  à  « Umialtak » et à « Otter II » aux « Saintes », je crains  de surcroît,  que nous n’aurons pas d’autre choix que d’y rester un certain temps pour ne pas dire, un temps certain ! Alors pourquoi vouloir se presser ?  Nous sommes plutôt très bien à la baie « Prince Rupert » (Portsmouth – Dominique) : Personne ne vient contrarier notre tranquillité, le fond est de bonne tenue, il n’y a pas de houle, l’eau est très douce,  le site est verdoyant et le soleil est bien présent sans oublier notre « Antonio Banderas » local  qui tous les jours, vient prendre notre petite liste de courses … Il manque bien entendu  un élément fort essentiel : Nous n’avons pas d’internet faute de n’avoir pu dénicher une carte 3G !! Cela peut paraître incroyable mais dans la petite localité de Portsmouth, nous n’avons pas trouvé de magasin qui vendait de carte 3G prépayée et celle que nous avions à bord, n’était valable que pour les territoires français …

Tout le monde nous envie la chance que nous avons de ne pas avoir de programme, ce qui sur un plan strictement théorique, est  un vrai bonheur. Toutefois, ce manque de projection dans le temps, entraîne du même coup, un vide en lequel s’engouffrent les incertitudes, les questions, les remises en cause, le stresse … Pourquoi partir ? Pourquoi aujourd’hui et pas plutôt demain ? Pour aller où ? etc.  … Comme je le dis souvent, la frontière entre le rêve et le cauchemar est parfois bien mince !

En tâtonnant sur la toile, Ann découvre  une liaison internet  temporaire qui nous permet de recevoir nos E-mails et la météo. Nous  apprenons ainsi  que D’artagnan est  à « Roseau » au Sud de l’île (alors que Portsmouth est situé au Nord de l’île … Petite précision pour les obtus du chapeau),  en compagnie d’autres Canadiens de rencontre. Il est donc vraisemblable que nous ne les verrons pas avant les « Saintes » !

J’en  profite pour nettoyer le 1/3 arrière de notre coque sous-marine ! Je sais, je sais, je passe le plus clair de mon temps à nettoyer la coque sous-marine mais il s’agit du seul moyen de ne plus connaître l’état déplorable que nous avons connu et puis, à défaut de réaliser une belle plongée, je suis quand même la tête sous l’eau .

Nous décidons que dès que  le vent se montrera  un peu plus « conciliant » , nous en profiterons pour aller aux « Saintes » car je m’en voudrais de laisser passer une belle occasion de traverser le canal en de bonnes conditions … C’est tellement rare !

Samedi 17.

Bien évidemment et contrairement à nos engagements de la veille, je prends la décision de  lever l’ancre pour les « Saintes » (Guadeloupe)  sans plus tenir compte de la météo !

Je dois bien avouer qu’en remontant l’ancre,  j’ai une petite appréhension quant aux conditions de vent et de mer qui nous attendent  à hauteur du « canal ». Au mouillage, le vent semble soutenu même s’il est un peu moins fort que la veille … Durant la nuit, cela a pas mal soufflé. Il est exact que S.A.S.³ est taillé pour le gros temps, qu’il est très doux et qu’on peut lui faire totale confiance … Il n’empêche que quand cela déménage … Cela déménage et je ne suis pas parti à la retraite avec l’état d’esprit d’un déménageur !

Qu’elle n’est  pas ma surprise de constater que le vent est moins fort en dehors de la baie voire même carrément absent en tout début de « canal » ! Au large, nous pouvons voir « Umialtak » qui semble bien avancer pourtant !

Avec un peu de patience, nous  touchons finalement  à notre tour, un vent bien établi de 15 à 20 nœuds de vent réel. Avec un ris dans la GV et un génois prudemment déroulé, nous marchons à une petite moyenne de 10 nœuds dans l’eau. Très agréable ce sentiment que nous pouvons nous mouvoir à bord sans devoir mettre sa ceinture de sécurité et sans peur de mouiller sa couche culotte  … Nous aurions pu tirer un peu plus de vitesse du bateau en envoyant toute la toile mais nous y aurions perdu en tranquillité d’esprit ! En finale, nous avons franchi le canal en deux heures ce qui confirme une moyenne de 9 nœuds !

Le chapelet d’îles que  forment  les « Saintes », est autant surprenant de beauté,  qu’il est agréable d’y naviguer.

Après une tentative de mouiller  à la « Anse Fideling » de Terre de Bas, nous prenons un corps mort devant  « l’îlet Cabrit ».

Dimanche 18.

Cela ne peut plus durer, mon seuil de tolérance est  atteint depuis longtemps.  Je préviens Ann que  je suis  au bord de la crise de nerfs et prêt à déposer mon sac sur le premier ponton venu s’il n’est pas mis fin « asap »  à cette porcherie. Nous avons donc retroussé nos manches, enclenché la climatisation et pris notre courage à deux mains pour procéder à un grand nettoyage intérieur …

Ouf, il devenait vital pour moi de retrouver ces bonnes odeurs de propreté, de pouvoir regarder mes planchers sans me précipiter sur l’aspirateur à main et d’avoir ce sentiment de retrouver mon bateau comme aux premiers jours.

Après l’effort … La récompense : Un bon bouquin ! Je sais … Vous vous dites que pour quelqu’un qui n’a peut-être lu qu’une vingtaine de livres dans toute sa vie, entamer son cinquième roman en près d’un  mois, tient de l’incompréhension ! Je dois bien reconnaître que je trouve également que mon cas est assez intéressant à étudier. J’en ai déjà parlé à mes éminents collègues psychologues et j’attends notre prochain symposium pour faire une intervention à ce sujet.

Alors que je suis  en plein suspens d’une pauvre fille qui lutte  sans le savoir, contre le cartel de la drogue de Medellin, la chaire de poule et le poil hérissé … F.X. (François-Xavier, le fils de D’Artagnan) apparaît  à l’arrière du bateau pour savoir à quelle heure a lieu son second baptême !  Euh ! Disons dans ¾ heure me suis-je surpris à lui répondre … Cette capacité du don de soi est, je trouve, ce que j’ai de plus beau en moi. Un peu plus sur l’avant du crâne, la couronne, mon cœur … Mouai, je crois que comme cela, elle est bien posée. Merci.

On nous l’avait dit  … L’endroit est tout simplement magnifique et plus encore pour un baptême : Dans cinq mètres d’eau, à l’abri du vent, du clapot et du courant, nous avons  droit à un spectacle extraordinaire de couleurs et de diversités  tant au niveau flore que faune. Nous en ressortons après une demie heure et autant F.X. que votre serviteur,  sommes  très excités de tout ce que nous avons pu voir en si faible profondeur.

Une fois tout le matériel rincé et nettoyé, nous terminons  notre journée par un super apéro à bord de « Umialtak ». En remerciements du baptême de son fiston, D’Artagnan me propose  ses services de  « coiffeur » mais comme je ne me vois pas déjà rentrer dans les ordres et que je tiens énormément à mon look ravageur de jeune premier, je décline poliment la généreuse proposition en m’incitant à l’avenir à mieux peser les risques que j’encoure  à faire passer des baptêmes …

Lundi 19.

Crénomvindieudenomdidieu ! Le coq de « l’îlet Cabrit » n’arrêtera-t-il donc jamais de chanter ! C’est insupportable à la fin … On se croirait à la ferme ! Il chante dès les premières  jusqu’aux dernières lueurs du jour ! S’agirait quand même de lui expliquer à ce stupide volatile que chanter au lever du jour, c’est très bien mais d’arrêter ensuite … A chaque fois, je remets ma montre à l’heure et avec tout cela, la journée n’avance pas !

Mon Dieu que j’aime la semaine …Vous savez ces cinq jours où vous vous escrimez  à travailler. Ce n’est pas que je ne vous aime pas mais je vous préfère tellement quand vous êtes occupés à vos tâches journalières que vous en oubliez de venir troubler la quiétude des petits retraités comme nous … Cela fait tellement de bien d’avoir un peu la paix, un peu de tranquillité ! Il faut dire qu’aux « Saintes » on est super bien protégé des vents et de la houle. Amusant de relever que depuis que nous avons quitté la baie « Sainte Anne » (Martinique), j’ai chaque fois l’impression de découvrir un site plus agréable que le précédent ! Je devrais d’ailleurs aller consulter mon vétérinaire car tout cela ne cadre absolument pas avec mon caractère foncièrement pessimiste. A moins que … A moins que …

A bien y réfléchir … Partant du corollaire qu’un « pessimiste » est un « optimiste qui a de l’expérience » et partant du constat que je n’ai aucune expérience en matière de navigation dans les Antilles, ceci pourrait peut-être bien expliquer cela … Aaaaaaaaann … Tu veux bien noter dans mon agenda que je dois également faire une intervention à ce sujet lors de mon symposium de psychologie.

Déçu, je suis ! Moi qui croyait que  les « Saintes » vivaient au paradis  … Je suis horriblement déçu ! Imaginez un paradis qui n’ait aucun point de ravitaillement  pour ma nourrisse !! C’est tout simplement inimaginable … Il faut aller sur « le continent » (c’est-à-dire en Guadeloupe), paraît-il !  Quel bordel … Oh, pardon Seigneur !

Bon, je vois que certains parmi vous froncent les sourcils car ils n’y comprennent rien … Pour vous aidez à saisir ce langage hautement divin, je vais procéder par étape … 1. « Les Saintes » est une île dépendant de la Guadeloupe – 2. « Les Saints » et non pas, « les seins » tas d’obsédés que vous êtes,  sont des personnes qui à la suite d’une vie méritante sur terre (n’y pensez même pas, vous ne faites pas partie de cette catégorie), ont rejoint Notre Seigneur – 3. Le paradis est le lieu où sont censés se retrouver les « Saints » encore que personne n’a jamais réellement eu l’occasion de le vérifier  – 4. « Les Saintes » est le féminin pluriel de « Saint » pour les pas fut-fut – 5. « La nourrisse » est le terme technique qui définit le réservoir à essence indépendant d’un moteur hors-bord comme celui d’une annexe … Je sens que l’éclairage divin est en train de percer la brume épaisse de votre cerveau. Allez encore un petit effort … Cela vient … Je le sens bien … Bon, vous connaissez la chanson : Si toi pas comprendre, toi envoyer moi message.

Pour le surplus, si le Paradis ressemble à ce que j’ai vu, je préfère, en définitive, continuer à vivre dans le péché ! Le petit bourg des « Saintes » est certes très mignon mais beaucoup, mais alors  beaucoup trop « toutou » et puis, ces scooters censés remédier à la circulation automobile … Une plaie ambulante :  Cela pétarade de tous les côtés et pas moyen de mettre un pas l’un devant l’autre sans risquer de se faire renverser par ces engins du diable … Va de retro satanas.

Mon Dieu Seigneur, que nous sommes bien à notre petit mouillage de « l’îlet Cabrit » … Enfin et sans vous commander, si vous pouviez tordre le cou à ce maudit coq, cela m’arrangerait bien. Et puis, si je n’abuse pas, si vous pouviez dans votre infinie bonté, réparer le moteur hors bord de l’annexe de « Umialtak ». Je sens que j’abuse mais si vous pouviez aussi arranger le moteur de « Otter II » en manière telle qu’ils puissent nous rejoindre. Bon, pour le reste, je vous fais ma petite liste et je vous l’envoie par E-mail comme d’hab. Merci, Seigneur.

Mardi 20.

Depuis que nous sommes arrivés aux « Saintes », j’ai une folle envie d’un bon coq au vin et je me demande bien pourquoi ! Je ne suis pourtant pas enceinte ! Faudra que j’en parle à mes collègues psy …

Mercredi 21.

Vous vouliez me voir Madame ? Me voilà. Si j’ai mon permis moto ? Le voilà.  Ah ! Comme ce n’est pas un « spécial » moto mais un permis « permanent »  voiture, moto, camion, je dois remplir un autre document pour la législation française. Bien, Madame. Si j’ai déjà conduit une moto ? Oui, Madame. Un scooter ? Oui, Madame. Récemment ? Oui, Madame.  Si j’ai une moto à la maison ? Non, Madame, je l’ai vendue avant de partir … Peut-être voulez –vous connaître la couleur de mon slip ? Mais là, je n’ai pas osé. Ce n’est pas une mince affaire que de vouloir louer aux « Saintes » un scooter 50cc automatique de surcroît ! Je voyais le moment où la brave Dame allait me faire passer un test de conduite ce qui fut quasiment le cas puisqu’il m’a été demandé d’aller avec le scooter jusqu’à la rue suivante et de revenir …

Enfin, bon, avec un petit mensonge ici et là, on s’en sort relativement bien mais cela surprend tout de même un peu. Nous avons ainsi pétaradé sur l’île, toute la journée en compagnie de « Umialtak » : On est devenu inséparables …

Très sympathique ballade même si bien entendu, on a fait vite le tour de l’île et de ses quelques plages. Si au départ, je n’étais pas trop à l’aise avec mon scooter avec Ann derrière qui me serrait à m’étouffer d’autant que la selle est un peu juste pour deux adultes, au fur et à mesure des kilomètres, je me sentais de plus en plus à l’aise … et Ann … aussi. (Cela ne vous rappelle rien … Une chanson de Fernandel :  « … Félicie … aussi ! ». Ok, ok, vous étiez encore dans le ventre de votre mère, je sais).

Mais rien à faire, je préfère de loin une moto à un scooter car bien évidemment il s’agissait d’une première pour moi ! Je parle du scooter, pas de la moto bien entendu même si la dernière fois remonte quand même à quelques années. Mais n’allez pas le lui dire à la brave Dame, elle en ferait une crise cardiaque rétroactivement.

J’ai également pu relever combien le mouillage à « l’îlet  Cabrit »  était particulièrement bien protégé du vent et de la houle ce qui n’est manifestement pas le cas partout aux « Saintes » !

Jeudi 22.

« Le Sec-Pâté, en pleine mer, entre les Saintes et la Basse-Terre (Guadeloupe), spot phare de toutes les Caraïbes pour lequel sont nombreux les plongeurs qui viennent aux Saintes uniquement pour lui  et blablabla et blablabla … » … Eh bien, on a plongé dessus ! Non, sans doute …

Le plateau de la montagne sous-marine se situe à -15 mètres et sa base à – 185 mètres. Dieu qu’il y faisait sombre ! Mais non biesses que vous êtes, on s’est limité à – 40 mètres (47’ à – 41.10 mètres) comme il nous l’avait été prescrit. C’est qu’on ne veut pas laisser derrière nous une mauvaise image du plongeur belge … Déjà que l’on dit de lui, qu’il plonge avec une pelle pour augmenter la profondeur une fois qu’il est sur le fond …

Par chance, le courant était assez faible ce qui est tout de même plus agréable. Excellente visibilité et une merveilleuse atmosphère de couleurs. « Toto » la tortue était bien au rendez-vous en train  de brouter tranquillement le tombant … Le plus extraordinaire est que je ne l’avais pas vue ! Oh ! C’est mon petit mousse qui m’a coursé après pour me la montrer. Sur le coup, je me suis demandé ce que j’avais pu faire de si terrible car elle semblait exaspérée (mon petit mousse, pas la tortue évidemment !) … Il paraît que je n’entendais rien … Faut dire que quand j’ai mon walkman sur les oreilles,  je n’entends plus très bien le monde extérieur. J’avais enregistré la veille, le discours de campagne électorale de Sarko et je l’écoutais religieusement.

Au fait, très bien le briefing  du centre de plongée … Un peu surabondant pour des plongeurs de notre niveau mais de toute manière il vaut mieux être trop complet que pas assez. Notez que le nombre de fois où j’ai plongé sans avoir compris un traître mot du briefing donné généralement en anglais, est tellement dingue qu’aujourd’hui,  je n’ai plus besoin de briefing : Je m’adapte à ce que je vois et cela fonctionne aussi bien comme cela.

Question bateau, j’ai eu quelques doutes qu’il ne tombe en panne avant d’arriver à notre spot de plongée ! Mais nous y sommes arrivés et surtout, nous en sommes revenus sans devoir sortir les rames. Par contre, le club de plongée (comme à Saint Pierre en Martinique) ne dispose pas de ponton  en sorte qu’il faut se mettre à l’eau avec tout son matos pour rejoindre le bateau ou la berge … Eh non, cette fois le bateau de plongée n’est pas venu jusque S.A.S.³ alors qu’il aurait pu le faire sans le moindre problème ! Je pense qu’il n’en a tout simplement pas pris conscience d’autant que nous étions là avec notre annexe à moins que ce ne soit le charme de mon épouse qui cette fois, n’a pas opéré …

Si avant d’arriver aux Antilles, je me suis souvent demandé si j’avais fait le bon choix d’annexe, il n’y a pas un seul jour qui passe sans que je me félicite de notre choix. Disposer d’une puissante annexe nous permet en autres de continuer à rester au mouillage de « l’îlet  Cabrit » alors que nous avons vu tant d’autres bateaux devoir le quitter pour mouiller  plus près du bourg.

Vendredi 23.

Incroyable mais … … …. Vrai ! Nous avons à faire à un coq i-n-s-o-m-n-i-a-q-u-e : A  1.58 heures du matin, il a commencé  à chanter ce con ! A défaut d’un bon fusil à lunette infrarouge  avec silencieux, je suis en train de me confectionner une  puissante catapulte. Mais pour le moment, mon système n’est pas encore au point, je n’atteins  toujours pas l’avant du bateau mais je suis têtu comme un âne et avant qu’il ne me monte sur la tête (vous n’avez jamais vu cette image bucolique, du coq perché sur la tête de l’âne ? Ben décidément qu’est-ce qu’elle vous lisait votre maman quand vous étiez petit ?), je l’aurai.  En attendant, je me constitue une petite réserve de vin …

Je l’aime bien ma copine  Josianne (« Umialtak ») : Animée des meilleurs sentiments, elle a laissé tomber sa montre dans l’eau pour me donner l’occasion d’améliorer mes statistiques … Si  ce n’est  pas mignon tout plein !  Au détail près qu’en me faisant chercher à l’Ouest du grand casier, je ne risquais pas de retrouver sa montre puisque celle-ci reposait sur le sable blanc mais totalement à l’Est du grand casier ! Mais comme dans tous les films, l’histoire se termine – évidemment – bien puisqu’après avoir passé 45’ par 19 mètres de fond, je finissais par ratisser la bonne zone … De surcroît et hormis la petite angoisse qui finissait par m’étreindre de ne pas retrouver le « trésor », j’ai réalisé une superbe plongée !!

Sur un fond de sable blanc garni par endroits d’une petite pelouse bien entretenue … l’un et l’autre  détritus de notre belle société de consommation : Gros carter de moteur, pneu, débris de tuyau en grès et autres objets indéfinissables. Quelle horreur penserez-vous … Détrompez-vous totalement car c’est justement à l’intérieur de  ses objets hétéroclites que j’ai découvert de la langouste à gogo ( !!), différents types de crevettes, une murène et bien entendu quantité de petits poissons multicolores dont je ne connais pas le nom … Sur le sable, une sole qui se croyait invisible et plus loin, un beau barracuda en maraude.

C’est un peu incroyable mais tous ces organismes marins ont besoin d’abris qu’ils ne retrouvent pas toujours sur le fond de la mer en sorte que les épaves de toutes sortes constituent un réel bienfait pour eux. N’allez pas en tirer pour conclusion de balancer dorénavant vos poubelles à la mer mais s’il vous vient l’idée de saborder votre beau voilier par amour des animaux, je vous en remercie en leur nom.

Samedi 24.

Mon Dieu … Qu’en dire ? … Que raconter ?  … Une superbe journée de farniente saluée le soir, par un resto entre adultes avec « Umialtak ». Je sens à nouveau combien il me sera difficile de m’extirper de cette douce quiétude lorsque le moment de partir sera venu …

Dimanche 25.

Sincèrement mais alors très sincèrement, je vous plains de tout mon cœur  ! Dur, dur de perdre une heure de sommeil, changement d’heure (été/hiver) oblige … Je ne veux pas tourner le fer dans la plaie mais tout de même … A nos latitudes, il n’y a pas de changement d’heure ! Eh oui, il y en a qui ont réellement beaucoup de chance et nous faisons partie de ce lot. Il va falloir vous y faire doucement maintenant.

Pour ne pas changer nos habitudes, nous avons retroussé nos manches et procédé à un profond nettoyage intérieur … Que du bonheur … Que du bonheur … Vivement la retraite !

Comme récompense … Une petite plongée sympa à l’extrémité Sud du mouillage cette fois, d’abord avec François-Xavier de « Umialtak » (38’ à 6,3 mètres) suivie d’une successive avec Ann (31’ à 17,5 mètres). C’est moins la faune que nous avons vue, qui valait le détour que le chatoiement des couleurs et des décors. J’ai appris incidemment que nos Canadiens préférés m’avaient baptisé le « plongeur du dimanche » car de manière tout-à-fait fortuite, les trois baptêmes de leur fils avaient eu lieu un dimanche !!

Lundi 26.

Une journée de farniente supplémentaire … J’ai terminé mon sixième roman et hormis de vous en raconter l’histoire, je n’ai rien à vous conter si ce n’est que cela fait un bien fou de lire un bon bouquin dans son cockpit baigné par le soleil … et je ne vous parle pas de la longue baignade pour clôturer cette journée harassante … Mmmmmh … Le super pied !

Vous seriez passablement surpris de relever le nombre de jeunes,  proches de la quarantaine, que l’on retrouve ici dans les Antilles, avec femme et enfants en bas âge et le projet d’une ou plusieurs années sabbatiques ! C’est tout simplement  stupéfiant d’autant que votre serviteur, au même âge, n’envisageait pas une seule seconde de quitter son métier pour voguer sur les flots. Comment peuvent-ils se le permettre financièrement ? Je l’ignore superbement  mais cela m’intrigue un peu comme vous, sans doute. Et quand je songe qu’il est si difficile de « partir » pour la grande majorité d’entre nous,  je me dis qu’il faut être jeune et totalement insouciant pour se lancer dans une pareille aventure alors que l’on a encore toute sa vie professionnelle à réaliser  ! Il faut dire que c’est le trait de caractère qui me  frappe le plus lorsque l’on parle à ces jeunes couples dynamiques … Ils partent généralement la fleur au fusil et rien ne semble les effrayer ! J’ignore si je dois les admirer ou les plaindre mais il est certain que je ne parviens pas à les comprendre … Je fais partie d’une autre génération sans doute … Celle des vieux croulants ! Et quand je pense que hier encore, c’était  nos parents que je traitais de vieux croulants …

Mardi 27.

Pourquoi avons-nous quitté « l’îlet  Cabrit » des Saintes pour « l’îlet à Cochons » de Pointe-à-Pitre ? D’autant que la simple évocation des lieux ne laissait pas place au doute … C’est bien la question que je me pose ! Le mouillage que borde le port commercial, est triste, déserté et peu attrayant. C’est bien simple … C’est le plus moche mouillage que nous avons connu ! Et pourtant à y regarder de plus près, il semble qu’il y aurait moyen d’en tirer quelque chose de bien mais pour cela il faudrait déjà commencer par enlever les épaves coulées, évacuer les épaves qui menacent de couler et baliser  les hauts-fonds. Par ailleurs, rien n’est plus triste que des bateaux au mouillage sans personne à bord : Il semblerait que le mouillage sert d’arrière base à une société de location de bateaux !

Mais si nous prenions l’aventure du jour, par son point de départ !

Nous devions passer par Pointe-à-Pitre pour régler l’un et l’autre problème technique qui n’avait pu être réglé en Martinique !  Pochon sa. a deux bases dans les Antilles : L’une en Martinique et l’autre en Guadeloupe.

« Umialtak » était parti la veille pour le mouillage de « Saint François » et nous avait informés qu’en finale, il avait échoué en la marina de Pointe-à-Pitre …

Pour notre part, nous comptions rester au mouillage de « l’îlet Cabrit » jusqu’à avoir reçu confirmation que toutes les pièces commandées étaient bien arrivées mais, mais, mais, en finale, mon envie de bouger a pris le dessus et nous avons profité d’une superbe météo pour aligner les 24 NM qui nous séparaient de Pointe-à-Pitre.

Par un vent réel de 15 nœuds, avec un angle de 45°, S.A.S.³ marchait allègrement à 10 nœuds … L’allure était plus que confortable et une fois n’est pas coutume, nous naviguions toutes voiles hautes ! Malheureusement une heure plus tard, la force du vent chutait d’un cran et la vitesse retombait du même coup à 7 nœuds. Une heure plus tard, nous devions abattre ce qui rendit la navigation encore plus poussive. Pour la première fois depuis notre arrivée dans les îles, nous avons songé à sortir un spi mais nous étions déjà trop près de Pointe-à-Pitre pour que cela en vaille encore la peine. Ce furent néanmoins  trois heures d’agréable navigation … Pour découvrir comme je l’expliquais plus avant, un mouillage plus que décevant !

Peut-être plus que les autres fois, j’ai ressenti un très léger stress à l’idée du mouillage que nous allions découvrir. Durant toute la navigation, je me suis ainsi demandé si nous aurions assez de place pour mouiller, si la configuration des lieux était proche du « Marin » de Martinique, s’il était prudent de ne pas suivre le chenal d’accès, si les hauts-fonds renseignés sur la carte étaient suffisamment balisés  etc. etc.

Mercredi 28.

Pétiole en début de matinée !! Suffisamment rare que pour le souligner. Mais bien entendu cela ne dura pas …

Oser se mettre à l’eau ou non ? Il faut reconnaître qu’avec une visibilité d’un petit mètre et une eau à la couleur verdâtre, l’envie n’était pas réellement au rendez-vous.  Mais ce n’était à la limite, qu’un mauvais moment à passer …

Je ne m’y baignerais pas pour le plaisir mais bon, j’ai besoin de faire quotidiennement un peu d’exercice et les excuses ne sont justement pas faites pour s’en servir. Donc … Je me suis mis à l’eau et j’ai été surpris par sa température plus élevée qu’aux « Saintes ». Malgré tout, il s’agit d’une « gâterie » dont je n’abuserais pas …

Journée très complète avec visite de la marina (bof, bof, bof) et location d’une Fiat Panda pour réaliser un gros avitaillement. Cela peut paraître anodin mais du même coup, François de « Umialtak » nous a accompagnés pour les mêmes raisons et j’en ai profité pour dévaliser  le « Monsieur Bricolage » local. Tout caler dans la voiture, faire la route, tout caler dans l’annexe pour finir par tout caler dans le bateau et bien entendu le temps de jouer avec mes nouveaux joujoux et … La journée était passée !

Jeudi 29.

Pas la journée de mes rêves même si on a tant soit peu fait avancer le « schmilblik » … En fait, après avoir passé la matinée avec le frigoriste, ce fut au tour du technicien de Pochon sa. qui est resté tout l’après-midi : Sur trois problèmes techniques, l’un est réglé, le second est sous surveillance  et le troisième …  C’est toujours  la merde totale !

Il paraît que je deviens philosophe avec l’âge ! En fait,  je n’ai pas trop le choix car soit « je fais avec »  soit c’est  la crise cardiaque. Pour vivre dans les îles, il faut savoir rester zen, cool, calme, patient, détaché, étranger, désintéressé et encore je ne suis pas certain d’avoir tout bien retenu.

Vendredi 30.

Pour ne pas changer … Petit entretien (250 heures) de notre groupe électrogène. Je me serais cru retourner en gardienne, dans le bac à sable sauf qu’ici  l’huile et le gasoil avaient remplacé le sable blanc …

Vous ne pouvez imaginer l’angoisse  de louper un entretien ! Si le moment n’est pas venu de l’entretien du groupe électrogène, c’est peut-être celui du moteur principal ou du moteur d’annexe ou du moteur du compresseur de plongée  ou du déssalinisateur ! J’ai  à peine le temps de réaliser une vidange d’huile ou de changer un filtre  que je dois  déjà penser au suivant.  Et bien évidemment le délai d’entretien est différent  pour chaque moteur …

Si la plupart des entretiens, je les fais encore exécuter par un dealer de la marque, je m’occupe depuis peu des « petits » entretiens du groupe, du compresseur de plongée et du déssal..

Samedi 31.

Nouveau passage du frigoriste pour notre frigo de table de cockpit qui marche de manière erratique depuis le départ ! Nous aurions dû le faire réviser depuis bien longtemps mais dans nos régions, la question de la fraîcheur de nos canettes ne se posait pas avec autant d’acuité. Enfin et sous les réserves d’usage, il semble que cette fois, les réglages sont bons.

Cap sur « l’îlet du Gosier » distant de 3 NM de Pointe-à-Pitre. Petit pincement de cœur à l’idée de quitter un mouillage moche, même très moche, mais bien abrité pour un mouillage plus exposé et de réputation « un peu rouleur ». Mais comme nous sommes de grands aventuriers, nous ne pouvions refuser d’affronter l’inconnu sous peine d’y perdre notre honneur … Pour une si petite distance, nous n’avons évidemment pas levé la toile.

Umialtak » est parti en même temps que nous … Avec son tout nouveau moteur (Suzuki) d’annexe acheté à Pointe-à-Pitre ! Notre D’Artagnan, pris d’une envie subite de faire de la voile, a déroulé son génois et tirer deux bords qui ont eu pour effet immédiat de remettre de l’ordre à l’intérieur de son bateau …

A notre arrivée, le mouillage semblait plutôt tranquille.  L’îlet surmonté de son phare avec ses deux barrières de corail en forme d’ailes déployées,  aurait fait bonne figure sur une carte postale.  Le vent était soutenu et c’est sans doute pour cela que nous avons très peu roulé. Mais le soir, lorsque le vent a molli, le mouillage nous a paru effectivement « un peu rouleur ».

Sans plus nous laisser distraire par la beauté du site, nous avons procédé au démontage du moteur du groupe hydrophore qui fait un vacarme pas possible depuis un certain temps : Les « hostilités » ont démarré vers midi pour se terminer vers minuit sans résultat probant … L’appareil a été démonté/remonté complètement quatre fois d’affilée ! Même si à l’extérieur,  le temps n’était pas à l’orage, à l’intérieur, l’air était chargé d’électricité si vous voyez ce que je veux dire. Mais pour rien au monde, je n’aurais voulu réaliser ce travail avec quelqu’un d’autre que mon épouse …

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